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Comment décrédibiliser « tous » les patrons : l’affaire Forgeard

Laurence Parisot, en défendant le système permettant aux patrons de « très grandes entreprises » de disposer d’indemnités de départ « gigantesques » lorsqu’ils sont mis à pied par leur conseil d’administration, nous fait l’exacte démonstration du théorème dit « de l’argent fou », qui veut que l’argent, au-delà d’un certain seuil de « gigantisme », isole les individus qui y ont accès à un point tel qu’ils en perdent tout sens des réalités. Chefs d’entreprise, il est urgent de rappeler votre patronne à la réalité si vous ne voulez pas que ce soit la rue qui le fasse pour vous en vous mettant dans le même sac.

« (...)Il est important d’expliquer ce qu’est le job d’un chef de très grande entreprise ; je crois que personne ne sait exactement ce que ça veut dire : c’est une pression gigantesque ! » Laurence Parisot, France Inter, dimanche 15 avril 2007, 8h50-8h59.

Mais de quelle pression parle-t-on ?

Dans cette interview réalisée par Roland Mihaïl sur France Inter, la présidente du MEDEF se reconnaît, non pas choquée, mais "très étonnée" par le montant des indemnités de départ touchées par M. Forgeard, et nous fait surtout part de sa "stupéfaction" devant "le déferlement d’anathèmes d’ignorance et de démagogie qui a suivi la révélation de l’affaire". Elle déclare quant à elle ne pas savoir si ces indemnités sont ou non justifiées, et estime que seuls le conseil d’administration et l’assemblée générale des actionnaires disposent des éléments permettant d’en juger. Cela s’appelle bien perdre tout sens des réalités.

En effet, la question n’est pas véritablement de savoir si M. Forgeard a été un bon ou un mauvais PDG d’Airbus, s’il est ou non responsable des milliers de suppressions d’emplois qui ont suivi son départ et s’il est ou non impliqué dans un délit d’initié. Elle est bien plus de savoir si l’énormité du montant de ses indemnités est, non pas seulement justifiable, mais tout simplement tolérable. Un simple petit calcul élémentaire aurait dû permettre à madame Parisot de savoir : 8,5 millions d’euros, c’est l’équivalent de 100 ans de salaire à plus de 7 000 euros par mois, c’est également environ 1 000 fois plus que l’indemnité de licenciement d’un salarié payé environ 1 500 euros par mois qui aurait plus de vingt ans d’ancienneté ; cherchez l’erreur !

Quelle est donc cette pression gigantesque qui serait susceptible de justifier des indemnités aussi monstrueuses ? Qui peut croire que la pression à laquelle est soumis un grand patron puisse être 1 000 fois supérieure à celle à laquelle est soumis couramment un individu moyen ? Si le commun des mortels a du mal à imaginer la "pression gigantesque" à laquelle est soumis un grand patron au point qu’il faille lui "expliquer le job", Laurence Parisot semble quant à elle totalement incapable d’imaginer la pression quotidienne à laquelle peuvent être soumis un grand nombre de ses contemporains.

Imagine-t-elle par exemple la pression à laquelle peut être confrontée une mère célibataire payée au SMIC, avec un jeune fils dont elle n’a pas le temps de s’occuper autant qu’il le faudrait, qui est en train de sombrer dans la délinquance, tandis qu’elle risque de perdre son travail parce qu’elle y manque de disponibilité ? Harcelée par le collège qui la convoque à chaque nouvelle incartade de son fils, harcelée par sa banque pour des fins de mois qu’elle n’arrive pas à boucler et par de nombreux autres créanciers, harcelée par son chef d’atelier qui lui reproche un absentéisme en hausse et une assiduité en baisse, harcelée par ses voisins d’immeuble qui lui reprochent les incivilités de son fils, harcelée bientôt par la police et la justice avec lesquelles son fils commence à avoir des ennuis, harcelée enfin par son propre fils qui lui reproche inconsciemment son manque de disponibilité et ne respecte plus aucune autorité, encore moins celle d’une mère que la société ne respecte plus. Madame Parisot imagine-t-elle vraiment que la pression à laquelle cette femme est quotidiennement soumise sans aucune chance de trêve soit mille fois moindre que celle subie par un grand patron qui peut, lui, régulièrement s’évader en vacances dans de nombreux paradis dorés grâce à un argent dont on finit par se demander ce qu’il peut bien en faire ?

