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Ce modèle que l’Allemagne n’est pas

La crise de la zone euro a fait de l’Allemagne le modèle à suivre pour certains. Comme le souligne souvent Jacques Sapir sur son blog, il s’agit d’un mirage dangereux car non seulement le « modèle allemand » n’est pas réplicable à l’échelle du continent, mais il n’est même pas souhaitable dans l’absolu.

Un « modèle » non réplicable
 
Alors que la zone euro pourrait sortir de la récession ce trimestre et enregistré une légère (et illusoire) croissance l’an prochain, on entend des discours absolument hallucinants. La seule issue pour les pays en difficulté serait de trouver la croissance par l’augmentation des exportations. C’est notamment ce qui est avancé pour l’Espagne ou la Grèce. Car cela est au cœur de la réussite allemande puisque le pays affiche un solide excédent des échanges courants de près de 200 milliards d’euros, soit la bagatelle de 6,4% du PIB pour 2013 (plus de trois fois le niveau de la Chine !).
 
Mais ce que les économistes myopes ne comprennent pas, c’est que les excédents des uns sont les déficits des autres, et que si un pays parvient à baser sa croissance sur les exportations, alors, d’autres doivent accepter des déficits équivalents… Il faut savoir que la moitié de la croissance de l’Allemagne depuis 10 ans vient de son solde commercial. Mais il n’est pas difficile de comprendre qu’un tel modèle n’est pas réplicable à l’échelle du continent. Tous les pays de la zone euro ne pourront pas être en excédent commercial en même temps, surtout avec la concurrence des pays émergents.
 
Dès lors, les stratégies de sortie de crise par les exportations sont illusoires. Bien sûr, les pays qui seront les plus radicaux pourront gagner temporairement des parts de marché, mais cela est absurde. Non seulement, cela réduit la demande européenne, et donc la croissance et l’emploi, mais en plus, cela ne conduit qu’à déplacer les chômeurs des pays les plus compétitifs vers ceux qui le sont moins, tout en augmentant leur nombre global, du fait de la baisse de la demande. Et cela nous mène à une course mortifère au moins disant social, une guerre économique de tous contre tous.
 
Un modèle qui n’est même pas souhaitable

En outre, chose qui est un peu trop ignorée dans le grand dossier consacré à The Economist à l’Allemagne, on peut aussi contester la réussite de notre voisin d’outre-Rhin. Oui, il accumule les excédents commerciaux et son budget est à l’équilibre, mais on peut aussi considérer que ce ne sont pas les seuls critères pour jauger la réussite d’un modèle économique. Olivier Berruyer, dans son dernier livre, rappelle la triste réalité salariale du pays  : 40% des salariés qui touchent moins de 1000 euros par mois, pas de salaire minimum, une baisse de 15% et plus du pouvoir d’achat pour un tiers des salariés…
 
Et Berlin a sacrifié une composante essentielle de son identité, le fait d’être un pays de classes moyennes, où les ouvriers gagnaient bien leur vie et profitaient de la croissance du pays et des entreprises. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas, avec une prolétarisation d’une partie de la population, le recours à des immigrés payés au lance-pierre pour faire de la concurrence aux entreprises européennes, notamment dans l’agriculture, où l’Allemagne nous taille des croupières. Le taux de pauvreté, à 15%, est supérieur en Allemagne à ce qu’il est en France. Le salaire moyen a baissé de 2,5%.
 
Bref, la dialectique du modèle allemand, et la volonté de le suivre, sont extrêmement dangereuses. La logique qu’il y a derrière consiste à adopter une course sans fin à la baisse des coûts salariaux puisque l’on pourra toujours trouver moins cher à l’Est, ou même en Asie, voir en Afrique. Rentrer dans cette logique est l’assurance de ne pas vraiment sortir de la crise, pire encore, l’assurance de démonter progressivement beaucoup d’acquis de l’Etat-providence des Trente Glorieuses. Il est malheureux de ne pas voir cela alors que l’Asie nous montre les vertus d’un modèle protectionniste.
 
