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Accueil du site > Actualités > Economie > Comment donner de la mesure à la démesure de la financiarisation de (...)

Comment donner de la mesure à la démesure de la financiarisation de l’économie ?

Dans cette folle course individuelle au toujours plus, plus vite, ne faudrait-il pas parfois s’arrêter et se poser la question de la finalité de cette dynamique aveugle et remettre à plat les valeurs à défaut de la valeur ?

Il y a longtemps que l’activité de survie de notre espèce n’est plus la chasse et la culture mais l’accumulation sous toutes ses formes : posséder pour ne plus être possédé, posséder pour exister. Comme si le meilleur synonyme du mot liberté était propriété, comme si nous ne pouvions pas être sans avoir. En soi, le principe de l’accès à la propriété pour chacun n’est pas désavouable, loin de là, puisqu’il a affranchi la majorité de l’humanité, mais la façon dont le système met en œuvre son accessibilité, aujourd’hui, est inéquitable.

Le capitalisme c’est l’exploitation du travail collectif (production de valeur ajoutée) à des fins d’enrichissement personnel sous l’alibi de la propriété des moyens de production (le capital).

La finance c’est la promesse de transférer le capital dans le temps en le faisant croître en ayant pour seul allié la confiance des acteurs dans le système (financier).

Le néolibéralisme est la doctrine politique qui rend applicable l’existence des deux réalités précédentes avec pour objectif de les développer à l’excès voire jusqu’au suicide environnemental et social.

Il découle de ces définitions que les trois piliers du temple libéral sont Capital, Croissance, Confiance si l’un d’entre eux vient à faillir : l’édifice vacille. Il semble évident que le seul pilier sur lequel nos contemporains ont une possibilité d’agir, s’ils en avaient conscience, est la confiance. Tant que cette confiance existe, les apôtres du temple feront en sorte d’affiner l’équation leur permettant d’optimiser la croissance du capital.

Cette équation pouvant s’exprimer de la façon suivante : maximisation de la rentabilité des fonds investis sous la double contrainte que la somme des coûts de production tende vers 0 et que la productivité des moyens de production (humain et matières premières) tendent vers l’infini ... c’est-à-dire jusqu’au néant.

Dans cette équation, il n’est fait aucunement mention de la dimension nécessairement solidaire et précaire de notre condition d’humain, et c’est cette fonction que l’idéologie de gauche devrait permettre de raisonnablement pondérer. Si cette solidarité se fait réalité le pilier Confiance pourrait faire vaciller le temple... mais pour le remplacer par quoi ?

Un modèle d’échange équilibré basé sur la coopération plutôt que la compétition : par exemple au niveau national et comme le préconisait un des textes des accords de la Havane : un pays ne pourra vendre à un autre pays que l’équivalent de ce que cet autre pays lui vend, à moins qu’il n’en soit décidé autrement entre ces deux pays (et non par l’OMC ou autre organisme supranational). Ce simple principe garantira l’équilibre de la balance commerciale et tout ce que cela implique en matière de protection de l’emploi dans chacun de ces pays.

Comment y parvenir ?

En donnant de la mesure à la démesure des conséquences du système financier actuel.

Une des raisons majeures de la démesure de l’exploitation des ressources de production humaine et naturelle est la cupidité aveugle et non régulée des propriétaires du capital et surtout de leurs conseillers. Le réflexe absurde qui implique que ce qui est exceptionnel aujourd’hui devienne la règle demain entraîne la financiarisation de l’économie qui exige, « légitimement », des retours sur investissement irraisonnable. Lorsque le capital était encore industriel (détenu par le propriétaire entrepreneur de l’entreprise) un retour sur investissement de 3 à 6 % était considéré comme honorable, aujourd’hui le capital étant devenu essentiellement financier (détenu par les fonds de pension ou autres intermédiaires financiers banque-assurance) un taux de 15, 20 voire 30% est considéré comme "minimum olympique”. Il est dès lors évident que cette pression a pour effet d’obliger les patrons d’entreprises (à la solde des actionnaires par l’entremise des stock-options, golden parachutes ou prime de licenciement honteuse) de mettre sous tension leurs ressources, jusqu’à des degrés de maltraitance comparable à celle subie par les contemporains de « Germinal » ; la solidarité en moins....

