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Accueil du site > Actualités > Economie > Brève Psychanalyse de la BCE

Brève Psychanalyse de la BCE

Les statistiques économiques Européennes sont choquantes : Contraction du P.I.B. Allemand - plus importante économie du continent - de 3.8% au dernier trimestre 2008 sans même évoquer les chiffres de nations comme la Slovaquie dont l’économie s’est contractée de près de 12% ! Si ce rythme devait rester inchangé en 2009, c’est le revenu national de certains pays qui serait tout simplement réduit de moitié.

Pour autant, les réponses apportées et les mesures adoptées par l’hiératique Banque Centrale Européenne ne dévoilent nul empressement ou volontarisme visant à sortir l’Europe de sa crise économique - et sociale - la plus aigue depuis près d’un siècle. En fait, il est plus que probable que la BCE - dont le siège est à Francfort et qui de notoriété publique est sous influence de l’élite financière Allemande - soit désorientée par l’ampleur d’une crise que les élites politique et financière du pays ne pouvaient prévoir même dans les scénari les plus catastrophiques au vu de la conduite et de la gouvernance modèles passées du pays.

Le constat est certes à la fois triste et ironique mais le fait est que l’Allemagne subit actuellement une fable de la cigale et de la fourmi inversée car, contre toute attente - et contre toute morale - son comportement économe et exemplaire lui ayant permis d’éviter les bulles spéculatives durant les périodes d’euphorie n’a pas contribué à l’épargner ou tout au moins à amortir le choc de la crise actuelle. Fable inversée car, pendant que l’Allemagne se complaisait dans une austérité et dans une rigueur que n’auraient pas renié Lüther en personne, des pays comme la Grande Bretagne et les Etats-Unis, aux sources de tous les excès ayant abouti à la crise, tirent aujourd’hui plus honorablement leur épingle du jeu.

En réalité, la Grande Bretagne sortira de la crise nettement plus rapidement que l’Allemagne pour deux raisons principales, la première étant la forte dépréciation de sa Devise surtout vis-à-vis de l’Euro. Le scénario sera similaire à celui ayant conduit à l’éviction théâtrale de la Livre Sterling du Système Monétaire Européen au début des années 90 lequel a permis un rétablissement rapide de l’économie Britannique par le biais d’une reprise des exportations et d’une diminution des importations ayant contribué à la relance de l’économie domestique. De fait, certaines entreprises Britanniques persuadées de l’impact positif du niveau actuel de la Livre seraient déjà sur le point de rapatrier centres opérationnels et autres services dans leurs pays d’origine.

Les conditions Britanniques seront également moins dramatiques que les aléas Allemands grâce à la réaction radicale et énergique de la Banque d’Angleterre ayant réduit agressivement ses taux d’intérêts aujourd’hui proches du zéro pendant que la BCE, elle, temporisait et tergiversait...La Banque d’Angleterre qui se distingue en outre actuellement de la BCE en ayant franchi un pas décisif par l’application d’une politique de baisses des taux quantitative consistant à inonder les marchés monétaires de liquidités par l’achat de papiers valeurs. Une BCE qui ne peut tout bonnement pas se convertir à ces baisses de taux quantitatives car une question toute simple mais néanmoins fort délicate et potentiellement explosive se poserait alors : Quels Bons du Trésor acquérir, pourquoi privilégier tels pays Européens au détriment d’autres et, subsidiairement, pourquoi acheter plus de papiers valeurs de tel pays... ? Choix qui s’avèrerait encore plus compliqué dès lors qu’il s’agirait pour la BCE de se porter acquéreur d’obligations d’entreprises privées Européennes : Imaginons simplement le tollé que ne manquerait pas de provoquer la BCE si elle décidait de privilégier l’industrie automobile Allemande ou l’industrie métallurgique française...Sans négliger que l’indépendance et la neutralité jalousement préservées par la BCE et par son Président actuel seraient de facto à ranger au musée.

