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Comprendre les enjeux de la dette publique

En ces temps d’hystérie collective sur la dette de l’Etat, « La dette publique, une affaire rentable », livre coécrit par A-J Holbecq et publié en 2008, dont la deuxième édition vient de sortir, est un livre essentiel.

Un peu d’histoire

« Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin » : c’est par cette citation d’Henry Ford que commence cet essai court et percutant. Les auteurs présentent un bref historique de la monnaie et des banques. Si les premières traces de monnaie métallique remonte à plus de 2500 ans en Grèce, la monnaie papier est apparue en Chine au 8ème siècle.

Jusqu’au 19ème siècle, les monnaies reposent sur l’or ou l’argent mais leur rareté conduit à de nombreuses dévaluations, à l’utilisation d’alliages. Le papier-monnaie est inventé au 17ème siècle, sous l’impulsion d’un Suédois. En 1694, la première banque centrale est créée en Angleterre. Le 19ème siècle voit apparaître le monopole d’émission d’Etat. La 1ère guerre mondiale mettra fin à la convertibilité de nombreuses monnaies. Le Royaume Uni y renoncera en 1931, les Etats-Unis en 1971.

La Banque de France est fondée en 1800. Ses deux cent actionnaires les plus importants constituent l’Assemblée Générale et les statuts impériaux resteront en place jusqu’en 1936. Le Front Populaire met la banque sous l’autorité du gouvernement mais elle ne sera pleinement nationalisée que le 2 décembre 1945. En janvier 1973, ses statuts sont réformés par l’article 25 : « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ».

Cette interdiction de financer l’Etat est complétée par l’indépendance accordée en août 1993 par le gouvernement d’Edouard Balladur. Les différents traités européens confirmeront cette double orientation puisque l’article 104 du traité de Maastricht (devenu article 123 du traité de Lisbonne) précise : « il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres (…) d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit » à toute institution publique.

Le problème de la création monétaire

Ils soulignent que « si le prêteur a prélevé cette somme sur son épargne, il est juste qu’il en reçoive rémunération puisqu’il n’aura pas la disponibilité de cet argent jusqu’à échéance du prêt, outre le risque de ne pas être remboursé ». Ils rappellent que la monnaie est un « instrument de mesure, instrument de réserve de valeur et instrument de paiement » et « une convention sociale reposant sur la confiance, elle n’a d’autres valeurs que celle que nous lui accordons ».

Les auteurs montrent que depuis le 1er janvier 2001, la masse monétaire M1 (billets, pièces et dépôts à vue) de la zone euro a progressé de 11,5% par an contre 4,5% pour la croissance nominale du PIB. Elle représentait 4691 milliards d’euro en octobre 2010. M3 atteint 9475 milliards, soit à peu près l’équivalent du PIB. Ils dénoncent l’idée « que l’argent existe comme un gâteau dont la seule question est de savoir comment le repartir entre les convives ».

Or, « aucune loi physique n’empêche un Etat, une Banque centrale ou de second rang, de créer toute la monnaie nécessaire ». Et en réalité, « la monnaie en circulation a été créée ex-nihilo par les banques commerciales, sous forme de crédits aux ménages, aux entreprises et aux Etats ». Les auteurs posent deux problèmes : le premier est que « ce sont les crédits qui permettent les dépôts, et non l’inverse » et le second le « droit exclusif » des banques commerciales à créer la monnaie.

Les auteurs expliquent que « la masse monétaire, constituée essentiellement par la monnaie scripturale, s’accroît donc lorsque les flux de remboursement sont inférieurs aux flux des crédits nouveaux » et soulignent que les intérêts imposent une croissance de la masse monétaire. Ils notent que la Banque centrale ne détient pas le privilège de la création monétaire. Son rôle consiste à règlementer le système et à être le prêteur de dernier ressort, comme nous le constatons depuis trois ans.

Comme dans leur dernier ouvrage, les auteurs ont recourt à des petites histoires, des analogies qui éclairent particulièrement bien leur propos. Ce faisant, ils ont fait de ce livre un essai accessible à tous et très pédagogique. Je reviendrai demain sur les conséquences de la privatisation de la création de la monnaie.

Source : « La dette publique, une affaire rentable », A-J Holbecq et P Derudder, Editions Yves Michel


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15 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 17 août 2011 10:32

    Contrairement aux hommes de bonne foi, c’est à dire la plupart des citoyens, les hommes politiques pensent que « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » en clair, toujours pour les hommes politiques, les imbéciles. 

