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Communisme et libéralisme : deux faces d’une seule et même médaille

Tandis que l'État existe, pas de liberté ; quand régnera la liberté, il n'y aura plus d'État.
Lénine, "L'État et la Révolution"

 

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[NdA : Cet article se situe dans le prolongement de celui examinant le thème du capital (visible à cette adresse : http://irrealpolitik.fr/?p=54) ; je recommande vivement au lecteur peu familier des questions économiques de le parcourir.]

La marche inéluctable du Progrès, bien qu'elle se fît souvent au prix de révolutions destructrices, de guerres meurtrières ou de divers désastres écologiques dont nous pouvons admirer aujourd'hui l'étendue du golfe du Mexique au nord du Japon, en passant par la mer d'Aral et ce qui reste de l'Amazonie, paraît décidément irrésistible, et rien ni personne n'a jusque-là été en mesure de s'y opposer, quelque peu que ce fût.

Nous sortons d'un siècle qui, avec un peu de recul, apparaît aujourd'hui épouvantable. Deux guerres mondiales, trois si l'on y ajoute la guerre dite « Froide », auxquelles on peut adjoindre d'innombrables guerres civiles avec leur cortège de « nettoyages » et d'atrocités de toute sorte, ainsi que des crises économiques dont on a depuis longtemps perdu le compte. Le point culminant de cette fresque apocalyptique étant probablement l'essai grandeur nature de la bombe atomique sur la population civile japonaise en août 1945, sans, pourtant, que la moindre nécessité tactique ou stratégique imposât pareille abomination. Ce fut sans doute le siècle de la barbarie la plus absolue que l'humanité n'ait connue. Sur le plan politique, le XXe fut notamment caractérisé par l'opposition mondiale entre deux systèmes socio-économiques rivaux, du moins, présentés comme tels : le capitalisme « occidental » et le communisme « soviétique ».

Il ne semblait pas, en pleine Guerre froide, qu'il pût y avoir d'autres alternatives crédibles que ces deux-là. Chacun des deux systèmes véhiculait toute une idéologie qui lui était rattachée et dont on a abusivement considéré alors qu'elle en définissait toute l'organisation socio-économique, industrielle, politique et même culturelle. Liberté d'un côté, lutte des classes de l'autre, société de la consommation contre société de la mobilisation, chacun des deux camps faisant feu de tout bois pour alimenter une course aux armements démente dont l'objet était, semblait-il, de départager les deux camps, tandis que le reste du monde vivait dans une terreur permanente, dans l'attente d'une guerre nucléaire qui n'aurait sans doute pas manqué de décimer la planète entière. Fort heureusement, cela ne se produisit pas. L'URSS abandonna simplement la partie, prononça sa propre dissolution, entreprit de douloureuses réformes et on en resta là. Du moins, pour un temps.

Du point de vue idéologique, toutefois, aujourd'hui encore, 20 ans après que l'URSS eût renoncé au « communisme », les débats sont âpres entre tenants du capitalisme et partisans du communisme. Ceux-ci, après avoir abandonné les interprétations stalinienne, puis maoïste semblent aujourd'hui se rabattre, faute de mieux, sur un communisme écolo plus proche du marxisme classique et teinté de trotskisme latino-américain, qu'on appelle à présent « alter-mondialisme ». Il faut savoir, en effet, que bien que la 3e Internationale soviétique fût dissoute en même temps que l'URSS, entraînant la mort clinique de la plupart des partis communistes dans le monde ou, du moins, leur mutation radicale, la 4e Internationale fondée par Trotski existe encore bel et bien. Bien qu'elle ne dispense pas de soutien matériel ou financier direct aux partis qui s'en réclament, ainsi que le faisait la 3e en son temps, la 4e Internationale a réalisé en revanche un travail idéologique bien plus conséquent. Au contraire de son aînée, elle a su perdurer dans le temps, évoluer, s'adapter aux changements, attirer de nouveaux partisans et produire une pensée relativement cohérente et actuelle.

Les alter-mondialistes, de nos jours, constituent de fait le fer de lance d'un vaste mouvement international d'opposition au capitalisme « prédateur » à l'occidentale sans foi ni loi, saccageant la planète, asservissant les peuples et avilissant les individus. Le combat de la défunte URSS semble ainsi en voie de reprendre, poursuivi par d'autres, avec des moyens plus modestes, mais peut-être davantage de détermination. L'URSS, en effet, se servait surtout de son idéologie communiste pour mobiliser sa population et pour promouvoir ses intérêts géopolitiques ; nos alter-mondialistes n'ont pas de population à mobiliser ni d'intérêts géopolitiques à promouvoir. On peut donc considérer à priori qu'ils sont beaucoup plus attachés aux idéaux qu'ils prétendent servir. Pour l'essentiel, il s'agit surtout d'une répartition plus équitable de la richesse entre tous, y compris entre pays « riches » et pays « pauvres », ainsi que de la sauvegarde de l'environnement, quitte à promouvoir la « décroissance » économique, c'est à dire l'arrêt du productivisme à tout prix et de la consommation effrénée, dont le corollaire est de fait la pratique d'une certaine frugalité. Cela les pousse également à militer pour la défense des peuples « indigènes » ou de catégories sociales particulières (agriculteurs, notamment), les deux catégories se recoupant bien souvent, et à s'impliquer fortement dans ce qu'on appelle aujourd'hui l' « humanitaire ».

Les enjeux sont toutefois bien plus sérieux que cela en réalité. On n'y comprendra rien tant qu'on n'aura pas établi de quoi il s'agit et rappelé certains concepts essentiels.


Retour sur la pensée de Marx

L'idéologie marxiste acquit rapidement une popularité mondiale suite à la parution en 1848 du fameux « Manifeste du Parti Communiste », rédigé avec Engels. La thèse directrice de ce court essai socio-économique brille à la fois par sa brièveté, sa cohérence et sa simplicité, ce qui ne pouvait manquer en effet de séduire les masses ouvrières, vivant à l'époque dans des conditions effroyables, en tout cas, en Europe. De nos jours, il n'y a plus vraiment de masses ouvrières en Europe, mais il y en a bien davantage qu'autrefois dans le reste du monde, massivement « prolétarisé » au cours des dernières décennies.

Marx voit l'activité économique humaine comme un conflit, une rivalité permanente entre deux facteurs majeurs du processus de production (les autres aspects sont moins importants, la production étant de loin l'aspect le plus déterminant) : le travail (W) et le capital (K). Dans ce cadre, la société se découpe en « classes sociales » qui se définissent essentiellement par le capital qu'elles possèdent et le travail qu'elles fournissent.

Les dépossédés qui travaillent dur et n'ont que leur capacité de travail sont définis en tant que « prolétariat ». Si ce prolétariat a été dépossédé, il l'a bien été par quelqu'un ; ces dépossédeurs, exploitant l'immense force de travail du prolétariat à leur seul profit, sont regroupés sous l'appellation générique de « bourgeoisie », définie par le fait qu'elle est propriétaire du capital (c'est à dire, les industriels et les financiers, pour l'essentiel). Propriété établie au sens juridique du terme, mais pas uniquement, puisque la bourgeoisie contrôle à travers la finance et l'industrie tous les leviers du pouvoir : législatif, exécutif, judiciaire et informationnel et s'en sert pour asseoir sa domination.

Deux autres classes, d'importance politique moindre, viennent compléter le tableau : la « petite-bourgeoisie », qui ne diffère de la « grande » qu'en ce qu'elle est beaucoup moins nantie, moins productive, moins raisonnée et plus sentimentale (ce qui ressemble fortement à cette catégorie qu'on a essayé de nous vendre sous le nom de « classe moyenne »), ainsi que le « lumpen-proletariat », qui serait une sorte de sous-prolétariat dégénéré, bon à rien et manipulé par la bourgeoisie (les marginaux, en quelque sorte).

De tout cela il résulte qu'afin de se libérer de ses chaînes, le prolétariat devait coûte que coûte arracher le capital à la bourgeoisie, ce qui devint depuis la publication du « Manifeste » la revendication principale des révolutionnaires d'inspiration marxiste et fut réalisé avec le succès que l'on sait en plusieurs pays, dont notamment la Russie et la Chine.

En dépit de l'apparente cohérence du constat et de sa manifeste puissance de séduction, la dissolution de l'URSS en 1991 discrédita largement les thèses marxistes et, par ailleurs, causa un véritable cataclysme dans le monde « socialiste », pour l'essentiel sous perfusion soviétique. Soudainement privés de soutien financier et politique, de ressources vitales et de protection militaire, de très nombreux États se retrouvèrent livrés à eux-mêmes et, bien plus grave, à la rapacité du camp opposé, c'est à dire, du bloc occidental.

C'est à la même époque que l'alter-mondialisme, jusque-là tenu en échec par la propagande soviétique, manifesta sa vigueur en plein jour. On se souvient notamment des violentes manifestations au G7 de Seattle ainsi qu'à celui de Gênes. Une foule innombrable et inattendue vint crier sa colère devant ce congrès d'arrogants encravatés, censés représenter les États les plus riches et les plus puissants du monde, impuissants pourtant à traiter aucun des maux du monde post-moderne : dans les pays pauvres – sous-développement, pénuries alimentaires, guerres ethniques, pandémies ; dans les pays riches – exclusion, chômage, misère sociale, et cécité politique.

Les controverses entre partisans du capitalisme libéral, qui se sont rebaptisés simplement « libéraux », et ceux du communisme, devenus « alter-mondialistes », reprirent dès lors de plus belle, en dépit du discrédit apparent jeté sur les théories communistes par la défaite idéologique du bloc de l'Est. Force est, une vingtaine d'années après ces évènements, d'admettre un certain nombre de faits.

L'analyse sociale de Marx tient parfaitement la route. L'état de la société décrit par le « Manifeste » en 1848 présente une similitude stupéfiante avec celui dans lequel elle se trouve aujourd'hui. Les fameuses classes sociales définies autrefois par Marx existent bel et bien et peuvent facilement être circonscrites d'après le simple critère du revenu des individus, chose extrêmement aisée à démontrer à notre époque où la liquidation et la monétisation de toutes choses est plus poussée que jamais et où il n'est guère difficile d'avoir les données brutes. L'histoire de l'ascension de la bourgeoisie vers le pouvoir décrite par Marx est quasiment enseignée telle quelle en cours d'histoire dans les écoles, au moment de l'étude de la Révolution Française.