Il se pourrait bien du reste que ce soit précisément cette aversion de la BCE à pénétrer vraiment dans l’arène et à mettre les mains dans le cambouis qui l’ait dissuadée de réduire trop rapidement sa politique monétaire afin de retarder au possible le stade où, ses taux étant à zéro, elle devra fatalement adopter la politique alternative des baisses de taux quantitatives. N’oublions pas enfin que, tout comme la Réserve Fédérale Américaine réagit en fonction des leçons apprises à l’occasion de la Grande Dépression, la BCE - dominée par l’Allemagne - est hantée par l’épisode traumatisant de Weimar et, à ce titre, extrêmement méfiante à l’encontre de toute injection exagérée de liquidités susceptible de créer des pressions inflationnistes.

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38 réactions à cet article    


  • JL JL 27 mai 2009 11:27

    « Imaginons simplement le tollé que ne manquerait pas de provoquer la BCE si elle décidait de privilégier l’industrie automobile Allemande ou l’industrie métallurgique française... »

    Je crois que cette phrase résume à elle seule le défaut congénital et rédhibitoire de l’euro : l’Europe n’est rien d’autre qu’un tigre de papier.


    • geko 27 mai 2009 11:58

      « Je ne suis pas encore riche, mais je dois déjà quelques milliards de marks » , phrase d’un financier allemand pendant la Grande inflation. 1919-1923

      Il est certes utile de pointer le doigt sur l’attentisme de la BCE, mais il semble que la GB est aux abois et a utilisé ses dernières cartouches !

      « la Grande Bretagne sortira de la crise nettement plus rapidement que l’Allemagne »

      Je n’en suis pas si sûr quand on voit le taux d’endettement des ménages en GB et la dette publique qui explose (8% du PIB). En début d’année, selon l’ONS, la dévaluation de la livre sterling n’a pas relancé les exportations et le déficit de la balance commerciale a atteint 9.18 milliards d’euros, record non égalé depuis 1697  !

       Oui la GB est aux abois pour passer brutalement d’une politique d’actions autour de l’offre à une « politique keynésienne grossière » (Peer Steinbrück ministre allemand des finances). Rappelons que la GB a perdu son autonomie alimentaire et commence à réouvrir les mines de charbon !

      Dans cette situation de recession avec une balance commerciale désastreuse, prétendre sauver par la dette publique une économie qui s’est développée à crédit , ne vous semble pas un acte désespéré Mr Santi ?

      Contrairement aux dires de « la dame de fer », les autorités anglaises vont découvrir que la société existe bel et bien  !


      • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 12:21

        Oui certes geko, Steinbruck avait stigmatisé le « crass keynesianism » de la GB il y a quelques mois mais, en attendant et que je sache, c’est la seule issue pour sortir de la crise même si le prix à payer sera l’inflation, ce qui n’est même pas certain... Steinbruck, comme tous les Allemands + Trichet, sont obsédés et hantés par l’inflation et sont prêts à tous les sacrifices pour l’éviter. Je ne suis pas convaincu de la justesse de cette politique ou plutôt de cette absence de politique !

        Concernant le peuple Britannique, pragmatique par excellence, il s’adaptera et s’en sortira même si, pour le moment, il souffre...Je fais plus confiance au flegme Britannique qu’à la rigueur Allemande.


      • geko 27 mai 2009 12:41

        La rigueur allemande me semble relever de la sagesse ! Dans une telle situation ne vaut-il pas mieux prendre un temps de réflexion avant d’agir ?

        Un bon secouriste ne court jamais il prend le temps d’analyser la situation, tous ses gestes sont mesurés !

        Wait and see !


      • plancherDesVaches 27 mai 2009 12:33

        Bien vu Geko.

        Pour ma part, je retiens que :
        - le système de la BCE va être copié par les Pays du Golfe dans leur projet de monnaie commune. (ils ont « promis » aux US que leur monnaie sera indexée au dollar... ha ha ha !!! )
        - le fait qu’un état soit obligé de demander l’avis des autres avant de faire les pires erreurs va plutôt dans le bon sens. (n’oublions jamais qu’un politique est un trés mauvais économiste)
        - que l’arrosage GENERAL de liquidités dans une économie donne une hyper-inflation qui sera sans doute moins importante dans la zone Euro.

        Et finallement, la BCE qui semble « trainer » des pieds n’a peut-être pas tort d’attendre de voir comment la situation évolue plutôt que de faire du court terme ou de l’ « anticipation » , sport favori des anglo-saxons qui se plantent en permanence. (rumeurs obligent et chiffres bien souvent faux)


        • geko 27 mai 2009 13:19

          Je pense que Mr Santi fait référence aux derniers « bons » chiffres économiques qui font dire au cabinet Ernst&Young : « Les bonnes nouvelles du jour indiquent que le malade est dans un état stationnaire et que la guérison est imminente ».