    « il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres (…) d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit » à toute institution publique.

    Cela n’empêche pas la BCE d’acheter les bons nationaux émis par des pays en difficultés comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie pour des montants excédant largement sa capitalisation.

    Les critères de stabilité de Maestricht qui limitaient à 3% les déficits budgétaires et à 60% du PIB la dette nationale n’ont pas plus été respectée. Balladur, puis Chirac puis Sarkozy, qui a carrément doublé le déficit du budget, n’ont jamais respecté la signature de l’état français dans ce domaine.

    Par contre, il est remarquable qu’ils se soient précipités pour anéantir les services publics, nationaliser France Télécom, EDF et GDF et bien d’autres avec pour conséquence une augmentation substantielle et continue des tarifs afin de pouvoir rémunérer les actionnaires privés alors que les clients constatent une dégradation non moins continuelles de la qualité du service rendu.

    Leur servilité à l’égard de l’oligarchie financière les ont conduit également à étrangler la Sécurité Sociale en rendant obligatoire pour les grandes entreprises l’adhésion coûteuse aux mutuelles (entre 80 et 100 € par mois pour les salariés) puis à transférer une grande partie des charges financières (Lois Fillon).

    Cela prouve une fois de plus que les hommes politiques n’ont aucun respect pour les citoyens et la démocratie, que les traités internationaux ne sont contraignants parce que prévoyant des sanctions financières, que lorsqu’ils servent les intérêts de l’oligarchie financière comme ceux signés hors processus démocratique, à l’OMC par exemple.


    • rom92 rom92 17 août 2011 10:45

      Tu as un lien pour trouver cette « deuxième édition » ?


      • rom92 rom92 17 août 2011 15:17

        En fait, j’ai été voir à la FNAC, et c’était bien la 2e édition.


      • L’AMBASSADEUR75 17 août 2011 11:02

        Moi ce que je comprends, c’est d’un côté des sommes d’argent astronomiques et de l’autre, le chomage, les fins de mois difficiles voire impossibles, le surendettement, l’explosion des loyers, de l’alimentation, du gaz, de l’essence...
        alors je me dis qu’il y a un problème et... LA je comprends mieux !


        • ja.poirier 17 août 2011 11:30

          je l’ai acheté sur www.amazon.fr/


          • Robert GIL ROBERT GIL 17 août 2011 12:19

            Les acheteurs de dettes publiques font une bonne affaire car leur argent
            métamorphosé en bons du Trésor faciles à vendre, continue généralement à
            fonctionner entre leurs mains comme autant d’argent liquide. Pour les
            intermédiaires financiers entre le gouvernement et les capitalistes ces sommes
            sont un capital tombé du ciel. La dette publique alimente, les marchés
            financiers, la spéculation, et le système bancaire moderne.Voir :

            http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


            • Winston Smith 17 août 2011 12:27

              « Les acheteurs de dettes publiques font une bonne affaire car leur argent
              métamorphosé en bons du Trésor faciles à vendre, continue généralement à
              fonctionner entre leurs mains comme autant d’argent liquide.  »


              Nan. Vous parlez de l’assurance vie, qui est, comme vous le savez, bloqué pour 8 ans (?).
              Par ailleurs le taux est plus bas. Mais, normalement, c’est compensé par la sécurité... Normalement...


              «  Pour les
              intermédiaires financiers entre le gouvernement et les capitalistes ces sommes
              sont un capital tombé du ciel.  »

              Plutôt de la terre, si les 41 millions de français ayant une assurance vie sont en bas de l’Etat (en haut ?).



            • Winston Smith 17 août 2011 12:23

              « « Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin » : c’est par cette citation d’Henry Ford que commence cet essai court et percutant. »


              HEIL HITLER, FORD LE NAZI A PARLE !



              « Or, « aucune loi physique n’empêche un Etat, une Banque centrale ou de second rang, de créer toute la monnaie nécessaire ». Et en réalité, « la monnaie en circulation a été créée ex-nihilo par les banques commerciales, sous forme de crédits aux ménages, aux entreprises et aux Etats ». »

              C’est tout de même grave de tenir de tel propos, balayé par n’importe quel bouquin d’économie monétaire..

              Du reste, si tel était le cas, on ne voit pas 1)pourquoi les banque vont se faire chier en bourse, et 2)pourquoi il a fallut les aider.
              Mais bon les inférieurs font ce qu’ils peuvent. C’est méritoire. Si ca se trouve, ils arrivent même à sortir de chez eux sans oublier leur chaussures, c’est dire.


