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Accueil du site > Actualités > Economie > Concurrence inter-étatique et développement durable

Concurrence inter-étatique et développement durable

La fin des barrières douanières, des entraves à la circulation des capitaux, et le développement de moyens de transport rapides et bon marché conduisent à une dérégulation quasi complète et préjudiciable à un développement harmonieux.

Au fil des « rounds » (cycles) le GATT (General Agreement on Tariffs and Trades, devenu en 1994 l’Organisation mondiale du commerce) s’est étendu dans le monde, et les quelques pays qui n’en sont pas membres font aujourd’hui exception (Russie, Bielorussie...). Le cœur de l’OMC réside dans la désormais célèbre « clause de la nation la plus favorisée ». Cette clause consiste en un principe simple : si un Etat membre de l’OMC concède un droit de douane favorisé pour un de ses produits, alors ce pays doit accorder à tous les pays membres de l’OMC ce même avantage pour toute la catégorie de ce produit, sans discrimination possible (1). Chaque Etat se voit donc forcé d’appréhender sa politique douanière globalement (quasi mondialement), et non dans une optique de favoritisme, avec ce que cela impliquait d’intrigues politiques, de préférences politiques et ou idéologiques, ou de sanctions économiques en vue d’asphyxier un autre Etat membre de l’OMC. On s’approche d’une conception « hayekienne » de la régulation par le marché, ainsi que nous l’avons évoqué dans un précédent article (cf. Consommer juste ou juste consommer) ; et on ne peut que se réjouir de la fin supposée des discriminations envers les pays rivaux économiquement ou politiquement.

Deuxième instrument créé au sortir de la Seconde Guerre mondiale : la finance internationale telle qu’incarnée par le Fonds monétaire international et par la Banque mondiale. Il convient de rappeler que les prêts (qui sont plus rarement des dons) de ces organismes sont conditionnés par le respect de « critères de bonne gouvernance ». Certes, certains de ces critères sont ceux que l’on se doit d’attendre légitimement du bénéficiaire du fond débloqué : viabilité du projet, garanties de probité, respect des règles comptables, respect des standards notamment sanitaires et phytosanitaires, mais d’autres critères sont par contre clairement connotés idéologiquement : suppression des droits de douanes, privatisations notamment. (2) Le but est d’assurer une libre-circulation des capitaux et des biens, en vue d’établir un marché mondial.

Ajoutez à cela un progrès technologique qui a réduit drastiquement les frais de transport, l’effondrement du bloc communiste pourri par la corruption et l’obsolescence des outils économiques, la diffusion de l’anglais des affaires, les disparités de niveau de vie et de droit, et nous obtenons tous les éléments d’un Forum shopping qui dérégule complètement le marché.

Forum shopping, dépeçage juridique et dérégulation Le Forum shopping est la possibilité de choisir pour chaque cas le droit qui lui est le plus favorable. Par exemple, une monnaie forte telle que l’euro ou le dollar, tout en localisant sa production en Chine, en Thaïlande ou ailleurs, pour profiter d’une main-d’œuvre bon marché, sans droits sociaux, et où les obligations de sécurité sont moins nombreuses, quand elles existent, et donc moins coûteuses. En ce qui concerne certains Etats particulièrement complaisants, l’Armée et la Police sont même mises à la disposition des employeurs, par exemple pour évincer une grève qui virerait à s’insurrection. Ainsi, plus les conditions juridiques sont disparates, plus les agents économiques évoluant au niveau international sont favorisés. Comment est-ce légalement possible ? Impossible d’aborder le droit international privé simplement sans faire de raccourcis. Pour donner une vision pertinente, précisons que le(s) droit(s) applicable(s) varie/nt selon la matière traitée : le droit de la personne, le droit des sociétés dépendent de la nationalité ou du lieu d’établissement du siège social, le droit social dépend le plus souvent du lieu d’exécution de la prestation, etc.

