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Accueil du site > Actualités > Economie > Capitalisme darwinien contre capitalisme à visage humain

Capitalisme darwinien contre capitalisme à visage humain

L’opinion publique est régulièrement assommée par la vulgate des économistes et des politiciens selon lesquels la seule voie possible reste le libéralisme. Quelques voix dissidentes se font entendre. D’un côté, le socialisme rougeoyant, très régulateur, très étatiste, basé sur la valeur du travailleur, et de l’autre, une autre valeur, la nation et un autre dispositif, le protectionnisme, idée qui séduit autant à droite qu’à gauche. Je reste convaincu que ces deux voies alternatives n’ont pas d’avenir car elles sont contre-productives et ne peuvent séduire que ceux qui ignorent les fondamentaux de l’économie, de la production technologique et de la société. De droite comme de gauche, les politiciens se gargarisent de formules presque magiques, de slogans, d’approximations économiques, de discours scindant les réalités, d’illusions politiciennes, mais parfois, quelques constats sont légitimes, offrant accès à quelques évidences mais pas à une réelle alternative. Voilà pourquoi le libéralisme reste la seule issue mais comme on le dit souvent en usant d’une formule édifiante, c’est la solution par défaut. Et d’ailleurs, c’est aussi ce qu’on peut dire de la démocratie, solution politique par défaut, comme l’a dit ce bon vieux Churchill avec cette formule qui a fait le tour de la terre : la démocratie, c’est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres.

Et donc, mes chers amis lecteurs et néanmoins penseurs, le verdict est sans appel. Il ne reste que le libéralisme et comme c’est la solution par défaut, eh bien on peut penser que l’état de la société ne va pas s’améliorer et qu’il n’y a qu’une chose à espérer, c’est qu’il y ait suffisamment de gens sérieux pour soigner ce monde fatigué par l’activisme, l’agitation, les vices sociétaux et la pression économique. Je m’en vais vous laisser à vos divertissements, n’ayant rien à proposer. Quoique, rien ne dit qu’il n’y ait pas une piste de réflexion. Après tout, si le capitalisme et l’économie de marché sont incontournables, peut-être pourrions-nous dessiner une alternative en supposant qu’il puisse y avoir deux formes de capitalisme. Cette hypothèse fut déjà évoquée par Michel Albert dans une fameuse étude opposant le capitalisme américain au capitalisme rhénan. Le premier n’est pas tant américain que reaganien, propulsé dans les années 1980. Le second est pratiqué en Allemagne mais il se dessine sous des formes spécifiques dans d’autres pays, en Scandinavie, au Japon. Il n’y a rien de nouveau en fait. On se situe dans l’alternative entre un capitalisme violent désigné comme ultralibéral et la fameuse économie sociale de marché si chère aux sociodémocrates européens et aux socialistes français et même au centre-droit soucieux de maintenir le modèle social à la française. Il est de bon ton de pousser actuellement des cris d’orfraie en observant le délitement social américain mais cela fait trois décennies que le processus est en marche, que le développement de l’Amérique se fait avec des couches sociales séparées, s’ignorant mutuellement, les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. En Europe, une tendance similaire se dessine. Signe que le capitalisme ultralibéral aurait triomphé de l’économie sociale de marché ? Après avoir triomphé de l’économie collectivisée pratiquée par l’empire de l’Est pendant 70 ans. Il semble que le modèle social soit attaqué au sein même de l’Europe alors qu’en Suède, l’individualisme aurait « mis à distance » l’Etat providence auquel il est reproché de favoriser l’assistanat. C’est d’ailleurs l’un des points de divergence opposant chez nous la droite dure de l’UMP et le parti socialiste. Comme on l’entend, le discours pétrit les consciences, simplifiant le réel et usant d’images. Quelques cas bien présentés et l’opinion publique s’imagine que l’Etat entretient des millions d’assistés. Alors que si le modèle social coûte cher et semble être malmené par des abus, c’est parce que le capitalisme ne joue pas un rôle intégrateur. A la limite, on pourrait remettre en cause les Resto du cœur car en donnant à manger à ceux qui ont faim, on ne les incite pas à prendre un emploi pour gagner leur pain.

