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Accueil du site > Actualités > Economie > Ce que le Big Mac dit de la monnaie unique

Ce que le Big Mac dit de la monnaie unique

Cela fait depuis 1986 que The Economist publie l’indice Big Mac qui indique la surévaluation ou la sous-évaluation des monnaies. Après avoir enrichi son analyse par une prise en compte du niveau de PIB, l’hebdomadaire vient enfin de publier l’indice pour les différents pays de la zone euro.

Une méthodologie sans cesse affinée
 
A l’origine, The Economist avait choisi le prix du Big Mac de Mac Donald’s car il s’agit d’un produit que l’on retrouve presque partout dans le monde. En outre, la large composition de son coût (matières premières agricoles, mais aussi salaires ou immobilier) donne une bonne indication sur le niveau des prix dans un pays. Ainsi, quand un Big Mac est moins cher dans un pays que dans un autre, on peut en déduire que le cours de la monnaie est théoriquement sous-évalué. Selon cette méthode, l’euro serait surévalué de 2% par rapport au dollar et le yen sous-évalué de 30% et le wuan de 43%.
 
En 2011, pour les 25 ans de la publication, partant du principe que le niveau des salaires était plus bas dans les pays en voie de développement et étant donné la forte corrélation entre le niveau des prix et le niveau du PIB, The Economist a ajouté un indice ajusté, qui donne une image un peu différente. Selon cet indice, l’euro serait surévalué de 10,5% par rapport au dollar. En revanche, le wuan ne serait plus que sous-évalué de 6% par rapport au dollar et le yen de 28%. Par rapport à son niveau de développement, le Brésil serait le pays le plus cher. Dans l’absolu, c’est la Norvège, de plus de 60% !
 
Sur son site, l’hebdomadaire met à disposition des graphiques interactifs et permet même de télécharger l’ensemble des données depuis 2000. Un geste particulièrement appréciable. L’innovation de ce milieu d’année vient de la publication des indices par pays de la zone euro (alors qu’il y avait avant un seul chiffre pour l’ensemble de la zone, qui recouvrait des situations très différentes). On constate en effet que si l’euro est surévalué de 15% en Finlande (pour les deux indices), il est en revanche sous-évalué de 27% en Grèce en valeur nominale et de 9% si l’on prend en compte le PIB du pays.
 
Une situation européenne explosive
 

La situation de la zone euro apparaît comme doublement explosive. Tout d’abord, l’euro reste légèrement surévalué par rapport au dollar. Mais surtout, la compétition avec l’Asie est complètement déloyale. En effet, non seulement le won coréen est sous-évalué de 25% (vs le dollar), le yen japonais de 30% et le wuan de 43%, mais ces trois pays n’hésitent pas à protéger leurs industries avec des barrières protectionnistes, quand nous laissons au contraire nos industriels à la merci de leur dumping commercial, s’ajoutant au dumping monétaire, permis par les profits du marché intérieur protégé.

 
Mais à cela s’ajoute une situation très complexe au sein de la zone euro. Alors que les coûts de production et les prix sont les mêmes aux Etats-Unis ou en Chine, les pays européens sont dans une situation extrêmement différente. Par rapport au dollar (sans prise en compte du niveau de PIB), on constate que la Finlande est le pays le plus cher (+15% par rapport aux Etats-Unis), suivi par la France (+10%), le Portugal (+9%), l’Italie (+6%), l’Allemagne (+3%), l’Espagne (-1%) et la Grèce (-27%). Il faut noter qu’il y a deux ans, l’Espagne était aussi chère que la France et la Grèce à peine moins.
 
En effet, privées de l’option de la dévaluation, l’Espagne et la Grèce ont considérablement agi pour baisser les salaires et ainsi retrouver de la compétitivité. Pour l’instant, cela provoque une monstrueuse saignée économique, un triplement du niveau du chômage, au-delà de 25% de la population, un effondrement du PIB, mais on peut constater que la brutalité de l’ajustement (le SMIC a été baissé de 22% en Grèce, et même 32% pour les jeunes) fait son effet. Cela pose néanmoins deux problèmes : la divergence au sein de la zone euro, et une probable course au moins disant social
 

Merci à The Economist pour cette contribution à la réflexion économique, qui démontre une nouvelle fois toutes les carences de cette monnaie unique, qui contribue à affaiblir et faire diverger les économies des pays qui la composent tout en provoquant une course mortifère à la compétitivité.


