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Accueil du site > Actualités > Economie > Ces méchants fonds d’investissement, la suite

Ces méchants fonds d’investissement, la suite

Un de mes premiers posts en mars 2006 était intitulé "Ces méchants fonds d’investissement". Il visait à démystifier ce monde du capital investissement auquel j’appartiens, qui est souvent méconnu ou confondu avec d’autres acteurs financiers (notamment avec ceux qui interviennent sur les marchés boursiers) et qui, j’en suis convaincu, a une grande utilité économique dans cette période de forte mutation de l’économie mondiale.

Depuis, notre chère Démagolène a expliqué en mai dernier aux socialistes du Pas-de-Calais que les fonds de pension se déplacent de pays en pays en broyant les individus (cf. Démagolène, pas si blairiste...), le collectif LBO (en fait anti-LBO), soutenu par la CGT et la LCR, a mené un certain nombre d’actions en fin d’année (cf. Le site de la LCR) et je suis tombé cette semaine sur un article de National Hebdo intitulé "L’économie mondiale menacée par les fonds d’investissement...". Le discours au sein de cet article (que je n’arrive pas à trouver sur le Web, les gens du Front n’ont visiblement pas encore la web touch !) est certes moins trotkyste que celui de nos amis socialo-communistes mais on y parle aussi de dégraissages massifs du personnel, revente rapide, cession des meilleurs actifs, délocalisation à haut rythme...

Ainsi, la France serait un pays majoritairement "anti-capital investissement" puisque, si l’on additionne les voix de la gauche socialiste, des communistes, de l’extrême gauche et du Front national, on doit se situer entre 50 et 60% de la population française supposés adhérer aux idées portées par les partis politiques ou candidats pour lesquels ils votent...

La surprise n’est pas grande de découvrir que, une fois de plus, des hommes et femmes politiques exploitent une forme d’ignorance de leurs électeurs et diabolisent les "grands méchants capitalistes" qui souvent sont "d’origine anglo-saxonne" (donc forcément cyniques et malveillants !). Mais, n’écrivant jamais sur les thèmes préférés du Front national - non pas que je sois d’accord avec ses thèses mais plutôt parce que n’ai aucune expertise en matière d’immigration ou de sécurité - je tenais à profiter de cette incursion du Front sur "mon" terrain préféré pour lui donner la réplique et faire savoir à mes lecteurs ce que pèse réellement le capital investissement dans l’économie française.

Avant de parler de menace sur l’économie mondiale (agitant ainsi indirectement le spectre de la mondialisation et des forces occultes et cosmopolites qui manigancent tout cela...), voyons quel est le poids économique du capital-investissement dans l’économie française. Ernst & Young a publié en fin d’année 2006 un rapport intéressant (cf. le communiqué de presse du 28 novembre 2006 ici) dont on peut tirer les enseignements suivants :

  • les entreprises ayant un fonds d’investissement à leur capital sont au nombre de 4850 (au 31 décembre 2005) et ont un effectif agrégé de plus de 1,5 million de salariés (soit plus que toutes les sociétés du Cac 40 réunies) soit plus de 9% des effectifs du secteur privé en France. Presqu’un salarié sur dix est concerné, et ce seuil a sûrement été dépassé en 2006.

  • Ces entreprises ont vu leur effectif augmenter en France de 4,1% soit 60 000 créations d’emplois nets sur l’année 2004 (alors que les sociétés du Cac 40 ont vu leur effectif baisser de 0,2%). Les éventuels dégraissages et délocalisations massifs sont largement compensés par les embauches...

  • Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises a cru en France de 6,9% en 2004 (à comparer avec une croissance du PIB de 3%) et le chiffre d’affaires à l’export de ces sociétés a, quant à lui, progressé de 8,5%. Mauvais ni pour notre croissance ni pour notre déficit commercial...

  • 55% des entreprises concernées comptent moins de 100 salariés et 92% moins de 1000. Confirmation que ce sont les PME qui générent de la croissance et des emplois (sachant que l’emploi privé n’a progressé en France que de 0,6% en 2004) et que celles qui sont bien capitalisées sont les plus contributives.
Si vous faites donc partie des presque 10% de salariés français qui travaillent pour une entreprise privée ayant à son capital un de ces "méchants" fonds d’investissement, vous pouvez en fait considérer cela comme une bonne nouvelle. En effet :
  • si vous travaillez pour une jeune société innovante, cela signifie qu’un acteur institutionnel du capital-risque a considéré que votre société avait l’opportunité de poursuivre une stratégie ambitieuse et qu’elle méritait d’être dotée des moyens financiers pour passer à l’étape suivante et, peut-être, devenir leader dans sa niche ou sur son marché géographique. Même si le succès est loin d’être garanti, avoir les moyens de ses ambitions, c’est mieux.

  • Si vous travaillez pour un acteur à forte croissance, cela signifie qu’un capital-développeur a estimé que le projet de croissance organique et/ou externe proposé par votre management était crédible, créateur de valeur et sans nul doute pérénisant pour votre société devenue un acteur qui compte dans son secteur. Bosser dans une entreprise qui gagne offre plus d’opportunités aux salariés que de survivre dans une boîte qui perd du terrain.

  • Si vous travaillez dans une entreprise plus mature qui a fait l’objet d’un LBO, la solidité du modèle et la prédictibilité des prévisions de votre entreprise ont été vérifiées plusieurs fois et très scrupuleusement par les fonds ayant pris le contrôle du capital de la société. Peu de chances que les événements tournent mal à court/moyen termes... Travailler pour une société solide correspond a priori aux attentes des salariés...

  • Si un fonds de retournement a financé un plan de sauvetage de tout ou partie de votre société, c’est qu’il pense que tout ou partie de cette société peut-être sauvé et pérénisé. Sans doute pas un contexte facile, mais une situation bien plus favorable qu’un règlement judiciaire suivi d’une liquidation faute de fonds propres et de moyens de financer l’activité courante. (On peut d’ailleurs ici regretter le faible nombre d’acteurs du turn around dans la galaxie des investisseurs en capital en France. Il y a pourtant potentiellement et malheureusement beaucoup d’opportunités. Peut-être que nos lois sociales et la culture anti-économique de nos syndicalistes y sont pour quelque chose...
Les esprits chagrins regretteront bien évidemment que ces fonds ne soient là que pour trois à sept ans et qu’à l’issue de cette période de détention, pour révéler une plus-value si possible significative, ils revendront la société ou leur participation à un acteur industriel ou à un autre fonds, ou favoriseront une introduction en Bourse de la société. C’est la règle du jeu et si vous pensez que trois à sept ans c’est court, peut-être faut-il vous acheter une montre qui tourne au même rythme que l’économie mondiale !

Ces mêmes râleurs vous décriront avec horreur l’exigence de résultats attendus par ces fonds d’investissements. Eh oui ! Comme un entraîneur de champions sportifs, les capitaux-investisseurs attendent de bonnes performances de leurs poulains. D’ailleurs, quel est le destin d’une entreprise qui sous-performe ? Le déclin, suivi à plus ou moins court terme de la faillite. Vous noterez en sus que cette exigence est souvent accompagnée de pratiques de gouvernance qui sont bien supérieures à celles des sociétés familiales ou des filiales non stratégiques des grands groupes, et parfois, voire souvent, meilleures que celles des sociétés cotées en Bourse.