Avant le Forum shopping, les Etats étaient en concurrence afin d’attirer des investissements, et devaient construire un ordre politico-juridico-socio-économique séduisant, mais ne devaient négliger aucun de ces aspects, car le choix de l’un ne pouvait être séparé des autres. Ainsi les Etats-Unis pouvaient arguer d’une monnaie forte, d’un grand marché intérieur, mais souffraient d’une main-d’œuvre coûteuse et d’une tendance procédurière. L’Allemagne avait pour elle l’excellence de son industrie, traînait une forte syndicalisation, mais une culture de la négociation collective sereine. La France faisait valoir l’efficacité de ses services publics, et sa productivité par heure travaillée remarquable, alors que ses points faibles étaient la menace permanente des grèves (et si on remonte un peu plus loin dans le temps, sa tendance à la révolution). Désormais, l’heure n’est plus dans un choix de société, mais dans un choix d’activité, pour lequel il faut offrir les meilleures conditions à l’investisseur pour s’attirer ses bonnes grâces, quitte pour cela à négliger l’intérêt général de son pays. Prenons, par exemple, le cas du tourisme sexuel : certains pays ne voient pas d’intérêt à prendre des mesures effectives contre l’exploitation sexuelle des mineurs tant qu’il y aura un marché pour cet avilissement. Il en est de même pour les conditions de travail ou le respect de l’environnement, qui seraient une charge que l’entreprise ne voudrait pas assumer.

Car l’investisseur est un free rider (cavalier seul), selon la définition même qu’en a donné Olson. Motivé par ses seuls intérêts comptables, il ne tâchera pas de combler les failles du système, mais les exploitera au possible sans tenir compte de l’intérêt général et va dépecer son activité en produisant ici, et vendant là, et en faisant transporter par un troisième (dépeçage : terme également employé en droit international privé lorsque différentes parties d’un contrat sont soumises à différents droits). On citera également à cet égard John Nash. Le père de la « théorie des jeux » a établi que dans nombre de situation de jeux, la poursuite de l’intérêt individuel menait à un ou plusieurs équilibres sous-optimaux (les équilibres de Nash).

Dépeçage et dérégulation Certes si l’investisseur joue cavalier seul, il n’y a pas de raison de lui en vouloir à proprement parler. La société capitaliste est à but lucratif, et c’est largement préférable à l’entreprise à fonds perdus. C’est d’ailleurs écrit dans la définition qu’en donne le Code civil « dans le but d’en partager les profits ». Le problème est que la compétition des Etats entre eux aboutit à une course en avant effrénée, à une surenchère qui les mène à ne considérer que les exigences des investisseurs, dont toute économie a besoin, cela va sans dire, au mépris, s’il le faut, de l’intérêt général. Ce sont également les Etats qui deviennent des free riders à cause de cette prime au plus offrant, au mépris de l’intérêt mondial. Ce qui se manifeste par un mépris pour l’environnement, pour les ressources naturelles, pour les Droits de l’homme. Cette situation a de facto conduit à un esclavage moderne dans des zones de non-droit spécialement aménagées comme en Chine, au Mexique, en Haïti (les zones franches). Le dépeçage qui permet la recherche du droit le moins contraignant en toute hypothèse a conduit à une dérégulation généralisée en ce qui concerne les sujets de droit circulant librement, à savoir les biens et les capitaux, mais eux seuls.

Afin de maintenir une attractivité suffisante (pourtant la France est le deuxième pays qui accueille le plus de capitaux étrangers derrière la Chine qui vient de lui chiper la première place), les Etats occidentaux dérégulent à tout va.

Devant la fuite de ses sociétés qui préféraient Londres ou Rotterdam, plus favorables juridiquement au niveau du droit des sociétés, la France établit la très souple SAS (Société par actions simplifiée). La libre-circulation des travailleurs en Europe devait s’aligner via la directive Bolkestein sur régimes de droit social les plus a minima d’Europe : ceux des nouveaux pays membres issus du bloc de l’ex URSS. Le contrat première embauche et son frère jumeau le contrat nouvelle embauche devaient permettre que des compagnies étrangères viennent chercher en France de l’emploi hyper flexible et précaire pour travailler dans leur pays grâce à une directive sur les services qui viendrait consacrer un état de fait : l’inefficacité pour les travailleurs transfrontaliers des régimes protecteurs.