          Certes mais d’ici à annoncer une reprise pour 2010 me semble prématuré et relève plus de l’effet d’annonce ! La méthode Coué est une spécialité financière !


        • John Lloyds John Lloyds 27 mai 2009 13:05

          « la Grande Bretagne sortira de la crise nettement plus rapidement que l’Allemagne »

          Hum ! .... Rappelons quand même l’exode massif de liquidités en 2008. Un pays « qui n’a rien à vendre », comme le disait Jim Rogers, qui n’a que le tertaire, ça fait quand même une belle batterie de gamelles vides. Rappelons également que le LEAP a prévu que la BOE ferait appel au FMI en septembre.


          • plancherDesVaches 27 mai 2009 13:35

            Ce n’est effectivement pas pour rien que Gordon Brown est allé réclamer l’aumône dans les Pays du Golfe en décembre 2008 (et c’est pris une gamelle) et qu’il a obtenu, sur la fin du « G20 », une ralonge de dotation de 5 000 milliards de dollars au FMI....

            Gode bless England.


          • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 13:41

            Bien-sûr, bien-sûr la GB est dans une situation dégueulasse mais il était intéressant intellectuellement de mettre en relief le décalage Allemagne / GB du fait des différentes notoables d’approche dans la gestion de la crise. 
            ...ceux qui me lisent savent que je me plais à émettre ça et là toutes sortes d’hypothèses et de postulats.


          • plancherDesVaches 27 mai 2009 14:52

            Mr Santi.

            Ne pensez-vous pas qu’il devienne dangeureux de devoir s’en tenir à des « hypothèses » ... ???

            Dans mon monde, celui de l’industrie, le contrôle de gestion permet de cerner chaque dépense, chaque gain. Et donc, d’éviter de se planter.
            Une communauté de personnes savent donc (si leur dirigeant sait regarder la réalité) où elle va. Ce qu’il en est.
            S’appuyer sur des réalités est parfois dur, je reconnais. Mais l’honnêteté paie aussi.


          • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 15:39

            A Plancher : mais je ne suis pas un dirigeant et rien n’empeche un un chercheur/analyste d’émettre toutes sortes d’hypothèses de travail. Il me semble que cela fait réfléchir et, comme souvent, le vrai peut émaner du faux.


          • plancherDesVaches 27 mai 2009 16:05

            Mr Santi.
            Méfiez-vous. En Sciences, en effet, le hasard fait parfois bien les choses. En économie, et vous vous renseignerez auprés de dirigeants d’entreprises, ils essaient de prendre au mieux 2 bonnes décisions sur 3....
            Du faux ne peut émerger en effet que des « hypothèses »

            Votre démarche intellectuelle se heurte à une constante absolue citée par Machiavel : « lorsque l’on est puissant, on a pas besoin de transparence »

            Au mieux, ici, en ayant une collecte d’informations disparate mais montrant la dissonance du pouvoir des riches, donc, individualistes, nous pouvons entrevoir la réalité.
            Mais que pensez-vous des 10% de PIB mondial qui disparaissent dans les paradis fiscaux et centres off-shore.... ??? (officiellement, donc, bien plus)


          • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 16:25

            Comme vous le dites si bien et avec clairvoyance, nous ne faisons qu’entrevoir la réalité...dont font partie les paradis fiscaux by the way. Je pense qu’il y a tant de gaspillage, de dilapidations et de mauvaise gouvernance qu’il est un peu vain de NE s’attaquer QU’au paradis fiscaux.
            Pour ce qui est de la réalité, j’ai aussi dirigé une entreprise pendant 15 ans et j’ai effectivement pris même - dirai je - 3 décisions sur 4 : c’est uniquement par le travail et le sacrifice que je m’en suis sorti. Eh oui : Il y a aussi des chefs d’entreprise qui luttent !
             