Enfin ces dénigreurs invoqueront les risques "énormes" liés à l’endettement significatif, assumés par les entreprises sous LBO. Celui-ci est possible aujourd’hui car les taux d’intérêt sont bas et le cycle économique plutôt positif. Si le contexte venait à évoluer, les valorisations et/ou le nombre de transactions viendraient sans doute à baisser, et quelques cas trop aventureux (trop leveragés) ne tourneraient probablement pas très bien. Sur le premier impact, on verrait alors des articles disant "Les fonds d’investissement sont trop frileux et se refusent à booster l’économie" ! Sur le second impact, inéluctable car il y a rarement création de valeur sans prise de risque, je rappellerai simplement que les cas de surendettement financier des entreprises trouvent, en général, une solution opérationnelle (ce sont plutôt les actionnaires, voire les prêteurs, qui en pâtissent) et que France Telecom ou Vivendi n’avaient pas de fonds d’investissement en LBO à leur capital en 2002/2003 (et je ne parle pas d’Eurotunnel) !

En résumé, le poids économique du capital-investissement est dorénavant très significatif dans notre pays, et cela ne va pas baisser à court terme ; il est plus générateur de croissance et d’emplois que les fleurons de notre Cac 40, et la solidité des entreprises qui sont ainsi backées est très supérieure à celle de nos PME en général. Si National Hebdo appelle cela une "menace pour l’économie mondiale", nous ne devons pas avoir la même définition du mot menace...

 


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62 réactions à cet article    


  • Guilhem (---.---.91.97) 18 janvier 2007 12:07

    @ l’auteur

    Encore un article bien partisan, je suis étonné que la rédaction d’AV ne vous ai pas indiqué de le placer en tribune libre...

    Apparemment la chartre rédactionnelle n’est pas la même pour tout le monde.

    Je n’ai pas lu l’article concerné dans National Hebdo et je constate que vous mélangez allègrement le capital risque, les opérations de lbo, les fonds de pension et les hedge funds pour le spécialiste que vous êtes c’est décevant (à moins que ce ne soit volontaire).

    Je me limiterais pour ma part aux opérations de lbo et aux hedge funds, considérant le capital risque comme une bonne chose pas assez développer en France.

    Pour les opérations de LBO effectivement ce n’est pas bon pour la société (généralement PME) concerné pour la bonne et simple raison que puisqu’il faut que l’entreprise paye un crédit qu’elle n’a pas contracté mais qui a servi à l’acheter, il faut bien sabrer dans les investissement R&D.

    Pour l’investisseur ce n’est pas grave car comme vous l’avez expliqué c’est une opération de court terme. Mais pour la pme concernée cela hypothèque son avenir à cause du retard pris sur ses concurrents en particulier dans l’innovation qui fut souvent sa force avant le lbo.

    Concernant les hedges funds il mettent effectivement en danger le système financier mondial en faisant des opération de très court terme en utilisant tous les produits dérivés pour obtenir le meilleur effet levier.

    Résultat pour un dollar produit dans l’économie réelle plus de sept circulent dans le système financier, ajouter à ça que le siège de ces organismes sont de plus en plus placé dans des paradis fiscaux pratiquants une opacité bancaire à toute épreuve.

    Ceux-ci ne sont pas à l’abri d’un retournement de situation tel Amaranth dernièrement avec le gaz mais ce n’est pas le seul à avoir connu des pertes.

    Le souvenir de la faillite de Long Terme Capital Management (LTCM), en septembre 1998, est dans tous les esprits. Il n’avait perdu que 4 milliards de dollars. Record battu ! Cette faillite s’était traduite par la chute brutale des cours de la Bourse pour toutes les entreprises liées à Internet, en mars 2000, provoquant des suppressions massives d’emplois...

    Je vous rappelle juste que LTCM dirigé par un gourou de la fiance était à l’époque tellement apprécié à wall street que les plus grandes banques d’affaires lui avait confié une partie de leur capitaux propres.

    En gros les risques et les effets négatifs existent et les nier est de la pure mauvaise fois due probablement à un enfermement idéologique.

     smiley


    • JDCh JDCh 18 janvier 2007 12:31

      Guilhem

      mon article ne concerne pas les hedge funds et c’est volontaire car le monde du Private Equity (Capital-risque, développement, LBO et retournement) est homogène et très différent des acteurs qui agissent sur les marchés boursiers.

      Par ailleurs les chiffres fournis par E&Y semblent prouver que les opérations de LBO sont bien plus porteuses de croissance que la réputation que leur donnent les médias ou les observateurs avertis. Une autre statistique que j’ai souvent entendue est que l’effet de levier pèse pour moins de 50% du retour des fonds de LBO, la majorité est issu de la création de valeur intrinsèque (croissance et profitabilité) et des cycles économiques (arbitrage de multiples entre l’entrée et la sortie).

      Dernière remarque, ce n’est pas parce que je ne me référe pas à la pensée unique que je dois être casé en « tribune libre » !


    • Marsupilami Marsupilami 18 janvier 2007 12:50

      « Dernière remarque, ce n’est pas parce que je ne me référe pas à la pensée unique que je dois être casé en »tribune libre«  ! ».

      Hallucinant. Si j’ai bien compris, l’hypercapitalisme actionnarial mondialisé (que jdch défend avec talent et sans vergogne) n’aurait rien à voir avec une « pensée unique » ? J’en suis bouleversifié.


    • Rdlm (---.---.114.107) 18 janvier 2007 13:58

      Cette faillite s’était traduite par la chute brutale des cours de la Bourse pour toutes les entreprises liées à Internet, en mars 2000, provoquant des suppressions massives d’emplois...

      Avant de supprimer des emplois, la bulle avait permis d’en embaucher plein !


    • Rdlm (---.---.114.107) 18 janvier 2007 14:04

      ils revendront la société ou leur participation à un acteur industriel ou à un autre fonds, ou favoriseront une introduction en Bourse de la société.

      1) La revente doit aussi se faire parfois aux emplyés non ?

      2) Lors d’un introduction en bourse il y a toujours des actions à prix préférentiels réservés aux employés qui en profitent donc !


    • Stephane Klein (---.---.19.227) 18 janvier 2007 12:38

      Guilhem, c’est vous qui avez une lecture partisane. L’article conclue sur le fait qu’en globalite, l’action des Fonds d’investissements est plus benefique que negative et c’est bien le cas.

      Bien entendu, un mot de l’auteur sur l’affaire LBO ou sur d’autres raiders aurait permi d’equilibrer l’analyse.