Le capitalisme du 21ème siècle repose sur un système économique sous pression. La globalisation des échanges et les jeux financiers se sont conjugués pour engendrer ce système qui est diversement apprécié selon qu’on habite aux Etats-Unis, en Europe ou bien en Chine ou au Brésil. Les pays émergents acceptent cette pression car ils ont le sentiment de s’enrichir. En Europe et aux Etats-Unis, la pression met à mal la cohésion sociale et politique. Pour preuve les relents sécessionnistes aux States et les tendances nationalistes en Europe. Il y a enfin le capitalisme d’un genre spécial, dont les revenus sont pillés par des castes, des corruptions et du clientélisme. C’est le cas du Maroc ou de la Tunisie, pays qui a tenté de mettre à la porte les oligarchies et bien sûr de la Syrie, pays en guerre civile. En Russie, on se situe aussi proche d’un capitalisme oligarchique.

Une image sert à comprendre ce qu’est au fond ce capitalisme sous pression et pourquoi il est justifié. L’univers économique est celui de la compétition féroce. Les acteurs industriels et surtout étatiques sont à l’image d’équipe de foot. On peut faire entrer sur le terrain les meilleurs, les payer correctement ou bien faire participer le plus de gens, quitte à ce que l’équipe gagne moins facilement. C’est la première solution qui prévaut. Les partisans du capitalisme sous pression, d’inspiration reaganienne, pensent que le marché est moralement juste, faisant que les méritants deviennent riches et que les pauvres sont responsables de leur situation. Ne nous étonnons pas, si le capitalisme darwinien a fonctionné aux Etats-Unis, c’est parce les consciences ont été travaillées par cette puissante idéologie qui n’est pas sans connivence avec le nazisme. Capitalisme darwinien, que les meilleurs gagnent car ceux qui gagnent sont les meilleurs, les élus formant la race des meilleurs acteurs du système. Le capitalisme darwinien n’est pas subordonné à une doctrine politique. C’est plus une doctrine idéologique que les politiciens croient être juste et morale. Ainsi, les gouvernants agissent pour la mettre en application et faire prospérer la croissance, seul et unique salut terrestre pour l’humanité économique. En Europe, bien que le modèle soit différent, le salut est aussi placé dans la croissance. Quelques européistes allumés voudraient nous imposer des grands travaux. L’aéroport inutile de Nantes et l’autoroute Pau Bordeaux ne suffisent pas. Tous unis derrière la croissance et la technologie. La pression existe aussi en Europe. Pour être complet dans le constat dressé, il faut pointer le rôle de la voracité consumériste dans l’avènement du capitalisme darwinien. Les foules consommatrices sont complices de la pression économique du système.

Ces réflexions s’inscrivent dans une démarche philosophique visant à se demander dans quel type de société vivons nous et quel homme est enrôlé dans ce système. Allez, un peu de provocation. Le capitalisme darwinien est redoutable. Son arrière fond idéologique est implacable. Prenons le jeune travailleur trentenaire mis sous pression avec un salaire médian. Lorsqu’il achète sa première automobile, il se dit qu’il l’a bien méritée après tous ces efforts de stages en CDD puis le CDI ; la vision quelques voisins chômeurs à vélo ou en mob le rassure quelque part et s’il veut se donner bonne conscience, il versera son obole aux restos du cœur, là où il croisera d’autres voisins. Vous pensez que ce n’est qu’un cliché mais détrompez-vous, cette image montre bien à quel point l’idéologie darwinienne est entrée dans les consciences. (A se demander si les individus ne sont pas devenus des bêtes, des rats, des chiens, des porcs, des chacals, bref, une anhumalité. Avec une autre catégorie, celle des maîtres, comme certains politiciens devenus maîtres-chiens, indiquant contre qui l’opinion doit aboyer. D’autres organisent le labyrinthe pour les rats, avec au bout un morceau de fromage économique après être passé par le parcours de sélection. Les publicistes nourrissent d’objets futiles les porcs. La police s’occupe des chacals qui viennent spontanément se greffer au système de l’anhumalité en épargnant parfois le chacal en costume. Ce propos s’est voulu caricatural. Sans pro-vocation, l’appel n’est pas entendu).