Ceci étant posé, l’avidité non normée étant la cause des excès suicidaires de cette oligarchie actionnariale, ne pensez-vous pas qu’il serait souhaitable, pour le bien du plus grand nombre, de légiférer sur l’application d’une marge actionnariale limitée, plafonnant le retour sur investissement à un pourcentage soutenable (5-6% par exemple : taux intérêt placement sans risque 3%+ prime de risque 2-3%)[1] ?

Tout surplus pourrait être versé au Trésor public afin de financer des opérations d’utilité sociale (barrière à la paupérisation, logement pour tous, caisse maladie, éducation, recherche, retraite, rémunération des mères ou pères ayant choisi d’éduquer leurs enfants, augmentation du niveau de vie des populations moins nanties..) et environnementale (piège à CO², énergie renouvelable, stockage énergie thermonucléaire...).

Pourquoi nos représentants ne peuvent- ils pas défendre cette façon de concevoir les politiques nationales dans le long terme permettant de solutionner à court terme les problèmes de précarisation de nos concitoyens et d’envisager la viabilité de l’humanité comme étant possible à l’horizon de ce siècle ?

En ont -ils encore les moyens, dans une économie de marché mondialisée ? Dans la négative, il serait légitime de se poser la question de savoir à quoi sert une politique nationale là ou les règles de fonctionnement sont dictées par des organismes supranationaux n’ayant aucune légitimité démocratique ou constitutionnelle ? Cette réflexion est nécessairement incomplète mais puisse-t-elle élargir le débat politique afin qu’il sorte des ornières de la doctrine du « politiquement correct » et de la pensée unique.



[1] Cette idée est développée par l’économiste Frédéric Lordon


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32 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 16 mai 2007 11:58

    Article intéressant. Ce n’est pas tant le principe de propriété qui est en cause (contrairement à ce que disait Proud’hon) mais l’appropriation croissante et excessive des produits de la valeur ajoutée par une oligarchie qui s’affranchit des règles démocratiques (au sens supra du terme). Et aussi le désir maladif de possession des consommateurs (il faut consommer pour vivre et non vivre pour consommer).

    Aujourd’hui la production repose encore sur le facteur humain et le travail entre donc pour une grande part dans le sens de l’existence de chaque individu. Facile dès lors de vanter la valeur travail, ce qui est prôner en réalité l’exploitation encore plus grande de la main-d’oeuvre pour servir le capital. Alors que l’effort, lui, n’est pas récompensé justement.

    Je partage votre idée de plafonnement du retour sur investissement pour recyclage d’une part des revenus du capital vers des causes d’intérêt général.


    • JL JL 16 mai 2007 12:37

      Article interessant mais qui n’en dit pas assez sur le sujet à mon avis. Sans en dire beaucoup plus, Je crois que mon dernier commentaire :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21531&id_forum=1377147&var_mode=recalcul#commentaire1377147

      à mon article sur un sujet connexe peut y apporter sa petite pierre :

      L’un des avatars le plus redoutable du libéralisme économique est le capitalisme financier. Frédéric Lordon écrivait dans « Le Monde diplomatique » :

      « Tous calculs faits, il est apparu que dans le cas des Etats-Unis, paradis de la finance s’il en est, les prélèvements de dividendes et de rachats d’actions sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais, de sorte que la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant... négative ! »"

      http://www.monde-diplomatique....

      Oui, Arlette Laguiller a raison : il faut taxer les profits scandaleux, et si les investisseurs-prédateurs se détournent de la France, eh bien, tant mieux. Pour ceux qui douteraient encore de la dangerosité du capitalisme financier, lire : Les nouveaux “visages“ du capitalisme :

      http://carnetsdenuit.typepad.c...


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 mai 2007 03:18

        @ JL. « La contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant... négative ! »" Eh oui ! Cette information qui semble anodine est révélatrice du véritable problème.

