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Accueil du site > Actualités > Economie > Ce million qui fait couler tant d’encre…

Ce million qui fait couler tant d’encre…

Une personne qui gagne 1.000.000 d’euros par an gagne 55 fois le salaire médian (1.500 euros par mois), 46 fois le salaire moyen (1.800 euros par mois) et 83 fois le SMIC*.

Concrètement, elle gagne en 1 an la même somme que 46 salariés moyens ou que 83 « smicards ».

Qu’est-ce qui justifie une échelle des rémunérations de 1 à plus de 83 ?

Les arguments avancés sont généralement le mérite, les responsabilités et le temps passé au travail. Examinons-les.

Le mérite : Sur quels critères se fonde-t-il ? Les études certainement. Une personne qui a fait des études est perçue comme plus méritante. Elle a effectivement étudié des matières ardues et a travaillé dur pendant sa jeunesse. Il est normal qu’elle ait un retour sur investissement. Soit.
 
Mais réussir ses études et acquérir des diplômes de haut niveau ne dépend pas du seul mérite. Les réseaux familiaux et l’argent y entrent aussi pour beaucoup.
Combien d’étudiants ont renoncé aux grandes écoles faute de pouvoir payer un logement à Paris ou dans une autre grande ville ?
Combien sont contraints de travailler pour financer leurs études ?
Combien ont les pires difficultés à trouver les indispensables stages, faute des relations indispensables pour se faire pistonner, osons le mot puisque c’est bien de cela qu’il s’agit ?
 
Quant au salarié Lambda, qui n’a pas fait d’études ou pas assez, son travail contribue tout autant à la vie de la collectivité. Travail de l’un et « mérite » de l’autre se valent.
 
Les responsabilités : Un PDG de grande entreprise ou un dirigeant de PME sont responsables de l’emploi de dizaines, de centaines ou de milliers de personnes selon les cas. Qu’ils commettent des erreurs de gestion irréparables, et leur entreprise licencie tout ou partie de ces personnes, avec les dégâts que l’on sait sur ces salariés et leurs familles.
 
Mais un conducteur de car est responsable, plusieurs fois par jour, de dizaines de vies humaines. Une erreur de conduite et c’est l’accident, qui peut être grave, voire mortel. Or, un conducteur de car gagne environ 1.500 euros par mois.
 
La responsabilité du second est-elle vraiment 55 fois moins grande que celle du premier ?
 
Reste le temps de travail : L’argument bateau, que l’on a maintes fois lu et entendu, est que les dirigeants d’entreprises travaillent deux fois plus que leurs employés. Au vu de leurs revenus, cela en vaut la peine ! Ils sont nombreux, ceux qui seraient disposés à travailler 70 heures par semaine pour 83.000 euros par mois. D’autant que ce travail, prenant certes, est plus intéressant et beaucoup moins dangereux ou pénible que certains métiers rémunérés au SMIC ou au salaire médian.
 
Bien entendu, chacun est libre d’apprécier la justesse – ou la fausseté ! – de ces critères et la pertinence de l’échelle des revenus qui en découle.
 
Cependant, en dehors de ces considérations, il faut aussi appréhender la situation de manière plus morale (ou philosophique si l’on préfère). Nos sociétés ont décidé de mettre en place des « minima sociaux ». Ces minima sociaux, auxquels il convient d’ajouter les aides qui les complètent, expriment l’idée que nous nous faisons du revenu minimum indispensable pour vivre. Disons pour simplifier que ce revenu minimum est de 800 euros par mois environ*.
 
Au dessous de ce seuil, on ne peut pas vivre dans un pays développé au 21ème siècle. Entre ce minimum et le salaire moyen, on admet implicitement que l’on vit tout juste décemment, pas plus. Au-delà du salaire moyen, commence toute la gamme du superflu, très léger puis de plus en plus important.
 
Car, ne nous y trompons pas, le minimum que nous définissons collectivement correspond à la perception que nous nous faisons de la couverture minimum des besoins vitaux. La moyenne que nous acceptons correspond à celle que nous nous faisons du salaire tout juste décent. Et a contrario, si nous définissons collectivement le minimum et le tout juste décent en matière de revenus, alors, que nous le voulions ou non, nous définissons le superflu et nous le percevons en fonction de cette définition.
 
C’est à partir de cette perception qu’il faut analyser les vives réactions provoquées par certaine annonce (promesse ?) récente d’un homme politique de taxer à 75% la tranche de revenus dépassant 1.000.000 d’euros par an.
 
Les uns, les plus nombreux, sont d’accord avec sa perception de ce que, au-dessus de ce million, le superflu est devenu indécent et que sa plus grosse part doit revenir à la collectivité afin, espérons-le, d’être redistribuée à l’économie et aux plus pauvres.
 
Les autres, certains de ceux qui atteignent ou dépassent ce fameux million, crient à la spoliation et brandissent la menace de leur départ sous des cieux plus cléments. Ce faisant, ils donnent l’image de prédateurs cupides et inciviques dont le patriotisme ne se mesure qu’à l’aune de ce qu’ils arrachent à la collectivité.
 
 
* A l’heure où j’écris ces lignes, le SMIC est de 1.398 euros bruts par mois donc à peu près à 1.000 euros nets.
Le RSA est de 475 euros par mois et le minimum vieillesse est de 777 euros.


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66 réactions à cet article    


  • frugeky 8 mars 2012 10:30

    « il faut aussi appréhender la situation de manière plus morale (ou philosophique si l’on préfère) »

    juste une petite remarque à ce très juste texte, la morale est opposée à la philosophie. Elle est figée. C’est avec éthique qu’il faut appréhender la situation.

    • COMME DIT MELUCH...

      au dessus de 30000 euros par mois on prend tout ...................par l’impot..............

      SURTOUT SI CE CLIENT RICHE GAGNE 50 FOIS LE SMIC....

      et les elus on divise le nombre et le salaire par 2



    • Mycroft 8 mars 2012 11:03

      Quelques informations concernant le monde des écoles (d’ingénieur, les seuls véritables écoles sérieuses en France, les écoles de commerce ne valent rien) , que vous ne semblez pas connaître :

      L’entrée s’y fait par concours anonyme. Les meilleurs payent leurs élèves pour aller en cour (Polytechnique et les ENS, plus quelques autres plus spécialisées comme l’ENAC). De plus, la partie la plus sélective se fait via le duo prépa-concour, qui se fait en lycée, lesquels réservent souvent les internats en priorité aux élèves de prépa. Le « coût » d’une école d’ingénieur, pour les élèves, n’est donc pas considérable. Les familles modestes ont les moyens d’y envoyer leurs enfants. Ce n’est plus valable pour les écoles d’ingé privées (souvent médiocres) ou pour les écoles de commerce (systématiquement très chère).

