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Accueil du site > Actualités > Economie > Bonne année les paradis fiscaux !

Bonne année les paradis fiscaux !

Le soir du 31 décembre, pour les paradis fiscaux et leurs clients ce sera la fête. Ils fêteront en effet, l'arrivée de 2011 et le premier anniversaire de ... leur disparition actée par le G20 de Pittsburgh !

Le 8 octobre 2009, le site du gouvernement publiait le communiqué suivant : " G20 : le sommet de Pittsburgh a posé les bases d'une nouvelle gouvernance économique et financière mondiale" : Christine Lagarde déclarait à cette occasion " (...) Bonus, paradis fiscaux, harmonisation des normes comptables… dans ces trois domaines qui devaient "mesurer la détermination collective à changer les choses", des avancées fondamentales ont été actées à Pittsburgh (...) "

Or, le 13 décembre : Nicolas Sarkozy profitant de la réception du secrétaire général de l'OCDE, pour le 50eme anniversaire de l'institution, lançait : " (...) Si des pays ont triché, Monsieur le Secrétaire général, il faudra les dénoncer. Quand on est sorti de la liste noire, on peut y revenir. On en est sorti parce que l’on a pris des engagements, on peut y revenir quand on n’a pas respecté ces engagements (...) " - Fiscalonline

Cela voudrait-il dire, que les paradis fiscaux et leurs utilisateurs, se seraient "assis" sur les bases de la "nouvelle gouvernance économique et financière mondiale" ?

C'est ce qu'affirmait hier Jacques Attali dans Slate

(...) Les prêteurs et les investisseurs ont fini par admettre que leurs rêves les plus fous étaient en train de se réaliser : banques centrales et gouvernements des pays développés sont prêts à se ruiner, en s'endettant, en émettant de la monnaie ou en achetant des titres sans valeur, plutôt que de laisser s'effondrer des banques ou des institutions financières. Ils sont prêts à les laisser faire tout ce qu'elles veulent pour maintenir leurs profits, même au prix de turpitudes extrêmes : spéculation pour compte propre, vente d'actifs à bas prix à leurs propres filiales, délits d'initiés, trading électronique « haute fréquence », le tout logé dans des paradis financiers et fiscaux (...) "

Des noms, des noms ...

Politis le 16 décembre écrivait : " (...) Les 50 plus grands groupes européens possèdent 4 748 filiales dans des paradis fiscaux ou des pays considérés comme tels (dont, pour la France : Axa, BNP-Paribas, Carrefour, Crédit agricole, EDF, France Télécom, GDF-Suez, Peugeot, Saint-Gobain, Société générale, Total). Sans oublier les filiales à Londres et dans le Delaware. 33 territoires ont un degré d’opacité supérieur à 95 %, dont les Bahamas, les Bermudes, les îles Caïmans, Jersey, le Luxembourg, la Suisse ou Israël, selon le Tax Justice Network (...) "

Nous vous conseillons d'ailleurs de lire : " Paradis fiscaux Bilan du G20 en 12 questions" Rapport, rédigé par le CCFD- Terre Solidaire et publié en Avril 2010 qui a le mérite de remettre les choses à leur place et ... de donner des faits et chiffres !

Des détails, des détails ...

Novethic le 13/12 : " (...) le poids des paradis fiscaux biaise totalement les indicateurs internationaux qui guident les politiques décidées par le G20 et les gouvernements (...) 3 pays, le Liechtenstein, les îles Caïmans et les îles vierges britanniques (BVI) abritent plus d’entreprises que d’être humains ». 45% des sociétés offshore seraient enregistrées aux seules BVI, sachant qu’une simple boîte aux lettres permet d’échapper aux contraintes fiscales et réglementaires (...) On sait aujourd’hui que les banques viennent en tête des implantations offshore. La Deutsche Bank compte 446 filiales dans ces territoires, auxquelles s’ajoutent 632 à Londres et au Delaware, (considérés comme paradis fiscaux). Pour les banques britanniques, la Barclays arrive en tête avec 383 filiales, et pour la France, BNP Paribas en compte 347, malgré ses promesses de "retrait" (...) Alors que les déclarations politiques évoquant la disparition des paradis fiscaux comme condition indispensable à la sortie de crise se sont multipliées depuis 2008, ces véritables « trous noirs » de la finance mondiale abriteraient toujours 11 000 milliards de dollars d'actifs et 2,5 millions de sociétés écrans (...) "

Alors, à l'issue du G20 en France, les paradis fiscaux et leurs clients vont-ils plier devant la : " nouvelle gouvernance économique et financière mondiale" ?

