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Codex économique pour les nuls : rôle des banques dans le règlement des opérations commerciales

Suite au précédent article de vulgarisation sur le rôle des banques dans la création de monnaie, dans les commentaires sont apparues des difficulté de compréhension liées au manque de connaissance des principes de base de la comptabilité. Dans ce nouvel article, qui devrait être consulté avant celui en référence, les règles ne sont pas expliquées, mais les mécanismes sont présentés plus clairement en expliquant quel est le rôle des banques dans les règlement des opérations commerciales entre entreprises.

L’article en référence : Codex économique pour les nuls : vulgarisation : rôle des banques dans la création de monnaie.

Les banques jouent un rôle prépondérant dans le règlement des opérations commerciales entre entreprises ou entre entreprises et particuliers.

Elles sont responsables du règlement monétaire scripturale (voir la définition de la monnaie) des dettes entre les acteurs économiques.

Pour expliquer le rôle des banques dans les opérations commerciales, nous allons passer par un exemple dans lequel deux entreprises effectuent une opération commerciale. Chaque entreprise possède une banque différente qui gère leur compte.

Explication de la lecture des schémas de l’exemple :

Les comptes sont présentés par des T. Ils sont associés deux à deux afin de montrer les mouvements au sein des entreprise, des banques, entre entreprises, entre banques et entre entreprises et banques.

La situation initiale présente un dépôt de 100 euros de la première entreprise sur son compte à sa banque et de 70 euros de la seconde entreprise sur son compte à sa banque.

Du point de vue des entreprises, le dépôt d’un montant sur leur compte à la banque correspond à une créance sur leur banque. Pour les banques, cela correspond à une dette.

Le fait d’acheter un bien ou un service correspond à avoir une dette vis-à-vis de l’entreprise fournisseur. La dette sera gommée lors de son règlement.

Le règlement de sa dette par l’entreprise bleue revient à émettre un flux de monnaie, au travers d’un chèque, vers l’entreprise créancière.

Le fait pour l’entreprise cliente de régler sa dette à l’entreprise créancière revient à diminuer sa créance auprès de sa banque au bénéfice de l’entreprise créancière. Pour l’entreprise créancière, le fait de recevoir le règlement de sa créance revient à augmenter sa créance auprès de sa propre banque.

Comme le chèque provient de la banque de l’entreprise 1, la banque de l’entreprise 2 ne peut se faire "payer" la valeur du chèque qu’auprès de la banque de l’entreprise 1. De ce fait, elle devient créancière de la banque de l’entreprise 1 qui doit lui régler sa dette.

La banque de l’entreprise 2 demande le règlement de sa créance à la banque de l’entreprise 1 :

Au final l’entreprise 1 (bleue) n’a plus qu’une créance de 70 euros sur sa banque et n’a plus aucune dette vis-à-vis de la seconde entreprise (rouge). Et la seconde entreprise à une créance de 100 euros sur sa banque et plus aucune créance sur la première entreprise. La banque de l’entreprise 1 n’a plus de dette vis-à-vis de la banque de l’entreprise 2 et a vu sa dette diminuer vis-à-vis de la première entreprise, mais elle a également vu diminuer ses disponibilités. La banque de l’entreprise 2 a vu se solder sa créance sur la banque de l’entreprise 1, mais a vu sa dette augmenter à 100 euros vis-à-vis de la seconde entreprise. Mais ses disponibilités ont augmenté jusqu’à 100 euros.

Un point est à remarquer : à part la monnaie fiduciaire que possèdent les entreprises dans leur caisse (qu’elles n’ont pas encore déposées sur leur compte en banque), les entreprises ne détiennent aucune monnaie. Elles ne manipulent que des dettes et des créances sur leurs banques ou vis-à-vis d’autres entreprises.

Ceci est aussi vrai pour les particuliers.


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14 réactions à cet article    


  • leneant 22 août 2007 22:17

    Jamais je n’aurais imaginé qu’ils ne soient pas visibles ces comptes en « T »...

    Alors ce que l’on nomme les comptes en T c’est la représentation des « actifs » et « passifs » sur deux colonnes côtes à côtes.