Les solutions qu'il propose dans son programme d'établissement de la « dictature du prolétariat » se sont en revanche révélées franchement désastreuses. Il serait utile, d'ailleurs, de rappeler que Marx était avant toute chose sociologue et historien, et non économiste, bien qu'on persiste abusivement à le ranger dans cette catégorie. En outre, bien qu'on lui attribue tout aussi abusivement la paternité de l'idéologie « marxiste » et des crimes commis en son nom, il conviendrait peut-être également de rappeler qu'il n'eut guère l'occasion de mettre ses thèses en pratique. Le marxisme de Marx était une analyse socio-économique se voulant scientifique ; tout le travail de mise en application politique et pratique fut réalisé par d'autres, avec plus ou moins de bonheur selon les individus et les pays, et les inévitables contraintes de lieu, de temps et de circonstance que chacun dut affronter ; en tant que théoricien, Marx ne pouvait que tout ignorer des contraintes pratiques, politiques et géopolitiques.

Par ailleurs, Marx considérait que le facteur déterminant l'organisation de toute société est son système de production, dans le sens où le système de production économique définirait le système politique tout entier et en tout point, ce qui est, évidemment, une simplification grossière. Considérant la religion avec un certain mépris, il était loin de réaliser la puissance du facteur spirituel dans la genèse et le développement des sociétés et des civilisations.

On connaît la suite de l'histoire. Peu après la prise du pouvoir par le prolétariat, que ce soit en Russie, en Chine ou ailleurs, on s'est aperçu d'une chose aussi imprévue que logique : les « prolétaires » qui se sont retrouvés au pouvoir se sont rapidement éloignés de leurs camarades et devinrent d'authentiques « bourgeois ». La « dictature du prolétariat » s'avéra bien éphémère, même là où elle parut réussir. La situation évolua alors petit à petit vers un inéluctable et naturel retour à la case départ. Les fameux « nouveaux Russes » issus des années 1990 rappellent fortement les « grands ducs » du temps des Tsars ; les nouveaux mandarins chinois sont devenus les meilleurs clients de notre industrie du luxe, dont pourtant bien peu d'entre nos propres compatriotes ont les moyens de profiter. La nomenklatura, partout dans le monde communiste, est devenue de facto la « nouvelle » bourgeoisie reconstituée. La république cubaine semble aujourd'hui être le seul pays communiste à échapper plus ou moins à ce phénomène, probablement parce que c'est le seul qui a eu l'intelligence de garder de réels éléments de démocratie dans son système politique, à l'inverse des pays communistes construits sur le modèle bolchevique, où l'autogestion, bien qu'elle existât quelque temps sous la forme des soviets, fut éradiquée par le jeune État pourtant « soviétique » aussitôt qu'il en fut capable.


Nature et causes de la richesse des nations

Certaines questions ne manquent jamais de revenir lorsqu'on compare les mérites respectifs du communisme et du capitalisme : lequel des deux est le plus efficace ? Lequel permet les meilleures conditions de vie ? Lequel offre les meilleures perspectives de développement économique ? Lequel est le plus résilient ? Et caetera.

À mauvaises questions, mauvaises réponses, masquant la plupart du temps un constat, pourtant évident : ce ne sont que les deux faces d'une seule et même médaille. Ce sont deux systèmes jumeaux, quasiment identiques, différents seulement par le mode de distribution de la propriété du capital. Si les différences culturelles ou politiques entre les peuples et les pays ayant choisi l'une ou l'autre voie peuvent créer une multitude de disparités mineures, qu'on ne manque pas de nous présenter comme étant extrêmement importantes, ce n'est que pour mieux masquer une stupéfiante similitude : aussi bien le capitalisme que le communisme se fixent comme priorité absolue l'accumulation de capital, en vue de la maximisation des capacités de production, au mépris de toute autre considération.

L'éternelle controverse entre tenants du libéralisme et tenants du communisme apparaît du coup assez superficielle, si l'on s'en tient au strict domaine économique. Rien dans les idées de Marx ne s'oppose réellement aux théories de ses prédécesseurs libéraux ; la question porte principalement sur la définition et la distribution du capital. En fait, les travaux de Marx viennent compléter et enrichir ceux des penseurs « libéraux ». Il apparaît dès lors d'autant plus évident à présent que la croisade occidentale contre « l'Empire du Mal » communiste n'aura finalement été qu'une vaste campagne de « relations publiques », une simple posture idéologique fabriquée de toutes pièces, destinée à travestir un combat géopolitique bien réel que se sont livré les empires américain et soviétique entre 1945 et 1991. L'aspect idéologique était en réalité pour les protagonistes le dernier de leurs soucis, tout au plus, un outil, une justification pour continuer à se taper dessus, le plus souvent par États tiers interposés.

 L'importance capitale de la productivité en tant que cause majeure de la puissance des États fut mise en évidence dès la fin du XVIIIe siècle par Adam Smith, dans un impressionnant traité qu'il intitula « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », publié en 1776. Pour résumer, Smith commence d'abord par poser la question de la définition de la richesse, loin d'être aussi simple qu'elle paraît en avoir l'air, et l'identifie comme découlant de la productivité d'une entité sociale donnée (État, pays, nation, peuple...). De la productivité découlerait tout le reste, c'est à dire, toutes les formes possibles de richesse : terres, industrie, capital financier, immobilier, produits manufacturés, capacités de transport, etc. Ensuite, Smith établit le lien entre la productivité et le degré de division du travail. Enfin, il prouve que cette dernière est directement liée à la taille du marché : plus celui-ci est vaste, plus la division du travail dans la société s'accentue, d'elle-même, générant ainsi un surcroît de productivité, et favorisant l'accumulation de capital, ce qui permet à son tour un éventuel accroissement de productivité. La boucle est alors bouclée.

De cette simple et brillante démonstration découle quasiment toute l'histoire du monde du XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui, des filatures de Manchester aux prolétaires chinois, pakistanais ou marocains « employés » par nos multinationales contemporaines. Seules les techniques et les technologies ont évolué ; les enjeux sont fondamentalement restés les mêmes.

Le facteur fondamental qui permet de faire fonctionner ce mécanisme est clairement la taille du marché, d'où une conséquence, parfaitement logique : les États en compétition sont tenus dès lors de tout entreprendre pour conquérir, alimenter et protéger des marchés, ce qui mène inévitablement à des conflits. Les marxistes appellent cela de l'impérialisme, à juste titre d'ailleurs. Fût-il simplement économique ou franchement militaire, sournois et déguisé ou bien direct et arrogant, ou encore tout cela à la fois, l'objectif est en effet l'agrégation d'espaces économiques transrégionaux, qu'on s'efforce alors d'unifier, ce qui ressemble bel et bien à un processus de construction d'empire.

À ce point de l'exposé, il semble opportun de s'interroger sur la pertinence de tout cela. Est-ce pour fabriquer et écouler des i-Phones et des chaussures Nike que l'on fait autant d'efforts ? Est-ce pour poursuivre un « développement » aussi éphémère qu'insensé qu'on saccage la planète et qu'on engloutit chaque jour, chaque heure des quantités colossales de ressources qui, on le sait à présent, ne seront jamais renouvelées ?

Que l'on fasse tout cela pour des raisons aussi insignifiantes paraît tout à fait inconcevable. La plupart des gens s'intéressant un tant soit peu honnêtement à l'économie, arrivés à cette étape de raisonnement, ne trouvent pas de réponse réellement satisfaisante et finissent par conclure que le système est en effet insensé et qu'il convient, si l'on est anarcho-communiste, de l'éradiquer et d'en construire de toute urgence un nouveau, si l'on est « de gauche », de le réformer, et si l'on est un peu conservateur, de le laisser en l'état, puisqu'après tout, mieux vaut un système mauvais que pas de système du tout. Il convient d'introduire ici la variable géopolitique, sans quoi on serait bien forcé d'admettre qu'on n'est pas plus avancé.


La question de la légitimité étatique

Bien que nous soyons à présent habitués, en tant que peuples riches d'Occident, à disposer d'un confort de vie qui nous paraît dans l'ordre « normal » des choses, nous aurions néanmoins bien tort de croire que ce soit là un acquis définitif, de même que nous serions extraordinairement naïfs de supposer un seul instant que nos dévoués dirigeants aient le moindre souci de nous garantir ce confort. Notre confort est, en vérité, le prix de notre docilité et de notre passivité, et accessoirement, le moyen d'amortir le capital accumulé par l'État, puisqu'en définitive, c'est l'État qui est le bénéficiaire final de l'ensemble des activités économiques qui se déroulent sur son territoire.

Le capital industriel, de nos jours, se présente généralement sous forme de machines-outils incroyablement sophistiquées et excessivement coûteuses. L'entreprise qui acquiert de tels moyens de production entend bien non seulement amortir son investissement, mais aussi en tirer le profit le plus élevé possible ; le banquier ayant consenti à l'industriel le prêt qui lui a permis d'acquérir ces moyens de production entend bien, lui, récupérer sa mise, assortie d'intérêts confortables. En même temps, les gentils employés qui font fonctionner les machines perçoivent un bon salaire, qu'ils peuvent dépenser en fin de semaine pour acheter de bons et beaux produits manufacturés et se distraire en de bons et grands centres commerciaux ; le salaire étant censé croître au fur et à mesure que l'employé progresse dans sa carrière. Ainsi, tout le monde y gagne et tout le monde est content. C'est la fable éculée de l'incontournable économie « libérale » que l'on nous sert à la moindre occasion depuis bientôt cinquante ans, et à laquelle nous avons été trop nombreux à croire bien trop longtemps.

Dans les pays socialistes, une fable fort semblable est enseignée, où il s'agit de faire encore un dernier petit effort pour boucler le « Plan », qui permettra de surpasser pour de bon les méchants impérialistes et de propager enfin la « dictature du prolétariat » au monde entier, où des frères prolétaires exploités n'attendent que cela pour être enfin libérés de leurs chaînes, des ploutocrates et des bourgeois de tout poil.

Dans les deux systèmes, tout est bon pour mobiliser la population et la faire travailler à produire toutes sortes de choses, des automobiles, des avions, des ordinateurs, d'innombrables objets de consommation, tous utiles à une seule et même fin : constituer et entretenir un complexe militaro-industriel performant, productif et aussi polyvalent et complet que possible. Le rapport entre des choses aussi diverses en apparence que le seraient une casserole à surface en téflon et un sous-marin nucléaire semble peu évident, mais il existe nonobstant. Un sous-marin nucléaire serait une chose totalement inenvisageable à l'époque des Hoplites grecs car il constitue un assemblage infiniment complexe de composants, tous impossibles à produire eu égard à ce qu'on pourrait appeler le « tissu industriel » de l'époque, sans même parler du savoir-faire technologique et technique nécessaires pour mener à bien un tel projet. À notre époque actuelle, en revanche, l'intense spécialisation du travail, la concentration du capital et l'interaction harmonieuse des différentes branches industrielles permettent de fabriquer des objets de plus en plus complexes et sophistiqués, du téléphone portable au téléviseur, jusqu'à l'avion de chasse « furtif ».