        Pourquoi ce désinvestissement ? Parce que, confrontés à la nécessité de garder la demande effective, tout en assurant la rentabilité du capital qui sert d’assise à la structure de pouvoir de notre société, les gouvernements successifs, depuis des décennies, libérés de la contrainte de l’étalon-or, ont choisis de créer autant de monnaie qu’il en fallait pour contenter tout le monde. Ils ont opérés deux systèmes monétaires en parallèles.

        Le premier, pour la consommation, assure une distribution de la richesse suffisante vers ceux qui la produisent pour permettre que ce qui est produit soit acheté. Il est assorti de mesures keynesiennes mises en place pour garantir qu’une inflation contrôlée vienne y maintenir l’équilibre.

        Le deuxième, pour l’investissement, distribue une richesse purement symbolique aux nantis seulement, par le paiement d’intérêts ; il n’en résulte aucune inflation, puisque, accordé à ceux dont tous les besoins sont comblés, cet argent ne filtre pas dans les circuits de consommation ordinaires ; il ne sert qu’à des placements dont la valeur peut croitre arbitrairement, par simple cooptation de ceux qui en profitent.

        Ainsi, on a les Picasso etles Van Gogh à cinquante, puis à cent millions d’euros, en attendant le Dali qui fera un miliard. On a un Dow-Jones qui, en 20 ans, a multiplié sa valeur par 19, alors que le pouvoir d’achat en monnaie constante, durant cette période, n’a augmenté que de 2%.

        Puisque on ne peut tirer 19 fois plus de profits de la vente de biens à une population dont le revenu n’a augmenté que de 2%, il est clair que les valeurs boursières qui reposent sur cette espérance de gain sont autant d’assignats, dont la valeur ne se maintient que par un acte de foi collectif.

        Une richesse colossale et qui ne représente aucune valeur tangible a été ainsi créée pour la satisfaction des « riches ». Elle sert ni ne nuit beaucoup... aussi longtemps qu’on ne croit pas à nos propres mensonges et qu’on ne s’imagine pas qu’elle peut se transformer en manioc pour nourrir les affamés du Sahel. Seul le travail crée une richesse réelle. Si on veut plus de manioc, il faudra travailler.

        Or, il est impossible que les lois du marché conduisent a affecter cette richesse virtuelle démesurée au paiement de travail. La richesse « en trop » ne peut trouver un objet de convoitise que dans l’imaginaire.

        La surabondance de capitaux aujourd’hui est telle, qu’il y a reflux, désinvestissement. Le défi de l’État est qu’il ne devienne pas évident que, non seulement le capital ne mérite pplus un intérêt, mais que des mesures de plus en plus inusitées sont requises pour que ce capital ne perde pas toute valeur !

        Surtout, ne pas s’imaginer que crier « Le Roi est nu ! » serait une victoire du prolétariat. Si on fait chavirer le navire, les galériens dans l’entrepont se noieront plus vite que les patriciens sur le pont.

        Il faut sortir en douceur et avec ingéniosité de ce traquenard financier dans lequel nous ont mis deux générations d’économistes au service de gouvernants qui ont estimé, avec justesse sinon avec justice, que le déluge ne viendrait qu’après eux. Maintenant, il pleut... http://www.nouvellesociete.org/406.html

        Pierre JC Allard


      • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 22 mai 2007 14:52

        Inutile de vous dire que votre intervention est très instructrice d’autant plus qu’elle est argumentée, Merci pour cela. J’ai également lu certains articles dans votre site et il sont tout autant éclairant mais quelle sont à votre avis et fort de la richesse de vos analyses passées les utopies structurantes qui pourraient donner un sens durable à l’avenir de notre vie en société ?

        Par utopie structurante je veux faire référence aux idéologues qui ont défini la philiosophie soutenant le slogan « liberté, égalité, fraternité ». Notre Génération manque de ce type de visionnaire ou peut être ne les laiseent ’elles pas s’exprimer...