      Pour le logement, dans le milieux des écoles, la colocation est une réalité régulière, 

      Les stages s’obtiennent via l’école, non via le piston familiale. Ce dernier peut juste servir à faciliter la recherche de logement, dans les cas où l’entreprise recrutant ne fournirait pas une aide pour cela.

      Il est vrai que l’on trouve peu d’élèves issus de milieux véritablement pauvres dans ces écoles. Mais n’est ce pas parce que les parents des milieux pauvres sont, pour un grand nombre, mauvais dans l’art d’éduquer leur enfants ? Les écoles sont avant tous des trieuses qui enseignent peu (parce que la véritable formation, celle utile au métier, se fera directement en entreprise, les besoin étant trop spécifiques pour être enseigner en cursus éducatif, sauf à faire une école par entreprise) mais valident avant tout un potentiel. De ce fait, elles ne peuvent pas accepter en leur sein un individus dépourvue de potentiel. Or, comment donner ledit potentiel à son enfant quand on a soit même des difficulté dans des domaines élémentaires. Quand on peine à maitriser les bases de la démonstration, on ne peut pas expliquer les maths à son enfant. Et l’éducation national, durant l’enfance puis l’adolescence, ne peut pas complétement se suppléer à l’environnement familial (sauf à mettre les enfants en centre fermés, isolés de leur parents, 24h/24 sous le contrôle rigoureux des enseignants). Elle ne peut pas compenser l’incapacité éducationnel des parents.

      De plus, ce sont ceux qui ont une capacité technique théorique poussée (capacité que le système académique cherche à détecter) qui contribuent réellement à l’évolution de l’humanité. L’individu lambda permet, au mieux, à la l’humanité de stagner. Le scientifique (ingénieur, chercheur, médecin...) lui permet d’améliorer la maitrise qu’elle a sur son environnement.

      Votre argument sur le mérite est donc peu convaincant. Le véritable argument sur le mérite est tout simplement que ceux qui font vraiment avancer la société (les scientifiques) sont rarement payés plus de 2 ou 3 smics (mis à part les chirurgiens). Les gens vraiment bien payés, eux, sont rarement ceux qui nous font avancer. Ils sont souvent trop éloignées du monde réel pour l’influencer effectivement, autrement que par la politique (politique officielle ou politique d’entreprise, ce qui revient strictement au même). Or, la politique n’est pas un domaine qui nécessite de la réflexion, mais avant tout des contactes, un réseau, et une certaines capacité à magouiller. Contrairement à ce que les haut placés veulent nous faire croire, un politicien, ça se remplace aisément. D’autant plus si on les remplace en masse, puisque, de fait, dans ce cas, les résaux des anciens ne servent plus à rien.

      Pour les deux autres arguments, je vous les concède. Notamment le rapprochement entre le pdg et le chauffeur de bus (ou de train, qui gère encore plus de vie humaine). Surtout quand on sait que le pdg n’est pas nécessairement sa boite et qu’il peut se foirer lamentablement sans que la société qu’il dirige ne sombre, grâce à l’inertie de la masse et surtout grâce à ses subordonnés. Alors que le conducteur, quand il se foire, ça fait directement du grabuge, il n’y a personne pour rattraper le coup (c’est moins vrai pour le train, grâce aux recherches payés par la SNCF pour automatiser la sécurité).

      Quand au temps de travail, il manque une analyse, au delà de la pénibilité ou de l’intérêt du travail, sur la « densité » du travail, c’est à dire le rapport entre le temps passé, non simplement en présence sur site, mais à agir effectivement, sur le temps de travail total. Par exemple, l’enseignement, même dans les bon établissement où il n’est pas un travail pénible, est un travail intellectuel incroyablement dense. Faire un cour ou corriger une copie est bien plus fatiguant que lire un rapport ou participer à une réunion (ayant fais les deux, je sais de quoi je parle). La densité des métiers payés au SMIC est elle aussi souvent très élevée et proche de 1.


      • jef88 jef88 8 mars 2012 14:33

        Quand au temps de travail, il manque une analyse, au delà de la pénibilité ou de l’intérêt du travail, sur la « densité » du travail, c’est à dire le rapport entre le temps passé, non simplement en présence sur site, mais à agir effectivement, sur le temps de travail total

        Bien sur ! l’ouvrier qui travaille à la chaine passe la moitiè de son temps à bavarder ?
        Il n’agit pas !!!!! il subit  !!!! C’est cela ?


      • Lisbeth Ker Carradec Lisbeth Ker Carradec 8 mars 2012 14:44

        Il est vrai que l’on trouve peu d’élèves issus de milieux véritablement pauvres dans ces écoles. Mais n’est ce pas parce que les parents des milieux pauvres sont, pour un grand nombre, mauvais dans l’art d’éduquer leur enfants ? Les écoles sont avant tous des trieuses qui enseignent peu (parce que la véritable formation, celle utile au métier, se fera directement en entreprise, les besoin étant trop spécifiques pour être enseigner en cursus éducatif, sauf à faire une école par entreprise) mais valident avant tout un potentiel. De ce fait, elles ne peuvent pas accepter en leur sein un individus dépourvue de potentiel. Or, comment donner ledit potentiel à son enfant quand on a soit même des difficulté dans des domaines élémentaires. Quand on peine à maitriser les bases de la démonstration, on ne peut pas expliquer les maths à son enfant. Et l’éducation national, durant l’enfance puis l’adolescence, ne peut pas complétement se suppléer à l’environnement familial (sauf à mettre les enfants en centre fermés, isolés de leur parents, 24h/24 sous le contrôle rigoureux des enseignants). Elle ne peut pas compenser l’incapacité éducationnel des parents.

