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Accueil du site > Actualités > Economie > Big Brother et le neuromarketing

Big Brother et le neuromarketing

Le marketing, cette technique pour nous vendre toujours plus, était jusqu’à présent basé sur des techniques classiques de questionnement de populations ciblées pour connaître leurs réactions à tel ou tel nouveau produit, couleur ou conditionnement. Mais le mystère demeurait sur la raison de nos choix, sur ce qui poussait tel ou tel individu à choisir tel produit plutôt que tel autre. Couleur, forme, attractivité de l’emballage, position du produit dans les linéaires, impact des campagnes de publicité, valeur de la marque, prix, toutes ces motivations diverses ont été étudiées en détails par toutes les marques pour adapter leurs produits et leur communication à nos besoins, mais aussi à nos pensées et réactions les plus intimes. On a même étudié l’impact d’images qui passent trop vite pour être retenues par le spectateur, les images subliminales, dont on s’est aperçu qu’elles pouvaient nous influencer sans que nous en soyons conscients.

Mais tout ceci reste encore largement subjectif et émotionnel. La science vient d’entrer dans le jeu, avec l’examen en profondeur des réactions des différentes zones du cerveau à tel ou tel stimulus. C’est ce qu’on appelle le neuromarketing, qui explore, par les techniques de l’imagerie médicale( RMN), les réactions des zones du cerveau connues pour abriter nos sentiments et nos émotions, en particulier la partie du cortex préfrontal. D’ores et déjà, des laboratoires travaillent sur ce sujet, aux États-Unis bien sûr, mais aussi en Angleterre, en Allemagne ou en France, pour des grandes marques mondiales bien connues.

L’une des expériences, reconnue scientifiquement, est une expérience réalisée en 2002 pour Daimler Chrysler, dans laquelle on montrait successivement 66 types et modèles de voitures différents à 12 hommes dont le cerveau était suivi par scanner. Certaines zones du cerveau montraient une activité plus particulièrement intense devant certaines photos, de voiture de sport par exemple. Ils en ont établi un "circuit de la récompense" dans notre cerveau.

Une autre étude a porté sur une comparaison entre les perceptions par les consommateurs du Coca Cola et du Pepsi Cola. L’étude menée avec 67 volontaires a montré que les consommateurs, lors de tests en aveugle, avaient tendance à préférer le Pepsi Cola, mais que dans leur cerveau, l’activité cérébrale était plus importante dans la zone dite de préférence à la vue d’images montrant la marque Coca Cola. En d’autres termes j’aime mieux le Pepsi, mais l’image que j’ai du Coca me pousse à boire du Coca. Étonnant.

Seul problème, et c’est la raison de mon titre, est-ce que cette connaissance de plus en plus précise et approfondie des réactions de nos cerveaux ne risque pas de nous transformer un jour en pantins entre les mains d’un Big Brother quelconque ?


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2 réactions à cet article    


  • AnAnotherWay (---.---.12.50) 9 février 2006 19:44

    Nous sommes déjà des pantins entre les mains du seul Big Brother qui soit :

    Notre voisin !

    Celui qui nous vois, que nous voyons, qui nous influence par sa présence et que nous influençons.

    Le manipulateur est un manipulé qui s’ignore.


    • Aud (---.---.118.94) 11 février 2006 10:48

      Sauriez-vous ou je peux me procurer l’article sur l’experience de Daimler Chrysler ? Pourriez-vous me le faire parvenir ? Cordialement

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