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5 réactions à cet article    


  • kergen 25 juillet 2013 08:56

    Laurent, faut être sérieux deux minutes.

    Il y a quelques jours, vous annoncez comme l’aboutissement extrême du néoliberalisme, le monde du foot pro. Ce qui est une double faute. Non, le foot, s’il est un des avatars du néoliberalisme, est loin d’en être l’aboutissement et la pire expression. L’extrêmité et la pente naturelle du néolibéralisme étant le totalitarisme.

    Il y a quelques jours, vous nous citez deux économistes US purs sucres pour critiquer....l’euro. C’était une blague ou quoi ?

    Et aujourd’hui, vous en appelez à « The économist » missel du néoliberalisme anglo-saxon dans son expression la plus caricaturalement propagandiste pour dire du mal de l’euro et de l’UE.

    Non Laurent, les adversaires de mes adversaires ne sont pas mes alliés.

    Utilisez des sources plus fiables SVP. Les vôtres ne sont pas recevables pour gaulliste.


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 25 juillet 2013 12:21

      Sauf pour cette année à Londres, ce sont des journalistes de The Economist qui assument le rôle de rapporteurs « officiels » des rencontres de Bilderberg. Voir, pour 2011 et 2012 à la fin des listes des participants :

      http://www.bilderbergmeetings.org/participants2012.html
      http://www.bilderbergmeetings.org/participants_2011.html

      Et c’est le think tank Bruegel, dont des responsables et anciens responsables participent souvent aux réunions de Bilderberg, qui a répercuté ce classement sur le Big Mac pour mettre en cause les salaires français.

      Pour rappel, nos articles :

      Pour un discours de Pascal Lamy à Bruegel, voir sur le site de l’OMC :

      http://www.wto.org/french/news_f/sppl_f/sppl219_f.htm

       

      Cordialement

      Le Collectif Indépendance des Chercheurs

      http://science21.blogs.courrierinternational.com/

      http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia


    • HELIOS HELIOS 25 juillet 2013 10:53

      ... ce que je retiens de cet article, qualifions le de « leger », c’est que l’Euro n’est pas surevalué (2% c’est rien).

      On nous rebats les oreilles avec un Euro trop cher, la realité est là, bien loin de ces messages.

      L’interet general de l’Europe, c’est d’avoir une monnaie forte.

      L’impact de la monnaie forte sur notre economie est largement positif. la majorités de nos echanges se font DANS la zone euro, donc sa valeur est neutre.
      Par contre, l’Europe qui est pauvre en matiere premiere, et qui n’apporte que de la valeur ajoutée dans ses produits, a largement interet a avoir une monnaie forte.

      Ceux qui ne comprennent pas cela, sont intoxiqués par des banques et autres economistes de pacotille, bien exposés par des medias aux ordres, soumis aux lobbies et aux multinationales, qui, eux (et elles) ont tout interet a gagner un max de fric en appauvrissant l’Europe.


      • tesla_droid84 25 juillet 2013 14:55

        Je ne suis pas d’accord avec l’intégralité de votre commentaire.