La place légitime de la compétition inter-étatique Pourtant la compétition entre les Etats pourrait et devrait être riche et féconde. Ce pourrait être cette compétition qui fasse rivaliser leurs recherches scientifiques, leur savoir-faire, leur art, leur éducation, leurs équipements urbains, leurs industries, leurs agricultures, leur créativité, le bien-être de leurs populations, bref leur génie. Et cette compétition serait l’indispensable épée de Damoclès au-dessus de la tête des gouvernements pour que chaque acte de complaisance, pour que chaque négligence se voit répercutée immédiatement sur la compétitivité du pays, et qu’ainsi les citoyens soient toujours exigeants envers eux et soient des facteurs actifs de leur démocratie.

Pour cela, il faudrait que cette compétition se fasse sur un terrain choisi par les citoyens via leurs Etats, et que certaines surenchères soient délibérément bannies. Il y aurait un moyen : celui de la convention internationale réciproque, universelle et effectivement respectée. Mais c’est justement cette logique du Free Rider qui y fait obstacle, comme dans le dilemme du prisonnier (3) où chacun trahit de peur d’être trahi, au préjudice des deux acteurs. Et c’est pourquoi il n’y a rien à attendre de décisif des gouvernements en matière de développement durable par autolimitation. Pourtant, une autorité extérieure va nécessairement devoir intervenir pour garantir un autre équilibre qui, s’il n’est pas optimal, sera au moins durable. Ce rôle, c’est le consommateur et nul autre qui le joue dans l’économie de marché. Nous verrons dans un prochain article comment il va se réapproprier sa position.

1 Une exception est reconnue pour les accords régionaux tels l’ALENA (Accord de libre échange nord-américain), ou l’UE (Union européenne), mais depuis le Traité de Maastricht de 1992, l’UE a abandonné la « préférence communautaire » qui permettait aux Etats de l’UE de se concéder des préférences douanières sans devoir en faire profiter tous ses partenaires. L’UE se retrouve donc sans barrière douanière pour endiguer les importations de l’étranger, et chacun de ses Etats membres se voit mis en concurrence directe avec des pays de développement économique et de choix de société différents, quand les autres zones économiques se protègent de l’extérieur. Les pays de l’UE sont donc particulièrement vulnérables en cas de dérégulation du marché mondial.

2 Il n’est bien sûr pas question de faire l’apologie du centralisme économique et de la planification étatique, qui mènent trop souvent loin de la concurrence à des monopoles exploitant le consommateur, en lui fournissant des biens à prix élevés, et de qualité moindre qu’en situation concurrentielle. Il s’agit par contre de rappeler que ces organes ne doivent pas être des outils de promotion idéologique, et que la souveraineté des Etats doit être respectée tant que le bien-être du citoyen est amélioré (c’est après tout l’alibi évoqué par ces fonds).

3 Le dilemme du prisonnier est une illustration type de la théorie des jeux de John Nash. A la suite d’investigations, on parvient à arrêter deux brigands que l’on suppose sur le point de braquer une banque. Pour obtenir des aveux, on les sépare puis il leur est proposé le marché suivant : chacun peut dénoncer ou ne pas dénoncer l’autre. Si aucun des deux ne dénonce, il écopent d’un an de prison chacun. Si les deux dénoncent l’autre, ils ont 7 ans de prison chacun. Si l’un dénonce et pas l’autre, celui qui a dénoncé est libéré, et l’autre prend 10 ans de prison. Le paradoxe est que chacun a intérêt personnellement à dénoncer. En effet, supposons que le brigand A ne dénonce pas, il a une chance sur deux d’être dénoncé, et une sur deux de ne pas l’être, donc en moyenne 1/2 + 10/2 = 11/2 = 5,5 ans. Par contre si A dénonce, il a une chance sur deux d’être dénoncé et une chance sur deux de ne pas l’être, donc en moyenne 0 + 7/2 = 3,5 ans. A va donc dénoncer B, d’autant plus qu’il est persuadé que celui-ci ayant plus d’intérêt à dénoncer qu’à ne pas le faire, il va le dénoncer, donc autant se couvrir. Et ainsi les deux joueurs passent à côté de l’équilibre optimal : le silence réciproque qui ne leur vaudrait qu’un an de prison. Le plus amusant dans le dilemme du prisonnier est que les expériences ont prouvé que même si on laisse les prisonniers se mettre d’accord avant de les séparer, ils finissent quand même par se trahir par manque de confiance (ou par opportunisme finalement malheureux).