      • WOMBAT 16 mai 2007 13:37

        Effectivement, une usine ponctionnée de telle sorte qu’elle génère au minimum 15% de profit au bénéfice des actionnaires ne peut investir suffisamment dans la mise à jour de son parc machines ou main d’oeuvre, qualifiée ou pas, et se retrouve à plus ou moins long terme en faillite. Ce n’est que l’un des aspects de l’absurdité d’un capitalisme sauvage à courte vue (voir crise de ’29).L’autre postulat demeurant le coût de cette fameuse main d’oeuvre que l’on voudrait rémunérer à tendance zéro et qui pousse les pays développés à délocaliser et ainsi à s’apauvrir, faute de consommateurs solvables. La logique de ce serpent qui se mord la queue serait un régime d’oligarques pratiquant l’esclavage, avec une partie des profits réinvestis en sorte d’entretenir une armée puissante en vue d’étendre/renouveler le parc esclaves. On nommait cela « espace vital » en 1939, Républiques Bananières, guerre d’Irak aujourd’hui. Je ne tire aucune conclusion, n’importe quel imbécile est capable de déceler comment ça risque de se terminer...


        • Jimd Jimd 16 mai 2007 14:07

          bonjour.

          quelques elements divergents :

          - Pour les systemes de fond d’investissement : aucun interet pour les mechant financier de ruiner une societe en extorquant un rendement de 15 ou 30% car ensuite la societe est invendable et ne vaut plus rien. Vous oubliez que de tels rendement ne se font bien souvent qu’a la revente !!
          - Pour le systeme boursier. Merci de me citer des rendements de 30% sur un an pour un ensemble de societes.
          - Tout rendement est lie a un risque. augmentation du risque signifie augmentation du rendement.
          - Finalement les prix et rendement sont des signaux essentiels dans une economie de marche. toute action pour perturber ces signaux entraine un cout car elle fausse l’allocation des ressources. je ne dis pas qu’il ne faut pas intervenir, je dis qu’il faudrait que vous presentiez le cout pour la societe de ces mesures.


          • Jimd Jimd 16 mai 2007 16:59

            merci Philippe

            ’’Vous pensez bien que les fonds d’investissement revendent leurs participations (ou l’entreprise par lots) avant que l’entreprise ne soit complètement saignée ; et le « rendement » est en fait la performance du placement, somme du dividende et de la plus-value boursière. 15 à 30% sont en effet possibles ainsi, en faisant « mousser » le cours de bourse.’’ ceci est incorrect. Ils ne pourraient revendre si l’entreprise est saignee a blanc. je repete que 15 a 30% ne sont pas possible sans une prise de risque enorme et je vous met au defi de trouver beaucoup de situation sur le marche boursier ou de tels rendements on ete obtenu sur un an apres un rachat agressif.

            enfin, oui je vous sert ’lhistoire sur l’allocation des resources’’. Vous meme ecrivez vous ’’tout le monde sait bien....’’.

            Toutr n’est que nuance et je continuerais a commenter et ecrire pour faire passer ce message, en evitant les apriori et m’opposant aux simplification qui ne presentent qu’un cote, qu’une vision souvent manicheene. je maintien que les systemes financiers sont utiles et je suis aussi pres a les critiquer...mais de facon constructive et sans manicheisme.


          • Jimd Jimd 16 mai 2007 17:06

            Pardon Philippe. J’ai commis une erreur, vous n’ecrivez pas ’tout le monde sait bien’. je me melange les pinceaux aujourd’hui.... sinon je maintien ma fable, et je pense qu’il faut regarder avec objectivite qu’une intervention puisse avoir un effet negatif. Ce n’est pas grave si l’effet net est positif.


          • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 16 mai 2007 17:28

            Voici deux exemples :

            deutsche bank : 33% ROE

            http://annualreport.deutschebank.com/2005/q1/notes/roetargtdefinition.php

            Goldman Sachs : 40% ROE

            http://www.lesechos.fr/info/analyses/4563817.htm et ce sont des chiffres annuels.

            Pour être précis ROE = Ce taux mesure la rentabilité des capitaux propres. Pour l’obtenir, il faut donc diviser les profits réalisés dans une période déterminée par le montant des capitaux propres. La norme internationale, si on peut parler de norme, tend à exiger un roe de 15 %.


