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Accueil du site > Actualités > Economie > Bien mal acquis ne profite jamais... Faut voir

Bien mal acquis ne profite jamais... Faut voir

Qui peut dire si le tsunami financier légué par les Etats-Unis au monde ne va pas arranger certaines affaires ?

C’est vrai qu’il est impossible, à moins de vivre dans une grotte hermétiquement close, de ne pas être informé de la crise financière mondiale. Cette crise qui, selon le président en exercice de l’Union européenne, serait bien entendu exclusivement due aux vautours de la finance américaine.

Selon le discours très "marxiste" du locataire de l’Elysée, la France et a fortiori l’Europe ne posséderaient aucune des caractéristiques qui ont mené le capitalisme jusqu’au bord du gouffre. Les très récents sauvetages de banques britanniques et belges ne sont pourtant qu’un prélude à la poussière que l’on souhaitait "cacher sous le tapis".

Dans le déferlement d’informations toutes plus catastrophiques que les autres, une information est passée inaperçue et c’est dommage.

L’UIMM va démarrer une campagne de communication en faveur des métiers de l’industrie où il va falloir recruter 100 000 personnes par an. "Nous nous engageons à financer des programmes d’insertion des jeunes et des adultes en difficulté. Ce sera notamment notre réponse à Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives, qui nous avait sollicités lors du lancement du RSA.

Pour la formation et la lutte contre l’exclusion, nous avons prévu de créer une fondation qui bénéficiera de 20 millions d’euros abondés chaque année de 10 millions supplémentaires. Un fonds de développement et d’aide au capital des PME sera instauré, doté de 50 millions d’euros. Par ailleurs, nous allons proposer la création d’une fondation pour renforcer les relations entre l’industrie, la recherche et l’enseignement supérieur qui recevra au départ 10 millions d’euros puis 2 millions par an... " ... / ...

Qui gérera et assurera le contrôle de ces actions ?

Tous ces projets seront financés grâce aux intérêts générés par les réserves. Cela représente 255 millions d’euros sur cinq ans. Nous sommes la seule branche professionnelle à engager de telles actions qui seront gérées, selon leur nature, par des dirigeants de l’UIMM et des experts. Nous n’avons pas encore décidé si les fondations seront spécifiques ou abritées à la Fondation de France. Source Le Monde.

Fort bien, mais il faut, semble-t-il, tempérer l’enthousiasme des foules, puisque Sabine Syfuss-Arnaud, grand reporter à Challenges dans son article du jeudi 25 septembre écrit : "Le mystère UIMM demeure épais, donc. A ce jour, il y a eu neuf mises en examen et de nouvelles auditions devraient être lancées début octobre. La brigade financière travaille toujours sur le dossier, mais à effectifs réduits. Il y a dix jours, François Werner, le patron de Tracfin - la cellule anti-blanchiment de Bercy - celui-là même qui avait transmis, il y a un an, le dossier à la justice, a quitté discrètement ses fonctions…

Aujourd’hui, veille de la date anniversaire, l’UIMM, avec sa nouvelle direction qui se présente blanche comme neige, avait convié les médias à une conférence de presse. Elle devait annoncer à quelles fins seraient utilisés les centaines de millions d’euros de la Caisse d’entraide. Las, l’événement a été annulé. Officiellement pour cause d’actualité chargée. Un communiqué sera envoyé en fin d’après-midi. Sans doute plus facile à gérer que des questions trop insistantes de journalistes. SourceChallenge.

Ne cherchez aucune réaction de la part de Bercy, du Commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté ni du Medef, il n’y en a pas. Par contre, "Ce sera notamment notre réponse à Martin Hirsch, le haut commissaire aux solidarités actives, qui nous avait sollicités lors du lancement du RSA. Pour la formation et la lutte contre l’exclusion, nous avons prévu de créer une fondation qui bénéficiera de 20 millions d’euros abondés chaque année de 10 millions supplémentaires". Ça sent la rédemption et peut-être... un futur accord amical ?

Pour ceux qui l’auraient oublié, l’affaire UIMM c’est :

Les caisses noires d’argent sale du MEDF-UIMM atteignaient 600 millions d’euros. Certains disent un milliard. Cela représente un cinquième de ce qui a été perdu par les spéculations financières aventureuses de la Société générale, huit fois plus que l’enjeu de la dernière grève SNCF, douze fois plus que les crédits de Martin Hirsh pour faire travailler les pauvres au RSA. Cela a été révélé le 26 septembre 2007 : la bande organisée (Denis Gautier-Sauvagnac, Laurence Parisot, Michel de Virville, D. de Calan...) qui trafiquait cet argent sale pour corrompre des politiques et casser des grèves, payer des salaires en liquide sans cotisations, s’octroyer des prêts gratuits, n’est toujours pas sous les verrous.