              • TOHT 17 août 2011 17:22

                @WS : vous savez moi l’économie pas trop mon fort, mais si cette idée peut faire en sorte que les banquiers, et traders arrétent de se gaver en bonus, prime tant mieux....y a pas un lien là


              • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 17 août 2011 14:43

                @ Daniel Roux


                C’est juste. La BCE contrevient à l’esprit des traités pour essayer de sauver (temporairement) l’euro...

                @ Rom92

                Je l’ai acheté à la FNAC.

                @ Winston Smith

                Désolé, mais c’est ce qu’on apprend dans les cours d’économie, de comptabilité ou que la grande majorité des économistes soutient (comme Maurice Allais, « prix Nobel d’économie »). Pierre-Noël Giraud, a fait un très bon livre sur la monnaie et la finance qui explique cela (et qui a reçu le prix Turgot du meilleur livre d’économie : 


                Sur les opinions politiques de Ford, il paraît, mais là, pour le coup, sa citation est très juste.

                • yvesduc 17 août 2011 20:21
                  J’ai lu ce livre ainsi que quelques autres sur le même sujet, et je trouve que les auteurs (Holbecq et Derudder) concluent un peu vite. Je leur suis par contre redevable d’aborder ce sujet de la création monétaire et de son rôle dans la dette. Si la thèse qu’ils sous-entendent est vraie, nous sommes dans un mensonge d’une portée inouïe.

                  L’idée selon laquelle on pourrait créer autant d’argent que l’on voudrait est donnée au détour d’une phrase, sans être étayée. Je ne crois pas aux miracles et j’aimerais un peu plus d’explications. Je ne suis pas économiste mais peut-être que la croissance actuelle (très élevée) de la masse monétaire ne pose pas de problème en raison de la façon dont elle est distribuée (à une poignée d’acteurs...).

                  Mais la principale question, pour revenir à la dette, est : la dette est-elle due à la création monétaire ? Autrement dit, est-elle « normale » ? C’est là que le raisonnement des deux auteurs est malheureusement incomplet, à mon avis, puisqu’ils omettent par exemple d’expliquer ce que devenaient les profits de la banque centrale, à l’époque où l’État empruntait auprès d’elle. Revenaient-ils à l’État ? Holbecq le suggère en rappelant que la Banque de France est propriété de l’État, mais ne le dit PAS clairement. Les intérêts peuvent aussi être détruits, ou recyclés en nouveaux prêts, ou que sais-je. Deuxièmement, les deux auteurs n’évoquent pas les mesures qui avaient été prévues au moment où la création monétaire a été privatisée, pour que les États restent à l’équilibre. Ceci, dans l’hypothèse (voir question précédente) où la privatisation de la création monétaire crée un manque à gagner pour l’État, en raison des intérêts qu’il ne touche plus, s’il les touchait (selon réponse à la question précédente, donc). J’espère ne pas être trop confus...

                  En soulignant que la dette actuelle de la France est à peu près égale aux intérêts versés au privé depuis la privatisation de la création monétaire, et que notre budget serait au contraire quasiment à l’équilibre si nous n’avions pas versé ces intérêts, Holbecq et Derudder suggèrent quelque chose mais ne l’étayent pas suffisamment, me semble-t-il. Il faudrait comparer précisément avec la situation antérieure.

                  Sur ce même thème, d’autres questions me viennent. Si tous les acteurs sont obligés de s’endetter en raison du mécanisme même de la création monétaire (= PAS de création monétaire ex nihilo ; création monétaire via les crédits uniquement), tous les acteurs devraient donc être dans la même situation d’endettement élevé que l’État (entreprises grandes et petites, particuliers pourquoi pas, etc.). Est-ce le cas ? On aborde plus rarement l’endettement privé...

                  Je suis assez frustré : malgré 4 livres sur le sujet (et des articles, etc.), le sujet me semble extrêmement difficile à pénétrer. Malgré les efforts méritoires de gens comme Holbecq. Toute suggestion de lecture sera la bienvenue...

                  • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 17 août 2011 22:04

                    @ Yvesduc


                    Plus qu’un mensonge, je crois surtout que le système monétaire actuel s’est créé petit à petit, par tâtonnements. Ce n’est pas une création ex nihilo. Les innovations sont venues des banques privées et l’Etat n’a que partiellement repris la main avec les banques centrales, mais pas totalement.