    Il en va de même pour la représentations des « charges » et des « produits » dans un compte de résultat.

    actif | passif <= voilà ce que l’on appelle un compte en « T ».

    Tout simplement car sur le papier la séparation en deux parties avec les intitulés des colonnes dessine un « T ».


  • leneant 22 août 2007 22:21

    Pour l’association des comptes, le premier graphique avec les ellipses indique quelles sont les associations et comment il faut lire les mouvements entre les comptes.

    Là aussi jamais je n’aurai imaginé que cela pose problème.


  • Céline Ertalif Céline Ertalif 22 août 2007 22:53

    Oui, oh la la, chacun porte sa croix. Présenter des comptes, c’est toujours des chiffres au premier degré. Au deuxième, c’est de la littérature. smiley


  • leneant 22 août 2007 12:31

    Votre commentaire est une bonne synthèse de la mécanique décrite d’un point de vue comptable. Même si dans cette mécanique la compensation des dettes entre banques n’est pas décrite ( http://leneant.echosblogs.org/post/274/1597 ).

    L’objet de la diffusion de cet article est de présenter la mécanique de transmission des créances entre acteurs et le fait que les banques « héritent » de ces dettes qu’elles doivent honorer. Il a aussi pour objet de présenter la mécanique comptable de manière simplifiée. En ce sens, il sert d’introduction à l’article du 20 août sur la création de monnaie par les banques ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28072 ) qui partait du principe que les mécanismes décrits ici étaient connus (D’ailleurs un commentaire mettait le doigt sur ce point).

    Il est vrai que ces mécaniques, dans le détail, sont relativement indigestes. Mais une fois assimilées, elles permettent, par le raisonnement, de comprendre beaucoup de choses et de juger par soi même de la qualité des informations qui sont portées à notre connaissance.

    Et en plus moi ça me plait de savoir que j’ai une créance vis à vis de ma banque.


  • ripouette ripouette 22 août 2007 13:27

    La vache dès que ça cause de fric, j’y comprends plus rien ! C’est sûr je serai jamais riche, ç’est trop compliqué.


    • alberto alberto 22 août 2007 14:36

      Tes schémas sont pas mal, mais tu ne montre pas où et quand les banques gagnent des sous dans l’opération : faut bien que ces pauvres gens vivent !


      • leneant 22 août 2007 15:00

        A priori les opérations décrites n’intègrent pas les sources de revenus des banques.

        Pour une banque, les revenus provenant directement de leur clients en terme de dépôt viennent du prix de leur services.

        Par exemple les banques peuvent imputer des frais de gestion de compte qui viennent alléger leur dette vis à vis de leur client. Ce qui revient à s’approprier définitivement une partie des liquidités que ont été déposées auprès de la banque.

        Ensuite, ces liquidités une fois déposées dans la banque ne vont rester inactives dans les comptes jusqu’à ce que des règlements de dettes interviennent. La banque va faire circuler ces liquidités. Une banque ayant beaucoup de dépôts (trop par rapport aux règlements de dettes) va être sur liquide (elle va avoir trop de liquidités), dans ce cas elle a tout intérêt à accorder des prêts qui, avec les taux d’intérêts vont lui rapporter des bénéfices. Ceci à condition de trouver le bon équilibre afin que la banque n’ait pas à s’endetter pour faire face à ses obligations. Elle peut aussi investir ces liquidités sur des titres qui rapportent des intérêts. Elle peut également disposer de ces liquidités pour refinancer d’autres banques sur la marché inter bancaire au taux directeur de sa banque centrale.

        Tout l’art du banquier est de gérer correctement les liquidités à sa disposition afin d’optimiser ses revenus mais aussi pour faire face à ses obligations.

        Ils existent d’autres sources de revenus pour les banques, mais ils sont en dehors du contexte de cet article.

