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Accueil du site > Actualités > Economie > Barcelone veut installer des ports secs en France !

Barcelone veut installer des ports secs en France !

Le conteneur a révolutionné le transport maritime et est devenu le moyen moderne pour transporter toute sorte de marchandise d’un bout du monde à l’autre. Les bateaux se sont adaptés à ce mode de transport avec de gigantesques porte-conteneurs qui transportent des milliers de boîtes. Thalassa vous montre d’ailleurs en ce moment l’exploitation et la vie à bord de tels bateaux. Les ports aussi ont dû s’équiper de gigantesques portiques de transfert de conteneurs et de vastes espaces de stockages.

Dans ce domaine, comme vous le voyez ci-contre, les ports français sont malheureusement à la traîne, handicapés qu’ils sont par des relations sociales d’un autre âge, des charges sociales élevées et par une productivité à la traîne de la concurrence. C’est ainsi que le port du Havre n’a réussi à mettre en place son port à conteneurs spécialisé qu’avec cinq ans de retard sur le projet initial. Quand à celui de Marseille, il avance sans se hâter pour établir son projet Fos XXL qui sera sans doute dépassé avant d’avoir commençé.

Au-delà de l’arrivée au port, par contre se pose le problème de l’évacuation de ces milliers de containeurs par le train particulièrement bien adapté à ce type de transport ou par le camion. Et comme les surfaces portuaires sont limitées et mieux utilisées à d’autres tâches, on en arrive au concept du "port sec" dont je vous avais parlé dans un message du 21 fevrier 2006 sur celui de Culmont Chalindrey, implanté au milieu de nulle part sur le plateau de Langres.canalblog218

Curieusement, c’est le port de Barcelone en Espagne qui, désireux de poursuivre sa croissance et face à une concurrence française inexistante, étudie des extensions de son activité portuaire sur le territoire français et sous forme de ports secs dans les zones de Toulouse, Lyon, Beziers et Perpignan. Barcelone reçoit 100 000 conteneurs à destination du territoire français pour lesquels il a déjà reservé 20 hectares de terrains à Toulouse, en cour d’aménagement dans l’année. A Perpignan une zone d’éclatement pour les fruits et légumes à vocation européenne est en cours de constitution autour du marché international Saint-Charles. Barcelone entend prendre sa part de ce marché d’autant plus que la ligne TGV venant de Barcelone y débouchera. Et puis la ligne de ferroutage de Perpignan à Luxembourg en partira.

Côté Languedoc et au-delà, la région parisienne c’est au futur débouché (2009) de l’autoroute A 75 à Beziers que le port de Barcelone étudie l’implantation de son port sec. Enfin à Lyon des terrains ont déjà été retenus.

Tout ceci confirme la continuité en train de se mettre en place entre transport maritime et terrestre dont je vous parlais dans un message récent. Par contre, ces extensions se feront au détriment des ports français qui seront en concurrence frontale, Marseille bien sûr, mais aussi Bordeaux et Sète pour lequel Barcelone envisage un rôle de sous-traitant dans le cabotage de camion le long de la côte mediterranénne.

Au total par la mise en place de toutes ces liaisons et relais vers l’hinterland français, Barcelone entend ramener vers la mediterranée, en coopération avec les ports de Gènes et Marseille au sein d’Intermed, une partie (30 à 35 %) des trafics de conteneurs destinés à cette partie de l’Europe et qui néanmoins transitent par les ports du Nord de l’Europe, Rotterdam Hambourg ou Anvers. Gageons que ces derniers ne se laisseront pas faire facilement...


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13 réactions à cet article    


  • anamo 16 novembre 2007 12:38

    Le transport par conteneur se prête parfaitement au multimodal, mer, rail, route, ... avec une excellente traçabilité, une bonne répartition des risques ...

    Le ferroutage, excellente solution, sauf que ... la saturation des réseaux nous guette, voire est déjà atteinte.

    Reste les voies navigables terrestres, les canaux et ports fluviaux. Curieusement, on n’en parle pas. Rouen - Gennevilliers - Strasbourg - Lyon - Chalon sur Saone etc...

    Pourquoi ne développe-t-on pas ? Avis aux écologistes !


    • Asp Explorer Asp Explorer 16 novembre 2007 16:04

      On ne les développe pas, précisément, parce que les écologistes sont contre ! Rappelez-vous que le premier geste de Dominique Voynet, lorsqu’elle est devenue ministre, a été d’enterrer le projet de canal Rhin-Rhône devenu un combat emblématique des écologistes. Il n’y a pas eu de canal. Le fumeux projet de ferroutage sensé le remplacer n’a jamais vu le jour. On les a remplacés par des camions.


    • Forest Ent Forest Ent 17 novembre 2007 17:35

      Il saurait difficilement y avoir une saturation du réseau ferré dans la mesure où le trafic fret a baissé de plus de 30% en cinq ans.