Les entreprises, qui cotisaient à ces fonds secrets redistribués en mallettes de 26 à 32 kg à raison d’au moins 2 millions d’euros par an, ne sont pas inquiétées.

D’où vient l’argent ? Où va-t-il ? C’est l’omerta.

Il n’y a guère de journalisme d’investigation sur le sujet. Les révélations sur la façon dont le Medef détourne des fonds, des locaux, des permanents sur le compte de la médecine du travail sont aussi restées sans suite ... / ... Source D& S

Dans le détail par France 24 du 29 février 2008 :

L’ancien président de l’UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, a négocié une indemnité de départ d’1,5 million d’euros et la prise en charge financière par l’organisation patronale des conséquences de l’affaire des retraits suspects des caisses du patronat de la métallurgie.

Révélés par l’hebdomadaire Marianne à paraître samedi, ces deux accords conclus entre DGS et l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) ont été négociés respectivement début novembre et fin décembre, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Dans la soirée, l’UIMM a confirmé qu’"une transaction a été signée début décembre 2007 pour mettre fin à des différends existant entre les parties. Dans le cadre de cette transaction, un montant d’1,5 million d’euros bruts, soumis à cotisations sociales et à impôts, a été versé à Denis Gautier-Sauvagnac".

Selon Marianne un second accord "garantit à M. Gautier-Sauvagnac que toutes les condamnations éventuelles liées à la procédure judiciaire en cours seront financièrement prises en charge par l’UIMM". Le contenu de ce second accord aurait été, selon l’hebdomadaire, "partiellement dissimulé à certains membres du bureau" de l’UIMM qui réunit des dirigeants de grands groupes industriels français.

L’UIMM affirme de son côté avoir, après une décision du bureau "à l’unanimité", signé un accord avec DSGS "au terme duquel l’UIMM assumerait les seules éventuelles conséquences fiscales" pour M. Gautier-Sauvagnac de l’affaire des retraits suspects. Ce dernier pourrait en effet faire l’objet d’un redressement fiscal pour avoir perçu des primes non-déclarées sur les fonds prélevés en espèces des caisses de l’organisation patronale

Selon une source proche du dossier, ces accords, négociés avec Michel de Virville, mandaté par le bureau de l’union patronale, auraient pour objectif de s’assurer du silence de M. Gautier-Sauvagnac dans le dossier, pour lequel il a été mis en examen le 15 janvier, notamment pour "abus de confiance". Quelque 19 millions d’euros ont au total été retirés entre 2000 et 2007 sous son autorité. Les enquêteurs soupçonnent que la majeure partie de ces sommes aient pu servir au financement occulte de syndicats.

Denis Gautier-Sauvagnac n’en dit rien et se contente d’affirmer qu’il avait procédé, comme ses prédécesseurs, "à des remises de fonds aux représentants des organismes participant à la vie sociale du pays." "Je n’ai sur ce sujet aucun commentaire à faire", a déclaré à l’AFP Me Jean-Yves Le Borgne, avocat de DGS.

Ces deux contrats n’ont pas été versés au dossier instruit par le juge financier Roger Le Loire, selon des sources judiciaires.

... / ...

Selon Marianne, le contrat conclu en novembre stipulerait qu’il "quittera ses fonctions de délégué général au plus tard le 31 janvier 2009". Dans ce dossier, le délégué général adjoint de l’UIMM, Dominique de Calan, a lui aussi été mis en examen le 14 février pour complicité et recel d’abus de confiance. Selon une source proche du dossier, il pourrait avoir conclu des accords similaires à ceux de Denis Gautier-Sauvagnac, une affirmation démentie de source proche de l’UIMM. 

Certes, l’indemnité de Denis Gautier-Sauvagnac a été diminuée et un certain nombre de protagonistes ont été mis en examen. Le Medef "pris à la gorge" a suspendu de leurs fonctions quelques protagonistes trop exposés et Mme Parisot nous a gratifiés de discours sur l’éthique et le "responsable mais pas coupable"... Alors que : "tous (Ceyrac, Gattaz, Dewavrin) expliquent que c’était un secret de polichinelle, que cela existait depuis 123 ans, ou selon, depuis 1901 ou 1947 ou 1968, qu’il y a eu jusqu’à un milliard d’euros, dans la caisse puisque Mme Parisot a reconnu qu’elle était « salie » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ce « secret de famille honteux ». Source D&S.

