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Accueil du site > Actualités > Economie > Comment sauver les Banques ?

Comment sauver les Banques ?

La logique capitaliste voudrait qu’une entreprise - en l’occurrence une banque - doive surmonter seule les vicissitudes liées à ses choix stratégiques et ce sans bénéficier d’une quelconque assistance. Après tout, conseil d’administration, actionnaires, créanciers et divers autres intervenants étaient parfaitement conscients de leurs engagements. C’est du reste dans l’objectif de rémunérer à leur juste valeur les risques contractés par ces établissements que furent créés les prêts garantis par des actifs, les taux d’intérêts proportionnels à la solvabilité du débiteur, le degré d’implication de certaines banques et de certains collaborateurs de ces banques dans les marchés spéculatifs, etc...

Pour autant, la déconfiture de Lehman Brothers ayant provoqué à l’automne dernier l’arrêt cardiaque financier que l’on sait permet d’affirmer aujourd’hui qu’aucun pays du G-20 ne livrera plus ne serait-ce qu’un seul de ses établissements aux affres du marché.

C’est ainsi que le Gouvernement US suivi en cela par l’Europe ont pour l’instant opté pour la fameuse voie moyenne consistant à parachuter de l’argent propre et sain sur des banques virtuellement enterrées sous le poids d’amoncellements de déchets qualifiés de manière ambiguë d’"actifs toxiques". Solution boiteuse et bâtarde qui refile le témoin des pertes bancaires à l’ensemble des contribuables tout en dédouanant de leurs responsabilités - au moins partiellement - ces mêmes banques coupables d’infecter la société de leur peste toxique. Dès lors, les effets de ces injections de vaccin sont à l’image de deux produits chimiques qui se neutralisent mutuellement. Solution de facilité à portée de Gouvernements hésitants et familiers de la demi-mesure qui, à l’instar de cette masse de pauvres malades qui font l’effort d’aller à Lourdes dans l’espoir que quelques uns d’entre eux seront guéris, imaginent que sauver quelques établissements bancaires sauvera comme par miracle l’ensemble du système. Le contribuable-citoyen doit refuser net cette option qui se borne à arroser de deniers publics des établissements moribonds dont on sait déjà qu’ils ne seront pas plus généreux envers des entreprises en mal de crédits. Gaspiller une eau précieuse pour irriguer un désert qui ne fera que l’absorber stérilement ou l’exemple affligeant du Japon de la "décennie perdue".

Pas convaincus ? Considérons l’usage fait par les banques Américaines du plan de sauvetage mis en place en Novembre dernier qui les autorise à émettre des obligations entièrement garanties par l’Etat au prix modique de 0.75% : Championne toutes catégories Bank of America a ainsi accédé 11 fois à ce programme pour un montant total de 35.5 milliards de dollars, JP Morgan ayant pour sa part pompé 30 milliards, GE Capital 27 milliards, Citigroup 24 milliards, Morgan Stanley 19 milliards et Wells Fargo 6 milliards. Ces chiffres sont proportionnels à leurs pertes respectives, les banques ayant le plus fait usage de ces facilités étant évidemment les plus sinistrées. Toujours est-il que ce programme - ayant été sollicité 97 fois depuis son lancement et pour un total de 190 milliards de dollars ! - présente l’inconvénient majeur de ne pas séparer le bon de l’ivraie du fait qu’il n’établit aucune distinction - en les traitant de manière équivalente au niveau des coûts d’accès aux liquidités – entre les établissements solvables et ceux qui ne le sont pas. Ces tarifs nettement inférieurs à ceux pratiqués par le marché créent donc une distorsion dans un cadre général où les banques sont maintenues artificiellement en vie dans l’espoir chimérique que la valorisation des actifs toxiques figurant toujours à leur bilan finira bien par se rétablir. L’accès aux fonds publics n’étant ainsi en rien susceptible de ressusciter des banques en état de mort cérébrale, tout au plus de les maintenir dans le coma.