    • miguel34 18 novembre 2007 17:54

      Le canal Rhin-Rhône, il faut dire que c’était spécial : le transport fluvial est économe à condition d’avoir de l’eau et un trajet à peu près plat. Sauf que là, il fallait traverser des montagnes, ce qui avec des convois de péniches de 200m de long n’est pas évident, et non seulement il fallait évidemment des écluses, mais aussi des pompes pour y amener assez d’eau pour les faire fonctionner.

      Sur ce coup, les écolos n’ont pas forcément tort : le transport par canaux en Hollande ou sur le Rhin c’est bien, mais entre le Rhin et le Rhône c’était un peu tordu : pourquoi pas un canal à grand gabarit Madrid-Barcelone tant qu’on y est ? (avec usine de dessalement d’eau de mer et pompes de relevage pour l’alimenter)


    • stephanemot stephanemot 19 novembre 2007 15:11

      1) Le container s’est imposé comme l’unité de base dans le frêt, et tous les modes de transport s’y sont adaptés depuis des décennies.

      2) Le retard de la France est incompréhensible... si l’on oublie le pouvoir de nuisance de certaines corporations.

      3) Compte tenu des contraintes dans la région, la multiplication de plateformes multimodales fait sens.

      4) Le ferroutage a du sens et souffre plus d’une sous exploitation que d’une saturation. Un canal a effectivement besoin d’eau et on va en manquer.

      Marseille a le choix : se laisser mourir sous la loi de dockers suicidaires ou redevenir un pôle de dimension internationale.


    • grangeoisi 16 novembre 2007 18:32

      On ne développe pas en France parce que les coups de pieds au cul se perdent !

      1) La France a toujours été mal mariée à ce qui est plus de la moitié ses frontières à savoir la mer.

      2) Ses activités portuaires ont toujours été ralenties par des syndicats quasi-mafieux de dockers.

      3) Très bien pourvues en voies d’eaux bien que tous les canaux soient à des gabarits obsolètes, les possiblités offertes,après améliorations, sont immenses mais ne devraient surtout pas être explorées et réalisée par des ...français, uniquement par des responsables européens.

      4) Il va sans dire que le maillage ferro-routage est immense, la création de lignes ferro-routières serait facile, sauf à donner à des responsables de la SNCF , on sait les déboires de la SERNAM, laquelle va heureusement passer sous capitaux privés.


      • Forest Ent Forest Ent 17 novembre 2007 17:33

        Le Sernam appartient depuis un moment à Butler, le même qui a racheté la SNCM et Virgin.

        Le ferroutage à la Borloo consistant à mettre les camions sur les trains est économiquement inintéressant. Il vaudrait mieux mettre les conteneurs directement sur les trains.


      • miguel34 18 novembre 2007 18:05

        Le ferroutage longue distance, si c’est le transport de camions sur des trains, c’est vrai que c’est idiot. D’ailleurs c’est utilisé surtout dans des tunnels assez courts, pour franchir des montagnes (en Suisse) ou une mer (la Manche). En France, on parle plutôt du transport de remorques sans leur tracteur, en utilisant le wagon à plateau tournant « Modalohr », qui a l’avantage, outre sa nationalité française, de permettre le passage dans les tunnels existants tout en roulant sur des grandes roues qui s’usent moins vite que les petites utilisées en Suisse.

        Cependant, le wagon Modalohr nécessite des manipulations longues, et beaucoup de surface bitumée pour le chargement/déchargement. Moi j’aime bien la solution inventée en Suisse par les CFF (SBB/FFS), le système « Domino » où les camions peuvent se ranger à côté des wagons et juste transférer les conteneurs en 5 minutes grâce à des glissières, ce qui permet aussi le transport de produits frais et la livraison en porte à porte :

        http://www.lomag-man.org/transport/multi%20modale/cargo_multimodal.php


      • jeanclaude 17 novembre 2007 10:10

        Il y a deux ans, à titre professionnel, j’ai découvert sur internet les sites administratifs de Barcelone (assurance maladie - organigramme des administrations - hôpitaux). J’ai été en admiration : richesse de l’information - actualité - facilité de navigation ; supérieure à nos sites nationaux équivalents.

        J’en ai conclu :

        - que les catalans étaient mieux ancrés dans la modernité que les français ( moins de lourdeurs héritées de cadres de pensée dans l’organisation de l’information)

        - plus d’attention et de respect de l’usager de la part des services publics et assimilés ( moins de morgue inconsciemment transmise du « fonctionnaire souverain » derrière son guichet dans l’organisation de leurs sites grand public

        - que le découpage de l’Espagne en très grandes régions donnaient à ces dernières la conscience de leur devenir, la force et la capacité pratique à avancer dans la modernité et à nous doubler (en silence, sans que nous nous en apercevons)

        Votre article confirme, dans un domaine voisin, cette capacité et ce dynamisme. J’en suis content pour l’Espagne.