Le capitalisme darwinien se présente comme une fuite en avant vers la technologie, le productivisme, le rendement des capitaux, la frénésie consumériste, le superflu issu de la science réparatrice et censée augmenter la réalité des percepts et affects. Bref, de l’inutile, du luxe et du high-tech pour hauts revenus. Un noyau de cadres et classes moyennes. Et une pression sur les travailleurs, les sans emplois, avec aux marges le décrochage des pauvres. Il existe un capitalisme à visage humain mais pour qu’il advienne, il faut que l’homme se façonne dans l’humain en réfléchissant notamment à l’absurdité de ce système qui laisse dans la rue des millions de gens alors que d’un autre côté, les constructeurs automobiles ne cessent de pousser la puissance des moteurs, offrant des bolides de plus de 500 chevaux affichés à plus de 200 000 euros. Sans aller jusqu’à ces extrémités, le capitalisme produit des tas d’objets désirés et c’est peut-être cela le secret de l’acceptation de ce système darwinien à haute pression par les populations. Et comme la machine désirante ne pense plus beaucoup, alors le système ne peut que poursuivre sa folle course sauf accident fatal.

Le constat paraît acquis. D’abord une évidence, celle d’une alternative entre plusieurs types de capitalisme car on pourrait reprendre le point de départ de Michel Albert. Mais avec une différence d’époque lié à l’hégémonie grandissante du capitalisme darwinien. Et une autre option, celle d’inventer un capitalisme à visage humain. Alors que la solution par défaut au sein même des choix idéologiques reste le modèle social, qui s’effrite. Hélas, autre évidence, la possibilité d’un capitalisme à visage humain se trouve face à des obstacles insurmontables. Car les sociétés individualistes se satisfont parfaitement du darwinisme social qui traverse toutes les couches de la population. Nous ne sommes plus en 1968. Les jeunes et moins jeunes cherchent à s’insérer, vivre voire survivre, en jouant le jeu darwinien. Ils s’adaptent à l’évolution du système. Mai 68 fut un moment magique où une partie de la société voulait renverser le système alors qu’il n’allait pas si mal. Le communisme fut alors une erreur idéologique. C’est maintenant que les soixante-huitards devraient songer à renverser le système, mais ils n’ont pas d’héritiers dans la jeunesse, alors que les anciens se sont très bien insérés quitte à trahir leurs convictions de jeunesse et les autres occupent les marges et sont bien fatigués de tant de marches dans la rue devenues des rituels plutôt que d’authentiques mouvements sociaux. Le capitalisme à visage humain est possible mais pour l’instant, l’idée ne fait pas recette. J’en ai la preuve, après la réception de mes quelques articles sur le revenu complémentaire citoyen financé par la monnaie éthique.

On pourra toujours se dire qu’il reste l’art et la littérature, qu’un essai sociologique écrit par une plume trempée dans un vitriol célinien pourrait attirer l’attention alors que d’improbables Soljenitsyne sauraient réveiller les consciences en peignant le destin des recalés au Goulag de la rue. A moins qu’une fiction déclinée en malaise de marbre ne vienne troubler les âmes emprisonnées par les jeux électroniques. Mais dira-t-on, à quoi bon ces bonnes intentions littéraires, les gens ne lisent plus. Et même ils n’entendent plus, comme le montre le succès rencontré par David Getta ou bien Coldplay, grandes messes sonores pour foules post-hitlériennes. Il n’y a pas d’autres alibis à ce déchaînement des pulsions que la libido technologique, enfant avorté issu d’un freudo-marxisme ou Marx a été remplacé par le smartphone. Nous voilà plongé dans la nuit du freudo-technicisme, en attente d’un capitalisme à visage humain voire même divin. Il paraît que si l’on s’investit dans la foi, Dieu assure d’excellents dividendes.

Le sort du capitalisme darwinien fut scellé lors du grand tournant, celui du début des eighties, il y a 30 ans, en 1982, lorsque Cure, Bauhaus, Theatre of Hate, Killing Joke et d’autres formations coulèrent dans du marbre post-punk de cold wave gothique la sombre évolution du capitalisme darwinien mis en mouvement par Margaret et Ronald. En 1983, Laurent Fabius était nommé à Matignon. Le réalisme social l’emportait sur le socialisme irréel.


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24 réactions à cet article    


  • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 27 novembre 2012 19:41

    Bon article. Attention tout de même..

    Darwin n’a jamais élaboré de théorie sur la « sélection des plus aptes », à l’origine du « Darwinisme social »..