Nos Gouvernements doivent franchir le Rubicon en nationalisant les banques, c’est-à-dire en forçant ce transfert de propriété des établissements financiers depuis le secteur privé vers le secteur public. Quel intérêt y a-t-il à dilapider l’argent public sur des établissements que les pouvoirs publics ne contrôlent pas et qui restent en état de léthargie à cause de créances pourries que l’Etat n’a pas le courage de passer au Kärcher ? Seul l’Etat dispose de la surface financière vitale à la réorganisation d’établissements financiers souvent tentaculaires, seul l’Etat bénéficie de cette crédibilité condition sine qua non pour le poser comme contrepartie des transactions en cours. Il ne s’agit certes pas de foncer dans les nationalisations sans préparation et doté du seul amateurisme dont ont fait preuve un certain nombre d’Etat dans l’élaboration de leur plans de sauvetage. Car après ces nationalisations, plus aucun retour en arrière ne sera autorisé ou toléré.


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25 réactions à cet article    


  • Cug Cug 9 mars 2009 13:47

     Je crois que nous vivons non pas une révolution comme en 1789 mais une évolution.
    En 1789 l’ancine régime c’est effondré que dis je balayé plutôt car il n’apportait plus rien à la société française si ce n’est la perpétuation des privilèges de la classe dominante de l’époque, l’aristocratie.
    Chute de l’empire napoléonien et retour de l’ancien régime couplés à la révolution industrielle et aux colonisations, une nouvelle classe dominante partagée entre grands propriétaires terriens, industriels et banquiers à vu le jour.
     Elle est plus que jamais en place et c’est son système qui touche à sa fin. La crise économique actuelle prouve que le système est à bout. Cependant à la tête de celui ci nous retrouvons les propriétaires fonciers, les industriels, les banquiers et Sarkosy comme tous les dirigeants politiques occidentaux sont à leur service par opportunisme, par idéologie, par dépit ou encore par aveuglement.
    Sauver les banques c’est sauver le système (ancien) hérité du 18e, du 19e et du 20e, c’est tout.

    Si ça marche nous aurons deux mondes, celui de la bourse et le monde réel mais cela ne pourra fonctionner qu’avec des dictatures ... économiques aux service des actionnaires planqués dans des iles paradisiaques pendant que leur multinationales pillent et/ou détruisent tout ce qui peut l’être.


    • Alpo47 Alpo47 9 mars 2009 15:36

      Qu’arrivera t-il si, actuellement, on nationalise les banques ?
      Je pense que ce seront les Etats, donc les contribuables, qui prendront à leur compte les errements des banques, en devant assurer les CDS et autres actifs pourris. Non ?
      Devant les chiffres incroyables qui sont aujourd’hui au passif des banques, les Etats n’ont, de toutes façons, plus les moyens de remplir ce rôle.
      Alors ? Et bien, si nationalisations il finit par y avoir, cela signifiera la ruine des Etats, et leur totale soumission ...... aux banques.

      Echec et Mat !


    • logan 10 mars 2009 09:49

      Au contraire, en nationalisant les banques ET en les coupant totalement des marchés financiers en leur interdisant formellement d’y participer d’une quelconque façon que ce soit, en faisant du service bancaire un service publique, on se libère de l’emprise des banques et on met au contraire ces banques sous la domination de la volonté générale du peuple.

      Les actifs toxiques des banques françaises ne sauraient pénaliser les etats, déjà parce que leur poids peut largement être supporté par l’état, ensuite parce que tout pourra être remboursé petit à petit par les nouvelles recettes pour l’état que représenterait un tel service publique bancaire.



    • Romain Desbois 10 mars 2009 09:59

      je crois que la seule solution est de laisser ces banques dans leurs merdes !
      Si les clients de ces banques avaient changé de crèmerie, il y a longtemps que le problème serait réglé.
      Agissez au lieu de pleurer ! ca fait vingt ans qu’il existe en France une banque éthique, La Nef !
      Garantie sans fonds pourri,sans prêt pourri !
      et comme c’est une coopérative , si le dirigeant merde, on le vire !

      Vous connaissez une autre banque qui vous informe à qui et pourquoi elle prête ? Une banque qui lorsqu’un de ses client décède, annule le solde du crédit à rembourser parcequ’elle considère que la veuve n’a pas les moyens de rembourser ?

      La Nef c’est ça !

      La seule chose que les banques comprennent, c’est la fuite de leurs clients !

      L’ETAT N’A AUCUNE RAISON DE RENFLOUER DES BANQUES QUI N’ONT PAS DE CLIENTS !