        Vous confondez l’éducation « sociale » (dispensée par les parents effectivement : Dis bonjour à la dame, lave toi les mains en sortant des toilettes, tiens la porte au monsieur et embrasse tata Suzanne) avec l’éducation « culturelle » (dispensée par l’école : 3x3=9, Je et Tu n’aiment pas le T, Maitre Corbeau sur un arbre perché et Marignan 1515).
        L’Education Nationale prévoit d’ailleurs en théorie l’inégalité des enfants induite par les différences d’accès à la culture de leur famille en interdisant par une circulaire de 1994, les devoirs à la maison : elle pretend placer ainsi, en theorie, tous les enfants sur un meme pied d’égalité en faisant dispenser le savoir par l’enseignant, sans qu’il soit possible que l’élève patisse par effet collatéral des lacunes de sa famille.
        Votre raisonnement, en plus d’être d’un élitisme odieux, est donc caduc.


      • Mycroft 8 mars 2012 17:46

        Sans devoir à la maison, pas de véritable formation (le temps de cour est fait pour l’apprentissage). Sans intervention des parents durant ces travaux, surtout au début, le risque d’abandon est élevé. Si cette circulaire de 1994 était suivie, elle entrainerait une dégradation de l’éducation de nos élèves. Certes, on aurait moins d’élitisme. Puisqu’on aurait plus d’élite. Une très bonne solution pour détruire notre communauté scientifique, pour provoquer une pénurie de tête pensante en France. On ne règlera pas le problème de l’éducation en réduisant le temps passé par les élèves à se former. C’est justement à l’âge de l’école qu’on est le plus apte à évoluer. Heureusement, peu de professeur suivent cette circulaire. Ayant été élève bien après 1994, les miens ont eu cette intelligence. Ma mère, enseignante également, fait de même. La caducité de mon argument, de fait, semble donc relever de votre fantasme, à moins que vous ne trouviez un contre argument un peu plus convaincant.

        La formation véritablement efficace en France, celle dispensé par les classes préparatoire, implique un minimum de 2 à 3h de travail personnel en dehors de l’intervention d’un professeur. En plus des 8h de cour par jour et du travail le week end. C’est cette formation qui fait véritablement l’honneur de notre système éducatif. Il n’est d’ailleurs pas surprenant qu’une bonne partie de l’élite (la véritable élite, celles des labos et non celle de la finance) de la nation passe par là. Combien de nos mathématiciens, notamment (qui sont reconnus internationalement pour leur excellence) sont passé par la case « prépa » ?

        On ne peut pas éduquer convenablement un enfant en le voyant simplement 8h par jour. il passe le double de ce temps éveillé et actif. Sachant qu’en prime, il est beaucoup plus simple de défaire (le laisser abandonner, lui dire que « ce n’est pas grave » s’il échoue, qu’on peut être intelligent sans avoir une réussite scolaire) que de faire (lui apprendre l’importance de la réussite, la nécessité qu’il y a à faire des efforts, l’existence de la hiérarchie intellectuelle et l’influence du monde académique sur cette dernière). Il est simple de gâcher le travail d’un professeur par l’incompétence parentale. Un professeur, au contraire, à beaucoup de mal à rattraper le mal quand il est fait. Il est assez simple de transformer un élève passablement intelligent en imbécile. Il est quasiment impossible d’agir dans le sens inverse.

        Si on veut véritablement (et c’est là mon souhait) favoriser un système d’éducation égalitaire, alors une seule solution : ne plus laisser les enfants chez leur parents, imposer l’internat, et permettre donc à l’éducation nationale de contrôler l’éducation des enfants H24.
        Il est d’ailleurs assez claire, quand on voit qui réussi dans les écoles, que ce n’est ni l’argent, in les réseaux qui donnent accès aux écoles d’ingénieurs : bon nombre d’élèves qui y vont sont fils, non pas de riches, mais d’enseignants. Ce qui est somme toute assez rassurant, puisque c’est une preuve (rappel, l’argument de favoritisme ne tiens pas dans un contexte de sélection par concours anonyme) que nos enseignants sont statistiquement plus doué que les parents lambdas pour enseigner.

        Au passage, votre hypothèse, arguant qu’il y a différents « type » d’éducation, une « sociale » et une « culturelle » est assez peu pertinente, dans le sens où on apprend jamais à un individus à être sociable ou polie, mais simplement des « règles de politesse » (comme celles que vous citez) qui ne sont au final qu’un principe culturel comme un autre. Être un individus respectable, ça ne s’enseigne pas directement, ça se fait via une cohérence au niveau de l’enseignement culturel. Ce qui explique justement la réussite des enfants de « parents compétents » qui savent ne jamais remettre en cause un enseignant devant leur enfant par exemple, s’adapter aux techniques d’enseignement des professeurs pour assister leur progéniture dans leur leçon, ce qui permet à l’enfant d’accepter le monde éducatif, puis, par mimétisme, d’accepter le monde dans son ensemble.


      • Mycroft 8 mars 2012 17:49

        @jef88

        Vous ne m’avez pas lu jusqu’au bout, je crois.

        Faites le, vous verrez que j’affirme que les métier faiblement rémunérés (ce qui inclus la majorité des métiers manuels) sont largement plus « dense » que les métiers de direction.


      • bakerstreet bakerstreet 8 mars 2012 11:21

        Raisonnablement, l’échelle des salaires devrait aller de un à cinq !

        Admettre déjà que quelqu’un puisse avoir une part cinq fois plus grande qu’un autre peu paraitre choquante, mais justifié par les services rendues à la communauté.

        Je sais bien que ces mots peuvent en faire rire beaucoup,
        Disons plutôt ricaner !
        Car le rire est joie, et le ricanement cynisme
        mais le mot le plus important pour moi, ce n’est pas le mot salaire, mais celui de communauté.

        Ors, que voyons nous :
        Les banques ont remplacé les églises du passé.
         Voilà le monde que l’on rêvait, qui allait soi-disant libérer les énergies.
        Les totalitarismes économiques s’empilent maintenant les uns sur les autres,

        Les émanations de Fukushima lentement dérivent sur nous.

        Quelques grands prêtres perchés sur leur tour de carton pâte comptent leurs biftons.
         On les avait pris pour des sentinelles,
         mais ils ont l’oeil vissé sur leurs stocks options


        • devphil30 devphil30 8 mars 2012 11:25

          Article non partisan et juste.