      • troll (---.---.82.132) 18 janvier 2007 12:45

        je crois que n’avez pas encore assez lu sur le sujet...

        ce qui est reproche aux fonds de pension c’est pas leur investissement dans les entreprises, c’est leur maniere de privilegier les benefices a tres court terme... et la seule maniere de creer des benefices a tres court terme, c’est de licencier en general 10% de son effectif... smiley


        • erdal (---.---.242.88) 18 janvier 2007 13:00

          @JDCh

          Etant novice dans ce domaine, j’ai des questions :

          Est ce que les fonds « capital-investissements » sont bien répertoriés dans le monde de la finance ?

          Et est ce que cela pourrait être un baromètre de confiance sur l’économie d’un pays ?

          Si ces fonds sont bien connus, quels sont les pays qui en beneficie le plus ?

          salutation

          erdal


          • JDCh JDCh 18 janvier 2007 20:06

            Réponse à Erdal :

            - les fonds de Private Equity sont répertoriés et l’ensemble des transcations qu’ils font également.

            - les fonds de Private Equity hésitent encore à prendre des positions majoritaires en Chine ou à investir en Iran. On peut donc dire que leur taux d’allocation à une géographie correspond à un niveau de confiance dans la fiabilité d’un pays sur les aspects « business ».

            - il y a des fonds de toutes nationalités gérant l’argent provenant de nombreuses sources (fonds de pension, grandes entreprises, familles, banques, assureurs...). Les plus gros fonds qui font les plus grosses opérations sont clairement Américains. Le small-mid-market est beaucoup plus local et diversifié.


          • erdal (---.---.242.88) 20 janvier 2007 01:03

            Merci JDCh,

            cordialement

            erdal


          • Le Hérisson (---.---.121.162) 18 janvier 2007 13:07

            @ l’auteur

            votre article est à la fois partial et partiel. Les fonds de pension permettent d’avoir des bénéfices qui n’ont plus rien à voir avec les profits normaux du travail. Par conséquent, les salariés deviennent la « charge variable », d’où les problèmes, notamment, de délocalisation malgré les bénéfices des entreprises. Je vous conseille de mieux vous documenter sur le sujet et de ne pas faire appel aux extrêmes comme National Hebdo sur le sujet mais à des économistes sérieux.


            • monteno (---.---.179.94) 18 janvier 2007 23:27

              Pourquoi parles tu des fonds de pension ? JCH parle du Private equity, cela n’a pas grand chose à voir ! Les fonds de pension investissent plutôt en bourse sans prendre le contrôle des entreprises, et non pas directement ds des PME !


            • ZEN zen 18 janvier 2007 13:09

              Donc, nous sommes des « râleurs »et des « dénigreurs »...

              Donc certains économistes le sont aussi , comme Daniel Cohen, Fitoussi et bien d’autres, tous gauchistes, bien entendu. Un point de vue un peu plus nuancé (désolé pour le copier-collé, l’article n’est plus accessible gratuitement) :

              L’année 2006 a été marquée par l’irrésistible ascension des rachats d’entreprises financés à crédit (LBO). La France en est le deuxième champ de manoeuvre européen Le débat s’engage sur la répartition des plus-values des fonds d’investissement Article paru dans l’édition du 16.01.07

              "A l’occasion de ses voeux aux « forces vives » de la nation, Jacques Chirac a suggéré que les fonds d’investissement soient dans l’obligation de reverser aux salariés une part significative (par exemple 20 %) des plus-values réalisées à l’occasion d’une cession d’entreprise. Une proposition accueillie sans illusion. Pour autant, les propos du président de la République stigmatisent l’irrésistible montée en puissance de ces fonds dont le rôle a été révélé à l’opinion lors de la privatisation en 2005 de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) avec la prise de participation de Walter Butler, un énarque, dont la spécialité est d’investir dans la restructuration d’entreprise.

              D’un côté, il y a beaucoup d’argent à la recherche d’une rentabilité plus élevée que celle offerte par le financement de la dette publique. De l’autre, des entreprises mises en vente par des actionnaires soucieux de s’en séparer - et donc des dirigeants qui ont besoin de capitaux pour les acquérir -, soit des PME à la recherche d’argent pour se développer. Or les banques, circuit traditionnel, sont particulièrement frileuses en France (quoi qu’elles en disent) dans le financement des PME. D’où le développement de ces fonds d’investissement, à la tête desquels on trouve souvent d’anciens patrons ou cadres supérieurs, qui se servent de leurs parachutes dorés pour lancer leur affaire. Sans toutefois pouvoir rivaliser avec les géants anglo-saxons du business que sont KKR (6,9 milliards de dollars d’investissements en 2006 dans 12 opérations totalisant 104 milliards de dollars de valeur d’entreprise), Carlyle (47 milliards de dollars en gestion, et 46 fonds dédiés), Blackstone (28 milliards de dollars investis dans 1 000 entreprises pesant quelque 158 milliards de dollars), qui ont mis sur pied des « méga-fonds » dont la puissance inquiète.

              De plus, la mondialisation et ses outils permettent les montages les plus divers. Et l’on peut se demander si les nouveaux maîtres du capitalisme ne seront pas ces gérants de fonds, qui se donnent les moyens de prendre les commandes de leurs proies en dépistant les mercenaires les plus talentueux et les plus respectueux de leurs objectifs. En tout état de cause, les banques d’affaires aiment les fonds d’investissement. Freeman & Co (Conseil en stratégie financière et en fusions-acquisitions), estime que les commissions (« fees ») versées en 2006 par KKR s’élèvent à 837 millions de dollars.

              L’essentiel est de trouver la pépite. Grâce à la technique du LBO (leveraged buy-out) - qui permet de racheter à crédit une entreprise avec une mise de fonds initiale limitée -, cette dernière peut se transformer en caverne d’Ali Baba. Le montage ne nécessite qu’un financement de 30 % à 40 % du prix d’acquisition. Le reste étant de la dette, financée sur les résultats de l’entreprise ou au moment de la revente. D’où la nécessité de valoriser ou de transformer en profondeur l’entreprise. Le management, obsédé par les impératifs de profits rapides afin de rembourser les dettes d’acquisition en moins de cinq ans, est intéressé financièrement. Du coup, le risque est grand de privilégier le court terme plutôt que le long terme. Favoriser l’actionnaire en risquant d’oublier le client. Il est évident aussi que le climat social dans l’entreprise s’en ressentira profondément. Pas étonnant que fonds d’investissement et prédateurs soient souvent assimilés.

              La tentation d’appliquer la recette du contrôle de gestion assaisonné à la sauce restructuration peut faire des ravages. En 1981, un employé de Charles Jourdan, Robert Clergerie, crée son entreprise de chaussures de luxe, à Romans-sur-Isère (Drôme). Rapidement la maison se développe en ouvrant de nombreuses boutiques, aussi bien en France qu’à l’étranger (Tokyo, New York, Los Angeles, Madrid, Bruxelles, Londres...). En 1996, le fondateur cède le contrôle à une filiale de la Banque populaire, puis prend sa retraite. Mais au début des années 2000, la société connaît plusieurs années difficiles sur le plan financier. La chaussure, surtout quand elle est de luxe, exige passion et savoir-faire, difficilement compatibles avec l’obsession de la productivité. Robert Clergerie reprend les rênes de sa société en rachetant la quasi-totalité du capital début 2005. « Les investisseurs qui avaient pris le contrôle du groupe avaient financé cette acquisition par de la dette », et toutes les liquidités générées par la société passaient dans le remboursement, constate Jean-Louis Gony, président du directoire de Robert Clergerie. Un exemple parmi d’autres qui pointe les fragilités des mutations drastiques dans le management et la culture d’une entreprise.

