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Accueil du site > Actualités > Economie > Comment sauver notre agriculture ?

Comment sauver notre agriculture ?

Notre agriculture se meurt. En plein salon de l'Agriculture, vient de paraître deux ouvrages majeurs sur la question agricole : celui d'Isabelle Saporta, journaliste à Marianne, le livre noir de l'agriculture chez Fayard et celui de Pierre Priolet, arboriculteur, contraint d'arracher ses arbres l'an dernier. Son livre -les fruits de ma colère, plaidoyer pour un monde paysan qu'on assassine, chez Laffont- contient des solutions iconoclastes, et donc intéressantes. 

Il faut être conscient des enjeux du monde agricole aujourd'hui. A part les céréaliers -qui se portent bien merci- nos autres agriculteurs sont condamnés à disparaître dans la décennie qui vient. L'extinction programmée des aides de la Politique Agricole Commune (PAC) va entraîner la fin des petits paysans incapables de concurrencer les autres paysans du monde. Comment éviter cela ?

Deux voies, classiques, vous nous être proposées par nos responsables politiques : la première consiste à (ré)affirmer notre confiance en l'Europe et à la PAC. C'est ce qui se met en place depuis dix ans, avec les dégâts que nous connaissons. La deuxième voie prend la forme d'un discours qui vante les vertus de la Réglementation, de la PAC pratiquée il y a vingt ans. Ce discours est irréaliste car la France ne reviendra pas en arrière, tant elle est liée par ses engagements européens.

Il faut donc, dans le cadre contraint qui est le nôtre, envisager une autre politique, volontariste, nationale mais compatible avec les réglements internationaux.

Dans une époque où les experts ne cessent de faillir, c'est souvent les esprits éclairés de terrain qui peuvent trouver les réponses adéquates. A cet égard, le livre de Pierre Priolet est particulièrement riche. Je ne résiste donc pas au plaisir de vous le citer :

"Le gouvernement nous affirme vouloir tout faire pour réglementer les bonus des traders, il nous montre la voie. Il faut l’encourager et étendre la question des bonus, à celle des marges de tous les magasins de plus de 800M² de surface de vente, en imposant une marge de 30% maximum, tous avantages compris, à savoir, marge avant, marge arrière, mise en rayon fournisseurs effectuée ou financée, ventes effectuée ou payée par le fournisseur et tout autre bénéfice tiré du système. Le travail sera enfin récompensé : plus le magasin travaillera, plus il pourra gagner, cela interdira les rentes de situation et dynamisera le commerce. Quand un produit, ne coutera pas cher, le consommateur pourra enfin en profiter, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui".

Et plus loin :

"Ma proposition consiste à donner à toutes les exploitations agricoles intéressées, la possibilité de vendre 1000 m² de leurs terres agricoles proches des villages ou des exploitations, en terrain constructible. Le produit de la vente serait reparti selon les proportions suivantes :

- 40% pour redonner de l’air à la trésorerie de l’exploitation 
-
60% iraient à un Fonds Agricole d’Utilité Publique, dont les exploitants seraient actionnaires, déposé à la Caisse des dépôts et consignations.

Ce fonds ferait l’acquisition de magasins pouvant recevoir une quarantaine de palettes de produits bruts de cueille. Ils seraient situés en zone urbaine, à forte densité de population. Ce fonds servirait aussi à financer l’organisation et la logistique.

Les magasins vendraient les productions agricoles, à prix coûtant (incluant le transport, les frais de main d’œuvre du magasin) plus 30% pour rémunérer le travail et la capacité à investir de l’agriculteur. Ce système permettra de payer les producteurs fournisseurs, dès la vente des produits et donc de leur donner très rapidement une trésorerie, et au consommateur d’avoir accès à des primeurs cueillis à maturité, aux qualités gustatives enfin retrouvées.

Les magasins seraient dirigés par un chômeur de plus de 53 ans ayant les compétences requises et emploieraient trois ou quatre jeunes de 18 à 25 ans sans qualification avec un vrai CDI. Les magasins ne paieraient pas de loyer, car le but n’est pas le profit".