          • tmd 27 mai 2009 13:14

            Arcticle intéressant certes, mais je continue de penser comme plancher des vaches. Je préfère l’austérité actuelle de la BCE (comme celle qui a prévalu ces dernières années) à l’innondation de monnaie de la FED et de la BoE. À moyen terme cela sera préférable pour tous.


            • millesime 27 mai 2009 14:44

              il n’est pas certain que la GB s’en tire aussi bien que vous le prétendez, la dernière émission du trésor britannique n’a pas été couverte, ainsi la GB tout comme les USA sont dans une situation plus qu’embarrassante, et ce n’est pas le petit regain actuel des bourses qui y changera grand chose.
              Les KGBistes russes se préparent à un effondrement global, donc une récession qui selon eux devrait durer encore seize à duit-huit mois, et dont le rétablissement prendra plusieurs années... !
              Cela veut dire, la perspective d’une SECONDE VAGUE de crise... !

              Lisez donc les dernières publications de LEAP/2020...
              www.leap2020.eu/

              http://millesime.over-blog.com


              • logan 27 mai 2009 15:00

                D’abord on peut constater aisément un point important : L’innefficacité du système de taux directeur. Le contrôle exercé par la banque centrale sur le marché des crédits par l’intermédiaire des taux directeurs est totalement illusoire. Les taux ont beau être extrêmement bas, ce n’est pas pour autant que cela génère plus de crédits, ou que les taux pratiqués par les banques baissent.
                Mais ce n’est malheureusement pas la seule illusion, car cette illusion en dissimule une autre, bien plus vaste, celle du caractère inflationiste de la création monétaire et autrement dit de la théorie quantitative de la monnaie.
                Il me semble que c’est bien sur ces théories que vous fondez votre idée qu’à moyen terme la politique de la banque centrale est meilleur, n’est-ce pas ?

                Et vous vous faites prendre à mon avis TMD à ces deux illusions.

                La création de monnaie est principalement aujourd’hui le fait des banques privées.
                Quand vous parlez des banques centrales qui innondent le système monétaire de liquidités, vous oubliez que depuis des années les banques privées innondent le système monétaire de liquidités elles-aussi, l’europe n’est pas épargnée.

                Ainsi on peut parler de l’austérité de la banque centrale européenne. Austérité dans quel sens ? Vis à vis des crédits ? ou vis à vis des changes ?
                Parce qu’en 2007 nous avions atteind 12% d’augmentation de la masse monétaire pour la zone Euro pour seulement un taux de croissance de l’économie très faible de 2-3 % ... C’est dire à quel point cette austérité n’a pas empéché les banques privées de créer énormément de monnaie, bien plus qu’il n’en fallait pour l’économie en tout cas réelle.

                Et vous remarquerez que contrairement à ce que les théories quantitatives de la monnaie prévoient, toute cette création de monnaie n’a pas généré d’inflation supplémentaire ...
                Posons-nous la question, pourquoi une création de monnaie massive de la banque centrale serait-elle plus inflationiste qu’une création de monnaie massive des banques privées ? Ces théories ne l’expliquent pas et se contredisent. Pas plus qu’elles n’expliquent la crise actuelle ou permettent d’y apporter une solution.

                Si la création monétaire est de toute évidence liée au problème d’inflation, il est néanmoins évident qu’elle n’est pas liée de la façon présentée par ces théories, ces théories sont tout simplement fausses.

                En réalité au contraire on s’apperçoit bien que d’avoir abandonné la création monétaire aux banques privées comme préconisé dans ces théories est directement lié à la création des bulles spéculatives qui sont à l’origine de la crise économique mondiale actuelle, ce qui explique ces 12% de la création monétaire totalement démesurés par rapport à la croissance de l’économie réelle.

                En fait d’une manière plus générale c’est l’idéologie qu’il y a derrière ces théories, c’est à dire l’idéologie libérale qui est fausse.

                Et je trouve dommage tmd que vous continuiez à y croire ou à en tenir compte.

                Aujourd’hui évidemment vous avez raison, l’inondation de liquidités n’apportera que des ennuis, pas à moyen terme, mais à court terme, ne serait-ce que parce qu’elles ne règlent pas le problème central qui est que ces liquidités sont accaparées par un système spéculatif qui tant que la monnaie est privatisée et tant qu’elle servira d’effet levier pour la spéculation, conduira aux mêmes crises que la crise actuelle, mêmes causes mêmes effets ... Et ce sont ces crises là qui entrainent comme on le voit des récessions économiques avec toutes les conséquences sociales et politiques que cela peut avoir qui sont plus à craindre que des problèmes d’inflation.