              La mondialisation nous a habitués, depuis quelques années, aux offres publiques d’achat (OPA), aux fusions-acquisitions, aux rachats d’entreprises. L’actualité donne tous les jours quelques exemples de l’appétit de ces financiers boulimiques - les fonds d’investissement, mais aussi les fonds spéculatifs (hedge funds) - qui, aujourd’hui, font trembler jusqu’aux groupes cotés. C’est bien KKR qui a racheté PagesJaunes à France Télécom. C’est le hedge fund américain Atticus qui est le deuxième actionnaire de la Deutsche Börse avec 8,97 % des actions, derrière le fonds spéculatif britannique TCI.

              Des lunettes Afflelou aux PagesJaunes en passant par Europcar ou Skyrock... A l’image de ce qui se passe dans le reste du monde, l’année 2006 a été faste en France pour les fonds d’investissement qui ont désormais les moyens de s’offrir les plus grandes entreprises de la Bourse de Paris. A tel point que la France est, derrière le Royaume-Uni, mais loin devant l’Allemagne, le deuxième champ de manoeuvre européen de ces acteurs financiers.

              Le « private equity » a donc de l’avenir. Les besoins d’investissement sont immenses sur la planète, et l’offre trop rare. Ce qui peut amener certains fonds à surenchérir, et donc à payer trop cher, ou encore à s’organiser et s’entendre pour faire baisser les tickets d’entrée. Le département américain de la justice commence à douter et les fonds d’investissement ont monté une association de défense de leurs intérêts !"


              • (---.---.74.206) 18 janvier 2007 13:35

                pour la web touch de « nationnal hebdo » il y as une video sur agoravox TV .qui en parle .

                http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=16369

                un lecteur attentionné


                • erdal (---.---.242.88) 18 janvier 2007 13:48

                  @Zen

                  Merci pour l’article. Mais nous savons déjà que le plus gros est en position de force et créé à sa guise l’offre et la demande, mais la démarche du gros est de pouvoir exister dans le temps, et nous savons tous que la bulle a beau s’étendre vers l’infini, il n’en reste pas moins qu’elle a ses containtes « la loi de l’équilibre du système ».

                  cordialement

                  erdal


                  • Guilhem (---.---.91.97) 18 janvier 2007 14:30

                    @JDCh

                    Je vous invite à relire la chartre éditoriale d’AV.

                    Votre article est à sens unique pro Private Equity (c’est bon mangez en).

                    Laisser volontairement de coté les hedge funds pour taper sur ceux qui alertent sur les dangers de la sophistication financier et un parti pris qui montre bien le coté partisan de votre article.

                    Je fais un article montrer que le système financier actuel est génial mais surtout je ne parle pas des hedge funds qui pourtant sont ceux qui posent le plus de problèmes.  smiley

                    @Stephane Klein

                    J’ai effectivement une lecture partisane mais je ne suis pas rédacteur et dans le cas contraire mon article serait placé dans tribune libre.

                     smiley


                    • Aurelien Veron 18 janvier 2007 15:31

                      Si on élargit le débat aux nombreux acteurs des marchés financiers, et surtout à leur utilité trop souvent mal comprise (je le constate encore en lisant les commentaires) je me permets de vous indiquer ce texte : http://aurel.hautetfort.com/archive/2006/12/25/finance-internationale-2006-est-un-grand-cru.html


                      • Reinette (---.---.128.129) 18 janvier 2007 17:43

                        Alternative libérale :

                        le parti pris de la liberté ...d’ELIMINER, de DOMINER, de RECTIFIER, d’ECRASER L’AUTRE !


                      • (---.---.74.206) 18 janvier 2007 20:46

                        j’ai lu ton article sur le cce EDF !

                        c’est un article à charge , comme si tu chargais la proie de tous les maux .

                        et c’est pas malin .là encore tu ne rajoute pas de valeur .

                        parasite , semble le mot . ou aspirateur !!


                      • Guilhem (---.---.91.97) 18 janvier 2007 15:39

                        Sûr les gens objectifs d’Alternative Libérale vont nous expliquer le bienfaits des marché financiers actuels, que nous avons du mal à comprendre tellement nous sommes ignares.

                        Eux ils savent, ils vont nous expliquer smiley


                        • Guilhem (---.---.91.97) 18 janvier 2007 15:43

                          Je suis allé voir par acquis de conscience, d’explications point, par contre une belle simplification propagandiste....

                           smiley


                        • Jade Jade 18 janvier 2007 16:02

                          @ l’auteur : Encore une fois votre idéologie prenant comme argumentaire cette fois-ci les statistiques d’un cabinet comme Ernst & Young m’amusent plus qu’autre chose. Tout comme ces gens là vous vivez du haut de votre perchoir en ignorant les vraies réalités du monde réel..

                          « L’économie mondiale menacée par les fonds d’investissement... ». Le discours au sein de cet article (que je n’arrive pas à trouver sur le Web, les gens du Front n’ont visiblement pas encore la web touch !) est certes moins trotkyste que celui de nos amis socialo-communistes mais on y parle aussi de dégraissages massifs du personnel, revente rapide, cession des meilleurs actifs, délocalisation à haut rythme..."

                          C’est bien ce qui arrive dans la réalité justement, travaillant en tant que prestataire depuis plusieurs années dans une entreprise française (rachetée depuis par carlyle) je suis bien placé pour voir ce qu’un fond de pension amène de pire dans une entreprise française justement.. Cette entreprise a plusieurs usine partout en France et en Europe et depuis le rachat par carlyle c’est une bataille continuelle entre les dirigeants en place et carlyle qui ne veut qu’une chose c’est vendre rapidement tous les sites rentables pour encaisser sa plue value et aller voir ailleurs ! Pire.. certains sites ayant besoin d’investissements pour devenir rentable sous 4/5 ans sont délaissés et au lieu d’investissement ils ont préféré arrêter les machines et produire moins !

                          « Si vous faites donc partie des presque 10% de salariés français qui travaillent pour une entreprise privée ayant à son capital un de ces »méchants« fonds d’investissement, vous pouvez en fait considérer cela comme une bonne nouvelle »

                          Je me demande ou est la bonne nouvelle dans l’exemple que je viens de vous donner... je cherche encore la smiley

                          « La surprise n’est pas grande de découvrir que, une fois de plus, des hommes et femmes politiques exploitent une forme d’ignorance de leurs électeurs et diabolisent les »grands méchants capitalistes"

                          A ce degré la je n’oserai même plus associer ces fonds d’investissement au terme capitaliste... Le monde dépend de l’argent et c’est quelque chose pour moi qui est assez logique dans le sens où c’est bien plus facile de monayer un bien ou un service avec de l’argent plutot que le troc. La où ces gens (comme vous) s’éloignent énormément du vrai sens du terme capitaliste c’est quand vous en venez à sanctifier la monnaie virtuelle qui prend le pas sur la valeur travail.. Encore une fois je pense sérieusement que vous êtes totalement décallé du monde réel et je ne saurai trop vous conseiller de rapidement prendre pied en descendant de votre nuage et des manges graphiques que sont des boites comme Ernst & Young pour voir comment ça se passe sur le terrain

                          Bien à vous...