Il faut le répéter : même si l’Allemagne a des vertus, le modèle allemand n’en est pas un. Outre le fait de ne pas être réplicable à l’échelle de la zone euro (puisque les excédents des uns sont les déficits des autres), il n’est même pas souhaitable d’un point de vue social.
 


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Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (---.---.---.45) 26 juillet 2013 14:45
    Daniel Roux

    C’est celui qui tient la banque qui décide et grâce notamment à Sarkozy et ses 800 milliards de dettes, ce sont les allemands.

    La France a de nombreux problèmes, le premier est son élite haineuse du peuple et fascinée par les modèles exotiques. Avant c’était l’amérique, maintenant l’allemagne.

    Il fallait faire comme les autres, privatiser les services publics, baisser les impôts, déréglementer et se goinfrer de subventions.

    Les entrepreneurs français attendent tout de l’Etat. Ils se comportent comme des mendiants, vivent de l’assistanat et mordent la main qui les nourrit.

    Ils n’ont pas encore compris que le client est roi, qu’il est français et salariés de leur entreprise, c’est à dire ne recevant que la portion congrue de la richesse qu’il produit.

    Que les entrepreneurs proposent des produits de qualité, des salaires convenables et elle aura des acheteurs. Qu’elle délocalise et produise du bas de gamme et elle perdra ses clients.

    L’exportation n’est que la cerise sur le gâteau, pas le gâteau.

    On ne peut pas demander au gouvernement de se subsituer aux entreprises en ce qui concerne le marketing, l’innovation réelle, la fiabilité des produits. Que les entrepreneurs entreprennent au lieu de pleurer pour des subventions et que les financiers financent au lieu de spéculer sur le blé ou le pétrole.

  • Par mac (---.---.---.50) 26 juillet 2013 14:32

    Le seul modèle qui peut marcher chez nous est le modèle français que nous avons abandonné après le départ du générale de Gaulle et qu’on ne nous parle pas d’histoire ancienne ou d’une époque révolue. Ce modèle misait avant tout sur les avancées technologiques et la recherche dont certaines ne peuvent être insufflées que par le états. Quelle entreprise privée investira dans un projet de base lunaire, dans une mission sur Mars ou dans des recherches thérapeutiques dont de possibles retombées n’auraient lieu que dans une trentaine d’années ?

    En matière de modèle, les ultra-libéraux et leurs médias ont tout essayé, le modèle anglais, l’irlandais, l’espagnol et même le grec au moment de leurs jeux olympiques. Quand on n’a pas la mémoire d’une crevette, y a de quoi en rire ou en pleurer.
    Le modèle Allemand ne peut avoir grâce qu’aux yeux des descendants des patrons de Zola qui cherchent à payer leurs salariés 3, 5 euro de l’heure peut-être même à faire réapparaître le travail des enfants pendant qu’eux se dorent la pilule au soleil. Il n’est évidemment pas adaptable à l’Europe toute entière puisqu’il mise essentiellement sur des exportations... en Europe...
  • Par Démosthène (---.---.---.128) 26 juillet 2013 14:26

     
    Les faits sont têtus, n’en déplaise aux spartempaleurs de tous poils.
     
    Par quoi remplacer la traîtrise de Lisbonne ?
     
    Par une constitution Européenne sociale & fiscale unique, tout en fermant les frontières à tout transit de bien, flux financier et personnes.
     
    En pratiquant ce que ceux qui sont en train de piller l’eurogroupe font, à savoir du protectionnisme.

    En démettant la BCE de toute emprise sur la monnaie si elle refuse d’émettre directement à taux zéro les financements nécessaires aux institutions publiques.
     
    Tout le reste est de la merde destinée à occuper l’espace merdiacratique afin de détourner l’attention des plèbes.
     