                    Après, on ne peut pas non plus créer autant de monnaie que l’on veut. Il y a un moment, une création monétaire excessive créé de l’inflation. Mais ce que nous découvrons depuis 20 ans, c’est que cette création monétaire excessive créé plutôt une inflation des actifs dans les pays développés du fait de la mondialisation commerciale qui pèse sur les prix des produits et sur les salaires... Du coup, en créant une inflation des actifs, et parce qu’elle aux mains des banques privées, elle profite de manière totalement disproportionnée à la finance.

                    A-J Holbecq a évoqué des possibilités de monétisation équivalentes à 2.5 ou 5% du PIB (50 ou 100 milliards tout de même), ce qui changerait radicalement la donne mais sans être excessivement inflationniste (si l’Etat contrôle la création monétaire par ailleurs).

                    En fait, les intérêts de la dette émise par la BCentrale reviennent à la BCentrale, dont l’actionnaire à 100% est l’Etat. Du coup, soit l’Etat paie des intérêts à la BC, qui lui sont rétrocédés comme actionnaire. Soit il n’en paie pas du tout... Mais dans tous les cas, pour la dette qui est avancée par la BC, c’est comme si l’Etat n’avait pas à payer d’intérêts (l’argent change juste de poches de l’Etat).

                    En 1973, le budget de l’Etat était positif, donc j’imagine qu’aucune mesure particulière n’a été prise.

                    En fait, ils avancent ces chiffres pour donner des ordres d’idée. Pratiquement, quand on examine les chiffres et les niveaux de monétisation qu’ils auraient impliqué année par année, on est sur des niveaux où, théoriquement, l’Etat aurait pu se contenter de monétisation pour se financer. Avant, nous avions beaucoup plus de croissance et un budget en excédent, donc la situation n’est malheureusement pas comparable.

                    Très juste sur l’endettement. Tous les études montrent que l’accroissement très rapide de la masse monétaire est allé de pair avec une très forte augmentation de l

                    • yvesduc 18 août 2011 21:15
                      Donc, il y a un *énorme* problème dans la mesure où l’État est passé, en 1973, d’une situation où il ne payait pas d’intérêts, à une situation où il en paie. Si aucune mesure n’est prise, son budget ne peut dès lors que s’éroder, et sombrer...

                      Le mensonge est évidemment d’imputer la dette à notre train de vie.

                      Un conférencier d’ATTAC, spécialisé sur cette question, dit la même chose que vous mais malheureusement, il n’est pas plus capable de citer ses sources sur les points précis soulevés par mon message précédent. C’est par le vide qu’il déduit qu’il n’y a pas eu de mesure. Donc je réitère, si vous avez des lectures à recommander...

                      Merci en tout cas pour votre réponse et votre article.

                    • Laurent Herblay Laurent Pinsolle 18 août 2011 22:02

                      @ Yvesduc


                      Attention, avant 1973, la France avait le choix et pouvait tout monétiser, monétiser en partie et emprunter sur les marchés ou seulement emprunter sur les marchés. En 1973, nous nous sommes interdits la monétisation mais cela ne signifie pas que nous monétisions à 100% avant. La monétisation était partielle (comme le font les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou le Japon).

                      Un livre : Pierre-Noël Giraud (libéral, plutôt à droite), le commerce des promesses.

                      Un super article sur la question sur le blog de Joël Halpern, professeur d’économie (plutôt à gauche) :



                      • yvesduc 20 août 2011 08:39
                        Tout à fait ; j’avais oublié de soulever ce point, non abordé par Holbecq ni les autres bouquins que j’ai lus (Plihon et Duboin). Cela étant, même si le passage de la monétisation à l’emprunt est progressif, il faut des mesures sans quoi le budget s’étouffera tôt ou tard.

                        Par ailleurs, il va de soi, mais ce que je vais dire est plus politisé, que nous sommes là dans des considérations purement techniques et que la fin de la monétisation ne doit pas aboutir à la fermeture d’hôpitaux, au dé-remboursement de médicaments, etc. Il s’agit d’une pure convention économique et tout changement doit donc être imperceptible pour la société...

                        L’article de Halpern me semble relativement ardu (pour le non initié) ; il faut du temps pour le lire. Cela dit il semble plus dans la proposition et dans la politique économique (comment éviter les bulles, etc.) que dans la stricte description du mécanisme de création monétaire actuel.

                        Merci pour ces références en tout cas.

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