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Accueil du site > Actualités > Economie > Champagne, vins et marketing

Champagne, vins et marketing

Je m’intéresse aux vins, comme vous le savez si vous suivez mon blog régulièrement, et suis particulièrement inquiet de voir l’effritement des positions du vin français sur le marché mondial, où, malheureusement, tout le monde n’admet pas comme acquis notre savoir-faire dans ce domaine. Une des solutions pour relancer les ventes est selon moi d’introduire une forte dose de marketing dans la promotion commerciale de nos productions viticoles.

J’ai eu l’occasion de vérifier sur le marché US que ceux qui font l’effort de présenter des produits dans ce sens, comme le "Fat Bastard" ou le "Ted de mule" étaient bien présents sur les présentoirs, ce qui signifie au minimum une certaine notoriété.

Un autre exemple est l’accroissement des ventes du seul vin pour lequel il existe un réel effort de marketing, le Champagne. Les volumes devraient atteindre cette année 300 millions de bouteilles, en augmentation à fin octobre de 5 pct sur l’année précédente, elle-même en hausse sur l’année d’avant de 2.6 pct déjà. En chiffre d’affaire, c’est encore mieux, avec 7 pct de hausse en 2004, et entre 4 et 7 en 2005. Par contre, les ventes en France sont en baisse, c’est l’export qui tire la progression globale.

Ce sont les grandes marques qui bénéficient de cette croissance, car ce sont elles qui réalisent les 2/3 des exportations. Ce sont elles aussi qui ont une notoriété, qui travaillent en permanence pour accroître cette notoriété et le positionnement haut de gamme de leurs produits. Sans ces grands groupes, la Champagne sombrerait dans la même morosité que les autres régions viticoles.

Moralité, pour vendre à l’export, face à une concurrence devenue sévère et à une clientèle ignorante des subtilités des appellations "à la française", il faut rentrer dans le commerce moderne, avec des marques à promouvoir, voire à créer, des frais de promotion des ventes et de publicité, et des moyens financiers importants. Avis à nos viticulteurs, le négoce traditionnel n’a, malheureusement, pas encore pris ce virage.

À réfléchir...


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8 réactions à cet article    


  • Daniel Bainville-Latour (---.---.164.96) 4 janvier 2006 13:32

    Voila une mise en garde a notre viticulture parfaitement justifiée. L’export ne peut évidemment être le fait de petits viticulteurs mais nécessite investissement marketing et puissance commerciale qui impliquent des regroupements sous une forme ou une autre.

    Il faut également « typer » les vins, c’est à dire préciser s’il s’agit de merlot, cabernet, shiraz etc... car, comme vous le dites, l’extrême diversité du vin français est parfaitement ésotérique pour les consommateurs étrangers.

    Enfin, enfin, enfin, que les viticulteurs ne s"endorment pas sur des lauriers qui commencent à faner et croient que seule la France sait faire de bons vins. Revenant d’Australie, j’ai pu déguster des vins succulents, tant blancs que rouges, à des prix parfaitement abordables.

    Je pense notamment au Bordelais qui a du souci à se faire...et pas demain, tout de suite.


    • Mourad (---.---.91.240) 4 janvier 2006 14:56

      D’abord merci pour votre article sur un sujet si sympathique...

      Il me semble que la situation « marketing » (ce mot est terrible quand on parle de vin...) n’est pas si mauvaise.

      Pourquoi ? Parce que nous avons les fameuses AOC : on peut imaginer faire des campagnes de pub, de distribution sur ces AOC réputées et bien connues sur le long terme (on peut imaginer de longues campagnes de promotion ciblées du Saint-Estèphe ou du Pomerol en Asie, par exemple). Les AOC sont assez nombreuses pour assurer la diversité de la production et convenir à une variété de goût. Une bonne idée (pas de moi) : faire des « AOC supérieures » pour concentrer encore l’impact marketing.

      L’avantage de ces AOC, c’est qu’elle respecte « la différence » de production et de goût. Certes, certains vins américains et australiens sont assez bons (je parle des bouteilles grand public entre 10 et 40 euros) : mais c’est des vins de cépage produits pour assurer un goût facile et uniforme (pour les conditions de production industrielle du vin et des goûts, voire l’excellent film « Mondovino »). Bref des vins de supermarché, pas des vins coup de coeur. Le consommateur demande un Shiraz et il obtient un Shiraz avec le goût qu’on lui apprit à savourer : il pourrait aussi bien demander du coca...

