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Accueil du site > Actualités > Economie > Choc ou Sursaut de compétitivité ?

Choc ou Sursaut de compétitivité ?

4e proposition : créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des charges sociales jusqu’à 3,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 %du PIB – vers la fiscalité et la réduction de la dépense publique. Ce transfert concernerait pour 2/3 les charges patronales, et pour 1/3 les charges salariales.

Enfin nous y voilà !! Après la surrèglementation, l’instabilité réglementaire et la gouvernance de nos entreprises, le rapport s’attaque à la compétitivité coût avec en premier lieu le thème récurrent du coût du travail.

Il n’y a pas de débat à avoir sur le coût du travail et sur l’avantage de cette mesure. Tout le monde s’accorde à dire que celui-ci est trop élevé et que le réduire permettrait aux entreprises de retrouver les marges dont elles ont besoins pour investir, innover et se développer. En clair, c’est un bon palliatif au ralentissement de la croissance.

 

Les risques associés à cette mesure ?

Alors pourquoi s’arrêter sur cette proposition s’il n’y a que des avantages !!! Celle-ci, si elle n’est pas encadrée, présente des risques importants soit quant à sa finalité réelle, soit pour le pouvoir d’achat des ménages déjà bien en berne.

En effet, face au ralentissement de l’activité et à des marges en baisse, les entreprises pourraient être tentées de puiser dans ce cadeau pour servir aux actionnaires un dividende toujours plus important ou en tout cas un dividende qui ne connaîtrait pas la crise !!!

Mais comment contraindre l’entreprise ? Ce cadeau sur les charges a un impact direct et immédiat sur la marge et donc sur les dividendes futures. Rapporter à la proposition précédente, une modification du mode de gouvernance, faire entrer des salariés dans les organes de direction permettrait d’avoir un contrôle sur l’utilisation effective de cette marge additionnelle.

L’une ne va pas sans l’autre, à mon sens. Pour que cette mesure soit efficace, c’est-à-dire qu’elle soit utilisée pour nous rendre effectivement plus compétitif, il lui faut un encadrement, un contrôle et le salarié pourrait jouer ce rôle.

Cette mesure a un coût, il faut la financer. Plusieurs solutions existent mais la tentation est grande de le faire porter aux plus grand nombres via une augmentation des impôts directs et indirects.

Attention, cependant à ne pas dégrader un peu plus le pouvoir d’achat des ménages. Tant que notre économie est principalement centrée sur la consommation, à l’inverse de l’Allemagne par exemple, toutes atteintes à la consommation des ménages sera un pas de plus vers la sortie…

Une option serait des économies drastiques sur la dépense publique ou encore sur les prestations sociales versées, pour rappel celle-ci sont financées en partie par les charges sociales. Dans le deuxième cas, le coût social serait énorme et nous ne sommes pas encore suffisamment au fond du gouffre pour que la solidarité soit suffisante à la faire accepter par l’opinion.

 

La réponse du gouvernement

Le gouvernement n’a pas rejeté cette proposition mais il en a proposé quelques arrangements. Tout d’abord, il a réduit le montant préconisé de 30 à 20 milliards, mais bon cela reste néanmoins significatif, certains penseront que ce n'est pas assez !!!.

Ensuite, il a proposé de l’assoir sur une assiette moins large des salaires. Tous les salaires jusqu’à 1.5 fois le SMIC au lieu de 3.5 fois ou comment favoriser le nivellement par le bas, tant au niveau du coût que de la qualification !!!

Si une telle mesure peut se transformer en cadeau pour l’actionnaire, elle peut aussi être perçue par l’entreprise pour recruter à moindre coût. Sans faire du marxisme primaire, on pourrait très bien imaginer les entreprises licenciant à tour de bras et, du fait d’offre importante de main d’œuvre, réembaucher, en faisant d’une part l’économie sur le coût de la main d’œuvre et d’autre part en profitant de la mesure, en l’occurrence du crédit d’impôt, proposée par le gouvernement.