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23 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 14 juin 2006 12:22

    Rien dans cet article n’est nouveau, mais ça fait toujours du bien à rappeler, et c’est bien écrit et présenté. Donc estime.


    • Adolphos (---.---.59.170) 14 juin 2006 12:26

      « Ce pourrait être cette compétition qui fasse rivaliser leurs recherches scientifiques, leur savoir-faire, leur art, leur éducation, leurs équipements urbains, leurs industries, leurs agricultures, leur créativité, le bien-être de leurs populations, bref leur génie. »

      De quoi tu parles ?????????????????????????????????

      Par ailleur, la chine va devenir une super puissance scientifique avant peu, et exporter massivement sa culture. Tout les ringuards qui ne parle qu’anglais vont soufrir, et là ou on colle de l’anglais en France pour impressioner le prolo, on mettra du chinois.


      • Johan Johan 14 juin 2006 15:42

        A Adolphos,

        qu entends je par cette competition entre Etats qui pourrait etre feconde ? Il me semble bien que tu onnis comme moi le modele communiste qui a en realite consiste en une administration noyautant toute la societe, au detriment des libertes de sa population, d inegalites flagrantes, de repression de l entrepreneur et de recompense de l homme de cour. Il a bien fallu que ce modele s effondre sous son propre poids. Or sans contre modele en concurrence (qui a ete la societe de classe moyenne americaine en l occurence) sur des tableaux aussi diverses que l economie, l armement, le sport, l art et la culture, l education des masses (a mon avis le seul point sur lequel le bloc communiste a ete superieur au bloc US), les services au public,... l evaluation de son choix de societe est impossible.

        D ailleurs a defaut de droit de vote, les Allemands de l Est « votaient avec leurs pieds » c est a dire qu ils se barraient vers des cieux plus clements.

        Un peu comme le font les forces vives d Europe de l Est, et de plus en plus de « cerveaux » francais, face a deux modeles certes differents mais n etant ni l un ni l autre rassurants quand a l avenir des citoyens (c est pour rappeller que le capitalisme sauvage n a pas ameliore les sorts de polonais qui ont elu des neo communistes encore pires que les anciens).


      • Adolphos (---.---.59.170) 14 juin 2006 16:19

        « l education des masses (a mon avis le seul point sur lequel le bloc communiste a ete superieur au bloc US), »

        Diplome universitaire pour 70% d’une classe d’age d’aprés Stiglitz.

        Bon, tu es pour la confrontation des civilisations ?

        En fait, tu à raté une étape, car il y a eut aussi concurence entre capitalismes. Il y a un livre tres drole la dessus, écris par un français, évidement, qui explique que les USA sont finis (Début 1990..). On connait la suite.

        donc le modéle, c’est réglé.

        Reste aprés la gestion, et ca, ce n’est pas réglé, la concurence sera permanenete pour adapter l’Etat à l’économie . Bien sur, nous, nous sommes trés en retard. Alors délirer (mais tu ne le fait donc pas) sur la culture au lieu de parler pognon, ca fait peur : encore une astuce pour retarder des réformes indispensables et douloureuses.

        Sinon oui, la compétition est toujours féconde, et la mondialisation une chance extraordinaire pour la France. C’est bien pour cela qu’il est raggeant de voir le monde bouger et la france rester à l’ere Brejnevienne.

        « D ailleurs a defaut de droit de vote, les Allemands de l Est »votaient avec leurs pieds« c est a dire qu ils se barraient vers des cieux plus clements. »

        Comme les français riches/diplomés.

        « (c est pour rappeller que le capitalisme sauvage n a pas ameliore les sorts de polonais »

        Heu si, tout de même, maintenant ils mangent à leur faim.


      • Johan Johan 14 juin 2006 19:15

        A Adolphos,

        Dis moi, les 70% c est le nombre de diplomes en ex URSS ou aux States (aucune ironie, j ai simplement pas de chiffre) ?