Imagine-t-elle également la pression à laquelle peut être soumis un patron de PME aux revenus très inférieurs à ceux de M. Forgeard, dont les conditions financières et la situation familiale peuvent aussi parfois être très difficiles, confronté à une menace de faillite et conscient de sa responsabilité vis-à-vis des dizaines de collaborateurs dont l’avenir dépend de sa capacité à sortir l’entreprise du marasme ? Imagine-t-elle aussi la pression pluriquotidienne à laquelle est soumis un chirurgien qui tient au bout de ses doigts la vie de son patient ? Imagine-t-elle encore la pression à laquelle peut être soumis un commandant de bord lorsque son avion est soumis à des conditions météorologiques dangereuses et que la vie d’une centaine de passagers dépend de la rapidité et de la qualité de ses réactions ? Imagine-t-elle enfin le job de millions de gens qui vivent dans le monde réel ? Son incapacité avouée à juger de la justification du montant des indemnités allouées à M. Forgeard et sa stupéfaction face aux réactions qu’il a suscitées permettent d’en douter.

Chefs d’entreprise révoltez-vous ! Oui, votre patronne semble bien avoir perdu tout sens des réalités. Vous qui pour la plupart êtes restés dans le monde réel, en deçà du seuil d’application du théorème de l’argent fou, ressaisissez-vous ! Débarquez vite cette présidente qui dans son incapacité à savoir si 8,5 millions d’euros d’indemnités de départ sont justifiés (et donc justifiables) vous décrédibilise tous ! Et faites-le vite avant que ce ne soit Olivier Besancenot et la rue qui le fassent pour vous car ils vous mettront sans aucun doute dans la même charrette !


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129 réactions à cet article    


  • Olivier Bazin (---.---.177.25) 16 avril 2007 11:26

    Je suis tout à fait d’accord avec vous.

    Sans vouloir généraliser, la perte de contact avec la réalité de certains grands patrons est effrayante.

    Comment peut on être à ce point en décalage ?

    Que le salaire du patron soit plus important que celui de l’employé... normal. Que les patrons soient rémunérés sur leurs performances... normal. Mais cette notion de « golden parachute » devient amorale quand de telles proportions (affaire forgeard) sont atteintes.

    Mme Parisot soutien sa « boutique » petitement c’est à dire de la manière la plus facile. Elle se grandirait à lancer un débat interne dans son syndicat.

    http://www.lasauce.eu


    • La mouche du coche La mouche du coche 16 avril 2007 13:22

      Bonjour,

      Monsieur l’auteur, votre article est beau comme vous . Vous avez abordé la question de façon intéressante. smiley

      Je suis moi-même chef d’entreprise ( d’une petite entreprise mais enfin) et je suis à chaque fois surpris de constater à quel point le MEDEF n’a JAMAIS exprimé une opinion avec laquelle je sois d’accord. Même pas une fois.

      Sur cette question scandaleuse en tout point, Laurence Parisot a démontré son extrême bassesse (ou nullité comme on voudra.) smiley

      Il faut TOUJOURS taper sur le MEDEF. Cela l’aide, sinon à comprendre, au moins à réfléchir, en tout cas à essayer. C’est déjà ça. smiley


    • (---.---.173.234) 16 avril 2007 15:44

      Mais pourquoi les petites entreprises qui se font bouffer par le MEDEF ne s’organisent pas pour être mieux représentées ?


    • Rage Rage 16 avril 2007 17:24

      Bonjour,

      Comment ne pas partager votre avis ?

      Parizot est tout ce que nous ne sommes pas, pire que cela, elle porte atteinte à l’image de beaucoup de patrons, qui eux, rament pour s’en sortir, et même s’ils s’en sortent, ne cotoient pas ce petit monde fermé des « golden parachutes » et de l’argent à foison.

      Madame Parizot, à l’instar de M.Sarkozy, vous êtes tout ce que la France peut redouter, tout ce qu’elle doit écarter avec force, faute de quoi, vous aurez à charge les « charettes » dont parle l’auteur...


    • ExSam (---.---.121.228) 16 avril 2007 20:28

      IP:xxx.x27.173.234

      Sans doute parce que les grandes entreprises sont généralement donneurs d’ordres pour les petites et qu’elles sont Medefistes...Retour de bâton prévisible.