          Philippe 

          • Inquiet 8 mars 2012 11:37

            Je voudrais préciser des choses sur la notion de « mérite ».

            A mon sens, dans notre société, cette notion se décline suivant 3 schémas :

            1°) Le mérite de position :

            Il se défini en fonction du poste qu’on occupe, ou des études qu’on a faites, ou même parfois le parcours social et relationnel qu’on a du emprunté pour arriver là où on est.

            C’est un mérite qu’on revendique non pas parce ce qui est ou sera réalisé, mais par la difficulté supposée ou pas du parcours qu’on a du emprunter pour obtenir la fonction qu’on occupe actuellement, voir même parfois qu’on revendique occuper sans l’occuper.

            Ce mérite revendiqué ne se soucie pas de savoir si les tâches attendues par le poste seront honorées ou pas, seul le parcours pour atteindre ou revendiquer le poste compte pour l’évaluation du mérite.

            2°) Le mérite de profit :

            Il se défini en fonction de la participation aux gains réels ou supposés qu’on estime avoir permis de générer pour nos employeurs / clients / actionnaires ....

            Il faut bien avoir en tête que ce mérite est parfois difficilement évaluable par la seule productivité de l’intéressé. Beaucoup d’activités ne sont pas directement liées à la production de biens ou de services quantifiables, même si les « évaluateurs » ont tendances à encenser ce type d’activité quantifiable.

            En effet, beaucoup d’autres activités sont évaluées non pas sur le « plus de plus » mais sur le « moins de moins » : autant appeler les choses par leur nom : par les économies réalisées, la maîtrise des coûts.

            En définitive, ce type de mérite ne se soucie pas de savoir si son activité génère du « mieux être » mais de la considération par rapport à sa hiérarchie ou ses clients (dans le sens « commanditaires » et pas « consommateurs »). L’utilité de la tâche n’a pas d’importance.

            Paradoxalement, certains sont « bien notés » car ils ont compris que ce qui compte n’est pas de « réaliser » mais de « faire croire ».

            3°) Le mérite social :

            Vous l’aurez compris, c’est seul mérite qui vaille d’être évalué dans une société.

            C’est le seul mérite qui a un intérêt lors de campagne à des élections politique.

            C’est le mérite qu’on évalue en fonction de l’apport à la communauté. Et pas à une entreprise en particulier.

            Or, c’est le seul que lors des campagnes on n’évalue pas.

            Nous sommes constamment pris en tenaille entre ceux qui ont et ceux qui pourraient avoir, et on ne récompense jamais ceux qui donne pour tous.


            • jef88 jef88 8 mars 2012 14:44

              Le mérite des études !
              Les veinards qui ont eu la possibilité de faire de belles études ont du mérite ?

              Vous venez du monde ouvrier ou paysan dans une campagne profonde votre cursus prévisionnel :
              - collége super - banal
              - petit lycée à 20 km 
              - BTS ou DUT

              Pour aller en FAC ou école d’ingénieur .... galère assurée..vous n’avez pas passé le bon bac !


            • velosolex velosolex 8 mars 2012 18:40

              Les mérites et les salaires ont été définis à la mesure des gens qui les qualifiaient :

               Il va s’en dire que les maçons et les couvreurs n’étaient pas suremprésentés dans cette oligarchie : On qualifiera donc leur métier de vil, ou de manuel, c’est pareil, en leur accordant les rémunérations qui vont avec : Pourtant, pour moi, leur mérite et leur métier est indiscutable.

              Que ferait un médecin s’il n’avait pas un bon toit d’ardoises sur la tête ?
              Sans doute sera t’il compétent pour soigner leurs genoux et leur dos, usé à quarante ans, alors qu’eux-mêmes seront bon pied bon œil encore à 60 !
              Mais comment expliquer autrement que par un privilège exorbitant la différence de traitement entre les deux professionnels ?

              Les études ? Il faudrait donc celles ci comme une bataille menée victorieusement, alors qu’elles ne sont qu’une chance, un privilège due en grande partie à l’effort, c’est vrai, mais surtout à la naissance.
              Du reste, les compétences d’un maçon, si elles sont pas chiffrés par un cursus scolaire sont sérieuses, et toujours en relaltion avec la nouveauté et l’obligation de s’adapter ( mais je parle du maçon comme je pourrais parler de cent professions)

              Cette société s’est depuis quelques temps caricaturée, oubliant ce qui fait la condition d’une bonne qualité de vie collective : La justice, et une volonté de remédier en partie aux différences liées aux hasards du destin et de la naissance, sans lesquels la sécurité de tous n’est qu’un vain mot !

              Cet objectif de justice et d’égalité relative, n’est pas totalement désintéressé : C’est la condition même de la survie d’un groupe, de sa sécurité, et sa capacité de transcendance, moteur de la santé et de l’énergie.

              Nous voilà revenus à une situation pire que ce qu’elle état avant la révolution française : A l’époque, les nobles rentiers, avaient un budget mensuel d’environ 400 fois supérieur aux plus miséreux.

              Ces chiffres sont maintenant bien dépassés : 1000 fois pour Ribéry portant fièrement les couleurs de l’équipe de France, et crachant par terre, quand l’occasion se présente.....

              Jamais autant les bénéfices des constructeurs de luxe n’ont jamais été si élevés.
              Vuitton, Ferrari, Rolls.........C’est la crise, nous dit-on


            • Inquiet 9 mars 2012 08:50

              @jeff88

              Je m’en excuse, il semblerait que vous n’ayez pas bien compris mon propos ou que j’ai eu du mal à m’en expliquer.

              Pour chaque type de mérite que j’ai présenté vous pouvez trouver des gens pistonnés, aidés, bien nés ou pas.

              Je peux comprendre un certaine amertume par rapport à ce que j’ai écrit, étant entendu que le diagnostique ne s’attachait pas à faire un distinguo suivant les CSP par exemple mais suivant les revendications au mérite qui peuvent venir d’en haut et / ou d’en bas.

              Un genre de « dictons populaires » sur le mérite que j’essaye de rationaliser dans des groupes.

              L’objectif étant de faire comprendre que SI (se seulement si on choisit) d’organiser la société autour du critère du mérite seule le mérite social devrait compter, les autres mérites faisant partie de la sphère privée.