                Une crise hyper inflationniste n’est à craindre qu’au moment où toutes les bulles spéculatives auront explosé, ce qui est plus de l’ordre du court terme que du moyen terme. Car la récession aidant, le montant des mauvaises dettes ne fait que croître et seule une nationalisation du système bancaire et monétaire pourra résoudre le problème, hors les gouvernement, toujours à cause de l’idéologie libérale s’y refusent


                • plancherDesVaches 27 mai 2009 15:43

                  Bizarre...
                  Par ceci : « Aujourd’hui évidemment vous avez raison, l’inondation de liquidités n’apportera que des ennuis »
                  Vous venez de reconnaître que TMD et moi avons raison.

                  En effet, la compensation obligatoire de perte de valeur de la monnaie virtuelle imprimée par les banques fait que les états impriment des billets à valeur faciale pour boucher le trou. Enfin, le gouffre.

                  Soit transfert de papiers à risque contre papiers, en principe, sans risque.... Quoique : y’a l’or quand lorsque Laure conduisit les plus sportifs à tous les excés alors que l’or de l’aura était à lors censé les conduire hors du temps. (extrait du traité du capitalisme du 3ème millénaire Judéochrétien, Plancher des vaches, 1025 aprés Crise)


                • logan 27 mai 2009 17:04

                  D’abord merci de ne pas tronquer ma phrase car cela change tout.

                  Vous le prouvez en parlant de billets alors que l’argent créé aujourd’hui est principalement dématérialisé ...
                  Vous ressortez des idées reçues basées sur des théories fausses.

                  La crise à redouter n’est pas inflationniste mais exactement la même que celle que nous vivons vu que les memes causes auront les mêmes effets et que aucune mesure n’a été prise pour éviter que cela ne recommence.

                  Des bulles spéculatives continuent de se former et vont finalement éclater.
                  La recession aggrave l’accumulation de mauvaises dettes et les états et les banques centrales sont obligés débloquer toujours de plus en plus de monnaie. Cette course ne peut pas être gagnée, car mécaniquement l’accumulation de mauvaise dette ne peut que s’aggraver.

                  Les banques ne pretent pas car c’est risqué à cause de la recession. Les entreprises licencient ou ferment. Les gens n’ont plus de revenus et ne peuvent plus consommer. Ce qui fait moins de débouchés pour les entreprises.
                  C’est le serpent qui se mange la queue, les états essaient de bloquer le processus en débloquant le problème du crédit, mais c’est insuffisant.
                  L’intérêt général c’est que toutes les banques se mettent à prêter en même temps, mais elles ne le feront pas car, privatisées, elles agissent selon leur intérêt particulier, qui est de ne pas se risquer à prêter.


                • tmd 27 mai 2009 17:29

                  Revenons sur la création de monnaie et l’inflation. En 2007 dites-vous ? 12 % d’augmentation de la masse monétaire. Comparons au prix de l’or. En janvier 2007 : 640 $ avec 1.35 $ pour 1 euro. En janvier 2008 : 800 $ avec 1.45 $ pour 1 euro. Variation du prix de l’or en euros sur 2007 : 12 % ! Pas si mal pour une illusion, non ?


                • logan 27 mai 2009 17:59

                  C’est absolument ridicule.

                  Pourquoi l’or et pas le dentifrice ?

                  Si vous voulez parler de l’inflation en France elle tournait autour de 3% seulement et dans la zone euro elle culmine depuis des années à 2%, je ne vois pas en quoi l’or serait plus pertinent pour parler de l’inflation due à la création monétaire que les chiffres de l’inflation au niveau de la zone euro ou au niveau national ?


                • tmd 27 mai 2009 18:13

                  Mise de rien, l’or a été un étalon de valeur pendant de nombreux siècles (et pas le dentifrice ...).