Cependant, dans le cas précis des complexes militaro-industriels, se pose bien vite la question de la pertinence à les entretenir. Chacun a plus ou moins entendu parler des budgets colossaux que les États-Unis allouent à la « défense » ; on sait moins de choses sur ce qu'il en est du côté russe, mais à en juger par la qualité de leur matériel et son succès à l'exportation, il ne sont pas en reste non plus sur ce point. Quelques autres nations, dont la France, sont également capables de produire et d'entretenir un matériel de guerre suffisamment impressionnant pour faire sérieusement réfléchir les stratèges des États concurrents. Tel n'est pas le cas en revanche pour la très grande majorité des autres États ; qui redoute le Zimbabwe ou les îles Vanuatu ?

À comparer les pays militairement puissants, on s'aperçoit assez rapidement qu'ils ont un certain nombre de points communs : une puissance industrielle et commerciale considérable, du capital financier, de l'énergie en abondance et, évidemment, disposent de marchés gigantesques, pour lesquels ils se trouvent généralement être engagés dans une féroce et implacable compétition. Seules diffèrent les ressources disponibles et les stratégies mises en œuvre ; les enjeux, quant à eux, sont toujours les mêmes, à savoir, produire et vendre à tout prix, quel qu'en soit le coût social et écologique. Toutefois, la compétition économique n'est pas la finalité ; c'est le moyen.

Ce n'est que le moyen d'accomplir la mission première de l'État, qui est, ainsi que l'explique Hobbes dans son célèbre « Léviathan », la satisfaction de l'impératif absolu de sécurité. Dans la pensée de Hobbes, l'homme étant un loup pour l'homme, la seule chose qui puisse justifier que chaque citoyen accepte de renoncer au droit naturel de faire usage de la violence et à confier ce droit à l'État, c'est qu'il en résulterait pour chacun une garantie de sécurité suffisamment crédible pour accepter de jouer le jeu. C'est également, dans une certaine mesure, la position de Rousseau. Ainsi, l'enjeu de la sécurité constituerait l'élément fondamental de la légitimité des États telle qu'on l'a pensée jusqu'à nos jours. Sécurité à l'intérieur des frontières, mais aussi vis-à-vis de l'extérieur, c'est à dire, vis-à-vis des autres États, potentiellement agressifs. En géopolitique, l'école dite « réaliste » (notamment, H. Morgenthau, R. Aron et K. Waltz) considère que la paix entre les États ne peut être garantie que par la présence d'armées suffisamment fortes et dissuasives pour épargner d'éventuelles velléités belligérantes aux uns et aux autres.

Il semble, au vu de l'histoire toute récente et même beaucoup moins récente, que cela ne soit que trop vrai. Personne ne s'attaque de front à un empire, comme l'empire russe ou l'empire chinois, même si l'on est un empire plus puissant encore. La riposte est absolument garantie, et serait très probablement telle que le jeu n'en vaudrait pas la chandelle. Par contre, quand on est une petite contrée « sous-développée », que peut-on réellement faire lorsqu'une puissance comme, au hasard, les États-Unis décide soudainement de promouvoir chez vous la « démocratie », les « droits de l'homme » et « l'économie de marché » ? Si le Vénézuela d'Hugo Chavez reçoit régulièrement des émissaires russes, ce n'est pas par soudaine russophilie, ni même en vertu d'hypothétiques considérations économiques, mais bien par crainte de l'empire nord-américain ; c'est pour acheter à l'empire russe des avions, des tanks et de la DCA que le Vénézuela est incapable de produire lui-même car il ne dispose ni des ressources, ni des capacités industrielles qu'il faudrait pour cela. Ainsi qu'on l'a vu plus haut, ces choses-là sont réservées à une petite élite d'États contrôlant des marchés suffisamment vastes pour se permettre d'entretenir d'énormes et coûteux complexes militaro-industriels. Exporter de l'armement permet d'en alléger quelque peu le coût, mais cette industrie-là est toujours, par nature, fortement déficitaire. La sécurité n'a pas de prix.

C'est le surcroît de productivité dégagé par l'accumulation de capital qui, en définitive, permet d'absorber ce déficit, ainsi que l'externalisation des coûts vers la société et/ou l'environnement (service militaire, conscription, mobilisation massive de la population en période de guerre, réquisitions, pollution, destruction de l'environnement, essais nucléaires, etc.). Une métaphore illustrant cet ordre des choses pourrait être qu'il faut vendre beaucoup de casseroles au téflon pour amortir le coût de la mise au point de ce matériau, peu adapté, pourtant, à la cuisine et cancérigène à température de cuisson, mais extrêmement apprécié dans le domaine militaire, du fait de ses propriétés uniques. Par conséquent, les rayons de nos supermarchés croulent sous les casseroles et les poêles au téflon, à tel point qu'il est devenu difficile de trouver autre chose ; les seules différences entre les différents produits se résument à leur forme, leur volume, leur prix ou d'autres détails complètement insignifiants (couleur, logo, etc). D'ailleurs, ce phénomène était également très courant en URSS, précisément pour la même raison : limiter les modèles de produits manufacturables réduit leur coût de fabrication, ce qui, pour les libéraux, permet de dégager plus de marge, pour les communistes, d'améliorer l'efficacité productive globale.

Quant aux graves difficultés socio-économiques que doivent affronter aujourd'hui les Américains, par exemple, celles-ci pourraient être considérées comme des charges « externalisées » vers la société (c'est à dire, unilatéralement imposées par l'État). Elles ne sont que les conséquences des guerres menées par les États-Unis au cours de ces dernières décennies à travers le monde entier. Le processus qui a mené à cette situation est fort simple, et son début pourrait sans doute être situé au moment de la guerre du Vietnam, tout juste quelques années après la guerre de Corée.

Une guerre coûte extrêmement cher ; assez rapidement, l'État américain devint déficitaire et se trouva forcé d'émettre des quantités considérables de monnaie, pour continuer à financer une guerre à l'autre bout du monde qu'en fin de compte il perdit. La convertibilité dollar / or ne pouvant dès lors plus être assurée, attendu qu'on ne peut imprimer de l'or aussi facilement que des billets verts, le président Nixon fut contraint de prendre la décision d'y mettre fin. Dès lors, plus rien ne s'opposant à ce que l'État américain émît autant d'argent qu'il lui en faudrait, on abusa de l'expédient sans limites et sans vergogne, ce qui finit par ruiner le pouvoir d'achat de la devise américaine. Quand la valeur d'un dollar aura réellement atteint zéro, les Américains réaliseront peut-être qu'ils sont, en définitive, les dindons de cette tragique farce, se retrouvant, par un incroyable enchaînement de funestes et inexplicables hasards, guère mieux lotis que les Coréens du Nord.

* * *

Le spectre de la guerre, toujours présent, impose à chaque État d'investir des ressources considérables pour la sécurité de ses citoyens ainsi que la sienne propre. La paix ne peut dans ces conditions se maintenir qu'au prix d'un « équilibre de la terreur » entre des États ou des blocs d'États. Dans un tel contexte, le moindre différentiel de puissance par rapport à un voisin est immédiatement perçu comme une menace ; chacun se trouve dès lors inévitablement poussé vers une inflation de moyens militaires, conduisant chaque État à renouveler et à améliorer perpétuellement son arsenal. Le moyen d'y parvenir, c'est la participation à une lutte économique sans merci où l'enjeu est la conquête, la protection et l'élargissement du marché accessible. C'est pourquoi on observe dès le XIXe siècle une lutte acharnée pour le contrôle des routes commerciales et de ressources stratégiques vitales, l'obsession générale de la « sécurité énergétique », des manipulations financières et juridiques à grande échelle, l'apparition de formes de plus en plus sophistiquées de dumping, sans oublier, bien sûr, l'annexion pure et simple de territoires gigantesques aux quatre coins du monde par ceux qui en avaient les moyens. L'enjeu n'était plus de simplement satisfaire les appétits des riches et des puissants en important de l'or ou des épices d'outre-mer ; c'était de survie pure et simple qu'il était question. Les mécanismes ayant conduit à la première guerre mondiale le prouvent de façon indubitable.

C'est un cercle infernal et il ne semble pas y avoir d'issue possible à moyen terme vers un retour à des économies raisonnables et durables, c'est à dire, respectueuses de leur environnement humain et écologique. La logique implacable des choses, c'est, au contraire, de chercher par tous les moyens à acquérir les capacités industrielles indispensables à la mise en place d'un puissant complexe militaro-industriel, seule garantie de sécurité réellement fiable. Un illusoire droit international, chacun le sait bien, ne constitue en aucun cas une telle garantie, nul n'étant à l'abri d'une « démocratisation » forcée ou d'une subite « intervention humanitaire », tout spécialement, semble-t-il, les pays dotés de ressources précieuses ou représentant un quelconque intérêt géopolitique.

Le Japon s'industrialisa rapidement et massivement à partir de la fin du XIXe siècle. La Russie le fit plus rapidement et plus massivement encore dans les années 1930. À présent s'y mettent la Chine, l'Inde et le Brésil, dernier prétendant en date au statut de « grande puissance ». Combien de planètes nous faudrait-il pour alimenter autant de monstres ? Certains nous disent quatre, d'autres dix, la question est, au demeurant, sans intérêt puisqu'on n'en a de toute façon qu'une seule.

Il est devenu aujourd'hui vital de sortir de ce mécanisme pervers ; dans les conditions économiques et géopolitiques actuelles, un conflit mondial majeur paraît inéluctable. Le « progrès » et le « développement » tant recherchés ne nous auront apporté en définitive que la guerre et le chaos. Le confort et la consommation de masse n'auront été que la carotte qui nous a fait courir dans la direction souhaitée par nos dirigeants imbéciles, inconscients de ce qu'ils mettaient en place par leurs politiques aveugles. Nous-mêmes avons été des imbéciles, des égoïstes et des irresponsables, pour nous être aussi facilement fait avoir dans ce marché de dupes. Désormais, le choix qui nous est proposé est fort simple : nous accrocher à nos États souverains jusqu'à la prochaine guerre, qui réglera tous nos problèmes de la façon la plus radicale, ou bien, renoncer à notre souveraineté au profit d'une techno-dictature planétaire, avec un gouvernement mondial unique, une monnaie mondiale unique, une religion mondiale unique, dans un monde où tout sera unique, uniforme et unifié. D'ailleurs, on y est déjà plus qu'à moitié ; ce nouveau système, ce paradigme novateur, c'est le fameux « Nouvel Ordre Mondial » dont tout le monde parle mais dont nul ne sait précisément de quoi il serait fait.