      Ceci dit, toutes les entreprises ne sont pas coincées, sûrement, dans une hiérarchie d’activité.

      Donc, il y a peut-être un effet d’adhésion aux « thèses » MEDEF et un esprit de corps qui jouent, entre patrons..Comme si les patrons de toute petite boite avaient une position et un train de vie comparables à ceux des Forgeard...Mais bon, on rentre dans les effets distinctifs et leurs biais...


    • (---.---.80.24) 17 avril 2007 13:13

      Les petites entreprises ont une autre alternative que le MEDEF pour les représenter : c’est la C.G.P.M.E


    • JG (---.---.217.187) 17 avril 2007 13:37

      Ouais, tu as raison, montons une nouvelle inquisition (comment dit-on aussi, des « jury populaires » ?).


    • Nathanael (---.---.252.222) 16 avril 2007 11:35

      Nous sommes tous d’accord que c’est ammoral au vue des sommes..... Mais qu’est ce qui ne l’ai pas aujourd’hui ? voyez l’argent qui circule dans le milieu sportif, Voyez un Bekham qui chaque année gagne 4 fois le golden parachute de notre ami Forgeard ?

      La meilleure question que vous posez c’est de savoir effectivement ce qu’ils font de cet argent dont une vie ne suffirait pas pour tout dépenser... Une autre chose vraie : plus on gagne, plus on veut gagner, nous ne somme jamais rassasiés...


      • Janis (---.---.115.50) 16 avril 2007 14:14

        Certes, mais il n’y a pas de licenciements massifs dans le foot ^^ alors leurs millions, ils peuvent se les garder. Ce qui est scandaleux c’est qu’airbus a besoin de cet argent pour que des tas de gens ne se retrouvent pas a la rue, et c’est un seul homme qui va en profiter, et pour faire quoi, partir aux bahamas, s’acheter une enieme caisse dont il n’a pas besoin ? Voila le probleme.


      • Paul (---.---.157.63) 16 avril 2007 19:26

        Le jour ou un footbaleur fait perdre de l’argent à son équipe il est viré. et il ne risque pas de se faire reembaucher ailleurs.

        car un club de foot suit une logique économique libérale. Il ne peut pas se permettre de perdre, contrairement à Airbus.

        là c’est les employés qui trinquent.


      • Dominique Dutilloy Dominique Dutilloy 16 avril 2007 11:41

        Madame Parizot ne connaît aucune des réalités subies par les salariés, les chômeurs (en fin de droit), les patrons de petites et moyennes entreprises...

        Mais, au fait, connaît-elle les prix les plus courants à la consommation : j’en doute !


        • JG (---.---.217.187) 17 avril 2007 13:41

          Mais Mme Parisot et les patrons comme elle, c’est eux qui assurent le boulot des autres. Réfléchis seulement une minute à ce que tu ferais demain si tu devais gagner ta croute tout seul. Tu va voir que tu préfèreras être au chaud à ton boulot à cracher sur les patrons. Sans grand mérite (« faire payer les riches... »).


        • Francis BEAU Francis BEAU 17 avril 2007 17:18

          Réaction au commentaire de JG.

          « c’est eux qui assurent le boulot des autres » ! Merci M. JG pour cette intéressante remarque frappée au coin du bon sens. Celle-ci n’ôte malheureusement rien au fait que Mme Parisot semble être totalement déconnectée de la réalité des difficultés auxquelles peuvent être confrontés bon nombre de ses concitoyens. C’est même plutôt inquiétant que la responsabilité d’assurer le boulot de millions de Français soit confiée à des patrons ayant à ce point perdu le sens des réalités !


        • tvargentine.com lerma 16 avril 2007 11:54

          Même un electeur de droite ne peut pas etre d’accord avec la manière ainsi,après une telle faillite morale.

          Ces indemnités de départ devrait être saisie


          • JG (---.---.217.187) 17 avril 2007 13:34

            Saisies par qui et en vertu de quoi ?

            On est en Europe, on n’est pas en Russie. Qui peut aller prendre de l’argent dans la poche de quelqu’un d’autre ?

            Et si cela était possible, ne trouverait-on pas des gens qui ont de bonnes raisons d’aller prendre de l’argent aussi dans ta poche ?