                          • ZEN zen 18 janvier 2007 16:32

                            @ Jade

                            Témoignage intéressant,parce que bien concret. Vous oubliez cependant que l’auteur a une solide expérience de « capital-risqueur »(sic !)depuis qu’il est passé par la Silicon Valley (re-sic !) smiley-voir sa présentation-


                          • Marsupilami Marsupilami 18 janvier 2007 16:40

                            Oui, avec le témoignage de Jade on est dans le réel. A propos des dégâts que causent les fonds de pension, voir ce Les patrons contre la finance.


                          • gem gem 18 janvier 2007 17:14

                            bien que je ne sois pas d’accord avec les commentaires plein de dénigratude (ou bien faut-il dire dénigration ?) qui précèdent, je rougis de honte en voyant l’argumentation de l’article.

                            Car au fond il dit quoi cet article ?

                            1) les fonds d’investissement, ça compte pas mal, environ 10% de l’économie. Dont acte, RAS. Ca fait toujours une info

                            2) les fonds d’investissement sont dans des entreprises plutôt mieux que les autres (en terme de croissance, embauche, etc.). OK, admettons, quoique je ne suis pas excessivement convaincu par les arguments présentés

                            3) donc c’est grace aux fonds d’investissements si les entreprises concernées sont mieux. Argl ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme Ergo propter hoc !

                            Il peut y avoir plein de raison pour lesquels les fonds d’investissements sont présents dans des entreprises plutôt mieux que les autres. Parce qu’ils aident, certes c’est une explication admissible, mais aussi parce qu’ils seraient opportunistes...

                            Démonstration non convaincante, donc. smiley


                            • monteno (---.---.179.94) 18 janvier 2007 23:36

                              @gem

                              Je crois que tu risques de confondre cause et conséquence ...

                              La proposition de l’article : « les entreprises ( 10%) qui ont un fond d’investissement pour actionnaire se développent mieux ( pour faire court) que les autres » ne veut pas dire que les fonds d’investissement sont responsables gèrent mieux les entreprise que les autres actionnaires... La proposition peut aussi vouloir dire que les fonds d’investissement sélectionnent tout simplement les 10% d’entreprises qui ont le plus fort potentiel....


                            • Reinette (---.---.128.129) 18 janvier 2007 17:42

                              Alternative libérale :

                              le parti pris de la liberté ...d’ELIMINER, de DOMINER, de RECTIFIER, d’ECRASER L’AUTRE !


                              • JDCh JDCh 18 janvier 2007 18:36

                                @tous

                                quelques remarques de vocabulaire et de fonds :

                                1/ Les Hedge Funds ne font pas partie du Private Equity et de l’étude fournie par E&Y. Ils interviennent sur des positions plutôt courtes (quelques jours, quelques mois) en Bourse, les acteurs du Private Equity ont en général une position longue (quelques années) dans des boîtes privées (non côtées en bourse). Il s’agit de 2 mondes très différents qui se retrouvent en concurrence dans des cas rares où un fonds de Private Equity prend une position majoritaire dans une société côtée pour la sortir de la bourse (cas de PagesJaunes par exemple).

                                2/ Vous parlez des fonds de pension comme s’ils agissaient directement sur le marché du Private Equity ce qui est faux. Ils allouent un certain pourcentage de leurs investissements à ce secteur (sans doute de l’ordre de 15%) mais ils font aussi beaucoup de côté, d’immobilier, d’obligations... La part Private Equity est gérée par délégation par des fonds d’investissement dont les fonds de pension sont souscripteurs mais ils ne sont pas seuls : on trouve comme souscripteurs des grandes entreprises, des banques, des assureurs-vie français, des family offices... Ce n’est pas parce que les fonds de pension gèrent la retraite des américains ou des anglais qu’ils sont plus nuisibles que les assureurs-vie Français ! Ce qui est sûr c’est qu’ils ont beaucoup plus d’argent à faire fructifier pour les futurs retraités...

                                3/ Un commentateur parle de raider... A ma connaissance, aucune opération de Private Equity n’a été hostile à ce jour. On ne peut pas faire d’offre hostile à une boîte privée non côtée et, dans les cas de société côtée, il y a toujours un cédant (majoritaire en général) qui veut vendre (cas de France Telecom et PagesJaunes). Donc encore une fois on se fait peur avec les mots.

                                4/ L’exemple du conflit avec Carlyle fait partie des cas difficiles où des fondateurs/actionnaires existants ont accepté l’entrée d’un fonds, ont signé un accord avec lui et ont ensuite divergé sur la stratégie. La punition dans ce cas là est pour tout le monde : je doute que Carlyle gagne le moindre argent sur une opération de ce type et l’objectif d’un fonds c’est d’en gagner !

                                5/ Un commentateur parle aussi de 10% de licenciements immédiats avec pourtant un net d’emplois créés de 4% (source E&Y). Il y a bien sûr des cas où une restructuration du business fait partie du plan des investisseurs mais les chiffres démontrent que le net est très positif.

                                6/ La France est le second marché du Private Equity en Europe après l’Angleterre. Elle accueille beaucoup de capitaux étrangers et ce malgré la mauvaise réputation du pays en raison de son droit du travail. Cela veut dire que plus de sociétés seraient « backées » par le Private Equity si cette réputation était meilleure... Une des raisons est que nous sommes dans une forme de rattrapage sur le monde anglo-saxon et que certains de nos grands groupes (côtés ou familiaux) avaient/ont besoin de vendre des actifs. Une autre est que nos bancassureurs ont été longtemps frileux sur ce secteur.

                                7/ Je suis assez d’accord pour dire que les mega-LBO sont une tendance nouvelle dont personne ne connait les conséquences. Ceci dit, celles-ci ne sont pas forcément plus mauvaises que des sociétés côtées en bourse qui se la joue à la ENRON aux dépens des petits actionnaires ou des salariés-actionnaires ! Il est normal que les autorités de marché (SEC, AMF) se pré-occupent de l’intervention de ces fonds sur des sociétés côtées mais cela représentent un nombre d’entreprises extrêmement limité par rapport au scope traditionnel du secteur (quelques unes pour mille).

                                Dernier point : si j’écris ce type d’article c’est pour rectifier des contre-vérités habituelles dans nos média. Peut-être suis-je un peu provocant ou partie prenante, je n’ai aucun problème à le concéder mais je m’efforce de décrire des faits pas des fantasmes.