              En ce qui me concerne, mérite ou pas, une femme, un homme ne mérite pas de mourir de faim, de froid ou de manque de soins. smiley


            • Robert GIL ROBERT GIL 8 mars 2012 11:47

              Dans un pays ou plus de la moitié de la population gagne moins de 1500 euro net et 80% moins de 2000 euros, la baisse continue du pouvoir d’achat est une mauvaise nouvelle, car 70% de la richesse nationale dépend de la consommation. Mais on dirait que les actionnaires, les financiers et le gouvernement n’en ont cure. Ils sont en train de nous jouer une version de « prends l’oseille et tires toi ». Ce qu’il adviendra après n’est pas leur problème, pour l’instant ils se remplissent les poches !...........
              http://2ccr.unblog.fr/2011/01/21/cest-comme-vous-voulez/


              • gogoRat gogoRat 8 mars 2012 12:10

                Merci pour cette belle mise au point ! et pour cet argumant très juste et fondamental :


                «  si nous définissons collectivement le minimum et le tout juste décent en matière de revenus, alors, que nous le voulions ou non, nous définissons le superflu et nous le percevons en fonction de cette définition. »

                Cet argument fait passer sous un second plan les débats concernant le mérite, les responsabilités et le temps de travail. Quoiqu’à ce sujet d’autres arguments encore doivent être avancés ... (J’y reviendrai )
                Reste la question du paramétrage à 1 Million d’euros du surcroit de taxation annoncé.
                On peut comprendre l’idée de choisir un chiffre rond susceptible de marquer les esprits ... mais tant qu’à faire dans le « symbole », une autre annonce aurait été possible, tout en étant beaucoup plus logique, plus juste et plus porteuse de bouleversements structurels :
                 l’adoption d’un impôt exponentiel collant à l’impôt actuel jusqu’à 1 Millon d’"euros ! 
                 cf : 




                • eric 8 mars 2012 12:20

                  C’est bien pratique ces trois mille à 7000 personnes dont on parle à longueur de temps.

                  Pour reprendre les hypothèse de l’auteur, un PDG,ce sont ses actionnaires qui décident combien ils le payent. SI ils ont envie de lui donner cette part de LEUR argent plutôt que de l’empocher, ils doivent avoir leurs raisons. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises les regardent essentiellement eux. Il est peu probable que si il payaient moins leur PDG, ils augmenteraient notablement leurs smicards.
                  Du reste, on ne voit pas que la base salariales soit mieux payée là ou les patrons le sont moins. En général c’est le contraire.

                  Maintenant tu es un couple de cadre moyen parisien, chacun à 3 ou 4 000 euro avec 2 ou 3 enfants. Tu vas payer quelques mois de revenus, et avec cela tu as les meilleurs hopitaux,les meilleures école, tes gosses vont bine réussir et si ils rentrent dans une grande école, aulieu de payer de ta poche comme en Amérique, tu es subventionné par les « pauvres » qui n’ont pas étudié et dont les gosses sont dans des écoles pourries avec des profs débutant. Ces gens là votent Hollande. Ils sont favorable à ce que l’on fasse payer les riches. Mieux, ils sont même prêt à payer eux même un peu plus... Ce n’est pas par souci de justice sociale

                  Aujourd’hui, gauche droite, ce n’est pas riche pauvre, mais qui paye et qui profite de la dépense publique. Le rmiste par vocation vote extrême gauche, le petit agriculteur ou artisan qui a du mal à tirer un smic vote à droite. Ils savent les uns et les autres d’où vient et ou va l’argent commun.

                  Et, c’est notre argent à tous.

                  Il faut poursuivre la politique de remise à plat de notre Etat, pas continuer à se cacher en disant qu’il n’est pas question qu’on en parle tant qu’il y aura des gens qui gagnent plus et d’autres.


                  • jef88 jef88 8 mars 2012 14:45

                    Tout à fait d’accord !!


                  • gogoRat gogoRat 8 mars 2012 12:36

                    Concernant le mérite :

                    * d’abord, prendre le mérite comme un critère de justice dans la détermination de la hauteur du revenu relève plus d’un système de valeurs culturel et arbitraire que d’une logique démocrate.
                    L’étalon du mérite n’est défini nulle part, et s’il relevait d’une loi divine, notre laïcité aurait du mal à l’imposer ...
                     ( Un système « aristocratique », au sens étymologique -« pouvoir des meilleurs »- peut invoquer un tel critère de façon cohérente . Mais lorsqu’on espère un pouvoir du peuple, égal et fraternel, un « mérite » arbitraire ne saurait conditionner les moyens d’exitence des citoyens )

                    * ensuite, même si l’on admet le critère du mérite , qu’en est-il des différences innées d’aptitudes entre les individus ?
                     Aurait-on du « mérite » à disposer dès la naissance de capacités intellectuelles hors du commun ? Le déficient mental qui arrive à grand peine à s’astreindre à un travail n’aurait-il pas souvent plus de « mérite » que le « surdoué » qui joue avec les cours de la bourse ?


                    • gogoRat gogoRat 8 mars 2012 12:55

                      Concernant les responsabilités :

                      si l’on s’en tient à la logique qui voudrait qu’un dirigeant de PME gagne un salaire en proportion du nombre d’emplois dont il est responsable, 
                      ne devrait-on pas alors payer le conducteur de bus (dont il a été question ici en exemple) en fonction du nombre de dirigeants ou autres responsables dont il a la responsabilité lorsqu’il les prend en charge lors de chaque voyage ? Ne devrait-on pas alors aussi payer de la même façon le mécanicien qui est responsable du changement de roue du bus dont la défaillance risque de se répercuter sur la vie de chaque hyper-responsable susceptible de monter dans le bus ? ...
                       Au final, chacun étant amené à être plus ou moins indirectepment responsable de beaucoup d’autres, peut-on évaluer des critères absolus pour mesurer la responsabilité sur l’échelle linéaire d’un salaire monétaire ?



                      • gogoRat gogoRat 8 mars 2012 13:04

                        Concernant le temps de travail 

                        * Au temps de l’économie des savoirs, lorsqu’on compte sur l’inspiration de compositeurs, d’écrivains, de chercheurs, d’ingénieurs, de metteurs en scène, etc ... 
                         le décompte horaire de temps de présence quelque part est-il bien pertinent pour évaluer un « mérite » ?