Nous ne sommes pas tenus, pourtant, de choisir ou d'accepter l'une ou l'autre de ces monstrueuses alternatives. La solution à cette impasse ne se trouve pas davantage dans le « libéralisme » que dans l' « alter-mondialisme », quels que soient les noms qu'ils se donnent, puisqu'ils ne sont qu'une seule et même chose. Il nous faut simplement revenir à nos fondamentaux, aux valeurs et à la tradition de chaque nation, de chaque peuple, de chaque civilisation. C'est à chacun de nous de refuser de jouer le jeu du système au lieu d'attendre qu'un chef providentiel le fasse à notre place. Quand un nombre suffisamment élevé de personnes cessent d'y adhérer, tout système de pouvoir s'effondre inévitablement.

Les piliers du système où nous vivons nous sont bien connus : consumérisme, aliénation économique par l'emploi, dépendance au confort, confiscation de la souveraineté monétaire, ingénuité politique de la population, lobotomie des masses par le divertissement et la désinformation, et enfin, isolement et réclusion volontaire des individus (chacun seul dans sa cage devant son PC ou sa TV) ; il n'y a qu'à les abattre pour que toute la structure s'écroule, comme une vieille masure vermoulue. Rongeons ces poutres, tels une innombrable armée de petites termites, chacun selon ses moyens, mais avec détermination ; c'est la voie la plus sûre, la plus rapide, et la plus directe vers un monde meilleur.

 

Petrovitch
Nantes, le 27 juillet 2012


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126 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 août 2012 08:41

    À l’auteur :
    « Marx voit l’activité économique humaine comme un conflit, une rivalité permanente entre deux facteurs majeurs du processus de production (les autres aspects sont moins importants, la production étant de loin l’aspect le plus déterminant) : le travail (W) et le capital (K). » « L’analyse sociale de Marx tient parfaitement la route. »

    Malheureusement, la conclusion qu’il en tire est parfaitement contre-productive.

    Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le prolétariat, de manière criminelle, en le focalisant sur la lutte des classes (éradication de la bourgeoisie) et la possession prolétarienne des moyens de production.

    Aujourd’hui encore, la situation semble lui donner raison puisque le capital boursier mondial, d’environ 36.000 milliards d’Euros, est majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Toutefois, il est vain d’espérer une plus juste répartition des moyens de production par des nationalisations, voire des révolutions. Cela a déjà été fait avec les tristes résultats que chacun connaît...

    Puisque le capital boursier mondial est en permanence disponible à la vente et à l’achat, pour que le prolétariat, les « démunis », puisse accéder à la possession des moyens de production, la solution la plus simple consisterait à produire un effort soutenu d’épargne et d’investissement à long terme afin d’acheter ce capital financier des entreprises, banques incluses, et parvenir à l’Acquisition collective et citoyenne du Pouvoir Économique.

    Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce projet de « Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

    Objectif Principal :
    Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique

    Objectifs Spécifiques :
    I)
    Transformer le « capitalisme ordinaire » en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
    II)
    Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage.



    • JL JL 25 août 2012 11:25

      C’est affligeant de voir ce copié collé stupide squatter régulièrement la première position des commentaires sur tous les articles sérieux qui traitent du capitalisme et de ses méfaits.

      @ la modération : on devrait censurer sans pitié tout commentaire hors sujet, ou copié collé qui manifeste que le scripteur n’a pas lu l’article, quand il n’a aucun contenu informatif quand il arrive en première position. A fortiori quand il est débile.


    • Bovinus Bovinus 25 août 2012 11:32

      Je suis assez d’accord, je replie ce truc, d’autant que j’y réponds moi-même dans mon texte... Merci de me signaler que c’est un Ctrl+V.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 août 2012 11:33

      Avec autant de sérieux que « les articles sérieux qui traitent du capitalisme et de ses méfaits », je traite du Capitalisme et de ses bienfaits.
      Donc, mon commentaire n’est pas hors sujet ne vous en déplaise.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 25 août 2012 11:47

      Bovinus, toutes mes excuses.
      Je n’avais pas remarqué que vous traitiez, et avec quel talent, de la refondation du capitalisme et de l’instauration d’un dividende universel par le moyen de l’épargne.


    • Bovinus Bovinus 25 août 2012 13:17

      @ J-P

      Il me semble, pardonnez-moi si je me trompe, que Pierre-Joseph Proudhon avait développé une idée fort similaire à celle que vous proposez.

      Quant à moi, ma position est différente : le matérialisme pur, quel que soit son nom (y compris donc, votre « capitalisme coopératif ») mène droit au gouffre. Je veux bien qu’on me conteste, qu’on me critique, qu’on m’insulte, même, mais je ne souhaite pas servir de simple plate-forme à la promotion d’autres idées. Si vous voulez défendre votre idée, fort bien : faites votre propre article en ce cas. Ou bien, prenez au moins la peine d’écrire un vrai commentaire.


    • fcpgismo fcpgismo 25 août 2012 09:24

      Le type d’ article passionnant que l’ on lit sur Agoravox, je ne suis pas du tout d’ accord avec la vision de l’ auteur. Ce ne sont que les excès du système qui sont nuisibles et ces excès sont du essentiellement à un déficit éducatif, et un manque de démocratie, le peuple est souvent beaucoup plus raisonnable que ces dirigeants.Libéralisme et communisme seraient de très bon système s’ il n’y avait cette cupidité ce toujours plus ces jalousies,cette volonté de domination.Les riches détruisent la planète et du même coup par ricochet l’ Humanité mais tous les pauvres ou presque souhaitent devenir riche !


      • Bovinus Bovinus 25 août 2012 14:23

        Merci de votre commentaire.

        Libéralisme et communisme seraient de très bon système s’ il n’y avait cette cupidité ce toujours plus ces jalousies,cette volonté de domination.

        Le propre du capital est de se concentrer. Voilà des milliers d’années que le capital, petit à petit, se concentre, ce qui signifie qu’il se retrouve mathématiquement entre des mains toujours moins nombreuses. Or, assez rapidement, la richesse devient équivalente à la puissance, et plus encore dans le système actuel (autrefois, cet effet était limité par les privilèges de rang, d’ordre, de naissance, etc). Mettez-vous deux secondes à la place d’un type très, très riche, pas forcément une crapule, disons un héritier ; en vertu de quoi accepteriez-vous de vous défaire à la fois du confort et de la puissance que vous procure cette richesse, surtout si vous savez qu’elle va inévitablement se concentrer à nouveau, dans les mains d’un autre type un peu plus malin ou un peu plus chanceux que les autres ? La cupidité et la volonté de domination, bien qu’elles existent indubitablement, ne sont même pas nécessaires à ce mécanisme ; elles ne font que l’amplifier, mais en aucun cas ne sont indispensables.

        Il faut donc s’attaquer au mécanisme de concentration du capital, afin de le maîtriser totalement ; il doit devenir un outil et non une constante permanente.

        Les riches détruisent la planète et du même coup par ricochet l’ Humanité mais tous les pauvres ou presque souhaitent devenir riche !

        Ce ne sont pas les « riches » qui « détruisent » la planète, ils ne sont pas assez nombreux pour cela, mais bien les pauvres, avec leurs besoins stupides. Réfléchissez deux secondes : combien d’arbres faut-il pour produire le papier cul Lotus super-doux et alvéolé qu’achètent les 60 millions de Français ? Quand j’étais gamin, on se torchait le cul avec la Pravda (je suis né en URSS), parce que l’État ne jugeait pas nécessaire d’investir des ressources dans une connerie pareille et franchement, je m’en portais pas plus mal.

        Ou pire encore : et les baguettes chinoises en bois, jetables, en Chine, qu’on utilise et qu’on jette tous les jours, par milliards ? Vous imaginez même pas. Moi non plus, je n’imaginais pas, jusqu’à ce qu’une étudiante Chinoise me l’explique. Les riches ne font que créer et encourager les besoins stupides et artificiels des pauvres, car c’est ainsi qu’ils réalisent leurs profits ; les uns sont aussi coupables que les autres.

        Voilà, pour moi, le point-clef, que vous donnez vous-même d’ailleurs :

        Ce ne sont que les excès du système qui sont nuisibles et ces excès sont du essentiellement à un déficit éducatif, et un manque de démocratie, le peuple est souvent beaucoup plus raisonnable que ces dirigeants.

        Ce que vous appelez « déficit éducatif », pour moi, tient plutôt aux valeurs transmises (ou non) qui sont à la base de notre « décivilisation », mais c’est plus ou moins la même chose ; le concept même d’éducation est entièrement à revoir de toute façon. Si on est des consommateurs, c’est qu’on nous apprend à consommer dès le plus jeune âge. Comment dans ces conditions pourrions-nous être différents ? Il nous faut d’abord parvenir à la maturité intellectuelle, nous rééduquer nous-mêmes pour changer. L’espoir, si il doit venir, viendra des futures générations, pour nous, dans notre immense majorité, il est trop tard.

        Le problème des systèmes matérialistes (capitalisme libéral et communiste), c’est qu’ils érigent la richesse matérielle en valeur suprême, c’est, à peu de chose près, du mammonisme, un vulgaire culte du Veau d’Or. Examinez, même superficiellement, n’importe quelle civilisation antique, par exemple, les Grecs ; vous n’y trouverez rien de semblable. On a affaire à des cultures traditionnelles dont l’objet est d’atteindre un accomplissement, fût-il militaire, spirituel, ou intellectuel, ou encore, de parvenir à une harmonie avec soi-même et son milieu (cultures issues du Bouddhisme, notamment). Ou encore, d’honorer les rites et les traditions (cultures confucéennes).

        Le matérialisme est un cancer, et on le doit aux Européens seuls.


      • JL JL 25 août 2012 09:51

        Bonjour Bovinus,

        cet article très long et très dense mérite une lecture attentive.

        Je vais essayer une première réponse.

        Tout d’abord, sur ceci : "La république cubaine semble aujourd’hui être le seul pays communiste à échapper plus ou moins à ce phénomène, probablement parce que c’est le seul qui a eu l’intelligence de garder de réels éléments de démocratie dans son système politique,« Pour ma part, je crois plutôt que c’est parce que Fidel Castro a été un despote éclairé. Qui portait bien son nom, Fidel !

        Vous écrivez : »Certaines questions ne manquent jamais de revenir lorsqu’on compare les mérites respectifs du communisme et du capitalisme : lequel des deux est le plus efficace ?« Il me semble que votre réponse omet de mentionner le colonialisme et l’avantage économique qu’il confère (1)

        A votre question : »Quant à savoir lequel des deux est le plus résilient« , la réponse me parait évidente ; le capitalisme se nourrissant de ses contradictions est indestructible. Alain Minc n’exprimait pas autre chose quand il disait que le capitalisme est »naturel« .

