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Accueil du site > Actualités > Economie > Comment interpréter le retour de l’inflation ?

Comment interpréter le retour de l’inflation ?

Longtemps combattue avec succès, l'inflation est de retour. Comment comprendre la réapparition d'un phénomène essentiel aux activités économiques ?

Des prix du gaz, de l'électricité en hausse continue et contenue en France par la pression de la puissance publique ; des prix des carburants qui, de nouveau, se rapprochent de leurs records historiques ; les loyers des petits appartements en région parisienne en augmentation de 10% cette année ; des denrées alimentaires en hausse de 3,7% : l'inflation est de retour dans l'hexagone.

Certes, officiellement l'inflation s'établit en France autour des 2% (2,1% pour 2011) mais le calcul de l'indice des prix à la consommation est de plus en plus critiqué. Il repose sur un calcul global qui mélange des éléments très différents. Restons-en à ces augmentations de prix précis qui concernent des produits ou des services qui touchent la vie quotidienne des Français. 

Ce que partagent ces différents prix en hausse, c'est l'idée de rareté. Il s'agit à chaque fois de ressources dont la disponibilité n'est pas toujours acquise, pour lesquels des tensions importantes se font jour entre l'offre et la demande.

Le gaz et les carburants sont des hydrocarbures pour lesquels la demande sur le marché mondial est et restera très importante. L'électricité subit la nécessité pour les opérateurs d'investir fortement dans les infrastructures et la sécurité pour en assurer la production. Le marché de l'immobilier est confronté à la pénurie de logements disponibles. Les denrées alimentaires subissent des tensions sur les marchés mondiaux et sont handicapées par l'augmentation des coûts des intrants (engrais et gasoil).

Cette inflation n'est donc pas une inflation classique liée à l'évolution de la croissance, de l'emploi ou aux politiques monétaires des Etats mais une inflation créée par la rareté de ressources non renouvelables : hydrocarbures, logements, terres agricoles. C'est une inflation qui est fille de la mondialisation, d'une mondialisation qui a globalisé ces ressources et s'est étendu à la planète entière. C'est une inflation qui est en lien direct avec la crise écologique dont nous sommes en train de vivre les prémices.

Conclusion : pour la majorité des analystes, l'économie et l'environnement ne font pas bon ménage, la seconde étant considérée comme un coût au détriment de la croissance. Progressivement, il va nous falloir accepter l'idée que l'économie va dépendre de plus en plus de notre capacité à appuyer nos activités humaines sur des ressources durables

source image : le blog "les crises" d'Olivier Berruyer


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7 réactions à cet article    


  • Gemini Gemini 21 août 2012 10:50

    Effectivement, comme le laisse sous-entendre votre article, nos économistes vont devoir mettre à jour toutes leurs équations : jusqu’à maintenant, leur théories n’avaient pas pris en compte les limites écologiques de notre planète. Mais avec la crise écologique en train de se dérouler sous nos yeux, il va être plus que temps de faire évoluer nos modes de vie et de pensée. Ce n’est pas comme si nous avions été pris de court, puisque cela fait plus de quarante ans que les plus lucides d’entre nous nous avaient avertis — en pure perte — de ce qui se déroule maintenant sous nos yeux …


    • Alpo47 Alpo47 21 août 2012 12:12

      Il y a plusieurs inflations ou du moins on devrait calculer plusieurs inflations rapportée au pouvoir d’achat de chacun.
      Or, ce sont ceux qui ont les plus petits revenus et qui la subissent le plus. Normal, la totalité de leurs revenus sont consacrés à se nourrir, se déplacer, se loger ou payer ses factures d’énergie ... tout ce qui est le plus facteur d’inflation. C’est donc une injustice flagrante.
      Pour ce qui concerne l’énergie, on peut également remarquer que tous nous fournisseurs d’énergie sont privatisés. Leur SEUL objectif est donc le profit immédiat et la hausse des prix leur moyen le plus facile. De même l’eau et les tarifs autoroutiers.
      Pour le reste, ; la spéculation intervient pour une grande part dans les augmentations de matières premières, y compris alimentaires.
      Cette inflation, c’est donc un prélèvement pour les consommateurs, surtout les plus modestes, et du profit pour les investisseurs ou spéculateurs.
      Le monde libéral dans toute sa splendeur


      • samuel 21 août 2012 13:59

        La définition de l’inflation n’est pas l’augmentation du coût des matières premières.