  • Par Stof (---.---.---.76) 26 juillet 2013 21:51
    Stof

    Ce que certains théoricines de droite, pas toujours inspirés, semblent oublier c’est que pour qu’une économie fonctionne il faut que l’argent circule. Or, dans une optique permanente de déflation salariale (par la déolcalisation), on affaiblit le pouvoir d’achat de la classe moyenne et par la restriction des aides sociales, on fait plonger les plus fragiles dans la pauvreté.
    Or la pauvreté a des coûts directs (vols, épîdémies etc.) , et indirects (police, prison) plus élevés que les coûts sociaux pour les éviter. Du moins si l’on prend les coûts globaux pour la société et pas uniquement le budget de l’état.
    Mais si la classe moyenne est touchée alors sa consommation baisse, et donc le PIB du pays. Car ce qu’on ne dit jamais assez c’est qu’une des grandes forces de la France c’est sa grande classe moyenne, les faibles inégalités et sa capacité à lever l’impôt. Car tout ceci fait circuler la monnaie et permet une grande activité économique diversifiée.
    C’est sur ce substrat économique que peuvent se bâtir des fortunes industrielles. Sans une large classe moyenne, les entreprises ne trouvent pas l’environnement économique favorable à leur expansion.
    Contrairement à la théorie du ruissellement, sans classe moyenne, pas de riches. Si l’on creuse les inégalités, si l’économie réelle passe en récession/déflation, la finance internationale ne trouvera plus de revenus nulle part.
    Certes, une petite classe d’ultra riches pourra pendant un temps faire vivre l’industrie du luxe, mais les riches deviendront petit à petit moins riches et/ou moins nombreux.
    L’exil fiscal, le dumping salarial et social vont tuer les classes moyennes à terme, ainsi que toute l’économie qui en dépend directement (automobiles, électronique etc.), entrainant dans son sillage la faillite des grandes industries.
    C’est le flux monétaire et la vigueur des échanges qui créent la vraie richesse. Or de toute l’histoire économique moderne, ce flux n’a jamais était aussi contraint. On parle alors de « surproduction » alors qu’il s’agit en fait d’un grave manque de redistribution des richesses.

Réactions à cet article

  • Par Démosthène (---.---.---.128) 26 juillet 2013 14:26

     
    Les faits sont têtus, n’en déplaise aux spartempaleurs de tous poils.
     
    Par quoi remplacer la traîtrise de Lisbonne ?
     
    Par une constitution Européenne sociale & fiscale unique, tout en fermant les frontières à tout transit de bien, flux financier et personnes.
     
    En pratiquant ce que ceux qui sont en train de piller l’eurogroupe font, à savoir du protectionnisme.

    En démettant la BCE de toute emprise sur la monnaie si elle refuse d’émettre directement à taux zéro les financements nécessaires aux institutions publiques.
     
    Tout le reste est de la merde destinée à occuper l’espace merdiacratique afin de détourner l’attention des plèbes.
     

  • Par mac (---.---.---.50) 26 juillet 2013 14:32

    Le seul modèle qui peut marcher chez nous est le modèle français que nous avons abandonné après le départ du générale de Gaulle et qu’on ne nous parle pas d’histoire ancienne ou d’une époque révolue. Ce modèle misait avant tout sur les avancées technologiques et la recherche dont certaines ne peuvent être insufflées que par le états. Quelle entreprise privée investira dans un projet de base lunaire, dans une mission sur Mars ou dans des recherches thérapeutiques dont de possibles retombées n’auraient lieu que dans une trentaine d’années ?