          • Jimd Jimd 16 mai 2007 20:14

            merci Luigi

            mais ces deux entreprises ne sont pas dans le schema d’avoir ete acquises et pressees. c’est un peu different. elles sont prospere et leurs salaries tres bien remuneres. je n’ai pas le temps de regarder si elles ont licencier pour en arriver la... peut etre et dans ce cas je me trompe.


          • Forest Ent Forest Ent 17 mai 2007 04:59

            Ce sont des établissements financiers. C’est un trait actuellement commun à toute la planète que ce sont, avec les pétroliers, les établissements financiers qui dégagent le plus de profit. Il serait intéressant d’expliquer pourquoi. Dans un autre article ?


          • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 17 mai 2007 07:34

            Cher Jimd,

            Nous pouvons analyser la notion de risque rendement sur trois volets

            - vu par les marchés (bourse) suppose que les marchés soient efficients, mais l’école béhavioriste en vogue pour tend a prouver empiriquement que ce n’est pas le cas et que seule la spéculation et l’exploitation des anomalies du marché permettent de profiter des plus values de transaction issuent de la volatilité des titres
            - vu par les patrons d’entreprises leur rémunération et avantages pourraient être en partie justifiés par le risque d’entreprise qu’ils encourent , cela serait vrai s’ils ne couvraient pas ce risque par des assurances « dirigeants d’entreprise » payée par cette même entreprises pour les couvrir de leur propre incompétence.
            - vu par le travailleur c’est le seul acteur qui tant physiquement que moralement encoure le risque soit parce que le chômage le guette soit parcequ’il effectue un travail dangereux et souvent les deux.

            La différence entre ses trois perceptions du risque/rendement est que dans le cas du travailleur il n’a jamais la possibilité de maximiser son rendement/revenu par rapport au risque qu’il prend, au contraire....

            J’en convient ce raisonement nous éloigne de la théorie du risque/rendement mais c’est la réalité « cachée » du quotidien.


          • Jimd Jimd 17 mai 2007 10:51

            Merci Luigi.

            Je pense que les investisseurs prennent aussi de grands risques. Et je pense que dans un proche futur nous assisterons a un certains degraissage : je suis assez d’accord pour penser que nous sommes dans une frenesie de rachat assez proche des annees 80. d’accord avec le nombre croissants de LBO. Ceci combine a l’utilisation excessives d’outils financiers a la mode comme les credit default swap fait peser un gros risque sur la finance. Quand les societes commencerons a ’’defaulter’’ a ne plus pouvoir honorer leur dette la bulle de ces swaps qui sont en fait des assurance va mettre a genoux certains qui auront mal analyse le risque. Donc je vous rejoins, les marche financiers ne sont que partiellement efficient et subissent regulierement des ajustements drastique.

            je suis moins d’accord avec l’exploitation des travailleurs par ce monde financier smiley je suis plutot de l’avis que les transition causees par ces mechanismes sont souvent inevitables (industrie vieillissante...) je pense donc que l’effort est a mettre sur l’accompagnement des travailleurs, la formation plutot que trop brider le systeme financier. En fait je pense que nous sommes en partie d’accord sur certaines consequences pour les travailleurs mais pas d’accord sur les causes et les moyens de changer les choses.

            en tout cas merci de vos reponses et j’espere que nous aurons encore l’occasion d’echanger et de ne pas etre d’accord smiley


          • Jimd Jimd 17 mai 2007 10:54

            merci forest.

            c’est une bonne remarque.

            pour le petrole c’est un phenomene de rente, donc de monopole. une faillite du marché du a l’exploitation d’une ressource finie. je suis choque par les profits mais ils ne me surprennent pas car il ya une sore de rente de monopole. Je serais pour une forme d’intervention afin d’assurer que cette rente nous aide a sortir de la dependance au petrole.

            pour les etablissements financiers, je suis moins affirmatif. peut etre un sujet de recherche oui smiley


          • Forest Ent Forest Ent 17 mai 2007 15:36

            En tout cas, c’est un fait incontestable. En France par exemple, les entreprises qui font le plus de profit sont les banques et les assurances.

