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Accueil du site > Actualités > Economie > Codex économique pour les nuls : vulgarisation : rôle des banques dans la (...)

Codex économique pour les nuls : vulgarisation : rôle des banques dans la création de monnaie

Voici un article qui fait suite au billet de vulgarisation « La Crise financière pour les nuls » paru le 17 août 2007, et aux débats entre l’auteur et un commentateur sur la création monétaire. Ce billet de vulgarisation tente d’expliquer le rôle et les mécanismes de création et de destruction de monnaie par les banques simplement à l’aide de diagrammes.

L’article de référence : La Crise financière pour les nuls.

La monnaie constitue le principal moyen d’évaluation et d’échange des biens et des services dans la société de marché.

Augmenter ou diminuer cette masse est un levier qui permet de jouer sur l’économie en favorisant ou non la consommation et la circulation de l’argent.

Les principaux acteurs de la création de monnaie sont les banques. A chaque fois qu’elles accordent un crédit, elles créent de l’argent. A chaque fois que le crédit est remboursé, il y a destruction d’argent.

Comment cela se passe-t-il ? Les diagrammes qui suivent montrent le fonctionnement de la création de monnaie et de son utilisation dans l’économie. Ces schémas sont une vulgarisation simplificatrice du fonctionnement du système.

La situation est la suivante :

  • deux entreprises sont en affaire. La première est débitrice de la seconde après lui avoir acheté un bien ou un service ;
  • les deux entreprises sont clientes de deux banques différentes. Les banques sont contrôlées par la banque centrale de la région économique considérée (par exemple la zone euro).

L’entreprise bleue, pour régler sa dette, emprunte de l’argent auprès de sa banque. De son côté, la banque accorde un crédit. Le crédit vient augmenter les dépôts de l’entreprise 1 auprès de sa banque. Tout ceci n’est qu’écritures comptables, ce qui a pour conséquence de créer de la monnaie scripturale (voir définition de la monnaie). Pour l’entreprise débitrice, l’emprunt à un coût, celui du crédit fixé par la banque.

L’entreprise débitrice émet un chèque à l’ordre de son fournisseur pour régler sa dette :

Le fait que l’entreprise débitrice règle sa dette revient à déplacer la dette de l’entreprise 1 (en bleu) vis-à-vis de l’entreprise 3 (en rouge) vers leurs banques respectives. La créance de l’entreprise 2 sur l’entreprise 1 est soldée alors que la banque de l’entreprise 2 devient créancière de la banque de l’entreprise 1. Le compte en banque de l’entreprise 1 se voit diminué du montant du chèque alors que celui de l’entreprise 2 se voit augmenter du même montant.

La suite des opérations se passe entre les banques. La banque de l’entreprise 2 doit récupérer ce que lui doit la banque de l’entreprise 1. Deux cas possibles :

  1. soit la banque de l’entreprise 1 dispose des fonds pour régler sa dette ;
  2. soit la banque de l’entreprise 1 ne dispose pas des fonds et doit se refinancer auprès de la banque centrale.
Premier cas : la banque dispose des fonds.

Le règlement est immédiat et la banque débitrice voit ses disponibilités réduites alors que la banque créancière les voit augmenter.

Second cas : la banque ne dispose pas des fonds.

Cette opération n’est pas idéale car la banque de l’entreprise 1 doit s’endetter auprès de la banque centrale, ce qui a un impact négatif sur la valeur des intérêts du prêt qu’elle a accordé à l’entreprise bleue.

Une fois que la banque débitrice dispose des fonds, elle paie sa dette à l’autre banque :

Dans ce second cas, la banque de l’entreprise 1 manque de liquidité pour accorder de nouveaux crédits. Il n’est pas aussi intéressant pour elle d’accorder des crédits que si elle disposait de ressources suffisantes pour ne pas devoir se refinancer. Que se passe-t-il si la banque centrale a changé, à la hausse, son taux directeur après que la banque a accordé un crédit ? D’un autre côté l’incidence peut être moindre si la tendance de la banque centrale est à la diminution de son taux directeur.

Au final, lorsque l’entreprise 1 rembourse le montant de l’emprunt, hors intérêts, la masse monétaire créée au moment de l’accord du prêt est détruite petit à petit.

Cet exemple simple permet de montrer comment se crée de la monnaie et aussi de mettre en évidence l’importance du rôle des banques centrales au travers du taux directeur.

