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Accueil du site > Actualités > Economie > CFDT : A la recherche du paritarisme perdu

CFDT : A la recherche du paritarisme perdu

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a jugé jeudi que "le gouvernement a bâclé la réforme" des retraites et "doit revoir ses propositions", déplorant que "M. Bertrand n’ait pas fait grand chose" sur une longue "liste" de sujets.

Que déclarait le même CHEREQUE sur la participation de la CFDT aux manifestations de jeudi ?

"Si nous manifestons, c’est parce que nous voulons que le gouvernement change ses propositions et ce complément de réforme", a expliqué sur RTL François Chérèque, qui a "fait la liste des sujets pas abordés par la réforme du gouvernement".

Attention : la CFDT menace ... sans grand succès toutefois, puisque le Premier ministre a évoqué mardi devant les députés UMP la possibilité d’une réforme par la voie "réglementaire" et non législative comme en 2003. Mais cela nécessite de se mettre "d’accord avec les partenaires sociaux dans la poursuite de la réforme de 2003", a-t-il précisé.

"La loi de 2003 prévoit le passage à une durée de cotisation de 41 annuités progressivement d’ici à 2012, sauf si les conditions démographiques ou économiques sont profondément modifiées, ce qui n’est pas le cas" indique-t-il. "Donc, la loi s’appliquera". Sources : Latribune.fr

Petit retour en arrière :

La loi Fillon du 21 août 2003 réforme les plus importants régimes de retraites : régime général, régimes des fonctions publiques, régimes des non salariés. S’ajoutent les dispositions relatives à l’épargne retraite et aux institutions de gestion de retraite supplémentaire. La loi Fillon ne modifie pas les pensions liquidées. Par contre, elle s’applique de manière progressive aux futurs retraités.

En 2003, La CFDT a approuvé la réforme des retraites.

© CFDT (communiqué de presse mis en ligne le 20 novembre 2003) - Le Bureau national de la CFDT, réuni jeudi 20 novembre 2003, a décidé à l’unanimité de signer l’accord sur les retraites complémentaires. La CFDT se félicite que cet accord rende effectifs les acquis de la réforme du régime de base, engagée en mai dernier :


- le droit à la retraite à 60 ans est enfin pérennisé ;

- 500 000 salariés ayant commencé à travailler à 14, 15 et 16 ans vont pouvoir partir à la retraite avant 60 ans, d’ici 2008. C’est la plus grande avancée sociale dans notre pays depuis la RTT ;

- ces 500 000 départs précoces à la retraite représentent une mesure majeure pour des dizaines de milliers de salariés qui vont trouver un emploi ;

- enfin, l’accord garantit le pouvoir d’achat des retraites puisque celles-ci évolueront au minimum comme les prix.

La CFDT rappelle avec force au gouvernement qu’il doit tenir les engagements pris concernant les fonctionnaires. La CFDT exige que les contreparties qu’elle a obtenues pour les fonctions publiques soient mises en œuvre très rapidement. La première mesure à prendre est de permettre aux fonctionnaires qui ont commencé à travailler très jeunes de partir à la retraite avant 60 ans, dans les mêmes conditions que dans le privé

Depuis quelques jours, François CHEREQUE ne cesse de dire qu’on l’a trompé puisque l’allongement de la durée de cotisation était lié à l’état de l’emploi des seniors.

Or en 2005, quel accord sur l’emploi des seniors la CFDT a t-elle signé ?

"Emploi des seniors - L’accord national interprofessionnel relatif à l’emploi des seniors, finalisé le 13 octobre 2005 a été paraphé dans la nuit du 8 au 9 mars 2006 par le patronat, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. La mesure phare de cet accord, conclu au terme de sept mois de négociations, est la création d’un « CDD senior », entré en vigueur depuis la publication du décret au Journal officiel du mardi 29 août .

Le « CDD senior » est un contrat à durée déterminée (CDD) pour les personnes âgées de plus de 57 ans en recherche d’emploi depuis plus de 3 mois ou bénéficiant d’une convention de reclassement personnalisé. Ce contrat est d’une durée maximale de 18 mois, renouvelable une fois pour une durée déterminée qui, ajoutée à la durée du contrat initial, ne peut excéder 36 mois.