          • Francis BEAU Francis BEAU 17 avril 2007 17:25

            « Saisies par qui et en vertu de quoi ? » s’interroge M. JG.

            Mais par l’Etat pardi, et en vertu de lois qui, des millions de français l’espèrent (cf. réactions des candidats à l’élection présidentielle), seront peut-être un jour votées par la représentation nationale ! Que M. JG ne s’y trompe pas, plus certains patrons continueront à se comporter de manière aussi stupide, plus de telles lois seront votées rapidement, et plus elles seront contraignantes.


          • J. Gonsolin 17 avril 2007 21:19

            Etes-vous au moins sûr que M. Forgeard avait un contrat de travail français ? A ma connaissance, EADS est basé aux Pays-Bas. Je souhaite beaucoup de courage au prochain président français pour aller interdire les golden parachutes aux Pays-bas. Et même si le contrat était de droit Français, qui fera une loi pour faire tomber certaines clauses de contrat dans certains cas ? En droit, et cela reste périodiquement confirmé, un contrat reste un contrat et heureusement. Et que sait-on, que sait notre auteur, de ce qui peut être reproché à M. Forgeard ? Même l’affaire de la vente de ses stocks options n’est pas gagnée pour les accusateurs. Comme toujours, les propositions doivent rester dans l’ordre du faisable...


          • Tapioca Polvadot 8 mai 2007 17:51

            Comme disait un connaisseur : plus c’est gros, plus ça passe facilement. Alors moi au début j’ai pensé que cette affaire Forgeard-Chirac, c’était cousu de fil blanc. Comprenez-moi : Chirac se décarcasse (vraiment c’est pas du chiqué) pour que Forgeard devienne co-patron d’EADS alors que le co-patron français en place fait bien son boulot et que les allemands sont contents de lui.... Je me suis dit : ces deux-là vont nous faire un coup de bonneteau, ni vu ni connu je t’embrouille. Ca n’a pas manqué : Forgeard n’est pas resté un an. Il a vendu ses stocks-options et ceux de sa famille 3 mois avant de partir, et il touche je crois 8,5 millions d’€ de prime. Je continue mon raisonnement : c’est pas un ingrat Forgeard, et il est copain avec Chirac non ? Alors maintenant qu’est ce qu’il va se passer ? Devinez ? Je suis sur qu’ils vont se partager une bonne boite de bonbons en se claquant sur les cuisses de bonheur. Bon appétit Messieurs, Oh Ministres intégres.... smiley


          • Rivoli 15 mai 2007 11:58

            Dis donc POLVADOT tu aurais vu juste que ça ne m’étonnerait pas : voila la confirmation (presque) de ce que tu écrivais ici le 8 mai dernier. Bravo

            «  »«  »"Le coprésident allemand d’EADS affirme que Paris a imposé les indemnités de Forgeard

            Le co-président allemand d’EADS accuse le gouvernement français d’avoir fait pression pour que Noël Forgeard, ex-coprésident exécutif du groupe européen, puisse quitter le groupe en empochant des indemnités de plus de 8 millions d’euros. « Le gouvernement français nous a d’une certaine façon forcé la main », explique Thomas Enders. Le conseil d’administration a certes accepté que M. Forgeard quitte le groupe avec les indemnités prévues dans son contrat de travail, « mais sous la pression du gouvernement français », ajoute-t-il, expliquant que les membres allemands du conseil d’administration ont indiqué dans une note au bas du document entérinant les indemnités que ces dernières avaient été établies telles quelles sur le souhait du gouvernement français.

            En avril, le ministre de l’économie, Thierry Breton, s’était vigoureusement défendu de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard, démentant les informations de plusieurs articles parus dans la presse française. « Je n’ai parlé de la question du montant d’une quelconque indemnité de Noël Forgeard avec aucun des administrateurs d’EADS, ne fût-ce qu’une seule seconde, et je mets au défi n’importe lequel des administrateurs de vous dire le contraire », avait lancé M. Breton. L’affaire du « parachute doré » de 8,5 milliards d’euros accordé à M. Forgeard quelques semaine après l’annonce par Airbus, filiale d’EADS, de 10 000 suppressions d’emplois avait déclenché une importante polémique en France en pleine campagne électorale. smiley smiley


          • (---.---.236.14) 16 avril 2007 12:06

            Toute ces questions posent le problème de la représentativité des syndicats.