Pour plus d’informations (modélisation détaillée) : "Cours Mario Dehove - INSTITUTIONS ET THEORIE DE LA MONNAIE" (pdf).


Moyenne des avis sur cet article :  4.52/5   (25 votes)




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25 réactions à cet article    


  • aurelien 20 août 2007 12:49

    C’est assez illisible pour un article de vulgarisation...


    • aurelien 20 août 2007 12:54

      La faculté des banques centrales à créer de la monnaie n’est pas assez mise en avant dans la description du système.

      Pourquoi en faire un petite à côté ? C’est un élément majeur du fonctionnement du système : la création de monnaie est ex-nihilo... et sert une politique de plus grande envergure, qui est celle e l’économie de marché, représentée par exemple par l’OCDE.


    • aurelien 20 août 2007 13:15

      Il ne sert à rien de se perdre dans de la technicité abusive car là ne sont pas les véritables enjeux.

      Vous pouvez passer votre vie à décortiquer les processus financiers et analyser comment fonctionnent leurs différents outils sans pour autant aborder les problèmes de fond de l’économie mondiale.


    • aurelien 20 août 2007 13:21

      Cela n’enlève en rien le caractère instructif de l’article, mais qui se contente de décrire des situations de débit et de crédit sans analyse plus poussée, et sans recul sur celles-ci : l’ensemble se veut cohérent, mais ne l’est vraisemblablement que dans un cadre de pensée économique particulier, et l’article ne restitue pas cette description dans le contexte économique global et les idéologies qui la sous-tendent.


    • leneant 20 août 2007 14:05

      Cet article n’est pas orienté et n’est pas intégré dans une idéologie. Il est incomplet et ne montre qu’un des aspects de la richesse des mécanismes et des techniques financières.

      Son but est simplement de montrer le mécanisme de création de monnaie par les banques et l’incidence du taux directeur des banques centrales.

      Ce n’est qu’une description de la mécanique du système de création de monnaie scripturale.

      Lorsqu’il est assimilé, il permet d’effectuer sa propre analyse sur les phénomènes de création monétaire et d’appréhender les impacts de la variation des taux directeurs sur les crédits à taux variables ou à taux fixes ainsi que sur les relations inter bancaires.

      Avec les notions de dettes et de créances transmises entre banques, les problèmes de la crise financière exposés dans l’article « la crise financière pour les nuls » et celui du refinancement par les banques centrale est directement décrit.


    • aurelien 20 août 2007 14:15

      Bien sûr , cet article s’inscrit dans l’économie de marché libérale actuelle, avec son organisation caractéristique.


    • LT 20 août 2007 14:51

      ce qui me plait , c est justement que « Cet article n’est pas orienté et n’est pas intégré dans une idéologie. ».

      je veux bien les fait, et qu on me laisse reflechir un peu .

      Je tiens a noter que c est dur ( et donc rare) qu on puisse parler de mecanismes economiques sans emettre de jugement, car ce qui est relié aux mecanismes d echange, est (principalement ) relié a l argent, et cela fait ressortir quasi systematiquement les etiquettes ( comme « liberal » « neo liberal », marxiste, trotskyste, etc,etc.. ) et les vieux clichés droite - gauche....

      malheuresement, ceux ci sont viellement obsolete, ( normal, concus au 19e, en pleine revolution industrielle)

      ( et comme la critique est facile, je mentionne que si je dois utiliser une grille pour me situer, ou situer un discours, j utilise deux axes : ( societalement) conservateur versus progressiste, et ( economiquement) liberal versus etatiste...))


      • leneant 20 août 2007 16:26

        Ce qui peut être compliqué à comprendre c’est qu’en réalité, lorsqu’il y a souscription à un emprunt et règlement d’une dette, la seule chose qui s’échange, ce n’est pas réellement de la monnaie en tant que moyen de paiement, mais des dettes et des créances. La où réellement intervient la monnaie, c’est dans son rôle d’unité de compte qui permet de valoriser la valeur des dettes et des créances. Les règlements interviennent réellement qu’entre banques ( encore faut-il être attentif aux mécanismes de compensations inter bancaire - http://leneant.echosblogs.org/post/274/1597 ).