Il est assez illusoire de le penser, surtout lorsqu'on lit les "critères des paradis fiscaux", de l'OCDE qui indiquent que : " (...) Le premier est le fait que cette juridiction applique des impôts inexistants ou insignifiants. Ce critère n'est pas suffisant par lui même pour permettre de qualifier une juridiction de paradis fiscal. L'OCDE reconnaît que toute juridiction a le droit de décider d'appliquer ou non des impôts directs et, dans l'affirmative, de déterminer le taux d'imposition approprié (...) " Etonnant, non ?

Donc, bonne année aux paradis fiscaux et ... à leurs clients !


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12 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 30 décembre 2010 13:30

    Excellent article.

    Mais ceci n’est pas une si mauvaise chose que cela. C’est un mal pour un bien.
    En effet, ces circuits d’argent mafieux accélèrent encore la concentration de richesse et permettront une chute encore plus rapide du système.
    Pour la suite, il nous suffira de ré-appliquer les principes de base de 1789 en espérant que cette chute mondiale nous laissera, par apprentissage, quelques siècles de tranquillité et d’avenir serein.


    • millesime 30 décembre 2010 14:44

      espérons que les Etats-Unis puissent rétablir le GLASS-STEAGALL GLOBAL avant que l’oligarchie financière avec son « cartel bancaire » ne les ait mis a genoux. ; !
      il est vrai qu’il faut un autre président qu’Obama dont le mentor n’est autre que Sbzeniew Brzezinski maitre à penser de la Commission Trilatérale.

      http://millesime.over-blog.com


      • Ferdinand_Pecora 30 décembre 2010 18:27

        Tout à fait.
        C’est tout le combat de Jacques CHEMINADE depuis qu’en 1995, on a voulu le faire taire lors de l’élection présidentielle.
        Quant à Obama, il faut dire pourquoi il faut sortir ce président : il fait blocage, avec Barney Frank et consorts, à la réinstauration de cette loi rooseveltienne par excellence, le GLASS-STEAGALL, alors qu’il se réclamait encore dernière de Roosevelt.

        Par Sam Vadknin expert des syndromes narcissiques aux Etats-Unis, interviewé par l’équipe de Lyndon LaRouche (le premier Démocrate à avoir appelé il y a deux ans à un GLASS-STEAGALL GLOBAL) : http://www.solidariteetprogres.org/article7129.html


      • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 30 décembre 2010 22:06

        Votre article m’interpelle !

        Vous écrivez :

        « Il est assez illusoire de le penser, surtout lorsqu’on lit les »critères des paradis fiscaux« , de l’OCDE qui indiquent que : » (...) Le premier est le fait que cette juridiction applique des impôts inexistants ou insignifiants. Ce critère n’est pas suffisant par lui même pour permettre de qualifier une juridiction de paradis fiscal. L’OCDE reconnaît que toute juridiction a le droit de décider d’appliquer ou non des impôts directs et, dans l’affirmative, de déterminer le taux d’imposition approprié (...) « Etonnant, non ? »

        Mais pourquoi donc serait-ce étonnant ?

        Puisque les critères de l’OCDE ne semblent pas vous convenir, il me serait agréable que vous nous indiquiez vos propres critères permettant d’identifier un « Paradis fiscal » ...

        Plus loin vous vous interrogez :

        « Alors, à l’issue du G20 en France, les paradis fiscaux et leurs clients vont-ils plier devant la : » nouvelle gouvernance économique et financière mondiale«  ? »

        Quelle est donc la légitimité du « G20 », organisation autoproclamée, informelle et sans statuts aucuns, que vous qualifiez de « nouvelle gouvernance économique et financière mondiale » ?

        Que penser de ce « G20 » illégitime qui dicte ses règles à l’OCDE, organisation formelle, pourvue de statuts et financée par ses pays membres dont la grande majorité sont exclus du « G20 » ? Ce « G20 » dont bon nombre de pays n’appartiennent pas à l’OCDE ?