J'aime ce qu'il dit, parce que c'est pragmatique et cela part du terrain et non d'un bureau d'études situé au vingtième étage d'une tour de la Défense !

Je pense, malgré tout, que Pierre Priolet se trompe sur un point : nos responsables politiques ne peuvent pas sortir du système du marché libre dans lequel l'Etat s'interdit d'agir depuis des décennies. Imposer une marge de 30% n'est plus possible aujourd'hui, ne pas faire payer de loyers est une autre impossibilité dans notre monde économique.

Je propose donc, pour ma part, un autre système qui consiste, dans le monde économique qui est le nôtre, à favoriser les circuits courts et bio au détriment de la grande distribution et des gros groupes industriels.

Il s'agit d'imposer une faible TVA additionnelle sur les produits alimentaires, de quelques centimes sur chaque produit (par exemple une TVA de 19,7 au lieu de 19,6). Le produit de cette TVA alimentera un fond de la caisse des dépôts, géré par les agriculteurs (je reprend l'idée de Priolet). Il servira à financer l'installation de circuits courts (au maximum : un paysan, un transformateur, un vendeur-négociant). Ces deux derniers ne pourront pas dépasser les 40 employés et ne pourront pas être franchisés. Je préfère parler en nombre d'employés plutôt qu'en mètre carré car je crois davantage à l'avenir du modèle économique de l'entreprise local de redistribution en circuit court, avec commande sur internet et livraison, plutôt qu'en celui de la moyenne surface (même si il en faut).

Cette contribution incitative, cette TVA additionnelle ne sera pas payée par ces entreprises en circuit court. Elle augmentera d'années en années, de 0,01% par an, favorisant le développement de ces circuits courts.

Cette démarche respecte les règles de fonctionnement du marché, n'est pas en opposition avec les principes de l'agriculture commune. Il ne brusque pas les grandes entreprises de l'agroalimentaire et de la grande distribution qui pourront continuer à fonctionner. Cela me semble primordiale car un Casus Belli à leur égard les feraient se braquer et s'opposer vigoureusement à ce système.

Ainsi, il sera peut être possible de sauver notre agriculture et nos paysans.


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43 réactions à cet article    


  • lloreen 22 février 2011 11:07

    Plaidoyer tout court pour la souveraineté individuelle.
    Leçon d’espagnol.
    Un transporteur allemand qui a contribué à mettre sur la paille des centaines de chauffeurs de poids lourds ou petits patrons espagnols, en employant des chauffeurs bulgares payés au tarif en cours dans les pays de l’ex URSS et cassant de ce fait les prix du marché a disparu du paysage espagnol des transporteurs.
    Les chauffeurs espagnols ont stoppé les camions et « prié » les chauffeurs bulgares de descendre de leur camion, en récupérant toutes leurs affaires personnelles puis ont mis le feu à 200 camions.
    La police a pris note de « problèmes techniques », aucune plainte n’a été déposée, aucun chauffeur n’ étant blessé ou n’ayant subi de préjudice personnel.
    Les dégâts ont été pris en charge par les assurances.
    Le transporteur allemand a retenu la leçon et s’est retiré du marché espagnol.


    • plancherDesVaches 22 février 2011 16:40

      Autre plaidoyer pour la souveraineté vachement individuelle.

      Le premier pays bénéficiaire de la PAC est ... l’Angleterre.
      En effet, juste avant tatcher, l’Angleterre avait été tuée par Soros par sa spéculation sur la Livre et ce pays a donc négocié, par elle, des proportions d’aide plus que favorables.
      Que l’Angleterre a toujours refusé de renégocier depuis, malgré une économie largement redressée.

      La première bénéficiaire de la PAC en Angleterre est ... la reine.
      En effet, la « couronne » est le premier propriétaire terrien du pays et possède aussi de larges zones maritimes louées pour implanter des éoliennes.

      A Las Vegas, on appelle ça : jackpot.