        Pour mieux comprendre, le système, il est possible de faire un lien avec les effets de commerce. Les effets de commerce comme les billets à ordre ou les lettres de change permettent de transmettre une créance à un tiers. Par exemple A doit 100 € à B et B doit 100 € à C. Alors B plutôt que de régler C en billet, va lui transmettre sa créance sur A. Et c’est A qui va régler C. Dans ce cas A correspond à la banque 1 et C correspond à la banque 2. Donc s’il n’y a qu’une seule banque, c’est le schéma idéal car elle se paye elle même et il ne peut pas y avoir de problème pour honorer une dette. Par contre lorsqu’il y a plusieurs banques, les problèmes commencent car chaque banque doit pouvoir honorer les dettes liées à la monnaie qu’elle a émise. Soit elle peut le faire sur ses fonds propres (tout ce qui peut être monnayé et converti en liquidité) ou par un refinancement inter bancaire.


        • Emmanuel 20 août 2007 17:47

          @ l’auteur

          Au risque d’être limite hors-sujet, pourriez-vous me donner votre avis sur le point de vue développé sur le site suivant, merci.

          http://www.fauxmonnayeurs.org/

          « Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents » « La crise mondiale aujourd’hui », Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques 1988. Ed. Clément Juglar 1999.


          • leneant 20 août 2007 18:48

            Je connais cette citation.

            Les faux monnayeurs émettent de la fausse monnaie fiduciaire, voir divisionnaire. les escrocs comme dans le film « attrape moi si tu peux » émettent de la fausse monnaie scripturale (chèque).

            Le problème est qu’ils ne sont pas responsables. Il n’y a aucune compensation à leur « création » monétaire et ils n’ont aucun engagement ni aucune responsabilité.

            Autre point important, aucune confiance ne peut être accordée à ces personnes. Qui est solvable au final ?

            Autre point, vous même vous pouvez créer votre propre « monnaie » scripturale. Par exemple vous émettez vos propres bons de paiement. Vous les distribuez (en les faisant payer en euros) auprès de vos connaissances qui ont confiance en vous et en votre solvabilité. Ces personnes pourront s’échanger entres elles leurs créances et leurs dettes avec vos bons de paiement. Lorsqu’elles voudront acheter des biens ou des services auprès de personnes qui n’accordent aucun crédit à de tels bons, elles vont venir auprès de vous pour récupérer leur créance (représentée par le bon de paiement) auprès de vous sous la forme d’une autre monnaie (en euros par exemple). Cette autre monnaie servant auprès d’autres organismes qui accordent de la valeur à cette monnaie.

            Maintenant imaginons qu’au lieu de laisser dormir les créances de vos amis (les euros qui leurs ont permis d’avoir vos bons de paiement), vous les placiez et vous perdiez tout suite à de mauvais placement. Qui viendra vous soutenir pour honorer vos dettes vis à vis de vos amis ? Certainement pas la banque centrale. De plus quelles garanties offrez-vous pour assurer à vos amis que vos placements sont corrects et ne sont pas réalisés au petit bonheur la chance ? Respectez vous les règles ? Êtes-vous un professionnel (sous entendu connaissez-vous les règles, les respectez-vous et avez-vous les garanties nécessaires pour entreprendre une telle activité ?). L’exemple que je viens de décrire avec les bons de paiement correspond au principes des « monnaies locales ». Je mets le terme monnaie entre guillemets, car je ne considère pas qu’il s’agisse de « monnaies » à proprement parler. Il s’agit d’un sous ensemble et elles sont appelées monnaies dédiées. Généralement elles n’ont pas toutes les fonctions d’une monnaie. Si elles ont toutes les fonctions d’une monnaie au sens économique et qu’elles sont garanties, alors oui il s’agit réellement de monnaie. Monnaies qui doivent être convertibles et qui doivent être côtées afin de garantir leur conversion.

            Pour le reste, c’est une question de politique et d’idéologie qui sont effectivement hors sujet par rapport à cet article.


          • Emmanuel 20 août 2007 19:08

            Merci de votre réponse, mais ma question portait plutôt sur la critique développée dans le site de l’article 104 du traité de Maastricht :

            « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales » d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des États membres ; l’acquisition directe des instruments de leur dette, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, est également interdite. »

            En particulier la perte de la possibilité qu’avait l’Etat de créer la monnaie.