        • LE CHAT LE CHAT 30 décembre 2010 22:55

          on a de la chance , même avec notre armée minable , les coffres d’Andorre , du Luxembourg , de Suisse , de Jersey et Guernesey sont à portée de canon ! smiley


          • Lou8 31 décembre 2010 00:58

            Obama le pantin de Wall Street avec l’ OCDE a fait retirer les iles caïman et les iles vierges de la liste des paradis fiscaux au G20 de Londres ainsi que la Belgique, le Luxembourg,les Bermudes et Bahreïn car nombres d’ entreprises qui ont financé sa campagne y font des « affaires » ( aux iles caïman )....
             
            http://www.tsr.ch/info/economie/1035073-deux-archipels-retires-de-la-liste-des-paradis-fiscaux.html
             


            • Ferdinand_Pecora 31 décembre 2010 10:49

              Allez donc au bout du raisonnement.

              La seul chose au monde qui effraye les intérêts financiers mondiaux de La City et Wall Street ainsi que des paradis fiscaux, est la bataille internationale qui se déroule sous vos yeux pour la réinstauration du GLASS-STEAGALL à l’échelle GLOBALE.

              Obama est le pantin du plus gros empire financier britannique que l’histoire de l’humanité a connu : celui du groupe bancaire britannique INTER-ALPHA créé par François GARELLI aux lendemain de l’abrogation des accords de BRETTON WOODS le 15 août 1971.

              Aujourd’hui, si dénoncer ne suffit pas, c’est ATTAQUER qui est devenu nécessaire.


            • Lou8 31 décembre 2010 01:22

              Eh oui encore le copmplexe militaro industriel US et les paradis fiscaux ...
               
              http://www.msnbc.msn.com/id/24510512/page/2/


              • Lou8 31 décembre 2010 01:41

                IL faut parler du prix de transfert des transnationales qui volent les pays d’ afrique riches en ressource entre autre avec les paradis fiscaux ...
                 
                http://v2belleville.eu/prix-transfert.html
                 


                • Ferdinand_Pecora 31 décembre 2010 10:53

                  Mais qu’il s’agisse du prix de transferts des transnationales, des coupures de budget dans n’importe quel pays ou du malthusianisme qui nous assène depuis 40 ans qu’il nous faut économiser l’énergie (et puis viendront l’économie d’êtres humains), c’est 40 ans d’une pensée d’empire dont il nous faut nous libérer.


                • BA 2 janvier 2011 18:23

                  Wikileaks vient de révéler un document historique : dès le 17 mars 2008, les dirigeants anglais et étatsuniens savaient déjà que les grandes banques privées étaient en faillite.

                   

                  Lundi 17 Mars 2008, 18:27


                  SUJET : LA CRISE BANCAIRE EST MAINTENANT UNE CRISE DE SOLVABILITE ET NON PAS DE LIQUIDITE, AFFIRME LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ANGLETERRE.

                   

                  Classifié par : AMB RTUTTLE, raisons 1.4 (b) et (d).

                  Résumé :

                  §1. (C/NF) Depuis l’été dernier, la crise des marchés financiers a changé de nature. Le problème est maintenant non pas celui de la liquidité présente dans le système mais plutôt une question de solvabilité systémique, selon les déclarations du Gouverneur de la Banque d’Angleterre (BOE) Mervyn King lors d’une rencontre à déjeuner avec le Sous-Secrétaire au Trésor Robert Kimmitt et l’Ambassadeur Robert Tuttle.

                  Mervyn King a mis en avant deux impératifs. Premièrement, trouver le moyen d’éviter aux banques l’infamie d’avoir à vendre des billets de trésorerie dont personne ne veut à des prix bradés, ou de devoir réclamer l’aide d’une banque centrale. Deuxièmement, s’assurer qu’il existe un effort coordonné qui pourrait devoir aller jusqu’à recapitaliser le système bancaire dans son intégralité.

                  Quant au premier impératif, King a suggéré de développer un système de regroupement et d’enchères de manière à débloquer l’important volume d’investissements financiers pour lesquels il n’existe pour le moment aucun marché. Quant au second impératif, King a suggéré que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la Suisse, et peut-être le Japon puissent former un nouveau groupe provisoire qui dans un commun effort réunirait le capital nécessaire afin de recapitaliser toutes les principales banques. FIN DU RESUME.

                  L’insolvabilité systémique est désormais le problème.