        Vous dites : »Ce sont deux systèmes jumeaux, quasiment identiques, différents seulement par le mode de distribution de la propriété du capital.« Oui, et j’ajoute : dans le communisme, c’est la postion dans le parti qui confère le pouvoir. Dans le libéralisme, chaque propriétaire de capital dispose d’un pouvoir proportionnel à son capital, à l’instar des cadre dans une entreprise qui disposent d’un budget déterminé en rapport avec leur position hiérarchique et fonctionnelle.

        Question : »Est-ce pour fabriquer et écouler des i-Phones et des chaussures Nike que l’on fait autant d’efforts ?« Une réponse est fournie par Jean-Pierre Berlan : « Sérieusement, vous croyez vraiment que Peugeot produit des voitures, Michelin des pneumatiques et Aventis des médicaments ? Bien sûr que non ! Ils produisent des profits. »

        Vous dites : »Notre confort est, en vérité, le prix de notre docilité et de notre passivité, et accessoirement, le moyen d’amortir le capital accumulé par l’État, puisqu’en définitive, c’est l’État qui est le bénéficiaire final de l’ensemble des activités économiques qui se déroulent sur son territoire.«  Mais l’État c’est nous ! Comment résoudre cette contradiction ? Peut-être la réponse dans le § ci-dessous.

        Enfin, sur ce qui me parait être le sujet central de votre thèse, je cite : »Ce n’est que le moyen d’accomplir la mission première de l’État, qui est, ainsi que l’explique Hobbes dans son célèbre « Léviathan », la satisfaction de l’impératif absolu de sécurité. Dans la pensée de Hobbes, l’homme étant un loup pour l’homme, la seule chose qui puisse justifier que chaque citoyen accepte de renoncer au droit naturel de faire usage de la violence et à confier ce droit à l’État, c’est qu’il en résulterait pour chacun une garantie de sécurité suffisamment crédible pour accepter de jouer le jeu. C’est également, dans une certaine mesure, la position de Rousseau. Ainsi, l’enjeu de la sécurité constituerait l’élément fondamental de la légitimité des États telle qu’on l’a pensée jusqu’à nos jours."

        Je suis entièrement d’accord avec ça à ceci près que la notion de sécurité est subjective : le besoin de sécurité d’un citoyen lambda n’est pas le même que le besoin de sécurité d’un milliardaire. Et la lutte des classe se ramène à la question suivante : quelle sécurité l’Etat va-t-il privilégier, et quelles classes sociales devra-t-il sacrifier. Et ici, on se rend compte qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil : le libéralisme, à l’instar de la fable, met tout le monde d’accord en privilégiant la sécurité du capital, point barre. Ainsi, chacun disposera d’une liberté et d’une sécurité proportionnelle à ses avoirs. Hélas, aux uns, ni liberté ni sécurité ; aux autres l’abondance dans tous les domaines. Et c’est là la grande, l’énorme différence entre les deux systèmes.

        (1) La mondialisation libérale est une colonisation polymorphe. C’est le slogan : « prédateurs de tous les pays, unissez vous ». Une Hydre de Lerne holographique. « Par exemple, les pays scandinaves, propres sur eux sont les exportateurs des machines qui détruisent les forêts du monde. L’Allemagne qui respecte son environnement, c’est l’Allemagne qui figure sur la carte. Mais l’Allemagne élargie est celle qui a Siemens, Bayer, et chaque place où l’on utilise un pesticide Bayer, c’est l’Allemagne. De fait, l’Allemagne du territoire est le sanctuaire, la métropole de l’empire « Allemagne élargie ». Et tous ces empires virtuels se recouvrent sans s’annihiler mutuellement. » (Raúl Montenegro est professeur de biologie à l’Université nationale de Cordoba en Argentine, et lauréat 2004 du Right Livelihood Award, ... prix Nobel alternatif)


        • JL JL 25 août 2012 10:19

          Pour résumer ma réponse,

          je dirai que le communisme, ce n’est ni le paradis, ni l’enfer.

          Et le libéralisme, c’est l’enfer pour les gens vertueux, et le paradis pour les crapules.

          « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’Etat ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas…. C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique. » (dernier paragraphe de son excellent ouvrage : "Le Capitalisme est-il moral ?’ édité en 2006 au Livre de Poche, 6 euros).(André Comte-sponville)


        • Leo Le Sage 25 août 2012 10:25

          @Par JL (xxx.xxx.xxx.172) 25 août 10:19
          Vous dites : "je dirai que le communisme, ce n’est ni le paradis, ni l’enfer. Et le libéralisme, c’est l’enfer pour les gens vertueux, et le paradis pour les crapules"
          Ah d’accord...
          Vous choisirez quel système entre le communisme et le libéralisme ?

          Vous dites : « Fidel Castro a été un despote éclairé »
          Objectivement il faut l’admettre.

          NB : Je n’ai pas encore lu le reste de votre intervention ... smiley

           
          Cordialement

          Leo Le Sage
          (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


        • JL JL 25 août 2012 10:47

          à Léo le sage,

          qui demande : « Vous choisirez quel système entre le communisme et le libéralisme ? »  ?

          Mais ni l’un ni l’autre, évidemment. J’opte pour une démocratie ’sévèrement burnée’, que je définis ainsi : Un État fort et non soumis à l’OMC ; Pas de pitié pour les corrompus ; un impôt réellement progressif, voire confiscatoire, et pas d’évasion fiscale permise ; des services publics généreux ; un sens de l’intérêt commun y compris celui des générations futures très développé ; etc, etc.

          Sur le premier point : je pense qu’il est temps d’en finir avec le système des brevets qui ne sont plus aujourd’hui, qu’une rente pour ceux qui enlèvent quelque chose à la communauté des hommes. En effet, ataunt le droit d’auteur est légitime - sans Mozart, nous n’aurions jamais entendu les merveilles qu’il a créées -, autant le brevet est un vol : une invention est davantage le fait de la communauté dans son ensemble que celui qui, le premier a eu l’occasion et les moyens d’en déposer un brevet. Sans Moreno, nous aurions quand même eu la carte à puce : c’était une idée qui était mure dans beaucoup de cerveaux d’informaticiens.


        • Leo Le Sage 25 août 2012 12:10

          @Par JL (xxx.xxx.xxx.172) 25 août 10:47
          Vous dites : "Mais ni l’un ni l’autre, évidemment. J’opte pour une démocratie ’sévèrement burnée’, que je définis ainsi : Un État fort et non soumis à l’OMC ; Pas de pitié pour les corrompus ; un impôt réellement progressif, voire confiscatoire, et pas d’évasion fiscale permise ; des services publics généreux ; un sens de l’intérêt commun y compris celui des générations futures très développé ; etc, etc"
          Ca à l’air beau vu de loin...

          Je me rappelle d’un cas où une personne a été accusé à tort d’avoir enfreint les lois...
          En clair ?
          Dans votre exemple comment être certain qu’une personne est corrompue ?
          C’est difficile à prouver.

          Votre système qui me plaît à titre personnel, ressemble cependant à une forme de dictature...
          Ce qui m’appelle à une question : Comment fonctionne cette démocratie dans votre cas ?
          Je rappelle aux autres lecteurs que pour avoir un bon système (le capitalisme est un système quelque part) il faut avoir des règles claires !

          Les brevets et les droits d’auteurs : un cas particulier du capitalisme...
          >Non au brevets ? Perso je suis d’accord.
          Cependant on ne peut pas le faire tout de suite...
          Des entreprises vivent grâce aux brevets !
          >droit d’auteur ? Pourquoi les garder ?
          Perso je préfère qu’on les garde pour certaines choses...

           
          Cordialement

          Leo Le Sage
          (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


        • louphi 25 août 2012 13:09

          JL


          Vous avez jugé que « cet article très long et très dense mérite une lecture attentive ». 

          Très long, sûrement ! C’est presqu’un livre ! Surtout ennuyeux !

          Mais dense ? Non, pas du tout ! Car, le message véhiculé est très simple et très léger. Ce n’est que de l’anticommunisme primaire s’alimentant à la source de tous les amalgames et mensonges de la propagande antisoviétique traditionnelle, cette « grande machine à décerveler », pour reprendre l’expression d’un autre article recommandé par Bovinus à propos d’INTERNET.

          Cet article de Bovinus mérite t-il une lecture attentive ? Evidemment NON ! Le titre complètement débile à lui tout seul est dissuasif, sauf sans doute pour les adeptes du trotskisme et plus généralement de l’anarchisme (ou libertarisme), ces grandes machines à débiter des mensonges antisoviétiques. L’article de Bovinus n’est qu’un « gigantesque bazar international » de mensonges anticommunistes, antisoviétiques. « Gigantesque bazar international » est une autre expression employée dans l’article recommandé par Bovinus pour décrire INTERNET.

          On s’aperçoit que Bovinus fait sienne, et applique à son ennemi le communisme, la tactique de guerre qu’évoque l’article sur Internet qu’il recommande, à savoir « Le stratagème des chaines ».

          En effet, l’article recommandé par Bovinus explique que « Le stratagème des chaînes ... est le trente-cinquième et avant-dernier stratagème du Livre des Trente-Six stratagèmes, traité antique et secret de stratégie chinois ». Et que dit-il, ce trente-cinquième et dernier stratagème du LIVRE DES TRENTE-SIX STRATAGÈMES ? Eh bien, selon l’article recommandé par Bovinus, ce stratagème, le voici : 
          «  »La Guerre repose sur le mensonge«  ».

          Dans leur guerre anticommuniste, Bovinus, les trotskistes, les anarchistes et le capital qu’ils défendent n’y vont pas par quatre chemins et ne s’embarrassent pas de prendre les gants. Leur procédé simple et efficace est le MENSONGE.


        • Bovinus Bovinus 25 août 2012 13:29

          @ louphi

          Je ne prendrai pas la peine de vous répondre « sérieusement », vu que je ne vois rien de sérieux dans vos « critiques », mais je souhaitais tout de même vous remercier de m’avoir fait rire de si bon cœur smiley

          Et merci, également, de votre fidélité, puisque apparemment, vous avez lu mes deux articles les plus longs.


        • Bovinus Bovinus 25 août 2012 13:32

          @ louphi

          Ah, je vous dois également autre chose : j’ai compris en vous lisant que je me suis planté dans mon lien, l’article que je recommandais n’était pas celui sur Internet mais bien celui-ci, qui parle du Capital : http://irrealpolitik.fr/?p=19 .


        • JL JL 25 août 2012 14:22

          J’aime beaucoup cette phrase de Keynes mise en exergue dans l’article cité par Bovinus :

          "Le capitalisme est la croyance stupéfiante selon laquelle les pires des hommes vont faire les pires des choses pour le bien commun de tous." J. M. Keynes

          Mais d’une certaine façon, je crois que l’article de Bovinus, en mettant dos-à-dos le libéralisme et le capitalisme fait la part trop belle au libéralisme.