            Que ce soit les syndicats patronaux et évidement des syndicats de salariés.

            Dans le cas précis qui nous préocupe, il faut demander des comptes au conseil d’administration. Au fait, c’est qui les actionnaires ?


            • (---.---.173.234) 16 avril 2007 15:49

              Vous avez raison. Il y a un vrai problème au niveau de la représentation des syndicats. Actuellement, on parle beaucoup de la « démocratie autoritaire » ou de la « gouvernance autoritaire ». Les syndicats ne sont pas - plus représentatifs. Il faut instituer un véritable système de représentation professionnelle avec élections démocratiques.


            • Gilles Gilles 16 avril 2007 19:52

              Tiens, que les employés (de par leurs syndicats ou non) aient un droit de regard sur les décisions du conseil d’administration, c’est une proposition de l’extrême gauche.

              Comme quoi ce ne sont pas forcément aussi illuminés que la droite essaient de nous faire croire.

              Lorsque vous voterez, pensez-y.


            • ExSam (---.---.121.228) 16 avril 2007 20:42

              (IP:xxx.x27.173.234

              Les syndicats, de par leurs valeurs qui s’appuient, pour ceux qui ne sont pas des accompagnateurs déguisés des décisions patronales, sur la Charte d’Amiens, peu ou prou, sont représentatifs, et les militants syndicaux font, qu’on le veuille ou non, du travail sur le terrain pour aider les salariés.

              Cependant, on peut constater que leur statut (attributions de postes de permanents notamment) fait qu’ils ne sont pas à l’abri d’une « démocratie autoritaire » justement.

              Ce qui explique, à mon sens, la faiblesse d’adhésion. Les salariés sentent bien au niveau des entreprises comme de l’Etat, le rejet systématique et grandissant que les décideurs politiques et entrepreunariaux opèrent, sans parler de la chasse aux syndicalistes de plus en plus vive, qui conduit nombre de militants syndicaux, comme de salariés syndiqués à subir des contraintes en termes d’évolution de carrière, sans parler des pressions et des mises en cause judiciaire, aujourd’hui.

              Il faut donc repenser le statut syndical dans l’objectif de donner des statuts plus indépendants, et des fonctions plus essentielles également, au niveau des décisions stratégiques. Comment la force syndicale peut-elle s’exercer positivement si on ne donne pas aux syndicats représentatifs un vrai pouvoir sur l’évolution de l’entreprise ?..

              Ce qui signifie peser sur les choix économiques, mais également sur la démocratie dans l’entreprise qui reste lettre morte.

              On consultera, à ce propos, « Souffrance en France » de C. Dejours, qui décrit bien la pénébilité du travail, sa confrontation difficile avec la hiérarchie très pesante de l’entreprise, tout celà directement dégradé par l’absence de contre-pouvoirs véritables.


            • at97434 (---.---.187.34) 17 avril 2007 06:26

              Tel es pris qui croyait prendre.

              En France, nombre de politiciens et derrière eux (ou plutôt devant eux) nombre de patrons ont toujours soutenu que le syndicalisme à la francaise était politique. Et donc un doublon des paris politiques, sous-entendant une incapacilté à défendre l’entreprise et ses salariés. D’où une syndicalisation très faible et disparate.

              Avec l’affaire FORGEARD, on voit le retour de batons.


            • baboulous (---.---.109.71) 17 avril 2007 11:19

              Les syndicats ne sont pas toujours représentatifs des salariés. Et sont souvent trop politisés dans notre beau pays.

              Nous pourrions nous pas plutôt faciliter l’actionnariat des salariés ? Celà développerait le pouvoir des salariés dans l’entreprise et la convergence d’intérêt entre les patrons, les salariés et les autres actionnaires.

              Utopie ou un peu de démocratie dans le monde du travail ?


            • jak (---.---.186.82) 16 avril 2007 12:54

              les études démontrent que les facteurs de stress sont inversement proportionnels au niveau hiérarchique dans l’entreprise, en clair en appliquant le raisonnement de F. Parisot les OS de chez airbus devraient obtenir une prime de licenciement supérieur a celle de N. forgeard smiley


              • stressé (---.---.242.254) 16 avril 2007 14:29

                Dirigeant d’une TPE, le stress de mes employés n’a rien avoir avec le mien. Peut-être devriez vous faire un distinction dans vos propos entre les entreprises et les TPE ? peut-être ? Surement, ca fait déjà deux mois que je suis dans l’incapacité de me verser un salaire smiley . Ils n’en savent rien et ils n’en sauront rien et c’est vraiment pas leur problème.