    • Yvance77 9 mars 2009 14:02

      Bonjour,

      Bon billet. En fait je me demande si chaque état n’y va pas de son petit programme personnel, tant les dirigeants semblent perdus face à l’ampleur de cette crise, dont nous ne sommes qu’au début.
      Du coin de l’œil, ils louchent sur ce que font les voisins, et voir si cela peut fonctionner.

      Je suis assez pessimiste sur le prochain G20, aucune coordination ne parait possible. Les gouvernants ont monté des distilleries et on testera dans son coin si l’alambic qui en sortira est le bon.

      Et le problème majeur de Sarko, c’est que ce mec n’est pas un visionnaire, mais un sanguin type petite frappe, il réagira lorsque ce sera trop tard.

      A peluche


      • foufouille foufouille 9 mars 2009 14:15

        on capture les banquiers
        ensuite on les fait avouer ou est l’argent vole
        on leur prend tout ce qu’ils ont et on les fout sous les ponts


        • Triodus Triodus 9 mars 2009 14:38

          @Foufouille,

          Il faut s’attaquer d’abord au monde politique qui a laissé faire et abdiqué.
          Et rappelons aussi que l’on n’a pas trop réagi en les voyant faire..
          On les a même élus et ré-élus à volo !

          Cordialement,
          T. 


        • Serge Serge 9 mars 2009 15:16

          Le monde politique n’a pas abdiqué... Il a parfaitement assumé son rôle et continue à le faire.Dans leur grande majorité les "politiques" sont issus du système,participent activement au" bon fonctionnement du système" pour servir les intérêts du cac 40... ( pour résumer, car cela demanderai une analyse plus fine ) ; c’est toute la question d’une analyse du rôle de l’Etat ; est-il un "arbitre" défendant l’intérêt général ( même cette notion n’est pas très claire pour ne pas dire ambiguë ) ou une structure assurant "l’ordre" dans l’intérêt de la classe dominante ?



        • foufouille foufouille 9 mars 2009 17:12

          ils sont tous pourris
          toutefois les politiques ne sont que des marionnettes
          les tres riches sont les marionnetistes et ce sont eux les coupables
          comme on ne peut toucher les rockfeller et cie, il faut attaquer les larbins
          sans serviteurs un roi n’est rien


        • zelectron zelectron 9 mars 2009 14:39

          Ca nous coûte plus cher de les sauver (elles sont trop pourries) que d’en faire de nouvelles...sur un modèle contrôlé (ça c’est le plus difficile, c’est trop fatiguant, n’est ce pas ?)


          • Serge Serge 9 mars 2009 15:01

            Ajoutons aussi que actionnaires principaux,spéculateurs en tout genre,"experts" financiers,bref...tous les "rois du cac 40",n’ont jamais demandé aux "clients" des banques que nous sommes le moindre avis sur "leurs aventures financières" dont ils nous présentent la note aujourd’hui.Il n’y a même pas eu de leur part la moindre information...la moindre alerte..."la transparence" est réservée à leur clan ; on reste entre gens du monde pour se gaver et on lance un appel au peuple pour se sortir de la m...et préserver fortune et privilège !
            D’ailleurs au sujet des experts es-économie,du genre de ceux qui sont la "coqueluche des médias" car ils savent parfaitement utiliser "la brosse à reluire" et ne pas faire de vagues, je donnerai cette définition :
             " Experts qui sauront demain pourquoi ce qu’ils ont annoncé et prédis hier n’a pas eu lieu aujourd’hui !"


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 mars 2009 17:09

              Bel article bien clair,

              Pourquoi sauver les banques ? les prêteurs de la planète accordent volontiers des prêts au plus grand débiteur de la planète ( Amérique ) ; ils ne font confiance à personne d’autre. Le plus grand débiteur de la planète, de son côté, prête aux gens à qui les prêteurs privés ne font plus confiance — les emprunteurs qui ne peuvent rembourser l’argent. C’est à dire, je confie mon argent à la banque qui le prète à ceux à qui je me serais refusé de prèter...

              Ce qu’il faudrait privatiser, c’est la machine à billets et en disposer en distributeurs à tous les coins de rue. Ainsi, l’argent deviendrait si commun que tout le reste regagnerait en valeur et en goût.