          • leneant 20 août 2007 19:28

            « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales » d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des États membres ; l’acquisition directe des instruments de leur dette, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, est également interdite. »

            « En particulier la perte de la possibilité qu’avait l’Etat de créer la monnaie. »

            Simple séparation des pouvoirs politiques et des pouvoir monétaire. Ainsi il n’y a plus la possibilités d’utiliser la monnaie a des fins politiques (dumping économique, maitrise de l’inflation à cause de la planche à billets...).

            Ensuite, c’est une question d’idéologie politique et économique.


          • Céline Ertalif Céline Ertalif 21 août 2007 00:13

            @ Philippe Renève

            Je ne sais pas si tu as raison... je trouve souvent inquiétant ces gens qui nous parlent d’économie sans rien connaitre de la comptabilité. On trouve évident qu’un gestionnaire doit maitriser la comptabilité, mais de nombreux économistes me donnent l’impression de s’en abstraire beaucoup.

            Pas question pour moi de faire un discours néo-poujadiste, style « nous qui devons compter dans notre tiroir-caisse », mais c’est important qu’il y ait un lien entre la pratique (comptable) et la compréhension globale (économique). Le problème, c’est que nos concitoyens maitrisent rarement la compta élémentaire à double entrée...


          • Céline Ertalif Céline Ertalif 21 août 2007 00:26

            Pas facile d’être pédagogue, d’habitude on souligne la contre-partie économique réelle à la création monétaire qui correspond aux immobilisations de l’actif créé dans le bilan de l’emprunteur.

            C’est à mon sens une des raisons fondamentales d’être réservé sur l’économie immatérielle qu’a voulu nous vendre le ministre retraité Breton. Bonjour les actifs immatériels et leurs évaluations aléatoires susceptibles de justifier n’importe quoi : notamment la ruine des petits actionnaires, les montages financiers scabreux et les hold up sur fonds publics.


          • leneant 21 août 2007 11:06

            Effectivement, quelques principes de comptabilité sont employés pour expliquer les mécanismes de création monétaire et de transmission des créances. Ceci dit, en étant attentif et en suivant le texte et les graphiques, il n’est pas nécessaire de maitriser ces techniques comptables pour comprendre les mécanismes présentés.

            Effectivement en connaissant les bases de la comptabilité, l’article est plus facilement compréhensible.

            Mais l’expérience prouve qu’il est à la portée des personnes qui ne connaissent pas la comptabilité, mais qui s’intéressent au sujet en étant assez attentives et en fournissant l’effort minimum nécessaire pour comprendre le discourt.

            Cet article a été écrit en mai 2006 ( http://leneant.echosblogs.org/post/274/1340 ) et n’a pas fait l’objet de problème de compréhension, mais plutôt de débats sur la façon dont sont utilisés les mécanismes de création monétaire par l’usage du crédit bancaire.

            Certes, cet article nécessite un effort pour être compris, mais il est à la porter de ceux qui ne connaissent pas la comptabilité.


          • JL JL 20 août 2007 23:45

            les dessins sont très beaux. En haut à gauche, il m’a semblé voir représentée une usine à gaz. smiley


            • Gandalf Tzecoatl 21 août 2007 09:51

              Cette vulgarisation est assez scolaire, mais elle vaut le coup d’oeil.

              Quoiqu’il en soit, on constate fort bien que pour qu’il y est échange (entre les deux entreprises), une des deux entreprises est forcé de s’endetter.

              Bref, toute la masse monétaire en circulation n’existe que parce que des agents se sont endettés d’autant.

              Personnellement, ça me saute aux yeux que les banques se sont forgés un monopole qui leur permet de s’immiscer dans tout les actes de la vie économique de part leur monnaie d’endettement, afin de s’assurer des revenus de « rentiers ».

              Le montant des dettes de l’Euroland étant de 13628 milliards d’euros à juin 2007 ( source http://www.ecb.int/press/pdf/md/md0706.pdf page 3), si je prends ma calculette, à 5% d’intérêts estimés (les prêts à la consommation font augmenter le taux moyen), elles s’assurent des revenus bruts de 681,4 milliards d’euros annuels, avec une croissance de 8.2% annuel du montant des dettes empruntés dans la zone euro.

              Bref, c’est un business juteux et garanti par la nécessité des agents économiques de disposer de monnaie, là où ils pourraient se passer de ces « fournisseurs de monnaie ».

              Je vous épargne la critique concernant les pratiques de réserve fractionnaire (encore appelée réserve divisionnaire ou effet multiplicateur de crédit, ou ratio Cooke) que d’aucuns assimilent à une fraude (voilà le pourquoi de la citation de M Allais, évoquée plus haut).