              • Redj (---.---.124.129) 16 avril 2007 15:15

                C’est justement le but de cet article : montrer que ces parachutes dorés des grands patrons tendent à décrédibiliser les autres qui eux, comme vous, n’ont pas du tout les mêmes avantages. En plus du discrédit apporté, une certaine défiance s’installe envers les patrons des PME/TPE qui sont mis dans le même sac que les « gros » L’auteur invite donc à agir contre ces abus de façon à réhabiliter les chefs d’entreprise dans l’opinion publique.


              • stressé (---.---.242.254) 16 avril 2007 16:54

                >> Chefs d’entreprise révoltez-vous !

                Pas le temps, trop de soucis, trop de problèmes. C’est une TPE que je gere, pas une usine à gaz qui peut fonctionner pendant que je discute avec les tetes bien remplies du medef.

                >> Oui, votre patronne semble bien avoir perdu tout sens des réalités.

                Le medef et / ou ses dirigeants n’ont jamais été et ne seront jamais mes patrons. Le medef représentent les grosses entreprises et je ne connais aucun patron de TPE qui se reconnaisse dans le medef. Ou alors je suis à l’ouest smiley


              • Mackette (---.---.25.4) 16 avril 2007 17:44

                Je suis d’accord avec vous, ayant simplement un ouvrier (en plus dans un métier médiatisé : la réparation automobile). Mais, ce qui m’embête le plus, tout un amalgame est fait sur les patrons en général. Nous sommes loin d’avoir un conseil d’administration (puisque entreprise individuelle), et si l’idée du nouveau gouvernement est de récréer de nouvelles charges, financièrement, l’arrêt de l’entreprise devra être obligatoire.


              • Paul (---.---.157.63) 16 avril 2007 19:28

                Dans une TPE et en général les petites sociétés les patrons sont obligé de travailler.

                Il n’y a que dans les grandes entreprises que ça se passe comme ça. avec des clauses abusives, spéculation financiéres et delits d’initiés.


              • ExSam (---.---.121.228) 16 avril 2007 20:48

                Dirigeant d’une TPE, le stress de mes employés n’a rien avoir avec le mien.

                Faut-il comprendre que le stress que vous subissez est qualitativement différent d’un stress de salarié, ou quantitativement, ou les deux ?..

                Sur quelles mesures vous basez-vous pour affirmer celà ?...

                Peut-on penser que la position de décideur, sans chef direct au-dessus de lui, sans autre contrainte interne que celle que vous choisissez ne minore pas ce stress dans des proportions qui le ramènent à un stress important, mais peu quantitativement différent de celui de vos salariés qui subissent le leur, sans bénéficier de vos avantages ?..


              • stressé (---.---.242.254) 17 avril 2007 07:12

                >> Faut-il comprendre que le stress que vous subissez est qualitativement différent d’un stress de salarié, ou quantitativement, ou les deux ?..

                Dans ma situation, ils n’ont pas conscience (et c’est tant mieux pour eux et pour moi) des difficultés que je rencontre.

                >> Sur quelles mesures vous basez-vous pour affirmer celà ?

                je mes base simplement sur le fait, qu’ils n’ont pas de soucis pour toucher la paye (et c’est normal), que je paye les charges sociales (ce qui est encore normal), que la charge de travail est correcte, sauf que ma situation (et celle de ma société) n’est pas bonne du tout. Comment puisse-je affirmer cela ? parce que je ne leur dit pas toutes les 2 minutes « Ho, moi j’ai pas de paye ». Si je le faisais, la seule réponse qu’ils auraient à me donner (et c’est la meilleur) est la suivante : « si t’es pas capable de te payer, on va voir ailleurs parce que ca craint ». Dans le bâtiment, ils retrouveront du boulot du jour au lendemain.


              • ExSam (---.---.121.228) 17 avril 2007 09:58

                >> Faut-il comprendre que le stress que vous subissez est qualitativement différent d’un stress de salarié, ou quantitativement, ou les deux ?.. Dans ma situation, ils n’ont pas conscience (et c’est tant mieux pour eux et pour moi) des difficultés que je rencontre.