    La méprise vient d’un de ses contemporains philosophe, Herbert Spencer, ayant cité les travaux de Darwin pour légitimer ses propres réflexions sur le libéralisme.

    Darwin, n’a jamais ignoré que les conditions nécessaires à la vie pour atteindre son but ultime, c’est à dire la reproduction maximale, nécessite autant de compétition que de coopération.

    Sans cet équilibre, ni création, ni évolution.

    On pourra aussi et surtout citer Kropotkine, l’alternative russe a Darwin  :

    « Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu’elles trouvent dans l’association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces. Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience, le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre. »

    — Pierre Kropotkine. L’Entraide, un facteur de l’évolution (1902), Conclusion.


    • ddacoudre ddacoudre 27 novembre 2012 21:00

      bonjour dugué

       nous sommes dans un monde de paradigme du dominant sauvegarde de l’espèce, ce n’est pas celui de l’économie capitaliste, même s’il s’impose au monde, il est de nature a conduire au suicide de l’espèce, il y aura donc des bouleversements quand ??
      cordialement.


      • OCCAM 28 novembre 2012 00:46

        Cher Bernard Dugué,
        Merci à nouveau pour votre article et les efforts que vous déployez pour tenter de cerner cette dramatique crise économique et donc de faire émerger des alternatives profitables à tous, en tous pays. J’apprécie la clarté et la rigueur de votre pensée, c’est pourquoi il me semblerait plus utile que vous les consacriez aux solutions plutôt qu’aux constats.
        Le capitalisme, qu’on lui donne n’importe quel nom, est, reste et restera toujours un système vicieux et pervers, fabriquant suis generis de l’exclusion et de la pauvreté.
        Cessons donc de nous en occuper, laissons le crever de sa mauvaise mort et intéressons-nous à le remplacer.
        J’ai choisi le pseudo « occam » par référence au franciscain Guillaume d’Occam (XIVème siècle) auquel on attribue comme vous le savez le fameux principe de parcimonie, dit « rasoir d’Occam ». Donc, appliqué à l’économie, quels sont les principes les plus simples à considérer, à poser en prémisse, pour que tout être humain sur Terre dispose sa vie durant de conditions de vie décente ?
        Le Revenu Universel que vous défendez en est un, qui découle en fait du Droit non encore affirmé « urbi et orbi » et que les Etats et les décideurs mondiaux devraient décréter sans tarder : le Droit économique universel, le seul en fait qui permette et garantisse ensuite tous les autres. Comment pouvons-nous encore tolérer cette pauvreté, cette misère qui frappe de plus en plus de gens de par le monde !
        Je pense quant à moi qu’on peut encore passer un « coup de rasoir » sur le R.U. et déboucher sur la gratuité, mais ce peut être considéré comme l’étape ultime.
        Laissons tomber nos articles et nos interventions amères sur les méfaits du capitalisme, diffusons tout autour de nous de nouveaux paradigmes économiques totalement affranchis des tares de la finance folle.
        Ne vous inquiétez pas de « parler dans le désert », offrez des pistes nouvelles, soulignez toutes les expériences originales alternatives qui s’expriment déjà ici ou là, abandonnons les prix Nobel d« économie » (sic) à leurs élucubrations (ont-ils en quoi que ce soit amélioré le sort des hommes ?) et raisonnons en citoyens de bon sens, le « rasoir » en main. Nous imprégnions ainsi l’inconscient collectif humain. Les gens réfléchissent, ils constatent, ils adhèreront à de nouveaux principes humanistes et solidaires.
        Hâtons-nous de trouver un nouveau système avant que l’actuel ne s’effondre brutalement, si non bonjour le chaos, ne croyez-vous pas ?
        Bien cordialement


        • Stof Stof 28 novembre 2012 08:21

          Attention au godwinisme !