            Je suis d’accord avec la « rente pétrolière » : les concessions d’exploitation ne constituent pas un marché, tant s’en faut.

            Pour les établissements financiers, il faut bien imaginer un mécanisme analogue. Peut-être tout simplement le privilège de battre monnaie ? La baisse récente aux US des ratios prudentiels (jusqu’à 4% au lieu de 8% dans certains cas) constitue de facto une création forte de monnaie ex nihilo par les banques.


          • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 16 mai 2007 17:01

            Merci de votre contribution constructive au débat Pour compléter votre propos il serait aussi raisonable d’envisager d’autres pistes : il faut un système assez simple, mais qui prenne en compte la diversité des secteurs. Une entreprise qui découvre un marché inexploité auparavant fera obligatoirement plus de profits que celle qui se trouve sur un marché saturé. d’autre part, que faire quand le profit dépasse le pourcentage limite admis : obliger à réinvestir dans l’entreprise, à augmenter les salaires, taxer le surplus ? Peut-être le bon moyen serait-il d’instaurer un impôt progressif en fonction du pourcentage de revenu : 0% en-dessous d’1,5%, 10% entre 1,5 et 3, 20% entre 3 et 5, 30% entre 5 et 10, 40% entre 10 et 15, 60% au-dessus de 20 pour être dissuasif ?

            La question n’est pas faut ’il le faire mais comment le faire de la façon la plus fédératrice possible.


          • La Taverne des Poètes 16 mai 2007 17:14

            Dans l’idéal, toute rémunération devrait tenir compte aussi de critères comme :

            - l’effort produit pour la parité, l’équité, l’éthique, le service rendu au pays et à l’intérêt général, l’aide au Tiers-Monde, la protection active de l’environnement...

            - le niveau réel de prise de risques

            - le rendement en qualité et quantité de l’heure de travail. (en adaptant ce principe au capital ou l’unité de mesure n’est pas l’heure de travail)

            Un peu sommaire et utopique je l’admets, mais l’idée générale me paraitrait s’imposer. Encore faut-il pouvoir l’imposer en-dehors de toute économie administrée ! L’Europe pourrait donner l’exemple puis traiter par des accords avec des zones économiques mondiales...


            • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 16 mai 2007 18:04

              Utopique pas du tout... visionaire je préfère.. c’est de notre capacité de rêver l’avenir que naîtra le futur à défaut de le faire nous serons condamner à vivre dans une réalité qui ne nous appartient pas.

              Permettez que je vous suggére la lecture d’une reflexion que j’avais écrite sur une « utopie » qui s’apparente à la vôtre :

              http://investor.over-blog.com/5-categorie-164455.html


            • Jason Nicolas 16 mai 2007 18:08

              Très bien dit Tavernier, mais vous vous situez là dans le domaine de l’éthique. Or, celui-ci ne possède pas d’unités de compte. Comment mesurerez-vous les réalisations de ce que vous souhaitez ? Je ne dis pas que ce que vous évoquez n’est pas faisable, mais on est là hors de la sphère économique. Et comme chacun sait, hors du capital, point de salut.

              Mesurer les impacts de la « financiarisation de l’économie » sur le plan social, là est le formidable défi. Dans un premier temps, les mesures préconisées par l’auteur de l’article (billet de 17 h 01) seraient une solution. Ne s’approche-t-on pas là de la fameuse taxe Tobin sur les plus values d’actifs ? N’étant pas spécialiste je ne saurais me prononcer.


              • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 16 mai 2007 18:21

                Voici quelques éléments mesurables des effets de la financiarisation de l’économie :

                http://www.ac2n.tv/tv_empire_de_la_honte.php


              • lyago2003 lyago2003 16 mai 2007 22:16

                Quelques chiffres à méditer et qui me sont beaucoup plus « parlant » moi qui suis un ignare en général et particulièrement en économie . Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) :

                Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.

                Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépasse le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d’habitants.

                Les 225 personnes les plus riches disposent d’une fortune équivalente au revenu annuel cumulé des 47% d’individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.