                        * ensuite, les journées n’ayant jamais plus de 24 heures, à quelle échelle de revenus maximale se rédurait la différence de mérite entre ceux qui travaillent 6 heures par jour, et les insomniaques qui travailleraient tout le temps ?

                        • Nanar M Nanar M 8 mars 2012 13:11

                          "Ce faisant, ils donnent l’image de prédateurs cupides et inciviques dont le patriotisme ne se mesure qu’à l’aune de ce qu’ils arrachent à la collectivité."

                          Ils ne donnent pas l’image, ils le sont.
                          La sont les vrais parasites, la est comme dirait l’au’t con de l’ump, le cancer de nos sociétés.


                          • pingveno 8 mars 2012 13:51

                            "Un PDG de grande entreprise ou un dirigeant de PME sont responsables de l’emploi de dizaines, de centaines ou de milliers de personnes selon les cas. [...] Mais un conducteur de car est responsable, plusieurs fois par jour, de dizaines de vies humaines."

                            Responsable des emplois, le PDG ? La bonne blague. En cas d’accident le conducteur de car est accusé de faute grave et part donc sans indemnités. En cas de mauvais résultats, le PDG part avec plusieurs années de salaire en parachute doré.
                            Car finalement, quel est donc le million scandaleux ? Celui qu’on remet au patron qui fait bien son travail, ou celui qu’il reçoit en récompense de son départ ? Comment les ultra-capitalistes moinsés du dessus peuvent justifier ce million-là ?


                            • foufouille foufouille 8 mars 2012 14:30

                              Le RSA est de 475 euros par mois pour un sdf


                              • Inquiet 8 mars 2012 15:27

                                Devant sa banque, un trader gare sa Porsche flambant neuve, histoire de frimer devant ses collègues.

                                Au moment où il commence à sortir de sa voiture, un camion arrive à toute allure et passe si près qu’il arrache la portière de la Porsche puis disparaît aussi vite.
                                Le trader se rue sur son portable et appelle la police.

                                Cinq minutes après les flics sont là...
                                Avant même qu’un des policiers n’ait pu poser la moindre question, le trader commence a hurler :

                                - Ma superbe Porsche turbo est foutue. Quoi que fassent les carrossiers, ce ne sera plus jamais la même ! Elle est foutue, elle est foutue !

                                Quand il semble avoir enfin fini sa crise, le policier hoche la tête avec dégoût et dit :

                                - C’est absolument incroyable à quel point, vous autres banquiers, vous êtes matérialistes ! Vous êtes si concentrés sur vos biens que vous ne pensez à rien d’autre dans la vie.

                                Le propriétaire de la Porsche sanglote et répond :

                                - Comment pouvez-vous dire une chose pareille à un moment pareil ?

                                Le policier répond :

                                - Vous n’avez même pas conscience que votre avant-bras gauche a été arraché quand le camion vous a heurté.

                                Le banquier regarde son bras avec horreur et hurle :

                                - Putain, ma Rolex !


                                • gogoRat gogoRat 8 mars 2012 16:48

                                  Qu’est-ce qui plaide en faveur d’un revenu maximum ?

                                  Telle est la question à se poser pour faire avancer le débat aussi fondamentalement que le fait la remarque phare de cet article, à savoir : 
                                   définir une couuverture minimum des besoins vitaux revient à établir un consensus citoyen officiel sur ce qui peut être considéré comme superflu .

                                  Cette remarque peut aider à comprendre que l’idée de fixer par ailleurs un revenu maximum ne relève pas nécessairement de considération uniquement d’ordre psychologique ( soit-disant « jalousie », ou idéologie ). C’est sur le plan de l’équilibre individuel et de l’équilibre collectif qu’il faut se placer. L’argument précédent vise à préserver de la mort. Il faut aussi préserver la vie, une vie équilibrée.
                                  Un revenu très élevé ne devient-il pas une menace, voire une nuisance pour tous autant que pour la personne qui en abuse ?
                                  De même que les excès de consommation d’alchool doivent être et sont contrôlés et sanctionnés par la collectivité, n’en va-t-il pas de même pour les excès de revenus ?

                                  Pistes de réflexion à ce sujet :
                                  • Ne peut-on pas penser que des troubles à l’ordre public sont occasionnés par des revenus excessifs ? ( ex. : affaires concernant les Betencourt ...)
                                  • Que dire d’une dépendance pathologique (addiction) aux revenus élevés ? Il ne s’agit pas seulement de l’avarice d’Harpagon ... mais aussi d’une perte de bon sens de ces gens qui perdent leur vie (et celles de ceux qu’ils entaîinent dans leur délire) à courir après la fortune plutôt qu’à en profiter et en faire profiter 
                                  • Un écart de revenus excessif entre des individus parfaitement équilibrés sur le plan psychologique ne risque-t-il pas d’induire rapidement des rapports incohérents entre eux ? (L’incohérence etant source de déséquilibres ...)

                                  • Nos valeurs démocratiques d’égalité (en dignité et en droit) et de fraternité sont-elles compatibles avec les différences de réalité de contitoyens que leurs écarts de revenus amènent à ne plus jamais se cotoyer physiquement ? Comment vivre une « fraternité » entre les mondes parallèles des hyper-riches, des riches, des classes moyennes, des pauvres, des SDF ?


                                  • N’existe pas un seuil au-delà duquel tout individu équilibré ne saurait dépenser plus pour sa propre consommation et pour son propre plaisir ? 
                                  • Cette dépense propre serait à distinguer de tout ce qui relève du don (dit « caritatif ») ou de l’investissement : qui ne sont en fait que la manifestation de capatation de pouvoir personnel au détriment du pouvoir du peuple consensuellement exercé par la République 
                                  ...

                                  • spartacus spartacus 8 mars 2012 19:15

                                    Le mérite : Il ne découle du risque.

                                    Les responsabilités :  Permettre a des centaines de personne de vivre normalement et dignement en donnant des emplois en fait la personne la plus sociale et indispensable de la société..
                                    le temps de travail :  Même en vacances, l’esprit est toujours en réflexion. Il se mesure au rapport temps-efficacité exceptionnelles.