    En matière de modèle, les ultra-libéraux et leurs médias ont tout essayé, le modèle anglais, l’irlandais, l’espagnol et même le grec au moment de leurs jeux olympiques. Quand on n’a pas la mémoire d’une crevette, y a de quoi en rire ou en pleurer.
    Le modèle Allemand ne peut avoir grâce qu’aux yeux des descendants des patrons de Zola qui cherchent à payer leurs salariés 3, 5 euro de l’heure peut-être même à faire réapparaître le travail des enfants pendant qu’eux se dorent la pilule au soleil. Il n’est évidemment pas adaptable à l’Europe toute entière puisqu’il mise essentiellement sur des exportations... en Europe...
    • Par Pilou Camomille (---.---.---.176) 29 juillet 2013 07:53
      Fifi Brind_acier

      mac,
      Et que diable voulez-vous aller faire sur la lune ? C’est encore Cheminade au pays de Tintin...
      ----------------------
      L’euro a un gros désavantage, il est sous évalué de 20 ou 30% pour les allemands, ce qui facilite leurs exportations.

      Et surévalué d’autant par rapport au dollar pour les entreprises françaises, ce qui plombe nos exportations.

      Avec tous les défauts que Debout la République trouve à l’ UE et à l’euro, on se demande bien pourquoi vous ne voulez pas en sortir ?

      Vous attendez que nous soyons dans la situation des Grecs ?

      Mr Pinsolle, vous avez lu le livre de Peyrefitte « C’était De Gaulle » ?
      Vous devriez, cela vous éviterait de vous prétendre Gaulliste.

  • Par escartefigue (---.---.---.173) 26 juillet 2013 14:32

    démomesdeux est le grand con d’ Agoravox tellement il est con .

  • Par mac (---.---.---.50) 26 juillet 2013 14:35

    Oups !

     
    Je voulais dire :

    Le seul modèle qui peut marcher chez nous est le modèle français que nous avons abandonné après le départ du général de Gaulle...
  • Par Daniel Roux (---.---.---.45) 26 juillet 2013 14:45
    Daniel Roux

    C’est celui qui tient la banque qui décide et grâce notamment à Sarkozy et ses 800 milliards de dettes, ce sont les allemands.

    La France a de nombreux problèmes, le premier est son élite haineuse du peuple et fascinée par les modèles exotiques. Avant c’était l’amérique, maintenant l’allemagne.

    Il fallait faire comme les autres, privatiser les services publics, baisser les impôts, déréglementer et se goinfrer de subventions.

    Les entrepreneurs français attendent tout de l’Etat. Ils se comportent comme des mendiants, vivent de l’assistanat et mordent la main qui les nourrit.

    Ils n’ont pas encore compris que le client est roi, qu’il est français et salariés de leur entreprise, c’est à dire ne recevant que la portion congrue de la richesse qu’il produit.

    Que les entrepreneurs proposent des produits de qualité, des salaires convenables et elle aura des acheteurs. Qu’elle délocalise et produise du bas de gamme et elle perdra ses clients.

    L’exportation n’est que la cerise sur le gâteau, pas le gâteau.

    On ne peut pas demander au gouvernement de se subsituer aux entreprises en ce qui concerne le marketing, l’innovation réelle, la fiabilité des produits. Que les entrepreneurs entreprennent au lieu de pleurer pour des subventions et que les financiers financent au lieu de spéculer sur le blé ou le pétrole.

  • Par plexus (---.---.---.246) 26 juillet 2013 19:31
    plexus

    C’est le grand jeu, en ce moment, il faut « démonter les fritz », les arguments les plus vaseux nous sont ressortis.
    Oui, la moyenne salariale est plus basse de l’autre côté de la frontière...
    Oui, nous allons y faire nos courses, parce que c’est 15 % moins cher......
    Et le gap va se creuser avec les prochaines hausses de TVA
    La différence, avec « les fritz », ce ne sont pas les exportations, que vous invoquez, c’est LE SERIEUX de ces gens-là.
    Il y a, en Allemagne, beaucoup mois de « rigolos », à commencer par un gouvernement plus efficace et moins onéreux que le nôtre.
    Faut pas être très sérieux, pour oser énoncer que ce pays se prolétarise, et s’appauvrit.
    C’est de la pure désinformation, c’est bien le mépris des français, brillants intellectuels, certes, pour des pays où l’on sait ce que TRAVAILLER veut dire.
    Pas sûr qu’on ait bien fait de gagner la guerre : à réalités économiques identiques, disparition du secteur primaire (mines, sidérurgie), mêmes aides du plan Marshall, eux roulent en mercèdés, et nous, en trottinettes à pédales.
    Maintenant, si vous voulez parler de la classe salariale en connaissance de cause, vous voudrez bien analyser les attitudes du DAB et du DGB depuis 1950 : nous en sommes restés aux grandes pancartes des années 60 : « Charlot...des sous !! »
    Ben oui, mais il n’y en a plus, on a croqué le pognon !!