    • lloreen 22 février 2011 11:11

      Vous avez tous été élèves et savez ce qui se passe quand un professeur se fait chahuter par les élèves.Résultat ? : zéro autorité.


      • Gabriel Gabriel 22 février 2011 11:46

        Re-centralison la production et la consommation au niveau local (Villages, villes, départements) Boycott des grandes surfaces concernant l’alimentaire au bénéfice des producteurs locaux (Marché, ferme, épicerie de village) Boycott des produits importés tel les fruits et légumes venant d’Espagne ou autres issus de cultures intensives sous serres bourrés de pesticides et ayant effectué des milliers de km pour arriver dans nos assiettes (Bonjour l’impact écologique). Ils faudrait aussi que les producteurs locaux vendant leurs produits sur les marchés, c’est-à-dire en directe, arrêtent massacrer le consommateur en pratiquant des prix souvent plus élevés qu’en grandes surfaces. L’effort, la démarche doivent être bilatérale  (Vendeurs et acheteurs)


        • Hermes Hermes 22 février 2011 16:51

          Il est d’abord nécessaire d’éviter l’interdiction des graines libres que nous prépare l’Europe. L’application stricte des lois de l’ultralibéralisme qui nous sont imposées fait que graine libre fausse la loyale concurrence sur le marché de la graine si considéré comme marchandise.

          Voir :
          - association kokopelli
          - réseaux de semences paysannes

          Aux US on prépare l’interdiction du jardin potager.... toujours « en avance » là bas !!

          Les plantes médicinales seront bientôt interdites en Europe.

          A bon entendeur ....


        • Gabriel Gabriel 22 février 2011 17:12
          Bonjour Hermes,

          Interdire les affameurs de demain genre Monsatos and Co, pour les jardins et autres, j’en parlais dans l’article ci-dessous (Période 3) 


          Si tu veux sauvegarder la terre, garde toujours quelques graines de ce que tu as semé.

        • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 22 février 2011 11:54

          Bon article, merci à l’auteur..

          "Je propose donc, pour ma part, un autre système qui consiste, dans le monde économique qui est le nôtre, à favoriser les circuits courts et bio au détriment de la grande distribution et des gros groupes industriels."

          C’est en effet la chose la plus intelligente, on ne le répetera jamais assez.
          Non seulement relocaliser, mais réduire la taille des exploitations.

          Dénoncer aussi la FNSEA pour ce qu’elle est, non pas un syndicat mais un lobby au service des industries semencières et chimiques - d’autant plus depuis l’élection de son dernier président, Xavier Beulin, dont le rôle n’est que de faire passer la pillule des OGM, à l’usure, il n’y a qu’a voir son CV.

          Peut être pas dans le sujet de votre article, mais toujours bon a savoir :
          ---------------------------------------------------------------
          LA PERMACULTURE - UN INTÉRÊT ECONOMIQUE - Cliquez pour télécharger.



          • iris 22 février 2011 12:28

            j’ai lu un article récemment sur les villes en transition avec la fin du pétrole
            demain il faudra peu etre planter des arbres fruitiers au lieu de nos arbres ornementaux- et cultiver tous les petits lopins de terre des villes en potager-et on peut manger les feuilles des tilleuls en salade parait t il- et cultiver légumes et arbres fruitiers sur les terrrains de golf-nouvelle organisation à prévoir-


            • plancherDesVaches 22 février 2011 13:08

              L’utilisation des terrains de golf me parait intéressante.

              Surtout qu’ils ont l’eau gratuite : un golf consomme autant d’eau qu’un village de 4000 habitants.


            • iris 22 février 2011 14:50

              faire le jardin c’est aussi une thérapie contre la dépréssion nerveuse, comme tricoter, faire du travail manuel-à réorganiserdans les villes et campagnes


            • plancherDesVaches 22 février 2011 15:44

              Merci du conseil, Iris.
              J’ai une méthode infaillible contre la dépression : je pratique le tir.
              Tant fusil que pistolet qu’arc.