                                    Les vrais riches en France ce sont les rentiers, stigmatiser une catégorie socio-professionnelle pour des raisons électorales ceux qui travaillent ne mènera pas loin. 
                                    Avez vous intellectualisé que le coût de recouvrement sera supérieur au recettes ? 
                                    C’est déjà le cas pour l’impôt sur la fortune. 
                                    L’impôt c’est fait pour assurer la redistribution pas pour sanctionner et stigmatiser des gens et pas pour faire croire qu’avec ces nouveaux impots, les pauvres seront plus riches.




                                    • onetwo onetwo 8 mars 2012 20:29

                                      CE N’EST PAS 1 MILLION PAR AN MAIS UN MILLION PAR MOIS !!!!!

                                      Hollande ne veut pas imposer à 75% les revenus supérieurs à 1 million par an mais ceux qui dépassent 1 million par mois soit 12 millions par an.

                                      Autrement dit, à vue de nez, 0,00001% des français....

                                      Une belle esbrouffe de la part de Hollande. Non seulement cela ne concerne qu’un infime partie des français, mais en plus cela ne rapportera pas tant que cela par rapport au budget de l’Etat.
                                      C’est purement symbolique et ne changera pas grand choses aux comptes de la Nation.

                                      Je préfère 100 fois la proposition de Mélenchon : plus de tranches pour que l’impôt soit plus juste et une dernière tranche à 100%, car qui a besoin de 12 millions par an pour vivre. A part pour polluer la planète avec des avions privés et des yachts, je ne vois pas l’intérêt.


                                      • gogoRat gogoRat 9 mars 2012 10:33

                                        Très juste. Le dogme d’un effet de « gagnant-gagnat » classiquement opposé à cette image de « gateau limité » doit aujourd’hui reconnaïtre ses limites ( La notion de ’pic pétrolier’ entre autres n’est prise à la légère que par des inconhscients ...)


                                        La richesse individuelle des Français n’est profitable à la France que si elle sert la France. Peut-on encore subir une évasion fiscale qui ne soit ni une fraude fiscale ni une fraude tout court ?
                                         "Aujourd’hui, les 10% de ménages français les plus riches perçoivent un revenu moyen neuf fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres." 
                                         La nuisance induite contre la France par cette dérive est de double nature.

                                        - D’une part, même en ne considérant que des psychologies équilibrées, nous savons bien que la perception de la misère est plutôt liée aux contextes géographiques et aux situations relatives : une échelle de revenus trop large est source de grave malaise social.
                                         - Mais, d’autre part, dans un contexte unanimement et officiellement reconnu comme difficile, ces écarts de richesses ne peuvent subsister, voire s’accroître, sans induire une diminution de ressources des moins bien lotis. Lorsque cette diminution va jusqu’à priver des Français du minimum nécessaire à une vie (et une vie sociale) décente, on atteint l’inacceptable !
                                        La notion de revenu maximum, débattue ici, devrait donc aller de pair avec la notion de revenu minimum ! (ou « bouclier social »). 
                                           [’bouclier social = par exemple : "Revenu de base universel, inconditionnel, 
                                        Le revenu maximum devrait être ajusté pour permettre, en fonction du système d’impôt adopté - à tranches ou pas - , le financement par l’Etat de ce ’bouclier SOCIAL’ ]

                                        Lorsque l’Etat en arrive à ne plus pouvoir garantir ce minimum, affaiblir encore les ressources nationales par des « évasions fiscales », s’opposer par chantage aux intérêts vitaux de la France ... devient un crime !


                                      • Athéenuation IV 8 mars 2012 23:47
                                        Dans la société actuelle, le salaire n’est en rien proportionnel au mérite. Que cela soit souhaitable, c’est un débat intéressant, mais ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent.

                                        En réalité, le salaire est défini selon le même principe que le prix du kilo de cochon, c’est à dire selon la loi du marché, donc de l’offre et de la demande.

                                        Si vous êtes capable de rapporter beaucoup d’argent à votre employeur, grâce à une spécialité ou un talent rare, c’est le jackpot. C’est ce qui fait qu’un bon footballeux gagne beaucoup plus qu’un chercheur découvrant des thérapies contre le cancer.


                                        • gogoRat gogoRat 9 mars 2012 11:22

                                          C’est bien pour tenir compte de cette réalité (cf « principe de réalité »), et pour obtenir un consensus autant de ceux qui la déplorent que de ceux qui tiennent à « la loi du marché », qu’il est primordial d’identifier et de ne pas oublier les arguments fondamentaux (sans parti pris) en faveur d’un revenu maximal !



                                        • lulupipistrelle 9 mars 2012 00:51

                                          Si vous ne supportez par que les revenus supérieur à 1 million d’euros ne vous étonnez pas que des jeunes sans un sou, mais avec des potentialités se tirent chaque année... et fassent carrière ailleurs.
                                          Sans PMI et sans PME, les créations d’emplois c’est pas pour demain.


                                          • pingveno 9 mars 2012 11:13

                                            Tu connais beaucoup de patrons de PME qui gagnent 1 million par mois, ou même par an ?
                                            (je parle bien du revenu du patron, pas du CA de l’entreprise)

                                            Les entreprises qui peuvent se permettre de payer le patron 100.000 € par mois ne sont plus des PME depuis longtemps.

                                            Sans PMI et sans PME, les créations d’emplois c’est pas pour demain.
                                            Raison de plus pour arrêter de les taxer à 33% tout en taxant les géants du CAC40 (qui créent beaucoup moins d’emplois) à même pas la moitié.


                                          • Magnon 9 mars 2012 01:05

                                            Le problème, c’est que la plus grosse partie des gens visés sont des joueurs de foot, qui doivent gagner en 10 ans ce qui doit les nourrir tout le reste de leur vie, en Suisse !
                                            Le CAC 40 n’est qu’une équipe de 2ème division !


                                            • lulupipistrelle 9 mars 2012 02:23

                                              Non, ça c’est la partie émergée de l’iceberg...

                                              A la précédente élection présidentiellen, en 2007, un débat d’experts économoiques sur France Culture révélait que des dizaines de milliers de jeunes chefs d’entreprise français à l’étranger avaient quitté le pays avec juste leur diplôme (petit ou grand) en poche, sans qu’on s’en aperçoive, et c’était un manque à gagner de 300 milliards pour la France.