Pour mémoire, le Bureau national de la CFDT avait émis, le 10 novembre 2005, un avis favorable à ce projet d’accord mais il avait réservé sa signature à l’engagement du gouvernement de ne pas modifier les termes de l’accord à l’occasion de la discussion du plan d’action quinquennal sur les seniors. Finalement, le 19 janvier, la CFDT avait annoncé sa signature, estimant avoir obtenu du gouvernement les garanties qu’elle souhaitait, le gouvernement s’étant engagé à ne pas étendre le CDD senior à d’autres catégories de chômeurs.

Pour mémoire, le nombre de CDD seniors n’a pas atteind les 20 depuis sa création. Belle performance du paritarisme cher à la CFDT. On se demande encore, d’ailleurs, pourquoi elle a signé ce contrat que même les plus libéraux des experts considéraient comme sans effet.

Comment François CHEREQUE justifie t-il la signature de 2003 et son étonnement de 2008 ?

Les Echos - Le Premier ministre affirme que le passage de 40 à 41 ans de la durée de cotisation d’ici à 2012 est inscrit dans la loi de 2003...

François CHEREQUE - François Fillon est amnésique. Il omet systématiquement de rappeler que la loi permet de différer le passage à 41 ans en fonction, entre autres, de l’évolution de l’emploi des seniors. La CFDT est fidèle au texte de 2003, et elle est un peu la seule aujourd’hui, en acceptant le principe de l’augmentation de la durée de cotisation, mais en le conditionnant à une amélioration du taux d’emploi des 55-64 ans, qui n’est que de 38 % en France.

Les Echos - Comment y parvenir ? Avec un système de bonus-malus, comme le préconise Xavier Bertrand ?

François CHEREQUE - ... / ... Nous avons une opportunité historique de changer totalement l’organisation du marché du travail avec les négociations sur la gestion prévisionnelle des emplois, la formation professionnelle, l’assurance-chômage et la pénibilité. L’emploi des seniors doit à chaque fois être une priorité, en négociant sur l’ensemble du parcours professionnel des salariés - Source Salle de Presse CFDT

Foi du charbonnier ou très grande naïveté ? En effet, les syndicats d’employeurs bloquent toute négociation en ce qui concerne la pénibilité. Ainsi Madame Parisot déclarait ce matin : "... / ... Nous ne pouvons pas considérer que quelqu’un qui rassemble ces critères ait d’emblée accès à une préretraite. Il doit y avoir un examen individuel de la situation, par une commission médicale"

Formation professionnelle : La loi du 4 mai 2004 relative à la formation tout au long de la vie (DIF) reste à appliquer dans la quasi totalité des entreprises (tout particulièrement celles de moins de 50 salariés)

En fin de compte, on s"apperçoit bien que la CFDT et son leader sont empétrés dans une mécanique qu’ils ont pourtant appelée de leurs voeux : Etre l’interlocuteur privilégié du gouvernement et signer des accords à tour de bras.

Pour ceux qui l’ignoreraient, dans la rubrique "Nos valeurs", la CFDT présente sa vision du "syndicalisme favorable au paritarisme" : Ce système clé des relations sociales est la confrontation constructive entre gouvernement, patronat et organisations syndicales. Il aboutit à une participation active de ces partenaires à l’élaboration et au contrôle des décisions politiques et au contrôle du pouvoir économique"

Ce n’est pas tout à fait ce que nous avons vu et ce nous risquons de voir dans les prochains mois !!! Il est clairement visible que la CFDT sert d’alibi au gouvernement qui de son côté accompagne la quasi totalité des demandes du MEDEF.

Une fois de plus, on se demande ce que fera la CFDT si elle est obligée de "manger son chapeau" et le faire partager à des millions de salariés.

Une réponse Monsieur CHEREQUE ?

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FANCH


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9 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 24 mai 2008 11:51

    François Chérèque souffre du même syndrome que son aînée Nicole Notat. L’un comme l’autre ont voulu faire de leur centrale le pivot incontournable de toute négociation et le moteur de la modernisation des moeurs en matière de relations sociales.

    C’est ainsi que Notat (motivée en outre par la prespective d’un possible maroquin) avait approuvé quasiment sans réserve le catastrophique "plan Juppé" de 1995.