              Cela oblige à une concentration qui va bien au delà de la simple réflexion car il faut s’ « oublier » lorsque le coup part.
              Le corps ainsi que l’esprit doit ainsi se trouver dans le projectile destiné à atteindre la cible.
              La respiration s’arrête ainsi naturellement, comme pour une réflexion intense, car l’on ne s’ « appartient » plus.

              Cela est identique à une révolution : tu appartiens aux semblables dont tu fais parti.
              Et tu tues naturellement ceux qui veulent te tuer.
              C’est de l’auto-défense naturelle et légitime.


            • Floréal 22 février 2011 15:37

              Votre article est très intéressant. Après moult réflexions je vous livre juste ma conclusion sans passer par le développement trop long à expliquer. Il faut déclarer l’autosuffisance alimentaire comme étant le modèle que chaque habitant de la planète devrait chercher à atteindre. Bien sûr, une fois qu’on a dit ça, on voit bien que c’est difficile à mettre en oeuvre mais pas tant que ça ! Il faut favoriser l’élevage et la culture individuelle et, quand ce n’est pas possible, déléguer à une collectivité (famille, quartier, commune, canton, région) la possibilité de le faire. Ainsi on s’interdirait la surproduction et l’exportation des surplus. Il faudrait coopérer avec les pays les plus démunis pour qu’ils atteignent, eux aussi, l’autosuffisance alimentaire.
              L’autosuffisance alimentaire c’est plus de production locale et moins de transports. Il reste à organiser les inévitables échanges de marchandises (il n’y a pas d’oranges, pas de bananes en France métropolitaine !). Soit on accepte l’importation, soit on ne consomme plus de fruits ou légumes non locaux. Il faudra accepter des échanges de marchandises équitables aussi bien en quantité qu’en qualité mais il faudra éviter la monoculture aux fins d’exportation seulement (les oranges d’Israël, les bananes du Costa Rica, etc).
              L’Etat devra favoriser l’accès aux petites exploitations maraîchères à toute personne souhaitant travailler la terre pour autosatisfaire ses besoins alimentaires. Le retour aux jardins populaires organisés en coopératives.


              • plancherDesVaches 22 février 2011 15:48

                Floréal.
                Faut revenir sur terre, là.

                Dis-moi pourquoi monssantos a inventé les cultures stériles.. ????????


              • King Al Batar King Al Batar 22 février 2011 15:50

                Je me souviens entre 1960 et 1990, la politique de subvention agricole appliquée
                par la Communauté Européenne et les Etats-Unis a fait chuter les prix agricoles de 50% en 30 ans...
                Résultats les pays a fotre capacité agricole, qui ne pouvait plus vendre leur produits se sont mis a cultiver la coca, le pavot ou le hashish !

                Faisons pareil ! Cultivons du Hashish en grosse proportion, détronons la Hollande, Majorque et les Canaris, et le problème sera réglé !

                Non plus sérieusement, le problème est un problèm global et qui ne touche pas seulement l’agriculture francaise. Il en est de même pour les ouvriers, les industriels etc... Rien ne changera tant que le nerfs de la guerre sera l’argent et non pas la survie de notre patrimoine.

                L’idée de l’auteur du bouquin de vendre directement, sans intermediaire, des produits frais, et de prendre à leur charge les support de vente est une excellente idée.

                Maintenant, je pense qu’il faudrait obliger les Grandes Surfaces a commercialiser au minimum 80% de produits issus de l’agriculture Francaise, et leur appliquer effectivement un plafond sur les marges.

                Mais je n’y connais rien en agriculture, a part en indoor, et j’ai du voir trois cochon, une chèvre et une vache dans ma vie, et encore c’était à Porte de Versailles ! Donc je suis mal placé pour proposer des solutions. En tout cas, on sait déjà la cause du problème.


                • plancherDesVaches 22 février 2011 16:45

                  A l’époque de De Gaulle, les agriculteurs avaient été questionnés pour savoir s’ils étaient intéressés à vendre leurs produits en direct.