                C’est pas une réponse. « Ils n’ont pas conscience »...On dirait que tu leur reproches presque d’être payés. S’ils le sont c’est à cause de leur travail, non ?..

                >> Sur quelles mesures vous basez-vous pour affirmer celà ?

                Comment puisse-je affirmer cela ? parce que je ne leur dit pas toutes les 2 minutes « Ho, moi j’ai pas de paye ». Si je le faisais, la seule réponse qu’ils auraient à me donner (et c’est la meilleur) est la suivante : « si t’es pas capable de te payer, on va voir ailleurs parce que ca craint ». Dans le bâtiment, ils retrouveront du boulot du jour au lendemain.

                Tu ne te payes pas, ou peu, et donc il sont moins stressés que toi... Ta personne et tes difficultés ne recouvrent sans doute nullement leur univers, tu sais. Où tu pourrais peut-être trouver des situtations pires que la tienne. En tous cas, tu restes muet sur la différence essentielle : ils ont un chef et ils ne choisissent pas leurs conditions de travail. Ca c’est un facteur de stress majeur. Et tu y échappes. C’est peut-être pour ça que tu t’accroches à ta boite, qui sait...

                Ta vision est égocentrique, et malsaine puisque tu caches à tes employés que l’entreprise va mal, et qu’il risquent donc de se retrouver à la rue du jour au lendemain.

                Peut-être si tu arrétais de ne pas leur faire confiance, ça renforcerait l’esprit collectif, en tous cas l’ambiance de ta boite serait meilleure.

                Patron martyr, c’est une position qu’on retrouve très souvent.

                Je ne dis pas ça pour toi, mais c’est commun, et surtout dans le BTP.

                Dans le BTP où on trouve les exploitations les plus dégeulasses - et je sais de quoi je parle, j’ai un copain plakiste bien informé - le nbe d’accidents du travail le plus élevé et la pression sur les salariés la plus forte. On s’étonnera que le BTP ne trouve de « nègres » pour ça.

                Rien de personnel, mais faut ouvrir un petit peu les yeux, de temps en temps.

                C’est bizarre aujourd’hui pour certains, mais moi je considère que les efforts doivent venir autant des patrons que des salariés.


              • panama (---.---.198.59) 16 avril 2007 13:05

                Tout ça concerne EADS, ses salariés, ses actionnaires et son Conseil d’Administration. Et ses syndicats, s’ils servent à quelque chose tiens.

                Achetez UNE action EADS, et allez donc vous faire entendre à la prochaine AG d’EADS.


                • jujubinche (---.---.235.222) 16 avril 2007 15:29

                  Tu connais le concept de « bien social » ?


                • panama (---.---.198.59) 16 avril 2007 15:43

                  0 Jujubinche : explique moi donc ça. Abus de bien social par rémunération et avantages sociaux votés par les actionnaires.

                  Non, ce qui est scandaleux, c’est que le comité de rémunération du CA n’ait rien trouvé à redire. On voit bien la collusion et le copinage !

                  Et de toute façon, Forgeard est un bébé Chirac. Qui, à l’époque, aurait été assez fou pour s’opposer à notre plus mauvais président de la 5ème Rep ?


                • Emmanuel (---.---.135.250) 16 avril 2007 15:56

                  « Achetez UNE action EADS, et allez donc vous faire entendre à la prochaine AG d’EADS. »

                  L’Etat en est actionnaire. Tous les français ont donc leur mot à dire.


                • panama (---.---.198.59) 16 avril 2007 16:45

                  @ Emmanuel : tout doux ! Juridiquement parlant, ce que possède l’état... n’appartient qu’à lui.

                  Sinon n’importe quel pékin pourrait passer ses vacances à l’Elysée sous prétexte qu’il en est (un peu) propriétaire.


                • snoopy86 (---.---.186.104) 16 avril 2007 18:15

                  Pour information les principaux actionnaires d’EADS

                  1. Investisseurs institutionnels 33.40 % 2. DaimlerChrysler Aero 22.47 % 3. Etat Français 15.00 % 4. Lagardère 7.50 % 5. Sepi 5.48 % 6. Salariés 3.55 % 7. Caisse des Dépôts et 2.25 % 8. Autocontrôle 1.80 %

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