                  Et si les USA ont choisi en 1971 de supprimer la convertibilité en or du dollar, c’est simplement parce que le dollar se dévaluait déjà à cette époque. Malgré une lutte acharnée contre les pays exportateurs d’or, notamment un embargo contre l’Afrique du Sud, le prix de l’or en dollars n’arrêtait pas de monter. Le dollar n’arrivait pas à assurer sa valeur. Et sa longue descente aux enfers n’a dès lors fait que continuer, avec quelques soubresauts, mais sans jamais relever la tête depuis.


                • plancherDesVaches 27 mai 2009 20:24

                  Bien vu, TMD.

                  Et ne pas confondre mine de rien et gisement épuisé.

                  Mais il semblerait qu’il faille être suffisamment cartésien et pas suffisamment obsédé par le pouvoir de l’argent pour pouvoir se rendre compte de la réalité de la situation.

                  Soit, aucun espoir de dialogue constructif avec notre ami, il restera cloisonné dans ses préceptes.


                • plancherDesVaches 27 mai 2009 20:32

                  Logan : pourquoi l’aurais-je tronqué... ??

                  Je suis honnête et cela vous surprend.......


                • logan 28 mai 2009 10:30

                  C’est terminé depuis des années l’étalon-or, aujourd’hui la masse de monnaie n’a plus aucune correspondance avec l’or qui ne représente donc plus dutout aucune valeur liée à la monnaie.

                  Les chiffres de l’inflation sont de 2% pour la zone euro alors que la masse monétaire a augmenté de 12%.


                • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 17:35

                  c’est vrai qu’à terme Allemands et Britanniques sont cuits car le centre de gravité se déplace. Et puis pourquoi pas : le reste du monde mérite notre développement et notre niveau de vie. Espérons seulement qu’ils auront appris de nos erreurs.


                • Forest Ent Forest Ent 27 mai 2009 17:42

                  Je ne suis pas trop d’accord. J’ai écrit ici il y a deux ans que le rôle des banques centrales était terminé, et je le pense toujours.

                  Ca me semble une idée fausse que d’examiner les recettes appliquées en 1930 et penser que faire différemment serait une bonne chose. En effet, rien ne dit qu’il y avait à l’époque quelque chose à faire. Quand on a patiemment fabriqué une grosse bombe puis allumé la mèche, et qu’il n’est plus temps de l’éteindre, en quoi peut encore consister une « bonne solution » ?

                  Il y a eu une consommation excessive permise par un endettement non soutenable. Le niveau de vie doit baisser globalement, que ce soit par inflation ou déflation.

                  Amha, ce qui compterait maintenant, ce n’est pas le monétaire, c’est le social. Une diminution de niveau de vie des pauvres impacte plus la demande. En ce sens, éviter la déflation par l’inflation revient à transférer les pertes des plus riches vers toute la population. En quoi cela pourrait-il relancer la demande ?

                  Il faudrait plutôt augmenter (relativement) les bas salaires, mais comment pourrait-on le faire sans interdire les délocalisations ? Le retour du protectionnisme reste la « grande tentation ». Nous avons construit une économie mondiale déséquilibrée. Il n’y a pas de voie indolore de retour à l’équilibre.

                  Ca ne va pas arranger les pays exportateurs, dont justement ... l’Allemagne et en bien moindre mesure la France. Mais de là à dire que l’UK va s’en sortir sans toucher les bords, keep your upper lip stiff ... smiley

                  Contrairement à ce qui me semble écrit quotidiennement dans les journaux depuis deux ans, je ne vois rien pour l’instant qui puisse nous écarter d’une trajectoire plus plongeante que celle de 1929.


                  • Michel Santi Michel Santi 27 mai 2009 17:54
                    Oui : L’erreur fondamentale de nos dirigeants a été de baser la reprise sur la seule politique monétaire alors qu’il conviendrait - en amont - de l’adosser sur des critères et au sein d’un cadre qui lui permette de durer, même si elle doit être moins spectaculaire...Croissance durable, sereine donc et pas croissance en dent de scie qui déstabilise la société.
                    Après la rupture à droite, assisterons nous à la rupture à gauche ?

                  • tmd 27 mai 2009 18:05

                    Et pourquoi cette obsession à vouloir éviter la déflation ? Qu’est ce que la déflation de si MAL ?

                    C’est elle qui va rendre du pouvoir d’achat aux plus pauvres, contrairement à l’inflation. La baisse naturelle des prix, après une période d’augmentation excessive évite de devoir augmenter les bas salaires.