                  Ils avaient refusé.


                • epapel epapel 22 février 2011 16:32

                  Deux voies, classiques, vous nous être proposées par nos responsables politiques : la première consiste à (ré)affirmer notre confiance en l’Europe et à la PAC. C’est ce qui se met en place depuis dix ans, avec les dégâts que nous connaissons. La deuxième voie prend la forme d’un discours qui vante les vertus de la Réglementation, de la PAC pratiquée il y a vingt ans. Ce discours est irréaliste car la France ne reviendra pas en arrière, tant elle est liée par ses engagements européens.

                  Tout est dit, dans ce cadre il n’y a pas de solution pour les productions agricoles intermédiaires qui sont prises en étau entre le coût des matières premières, de la main d’oeuvre et les centrales d’achat et autres laiteries ou abattoirs. De plus la consommation de produits alimentaires intermédiaires est la variable d’ajustement du budget nourriture des ménages car ils sont substituables par des matières premières beaucoup moins chères.

                  Il faut donc, dans le cadre contraint qui est le nôtre, envisager une autre politique, volontariste, nationale mais compatible avec les réglements internationaux.

                  Une telle politique n’existe pas tant tout a été conçu pour la rendre impossible. Les solutions de financement que vous proposez sont des subventions déguisées qui ne sont pas admises dans le système actuel.

                  Je propose donc, pour ma part, un autre système qui consiste, dans le monde économique qui est le nôtre, à favoriser les circuits courts et bio au détriment de la grande distribution et des gros groupes industriels.

                  C’est une bonne idée, mais elle restera marginale car comment voulez-vous écouler 7 millions de tonnes de viande et 7 millions de tonnes de produits laitiers avec cette méthode ?

                  Et surtout, sachant que ce sont les productions intermédiaires qui emploient le plus de main-œuvre (si on inclue la transformations des matières premières) comment voulez-vous produire moins cher que les pays à bas coûts salariaux ? C’est tout simplement impossible.

                  Il faut se faire une raison, dans le contexte réglementaire actuel l’agriculture française intermédiaire est vouée au même sort que l’industrie textile, automobile et compagnie : la disparition par délocalisation massive.


                  • Hermes Hermes 22 février 2011 16:58

                    Encore TINA !
                    Il est temps d’apprendre à sortir de TINA  !


                  • epapel epapel 22 février 2011 21:01

                    Désolé, mais une vraie alternative consiste à sortir du système actuel et non chercher à l’intérieur une solution qui n’existe pas.


                  • Rcoutouly Rcoutouly 22 février 2011 21:45

                    Ce discours conformiste : désolé, il y a rien à faire, est ... désolant !

                    Et en plus il est faux : lire à ce propos l’ article sur mon blog : la fiscalité verte est-elle compatible avec les règles européennes ?
                    D’autre part, je voulais vous remercier pour votre dernier commentaire à un de mes articles qui m’a particulièrement inspiré : Pour une révolution fiscale dans le domaine environnementale

                  • epapel epapel 23 février 2011 22:51

                    C’est le système qu’il faut changer, la mise en place d’une fiscalité plus avantageuse ne changera pas les données du problème à moins qu’elle soit particulièrement lourde.

                    Par exemple, pour transporter 1 tonne de marchandise sur 1000 km par camion (distance max du port d’arrivée le plus proche) il faut environ 10l de carburant, et autant pour faire 10.000 km de bateau supplémentaire, soit un coût de 1 ct de carburant par kg transporté. Vous aurez beau multiplier le coût du carburant par deux via une taxe carbone (ce qui est déjà beaucoup) :
                    - le consommateur ne verra pas la différence (1 % pour le prix du lait)
                    - la compétitivité du producteur local sera à peine améliorée (3% pour le coût du lait)
                    Sur les produits les moins chers (1 € le kg) il faut une taxe carbone de 1000% pour que cela ait un effet significatif, mais c’est totalement irréaliste.