              • geko 9 mars 2009 18:21

                Nous n’avons pas misé sur le bon cheval pour franchir le rubicon !

                Merci pour cet article qui respire le bon sens !


              • Jason Jason 9 mars 2009 18:53

                Cher Geko,

                Pour franchir le Rubicon vaut mieux avoir une embarcation plutôt qu’un cheval. Encore que, dans les weterns on voit des gens franchir à cheval des rivières.

                Cordialement


              • geko 9 mars 2009 19:24

                Pris à sa source on peut même le franchir à pied  !


              • Jason Jason 9 mars 2009 19:09

                @ l’auteur,

                Vous parlez dans votre phrase liminaire de la logique capitaliste. Je nuancerais le propos et j’ajouterais une pseudo-logique dotée d’un aventurisme certain. Car croyance, espérance de gain, spéculation, pari, achats dans le futur, etc., accompagnent les aventures du capital. Pas très logique tout ça.

                Deuxièmement, si l’Etat garantit la solvabilité, il ne dépense rien dans l’immédiat. Seulement en cas de défaut, il montera en première ligne, étant le prêteur en dernier recours, et donc dans certains cas le garant dûment sollicité. Mais, pas de dépense dans l’immédiat. Le contribuable serait invité, mais plus tard seulement, à payer les pots cassés. Tout cela laissant le temps aux pouvoirs publics de préparer une sauce médiatique ad hoc pour faire avaler la pilule.

                La revue Alternatives Economiques fait état de versements aux instituts financiers dans le cadre du plan Paulson en novembre dernier, sans contrepartie de la part de ces organismes... Affligeants, les USA, et modèle à ne pas suivre.

                Cordialement.


                • bob 9 mars 2009 22:17

                  Accord du debut a la fin.
                  L’auteur passe neanmoins un peu rapidement sur l’interet de personnes puissantes. Ces gens refusent de voir perdre leur fortune et useront de tous les artifices pour se faire croire que la situation peut etre changee. Les creances insolvables etant superieures a la totalite des capitaux mondiaux non adosses a une dette, il apparait clairement qu’a moins d’un changement de gouvernement moins enclin a dispenser les deniers publics et plus regardant a leur beneficiaires, la crise ne pourra pas se resoudre.
                  J’ ajoute que le marche est base sur la confiance et que la perte de celle-ci a fait fuir les investisseurs plus rapidement qu’une volee de moineaux. Voila pourquoi, en meme temps qu’une politique saine, les pays touches auront aussi besoin de temps pour restaurer une confiance serieusement ebranlee et une economie variablement touchee.


                  • bob 9 mars 2009 22:18

                    Au fait que sont devenus les liberaux purs et durs adepte du dereglement des marches ?


                    • moebius 9 mars 2009 22:43

                      ils n’ont jamais existé, c’est un pur effet de discours qui concerne plus l’université et éventuellement la politique et les elections que la banque dont les actionnaires contrairement a ce que prétend l’auteur de cet excellent article, ne maitrise absolument rien


                      • PUCK 9 mars 2009 23:13

                        @ M. Santi .

                        Article lumineux et parfaitement logique .

                        Le seul moyen d’isoler ces fameux "actifs toxiques" est bien de déposséder les banques en faveur des Etats .Ils auront ainsi le pouvoir de leur faire rendre gorge .

                        Malgré quelques commentaires ironiques , il n’est pas impossible que N.S. n’ait pris la mesure du problème en nommant un de ses conseillers à la tête de notre nouvelle grande banque .C’est un 1er pas .


                        • wesson wesson 9 mars 2009 23:46

                          Bonsoir l’auteur,

                          "Nos Gouvernements doivent franchir le Rubicon en nationalisant les banques, c’est-à-dire en forçant ce transfert de propriété des établissements financiers depuis le secteur privé vers le secteur public. "

                          Exact, terriblement exact, et c’est peut-être déjà trop tard pour le faire.

                          Et encore, et encore pour éviter un effondrement total du système, il faudra aller encore beaucoup plus loin que cela. Il faudra *vraiment* régler leur compte aux paradis fiscaux - tous les paradis fiscaux y compris les notres (monaco, andorre, ...), annuler une énorme partie des CDS et autres swaps, écrêter par l’impôt les profits actionnariaux et la rente financière, et probablement nationaliser et geler voire fermer les plus grandes places boursières !