    • Par foufouille (---.---.---.230) 26 juillet 2013 21:40
      foufouille

      va bosser en allemagne a la place des roumains. 3.45 brut pour ramasser les asperges
      ensuite tu fais hartzi

    • Par AlainV (---.---.---.252) 27 juillet 2013 20:47
      AlainV

      Plexus, vous comparez la classe aisée en Allemagne avec la classe pauvre en France. Ca ne tient pas la route.
      Ce sont les Alliés qui nous ont libérés du nazisme, et libéré les Allemands du nazisme.
      Vivez-vous en Allemagne ? Si c’était le cas, vous parleriez de ces nombreuses entreprises mal gérées, de ces administrations inefficaces, de ces banquiers condamnés en justice, de la triche dans le décompte des chomeurs, etc. Ce n’est pas mieux qu’en France.
      Le problème de l’Allemagne, c’est Schäuble et sa bande (banquiers entre autres) qui impose à l’europe une politique de défense des « épargnants », c’est-à-dire de l’immense classe des retraités aisés (tous les retraités ne le sont pas !) dont il veut protéger les économies, en insufflant des centaines de milliards d’euros aux banques en faillite, faillite due à la mauvaise gestion (achat de produits financiers toxiques).
      Et l’Allemagne qui vit aux crochets des autres européens à qui elle vend à crédit depuis plus de dix ans, impose son modèle à l’Europe, pour la sauvegarde de ses riches rentiers.

      Alors que la solution pour l’Europe, c’est l’annulation de la dette sur tout le continent (cf. le blog de Paul Jorion, celui de J. Sapir, etc.). Au détriment des plus riches qui sont les propriétaires de la dette. Après, les finances nationales seront assainies et on pourra arrêter de s’en prendre aux petites gens (baisse des retraites, des services publics, des remboursements de sécu, oui, en Allemagne aussi.) Même l’Allemagne criera Ouf ! Car la dette allemande, villes et régions comprises, est plus élevée que la dette française, ce qu’on ne dit pasd assez (cf. le site allemand de statistiques « destatis.de »). Et par la même occasion on y instaurera un SMIC à 8,80 euros de l’heure, comme l’a suggéré le patronat allemand soi-même (!)

    • Par titi (---.---.---.150) 28 juillet 2013 00:28

      « Au détriment des plus riches qui sont les propriétaires de la dette »

      C’est faux.

      La dette est possédée par des institutionnels : banques, mais aussi fonds de pension d’Amérique du Nord.
      Genre Caisse des Dépots du Québec : http://www.lacaisse.com/fr qui gère les retraites des fonctionnaires...

       

