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Chercher la croissance où elle se trouve : ici

Avant d’être au Brésil, en Russie, en Inde, en Chine ou ailleurs, la croissance se crée chez nous. Elle dépend désormais de notre capacité à endiguer l’épidémie menaçante du stress et de notre aptitude à vulgariser les méthodologies préventives. 

Certaines études économiques titrent régulièrement sur les promesses de croissance économique que seuls de lointains pays semblent désormais pouvoir nous offrir. La croissance lit-on profite à ceux qui investissent dans des vols long courrier et des cours linguistiques aussi intensifs que désespérés pour nous autres gaulois. Soit, il ne fait aucun doute que les puissances dites émergentes offrent des perspectives de développement commercial quasi miraculeuses en comparaison de celles proposées par une consommation intérieure plombée durablement par la crise[1]. Et comme nos voisins, nous aurions tord de nous priver de ces perspectives.

Cependant, hypnotisés par ce nouvel eldorado, nous ne devons pas oublier l’essentiel : pour pouvoir vendre, il faut tout d’abord savoir créer (sauf bien sûr à savoir vendre moins cher que les autres, ce qui n’est plus notre cas). Sans prendre le risque de proposer une explication à la mystérieuse alchimie de l’innovation, il est possible de soumettre une idée simpliste pour placer le débat : pour que le fruit mûrisse, il faut une graine de bonne qualité et des conditions environnementales favorables. Où se situe alors le risque de rupture dans ce cercle vertueux de la création de valeur conduisant à la croissance ? Sans doute pas dans notre système éducatif qui démontre régulièrement sa capacité à former des ingénieurs de qualité. Reste alors à exprimer et valoriser ce potentiel dans le cadre de l’entreprise. Parce que l’innovation est aussi une affaire de sueur, de persévérance, de confiance, de prise d’initiative, de travail en équipe, de responsabilisation et de méthode.

“Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover” (Albert Einstein).

Lorsque le stress sévit, la prise de risque s’érode mécaniquement et c’est le désengagement des salariés qui prédomine. Globalement l’innovation est donc également une affaire relative aux conditions du travail, à l’organisation du travail et à la formation des personnels d’encadrement dans l’entreprise. Sans minimiser la possibilité de l’idée de génie spontanée, sur le long terme, nous avons besoin de conditions de travail harmonieuses pour exprimer nos capacités d’innovation.

« Le chercheur doit être convaincu que les échecs à court terme ne seront pas punis » (Pierre Azoulay, professeur au MIT Sloan School of Management)[2].

Avant d’être au Brésil, en Russie, en Inde, en Chine ou ailleurs, la croissance se crée donc chez nous. Elle dépend désormais de notre capacité à endiguer l’épidémie menaçante du stress et de notre aptitude à vulgariser les méthodologies préventives qui par ailleurs sont bien documentées. 


[1] La croissance en Chine est par exemple passée de 10,7% en rythme annuel au quatrième trimestre 2009 à 11,9% au premier trimestre 2010, selon l’annonce du Bureau National des statistiques (BNS).


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17 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 23 septembre 2010 15:24

    va faloir rouvrir les camps de travail ?
    yaka tout robotiser
    et presque tout le monde fait rentier


    • LE CHAT LE CHAT 23 septembre 2010 15:33

      Lorsque le stress sévit, la prise de risque s’érode mécaniquement et c’est le désengagement des salariés qui prédomine

      Faudrait êre con pour en prendre des risques , les financiers ramassent la mise et les autres les enmerdes !


      • Salade75 23 septembre 2010 20:54

        Croissons ! Croissons !
        Innovons ! Innovons !

        Si nous ne savons pas pourquoi, nos élites le savent.
        Et si la vraie innovation consistait à arrêter d’innover sans savoir pourquoi on le fait ?
        Et si l’objectif de consommer et de jeter de plus en plus et de plus en plus vite était remis en cause ?
        Une idée d’innovation volée au commentaire de « Foufouille » : libérer l’homme du travail ! Ce travail dont l’origine étymologique se trouve dans un mot latin voulant dire « torture » !!!


        • Pertinant Guillaume Pertinant Guillaume 23 septembre 2010 21:08

          Bien sûr, la croissance doit également concerner nos modes de pensées...

          En ce qui concerne la réorganisation de la valeur travail dans la société, l’idée est séduisante, mais la France n’est pas le Bhoutan, pays du BIB (Bonheur Intérieur Brut).


        • rastapopulo rastapopulo 23 septembre 2010 21:09

          La tendance est à l’oublie que les avancés sociales viennent de l’industrialisation et donc de l’innovation. C’est pratique pour créer une haine de la technologie et donc des avancés sociales.

          Les élites ne cherchent pas l’innovation qui peut mettre en danger le statu-quo. Ils veulent des empires privatisés qui segmentent les savoirs pour rendre les nations dépendantes. 

          Sur le mot travail, la soufrance est inhérante à une activité prolifique. Devoir se battre pour se nourrir à l’état de nature est aussi une « torture » dans un sens. 


        • rastapopulo rastapopulo 23 septembre 2010 21:14

          Le boutan est amusant puisqu’il est fasciste selon les intérprétations « meanstreammmmmmmmm » actuelles.

          Pas d’immigration autorisé, obligation de dépenser 200$/jour pour les touristes, élection facultative,...

          Je me réjouirais de voir que le protectionisme social soit louer mais bien évidement tout le monde s’offusquerait si cette info passait. Triste période.


        • Tiberius Tiberius 23 septembre 2010 23:46

          Mon pauvre Salade75 

          Manifestement, vous et Foufouille étiez nés pour être pauvres. 