Enfin, au lieu d’une mise en place facile et rapide, réduction directe des charges sociales et patronales. Le gouvernement propose un crédit d’impôt sans condition... Il aurait fallu envisager quelques conditions notamment des engagements au regard de l’innovation et de l’investissement. Il est trop grand le risque de voir les entreprises jouer encore une fois à court terme.

Pour son financement, la solution de facilitée a été retenue. Augmenter la TVA en 2014 !!!

Mesure votée par la Droite et rejetée par la Gauche et finalement remise au goût du jour. Bien qu’elle ait un impact direct sur le pouvoir d’achat, ce mode de financement a l’avantage d’être solidaire.

Il n’y a pas que les actifs pour financer les prestations sociales mais aussi les autres dont le nombre grandit chaque jour… pas si bête finalement.

Au lieu d'un choc, le gouvernement a choisi le sursaut, espèrons que celui-ci soit suffisamment efficace pour relancer notre économie !!!


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7 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 31 décembre 2012 13:43

    plutot que de faire des cadeaux sans contrepartie au patronat depuis 30 ans sans succés, il serait temps de reflechir differement...

    voir ;COMPETITIVITE ET PETITS MENSONGES


    • titi 31 décembre 2012 14:34

      « Il est trop grand le risque de voir les entreprises jouer encore une fois à court terme. »

      Trop drole...
      Vu que les lois, et donc les règles, changent tous les 6 mois, comment voulez vous qu’il en soit autrement ?


      • ungarsnormal 1er janvier 2013 15:31

        C pour cela que dans sa première proposition Gallois propose une stabilité réglementaire...


      • bertin 2 janvier 2013 19:28

          Baisser les charges des entreprises, cela a été essayé depuis 30 ans et ça n’a jamais marché. Si cette baisse de charge est compensée par une hausse de l’impôt sur les ménages, ceux-ci consommeront moins et la mesure aggravera la crise.

         Si cette baisse de charge était compensée par un impôt visant les plus riches, alors elle pourrait avoir un impact positif, mais elle n’interésserait alors plus le médef qui dirige la France.


        • Peretz1 Peretz1 3 janvier 2013 09:15

          "Il n’y a pas de débat à avoir sur le coût du travail et sur l’avantage de cette mesure. Tout le monde s’accorde à dire que celui-ci est trop élevé et que le réduire permettrait aux entreprises de retrouver les marges dont elles ont besoins pour investir, innover et se développer" Faux, tout le monde ne s’accorde pas sur ce besoin d’allègement des charges qui ne concerne en fait que l’export. Comment expliquer la commande de St Nazaire, sinon par un mieux-disant de coût ? Décidément le Medef fait bien son boulot pour enfumer des gens comme vous !


          • ungarsnormal 3 janvier 2013 11:00

            Une réaction un peu poussive mais vous avez raison la baisse du coût du travail ne peut pas & ne doit pas être notre unique avantage comparatif.


            St Nazaire prouve effectivement le contraire. Dans ce cas précis, c’est effectivement le savoir faire français qui nous permet de signer ce genre de gros contrats. Cependant, ils ne nous permettent pas de maintenir une croissance suffisante pour préserver l’emploi.

            Donc oui, à ce stade, le coût du travail reste trop important pour résister face à nos concurrents (tant sur notre marché domestique qu’à l’export) - il faut permettre aux entreprises de retrouver des marges pour leur permettre d’innover par exemple. 


          • ecolittoral ecolittoral 5 janvier 2013 16:09

            Le tonneau des Danaïdes ! ou la boucle est bouclée.
            Les actionnaires « pompent » les ressources.
            Les entreprises par manque de ressources investissent moins et les salaires n’augmentent plus.

            * « La vie » est de plus en plus chère => Les travailleurs/contribuables consomment donc, moins => Les entreprises vendent moins => les actionnaires ne sont pas contents => on réduit les charges patronales => les charges du contribuable augmentent => l’état emprunte => les charges du contribuable augmentent encore => Retour à *

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