          Si l’on oppose le libéralisme au nationalisme , voire au national-socialisme, alors l’analogie avec le nazisme est absurde. Le libéralisme cherche à ouvrir les frontières (aux marchandises, aux migrants etc.) alors que le nationalisme cherche à les fermer et à vivre en autarcie. Même le communisme n’a pas réussit à s’extraire du nationalisme tant ces notions sont finalement liées : vivre ensemble. 
          Le libéralisme c’est : chacun pour soi.
          Et il prend racine dans le protestantisme, qui place l’Homme, seul, face à Dieu. Ce dernier récompensant les « élus », les winners, en somme, les héros, l’élite à qui tout réussit (sauf s’ils tombent dans le péché, et tout est foutu).
          Le nationalisme restreint la notion de Peuple aux limites frontalières (ou éventuellement à la lignée, l’ethnie), là où le communisme fait de l’Humanité entière un seul peuple. Mais au fond, l’idée est la même : défendre la communauté (restreinte ou étendue).
          Le libéralisme, lui, ne défend que l’individu. Lui accordant en contrepartie beaucoup de droits et de libertés, fondatrices des démocraties modernes.
          Tout a toujours été question d’un équilibre entre les deux. L’extrèmisme de l’un, la communauté, ou de l’autre, l’individu, ne mène qu’à la catastrophe.

          • Le péripate Le péripate 28 novembre 2012 08:53

            Quand je lis que le libéralisme est une vulgate propagé par l’ensemble des politiciens et des économistes j’ai comme un conflit avec l’observation.

            J’observe que pour chaque politicien ou pour chaque « ingénieur » social il est le seul authentique anti-libéral et que tous les autres sont des ultra-libéraux. Ainsi même la Marine est la seule à lutter contre une gauche ultra-libérale......

            Bon, et bien ami Dugué, vous êtes donc le seul et vrai anti-libéral et de surcroit inventeur d’une théorie sur le capitalisme qui pour n’être pas franchement fraiche est assez bien mise en scène.

            Bravo.

            • ddacoudre ddacoudre 28 novembre 2012 11:50

              bonjour péripate

              toujours la bonne observation, il y a eu un article Eleusis Bastiat sur le libéralisme.

              cordialement.http://ddacoudre.over-blog.com/article-2017-en-perspective-112884413.html.


            • ecolittoral ecolittoral 28 novembre 2012 09:03

              Capitalisme darwinien, ou transformation permanente !

              Chaque espèce se constitue un capital. Sa banque, c’est l’écosystème dans lequel elle vit. Chaque espèce se divise en sous groupes et, là aussi, chaque groupe s’adapte et a sa « banque ». Les humains ne sont pas différents. Ils ont leurs sous groupes, adaptés au milieu dans lequel chacun vit...ou devrait pouvoir vivre, même si les contactes avec les autres sont inévitables et quelques fois profitables.
              « Les soixante-huitards devraient songer à renverser le système, mais ils n’ont pas d’héritiers dans la jeunesse. » Vivez vous si loin des jeunes, que vous ne voyez rien ?
              Les soixante-huitards sont aux commandes ou perçoivent une retraite. Ils vivent sur leurs acquis et se plaignent facilement des jeunes et de leurs musiques et smartphones, oubliant leurs musiques à eux et leurs joints.
              Les jeunes peuvent attendre mieux que de devenir Soixante-huitards.
              Ils s’organisent et leurs téléphones portables accélèrent leurs communications.
              Ca fait partie de leur capital et ils savent le maîtriser,
              Ils savent descendre dans la rue, organiser leurs apéro géants, imaginer et réaliser.
              La technologie ne remplace pas leurs liens sociaux, elle les amplifie.
              C’est inné et ça s’acquière aussi.
              Les valeurs humaines existent toujours et dans toutes les générations.
              Parcequ’elles sont immuables.

              • julius 1ER 28 novembre 2012 10:43

                édifiante, c’est la solution par défaut. Et d’ailleurs, c’est aussi ce qu’on peut dire de la démocratie, solution politique par défaut, comme l’a dit ce bon vieux Churchill avec cette formule qui a fait le tour de la terre : la démocratie, c’est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres

                c’est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres telle est la formule de Churchill et sans entrer dans le contenu sémantique ce propos est plus nuancé et surtout qu’à l’époque de Churchill le libéralisme ou le capitalisme n’avait rien à voir avec ce système oligopolistique qui phagocyte et accapare toutes les richesses, on peut concevoir un libéralisme à taille humaine, mais celui-ci n’a rien à voir avec les théories d’Adam Smith 
                il est devenu une machine concentrationnaire, qui n’est plus que la caricature de lui-même l’exemple le plus récent qui illustre bien cet aspect est l’affaire Arcelor-Mittal ...