        On dirait que vous n’avez pas très bien compris l’intérêt de la monnaie et de sa valorisation.
        La monnaie est la en temps normal pour faire s’ajuster les balances commerciales. Ce que je dis est vérifiable, superposer la courbe de l’historique du tx de change €/$ et la courbe de la balance commerciale. Vous verrez qu’elle sont en miroir et décalé de 9 mois (temps d’ajustement, prix, commande, livraison). Pour faire simple quand l’€ était sous évalué 1€=0.85$, nous étions en excédent commercial. Pour 1€=1$ nous somme à l’équilibre et à 1€=1.3$ nous somme en déficit. C’est factuel est irréfutable.
        Pourquoi est ce un problème ? car personne en peut continuer a accumuler du déficit commercial indéfiniment, cela veut dire qu’un pays excédentaire travaille pour lui (sans être réglé).
        Cela a des conséquences énorme sur le chaumage, quand une voiture coréenne qui coute 20000$ arrive en France, elle est vendu 15500€ (change 1.3) par contre la voiture équivalente Francaise en France coute 20000€. Quel va etre le choix de la famille moyenne ???
        Et ça marche aussi dans l’autre sens, la voiture Francaise exporté en Corée coutera 26000$, que croyer vous que la famille Coréenne choisira ???
        Chaque pays DOIT avoir sa propre monnaie, adapté à sa compétitivité. Il n’y a pas de honte à etre moins compétitif que les Allemands, qui déja ne vendent pas les meme choses (leur produit sont bcp moins sensible au change car ils sont les seuls à les faire), qui ont sacrifié leur modèle sociale et ont plombé leur natalité.
        Une autre connerie en vue est l’€ du sud et du nord. Si nous nous retrouvons dans l€ du sud, ça serait super pour nous mais nous occuperions la même place que l’Allemagne vis a vis des grecs, des espagnols et des portugais... 
        Avoir une monnaie differente n’empeche en RIEN le business. Je bosse dans un groupe ou nos partenaires et clients (AIRBUS Ltd) sont anglais et cela ne pose aucun soucis.






      • HELIOS HELIOS 25 juillet 2013 17:45

        Je me suis longuement exprimé sur le sujet de l’Euro fort ainsi que de nombreux autres economistes.... qui tous sont favorables a garder une monnaie forte.

        votre argument sur la voiture est interressant... quand vous vendez une renault fabriquée totalement en France a des coreens, ou se trouve les couts a votre avis ? moins de 25% vont a la main d’oeuvre ce qui veut dire que le reste depends essentiellement de nos importations en matiere premiere et energie.
        Plus notre pays sera performant et efficace, plus la part de la main d’oeuvre sera faible... donc, vous comprennez bien que si nous voulons exporter, il faut imperativement que nous diminuions la charge liée a nos importations... c’est a dire en augmentant notre puissance d’achat grace a notre monnaie.

        L’avenir, a 7 milliards et avec les ressources de la planete qui diminue ne va faire que rencherir ce que nous avons pas en France et en Europe. Raison de plus pour pouvoir l’acheter au meilleur cout, ce qui facilitera nos exportations.

        Car en realité, si la France ne vends plus assez, ce n’est pas a cause des couts, c’est a cause de l’adaptation de ce que nous produisons envers les marchés susceptibles de nous acheter.

        Et dans ce domaine, je suis tres bien placé pour vous dire comment se passe notre faillite commerciale.
        - nous n’ecoutons pas les clients...
        - nous raisonnons en terme de cout de la main d’oeuvre elevé , alors que dans d’autres pays la main d’oeuvre est chere... pour une voiture cela se traduit par la « reparabilite » que nous ne savons plus faire... E France il est preferables de jeter un ensemble de composants dont un seul est cassé alors qu’ailleurs il est plus economique de changer le composant. Les vehicules français sont fait pour ne pas pouvoir etre reparés.// et cela se sait !!
        - nous vendons des solutions liées a nos modeles economiques qui ne sont pas repris ailleurs... toujours dans l’automobile il est impensable ailleurs de rester en panne pour une merdouille electronique... pensez au cout de la reparation et de l’image lorsque le vehicule tombe en panne alors qu’il n’y a qu’un concessionnaire a 400 km !
        Je n’ai jamais vu en 10 ans d’amerique du sud, une Hyundai ou une Kia tomber en panne immobilisée par une « detail » de confort on d’accessoire secondaire.. Les coreens se font un point d’honneur a ce que la voiture revienne au garage par ses propres moyens

        Mias l’objet même de votre argumentaire est discutable, car, nous ne sommes pas chez les marchands de tapis. Ce qui est produit a un prix et ce prix que ce soit par l’etiquette ou par la valeur de la monnaie ne doit pas etre bradé.
        Ce qui est produit en France ou dans la zone euro doit avoir la qualité et la valeur de la zone euro, pas celui de la chine. D’ailleurs, ce que la France vend le mieux, c’est ce que nous fabriquons de plus cher.

        Ne confondez pas valeur de la monnaie et commerce international.

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