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Accueil du site > Actualités > Economie > Comprendre l’articulation entre le capital productif et le capital (...)

Comprendre l’articulation entre le capital productif et le capital financier

Pour mieux comprendre l’articulation entre le capital productif et le capital financier, et donc la crise du système productif actuel, étudions le concept du capital financier chez Marx.

Marx va opposer le capital réel au capital fictif afin d’expliquer la marchandise. Il développe l’idée selon laquelle il y a d’une part une infrastructure qui serait le capital réel (processus de production de la plus value) et d’autre part une superstructure qui serait le capital financier (processus banque-crédit-placement). L’infrastructure est la relation qui existe entre l’argent et la force de travail et qui constitue la base du capital fictif.

Pour Marx, l’argent s’affranchit sous des formes différentes et devient producteur d’intérêts, c’est-à-dire qu’il engendre une nouvelle propriété : son usage crée de l’intérêt, ce qui implique accumulation, concentration et donc monopole.

La relation argent (capital fictif) est nécessaire dans le mode de production capitaliste. La non réalisation de la plus value a pour conséquence l’encombrement des marchés, la dévaluation des marchandises, l’interruption de la production, et comme le capital ne peut être conçu en dehors de son mouvement, mais dans l’unité des processus de circulation et de production alors, toute interruption implique la crise.

C’est là où le capital financier intervient sous forme de capital argent de prêt. Les capitalistes financiers accordent des prêts aux capitalistes industriels et aux commerçants. Les capitalistes financiers ne se limitent pas aux opérations de prêts, mais ils interviennent aussi par des prises de participation dans les entreprises qui sont en difficulté.

Pour l’aile réformiste, la résolution de la crise passait par la conquête électorale du pouvoir politique et la mise en place d’une série de réformes ; cette transformation du capitalisme mettait fin à l’anarchie du marché, les Etats limitant, contrôlant ou éliminant la concurrence pour prévenir les crises.

Les crises avaient en effet un rôle important dans la dynamique de concentration du capital, puisqu’elles éliminaient périodiquement les entreprises les plus fragiles et amenaient les autres à se regrouper pour contrôler le marché. Cette concentration de capitaux gonflait le capital en circulation, donc les possibilités de crédit, et nécessitait le recours à l’émission d’actions pour financer ces regroupements, leur donner tout leur potentiel, et répartir leurs profits.

Le monde actuel se caractérise au contraire par d’énormes masses de capitaux susceptibles d’êtres mobilisées, investies n’importe où sur la planète, et d’entreprises transnationales dont la production et la circulation sont segmentées à l’échelle mondiale.

Si le petit investisseur, doté d’un capital limité, ne peut employer son capital qu’à portée de chez lui, ce n’est pas le cas des transnationales. Pour elles, chaque État, chaque pays se présente sous la forme d’un certain nombre de caractéristiques plus ou moins adaptées à la valorisation de leur capital : coût du travail, paix sociale, stabilité politique, fiscalité, infrastructures, qualification de la force de travail et ainsi de suite.

Si bien qu’aux spécialisations liées au potentiel agricole ou minier, se sont ajoutées des spécialisations liées aux profils susceptibles d’attirer des investissements, desquels dépendent plus ou moins directement la capacité des États à participer au marché de la dette et à alimenter, au passage, le revenu des classes dirigeantes.

Le capital fictif, à l’échelle globale, restructure donc complètement la relation entre capital et État, intégrant ce dernier dans la dynamique du capital. Là encore, la crise telle qu’elle est vécue par les salariés, par les citoyens de chaque État, n’est pas nécessairement une crise pour le capital, même si elle peut lui être liée comme dans le cas grec, portugais, espagnol, italien et français. C’est avant tout l’effet d’une restructuration des rapports entre Etat et capital qui s’impose à l’échelle mondiale.

A. K d’après Karl MARX

« Les grandes fortunes corrompent ceux qui les possèdent et ceux qui les envient »…MIRABEAU

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6 réactions à cet article    


  • P-Troll P-Troll 1er juillet 2015 16:19

    Pour être complet, il faut mentionner une autreforme de division du capital.

    L’économie politique marxiste opère une disctinction entre :

    -  la division du capital en capital fixe et circulant

    -  et la division du capital en capital constant et variable.

    Le capital constant et le capital variable se différencient d’après le rôle qu’ils jouent dans le processus d’exploitation des ouvriers par les capitalistes, tandis que le capital fixe et le capital circulant se différencient par le caractère de la rotation.