                  –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

                   

                  §2. (C/NF) Mervyn King a déclaré que la liquidité est nécessaire mais non suffisante dans la crise du marché actuelle car le système bancaire mondial est sous-capitalisé en raison d’un effet de levier trop important. Il a dit qu’il est difficile de penser que les quatre principales banques anglaises (Royal Bank of Scotland, Barclays, HSBC, et Lloyds TSB) n’ont pas besoin de capitaux supplémentaires. Un effort coordonné des banques centrales et des ministres des finances sera peut-être nécessaire afin de développer un plan de recapitalisation du système bancaire.

                  Débloquer les titres adossés à des hypothèques qui ne trouvent pas acheteur.

                  –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––—–

                   

                  §3. (C/NF) King a déclaré qu’il est également impératif de trouver un moyen pour que les banques puissent se débarrasser de leurs titres qui ne trouvent pas acheteur, ce qui inclut les titres adossée à des hypothèques, sans devoir les solder à des prix bradés. Il a dit que les ventes à prix bradés ne servent qu’à abaisser la valeur plancher à laquelle les banques doivent évaluer leurs actifs (cote au marché), et par là-même obligent à entériner des ventes forcées supplémentaires injustifiées. Il a déclaré que nous devons inventer un système d’enchères où les banques pourraient placer les billets de trésorerie qu’elles veulent vendre sans craindre d’être stigmatisées par les marchés qui interpréteraient des ventes à faible prix comme le signe que la banque est en difficulté. King a pourtant indiqué qu’il ne savait pas encore comment structurer de telles enchères et que des discussions supplémentaires étaient nécessaires. Kimmit a convenu qu’il fallait trouver le moyen de débloquer ces marchés et a déclaré que nous devrions rester en contact aussi bien bilatéralement qu’à travers le G7, le Forum de Stabilité Financière et les banques centrales.

                  Une méthode éventuelle de recapitalisation.

                  ––––––––––––––––––––––––––––––––––

                   

                  §4. (C/NF) Le G7 est presque complètement inopérant au niveau économique a déclaré King. Des économies jouant un rôle-clé ne sont pas représentées, en particulier celles qui ont d’importantes et croissantes réserves en capital. King a dit qu’un nouveau groupe international était nécessaire pour remédier à cela. Cela pourrait être un groupe provisoire, et il a suggéré que peut-être les banques centrales et les ministres des finances des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Suisse pourraient coordonner les discussions avec d’autres pays qui ont de vastes réserves de capitaux, incluant les fonds souverains, à propos du recyclage de dollars pour recapitaliser les banques. King dit que le Japon pourrait ne pas être inclus car il n’a pas grand-chose à offrir. King a observé pourtant qu’inclure les Japonais pourrait les forcer à finalement évaluer au prix du marché des actifs dépréciés. Kimmit a déclaré qu’il était réticent à susciter de nouveaux regroupements dans la communauté financière internationale en raison des inévitables débats visant à déterminer qui inclure.

                  Commentaire.

                  –––––––––––

                   

                  §5. (C) Les propositions de King n’étaient pas des idées en l’air comme on peut en lâcher pour faire la conversation au cours d’un déjeuner. Il était clair que son objectif principal lors de cette réunion était de faire connaître à Kimmit, dans les grandes lignes, ses idées originales sur la question. King n’est pas rentré dans les détails quant à ses propositions et se satisfaisait de présenter des idées générales, posant ainsi les fondements pour une discussion future. FIN DU COMMENTAIRE.

                   

                  §6. (U) Participants : USG : Ambassador Robert Tuttle ; Deputy Secretary Kimmitt ; Eric Meyer, Office Director for Europe ;

                  SIPDIS Robert Saliterman, Spokesman, International Affairs, U.S. Treasury ; Warren Chane, ECONOFF. UK : Mervyn King, Governor, Bank of England ; Chris Salmon, Private Secretary.

                   

                  §7. (U) Le Sous-Secrétaire Kimmitt a approuvé ce message.

                  Visit London’s Classified Website : http://www.state.sgov.gov/p/eur/london/index. cfm TUTTLE

                  Visit London’s Classified Website : http://www.state.sgov.gov/p/eur/london/index. cfm TUTTLE

                  ===============================

                  NB : Merci à Nikademus pour la traduction.

                   

                  http://www.pauljorion.com/blog/?p=19899#more-19899

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