  • Par Stof (---.---.---.76) 26 juillet 2013 21:51
    Stof

    Ce que certains théoricines de droite, pas toujours inspirés, semblent oublier c’est que pour qu’une économie fonctionne il faut que l’argent circule. Or, dans une optique permanente de déflation salariale (par la déolcalisation), on affaiblit le pouvoir d’achat de la classe moyenne et par la restriction des aides sociales, on fait plonger les plus fragiles dans la pauvreté.
    Or la pauvreté a des coûts directs (vols, épîdémies etc.) , et indirects (police, prison) plus élevés que les coûts sociaux pour les éviter. Du moins si l’on prend les coûts globaux pour la société et pas uniquement le budget de l’état.
    Mais si la classe moyenne est touchée alors sa consommation baisse, et donc le PIB du pays. Car ce qu’on ne dit jamais assez c’est qu’une des grandes forces de la France c’est sa grande classe moyenne, les faibles inégalités et sa capacité à lever l’impôt. Car tout ceci fait circuler la monnaie et permet une grande activité économique diversifiée.
    C’est sur ce substrat économique que peuvent se bâtir des fortunes industrielles. Sans une large classe moyenne, les entreprises ne trouvent pas l’environnement économique favorable à leur expansion.
    Contrairement à la théorie du ruissellement, sans classe moyenne, pas de riches. Si l’on creuse les inégalités, si l’économie réelle passe en récession/déflation, la finance internationale ne trouvera plus de revenus nulle part.
    Certes, une petite classe d’ultra riches pourra pendant un temps faire vivre l’industrie du luxe, mais les riches deviendront petit à petit moins riches et/ou moins nombreux.
    L’exil fiscal, le dumping salarial et social vont tuer les classes moyennes à terme, ainsi que toute l’économie qui en dépend directement (automobiles, électronique etc.), entrainant dans son sillage la faillite des grandes industries.
    C’est le flux monétaire et la vigueur des échanges qui créent la vraie richesse. Or de toute l’histoire économique moderne, ce flux n’a jamais était aussi contraint. On parle alors de « surproduction » alors qu’il s’agit en fait d’un grave manque de redistribution des richesses.

  • Par zozoter (---.---.---.245) 27 juillet 2013 13:40

     « il n’est même pas souhaitable d’un point de vue social. »


    « Il n’est même pas souhaitable par les allemands, d’un point de vue tribal ».
    En effet, nos visions à tous, au moment de la construction de l’Europe était très différentes.
    En France, c’était l’Auberge Espagnole, logique pour un peuple Humaniste/Universaliste.
    En Allemagne, c’était une opportunité de détruire les autres Nations, logique puisque c’est un peuple profondément inégalitaire dans ces propres structures familiales. Le nazisme a éclôt dans ce pays et ce n’est pas la faute à pas de chance, l’inégalité est intrinsèque au peuple allemand. Sur les hommes comme sur les Peuples. Il faut bien vivre avec eux, alors prenons les armes qui nous sont nécessaires pour notre épanouissement, et çà commence par une monnaie souveraine.


    • Par AlainV (---.---.---.252) 27 juillet 2013 20:56
      AlainV

      zozoter, vous écrivez :
      "En Allemagne, c’était une opportunité de détruire les autres Nations, logique puisque c’est un peuple profondément inégalitaire dans ces propres structures familiales. Le nazisme a éclôt dans ce pays et ce n’est pas la faute à pas de chance, l’inégalité est intrinsèque au peuple allemand."
      Pouvez-vous démontrer ce que vous affirmez ?
      Les inégalités sont STATISTIQUEMENT plus faibles en Allemagne qu’en France. Les salaires horaires de 4 ou 5 euros sont un phénomène très récent, dû à un brutal développement du néolibéralisme et à la perte des valeurs qu’il entraîne. Jamais, à l’époque où la R.D.A. existait, on ne serait venu à une telle idée. Par crainte du socialisme réel et d’un soulèvement de la population ouest-allemande, bien entendu.

  • Par plexus (---.---.---.246) 27 juillet 2013 21:52
    plexus

    On peut ratiociner, interpréter plein de statistiques....
    Le PIB de la Sarre, un des länder les plus « pauvres » mise à part l’ancienne RDA, a un PIB de 40 % supérieur à nos régions Est.
    Je veux bien tout ce qu’on veut : tous les matins, il y a, au bas mot, 100 000 frontaliers qui vont bosser « de l’autre côté », certainement des pauvres types, incapables de voir qu’ils sont le nouveau prolétariat, et, comme dit l’un, pour 3 euros 50 de l’heure........à d’autres !!
    Il y en a, on les emmènerait à Sankt Pauli, ils reviendraient en titrant « Allemagne, pays de stupre et de dépravation.
    En passant, je signale que, chez nous, banquiers fraudeurs et patrons incapables touchent de superbes parachutes dorés, quand leurs malversations se révèlent, je n’ai pas entendu parler de ça chez les »fritz" .

