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Bouclier fiscal + endettement : le cocktail gagnant-gagnant de l’UMP pour les riches

La loi TEPA est devenu le symbole du mandat Sarkozy. A peine le président bling-bing remis de ses luxueuses vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, le gouvernement déposait le 29 juin 2007 un projet de loi avec dans le collimateur les impôts les plus redistributifs. 

Cette politique a contribué à creuser l’endettement de la France, qui atteindra cette année plus de 75% du PIB. Or, le remboursement de cette dette occasionnera une nouvelle redistribution de la richesse nationale au profit des plus riches, ceux-là mêmes qui avaient bénéficié des gâteries fiscales du gouvernement.

La loi TEPA, hold-up inaugural du quinquennat bling-bling

La loi TEPA est devenu le symbole du mandat Sarkozy. A peine le président bling-bing remis de ses luxueuses vacances sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, le gouvernement déposait le 29 juin 2007 un projet de loi avec dans le collimateur les impôts les plus redistributifs :
  • l’impôt sur le revenu (IR) voit son taux maximal abaissé à 40%, ce qui revient à supprimer les deux tranches supérieures ;
  • les droits de succession, qui constituent un outil trop méconnu de redistribution, sont l’objet d’abattements multiples pour un total avoisinant 2,27 milliards d’euros ;
  • des abattements de 20 à 75% de l’impôt de solidarité sur la fortune ;
  • au cas ou cela ne suffirait pas, on met en place un "bouclier fiscal" à 60% en 2007, ramené à 50% en 2008. Ainsi, si l’on additionne la CSG, la CRDS, l’impôt sur le revenu, l’ISF, les taxes foncières et la taxe d’habitation et que le total est supérieur à 50% du revenu, l’heureux privilégié se voit rembourser l’excédent : sept impôts pour le prix d’un seul et si vous trouvez moins cher ailleurs, on vous rembourse la différence.
Et, tenez-vous bien, le gouvernement déclare l’urgence pour faire voter ce paquet fiscal. Dès le début du quinquennat, les priorités étaient fixées.

Une allergie à l’impôt qui vient de loin

Si cette loi inique a profondément marqué les esprits, ce serait une erreur de considérer son abrogation comme l’horizon ultime de toute politique fiscale de gauche à venir. Comme le rappelle Piratage(s), l’allergie à l’impôt ne date pas de 2007. Qui se rappelle des slogans de la campagne présidentielle de 2002 ?
  • Lionel Jospin promettait une baisse de 18 milliards d’impôts, dont 5 sur l’IR, dans la lancée de la politique menée depuis 2000.
  • Jacques Chirac, quant à lui, proposait une baisse de 33% de l’impôt sur le revenu. Dans les faits, la réduction sera de 10% environ.
Alternatives économiques évalue le coût de ce jeu de massacre à 22,6 milliards pour la seule année 2007. Soit quatre fois le plan de relance présenté par le gouvernement fin 2008 (En effet, les 26 milliards annoncés ne seront que 5 à 7 effectivement dépensés en 2009, d’après le chiffrage de Jacques Généreux). L’Etat s’est donc appauvri au profit des plus riches à une période de conjoncture favorable (Rappellons-nous l’affaire de la "cagnotte" de plus de 5 milliards d’euros dégagée par le gouvernement Jospin en 1999.)

Le double effet de la dette créée par les gâteries fiscales

Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que la dette est un mal en soi, comme il ressort des incantations des éditorialistes en vue. Cette question a été traitée de façon fort exhaustive sur d’autres blogs. Cependant, il ne faudrait pas non plus y voir une variable totalement indifférente. Car la dette est un puissant outil de redistribution de l’argent public vers les prêteurs - autrement dit les épargnants fortunés -, sous la forme d’intérêts. Le problème est évidemment inhérent à tout l’emprunt. Cependant, quand une partie de cette dette a pour origine le démantèlement de l’impôt, les nantis gagnent sur les deux tableaux.
  • D’abord, parce que ce sont eux qui bénéficient des gâteries fiscales qui leur sont prodiguées depuis plus d’une décennie.
  • Ensuite, parce qu’ils toucheront des intérêts sur les emprunts que l’Etat consacre à boucher les déficits causés par ces gâteries fiscales.
C’est le double effet néolibéral.

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2 réactions à cet article    


  • Marti 1er avril 2009 09:35

    L’auteur se trompe : la "baisse" de l’impôt sur le revenu date de 2006 et n’a été réalisée qu’en supprimant l’abattement de 20%. Ce n’est donc pas vraiment une baisse et encore moins une partie de la loi TEPA.


    • ronchonaire 1er avril 2009 10:54

      Ahhh, la fameuse "cagnotte" de Jospin ! Cagnotte qui n’en était pas une puisque les 5 milliards d’euros en question étaient en fait...un déficit moins important que prévu. Un peu comme si, en fin de mois, vous vous retrouviez avec un découvert de 1000 euros sur votre compte alors que vous vous attendiez à un découvert de 1500 euros et que vous considériez les 500 euros de différence comme une "cagnotte" qu’il faut, bien entendu, dépenser. Et on s’étonne que l’Etat français soit au bord de la faillite...

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Etiam Rides


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