                Selon le même organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars) pour donner à toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services élémentaires : santé, éducation, alimentation.

                C’est tout simplement ahurissant et méprisable !


                • lyago2003 lyago2003 16 mai 2007 22:18

                  Techniquement, l’argent est une unité de calcul intermédiaire pour échanger du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse être comparé directement. Car chaque conversion entre l’argent et le temps se fait sur la base d’une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force économique et informationnel entre l’acheteur et le vendeur.

                  Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.

                  Lorsqu’un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a été nécéssaire pour fabriquer ce produit à un prix bien plus élevé que le salaire qui lui est payé pour une fraction équivalente de son propre temps.

                  Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.

                  Lorsqu’un salarié occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l’équivalent d’une heure. Pour un salarié du Tiers Monde, le rapport tombe à 1000 heures contre une.

                  Ce système est la version moderne de l’esclavage.

                  Les bénéficiaires du temps volé aux salariés sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d’un employé ordinaire), mais aussi les états dès lors que l’argent prélevé par les impots et les taxes n’est pas utilisé dans le sens de l’intérêt général.


                  • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 17 mai 2007 06:21

                    Dans le même ordre d’idée en moyenne, il suffit de 35 minutes de travail pour un Big Mac, de 22 minutes pour un kilo de pain et de 16 minutes pour pouvoir s’offrir un kilo de riz. Cette marge est toutefois large et va de seulement cinq minutes de travail pour un kilo de riz à Londres, Zurich ou Sydney à une heure et demi de travail de forçat pour pouvoir s’offrir, avec un salaire horaire net moyen, un Big Mac à Bogota, Nairobi, Caracas ou Jakarta. Voir à ce sujet l’ecxellente étude de UBS Salairs/pouvoir d’achat :

                    www.ubs.com/1/ShowMedia/ubs_ch/wealth_mgmt_ch/research ?contentId=103127&name=%20P+L_0601_f.pdf


                  • moebius 17 mai 2007 00:26

                    Le probleme c’est que le salarié ne dispose pas des moyens de production, s’il en disposait il devrait pour en assure la pérennité et le controle en déduire tout les frais inhérents (investissement, recherche, amortissement, formation, encadrement ect...)et ce qu’il percevrait au bout du compte ne serait pas le simple produit de votre division


                    • Luigi Chiavarini Luigi Chiavarini 17 mai 2007 06:33

                      Pour les posséder il suffirait qu’il fasse appel au crédit, encore faut’il qu’il puisse être solvable,...


                    • jean-jacques rousseau 18 mai 2007 18:03

                      La propriété n’est pas la panacée.

                      Dans le cas du systeme de co-gestion Capital/Travail, qui permet aux représentants des travailleurs d’etre présents et entendus - au coté des représentants des actionnaires - au sein du Conseil d’Administration de la Société, c’est une mesure légale, appliquée en Allemagne notamment, qui fait mieux l’impasse que le systeme de nationalisation sur la question de la propriété.

                      Cette co-gestion me semble etre un pare-fou des exces de la finaciarisation meilleur que tout autre. Ce co-pilotage permet a l’entreprise une orientation economique plus responsable, patriotique et sociale pourrait-on dire, en mettant le veto a la tentation d’une course au profit irresponsable.

                      Je rappelle que cette solution de co-gestion, en même temps que celle d’un impot selectif sur les bénéfices ou celle sur la taxation de plus-value boursiere au profit d’une caisse sociale, à été brillament proposée dans le volet économique du programme de Mme Ségolène Royal.


                    • simpleclic 17 mai 2007 01:29

                      Pour contrer cette financiarisation croissante des économies, voir aussi l’émission de Daniel Mermet sur Fance Inter le 31 janvier 2007 (« Là bas si j’y suis ») qui a traité ce sujet. Il interview l’économiste dissident Frédéric LORDON qui propose une esquisse de solution concrète, parfaitement applicable au demeurant, le SLAM (non ce n’est pas un gros mot ! ...)