        Pour revenir à l’article sur « La crise financière pour les nuls », si une banque investi dans des titres dont les revenus (sous forme de remboursement d’emprunt par exemple) sont taris et que ces titres n’ont plus de valeur à la revente alors la banque peut ne plus pouvoir récupérer assez de liquidités pour faire face à ses obligations. Cette façon de procéder doit impérativement s’inscrire dans une stratégie de gestion des risques. Comme expliqué hier (mardi 21 août 2007) dans C dans l’air sur la 5, ces dernières années, sur le marché de l’immobilier américain, la notion de risques n’était plus perçue. Du coup sans gestion attentive et prudente des risques, des situations comme celle que nous connaissons ces derniers temps peut arriver.


      • Internaute Internaute 22 août 2007 18:18

        Votre dernier commentaire donne froid dans le dos.

        1 - Une banque a-t-elle le droit de placer l’argent des comptes courants à l’insu des clients ?

        2 - J’ai entendu dire que les banques peuvent prêter 12,5 fois le montant de leur dépôts, c’est à dire créer ex-nihilo de la monnaie (assez fausse d’ailleurs). Elle peuvent prêter 100 euros si elles en ont 8 en caisse. Vrai, faux, ou incomplet ?


      • leneant 22 août 2007 22:06

        La banque est débitrice de ces clients. La monnaie est utilisée dans sa fonction d’unité de compte pour valoriser la créance des clients sur la banque. Au final, la monnaie appartient à la banque centrale de la zone dont dépend la banque considérée. Du coup la banque dépositaire des fonds de ses clients peu faire circuler les liquidités. Elle y a intérêt et l’économie aussi.

        Pour ce qui est de la création de monnaie, je ne connais pas de limites règlementaire, mais je ne suis pas un spécialiste de cet aspect du problème. Par contre j’ai trouvé des informations sur les accords de Bâles qui déterminent des ratios ( Bâle I et Bâle II ) qui se calculent en fonction des prêts accordés et des fonds propres. En comptabilités, les fonds propres sont constitués par :
        - le capital
        - les bénéfices ou les pertes
        - les réserves légales*
        - les provisions règlementées**.

        Pour plus d’infos :

        Capitaux propres, fonds propres : http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitaux_propres

        Provisions : http://fr.wikipedia.org/wiki/Provision

        Accords de Bâle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_B%C3%A2le

        *les réserves légales correspondent à des réserves prisent obligatoirement sur les bénéfices avant redistribution pour assurer un minimum d’autofinancement

        **les provisions règlementées sont des provisions obligatoires fixées par la règlementation et qui consiste à comptabiliser des charges en les affectant aux capitaux propres afin de mettre de côté des richesse par une diminution du résultat ( augmentation des charges ).


      • kf4u 22 août 2007 21:11

        Par ici c’est quand même plus clair :

        http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3065


        • leneant 22 août 2007 22:10

          Effectivement, le scénario est clair.

          Mais il ne met pas en avant le fait que les acteurs s’échangent des créances.

          Et il ne décrit pas la mécanique comptable.


        • Gandalf Tzecoatl 22 août 2007 23:30

          Dans la même veine, il y a cette video très instructive, hélas en anglais :

          http://video.google.fr/videoplay?docid=-9050474362583451279


        • Internaute Internaute 23 août 2007 08:34

          Merci pour la référence. On comprend mieux l’acharnement des banques et du pouvoir politique à supprimer les billets en circulation. Cela a commencé par l’interdiction de payer en liquide au dessus d’une certaine somme, soit-disant pour notre sécurité bien entendu, puis continue aujourd’hui par des inventions pas forcément utiles comme la carte Monéo.


        • Gandalf Tzecoatl 23 août 2007 09:08

          @ Internaute,

          D’après mes sources (les 10 plus gros mensonges sur l’économie, voir http://www.10mensonges.org/index.htm ), les billets dans l’eurozone font partie de la monnaie temporaire (ils sont émis à l’occasion d’emprunts et permettent donc aux banques de percevoir un intérêt).

          Seul les pièces sont de la monnaie permanente (émis par l’état), cela représente donc 1 ou 2 % de la masse monétaire globale.

          Moneo sert surtout à prélever des frais bancaires sur les utilisateurs en sus.

          Pour ceux que ça intéresse, je conseille fortement le livre ci-dessus.

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