                                • Jade Jade 19 janvier 2007 09:56

                                  « 4/ L’exemple du conflit avec Carlyle fait partie des cas difficiles où des fondateurs/actionnaires existants ont accepté l’entrée d’un fonds, ont signé un accord avec lui et ont ensuite divergé sur la stratégie. La punition dans ce cas là est pour tout le monde : je doute que Carlyle gagne le moindre argent sur une opération de ce type et l’objectif d’un fonds c’est d’en gagner ! »

                                  Pour avoir suivi l’affaire vue que je suis assez proche du directeur info lui même proche du pdg en place à l’époque je peux t’assurer que les fondateurs n’ont pas divergé de la stratégie en question.. Ils se sont simplement fait avoir par leur banque et carlyle qui leur ont ficelé un contrat bien étudié pour convertir les obligations en actions à la moindre défaillance.. La banque a tout bêtement gelé les fond de l’entreprise pour mieux l’amener dans les bras du Carlyle.. Or dans le milieu industriel 2001 n’a pas été bon bon et de la tout n’as été que bataille juridique jusqu’au licenciement du pdg ET fondateur de la société..

                                  D’après les dernière nouvelle il est question de vendre au plus vite à des australiens ou des anglais... quit à démanteler pièce par pièce ce groupe français monté par un français et je peux t’assurer que carlyle (qui détient en partie united defense à qui elle amène justement les capitaux qu’elle peut générer) ne va pas y perdre des plumes loin de la... D’ailleurs sais-tu que carlyle a aussi comme actionnaire un certain dénommé bush qui a fait des bénéfices non négligeables après les attentats de 2001 ? C’est beau un monde de capital « risqueur » car de risque je ne sais s’il reste vraiment le vrai terme au final tellement ils gagnent à chaque fois ces gens la smiley


                                • c.d.g. 18 janvier 2007 19:33

                                  Le probleme est que ces fond sont la pour faire des benefices à tres court terme. Qu il s agisse en endettant la societe et en la reconfigurant pour qu elle crache du dividende pour rembourser (pour l investissement, on verra plus tard)

                                  Pour les societes de capital risque, c est simple : j ai un portefeuille de 100 societes, j en veut une qui soit le prochain google. Donc strategie du risque (et gain) maximal pour toutes. Si 99 se plantent c est pas grave car une a gagne. Dans ce cas il faut savoir si la survivante a cree plus d emploi et de revenu (hors VP) que les 100 si elles auraient ete geree moins agressivement

                                  (cf l article d un new yorkais assez connu dans le domaine du logiciel et qui expliquepourquoi se societe n a pas de VP http://www.joelonsoftware.com/articles/VC.html)


                                  • JDCh JDCh 18 janvier 2007 20:14

                                    Les sociétés côtées en Bourse ont elles-aussi à présenter des bénéfices court terme et les sociétés non côtées et non financées par du capital investissement ont des difficultés à faire des investissements faute de fonds propres. Le compromis investissement pour la croissance moyen terme et profitabilité à court terme est le lot de toutes les entreprises...

                                    Pour le capital risque, votre vision est simpliste à souhait. Etre sûr qu’il y a une société sur laquelle on fait 100 fois la mise ne garantirait qu’un retour de 1 pour 1 et n’est absolument pas garanti. Quand un investisseur investit dans une société, il pense, au moment de son investissement, qu’il va faire entre 3 et 10x sa mise et le futur fait que sa thèse d’investissement se réalise dans moins de 20% des cas, dans 30% des cas il récupère environ sa mise, dans 30% la société survit mais il récupère moins que sa mise et dans 20% la boîte va au tapis et il perd tout. Executer un succès dans le monde de l’innovation est très difficile !


                                  • c.d.g. 20 janvier 2007 17:27

                                    L argument du portefeuille de 100 societes et d en avoir qu une qui explose n est pas de moi mais d un site US de créateur de sociétés qui expliquait un peu comment fonctionnait les VP (sur le lien que je vous ai donné il y a une explication aussi des effet negatifs des VP comme le fait de vouloir un retour sur investissement rapide (« A small company growing at a natural pace has a reasonable chance of keeping these things in balance. But VCs don’t like the flat part of the curve at the beginning, because they need an exit strategy in which the hockey-stick part of the curve occurs before their fund needs to cash out, about six years according to VC Joi Ito »)

                                    De plus, ca ne fait pas un rapport de 1 pour 1 dans ce cas. J ose esperer que par exemple ceux qui ont ete au tour de table de google ont fait mieux que 100 fois leur mise lors de l IPO

                                    Ayant personnellement travaillé pour une sociéte type « start up » finance par du capital risque (en l occurence la société generale (ils ont des fonds pour ca)), j ai pas trouve qu ils etaient particulierement performant :
                                    - la societe a finit par couler (mais ca c etait normal vu la gestion de la boite)
                                    - l argent que la SG investissait n etait en fait pas le sien mais ceux de ses clients (via des FCPI, lesquels etaient surement plus interesse par l avantage fiscal, un peu comme le De Robien dans l immobilier)
                                    - ils avaient a mon avis aucune connaissance technique qui leur permettait de juger le dossier, et donc de comprendre les problemes ou de detecter l incompetence de certaines personnes dans le management de la dite start up


                                  • Gami (---.---.24.231) 18 janvier 2007 19:55

                                    Comme J-D.Ch, j’ai vécu à l’étranger quelques années. A mon retour, j’ai eu l’impression d’entrer dans Laudanum : un petit village encerclé par les Romains. Ils sont beaucoup plus forts que nous, mais nous sommes tellement plus intelligents ! Le malheur pour nous est que la France, dans l’Europe est parfaitement ouverte à l’étranger sur les plans commerciaux et financiers. Ainsi donc les murs de Laudanum sont largement ouverts aux Romains et aussi aux fonds d’investissement étrangers. Autre malheur pour nous : les Gaulois de Laudanum n’aiment pas l’entreprise (profits, vue à court terme, exploitation de l’homme par l’homme, broyage d’individus...), mais dans d’autres pays comme l’Allemagne, les USA, le Royaume Uni (bref : les Romains) ON AIME L’ENTREPRISE ! Et donc les Romains vont s’en donner à coeur joie : entrer dans Laudanum et mettre leur argent dans les meilleures entreprises, celles qui ont le plus de potentiel, celles QU’ILS AIMENT LE PLUS. Enfin dernier détail : d’où vient l’argent des fonds d’investissement ? Il vient essentiellement des pays qui ont des retraites à capitalisation (baaahhh) et qui dès lors disposent de liquidités leur permettant d’acheter 200 fois le village de Laudanum s’ils le veulent. Heureusement ou malheureusement les Gaulois disposent d’un système de retraite à répartition, auquel ils sont très attachés. Les cotisations retraite recueillie l’année N sont réparties la même année sur les retraités. Outre le fait que ce système tombe en faillite totale avec le baby boom, il nous place en situation d’infériorité vis-à-vis des Romains qui eux (telle la fourmi) épargnent les montants de cotisation retraite plutôt que les dilapider dans l’année (comme le fait la cigale). Mais comme nous sommes les plus intelligents, nous sommes fiers de notre système social. Thierry Breton a eu le malheur de dire que c’était un bon système mais qu’il était financé à crédit, mais heureusement Jacques Chirac a aussitôt rectifié en défendant le système. Je suis moi-même revenu à Laudanum et en suis ravi. Je travaille pour les fonds d’investissement, et avoue ne pas faire de distinction entre ceux d’origine française et les autres, étrangers. Ce qui me plaît chez tous ces gens-là, Français ou étranger, c’est qu’ILS AIMENT L’ENTREPRISE et ils ont plaisir à les acheter, les développer et les vendre plus cher, avec le sentiment d’avoir servi la société et en plus d’avoir gagné de l’argent (baaahhh), tout en aidant les retraités qui disposent de retraites à capitalisation. Finalement j’ose espérer que les Gaulois, qui sont bien plus intelligents que les Romains, en viendront un jour à encourager,
                                    - les entreprises françaises,
                                    - et les fonds d’investissement qui ont le courage de prendre des risques en leur apportant des capitaux, et qui mettent toute leur compétence à leur service.


