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Chassez keynes...

Chassez Keynes et il revient au galop...


Nous constatons en effet que l’Economie étatisée, comme celle que nous avons connue pendant les trente glorieuses, où le plein emploi était assuré, existe toujours, en particulier en Chine. Si ce pays totalitaire n’offre aucune place à l’opposition politique, son système communiste, n’a pas abouti au collectivisme économique. La libre entreprise existe. Mais c’est l’Etat qui dirige la politique économique. Etat keynésien, donc, réfuté pourtant par le monde anglo-saxon qui estime, que les régulations monétaires, donc économiques, doivent se faire naturellement quitte à subir des « ajustements » par à coups, en acceptant les crises et les inégalités qui en découlent.

Le monde, chinois, a pris du libre-échangisme l’occasion d’exporter ses produits manufacturés à bas prix grâce à un taux de change yuan-dollar qui va dans son sens, tout en n’évitant pas une grande inégalité de niveau de vie dans la population.

Malgré tout, grâce à sa maîtrise budgétaire et son contrôle financier, dans la crise actuelle, la Chine arrive à conserver un taux de croissance élevé, en « digérant » la diminution de ses exportations. De toute façon, cette croissance élevée s’accompagnait jusqu’à la crise d’une inflation importante, ce qui va en contradiction avec les désirs américains de voir le Yuan prendre plus de poids, ne serait-ce que pour limiter le niveau de leur dette. Ces équilibres monétaires, que la Chine espère maintenir, ressemblent fort à du protectionnisme.

Protectionnisme pour le futur également, quand l’importation des technologies de fabrication en provenance des pays occidentaux accompagne obligatoirement les produits importés.

La doctrine du laisser aller naturel n’est plus tout-à-fait d’actualité non plus, pour les pays du G 20 qui se sont empressés d’aider la finance à ne pas s’écrouler complètement en intervenant par le montant exorbitant de leurs prêts ou en nationalisant quelques banques.

Faut-il donc en conclure que le système étatique est plus efficace que la doctrine ultralibérale ? L’exemple du Japon est significatif : dans les années 70, avec un yen très faible, ce pays était en période d’émergence. Il a pris le même chemin de la Chine actuelle en se lançant dans une exportation massive, quitte à copier la technologie des pays occidentaux. Si les difficultés que le Japon rencontre sur le plan financier sont également difficiles à maîtriser, comme pays riche le niveau de vie de sa population a depuis considérablement monté.

L’économie anglo-saxonne a entraîné le monde occidental dans une crise sans précédent. Chaque pays, membre de la zone dollar, de la zone euro, ou non, résiste avec ses propres moyens. C’est-à-dire avec un minimum de protectionnisme qui leur permet de revenir à de meilleures dispositions, au moins provisoirement, avec plus ou moins d’Etat, plus ou moins de contrôles et régulations. Les bonus, les retraites dorées, les paradis fiscaux, ne sont que des épiphénomènes. Seule une volonté politique pays par pays permettra de surmonter les difficultés présentes et à venir.

Au terme de la description de l’Economie moderne vue comme un ensemble de systèmes imbriqués les uns dans les autres de façon inextricable, il faut mettre les politiques actuels et passés qui ont laissé faire, qu’ils soient de gauche ou de droite, face à leurs responsabilité consciente ou non : tous impliqués dans le mouvement historique de la grande entreprise devenue de plus en plus libre et de plus en plus responsable d’une société en perte de vitesse, qui n’a plus que des valeurs marchandes en tête, complétées par l’addiction aux jeux, à la drogue, à la violence.

 Nous avons vu qu’il y avait deux stratégies, celle de la demande et celle de l’offre. Dans les deux cas, les flux de la monnaie sont la clé de l’Economie. Dans le premier cas, un flux part du travail, passe par l’intermédiaire entreprise et budget de l’Etat, est contrôlé par les taux d’intérêt décrétés par celui-ci, dans le second, un flux passe par l’intermédiaire des financiers maîtres du crédit, va dans le marché financier, sans contrôle étatique : ce sont les marchands du temple qui régulent ce flux. Dans le premier cas, il y a un robinet de filtrage et une soupape de sûreté (variable), dans le second rien. Le flux du crédit ne fait qu’un circuit allant du travail aux marchés financiers. Le marché de production ne fait que suivre empêtré dans la loi de l’offre et de la demande.
 

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2 réactions à cet article    


  • Freebird 12 octobre 2009 11:23

    Renseignez-vous : même avant le début de la crise et les plans de relance, le poids de l’Etat dans les pays développés avait atteint des niveaux records, y compris aux Etats-Unis et en Angleterre. C’est avéré aussi bien d’un point de vue quantitatif (pression fiscale, niveau des dépenses publiques, part de la dette publique dans l’endettement total) que qualitatif (explosion du nombre de lois, décrets, etc.)

    Vous voulez un exemple : allumez votre télé et regardez TF1 le temps d’une plage publicitaire ; la moitié des spots que vous verrez sont des campagnes financées par l’Etat (au sens large, y compris l’UE) : la banane des Antilles, les produits laitiers, les pommes, le veau, le « bonus » versé dès que vous achetez une voiture, etc.

    Franchement, si ça c’est de l’ultra-libéralisme, je préfère ne pas imaginer ce que ce serait si nous étions dans un système moins libéral !

    Le vrai problème, c’est que depuis 25 ans, nous avons mené des politiques keynésiennes en permanence, même en période d’expansion économique. Or, même Keynes lui-même recommandait de n’appliquer ce genre de politiques qu’en temps de crise et de réduire considérablement l’intervention de l’Etat le reste du temps.


    • plancherDesVaches 12 octobre 2009 13:00

      « le poids de l’Etat dans les pays développés avait atteint des niveaux records, y compris aux Etats-Unis et en Angleterre »... Pardon... ?????
      Juste UN exemple : le gouvernement US ne sait TOUJOURS pas les vrais chiffres des banques. Il sait juste que 400 vont couler de façon sûre, pour les autres, il doute.

      Et c’est cela que vous appelez « trop » d’état.. ???

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