                                            • pingveno 9 mars 2012 11:21

                                              Primo vu le plafond fixé par Hollande, moins de 1% des joueurs de foot sont concernés. Ce n’est pas moi qui le dit, j’ai entendu cet argument de la part de Lilian Thuram, qui doit sans doute savoir de quoi il parle.

                                              Deuxièmement, en supposant que ce que tu dis soit vrai, on peut toujours envisager un lissage des revenus sur plusieurs années pour les carrières courtes.

                                              Troisièmement, les quelques footballeurs gagnant plus d’1 million par an ne perdent pas tout revenu à la fin de la carrière : ils se reconvertissent dans la pub, la restauration, deviennent consultants sur TF1... mais restent en France.

                                              Quatrièmement le revenu dont on parle, c’est en 1 mois bien plus que la plupart d’entre nous gagneront en toute une vie. Et ces gens ne sont pas les seuls à avoir une famille à nourrir.

                                              Enfin, pour en finir avec l’argument de droite qui dit qu’il ne faut pas taxer les riches sinon ils vont à l’étranger, l’histoire nous montre que ça ne concerne jamais plus de la moitié d’entre eux, que d’autre part jouer le paradis fiscal n’a aucun sens (exemple : la Belgique taxe peu les hauts revenus mais très fort les bas salaires, eh bien elle n’attire pas tant de riches que ça car elle est en concurrence frontale avec le Luxembourg et la Suisse) et qu’enfin, les mesures contraires marchent encore moins, alléger les charges des riches ne les fait pas revenir, comme l’a montré l’exemple calamiteux du bouclier fiscal.


                                            • lulupipistrelle 9 mars 2012 21:19

                                              La Belgique attire les chefs d’entreprise... qui relancent là-bas une société après avoir liquidé leurs affaires en France. Ils n’attendent même pas lmes élections pour artir, parce qu’ils redoutent autant Sarko, le roi de l’instabilité fiscale (il a défait toute la fiscalité mise en place à son arrivée) que Flamby., depuis qu’il a fait sa fameuse sortie ...


                                            • gogoRat gogoRat 9 mars 2012 09:52

                                              autre argument en faveur d’un revenu maximumn :

                                               « - les revenus »extravagants" sont une telle source d’incohérence, de malaise social et de discordes que la France n’y survivrait pas."

                                              • gogoRat gogoRat 9 mars 2012 10:12

                                                autre argument encore en faveur d’un revenu maximumn :
                                                Pour qu’un impôt soit juste, n’est-il pas de bon sens de taxer de façon exponentielle les revenus qui augmentent la richesse personnelle de façon exponentielle ?
                                                ( penser aux inérêts composés qui augmentes de façon exponentielle en foncttion du temps ).
                                                Or ,dès lors qu’on veut adopter un impôt progressif, la seule façon d’éviter les inégalités dans l’accélération du taux d’iposition en fonction du revenu (notamment pour la dernière tranche qui reste à taux fixe ! ) ... c’est d’adopter un impôt exponentiel !

                                                Il suffit alors de regarder la courbe (revenu - impôt) dans ce cas pour comprendre le lien immédiat avec la question du revenu maximum !
                                                 ( point sur les i = point d’inflexion : cette courbe passe par un maximum 
                                                CQFD ! )




                                                • 08 AOUT 9 mars 2012 11:38

                                                  Bonjour à tous,

                                                  Je vous remercie de vos nombreux commentaires, la plupart très intéressants. Vous avez pris la peine de me lire, c’est bien le moins que je prenne celle de vous répondre, en essayant de le faire succinctement. Toutefois, ce sera, je le crains, un peu désordonné !

                                                  J’ai tenté une vague définition du « mérite » en fonction des études parce que c’était le critère le moins irrationnel de tous ceux que j’avais en tête. Mais je persiste et je signe : Les études sont AUSSI affaire de moyens.
                                                  Toutes les écoles ne fonctionnent pas comme les écoles d’ingénieurs.

                                                  Les jeunes d’origine modeste ou pauvre n’en sont donc pas écartés du fait de l’incapacité de leurs parents à les éduquer. Il y a PEUT-ETRE une incapacité à instruire, à transmettre une culture. Ce n’est pas la même chose.
                                                  Ce qui est certain, en revanche, c’est que dans ces milieux, il y a une carence en argent et en réseaux et que les uns et l’autre sont quasiment indispensables dans certaines filières.

                                                  Ceux qui « gagnent » beaucoup, au-delà de ce fameux million, ne font certes pas avancer la société (à mon sens, il la feraient plutôt régresser). Mais leur influence est bien réelle car certains (pas les footeux bien sûr) appartiennent au cercle des personnes qui décident.

                                                  Leurs rémunérations sont décidées par les actionnaires mais ceux-ci ne les paient pas avec LEUR argent. Ils les paient avec la plus-value que leur entreprise a créée avec le travail de ses salariés. Les dividendes desdits actionnaires n’en sont d’ailleurs pas diminués.

                                                  Et ceux qui font réellement avancer les sociétés humaines ne sont pas aussi bien payés.

                                                  Mais tous vivent grâce au travail de tous ces citoyens Lambda, qui ne font pas stagner l’humanité, puisque leur labeur constitue le socle sur lequel se construisent ces sociétés.
                                                  Pas de progrès sans les maçons, les éboueurs, les femmes de ménage, les aide-soignants, et j’en passe.

                                                  Pour ce qui est des minima sociaux, je reconnais que j’ai donné des montants peut-être pas très exacts. Ils sont différents selon les situations et je suppose et espère qu’ils donnent droit à des aides qui les complètent.

                                                  J’ai tenté de donner à mon article un ton neutre en « stigmatisant » le moins de personnes possible. J’ai pris la précaution de dire que CERTAINS titulaires de très hauts revenus DONNAIENT L’IMAGE de prédateurs.

                                                  Néanmoins, certains d’entre vous ont compris de quel côté penchait mon coeur, bien que j’aie, autant que faire se pouvait, écrit non pas sous la dictée de celui-ci mais sous celle de la plus grande objectivité dont j’étais capable, étant entendu que je trouve normal qu’une société établisse une revenu minimum et un revenu maximum et qu’une échelle de 1 à 20 me paraît tout à fait raisonnable, motivante pour les échelons du bas et confortable pour les échelons du haut.

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