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Cogénération et prix du gaz

Les énergies renouvelables du type éolien, solaire, micro hydraulique, sont financées par l’obligation de reprise de l’électricité produite par EDF, à un prix fixé par l’État et particulièrement intéressant pour le producteur. C’est ce que je vous expliquais dans un message du 24 Septembre sur ce sujet, auquel je vous invite à vous référer.

Le système de reprise existe aussi pour des installations plus industrielles, puisqu’il s’agit de cogénération. La cogénération est une unité de production mixte qui fournit à la fois de la chaleur pour le chauffage, et de l’électricité. Elle est alimentée au gaz naturel et est très appréciée des industries petites à moyennes qui souhaitent avoir leur autonomie énergétique.

Les exploitants d’unités de cogénération sont les filiales des ex-Générale des Eaux ou Lyonnaise des Eaux, aujourd’hui Véolia (pour la partie environnement seulement de l’ex-Générale, le reste est devenu Vivendi) ou Suez, et les noms de ces filiales elles-mêmes sont Dalkia, Elyo ou d’autres cogénérateurs indépendants. L’État a fait le choix de soutenir financièrement la cogénération, et c’est la raison pour laquelle ces sociétés se sont lancées dans cette aventure qui leur a permis de se constituer, à marge garantie, un parc de production d’électricité et une expertise technique pour le moment où le marché serait libéralisé. De l’art d’aider la concurrence à vous concurrencer !

Vous avez suivi comme moi la saga du prix public du gaz. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les cogénérateurs se sont trouvés également confrontés à la hausse des prix du gaz de ces derniers mois. Or, il se trouve que le prix de reprise garanti par EDF est néanmoins plafonné, pour éviter que la charge pour EDF- et au-delà pour le consommateur d’électricité final, c’est-à-dire nous-mêmes- ne devienne trop lourde. Or, pour la première fois, le plafond a été atteint sur la période de chauffe Nov.04/Mars05, ce qui fait qu’EDF ne leur a remboursé (d’après eux) que 97.5 pct de leurs coûts de production.

Le prix du gaz ayant continué à monter pendant le second semestre 2005, la saison de chauffe 2005/2006 se serait annoncée donc sous de mauvais auspices, si l’État ne révisait pas son prix plafond à la hausse. D’où des pressions fortes auprès de Bercy, pour qu’en même temps que l’État accordait à Gaz de France les hausses qu’il avait demandées, il fasse un effort similaire pour le prix de reprise plafond d’EDF. Car en fin de compte, c’est l’État qui paie ce prix de reprise, par l’intermédiaire de la compensation aux charges de service public d’électricité(CSPE) que l’État paie à EDF. Et au-delà de l’État, cette CSPE est incluse dans les tarifs d’EDF. Globalement, c’est donc le consommateur qui paie dans son tarif les subventions accordées par l’État pour toutes les énergies renouvelables, pour un montant de 4,5 euro/megaWhr(0.0045 ?/kWhr ou 0.45 centime d’euro/kWhr).

Après quelques discussions difficiles dans lesquelles furent impliqués Matignon et même l’Élysée, Bercy a fini par céder aux demandes des cogénérateurs qui verront donc le prix de reprise monter de 75 pct de leur prix de revient à 92,5pct. Il en coûtera à l’État, et donc au contribuable, 155 millions d’euros de surcoût, alors que normalement le CSPE était censé diminuer cette année...

Merci au gouvernement d’avoir si bien défendu les intérêts des consommateurs. Au fait, il paraît qu’il y a eu des compensations données par Véolia dans le sud de la France. Suivez mon regard.


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