        L’inflation c’est la sensation concrète par les agents économiques d’un « trop plein » de masse monétaire. Ce qui entraine une dévaluation de la monnaie.


        • Honi Noé Honi Noé 22 août 2012 08:16

          L’inflation est en effet la conséquence d’une injection massive d’argent frais.

          Pour cela, il faut avoir conscience que l’argent est un artefact et que lui aussi est dicté par la loi de la rareté. D’où proviennent les milliards du FESF, de la BCE et de la FED ? Tout n’est histoire que d’effets de leviers, d’argent virtuel gagé sur l’éternelle hausse de la productivité d’un monde fini. Une courbe qui monte se rapproche toujours du point de bascule.
          C’est ici que je rejoins l’auteur de l’article. Indirectement l’inflation matérialise le mythe de la croissance éternelle confronté au mur de la réalité. Mais l’inflation galopante qui se profile à l’horizon sera la conséquence de l’activation des planches à billets des banques centrales pour « juguler » la Dette.

          A une autre époque, on a appelé cela l’euthanasie des rentiers,

          A bon entendeur !


        • Abou Antoun Abou Antoun 22 août 2012 08:33

          L’inflation est un moyen radical de spolier tous les gens disposant de quelques économies. Leurs économies représentent un certain pouvoir d’achat pour, par exemple, des biens immobiliers. Soudain ce pouvoir d’achat est divisé par deux ou complètement annihilé.
          Toute personne intelligente en période d’inflation va donc se débarrasser de ses liquidités pour se diriger vers des ’valeurs sûres’ (ou considérées comme telles). En outre le meilleur moyen de profiter de l’inflation consiste à emprunter, à faire des dettes, puisque la dette est progressivement effacée par la dévaluation de la monnaie, avec des emprunts à taux fixe on achète pour rien. L’effet apparent (et de courte durée) est une relance de l’économie. L’effet pervers est l’accroissement de la dette privée et donc de la dette publique (qui n’est souvent que le reflet de la dette privée). Le comblement de la dette exige donc l’accélération de la dévaluation et donc de l’inflation.
          C’est donc une spirale sans fin qui se met en place et qui accélère.
          Au bout du compte, l’économie parallèle, le troc, se développent puisque la monnaie n’a plus aucune valeur. On parvient à des situations totalement ingérables par les gouvernements puisqu’aucune manette ne répond plus.
          La lutte contre l’inflation doit être un des objectifs prioritaires d’un gouvernement responsable. Si les allemands sont si vigilants c’est parce qu’ils ont fait l’expérience de l’inflation galopante comme aucun autre pays au monde, inflation qui a totalement ruiné leur pays et qui est une des causes de la venue au pouvoir du parti nazi.
          Extrait de la page du lien :
          Les causes sont partout les mêmes : L’absence de volonté, chez les politiciens, d’aller à l’encontre de l’opinion publique et de faire un choix entre limiter les dépenses de l’état ou augmenter les impôts ; l’appât du gain facile de la part de financiers ; l’ignorance d’une grande partie de la population, celle qui pourrait faire pression, concernant les lois de l’économie.
          Aujourd’hui nous sommes encore face à un tel choix. Si la rigueur est refusée, ce sera l’inflation avec à terme des conséquences plus graves encore.


          • SamAgora95 SamAgora95 22 août 2012 09:19

            ça coûte cher une guerre, il faut bien financer les missiles qui iront foutre le chaos et la désolation dans les pays du moyen orient !


            • Denzo75018 22 août 2012 09:28

              Les taux que vous mentionnez ne sont encore que des « pseudo » inflations (quelques pour cents), je dirai plutôt que ce sont des taux de rattrapage car un taux d’inflation se situerait plutôt à partir de 10% jusqu’à 17%...Ce que l’Europe a déjà connu pendant les années 80 et qui n’a rien solutionné des réels problèmes endémiques des pays dont la France, mais pour sûr a ruiné les classes moyennes et ouvrières ( qui existaient encore à cette époque !).

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