                    Quand aux subventions à l’agriculture, ça ne tient pas la route car elles représentent déjà plus de la moitié de leurs revenus et comme le but de l’UE est faire baisser ce chiffre en démantelant progressivement la PAC, ce n’est certainement pas pour la voir ressurgir par des mesures nationales sous le prétexte écologique.

                    Il faut détruire cette politique agricole communautaire et non essayer de s’y adapter à la marge.


                  • Le péripate Le péripate 22 février 2011 20:12

                    Ouaips.

                    Il existerait bien une troisième méthode. Mais c’est super compliqué.

                    Ce serait « laissez faire, laissez passer ». Une utopie probablement.

                    Accessoirement on se demande bien pourquoi un terrain est classé constructible ou agricole. Un terrain est un terrain pour n’importe qui avec un peu bon sens.


                    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 23 février 2011 11:33

                      Laisser les grandes corporations de ce monde répendre le bonheur sur la planète...
                      C’est bien connu, c’est d’ailleur parcequ’on ne les laisse pas assez faire que le monde va si mal.

                      Dans le registre du ’importe quoi, le Péripate n’en loupe pas une..


                    • epapel epapel 24 février 2011 12:20

                      L’équivalent d’un département bétonné tous les 7 ans en France au dépend des zones agricoles , ça ne vous suffit pas ?


                    • pastori 22 février 2011 21:25

                      comment sauver l’agriculture ?


                      en disant aux agriculteurs petits et moyens, c’est à dire le plus grand nombre, cessez de soutenir ceux qui vous roulent dans la farine et qui ne favorisent que les plus gros qui empochent l’essentiel des primes européennes !.

                      les tâteurs de culs de vaches dans les salons ne sont pas forcément leurs amis !

                      en majorité ils sont les soutiens de ce régime libéral piloté par le CAC40 et la grande distribution , ceux- la même qui les écrasent. qui leur achètent 10 pour vendre 100.

                      faut savoir ce qu’on veut.

                      • epapel epapel 24 février 2011 12:21

                        Concrètement, ils font comment ?


                      • lloreen 22 février 2011 22:30

                        plancher des vaches
                        La souveraineté du citoyen.Etes-vous au courant de ce qui se passe en Islande où les citoyens islandais ont gentiment prié leurs « représentants » parlementaires de rentrer chez eux ?Et qu’il retrouvent leur souveraineté individuelle ?Pour l’instant ,ils sont en train de rédiger une nouvelle constitution.
                        Qui a dit qu’il fallait un chef ?
                        Qui a dit qu’il fallait être représenté par quelqu’un ?
                        Que viennent faire l’ Angleterre et la reine ???
                        Avez-vous pris connaissance de mon idée du « parti blanc » pour voir qu’au 21ième siècle , à l’heure de l’internet et de technologies de pointe on n’a besoin de rien d’autre que de solidarité et d’un nouveau projet sociétal ??
                        Commencer par exiger que l’abstention soit prise en compte et que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la politique telle que la comprend et la pratique l’oligarchie portent un T-Shirt blanc ou une chemise blanche au printemps de façon à ce que toutes ces personnes se rendent visibles et se solidarisent pour un vrai changement ?
                        Faut-il demander à Bruxelles ou à quiconque l’autorisation de planter des graines dans un champ ?
                        Faut-il faire venir des fraises d’ Espagne ?Des pommes de Nouvelle-Zélande et de raisins d’Afrique du Sud ??N’ y a t-il pas assez de place en France.Je suis d’accord avec pastori.
                        Au salon de l’’agriculture vous pouvez déjà commencer à porter un T-shirt blanc en signe de protestation.Solidarisez-vous entre vous et exigez d’être entendus.


                        • lloreen 22 février 2011 22:33

                          hermes
                          Exactement.Il suffit de constater le nombre d’articles sur Agoravox, les liens innombrables et retrouver sa souveraineté individuelle de citoyen.C’est vraiment la moindre des choses.