    L’économie politique non marxiste ne reconnaît que la division du capital en capital fixe et circulant, car cette division par elle-même ne montre pas le rôle de la force de travail dans la création de la plus-value ; au contraire, elle voile la distinction essentielle entre les dépenses du capitaliste pour l’embauchage de la main-d’œuvre et les dépenses consacrées aux matières premières, au combustible, etc.


    • Dwaabala Dwaabala 2 juillet 2015 07:29

      Réflexion rare et intéressante, de même que le commentaire ci-dessus.

      - Il ne faut pas confondre la finance avec la spéculation financière qui engendre un capital fictif (les bulles) à l’origine des crises actuelles.

      - Il n’existe pas à la base le capital productif (de biens et de revenus, le capital réel) et au-dessus le capital financier.

      -Les capitaux bancaires et industriels fusionnent au sein du capital financier qui est celui des monopoles ( les transnationales). La petite et moyenne production en sont dépendants, et sur le plan matériel et sur celui des profits.

      - Il importe également de ne pas oublier que la plus grande partie du capital du système capitaliste pris dans l’ensemble est du capital constant qui n’apparaît jamais sous la forme de revenu (salaires et plus-value) :
      La société capitaliste emploie une plus grande part de son travail annuel disponible à la production de moyens de production (donc le capital constant) qui ne peuvent se résoudre en revenu ni sous la forme de salaire, ni sous celle de plus-value, mais qui peuvent uniquement faire fonction de capital ; (Lénine Le dév. du cap. en R.)


      • rocla+ rocla+ 2 juillet 2015 13:10

        Ceci n’ est  pas un article  , ceci est un copié-collé .


        Agoravox touche le fond .

        • Hervé Hum Hervé Hum 2 juillet 2015 13:51

          pouf paraphraser Bossuet,

          « les capitalistes se rient des prolétaires qui les dénoncent en les singeant »

          vous écrivez

          Le capital fictif, à l’échelle globale, restructure donc complètement la relation entre capital et État, intégrant ce dernier dans la dynamique du capital. Là encore, la crise telle qu’elle est vécue par les salariés, par les citoyens de chaque État, n’est pas nécessairement une crise pour le capital, même si elle peut lui être liée comme dans le cas grec, portugais, espagnol, italien et français. C’est avant tout l’effet d’une restructuration des rapports entre Etat et capital qui s’impose à l’échelle mondiale.« 

          vous êtes ici dans l’étude des conséquences et non de la cause des crises systémique monétaires.

          La cause des crises tient intrinsèquement dans le mode de création monétaire fait pour permettre l’exploitation du temps de vie humain et rien d’autre. La »restructuration" en question, n’est que le moyen de faire payer la créance monétaire systémique par les débiteurs systémique, mais qui n’est pas remboursable, car elle ne fait que s’aggraver mécaniquement par le simple fait du mode de création monétaire. Il ne s’agit pas de restructuration, mais d’une saisie d’huissier pour faire recouvrer une dette monétaire systémique par nature crapuleuse. L’appareil d’état agissant tel un commissaire de police assistant l’huissier chargé du recouvrement de la dette.

          En bref, plus il y a de monnaie, plus il a de créancier et de débiteurs, mais comme ce sont globalement les mêmes créanciers, ce sont les mêmes débiteurs qui cumulent et les premier des droits de créances et les seconds des devoir de dettes.

          Le capital fictif, constant ou capital x, ne sont là que pour faire faire des grimaces aux singes...

          Dwaalbala et lsga semblent beaucoup aimer faire des grimaces de singes...


          • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 2 juillet 2015 14:20

            Vous dites :

            « Si le petit investisseur, doté d’un capital limité, ne peut employer son capital qu’à portée de chez lui, ce n’est pas le cas des transnationales. »

            Or ce n’est plus vrai aujourd’hui. Spéculer sur tout et n’importe quoi est à la portée du premier venu.

            « Les grandes fortunes corrompent ceux qui les possèdent et ceux qui les envient »…MIRABEAU

            Merci à MIRABEAU de nous avoir soufflé la solution : pour que le système survive, il suffit donc d’un maximum d’envieux.

            Votre article est dangereusement vrai, mais fort heureusement il comporte trop de mots et de concepts compliqués pour distraire les masses qui tentent de singer les riches.


            • Dwaabala Dwaabala 2 juillet 2015 19:14

              je parlais plus haut des happy few mais personne ne semble avoir compris qu’il s’agissait des rares (pauci sed meliores) qui s’intéressent tant soit peu à la théorie et à l’explication du monde.

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Robert GIL

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