                      Genèse et présentation du SLAM Comment l’actionnariat a-t-il pris le dessus sur l’économie ? Quel remède possible contre cette dictature de la puissance financière ? L’économiste dissident Frédéric Lordon, qui publie ce mois-ci (février 2007) un article dans le Monde Diplomatique, se propose de répondre à ces questions en revenant sur la généalogie du pouvoir financier, et en suggérant l’esquisse d’une solution : le SLAM, le « Shareholder Limited Authorised Margin », ou, en bon français, la limite de marge actionnariale autorisée.

                      Lien audio pour écouter l’émission : http://media.la-bas.org/mp3/070131/

                      Retranscription de l’émisssion : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1108


                      • JL JL 17 mai 2007 10:21

                        Excellents liens smiley


                      • JL JL 17 mai 2007 10:19

                        Pour suivre sur l’exemple d’une entreprise qui licencie pour augmenter ses profits, on peut se poser la question suivante : quel en est l’impact sur le PNB ? Je suppose qu’il augmente ?

                        Je sais qu’il existe des travaux dans ce domaine du « PNB du bonheur ». Amartya Sen en parle beaucoup. Ma proposition d’un PNB faisant la distinction entre richesses et profits s’inscrit dans cette réflexion reproduite ici :

                        « L’accumulation des richesses à l’extrémité supérieure de l’échelle sociale implique la privation à l’extrémité inférieure ». (Thorstein Veblen, ’Théorie de la classe de loisir’)

                        Pour ceux qui ont à leur disposition une bonne bibliothèque : démonstration page 134. Et surtout lisez cet ouvrage écrit il y a plus d’un siècle, mais que Baudrillard cite dans son « Société de la consommation ». Ecrits il y a 3 décennies, ces ouvrages sont aujoured’hui d’une confondante actualité.

                        Je soutiens que la « croissance libérale » produit essentiellement l’accroissement des inégalités, et que cet accroissement s’opère, non seulement par l’enrichissement des plus riches, mais aussi, par l’appauvrissement des plus pauvres. En d’autres termes, l’augmentation des PNB occidentaux traduit l’aggravation de la misère des pays pauvres.

                        Le PNB est un outil dangereux et mortifère, tant pour les individus que pour l’écosystème.


                        • Barth 18 mai 2007 17:50

                          Contrer les effets désastreux de la financiarisation de l’économie Certains appellent ça : « le néocapitalisme antilibéral », voir Marianne.

                          Beaucoup de sociétés françaises ne disposent pas d’un capital suffisamment bien verrouillé. Résultat, elles sont sous la menace des fonds d’investissement qui ne fonctionnent exclusivement que sur des objectifs de court terme (3 à 4 ans). La technique est donc de racheter une entreprise en l’endettant (la technique des LBO dévoyée et détournée de ses objectifs initiaux : reprise de l’entreprise par ses salariés). Puis l’entreprise, tout en remboursant l’emprunt, se sépare des secteurs les moins rentables à court terme, traque ce qu’elle appelle le gaspi (recherche et développement, par exemple car inutile à court terme), et enfin licencie. Sa situation financière étant jugée améliorée par « on ne sait qui », alors qu’elle vient de séparer de son potentiel de développement, on peut alors envisager de revendre après une confortable plus-value. Le comble c’est quand ce sont des chinois ou des indiens qui rachètent l’entreprise ou mieux, s’installent juste à coté, y compris en Europe et y compris en France, ce qui va leur permettre d’acquérir toute la technicité et le savoir-faire. Puis ils transféreront la production si ce n’est déjà fait. Le résultat est bien évidemment désastreux pour la collectivité.
                          -  Peu d’IS à cause de l’endettement
                          -  Beaucoup de chômage qu’il faudra indemniser.

                          Je propose d’interdire la déduction des intérêts de l’emprunt ayant financé le rachat. Ainsi, l’opération devient beaucoup moins juteuse puisque le résultat sera très supérieur, et donc générera un IS conséquent. On pourrait même prévoir un taux supérieur pour ce genre de business. Le nombre d’opérations ralentirait (215 en 2006 pour 31,5 milliards d’€) ou au moins, cette mesure permettrait à la collectivité de réinvestir sur les territoires dévastés.

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