                • Furax Furax 28 novembre 2012 11:53

                  Je ne suis pas économiste, mais quand on fera une anthologie des conneries qu’ils ont pu écrire...
                  Je pense, tout seul, comme un grand, que nous en sommes encore à la préhistoire et que pour accéder à une autre humanité il nous faudra franchir le seuil annoncé par l’ambassadeur Kotakengué à la fin de cet article :
                  http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/il-n-y-a-plus-rien-97531
                   


                  • Lou Lou 28 novembre 2012 14:00

                    " ... Mai 68 fut un moment magique où une partie de la société voulait renverser le système alors qu’il n’allait pas si mal. Le communisme fut alors une erreur idéologique ...« 

                    Les bobos ou « libéral libertaire » ( comme semble l’ être Mr Dugué ) et leur » capitalisme à visage humain " ont toujours été les idiots utiles du système et pour les plus cyniques l’ avant garde consciente de la contre révolution néo libérale ...
                     
                    Michel Clouscard dans son excellent livre : Néo-Fascisme et idéologie du désir a bien théorisé avant tout le monde cette contre révolution néo libérale dont le collabo Cohn Bendit, chantre du green washing a été l’ un des acteurs principaux en 1968 ...


                    • Karash 28 novembre 2012 16:24

                      "Et donc, mes chers amis lecteurs et néanmoins penseurs, le verdict est sans appel. Il ne reste que le libéralisme et comme c’est la solution par défaut, eh bien on peut penser que l’état de la société ne va pas s’améliorer et qu’il n’y a qu’une chose à espérer, c’est qu’il y ait suffisamment de gens sérieux pour soigner ce monde fatigué par l’activisme, l’agitation, les vices sociétaux et la pression économique. Je m’en vais vous laisser à vos divertissements, n’ayant rien à proposer."

                      ==> http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pour-une-rehabilitation-du-122584


                      • Prometheus Jeremy971 28 novembre 2012 16:58

                        Le génie du capitalisme - howard bloom

                        La version française du Génie de la Bête, une refonte radicale du capitalisme arrive dans la 10e année de ma relation avec les éditions Le Jardin des Livres et son directeur littéraire, Pierre Jovanovic.

                        Le Génie de la Bête franchit le fossé entre croyance et science. C’est un livre sur les miracles. Sur les miracles séculiers. Sur les miracles matériels. Sur les miracles qui se dégagent de l’évolution, pas de dieux. Miracles que la science doit être amenée à comprendre si elle veut être à la hauteur de sa mission, une compréhension laïque de chaque phénomène dans cet univers.

                        Mais est-ce que les miracles et le capitalisme peuvent figurer ensemble dans un même livre ? Oui. Absolument oui. Si vous et moi étions nés en 1850, notre espérance de vie ne serait que de 38 lamentables années et une demie. Si nous sommes nés dans la sphère d’influence de la civilisation occidentale en l’an 2000, notre espérance de vie passe alors à 78 ans. Deux vies pour le prix d’une. Une quarantaine d’années supplémentaires ! Les empereurs chinois avaient pour habitude de dépenser des fortunes chez des « experts » qui prétendaient disposer de techniques pour prolonger la durée de vie. En fait certaines de leurs techniques raccourcissaient leur vie car elles impliquaient l’usage de poisons. Mais le système occidental a réalisé le miracle que les empereurs chinois avaient cherché. Et il ne l’a pas fait pour un seul être humain, privilégié parmi les privilégiés, mais pour plus d’un milliard d’habitants. Et SEUL le système capitaliste a réussi à le faire.

                        Mais il y a plus. Chaque système de croyance qui fait appel à notre idéalisme prétend qu’il va relever le pauvre et l’opprimé. Mais seul le système occidental a tenu cette promesse. Comment ? En 1850, si vous aviez été l’un des pauvres ouvriers les moins bien payés de Londres, vous auriez alors été un docker d’origine irlandaise travaillant sur les quais pour 4.800 dollars par an ; 4800 dollars pour nourrir votre femme et vos 5 ou 9 enfants. Mais si vous étiez le plus pauvre des travailleurs de Londres en 2009, vous auriez été un assistant personnel et vous auriez gagné près de 39.000 dollars par an. En d’autres termes, vous, le travailleur le moins bien payé en 2009, vous auriez gagné plus qu’un immeuble entier rempli de dockers de 1850. Le système occidental a sorti tant de gens de la pauvreté que nous avons un nouveau nom pour désigner cette masse des pauvres d’autrefois : on l’appelle la "classe moyenne".