                          • lloreen 22 février 2011 22:37

                            « nos responsables politiques ».
                            Les politiciens ne représentent qu’eux-mêmes et ne mordent pas dans la main qui les nourrit (le lobby agro-alimentaire).
                            Que voulez-vous attendre de positif dans ce cas ?Cessez d’attendre et agissez.


                            • Arthur 123 23 février 2011 09:00

                              C’est simple arrête l’agriculture chimique, faire de l’élevage en micro unité, respecter la nature, vendre en directe sur du local, et arrêter de croire que les politiques et l’Europe va vous sortir de la merde.

                              Depuis la réforme agraires du remembrement, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                              Depuis que vous avez accepter la pac, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                              Depuis que vous avez accepter les syndicats ,c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                              Depuis que vous avez pris vos anciens pour des cons, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                               Depuis que vous avez perdue le contrôle des semences, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                               Depuis que vous avez abandonner la polyculture pour la monoculture, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                               Depuis que vous avez perdue le contrôle de l’élevage, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                              Depuis que vous avez laissez faire le C A dans des emprunts merdeux, c’est votre arrêt de mort que vous avez signées.

                              Depuis que vous avez laissez tomber les méthodes artisanales traditionnelles vous nous empoisonnez

                              Liez vous avec les consommateurs avec des produits sains, avec des méthodes ancestrales à défaut d’aller vers le bios. c’est la seule survie pour votre avenir.
                              Arrêtez de tricher.


                              • barrere 23 février 2011 10:18

                                micro unité ?

                                mais vous faites comment pour payer vos charges ? vos cotisations sociales ? avant même de vous donner un salaire !

                                la bouffe c’est 14% du budget d’une famille, c’était 50% dans les années 60


                              • Arthur 123 23 février 2011 10:40

                                A nous consommateur de les faire vivres


                              • latortue latortue 23 février 2011 11:31

                                barrere
                                 j’adore 14% du budjet tu rêves ou quoi tu manges quoi  ?? un couple avec deux enfants qui gagne 1500 euros vas les faire manger avec 200 euros vous vous rendez compte que en France il y a plus de 8 millions de personne qui gagne moins de 1000 euros .
                                ,j’adore les gens qui manipulent les sondages comme des évidences exemple 12 % des accidents sont dus a l’alcool donc 88% de ces accidents sont dus aux buveur d’eau moralité bourré vous la tronche c’est moins grave que de boire de l’eau .


                              • barrere 23 février 2011 20:16

                                @ la tortue :

                                je gagne moins de 1000 euros par mois .... je vais avoir 700 euros de retraite à 65 ans.......et je suis agriculteur


                              • Lemaïsjekiff Nestor 23 février 2011 10:17

                                Salut !

                                Je crois que la vrai question est comment sauver nos agriculteurs avant de sauver notre agriculture.

                                De plus en plus de faillites, de suicides, des gens qui travaille du matin au soir pour rien, voir à perte.

                                Les petites fermes sont en voies d’instinction, bientôt il ne restera plus que des industriels et ce n’est pas avec eux que l’on pourra construire une agriculture raisonnable et raisonnée.

                                 Le-cri-de-la-larme ...


                                • Arthur 123 23 février 2011 10:41

                                  Les Deux.


                                • Lemaïsjekiff Nestor 23 février 2011 11:01

                                  Salut Arthur !

                                  Oui d’accord l’un ne va pas s’en l’autre, mais sans agriculteurs pas d’agriculture, donc l’un vient tout de même avant l’autre.

                                  J’en profite pour te dire que je suis d’accord avec ce que tu as resencé plus haut, mais pas facile maintenant de faire machine arrière malheureusement.