        • JL JL 25 août 2012 15:08

          correction :

          ci-dessus, lire : « En mettant dos à dos le libéralisme et le communisme, cet article de Bovinus, fait, de mon point de vue, la part trop belle au libéralisme ».


        • Bovinus Bovinus 25 août 2012 16:21

          @ JL

          à Léo le sage,

          qui demande : « Vous choisirez quel système entre le communisme et le libéralisme ? » ?

          Mais ni l’un ni l’autre, évidemment. J’opte pour une démocratie ’sévèrement burnée’, que je définis ainsi : Un État fort et non soumis à l’OMC ; Pas de pitié pour les corrompus ; un impôt réellement progressif, voire confiscatoire, et pas d’évasion fiscale permise ; des services publics généreux ; un sens de l’intérêt commun y compris celui des générations futures très développé ; etc, etc.

          Sur le premier point : je pense qu’il est temps d’en finir avec le système des brevets qui ne sont plus aujourd’hui, qu’une rente pour ceux qui enlèvent quelque chose à la communauté des hommes. En effet, ataunt le droit d’auteur est légitime - sans Mozart, nous n’aurions jamais entendu les merveilles qu’il a créées

          Une source fréquente de confusion, c’est que les gens ont tendance à mélanger politique et économie, ou ne savent pas situer la frontière entre les deux. Ce que vous décrivez dans votre paragraphe sur votre système « démocratique » ressemble à un système politique apparemment conservateur, reposant sur une économie de type socialiste, c’est à dire, tournée vers le bien commun. Bref, que du bon sens. Ça pourrait même pas mal ressembler à un système de type traditionnel.

          Sinon, pour les brevets, il semblerait qu’on est tous les trois pour leur suppression. J’aurais une petite réserve pour le droit d’auteur : Mozart n’a pas créé sa musique pour gagner de l’argent avec, mais parce qu’il ne savait faire que ça. Disons qu’il serait juste que les auteurs puissent vivre de leur travail, mais beaucoup moins que des héritiers éventuels puissent en profiter pour se faire entretenir pour rien par la société.

          « En mettant dos à dos le libéralisme et le communisme, cet article de Bovinus, fait, de mon point de vue, la part trop belle au libéralisme ».

          Mouais, un libéral dirait certainement l’inverse smiley

          Je suis entièrement d’accord avec ça à ceci près que la notion de sécurité est subjective : le besoin de sécurité d’un citoyen lambda n’est pas le même que le besoin de sécurité d’un milliardaire. Et la lutte des classe se ramène à la question suivante : quelle sécurité l’Etat va-t-il privilégier, et quelles classes sociales devra-t-il sacrifier. Et ici, on se rend compte qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil : le libéralisme, à l’instar de la fable, met tout le monde d’accord en privilégiant la sécurité du capital, point barre. Ainsi, chacun disposera d’une liberté et d’une sécurité proportionnelle à ses avoirs. Hélas, aux uns, ni liberté ni sécurité ; aux autres l’abondance dans tous les domaines. Et c’est là la grande, l’énorme différence entre les deux systèmes

          Avec la question de la sécurité du capital, vous soulignez un point très intéressant. En effet, je pense que vous avez raison, c’est bien de cela qu’il s’agit. Par contre, là où vous voyez une différence entre les deux systèmes, moi je n’en vois aucune : en quoi la Chine communiste ou l’URSS mettent-ils moins l’accent sur la sécurité du capital que l’Occident ? Vous l’ignorez peut-être, mais techniquement et concrètement, c’est la nomenklatura du Parti qui administre le Capital dans les systèmes communistes, au nom du peuple certes, mais cela ne fait guère de différence au final. Tout comme les riches « entrepreneurs » capitalistes, les « administrateurs » et autres technocrates communistes sont bel et bien omnipotents.

          Malgré tout, d’après mon expérience personnelle, je dirais qu’il est préférable de vivre dans un système communiste, même largement imparfait. Le fait qu’il faut « sauver » le mythe du socialisme impose de faire certaines concessions au bas peuple : éducation et santé gratuites, transports en commun, promotion sociale par l’excellence et non par l’argent, logement pour tous, ce ne sont que des différences mineures à grande échelle, mais extrêmement importantes quand on n’est qu’un prolo comme les autres. Pour être né en URSS, je peux dire qu’il y faisait vraiment bon vivre, même dans les années 80 (alors qu’on était déjà en phase de déclin et qu’il y avait cette guerre d’Afghanistan à traîner). Ici, en France, l’emballage est plus joli, mais c’est tout. Je sais que c’était mieux avant, mais « avant » on était dans un système mixte alliant communisme et libéralisme. Le libéralisme a ses avantages aussi, puisque là aussi, il y a un mythe à sauver, cette fois libertaire : pluralisme politique, liberté d’expression, liberté d’entreprendre. Personnellement, je préfère les avantages socialistes, mais chacun son truc.

          De toute façon, tout cela n’est rien par rapport à ce que pourrait apporter un véritable système démocratique (à l’athénienne) ou traditionnel.


        • JL JL 25 août 2012 16:58

          à Bovinus,

          merci de votre réponse.

          Sur le point « sécurité du capital », je dirai que la différence entre la Chine et les pays occidentaux, c’est que, sauf erreur, et vous le dites vous-même : "techniquement et concrètement, c’est la nomenklatura du Parti qui administre le Capital dans les systèmes communistes, au nom du peuple certes« 

          EEt vous ajoutez : » mais cela ne fait guère de différence au final." Mais si, cela fait une énorme différence, au contraire ! Dans les pays occidentaux, le capital n’est administré par personne sinon le détenteur lui-même dont le seul intérêt est de multiplier sa fortune, fut-ce au détriment de sa nation, si tant est qu’il s’en reconnaisse une. Autrement dit, on - le peuple en définitive - protège un capital qui n’a aucune motivation à nous protéger en retour : le capital libéral est apatride, de sorte que la sécurité qu’on accorde au capital n’est ni plus ni moins qu’une soumission, ce qui ne semble pas, par définition, être le cas en Chine.

          Sur l’autre point, celui des brevets et du droit d’auteur : je dirai qu’il ne faut pas confondre copyright et droit d’auteur. Le Copyright est le coucou dans le nid du droit d’auteur, ou si l’on préfère, la mauvaise monnaie qui chasse la bonne. Le copyright est plus proche du brevet - un droit qu’on acquiert par un acte commercial - que du droit d’auteur. Et le fait d’hériter du droit d’auteur est déjà en lui-même une perversion du droit d’auteur.

          Ceci étant dit, et a contrario, il ne serait pas juste de déposséder les héritiers : la durée du droit d’auteur - le temps que les royalties grossissent la magot - serait variable d’un auteur à l’autre parce que lié à la duré de survie au-delà de la date de création. Je ne vois pas comment faire autrement, puisqu’en la matière, c’est tout ou rien : on imagine pas un droit d’auteur dégressif dans la durée.


        • Bovinus Bovinus 25 août 2012 21:23

          @ JL

          Autrement dit, on - le peuple en définitive - protège un capital qui n’a aucune motivation à nous protéger en retour : le capital libéral est apatride, de sorte que la sécurité qu’on accorde au capital n’est ni plus ni moins qu’une soumission, ce qui ne semble pas, par définition, être le cas en Chine.

          C’est un point de vue plutôt subtil et très intéressant, je n’avais pas envisagé la question sous cet angle. Force m’est de vous reconnaître raison, je ne vois pas de contre-argument valable à vous opposer sur ce point.

          Maintenant, faudrait voir à quel point est-ce important du point de vue macro ? Regardez ce qui s’est passé en URSS ainsi qu’en Chine : dès qu’on a introduit des éléments de libéralisme, la nomenklatura s’en est immédiatement mis plein les poches, mais le peuple, que pouic.

          Finalement, ce qui compte, c’est pas tellement la nature du système économique, c’est celui qui en dicte (ou écrit) les lois et les règles de fonctionnement au sens large.


        • Leo Le Sage 25 août 2012 10:21

          @AUTEUR/Bovinus

          Vous dites : "À comparer les pays militairement puissants, on s’aperçoit assez rapidement qu’ils ont un certain nombre de points communs : une puissance industrielle et commerciale considérable, du capital financier, de l’énergie en abondance et, évidemment, disposent de marchés gigantesques, pour lesquels ils se trouvent généralement être engagés dans une féroce et implacable compétition. Seules diffèrent les ressources disponibles et les stratégies mises en œuvre ; les enjeux, quant à eux, sont toujours les mêmes, à savoir, produire et vendre à tout prix, quel qu’en soit le coût social et écologique. Toutefois, la compétition économique n’est pas la finalité ; c’est le moyen."

          Hmmm...
          Ce n’est pas le cas de la Russie qui n’a pas de puissance financière ni d’industrie puissante et encore moins de marché...

          Vous dites : "Ainsi qu’on l’a vu plus haut, ces choses-là sont réservées à une petite élite d’États contrôlant des marchés suffisamment vastes pour se permettre d’entretenir d’énormes et coûteux complexes militaro-industriels. Exporter de l’armement permet d’en alléger quelque peu le coût, mais cette industrie-là est toujours, par nature, fortement déficitaire. La sécurité n’a pas de prix"

          Au contraire ce complexe est rentable donc son coût n’a aucune espèce d’importance.
          Il ne faut jamais raisonner en terme de coût mais plutôt en terme de retour sur investissement... et rentabilité.

          Vous dites : "les rayons de nos supermarchés croulent sous les casseroles et les poêles au téflon, à tel point qu’il est devenu difficile de trouver autre chose ;"
          C’est plutôt parce que le client ne veut pas autre chose...
          Vous allez dans d’autres pays il y a un grand nombre de choix...

          Vous dites : « Quant aux graves difficultés socio-économiques que doivent affronter aujourd’hui les Américains »
          C’est à dire ?
          A vous lire la guerre aurait eu une conséquence néfaste sur l’économie américaine ?
          Pas du tout c’est l’inverse au contraire...
          L’un des buts de la guerre est de gagner de l’argent en faisant tourner les industries américaines, par exemple la seconde guerre !

          Vous dites : "Un illusoire droit international, chacun le sait bien, ne constitue en aucun cas une telle garantie, nul n’étant à l’abri d’une « démocratisation » forcée ou d’une subite « intervention humanitaire », tout spécialement, semble-t-il, les pays dotés de ressources précieuses ou représentant un quelconque intérêt géopolitique"
           smiley smiley smiley

          Vous dites : "Combien de planètes nous faudrait-il pour alimenter autant de monstres ? Certains nous disent quatre, d’autres dix, la question est, au demeurant, sans intérêt puisqu’on n’en a de toute façon qu’une seule"
          Si la question se pose car il y en a qui ne le savent pas quel devrai être à peu près la réponse. On sait que c’est plus de un.