                        Aucun autre système n’a jamais pu réussir de tels achèvements extraordinaires par sorcellerie. La civilisation chinoise ne l’a pas fait. La civilisation islamique ne l’a pas fait. Quant au système marxiste, il a lamentablement échoué. Seul le système occidental a réalisé ces miracles séculaires, ces miracles matériels. Des miracles qui ont élevé l’esprit humain et qui ont considérablement élevé le QI moyen. Ce sont des miracles d’un tout nouveau genre. Miracles que vous examinerez à travers les optiques brillantes de la science et de l’histoire dans le Génie de la Bête.

                        Qu’est-ce que le capitalisme a de commun avec tout cela ? Il est le métabolisme du système occidental. Un métabolisme qui fonctionne à merveille quand il est en équilibre avec les autres éléments clés du système : le gouvernement et le mouvement de protestation.

                        Pourquoi notre économie s’est-elle effondrée en 2008 ? Pourquoi courrons-nous le danger d’avoir d’autres effondrements aujourd’hui ? Pourquoi une nouvelle période de prospérité est-elle inévitable ? Et que devons nous faire pour que notre système dépasse son grand rival chinois ? Les réponses se trouvent dans nos capacités à fabriquer des miracles. Les réponses sont dans les secrets du système occidental. Les réponses sont dans ce livre.

                        Howard Bloom


                        • maQiavel machiavel1983 28 novembre 2012 17:17

                          Capitalisme à visage humain ? Le capitalisme est un système organisé de prédation de l’ homme sur l’ homme , comment pourrait il avoir un visage humain ?


                          • antyreac 28 novembre 2012 17:49

                            Pas forcément le capitalisme fait parti de l’économie donc il est amoral et il se développe quelque soit les conditions,il est ,universel dans la mesure ou tous les pays du monde l’utilise même en Chine ;Corée du Nord ou Cuba


                          • maQiavel machiavel1983 28 novembre 2012 19:21

                            Bonjour antyréac.

                            1. Votre commentaire illustre parfaitemen à un point caricatural ce que les philosophes Marxistes appellent « fausse conscience » : une conscience altérée qui empêche de comprendre la totalité de l’histoire.Plutôt que de comprendre le processus historique comme une succession de moments spécifiques, on universalise le présent et on le proclame éternel. Ainsi le capitalisme n’est pas considéré comme une phase spécifique de l’histoire, mais au contraire comme est naturalisée, comme un stade éternel indépassable.
                            2. Le capitalisme ne fait pas partie de l’ économie mais appartient à ce qu’ on appelle la chrématistique .
                            L’ économie se borne à procurer les biens nécessaires à la satisfaction des besoins d’ un foyer ou d’ un Etat.
                            La chrématistique elle , se distingue de l’ économie en ce sens que pour elle , la circulation est la source de richesse, l’ argent est le commencement et la fin de l’ échange et c’ est ce qui fait qu’ il ne peut y avoir de limite à la richesse et à la possession. La chrématistique est infinie par nature car le but qu’ elle poursuit est la richesse absolue nous explique Aristote.


                          • antyreac 28 novembre 2012 20:59

                            Je considère que le capitalisme a toujours existé et au 18ème siècle on l’a théorisé pour le rendre plus efficace.

                            De ce fait je le considère comme comme indépassable et indispensable pour toute étude d’économie futur.
                            Par contre la chrématistique tient plus d’un mal individuel (avarice ou compilation des richesses)plutôt qu’une page d’économie

                          • maQiavel machiavel1983 28 novembre 2012 21:53

                            C’ est bien ce que je disais , vous etes dans la fausse conscience.


                          • Karash 29 novembre 2012 12:19

                            Le capitalisme se résume à un système dans lequel il existe une organisation sociale définissant et protégeant des droits de propriété privée.

                            Dans son acception « moderne », le mot capitalisme désigne en fait le capitalisme libéral, système dans lequel tous les droits en question sont définis de manière démocratique par des citoyens égaux en droits et devant la justice.

                            Il est clair que cette forme n’est pas la forme « naturelle » du capitalisme, qu’on qualifie alors souvent de sauvage, auquel cas les possessions de chacun sont la résultante d’une série de rapports de force privés, éventuellement violents.