          Ainsi vous ne savez pas à quoi ça sert d’innover !!!

          Eh bien Mark Zuckerberg, le jeune créateur de Facebook lui le sait et à 26 ans il est devenu milliardaire... smiley


        • foufouille foufouille 24 septembre 2010 09:04

          mon pauvre tiberius

          Manifestement, vous étes bien nés

          Ainsi vous ne savez pas à quoi ça sert d’innover !!!

          a produire des objets jetable !

          Eh bien Mark Zuckerberg, le jeune créateur de Facebook lui le sait et à 26 ans il est devenu milliardaire... 

          et chez le boulanger la baguette est a 100€


        • Tiberius Tiberius 24 septembre 2010 10:19

          @ Foufouille

          Et non Foufouille, je ne suis pas bien né, c’est le moins que je puisse dire mais contrairement à vous, j’ai su rapidement comprendre à quoi ça servait d’innover de sorte que mes enfants, EUX, sont bien nés... smiley


        • foufouille foufouille 24 septembre 2010 10:59

          @ tiberius
          ce qui veut dire que tes momes sont gates, pourris ?
          tu as une rolex ?
          un chateau pour les defonces a la coke ?


        • Salade75 24 septembre 2010 16:02
          Riche Tiberius,
           
          Votre commentaire va exactement dans le sens de mon propos.
          Vous paraissez faire partie des gens qui dressent en modèles les milliardaires de 26 ans ou ceux qui arrivent à privatiser à leur profit les productions communes.
          Moi pas. Et j’ai bien conscience de ne pas faire partie d’une majorité.
          Mon commentaire ne visait qu’à interpeler l’auteur sur la question de savoir si faire de l’argent pour faire de l’argent (ici ou ailleurs) était en soi un but, et pourquoi.
           
          Vous répondez oui, pour vous venger de votre naissance et éviter vos gros malheurs à vos enfants.
          J’entends l’argument, mais il ne me convainc pas plus que le défenseur de la peine de mort qui s’explique par « et si ça arrivait à quelqu’un de votre famille ».

        • Pertinant Guillaume Pertinant Guillaume 24 septembre 2010 16:16

          Même si ce n’était pas le sujet de cette tribune, je réponds pour ma part que d’un point de vue philosophique, le bonheur est certainement en effet dans la simplicité et le contentement. MAIS dans la grande interdépendance du notre monde globalisé il est difficile de définir un modèle économique pour soi. Il faut (malheureusement) composer avec les autres, et en particulier ceux qui veulent s’enrichir à tout prix (et ils sont nombreux). Le point que j’ai voulu défendre est : puisqu’il en est ainsi des règles du commerce dans notre monde, autant stimuler la croissance par l’innovation et l’amélioration des conditions de travail (ce qui au passage ne fait pas de mal) chez nous, que d’aller sans cesse délocaliser ailleurs. Ce qui n’empêche pas bien sûr de rêver et militer pour un monde meilleur.


        • Yohan Yohan 24 septembre 2010 00:15

          Rassurez vous, les salaires sont tellement bas aujourd’hui qu’il devient tentant d’entreprendre, même pour les nuls, et en dépit de la frousse qui gagne tous les créateurs devant les montagnes de pièges et d’emmerdes qu’on s’ingénie à dresser devant eux, dans ce pays.
          Je partage votre avis. Il y a assez à faire chez nous et ce ne sont pas les idées qui manquent.
          Quelque part, c’est peut-être une bonne chose que les entreprises nous prennent pour des cons en nous payant si mal.
          D’ailleurs, le pantouflage, cher à nos étudiants des grandes écoles, et offert si généreusement à eux par nos grands groupes est plus un fossoyeur de talents qu’autre chose.
          Il y a encore du chemin à faire, la route est longue. Il suffit de parcourir les pages spécialisées du Parisien pour se rendre compte que les entrepreneurs s’appellent plus souvent Ahmed que Edouard.


          • pastori 24 septembre 2010 12:56

            les entrepreneurs s’appellent plus souvent Ahmed que Édouard. parce que Ahmed, personne ne veut l’embaucher. pas parce qu’il n’est pas capable, mais à cause de son nom.

             alors ils devient boulanger. mais comme on lui répète à chaque instant qu’il est dangereux, Édouard a peur d’Ahmed, et il court les blogs pour alerter tous les Edouard qu’ils sont en danger, et fait tout pour chasser Ahmed.

            alors Édouard n’aura plus de pain à table.


          • Micromégas 24 septembre 2010 11:12

            « pour pouvoir vendre, il faut tout d’abord savoir créer »
            c’est-à-dire créer de nouveaux besoins pour les consommateurs qui ne savent déjà plus où donner de la tête. Mais,en prenant comme cible les plus jeunes, ceux qui n’ont pas encore tout à fait tout et surtout ceux qui demandent à papa et maman de financer, on y arrive, vous verrez ! Et surtout, quand on innove, bien penser à ne pas faire quelque chose de trop solide ou inusable, ça aussi c’est important de nos jours !


            • Traroth Traroth 24 septembre 2010 12:23

              L’innovation comme moteur de croissance est un mythe dans un pays dont les frontières sont largement ouvertes à toutes les importations. On invente ici, souvent avec l’aide de subventions publiques, puis on fabrique en Chine !

              Je travaille dans une petite société ayant créé un produit électronique grand public, et c’est TRÈS EXACTEMENT ce qui a été fait !


              • pastori 24 septembre 2010 12:50

                les membres du gouvernement sont tous édentés. aller chercher la croissance avec les dents, c’est plus possible.

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