                          bref, aller vers une configuration du capitalisme ou le profit financier est limité dans une norme durablement soutenable. Et au passage pour ça, il faudra qu’une masse critique de dirigeants actuels soient remplacés par des nouveaux aux idées neuves et qui n’ont pas trop envie d’appuyer sur le bouton atomique non plus ...

                          On a pas le cul sorti des ronces avec ça !


                          • Internaute Internaute 10 mars 2009 11:24

                            Est-ce le militant du NPA qui parle ? Vous oubliez la levée de la prescription trentenaire pour les crimes économiques.


                          • Internaute Internaute 10 mars 2009 11:21

                            Les théories Keynesiennes n’ont jamais marché et ne marcheront pas. On ne guérira pas une crise issue d’une bulle des crédits en faisant encore plus de crédits.

                            "We are spending more money than we have ever spent before, and it does not work. After eight years, we have just as much unemployment as when we started and an enormous debt to boot." -US Treasury Secretary, Henry Morgenthau, May, 1939


                            • FYI FYI 10 mars 2009 17:19

                              Keynes est un monétariste, FD. Roosevelt ne l’a jamais pris au sérieux.
                              Il est pour l’oligarchie financière, et de socialiser les pertes smiley


                            • FYI FYI 10 mars 2009 17:14
                              				 				Quand les banques centrales se relâchent, ça sent l’hyperinflation… 				 				

                              Le 5 mars entrera comme une date historique dans l’histoire du XXIe siècle, celle du début de la plus grande hyperinflation des temps modernes.

                              Car ce jour, pour la première fois depuis sa longue existence de 315 ans, la Banque d’Angleterre, par la voix de son gouverneur Mervyn King et du Chancelier de l’échiquier Alistair Darling, a annoncé qu’elle mettait en route la planche à billets. Il s’agit d’imprimer 75 milliards de livres (environ 85 milliards d’euros), première tranche d’un total de 150 milliards de livres. Après avoir baissé son taux à 0,5%, le gouvernement Britannique estime qu’il s’agit de l’arme ultime capable d’empêcher que l’économie britannique sombre dans une grande dépression ou « souffre » d’un « excès de déflation ». En réalité, l’argent fraîchement imprimé servira à racheter des emprunts d’Etat et des obligations d’entreprise, en bref, à colmater les brèches d’un système bancaire agonisant.

                              Cependant, même en Angleterre, personne n’est assez niais pour ne pas y voir le spectre menaçant de la grande crise hyperinflationniste de l’Allemagne de Weimar ou celle qui a ruiné plus récemment le Zimbabwe. Un éditorialiste du Telegraph note que « créer de l’argent, après tout, est une illusion – et, en temps normaux, conduit à une hyperinflation du type Zimbabwe ».

                              Le fait que la mesure est qualifiée, en termes techniques, de « quantitative easing » (traduit en français comme « assouplissement », ou « relâchement » quantitatif), a réveillé le talent de plusieurs caricaturistes outre-Manche. Un dessin dans le quotidien The Independant montre Gordon Brown poussant une brouette remplie à raz bord avec des billets sous forme de rouleaux de papier hygiénique. Brown y annonce : « Je ne fais que sortir pour un peu de relâchement quantitatif »… En bref, Gordon Brown annonce la couleur, méfions-nous des odeurs !

                              De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a baissé jeudi ses taux d’intérêts d’un demi point à 1,50% et son président Jean-Claude Trichet a annoncé que la BCE n’exclut pas d’adopter à son tour des mesures d’assouplissement quantitatif pour stimuler l’économie. « Je ne veux pas en dire plus pour le moment », a-t-il indiqué, ajoutant que la BCE communiquerait à ce sujet en temps voulu.

                              En référence à ces propos, Christine Lagarde s’est félicitée que la BCE envisage des voies d’action « non conventionnelles » pour juguler la crise. « Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est de constater que, après la Fed, maintenant la Banque d’Angleterre, et peut-être la BCE -c’est en tout cas ce que laisse supposer les déclarations des uns et des autres- envisagent des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles », a-t-elle ajouté.

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