                                    • mathieu (---.---.188.187) 18 janvier 2007 20:50

                                      je vois que Monsieur ce prend pour un grand intelligent. Parcontre tu ne pense pas au moyen terme n’y meme au long terme, sachant que pour les monsieurs aussi intelligents et fiere de l’etre, le long terme correspond a Une Année. Le Gaulois te prend de vitesse cher ami Romain qui comme dans la serie a un Ego Demesuré et qui tombe dans son propre piege aussi Futile possible. Bien a toi


                                    • Jade Jade 19 janvier 2007 09:34

                                      « A mon retour, j’ai eu l’impression d’entrer dans Laudanum : un petit village encerclé par les Romains. Ils sont beaucoup plus forts que nous, mais nous sommes tellement plus intelligents ! Le malheur pour nous est que la France, dans l’Europe est parfaitement ouverte à l’étranger sur les plans commerciaux et financiers. Ainsi donc les murs de Laudanum sont largement ouverts aux Romains et aussi aux fonds d’investissement étrangers. »

                                      Comme disait un certain Nabot 1er du nom « si tu n’aimes pas la France quittes la »... je ne saurai que te donner le même conseil si tu n’aimes pas notre pays

                                      « Et donc les Romains vont s’en donner à coeur joie : entrer dans Laudanum et mettre leur argent dans les meilleures entreprises, celles qui ont le plus de potentiel, celles QU’ILS AIMENT LE PLUS »

                                      Justement, on nous assome avec le fait qu’on a trop d’impot et gnagnagna et que les investisseurs ne veulent plus investir de capitaux en France et justement on remarque qu’au contraire les fonds d’investissement américains ne cessent de venir placer ici (60% des capitaux du cac40 détenu par des fonds étrangers) alors qu’on arrête de nous prendre pour des jambons..

                                      La seule chose que je ne saurai répéter trop souvent c’est que le système spéculatif trouvera ses limites comme en 1929, 2000 et 2001 (le cac40 a dépassé les 5500 pts dernièrement, au dessus du niveau de 2000 et sa bulle internet (sic).. no comment).. l’argent qui produit de l’argent ne peut être un système viable à long terme mais ça tous ces petits mageurs de graphique ont du mal à se le mettre dans la tête..


                                    • Plus robert que Redford (---.---.168.12) 18 janvier 2007 21:50

                                      L’option a été faite chez nous, il y a nombre d’années déjà, d’un système de retraites par répartition. C’est comme ça, et à moins de le faire voler en éclats d’un seul coup, nous sommes contraints de vivre avec.

                                      Il semblerait logique que ce système reste effectivement fermé, puisque en s’ouvrant aux fonds de pensions qui sont le bras armé du financement des retraites anglo saxonnes, nos entreprises paient deux fois : une fois pour leurs employés et une seconde pour ceux de ces chers AIMANTS DES ENTREPRISES qui viennent ici chercher le pognon nécéssaire à leurs vieux ! Notre système étant vis a vis de la concurrence, en compétition avec ces économies de fonds de pension, une solution est donc, pour rester dans la course, de faire financer les retraites (et d’autres choses) par l’emprunt ! Bombe à retardement que les baby boumeurs (dont je suis) laissent gentiment sous les fesses de leurs enfants et petits enfants...

                                      je sais bien que les concepts d’ARGENT et de MORALE sont antinomiques, mais il y a bien quelque chose de pourri, et pas seulement au royaume du Dannemark...


                                      • Jade Jade 19 janvier 2007 10:24

                                        @ Plus robert que Redford : « nos entreprises paient deux fois : une fois pour leurs employés et une seconde pour ceux de ces chers AIMANTS DES ENTREPRISES »

                                        Et puis ce qui est génial avec ces fonds de pension américain c’est qu’on paye la retraite des ricains qui ne sont pas capable de se faire un système de répartition à eux smiley


                                      • Forest Ent Forest Ent 18 janvier 2007 22:06

                                        Je trouve que c’est un très bon article, car il amène à se poser de bonnes questions. Bien sûr, c’est un point de vue, mais nous présentons tous les infos qui nous intéressent. Il ne démontre pas que « le fond est bon », mais engage à démontrer qu’il est mauvais, ce qui est sain, et je dois dire que l’exercice m’a interpellé.

                                        Tout d’abord, quelques remarques de détail.

                                        « Ces entreprises ont vu leur effectif augmenter de 4,1%. Le chiffre d’affaires a cru de 6,9% et le chiffre d’affaires à l’export a progressé de 8,5%. »

                                        Corrélation n’est pas causalité. Est-ce l’actionnariat qui a fait la performance ou bien les fonds qui choisissent bien leur cible ? Remarque encore plus de détail : la source citée manque singulièrement de crédibilité. Qui a payé l’étude ?

                                        « Ce sont les PME qui générent de la croissance et des emplois. »

                                        Ca, c’est une vieille antienne qui m’a toujours laissé sceptique. Quand une grosse boîte externalise, l’emploi augmente dans les PME et diminue dans les grosses boîtes. Il n’y a pas d’indicateur possible de la variation à périmètre constant, et le tissu de PME est en grande partie composé de sous-traitants de grosses boîtes.

                                        « Si vous faites donc partie des presque 10% de salariés français qui travaillent pour une entreprise privée ayant à son capital un de ces »méchants« fonds d’investissement, vous pouvez en fait considérer cela comme une bonne nouvelle. En effet ... »

                                        La suite de cette phrase paraphrase de plusieurs manières le fait que si quelqu’un achète une boîte, c’est qu’elle vaut quelque chose. Cela ne discrimine pas les acheteurs entre eux.

                                        Bon alors maintenant pourquoi se méfier des fonds ? En fait, pourquoi préférer un actionnaire à un autre et quel serait l’actionnaire idéal ? Vous avancez quelques arguments traditionnels : " - ces fonds ne soient là que pour trois à sept ans
                                        - l’exigence de résultats attendus
                                        - les risques « énormes » liés à l’endettement significatif, assumés par les entreprises sous LBO"

                                        Ces arguments sont vrais, et vous ne les réfutez que partiellement.