      Bref, si c’est pour faire ça du vin français, il vaut mieux mettre en avant les AOC et garder la diversité de la production. Et la production actuelle a elle-même des arguments commerciaux et gustatifs importants qui eux attirent les vrais amateurs.

      Amicalement.


      • Daniel Bainville-Latour (---.---.94.177) 5 janvier 2006 17:42

        Il me semble precisément que c’est la politique élitiste ( crus et grands crus, ciblage de « vrais » amateurs etc... ) qui doit être revue. Ce secteur a sa clientèle, ses baromètres,ses rites. Conquérir à grand renfort de campagnes locales et coûteuses quelques centaines de Hong-Kongais, Shangaiens, Pékinois ou Moscovites fortunés de plus, ne changera que très marginalement la situation.

        Je pense à tous ceux qui, comme moi, d’abord ne se prétendent pas « vrais amateurs » et ensuite n’ont pas envie de tout sacrifier pour s’offrir, une fois l’an, une bouteille de Pétrus.

        Ceux-là, qui sont des millions et qui « font » les ventes, dont nous avons bien besoin, n’ont ni le temps, ni - au surplus - l’envie de passer leur temps à se documenter sur tel coteau du Bergerac ou tel domaine du Chinon, pour ne prendre que des exemples au hasard.

        Dèjà, lorsqu’ils sont Français. Alors, mettons nous à la place d’un Néo-Zélandais, d’un Brésilien ou d’un Balte.

        Tandis que si l’on dit traminer, grenache ou shiraz ( allez, j’avoue adorer le shiraz) on est immédiatement positionné.

        Le marketing, c’est étudier sa cible et communiquer pour être compris par elle et pour la séduire.

        Et lui vendre un produit adapté à ses moyens.

        Pas prétendre l’éduquer.

        Sinon, elle accorde son suffrage au concurrent. N’en sommes nous pas un peu là ?


      • j.dremeaux (---.---.18.161) 6 janvier 2006 13:14

        Je suis bien d’accord avec vous !

        Monsieur çadérange réfléchit très économiquement comme beaucoup de pdg sans grand souci d’humanité !

        Une France avec du ’vin-coca-cola’, non merci !


      • (---.---.39.147) 7 janvier 2006 20:04

        Réponse de CaDerange :

        Ce que les étrangers ne veulent justement pas comprendre ni apprendre, ce sont justement les subtilités « à la Française » d’AOC, d’AOC superieures, de Premier clus classés, second crus, crus bourgeois ou des climats bourguignon que les français d’ailleurs sont peu nombreux à connaitre.

        Je ne veux pas vous décourager, mais faire comprendre cette culture au consommateur moyen américain australien ou autre, me parait franchement une tache insurmontable. Le débat est toujours soit de faire ce que le consommateur veut boire soit d’essayer d’éduquer le consommateur pour lui faire comprendre que « nous savons ce qui est bon pour lui ».

        D’autant plus que tous les autres producteurs joueront contre nous...


      • michel lerma (---.---.36.34) 5 janvier 2006 22:23

        que pensez vous des vins argentins et quelles catégories de vins argentins seraient successibles de rentrer en concurrence avec les vins français ?

        Quelles sont les taxes que doivent payer les pays producteurs d’amérique du sud pour vendre leur production en Europe(donc la France) ?

        Merci,c’est pour une étude de marché personnel et non professionnel


        • Daniel Bainville-Latour (---.---.94.177) 6 janvier 2006 05:56

          L’Argentine a fait d’énormes progrès. Le Colomé, produit dans le nord ouest peut rivaliser avec d’excellents bordeaux. Ce pourrait être le produit-phare d’une offensive argentine.

          Pour les besoins généraux d’une telle étude, le mieux est de prendre contact avec les services commerciaux de l’ambassade considérée à Paris.


        • (---.---.39.147) 7 janvier 2006 20:16

          Commentaire de CaDerange :

          A ma connaissance il existe d’intéréssant vins blancs de cépage Chardonnay en Argentine.

          L’Argentine est plus particulièrement connu pour ses vins de cépage Malbec qui est un vieux cépage utilisé en France( de mémoire soit en Cahors ou en Gaillac) et qui semble réussir particulièrement bien en Argentine.

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