              • leneant 21 août 2007 12:05

                Cet article ne se veut pas un cours sur la monnaie. Il tente simplement de décrire de façon accessible un des mécanisme de création de monnaie par les banques et de sa contre partie pour celles-ci.

                L’aspect macro économique n’est pas abordé, mais avec cette description, il devient possible de comprendre pourquoi la crise d’août à nécessité l’intervention des banques centrales sur le marché inter bancaire pour refinancer les banques en difficultés.

                L’objet était simplement de mettre en avant, du point de vue des banques, les mécanismes faisant que lorsqu’elles émettent de la monnaie elles contractent une créance auprès de leur client, mais qu’elles contractent aussi une dette potentielle auprès d’un autre organisme bancaire (lorsque le client à payé avec la monnaie créer au moment du prêt). Dette que la banque devra honorer un jour ou l’autre.


              • Forest Ent Forest Ent 21 août 2007 13:45

                Bon ben alors passons au TD. Quelle est la réponse aux questions que nous nous sommes posées avec Thomas ?

                Une BC peut-elle baisser ses taux directeurs sans créer de la monnaie ?

                Y a-t-il eu création de dollars entre 2002 et 2006 ? Si oui, combien ? Comment peut-on en évaluer l’impact sur la croissance US ? (Dans la « tribune » d’hier, Stiglitz proposait 80%).


                • leneant 21 août 2007 14:25

                  « Une BC peut-elle baisser ses taux directeurs sans créer de la monnaie ? » Oui (mais attention il y a un piège). Si une banque centrale baisse sont taux directeur elle ne crée pas directement de monnaie. Seul un refinancement direct des banques de sa part fait qu’elle crée de la monnaie. Par contre comme les taux directeurs sont moins importants (le loyer de l’argent diminue), l’accès au refinancement inter bancaire est facilité. Dans ce cas les impacts sur les bénéfices et les risques sont moindres. Ce n’est pas la banque centrale qui crée de la monnaie, ce sont les banques qui dépendent d’elle. Jouer sur le taux directeur permet de contrôler la croissance de la masse monétaire créée par les banques.

                  Par rapport à la discussion sur l’article « La crise financière pour les nuls », le fait de baisser le taux directeur à pour tendance de favoriser l’accroissement de la masse monétaire. A l’opposé, le fait de monter le taux directeur à l’effet inverse et favorise la diminution de l’accroissement. Si l’augmentation est très importante, une réelle diminution de la masse monétaire peut être obtenue. Donc entre le moment où il y a une diminution du taux directeur, et le moment où il y a une augmentation de celui-ci, il y a une augmentation de l’accroissement de la masse monétaire. Mais, ce n’est pas parcequ’il y a une réévaluation à la hausse du taux directeur qu’il y a forcément diminution de la masse monétaire. Généralement il n’y a qu’une diminution de la quantité de monnaie créée. Tout dépend du point d’équilibre entre les opérations de remboursement et des opérations d’octroi des prêts. Pour simplifier, je dirais que ces leviers jouent sur les risques encourus par les banques à honorer leur dettes. Si le loyer de l’argent est élevé, elles auront plus de difficultés pour se refinancer si elles sont sous liquides (et ca leur coutera cher) et elles auront plus de difficultés pour honorer leur dettes. Ce qui correspond à un risque de diminution de leurs résultats, voir de rachat par un autre organisme ( sous la forme d’augmentation de capital - qui est un moyen de refinancer une entreprise en apportant de l’argent frais - et/ou de revente des parts des actionnaires pour lesquels l’intérêt dans la possession du capital de la banque n’a plus d’intérêt ).

                  Du point de vue micro économique il n’est pas possible de déterminer les effets précis sur la variation de la masse monétaire du changement du taux directeur d’une BC. Cela peut être envisagé au niveau macro économique, mais difficilement puisque d’autres éléments jouent et interviennent dans l’équation. C’est toute la compétence des BC qui fait qu’elles optent pour la bonne variation de leurs taux directeurs pour obtenir les effets désirés.


                • Forest Ent Forest Ent 21 août 2007 14:45

                  Merci beaucoup de la réponse.