                    Les seuls à devoir craindre la déflation sont ceux qui ont des dettes, et en Europe ce sont surtout les États qui en ont, et qui en reprennent démesurément, d’où cette volonté politique farouche de vouloir éviter la déflation ...


                  • logan 27 mai 2009 18:06

                    Nationalisons les banques et la monnaie.
                    Mettons fin à la politique du low cost de la concurrence libre et non faussée par du protectionnisme, par la hausse des salaires, et par le développement des services publiques.
                    Relocalisons certaines productions, interdisons en attendant les licenciements ou les délocalisations injustifiées.
                    Et on mettra un terme à la crise.


                  • tmd 27 mai 2009 18:18

                    C’est une blague j’espère logan ?

                    Vous souhaitez vraiment vous en remettre à des politiciens pour améliorer l’économie ?


                  • plancherDesVaches 27 mai 2009 21:27

                    Hhmm...

                    Effectivement, les politiciens sont bons pour 2 choses :
                    - vivre grassement sur l’illusion de démocratie.
                    - manipuler les foules pour se faire réélire.

                    L’économie n’est pas leur domaine car ils font confiance aux richépuissants pour se faire élire.

                    Ainsi, cette crise a l’énorme avantage de montrer le pouvoir de l’argent face aux petits intéressés politiques qui ne sont que des sangsues nécessaires à l’enfumage du peuple. Des commerciaux.

                    En fait, Tmd, il ne peut y avoir que des politiciens non véreux pour imposer aux riches de redistribuer obligatoirement une partie de leur richesse plutôt que de l’entasser sans fin. (ça s’appelle des dictateurs)
                    Logan n’a pas tort, exceptionnellement sur ce point.
                    Pourquoi avoir 3 résidences secondaires alors qu’une maison est suffisante... ???

                    Vous deux ne voyez pas que le peuple va se révolter contre les gros possesseurs de propriétés qui roulent en 4x4 et considèrent les autres comme de la merde.


                  • logan 28 mai 2009 10:37

                    En quoi ce que j’ai dis consiste à s’en remettre aux politiciens ? Il s’agit plutôt de s’en remettre à des idées bien précises. Cela passe par des représentants parce que nous sommes en pseudo démocratie représentative mais quel est le rapport ?

                    Vous proposez quoi comme solution ? La main invisible du marché qui a montrée à quel point elle pouvait nous plonger dans des crises mondiales ?


                  • Gandalf Tzecoatl 28 mai 2009 19:05

                    Une banque centrale comme son adjectif l’indique est une centralisation de la manipulation de la monnaie. Son implosion signifie la cartellisation voire l’individualisation de la monnaie. Des pays très éthiques peuvent l’envisager, mais un seul, celui qui ne respecte pas les règles, peut faire effondrer un tel système ou le mettre en crise. Une absence de banque centrale doit être corrélé à une législation importante d’interdit banquier, quelque soit la granularité des émetteurs de monnaie.


                  • Kobayachi Kobayachi 27 mai 2009 20:40

                    Une idée lancée par Cohn-Bendit était de profité de cette crise pour renforcer l’Europe au niveau financier en créant des bon au trésor européens qui serait l’équivalent au Tbond américain.
                    En créant cette institution financière européenne, nous aurions l’avantage de n’avoir pas de dette, contrairement au pouvoir américain pour qui cela est devenu un fardeau très lourd à porter. La dette semble être devenue somme toute relative de toute façon, puisque personne n’y porte plus attention. Les USA et l’Angleterre ont une dette énorme, pratiquement impayable, pourtant de l’avis de tout le monde, ce serait bien les USA/UK qui sortirons de la crise en premiers. 
                    Bref, un monde qui tourne a l’envers.
                    Pour ce qui est du PIB de l’Allemagne, les allemands ne sont pas dupes, ils avaient vu la forte volatilité sur le marché du change l’année dernière et savaient quel impacte cela allait avoir sur leur économie. Le fait de ne pas suivre la FED sur la baisse quantitative devrait renforcer l’Euro, contrairement au dollar dont le pouvoir d’achat devrait diminuer à cause de l’inflation. L’Europe, et l’Allemagne en particulier sont bien plus protéger contre crise que les USA, qui de mon avis personnel (et qui n’engage que moi) n’est pas encore terminée (lorsque le CAC repassera les 3450, on pourra en reparler). De plus l’Allemagne sera de toute façon l’un des premier bénéficiaire de la reprise, peu importe ou sur cette planète elle aura lieu puisque qui dit reprise de la production, dit reprise d’achat de machine de production made in Germany.