    • Par mac (---.---.---.73) 28 juillet 2013 00:20

      @Plexus

      Le PIB de Paris et de l’Ile de France est l’un des plus élevés d’Europe et ça ne prouve rien...
      Un chose est certaine, il faut que les français arrêtent leurs complexes vis à vis des allemands sinon on ne s’en sortira pas...

    • Par titi (---.---.---.150) 28 juillet 2013 00:24

      Mais plexus vous le savez bien les Français ont toujours raison. Même quand ils ont tord.

      Ca fait déjà 2 ou 3 ans que sur AV on nous prédit l’effondrement du modèle Allemand.
      Comme d’ailleurs ca fait 6 ou 7 ans que sur AV on nous annonce l’imminence de l’invasion de l’Iran par le grand Satan.

      Mais tout cela ne se produit pas. Pourtant ca ferait du bien, ca réconforterait, ca prouverait au monde étonné de tant de clairvoyance, que les Français ont raison.

      Mais cela ne se produit pas.

    • Par foufouille (---.---.---.217) 28 juillet 2013 11:24
      foufouille

      « comme dit l’un, pour 3 euros 50 de l’heure........à d’autres !! »

      fait pas semblant de pas comprendre. ce sont des ROUMAIS car les polonais ne veulent plus venir pour ce prix. comme, il y a pas de smic, tu peut bosser pour 3.45€/h brut. de même, un chauffeur de bus retraité était 2.45 brut. il suffit de trouver le pigeon

      chez nous les espagnols du btp sont payés 5€/h

  • Par plexus (---.---.---.246) 28 juillet 2013 23:18
    plexus

    Mazette, 3 euros 50 de l’heure ?
    Alors, ce ne sont pas des bons.
    Ici, ils vivent bien, sans s’occuper de ça, et les aides sociales coûtent 6 millions d’euros par an à notre bonne ville.
    Je devrais me taire, vous allez nous les envoyer  !!

    • Par foufouille (---.---.---.39) 29 juillet 2013 09:59
      foufouille

      des bons quoi ? esclaves ?
      en roumanie le smic est proche de 150€, cela leur fait plus d’argent, une fois revenus chez eux.
      tu as songé a rouvrir certains camps pour y mettre tes esclaves ? avec des « douches »

  • Par plexus (---.---.---.246) 31 juillet 2013 00:46
    plexus

    Allons, allons, faut pas exagérer !!
    Des roumains, ici, il y en a, que je connais suffisamment pour avoir parlé de leur pays où, il n’y a pas si longtemps que ça, les carrioles étaient traînées par des chevaux, dans une économie essentiellement rurale.
    Ils (ou elles) m’ont dit aussi que ce n’était pas si mal que ça sous les ceaucescu, jusqu’au jour où celui-ci s’est mis en tête de rembourser les dettes du pays, même démarche que celle qui va nous tuer.
    Je note, en passant, que l’ordre des médecins, en abaissant le numerus clausus, alors que nous manquons de toubibs, permet justement à des toubibs roumains de s’établir ici.
    Faut pas non plus être excessif, je n’ai rien à voir avec les pommes de douche au xylon B.
    ça, c’était pour les ennemis de race et ceux qui ne pouvaient plus travailler
    Egyptiens, romains, turcs, ne tenaient pas non plus à tuer leurs esclaves, qui leur étaient bien utiles.
    Toujours les extrêmes, c’est pas tout noir, c’est pas tout blanc.
    Si vous êtes roumain, peut-être, vous savez que celui qui bosse et qui veut s’en sortir peut y arriver, volonté qui manque parfois à nos jeunes, même s’ils ont les dons pour.
    C’est évidemment plus dur pour des incapables, sous tous les cieux.

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