                            On peut dire que le capitalisme libéral n’a jamais réellement été expérimenté, puisque la démocratie n’a jamais réellement percé, le système courant depuis la fin de la 2nde guerre mondiale étant plutot un système de rapports de force institutionnalisé et (sauf accident) désarmé.

                            Il n’est pas dit que la démocratie directe mène à l’abandon du mode de fonctionnement capitaliste. L’exemple Suisse tend même à suggérer le contraire. Tout comme celui de la principauté de Saint Marin, qui après avoir mis démocratiquement en place un gouvernement marxiste-léniniste et parcouru une partie du chemin vers la propriété collective ... a fini par faire machine arrière.


                          • Jean-Louis CHARPAL 28 novembre 2012 18:25

                            Monsieur Dugué, c’est bien connu, est omniscient.

                            Quelle grandeur d’âme de sa part ! Il consent à s’adresser à nous, pauvres ignorants, pour nous gratifier de quelques unes de ses géniales pensées.

                            En sommes nous dignes ?

                            Donc, il n’ y a que le libéralisme ! Pourquoi ? mais parce que Monsieur Dugué vous le dit !

                            Je considère qu’il n’ a, pourtant, rien compris au film.

                            Depuis 1980 en gros, c’est le même système qui s’est étendu partout, qui a été mondialisé : l’ultra libéralisme sauvage, la dictature des marchés, des actionnaires et rentiers parasites, des banqiers et des grosses multinationales.

                            L’objectif : que, contrairement à la période 45/75, les travailleurs, salariés ou non, de l’économie réelle gagnent le moins possible et les rentiers de l’économie virtuelle le plus possible.

                            Pour cela tout a été bon : un lavage de cerveau en règle par des « experts » corrompus, la guerre économique entre salariés payés correctement et salariés esclavagisés, les délocalisations boursières et la désindustrialisation, les niches fiscales inutiles créant des trous dans les budgets etc ...

                            L’objectif étant, de l’aveu même des bénéficiares, un chômage de masse destiné à paralyser de peur les salariés se contentant de salaires de misère.

                            Dire que ce système est incontournable, indépassable et éternel relève du crétinisme halluciné !

                            Un autre monde est possible.

                            Plutôt que lire Monsieur Dugué, lisez ou relisez Keynes et les nombreux économistes qui désormais proposent des pistes intelligentes pour sortir de ce système absurde, ignoble qui esclavagise l’Humanité et massacre la planète.

                            Ridicule d’opposer la droite et la gauche molle : les deux sont d’accord sur le dogme ultra libéral.

                            Pourtant, les politiques d’austérité européennes vont engendrer une récession tragique qui va clochardiser les peuples de façon dramatique et encore jamais vue.

                            Absurde de croire qu’il n’y a pas d’autres systèmes possibles.

                            En Amérique du Sud, des pays comme l’Argentine, l’Uruguay, la Bolivie, l’Equateur, le Venezuela ont tourné le dos à l’ultra libéralisme et connaissent des taux de croissance très supérieurs aux USA et aux pays d’Europe. Et un partage des richesses plus juste et plus humain.

                            Monsieur Dugué ferait bien d’aller y voir, histoire de s’ouvrir à d’autres horizons qu’un système décadent et à bout de souffle.


                            • antyreac 28 novembre 2012 18:31

                              En Amérique du Sud, des pays comme l’Argentine, l’Uruguay, la Bolivie, l’Equateur, le Venezuela ont tourné le dos à l’ultra libéralisme et connaissent des taux de croissance très supérieurs aux USA et aux pays d’Europe. Et un partage des richesses plus juste et plus humain


                              Ces pays se développent aussi grâce au capitalisme.

                            • xmen-classe4 xmen-classe4 28 novembre 2012 21:56

                              Homo homini lupus est.


                              • xmen-classe4 xmen-classe4 29 novembre 2012 11:41

                                l’homme doit tout enfanter pour enfin etre.

                                je préfère quand le lecteur peut interpréter le texte comme bon lui semble.


                                • xmen-classe4 xmen-classe4 29 novembre 2012 22:07

                                   Capitalisme darwinien pose un probleme de taille.

                                  en effet le predateur n’est pas forcement plus gros que la proie.

                                  bla bla bla

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