          Vous dites : « nos dirigeants imbéciles, inconscients »
          Non ils ne sont pas imbéciles ou inconscients : juste amoureux de la rapine et de l’argent facile...

          Vous dites : "Nous-mêmes avons été des imbéciles, des égoïstes et des irresponsables, pour nous être aussi facilement fait avoir dans ce marché de dupes"
          Pour quelques uns ce sont les trois pour la majorité ce sont les deux derniers. Dans mon cas, c’est le dernier car je n’ai pas fait l’effort de regarder de questionner.

          Vous dites : "nous accrocher à nos États souverains jusqu’à la prochaine guerre, qui réglera tous nos problèmes de la façon la plus radicale, ou bien, renoncer à notre souveraineté au profit d’une techno-dictature planétaire"
          Dans les deux cas, ce sera la guerre de toutes les façons... surtout le premier cas...

          Vous dites : "Il nous faut simplement revenir à nos fondamentaux, aux valeurs et à la tradition de chaque nation, de chaque peuple, de chaque civilisation."
          Revenir aux fondamentaux ? Combien de personnes le pourraient vraiment ?
          Aux USA beaucoup d’américains ne veulent plus acheter du McDo mais c’est le moins cher en terme de repas...

          Mon avis
          Comment concrètement convaincre la populace/les intellos/l’élite honnête de faire les termites comme vous dites alors que la majorité est incapable de quitter ce monde de déperdition ?
          Combien de personnes pourraient objectivement se passer de ce monde, même en les éducant correctement même à supposer qu’ils veulent le faire volontairement ?
          Le « vouloir » est une chose mais le « pouvoir » en est une autre !

           
          Cordialement

          Leo Le Sage
          (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


          • Bovinus Bovinus 25 août 2012 12:54

            @ Léo

            Ce n’est pas le cas de la Russie qui n’a pas de puissance financière ni d’industrie puissante et encore moins de marché...

            Euh, c’est de la provocation, je suppose ? smiley La Russie comme tous les autres « grands » pays a bel et bien accès à des marchés énormes et exporte beaucoup de trucs très rentables et très nécessaires : céréales, énergie, canons, high tech (technologie spatiale notamment), etc. Sa puissance financière est difficile à évaluer, mais elle existe, quant à son industrie, si elle n’était pas « puissante », il ne lui serait tout simplement pas possible de sortir de sa manche des trucs comme par exemple celui-ci .

            Au contraire ce complexe est rentable donc son coût n’a aucune espèce d’importance.
            Il ne faut jamais raisonner en terme de coût mais plutôt en terme de retour sur investissement... et rentabilité.

            Je ne dis pas autre chose quand je dis « la sécurité n’a pas de prix ». Quand je dis que l’industrie de défense est déficitaire, c’est évidemment, en termes de budget. Ça me paraissait suffisamment évident pour ne pas avoir besoin de développer outre mesure ce point...

            C’est plutôt parce que le client ne veut pas autre chose...
            Vous allez dans d’autres pays il y a un grand nombre de choix...

            Les desiderata du client sont un mythe, une quantité négligeable qui n’existe que l’industrie des Public Relations les fait exister. On se fout de savoir ce que veut le client, car on peut manipuler ses désirs à volonté. Sinon, j’ai pas mal voyagé aussi, et je n’ai pas constaté, globalement, le pluralisme des casseroles dont vous parlez. Ça doit dépendre en effet des pays (c’est à dire, de l’état du marché local). Cela dit, ce que je dis ne s’applique pas qu’au domaine des ustensiles de cuisine, j’aurais aussi bien pu parler de l’informatique grand public ou du marché automobile.

            A vous lire la guerre aurait eu une conséquence néfaste sur l’économie américaine ?
            Pas du tout c’est l’inverse au contraire...
            L’un des buts de la guerre est de gagner de l’argent en faisant tourner les industries américaines, par exemple la seconde guerre !


            Vous vous trompez, comme la très grande majorité des gens, mais je comprends qu’il y ait de quoi. Certaines industries, Boeing, Halliburton et compagnie, se sont en effet enrichies, mais tous les autres se sont appauvris. Comment ? par la dévaluation progressive du dollar, tout simplement. Regardez ce graphique, il explique tout : http://www.sacra-moneta.com/or/cours-or.html . Il s’arrête en 2010, mais c’est tout de même assez impressionnant. Pour info, aujourd’hui, on est a 1669 $ l’once. L’une des conséquences directes, c’est que le pétrole coûte en réalité, en dollars 1971, à peu près pareil qu’il coûtait en 1973 : autour de 10$ le baril. Sauf que de nos jours, le dollar ne vaut tellement plus rien qu’il en faut 110 pour acheter le même baril. Vous voyez un peu la différence de pouvoir d’achat entre un salaire d’américain moyen des années 70 et celui de l’américain moyen d’aujourd’hui ? Si on examine le cas du ricain pauvre, celui-ci est carrément obligé de dormir dans une tente et de se nourrir grâce aux food stamps.

            La guerre qui soi-disant enrichit, c’est un mythe, un mythe très dangereux de surcroît. Elle n’enrichit que quelques vautours et plonge l’immense majorité des gens dans la misère et le malheur.

            L’exemple de la seconde guerre mondiale est assez mal choisi, et voici pourquoi : le matériel produit aux États-Unis entre 1941 et 1945, grosso-modo, n’a rien coûté aux États-Unis. Il a été quasi-entièrement financé par l’Europe (Grande-Bretagne, Allemagne, France et même URSS). On répand, dans les livres d’histoire et la presse grand public ce mensonge criminel : la 2e guerre mondiale aurait « relancé » l’économie américaine. Elle n’a rien relancé du tout, elle a surtout permis un colossal transfert de richesse du Vieux continent vers le Nouveau. Rien de plus. Le même mécanisme a déjà eu lieu entre 1914 et 1918...

            Non ils ne sont pas imbéciles ou inconscients : juste amoureux de la rapine et de l’argent facile...

            Ne fixez pas le doigt quand on vous montre la lune. Alors oui, évidemment que le politique malhonnête ou corrompu gagne quelque chose dans ses magouilles, mais c’est là, justement, que réside son imbécillité. Sacrifier l’État pour quelques avantages matériels, est-ce « intelligent » ? L’avantage matériel n’est rien, c’est parfaitement éphémère et on s’en lasse vite, très vite. Les grandes civilisations le comprenaient fort bien, même les Romains ; leur fin est venue quand ils ont commencé à placer le confort matériel et la richesse au-dessus de la gloire et de l’honneur de Rome.

            Dans les deux cas, ce sera la guerre de toutes les façons... surtout le premier cas...

            Je pense, personnellement, que le premier cas est préférable au second (mais j’ai des valeurs désuètes), et je suis persuadé qu’il existe des tas de solutions. Par exemple, la frugalité volontaire citoyenne, la coopération économique (réelle) entre États, l’économie (réellement) durable, la fin de la propriété « intellectuelle », la réforme du concept de « propriété » au sens large (comme le préconisait Proudhon), etc. Déjà, si la majorité des gens savait ce que j’essaye (fort mal) d’expliquer, ils réfléchiraient différemment. J’ai bon espoir, il y en a d’autres que moi, et qui expliquent mieux  smiley

            Revenir aux fondamentaux ? Combien de personnes le pourraient vraiment ?
            Aux USA beaucoup d’américains ne veulent plus acheter du McDo mais c’est le moins cher en terme de repas...

            Tout le monde « pourrait », si on encourageait un peu les gens et qu’on leur démontrait que c’est en effet utile. De toute façon on va vers un appauvrissement généralisé des populations, ça devrait décrasser un peu les cervelles.

            L’exemple du McDo est très éloquent, puisque même en bouffe industrielle y a bien moins cher que le McDo : les tapas de l’immigré Mexicain. Sinon y a encore moins cher : tu prends des patates, tu les fais cuire dans de la cendre chaude, ça te revient à quelques cents et en plus c’est meilleur. Même pas besoin d’éplucher !

            Je connais personnellement un Russkof qui a bossé un temps aux États-Unis dans le cadre du programme Work & Travel . Le type était hébergé chez un couple de retraités, les mecs étaient totalement handicapés du cerveau et se nourrissaient quasi-exclusivement de surgelés et de trucs à réchauffer. Au bout d’un moment, le Russkof en a eu marre, alors il est allé acheter des patates et une poêle, et leur a fait des patates sautées. Les pauvres vieux en revenaient pas, ils trouvaient ça trop délicieux, voulaient absolument la recette. Là c’est le Russe qui en est pas revenu, il croyait qu’ils ne cuisinaient pas par flemme, mais même pas : ils étaient handicapés culturellement à ce point-là. Ça fait réfléchir. Je connais un peu un notaire retraité, ici en France, qui n’est pas très loin de ce couple Américain. Il se nourrit chez son traiteur et n’est même pas foutu de se faire une salade lyonnaise ou des œufs au plat à la tomate. C’est grave.


          • Leo Le Sage 25 août 2012 13:41

            @Bovinus
            Vous dites :
            « Euh, c’est de la provocation, je suppose ? »
            Oh non je ne suis pas adepte de la provocation... smiley

            Vous dites : "Sa puissance financière est difficile à évaluer, mais elle existe, quant à son industrie, si elle n’était pas « puissante », il ne lui serait tout simplement pas possible de sortir de sa manche des trucs comme par exemple"

            Le Sukoï... excellent constructeur à ce que j’ai compris...

            Les russes ont de très bons scientifiques donc il peuvent faire sortir à peu près n’importe quoi...
            Pour construire cet avion je pense que les russes ont eu recours à l’espionage.
            L’espionage ne consistait pas à copier le F22 raptor mais à connaitre la techno utilisée pour la furtivité à l’époque [année 90].

            Donc pour la puissance, je suis sceptique sur certains points.
            Je vous rappelle que la mafia y est puissante aussi donc il est très difficile de prétendre que la puissance n’est pas occulte...

            Pour caricaturer un peu à la limite tous les pays du monde à quelques exceptions prêts accèdent à des marchés gigantesques.

            Vous dites : « le pluralisme des casseroles dont vous parlez. »
            Il y aussi les casseroles sans teflon [alu, aliages, etc.]
            Les indiens vendent de l’alu par exemple...

            Mais vous avez raison c’est un détail sans importance...

            Vous dites : « j’aurais aussi bien pu parler de l’informatique grand public ou du marché automobile »
            Pour les produits de haute technicité, il y a une certaines concentration à cause des brevets.
            Là par exemple Apple vient de gagner provisoirement son procès contre Samsung...
            un milliard de dollar d’indeminté + des pertes en milliards en part de marché !