                    • Gandalf Tzecoatl 27 mai 2009 20:46

                      Sauf que dans ses statuts, l’Europe n’a pas le droit de s’endetter, ou d’émettre ce type de bonds. Lobby bancaire implacable plus rigorisme allemand, sans aucun doute.


                    • Gandalf Tzecoatl 27 mai 2009 20:42

                      La BCE et ses franchisées les banques commerciales constituent un système mortifère pour l’économie réelle européenne.

                      L’Europe et sa monnaie imposent une quadrature impossible à tenir :
                      - système monétaire expansionniste (en monnaie donc en dettes), sinon sévèrement dépréssif pour l’économie ;
                      - limitation des déficits publics, seule soupape, limitée à 3%

                      L’abaissement du taux de la BCE à 1% ne permettra pas de camoufler l’au-delà de la masse monétaire M3, à savoir la masse des dettes européennes, ni de réamorcer le mouvement perpétuel du marché du crédit. L’état via Oseo, la médiation du crédit ont permis tout de même de platrer la dérive d’un modèle monétaire apte à purger systématiquement l’économie européenne au profit des zones de délocalisation.

                      Seuls, la proximité et l’indélocalisable (distribution, surfaces agricoles, services, etc), les fonctionnaires et les protégés par les systèmes sociaux permettent de sauver les apparences de l’effondrement du système.

                      @TMD
                      « Et pourquoi cette obsession à vouloir éviter la déflation ? Qu’est ce que la déflation de si MAL ? »
                      Car le système du mouvement perpétuel du crédit n’est pas compatible avec cela, sauf à provoquer un effondrement de la masse monétaire et de constater l’impossibilité de rembourser les dettes, mettant entreprises et banques en faillite.

                      La philosophie du système est uniquement croissant. Une monnaie complémentaire permanente libellée en euros (et non pas uniquement miser sur la vitesse de circulation des 5% de monnaie fiduciaire) permettrait à nos sociétés de choisir entre croissance ou décroissance, inflation ou déflation, résilience vis à vis des crises (il est démontré que la monnaie d’endettement accentue les crises).


                      • TALL 27 mai 2009 22:02

                        Encore une fois, la macro-économie rélève essentiellement de la psy

                        Car on sait que les anglo-saxons sont souvent + offensifs et réactifs que germains et latins. C’est pour ça aussi qu’ils ont été à l’origine du crashn car ils ont été un pont trop loin avec les subprimes. C’est le revers de la médaille ...

                        Mais ce sont eux aussi qui en sortiront les 1ers ...

                        • Gandalf Tzecoatl 28 mai 2009 00:09

                          « Encore une fois, la macro-économie rélève essentiellement de la psy »

                          En partie, uniquement en partie. Elle relève aussi énormément de la manipulation, de conditions favorables, de secteur d’entrainement du reste de l’économie.

                          Pour l’heure, on est en passe de vaincre le seuil des 6 millions d’inactifs en France.

                          Ca va repartir, mais avec 1 million de pauvres de plus, et à la prochaine crise, avec 1 autre million.

                          Non, si l’on augure que l’on va repartir comme avant, cela me semble compromis. D’autant plus que le revival keynésien est très encadré en Europe.

                          M’enfin, les mega yoyos boursiers sont tout de même hyper intéressants pour certains cercles au parfum.

                          Je ne suis pas sûr que la prise de conscience citoyenne des agissements financiers ne laisse pas de traces durables dans les têtes, et que faire remordre tout un tas d’hameçon pour mieux essorer (salaires, petits porteurs) ne laisse pas durable.

                          Par ailleurs, je ne suis pas sûr que certains cercles décideurs privilégient la croissance, préférant un malthusianisme par la misère protégeant un tant soit peu les ressources.

                          Pour finir, la façon dont la crise a été géré révèle le cynisme le plus complet des complexes politico-bancaires envers leurs peuples.

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