Et voilà que justement en période de caisses vides, de retour de la pauvreté et de marasme financier, ce qu’on peut considérer comme le plus grand scandale économico-financier français (des responsables de l’UIMM reconnaissent avoir financé des syndicats et brisé des grèves de salariés et affirment avoir versé des sommes importantes à des partis politiques) risque de tomber dans l’oubli et de trouver une fin somme toute "heureuse".

Et pourquoi pas une commission arbitrale (par exemple) pour régler le problème ?

On peut lire ce matin dans Les Echos : "Pour « montrer la voie » à l’Etat, la présidente du Medef a jugé hier nécessaire de réduire les cotisations chômage. Cette annonce survient alors que le gouvernement table sur une stabilisation de l’emploi en 2009, qui risque de peser sur les comptes de l’Unedic. Source Les Echos.

Ouest-France nous fait découvrir une autre déclaration tonitruante :

"Laurence Parisot critique la politique fiscale du gouvernement à deux jours de la présentation du budget. Il faut faire baisser les impôts, dit-elle.

Les entreprises sont écrasées par le poids des charges. Cette doléance du patronat n’est pas nouvelle. Hier, la présidente du Medef a évoqué une fois encore ce sujet qui fâche. Un moment qui ne doit rien au hasard. Le projet de loi de finances 2009 sera présenté, vendredi, en Conseil des ministres. Et ce qui s’annonce n’augure rien de bon, selon l’organisation patronale.

« Dans un contexte de crise, toute hausse des prélèvements obligatoires peut faire déborder un vase déjà quasi trop plein. Aujourd’hui, on estime que la France est en danger, assure Laurence Parisot. Nous avons de bonnes raisons de croire qu’on repart à la hausse. Je prédis une situation catastrophique, si on ne prend pas la décision d’inverser la tendance. »

Et de souligner que la France a le niveau de prélèvements obligatoires « le plus élevé au monde ». Sans pouvoir l’évaluer précisément, puisque, selon elle, « aucune source officielle n’en donne le montant total ».

Et de conclure : "L’organisation patronale a notamment fustigé la pénalité d’1 % sur la masse salariale, envisagée par le gouvernement pour les entreprises qui n’auront pas conclu un accord avec les syndicats ou établi un plan d’action sur l’emploi des seniors d’ici à la fin 2009. « Il y a, aujourd’hui, une logique punitive qui n’est pas acceptable », dénonce Laurence Parisot".

Sans commentaire... ou plutôt si, mais j’ai peur de pas avoir assez de place...
 

Crédit image
ATTAC Belgique

 


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4 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 1er octobre 2008 13:09

    Bien mal assis ne profite pas non plus. C’est pourquoi les sénateurs ont trouvé la solution : ils calent leurs gros séants dans des fauteuils très confortables et très lucratifs et siphonent nos impôts.


    • alberto alberto 1er octobre 2008 14:55

      Oui, M. Bernard,

      Mais vous savez, depuis le temps que vous suivez la vie politique de notre beau pays, qu’en France ce genre de scandale ne fait pas de vague, à moins qu’on ne veuille griller politiquement quelqu’un...ou alors, il y a quelquefois, aussi, des suicides...

      Bien à vous.


      • Traroth Traroth 1er octobre 2008 15:19

        Est-ce que l’argent volatilisé n’est pas perdu pour tout le monde ? Mais c’est une évidence ! On a prêté de l’argent à des gens qui voulaient accéder à la propriété sans pouvoir se le permettre, en dépit du bon sens, ces gens sont ruinés, et les prêts en question, qui n’auraient jamais dû exister, sont remboursés par l’Etat. Qui est gagnant ? La banque !
        Enormément de maisons se retrouvent simultanément sur le marché parce que les gens ne peuvent plus rembourser leurs crédits, le cours s’effondre et quelques riches investisseurs les rachètent à vil prix. Qui est gagnant ? Les investisseurs en question, qui pourront revendre les maisons dans quelques temps, quand le cours aura remonté à un niveau normal.

        Bref, une vaste entreprise de pillage à la fois des pauvres et des contribuables !

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