        Que la France fasse l’inverse, vers des pays limitrophes, est impensable. J’habite dans l’Est, près de la frontière franco-suisse. Les jumelages vers le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse existent, mais marquent le pas et sont limités à des domaines qui ne chatouillent pas trop Paris. Combien de politiques informés n’ont pas vu avec suspicion la possibilté offerte à la région Alsace de gérer directement des crédits européens ?

        J’entends d’ici les dénonciateurs de ces abandons de souveraineté. Nous sommes un peu comme Byzance vis à vis des Turcs. Nous nous épuisons en ce moment dans des querelles franco-françaises,à maintenir coute que coute notre modèle national ( paternalisme de l’état - main mise des décisions stratégiques d’une élite héréditaire, grands commis de l’état et des grandes entreprises - laïcité - ...).

        Quant aux observations sur les capacités de nos lignes de chemins de fer et nos canaux, je suis sceptique sur la rentabilité de ces derniers. La Moselle, canalisée à grands frais (en partie avec l’aide des lobbies de la sidérurgie), ne sert aujourd’hui qu’à l’acheminement des minerais et combustibles vers l’aciérie de Neuve-Maisons - juste au sud de Nancy - et aux cérales du port de Metz. C’est mieux que rien. L’innervation par le rail est plus souple et plus pertinente pour l’évolution territoriale des points de desserte dans le long terme, largement imprévoyable. D Voynet a eu raison d’annuler le projet de liaison Rhin-Rhône. De plus le rail, plus souple et plus rapide, correspond mieux aux caractéristiques d’une économie post-industrielle ( juste à temps et moindres pondéreux de première transformation).


        • grangeoisi 17 novembre 2007 14:02

          Citer la Moselle et son trafic me semble, une fois encore orienter le discours vers...une voie de garage. smiley

          Qu’est le macrotransport aujourd’hui ? L’ acheminement de containers et comme d’habitude les matières premières.

          Beaucoup de containers et les matières premières peuvent avoir un final d’acheminement lent.

          Aussi les automoteurs poussant les barges appropriées remplissent à la perfection ce transport où le rapport tonnage/jour/kg carburant est très intéressant. Encore faut-il un lit fluvial au gabarit adéquat et des écuses rapides, économes en eaux.

          Ce genre de transport est envisageable à l’échelle du continent, il répond bien au trafic nécessaire, il est économe en consommation.

          Mais et c’est tant mieux pour nous, répondant à ces critères il risque d’être réalisé par nécessité, à l’échelle de l’ Europe donc, et par des Européens. Les études et la réalisation des travaux ne devront JAMAIS être confiés à des Français, sinon dans 30 ans on sera avec des autoroutes de l’ Oural à Brest, bouchonneuses comme pas possible malgré leurs 500 mètres de large !


          • maxim maxim 18 novembre 2007 13:56

            j’ai vu l’excellent reportage de Thalassa ,effectivement chez nous le retard est considérable pour ce genre de nouvelle politique de transport maritime ...

            mais c’est surtout sur le ferroutage et le transport fluvial ,et la manutention que celà implique ,il faut une fois le navire déchargé ,recharger sur un semi remorque qui ira décharger sur une péniche ou sur un train de marchandises ,donc une fois le container arrivé à bon port ,il faut à nouveau le recharger sur un camion pour aller le livrer chez le client ...... il est plus rationnel qu’un poids lourd charge et livre directement par la route chez le client ..... le prix de revient en sera moins lourd,gain de temps ,le transport fluvial est penalisé par les écluses ,et le transport ferrovière par les menaces de grèves fréquentes à la SNCF ....... et pourquoi l’Espagne ne viendrait pas s’étendre en France pour le Fret ? nous sommes en Europe ,ça donnerait des emplois ,de l’activité paralléle ,bref un peu d’oxygène à notre économie ...... et ça nous stimulerait peut être pour nous mettre au boulot à notre tour !


            • jcm jcm 18 novembre 2007 19:46

              Il serait intéressant d’examiner cette question des transports à la lumière de ceci : La production d’or noir n’augmentera plus, selon l’ex-n°2 du pétrole saoudien et il faut prévoir « un renchérissement futur des prix du brut de 12 dollars par an, au moins, chaque fois que l’écart entre offre et demande augmentera de 1 mb/j ».

              Cela pourrait conduire à certaines révisions...


              • magneticpole magneticpole 25 novembre 2007 22:57

                Cet article reste intéressant mais vous oubliez un phénomène qui ruinera toutes vos craintes ou espoirs , c’est la montée inéluctable des océans et je crains bien que les investisseurs oublient de constater que cette montée accélére et que la priorité aujourd’hui c’est de réfléchir a protéger et endiguer ports et côtes. laissons a Barcelone ses beaux projets et sensibilisons les autorités a prendre des mesures salvatoires. Cette crise de la montée des eaux va engendrer une baisse mondiale de la consommation dans tous les cas...

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