            Vous dites : « tous les autres se sont appauvris. Comment ? par la dévaluation progressive du dollar, tout simplement. »
            Evidemment sous cet angle personne ne s’est beaucoup enrichit...

            Vous dites : "Il a été quasi-entièrement financé par l’Europe (Grande-Bretagne, Allemagne, France et même URSS). On répand, dans les livres d’histoire et la presse grand public ce mensonge criminel : la 2e guerre mondiale aurait « relancé » l’économie américaine. Elle n’a rien relancé du tout, elle a surtout permis un colossal transfert de richesse du Vieux continent vers le Nouveau. Rien de plus. Le même mécanisme a déjà eu lieu entre 1914 et 1918.."
            Ah bon ?
            Juste une précision avant de continuer : je suis nul en histoire.
            Comme cela fait un moment que vous n’êtiez plus sur Agoravox vous ne le savez peut-être pas !
            Ne m’en veuillez pas si je me trompe un peu en histoire.

            Comment se faisait le financement concrètement ?
            Les juifs ont peut-être financé une partie mais le reste ? Je ne vois pas du tout.
            A moins que vous me dites que le plan Marshall est l’exemple de financement, un juste retour des choses ?

            Vous dites : "même les Romains ; leur fin est venue quand ils ont commencé à placer le confort matériel et la richesse au-dessus de la gloire et de l’honneur de Rome"
            Là nous sommes d’accord !

            McDo smiley
            Oui les americains et la cuisine çà fait deux...
            Et même en France c’est la tendance...

            Merci. J’insiste :je suis nul en histoire !

             
            Cordialement

            Leo Le Sage
            (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


          • Bovinus Bovinus 25 août 2012 15:29

            @ Léo :

            Les russes ont de très bons scientifiques donc il peuvent faire sortir à peu près n’importe quoi...
            Pour construire cet avion je pense que les russes ont eu recours à l’espionage.

            Soyons sérieux : cet avion taule le F22 sur TOUS les points. Ce n’était donc pas qu’une question de furtivité, et l’espionnage n’est qu’un élément assez mineur de l’ensemble du processus qui a mené à la réalisation du T-50. Par ailleurs, on a beau avoir les meilleurs scientifiques du monde, si on n’a pas les machines-outils pour fabriquer les avions derrière, ça sert à rien.

            Quant à la question de l’accès aux marchés, il faut comprendre plutôt « y accéder en position de force ». En effet, tous les pays membres de l’OMC ont accès, virtuellement, au même marché. Pourtant, on voit bien il y a d’énormes différences entre par exemple l’UE, les États-Unis, la Russie, le Mexique et le Togo. On va dire, pour simplifier, que les États-Unis ont l’avantage du dollar (ils peuvent en fabriquer autant qu’ils veulent, et peuvent donc à priori TOUT acheter), les Russes, celui de l’énergie (sans énergie, on ne produit rien, de plus ils ne font pas qu’exporter l’énergie, ils possèdent aussi bon nombre de gazoducs et d’oléoducs), les Européens, celui d’être le plus gros marché du monde (on peut menacer de le fermer à certains clients ou produits), et rien pour le Mexique et le Togo. La mafia aussi est un élément de la puissance, elles sont au service du pays. D’ailleurs, les Russes ne sont pas les seuls, loin de là, à avoir cette carte dans leur jeu. Il y a aussi les Yakuzas Japonais (demandez-vous pourquoi il n’existe presque pas d’entreprises étrangères sur le sol japonais) et les Triades Chinoises.

            Pour les produits de haute technicité, il y a une certaines concentration à cause des brevets.

            Pas que des brevets. Le brevet n’est qu’une forme des innombrables formes possibles du capital. Apple ne serait pas Apple sans son immense outil de production. Un brevet, ça se vole très facilement, mais il est beaucoup plus difficile de voler une usine entière.

            Comment se faisait le financement concrètement ?
            Les juifs ont peut-être financé une partie mais le reste ? Je ne vois pas du tout.
            A moins que vous me dites que le plan Marshall est l’exemple de financement, un juste retour des choses ?

            Très simple. Disons que la Grande-Bretagne a besoin de fabriquer des avions pour lutter contre la Luftwaffe ; les États-Unis répondent :
            - On a ce qu’il vous faut, les gars ! bougez pas : on vous envoie illico quelques tonnes de notre meilleur acier, on peut même vous filer des hélices toutes prêtes et des cartouches par la même occasion. Ça fera X tonnes d’or, dont X pour le transport. Sinon, comme on vous aime bien, on va vous faire crédit illimité, à seulement 3% !
            Churchill :
            - Do we have any choice ?
            - Hey, business is business ! Sinon, vous pouvez voir avec uncle Joe...
            - Cet enfoiré communiste ? I’d rather die !

            Pendant ce temps, Albert Speer appelle Exxon Mobil :
            - Ach ! on a ein Problem, ces satanés bolcheviks sont plus coriaces que prévu, en plus, avec leur Sheiss climat, nos réserves de carburant s’épuisent rapidement ! Hilfe ! faites quelque chose !
            Exxon Mobil :
            - Okay, bougez pas, on a ce qu’il vous faut ! On va vous monter une raffinerie clefs en main en Pologne (véridique !), ça va vous cracher X barrels of fuel synthétique, ça devrait vous permettre de tenir le coup jusqu’au printemps. Ça fera X tonnes d’or, sinon, comme on vous aime bien, on peut vous faire crédit, seulement 15% !
            - Ach ! gut, nous allons voir si on peut gratter encore un peu d’or dans les pays annexés, les Français devraient en avoir plein, je vais transmettre des instructions dans ce sens à mes Gauleitern. Vous acceptez les Napoléons, ja ?
            - Well, absolutely !

            Quelques heures plus tard, Staline appelle Roosevelt :
            - Tovarich Roosevelt, comme vous le savez, nous avons dû mobiliser massivement pour repousser les infâmes fascistes, et nous avons du coup un problème de rendement agricole ; quand donc arriveront les céréales que vous nous avez promis ?
            - Hey, Joe how are you ? Business is business, on expédiera le blé quand votre blé sera arrivé ! hehehe... Sinon, on peut s’arranger autrement, voyez avec l’attaché économique, je lui envoie de suite par telegramme les instructions pour un agreement of credit, only 20% pour nos communist friends ! hehehe
            - Salopard capitaliste ! Bien, nous allons réfléchir...
            - Think well, think fast, dear Joe ! see you soon, hehehe

            C’est plus compréhensible, là ? smiley Quant au plan Marshall, c’était plutôt un investissement, qui plus est, largement rentable, et absolument pas gratuit, il y avait des conditions pour en bénéficier. Sinon, l’URSS ne l’aurait pas refusé...

            Vous ne trouverez jamais cette version dans un bouquin d’histoire « grand public », ou un manuel scolaire. Ce genre de truc ne doit pas être connu du grand public, sinon il pourrait se mettre à réfléchir.


          • Bovinus Bovinus 25 août 2012 13:39

            ERRATUM : L’article recommandé au départ, dans le paragraphe entre crochets (Cet article se situe dans le prolongement de celui examinant le thème du capital ...), est évidemment celui-ci : http://irrealpolitik.fr/?p=19 . Mille excuses pour cette erreur.


            • Le péripate Le péripate 25 août 2012 16:09

              Tout ça baigne dans la plus grande confusion. C’est qu’il est difficile pour un neocommuniste de se démarquer du communisme. Il est clair que l’auteur n’a jamais ouvert un livre libéral de sa vie et que ses sources sont plutôt du côté du Diplodocus. Un classique navrant.


              • Bovinus Bovinus 25 août 2012 16:26

                Merci pour le commentaire.

                Néanmoins, vos arguments me semblent bien trop légers pour avoir la moindre crédibilité... Dommage.


              • Bovinus Bovinus 25 août 2012 16:49

                Je vous ferai par ailleurs remarquer que louphi, ci-dessus, me traite d’anticommuniste primaire, voire, de menteur antisoviétique. C’est à se demander si vous avez, vous et lui, bien lu et bien compris ce que j’ai écrit. Apparemment, non.


              • Le péripate Le péripate 25 août 2012 16:58

                Ce qui se voit c’est que vous n’avez aucune référence en matière de compréhension du libéralisme et très certainement aucune lecture d’un quelconque auteur libéral. A partir de là vos divagations n’ont pas beaucoup d’intérêt si ce n’est de prendre la pose de celui qui renvoie dos à dos pour apparaitre comme un sage.


              • JL JL 25 août 2012 17:10

                Quelle bêtise que de s’en remettre sans arrêt aux théoriciens pour nous expliquer que ce qu’on voit n’est pas ce qu’on voit, que le blanc est vert et le bleu est gris, que le libéralisme c’est pas ce qu’on voit, c’est écrit là, dans le livre !

                Quelle misère intellectuelle, quelle obstination, que celles de ces auto-proclamés pragmatiques, qui persistent à nier l’évidence !


              • Bovinus Bovinus 25 août 2012 17:18

                Merci, vous l’avez déjà écrit juste un peu plus haut. J’espérais voir une quelconque tentative de développement, mais il semblerait que je vous aie largement surestimé. Je vais être obligé de vous décevoir : répéter la même chose, fût-ce dix mille fois, ne la rend pas plus vraie ou plus fausse pour autant.


              • Le péripate Le péripate 25 août 2012 17:25

                Que la description ai un semblant de vérité serait déjà la moindre des choses. Quand à vos éternelles insultes vous pouvez vous les carrez où je pense.


              • Bovinus Bovinus 25 août 2012 17:30

                ...

                Ce qui est bien avec les trolls, c’est qu’il est très facile de les amener à se dénoncer eux-mêmes en tant que tels.

                CQFD


              • Le péripate Le péripate 25 août 2012 17:53

                Quand on es gêné par une remarque qui tape dans le mille on crée une diversion.


              • Bovinus Bovinus 25 août 2012 19:10

                Bon, je replie toute cette merde, ça n’a aucun intérêt.


              • anty 25 août 2012 16:56

                Après le monstrueux dégâts commit par le communisme tant au niveau social ,économique,écologique sans parler des massacres des populations soumis a ce régime 

                on peut s’étonner encore de voir des admirateurs de ce faschisme rouge

                • anty 25 août 2012 17:15

                  Après des....


                • Bovinus Bovinus 25 août 2012 17:21

                  En quoi ce navrant commentaire apporte-il quoi que ce soit au débat ?


                • anty 25 août 2012 17:46

                  Pourquoi navrant ?

                  C’est une constatation
                  Il y a encore des gens qui regrettent cette horrible page de l’histoire humaine
                  d’autres le compare au libéralisme ce qui n’a strictement rien à voir
                  Le communisme ou le faschisme rouge il faut le rejeter tout comme le nazisme d’hitler
                  auquel d’ailleurs il est comparable

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