    C’est ainsi que Chérèque a signé, beaucoup trop tôt et sans pousser plus avant la négociation, le texte de 2003 sur les retraites, au grand étonnement d’une droite prête à aller plus loin dans les concessions.

    Et si, aujourd’hui, Chérèque donne des gages de solidarité avec les autres centrales, nul doute qu’il faille y voir la crainte sinon d’un nouveau schisme de la CFDT, du moins de nouveaux départs des adhérents ou, pire encore, d’une accusation de collusion qui pourrait se traduire par un grave revers lors des prochaines élections professionnelles.


    • chmoll chmoll 24 mai 2008 12:07

      la CFDT c’est pas une filiale d’l’élysée circus ?

       


      • tvargentine.com lerma 24 mai 2008 19:22

        Ce syndicat de curés défroqués ex-gauchistes qui signe tous les accords de précarisation contre des valises (250 millions d’euros en caisse) et le pire de tous,car il n’arrête pas de faire "partager" la misère sociale et detruit ce qui fut le modèle social français

        Un syndicat réactionnaire qui a créé des travailleurs pauvres,la précarisation des salariés et des chomeurs ou demandeurs d’emplois encore plus pauvre

         


        • wiztricks 24 mai 2008 19:47

          Mon propos n’est pas de défendre la CFDT mais gouvernement, syndicat et patronat sont des organisations qui nous représentent à divers titres.... donc qui sont amener à négocier...

          Si la négociation est complètement fermée parce que vous savez que votre interlocuteur va vous dire non ne facilite pas le débat et éventuellement la découverte d’une approche qui soit plus satisfaisante.

          Donc pour qu’un débat ’constructif’ puisse avoir lieu il faut que les différents interlocuteurs arrivent à oser un ’oui mais’ plutôt que de rester enfoncé dans le ’non’.

          Dans ce contexte, je trouve plutôt construtif que la CFDT ait essayé de sortir de son ’non’ pour aller vers parfois du ’oui, mais’... Certes çà peut parfois coûter, surtout lorsque le gouvernement arrive à une négociation comme celles des retraites en disant la durée des cotisations sera 41 ans et ’ce n’est pas négociable’ et que le CDD senior n’a pas produit les résultats escomptés.

          Visiblement, s’il certains ont joué le jeu d’autres n’ont pas tenus leur engagements et peuvent légitimement avoir été floué...

          C’est comme çà qu’on se retrouve dans la rue à jeter des pavés sur les force de l’ordre... Autre façon de débattre du sujet... plus constructive ?

          -W

           

           

           


          • anny paule 24 mai 2008 22:14

            Il existe un tout petit bouquin : Thierry Renard, Voltarine de Cleyre, MEDEF, un projet de société, publié chez Syllepse en 2001.

            Il explique très clairement la pensée politique du patronat sur "la refondation sociale", projet de société cohérent, véritable machine de guerre contre toute forme de solidarité. (Projet actuellement mis en place par le gouvernement Sarkozy, à toute vitesse)

            Il explique également de façon limpide le fameux "paritarisme" comme une procédure, une forme de délégation de la puissance publique à des représentants choisis... et l’alliance, dans ce cas, du patronat avec la CFDT, la CFTC pour s’assurer la majorité, donc le pouvoir d’imposer ses choix.

            Le rôle particulier de Notat y est très bien analysé... et Chérèque n’a fait que suivre la même piste... D’un point de vue théorique, la CFDT se caractérise dès lors comme un syndicalisme d’accompagnement social et de partenariat, comparable au "syndicalisme jaune" de la III° République et de l’Occupation. La position de Notat peut être qualifiée d’extrémisme dans la compromission, et est pour beaucoup dans les discours sur la culpabilisation des chômeurs et des fonctionnaires... dans les discours sur "les usagers pris en otage lors des grèves des transports... Là encore, Chérèque n’a fait que poursuivre l’oeuvre entamée... S’il joue les étonnés aujourd’hui, c’est qu’il nous prend tous pour des imbéciles !