                                   


                                • Arthur 123 24 février 2011 01:49

                                  Il y a toujours la possibilité de changer, je vous l’accorde ce n’est pas facile.
                                  J’attends de la part du monde paysans qu’il ai un mouvement de création associations mixes de producteur et de consommateur.
                                  Afin que chacun trouve leurs comptes, par exemple que le lait soit vendue en direct et ne pase plus par la cotation boursière.
                                  J’attends qu’il est un dialogue entre les paysans et les consommateurs, qui fait que la productions agricoles réponde à la demande des consommateurs, et que les consommateurs s’engagent à payes à un juste prix.
                                   Nous devons retrouver une véritable relation échange direct et court-circuitant les intermédiaires écomoniques indélicats 

                                   


                                • daniel paulmohaddhib 23 février 2011 10:26

                                  je pense que sans remettre en question le business, l’argent , la valeur donnee a un individu , le fait de s’en remettre a un chef...etc etc...de remettre en cause la societe pyramidale , qui a pour objet de vampiriser tous ceux qui sont en dessous jusqu’a essayer de remettre la planete en esclavage , car ces gens qui dirigent si ils le peuvent ils vont le faire......et bien revons de lendemains qui chantent quand le pire se profile tout simplement...
                                  aucun humain n’est superieur....tous differents , et alors, toutes les feuilles d’un arbre aussi, en avez vous deja vu une dire aux autres c’est moi le chef...meme une feuille a plus d’intelligence qu’un humain...
                                  ce qui est enorme, inimaginable ......aujourd’hui , c’est le refus de l’autorite , de se servir des autres , du business comme facon de vivre ensemble etc...etc.....
                                  l’humain doit se transformer.....pour l’instant on evite de penser a la vie , car on voit la fin qui va gagner...alors on va grandir, regarder la peur, se connaitre....etc etc....

                                  il va falloir grandir.....ou alors ??


                                  • latortue latortue 23 février 2011 10:59

                                    La solution pour les paysans n’est pas de leur faire vendre des terres non mais je rêve  !!!!!!!!!!!il ne suffit pas de les plumer maintenant il faut leurs voler leur terre . Cette solution elle est tres simple il suffit de bloquer les prix a la vente de tous les produits ALIMENTAIRES , régulation obligatoire pour tous les hypers ,suppression des marges arrieres et fixation d’un coefficient de marge maximum , une régulation du marché en taxant les produits d’importation qui arrivent moins chers que les biens produits en France par ces mêmes agriculteurs comme ceux qui viennent par exemple du Maroc .et d’interdire aux agriculteurs de vendre sans un coefficient de marge au moins égale a deux . Cela ne coute rien ,tout est une question de volonté et les bénéficiaires en seront les consommateurs et les agriculteurs ,si l’on prend exemple d’un kilo de poires produit a 17 centimes l’agriculteur le vendrait a 34 centimes et le commerçant 68 centimes , actuellement ce même kilo est vendu 17 cent prix coutant et on le retrouve a 2,5 euros 3 euros sur les étals des hypers ou est le blème ???

                                    les hypers sont arrivé a une situation de quasi monopole et pratiquent les prix qu’il veulent et le dindon de la farce c’est le consommateur et l’agriculteur .

                                    Autre chose les agriculteurs devraient se grouper et faire des magasins de vente directe qui court-cicuite les hypers en vendant beaucoup moins cher ils seraient gagnants et les hypers seraient obligés d’adapter leur prix .

                                    Les moyens ne manquent pas , terminé les subventions débiles qui dit subvention dit impôts y en a marre on crève tous les petits et moyens salaires de cette situation

                                    20% d’augmentation du gaz ne parlons pas du pétrole et de l’électricité , non mais on va ou là !!!!!!!!!!!!!!!et nos retraites et salaires ne bougent pas il est ou le président du pouvoir d’achat bande de c--- incapables

                                    réveillez vous vous ne voyez pas qu’on va droit dans le mur c’est quand les gens crèvent de faim qu’ils font des révolutions et personne ne sera gagnant de cette situation .Ni les pauvres ni les riches


                                    • barrere 23 février 2011 20:20

                                      il y aurait aussi l’obligation pour toute grande surface alimentaire se créant d’y inclure au prorata de m2 construits une halle couverte pour les producteurs locaux avec seulement une redevance versée à un placier comme cela se fait sur les marchés de plein air

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