                  (Nb. coquille dans ma question : l’article de Stiglitz était dans « les échos », pas « la tribune »)

                  Je ne pensais évidemment pas à une création directe. La création ne se fait qu’en augmentant les prêts aux banques. (Il n’y a pas de différence entre un euro détenu par la BCE et un euro qui n’existe pas. Ce sont les prêts et remboursements qui sont les créations et destructions). Mais on peut quand même penser intuitivement que si l’on baisse le coût de l’argent, on en augmente la demande, et respectivement pour la montée et diminution.

                  Cela dit, il semble que depuis que la fed a monté ses taux, M1 diminue et M2 monte. Peut-on en déduire que cela n’a pas eu l’effet escompté ?


                • leneant 21 août 2007 15:03

                  M1 = Masse monétaire liée à la monnaie fiduciaire, divisionnaire et scriptural (pièce, billets et compte en banque) ;

                  M2 = M1 + les livrets, les codevi, les comptes épargnes logement ...

                  M3 = M2 + Sicav et fonds commun de placement.

                  Il faut bien voir que seule M1 est de la monnaie au sens économique du terme. M2 est de monnaie et de quasi monnaie. Pour l’utiliser économiquement de la quasi monnaie afin d’honorer une dette, il faut la convertir en monnaie.

                  Si M2 augmente et que M1 diminue cela peut signifier simplement que les remboursements de prêts sont supérieurs à l’octroie de nouveaux prêts. Et que les ménages plutôt que de consommer, préfèrent épargner leur revenus.


                • ddacoudre ddacoudre 21 août 2007 18:38

                  Bonjour. C’est bien cette tentative d’explication simple d’un processus plus complexe. J’ai aimé le commentaire d’un commentateur qui disait que pour une fois il appréciait des explications non partisanes. On peut à tors penser qu’elles ne sont pas partisanes parce qu’elles font l’objet d’un enseignement didactique. Pourtant cette forme de création de monnaie est une construction politique pour servir un système de pensée idéologique en organisant la création de monnaie en dehors du pouvoir régalien de l’Etat. La codification comptable également elle n’est pas plus neutre que le reste, les américains ont une comptabilité un peu divergente si bien qu’avec leur système certaine de nos entreprises seraient en faillite et vice versa. Aucun système quel qui soit ne peut être neutre, puisqu’ils sont le produit de la réflexion de l’homme sur le type d’organisation qu’il génère et dont il espère être le bénéficiaire. Ceci dit, cela ne dispense pas de connaître comment tous ces systèmes fonctionnent pour se forger sa propre opinion et orientation, et comprendre se qu’en disent les initiés sans se sentir perdu Bonne initiative pour plus il y a en librairie beaucoup d’ouvrage de vulgarisation de l’économie. Je recommande pour si retrouver dans le libéralisme dont il est souvent question l’ouvrage synthétique de Laurent Alain. Les grands courants du libéralisme. Edition Armand Colin. 1996. Cordialement.


                  • leneant 21 août 2007 20:32

                    « On peut à tors penser qu’elles ne sont pas partisanes parce qu’elles font l’objet d’un enseignement didactique. Pourtant cette forme de création de monnaie est une construction politique pour servir un système de pensée idéologique en organisant la création de monnaie en dehors du pouvoir régalien de l’Etat. »

                    Ce n’est pas le mécanisme de création de monnaie via les prêts bancaires qui interdit à l’état de créer de la monnaie. C’est la loi et entre autre le traité de maastricht. Avant ce traité, rien n’empêchait à l’état d’ordonner à la banque de France de favoriser la création de la monnaie en diminuant ses taux ou en produisant directement de la monnaie fiduciaire ou en utilisant le trésor pour produire de la monnaie divisionnaire.

                    Le mécanisme en lui même est lié à un contexte, mais l’utilisation qui en est faite par les acteurs, le mode d’utilisation défini par les lois et autres n’a rien à voir avec le mécanisme lui même.

                    Je ferais bien le rapprochement avec un outil ou un moyen. Il existe en tant que tel indépendamment de l’usage qui en est fait.


                  • Daniel Tourre Ziberal 10 août 2010 09:14

                    Un article qui présente bien le fonctionnement actuel de la monnaie.

                    Ce fonctionnement est catastrophique, un véritable système de pillage en faveur de l’Etat et des grandes banques.

                    Il vient directement d’une vision neoclassique de la monnaie (Keynesien comme monétariste), mais il existe d’autres visions de la monnaie comme celle de l’école autrichienne :

                    http://www.dantou.fr/banques.html

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