             


            • Jean Lasson 25 mai 2008 02:07

              Merci Anny Paule,

              Vous avez dit l’essentiel en évoquant le "syndicalisme jaune". Ce rôle avait été dévolu à FO du temps de Bergeron. Mais en observant la CFDT aujourd’hui, je me dis qu’en comparaison, Bergeron était encore bien dur pour le Patronat et la Droite

              L’orientation du paritarisme à la CFDT a été initiée à la fin des années 70 sous la direction d’Edmond Maire.

              Pour ma part, je ne doute pas que les dirigenats de la CFDT ait été achetés depuis longtemps. Mais sans doute pas Edmond Maire, lequel est allé jusqu’à refuser la légion d’honneur qu’on lui proposait.

               


            • Christophe Christophe 25 mai 2008 10:52

              @Jean Lasson,

              Le véritable virage de la CFDT, d’après les chercheurs du CNRS ayant participés à l’ouvrage Le syndicalisme dans le monde, a eu lieu en 1983 à la suite de l’explosion de l’union de la gauche.

              En fait, nous pouvons, dans cet ouvrage faire le prallèle entre les Trade Unions britanniques et la CFDT française quoi que leur parcours et l’enchaînement soit différent ; ce sont tous deux des syndicats gouvernementaux et non des réformistes, ne faisant pas de distinction entre compromission et compromis.

              @L’auteur,

              Ajourd’hui, la CFDT est prise à son propre piège. Etre réformiste ne signifie pas de signer à la volée tous ce qui se présente, cela consiste à ne pas avoir de tabous, pouvoir aborder les problématiques avec des propositions réalistes et faire ainsi avancer les négociations. Le problème consiste à savoir ce qui se passe dans une négociation (aujourd’hui, nous devrions parler de consultation, ce qui n’est pas la même chose). Il faut simplement remarquer que les propositions existent sur la problématique des retraites ; la résultante est avant tout un choix politique. Si mes souvenirs sont bons, en 2003, les organisations syndicales qui avaient des propositions pour avancer dans le bon sens, celui vers lequel la réforme signée tendait, mais qui n’avaient pas le même type d’approche, étaient taxées d’immobilistes.

              Aujourd’hui, le MEDEF impose tout autant l’immobilisme en bloquant les négociations sur l’emploi des séniors comme d’ailleurs sur la pénibilité. Le gouvernement ne sait pas quoi faire réellement pour l’emploi des séniors ; il s’oriente sur une taxation concernant le fait de se séparer des salariés agés, ce qui, il faut le souligner a déjà existé (Taxe De Lalande) et, n’apportant pas une solution au problème, a été abrogé.

              Pour signer un accord équilibré, un compromis, les garanties de part et d’autre doivent apparaître sur le texte relatif à l’engagement. La CFDT s’est contentée de signer un accord en ayant la parole du patronat et du gouvernement d’engagement sur les contreparties. La parole n’engageant que ceux qui y croient ...


            • Jean Lasson 25 mai 2008 11:35

              @ Christophe,

              La phase actuelle est une parfaite réfutation du positionnement de la CFDT. En effet, la déclaration de Denis Kessler sur le démantèlement de notre contrat social défini par le CNR, confirme qu’une véritable guerre de classes est en cours. Chacun doit choisir son camp et la position de la CFDT est devenue intenable (à supposer qu’elle ait jamais été pertinente, ce que je ne crois pas). Soit la CFDT opère un changement de ligne à 180°, soit elle sera marginalisée. Je pense que c’est déjà trop tard, car elle dépend aujourd’hui du bon vouloir du patronat et de la droite.

              Je suis plus inquiet sur le devenir de la CGT, qui pourrait aussi suivre le même chemin...


            • Christophe Christophe 25 mai 2008 13:52

              @Jean Lasson,

              Je m’inquiète comme vous de la trajectoire que prendra la CGT. L’exemple le plus frappant, à mon sens, est celui du temps de travail et sa négociation dans les entreprises qui prendrait le pas sur une législation nationale ; inversant de fait la hiérarchie de droit qui assure, actuellement, l’égalité devant la loi. Si le temps de travil est défini localement, toute la législation du travail sera tributaire elle aussi des accords locaux ; cotisation SS, retraites, ...

              L’égalité devant la loi est l’un des piliers de notre république ; autant dire que la république ne s’en remettrait pas, glissant vers les démocraties de type britannique.

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