                                        - l’exigence de résultats attendus :

                                        « quel est le destin d’une entreprise qui sous-performe ? Le déclin, suivi à plus ou moins court terme de la faillite. »

                                        Bof. Quel est le destin d’une entreprise qui rapporte 3% de manière sûre et continue ? Une vie peinarde. Quel est le destin de la même rachetée en LBO à 6% ? Je peux vous le dire car je l’ai vécu : délocalisations maximales et arrêt de tous les investissements. Il est souvent plus rentable de traire la vache et de la laisser crever que de la laisser vivre sa vie.

                                        « cette exigence est souvent accompagnée de pratiques de gouvernance qui sont bien supérieures à celles des sociétés familiales ou des filiales non stratégiques des grands groupes, et parfois, voire souvent, meilleures que celles des sociétés cotées en Bourse. »

                                        Pour la même raison, je serais curieux d’en avoir la démonstration. Cela dit, j’admets volontiers que l’avantage est que les fonds spéculatifs s’impliquent plus dans la gestion des entreprises que les banques et fonds de pension. Pour le meilleur et le pire. Mais à mon avis, il n’y a pas plus ou moins de bonnes pratiques. Tiens, à ce propos, il y a une procès de type « antitrust » qui vient de débuter aux US contre tous les grands fonds, en particulier KKR et Carlyle, au sujet entre autres de HCA.

                                        - l’endettement significatif, assumés par les entreprises sous LBO

                                        « quelques cas trop aventureux (trop leveragés) ne tourneraient probablement pas très bien. ... les cas de surendettement financier des entreprises trouvent, en général, une solution opérationnelle : ce sont plutôt les actionnaires, voire les prêteurs, qui en pâtissent »

                                        C’est sans doute le point de vue de l’actionnaire, pas toujours celui des employés. Le LBO, et d’une manière générale la gestion dynamique de la trésorerie, conduit par nature à sous-capitaliser les entreprises, tout au moins à réduire au maximum leurs fonds propres, ce qui les rend plus vulnérables aux chocs immanquables. Les actionnaires qui jouent leur propres sous sont en général plus prudents. Vous allez me dire que cela ne concerne pas l’activité, mais le financement. Voire. Ces contextes de chocs sont en général systémiques, et l’activité elle-même souffre souvent de se trouver à vendre dans un contexte négatif, où l’on recentre ses capacités. Ces cas sont rares ? C’est très bien pour le gros investisseur qui mutualise les risques de perte sur plusieurs paniers. Ca fait une belle jambe à l’employé qui « fait sa carrière » quelque part et aurait préféré une gestion plus prudentielle.

                                        En plus de cela, je vois plusieurs autres raisons pour ne pas aimer les fonds.

                                        La première est le manque de transparence. D’une certaine manière, le « private equity » est un relais pour un actionnariat partagé d’une société, sans les contraintes de la cotation : pas besoin de publier de comptes ni autres obligations légales.

                                        La seconde est une autre vision du mandat de gestion, et je pense que c’est sur celle-là que beaucoup de lecteurs pourraient se retrouver. Au fond, une entreprise ne sert-elle qu’à gagner du fric le plus vite possible ? N’a t elle pas un rôle social. A quoi sert aux français que AXA gagne plein de sous si c’est pour transférer l’emploi au Maroc ? Dans une pure logique d’actionnariat, c’est pourtant évident. Vous allez me dire que c’est à l’Etat de préciser les conditions générales d’exercice de l’activité économique, mais vous plaidez dans le même temps et dans d’autres articles pour une plus grande facilité à ce genre d’exercice au nom de la « compétitivité ». Vous allez me dire que ça n’a rien à voir avec les fonds ? Ils sont l’essence ultime de l’actionnariat anonyme et mû par la seule rentabilité.

                                        La troisième est plus philosophique et de nature géopolitique. Qui investit et pourquoi faire ? Quand la Chine a voulu racheter quelques entreprises pétrolières US, l’état s’y est opposé. A votre avis, pourquoi ? Pourquoi devrions-nous réagir différemment quand le fonds canadien PowerCorp, déjà avec Parjointco premier actionnaire de Suez et Total, se propose de mettre la main sur GDF ? Sans revenir sur le cas de Carlyle qui a suffisamment défrayé la chronique, saviez-vous que l’actuel ministre de la défense, Mr Gates, avait, après avoir dirigé la CIA, dirigé l’activité private equity de Fidelity ? Pour quelles compétences l’avait t on embauché ?

                                        Bon, je pourrais disserter encore un moment là-dessus, mais c’est déjà bien long. En tout cas, merci beaucoup de cette occasion intéressante de confronter nos points de vue. Je tiens quand même à préciser que je ne réponds pas au nom du FN dont je ne suis ni adhérent ni sympathisant. Je fais partie d’une catégorie politique qui est peut-être majoritaire, mais représentée nulle part, celle des gens modérés qui s’opposent au fonctionnement actuel du capitalisme qu’ils trouvent peu modéré.


                                        • AMBACTE (---.---.52.253) 19 janvier 2007 10:10

                                          Je commencerai par une question. Le risque à la corrida est pour le taureau ou pour le matador,à la chasse pour le lion ou le chasseur ? Les chiffres que vous donnez sont justement la base de la condamnation des capital « risquant rien » En effet ils choisissent des entreprises en très bonne santé sur des marchés en croissance ou à concentrer et générant énormément de cash !Et ce afin de payer l’emprunt destiné à racheter l’entreprise à crédit . On rajoute un peu de mezzanine,on rationalise la gestion,on fait un peu ou beaucoup de croissance externe en rachetant un ou plusieurs concurrent et on revend de 3 à 5 ans aprés aprés un T. R. I. de 35 % . (Taux de retour sur investissement) En clair 7 à 13 fois le capital investi ! Même aux temps des débuts de l’industrialisation,au Far-West on avait jamais vu celà ! Création réelles d’emplois à part chez les fonds 0 .ce ne sont que des agregats d’entreprises efféctués par rachat ou fusion Création de valeur 0 En revanche allez présentez un dossier d’investissement de 10 000 à 1 millions d’euros pour une PMI innovante chez ces messieurs de l’Afic si bien représenté par Monsieur Patrick Sayer dont les propos dans le Monde du 16 janvier ont le mérite de la franchise ; En cas de participation des salariés à la plus-values d’une société « ou les salariés ne sont guère nombreux,ils seraient quelques-uns seulement à se partager le pactole » ! Et oui Marie -Antoinette n’est pas morte ! Ce qui est bon pour les dirigeants de fonds ne l’est pas pour les salariés qui font la richesse de l’entreprise ! Alors de grâce,un peu de décence,gagner des fortunes en peu de temps c’est le but de beaucoup,mais se faire l’abbé Pierre alors qu’on n’est qu’ un vulgaire financier ne recherchant que le profit maximum à court terme,au mépris souvent des logiques industrieles et commerciales ,contre l’interet du Peuple et de la Nation c’est ajouter le mépris à la prédation


                                          • Marsupilami Marsupilami 19 janvier 2007 10:13

                                            Sur ce sujet lire le bon dossier Des fonds d’investissement qui inquiètent dans Libération d’aujourd’hui.

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