        Je suis pour la concurrence des choix de societe, certes car elle est creative et permet de s inspirer du meilleur des uns et des autres, mais pas sans choisir le terrain de cette concurrence y compris entre societes capitalistes. Si on decide que c est l economie qui doit prevaloir, ok, mais si et seulement si on se met d accord sur les modalites pour que l homme ne soit pas noye dans les chiffres et qu il reste l objectif final du modele. N oublions pas que « les distinctions sociales ne peuvent exister que tant qu elles servent l interet general » (DDHC 1789) Et puis le Capitalisme n est ideologiquement rien sans la meritocratie qu il sous tend et qui justifie la concurrence.

        L economie s est perfectionnee au point qu on a des outils de production surpuissants, mais qu ils ne sont pas sans effet secondaires. Comme apres l invention de la bombe atomique, il va falloir reguler tout ca pour pas se retrouver tous le bec dans l eau.


      • Adolphos (---.---.59.170) 14 juin 2006 19:26

        « Dis moi, les 70% c est le nombre de diplomes en ex URSS ou aux States (aucune ironie, j ai simplement pas de chiffre) ? »

        Us, d’aprés Stiglitz (mais livre de l’époque clinton). Deux remarque : Il y a Université et Université, et, Productivité de l’américain par heure trés importante malgrés un quasi plein emploi.

        « Si on decide que c est l economie qui doit prevaloir, ok, mais si et seulement si on se met d accord sur les modalites pour que l homme ne soit pas noye dans les chiffres et qu il reste l objectif final du modele. »

        Le modéle, c’est la liberté et le contrat.

        « Et puis le Capitalisme n est ideologiquement rien sans la meritocratie qu il sous tend et qui justifie la concurrence. »

        Absolument. Mais c’est bien parce qu’ils savent bien qu’ils ne sont que des parasites ayant obtenu des avantage uniquement par des magouilles politiques, des hold up démocratique et des bracages populistes que certains sont à fond contre la mondialisation.


      • éric (---.---.104.254) 15 juin 2006 09:32

        Non m’économie n’est qu’un outil au service de l’Humanité. Malheureusement à l’heure actuelle c’est l’Homme qui est au service de l’économie. Mais comme l’économie n’est pas un être, l’Humanité est au service de ceux qui peuvent orienter les choix économiques. Dans une économie ouverte sur le monde et ou les capitaux circulent librement. Ce sont les détenteurs de capitaux qui orientent l’économie en façonnant les règles du commerce international. Les politiques nationales n’ont que très peu d’impact sur ces systèmes. Le monde c’est globalisé économiquement, mais pas politiquement pour la prise de décision de façon démocratique.

        C’est là tout le problème.


      • Johan Johan 15 juin 2006 11:56

        Les Americains ont au contraire une productivite horaire faible : leur PIB par habitant est du au cumul des emplois et au temps de travail beaucoup plus long qu en Europe.

        La plus gande productivite par heure travaillee c est les Belges, suivis de Francais ! Surprise ! (moi non plus j’aurais pas dit...)

        Et puis le modele universitaire US produit des genies car il laisse aux chercheurs la marge de poursuivre leurs chimeres, et leur collegues ne tombent pas sur toute innovation a bras raccourcis comme en France).

        Par contre l education de base est mediocre : un de mes amis etudiant inge est en stage en Floride, son bosse ne juge que par les inge francais et il a boucle en 4 jours le boulot de 3 semaines. C est pas pour rien qu ils importent des cerveaux (sans vouloir dire que l Universite francaise n a pas besoin d etre depoussieree).

        A l’inverse je suis en coloc avec pas mal de gens des pays de l Est (la je suis en stage a Londres). Ils sont serveurs pour gagner leur croute mais

        1 Ils sont cultives et brillants. L Universite assure chez eux pour le savoir.

        2 Personne en France ne sait faire une soudure comme un Ukrainien. On a l air de clowns en face de leur savoir faire.

        3 Ils ont l esprit d entreprise (enfin pas ceux qui ont ete broyes par la machine communiste mais les jeunes)


      • Johan Johan 15 juin 2006 12:00

        A Eric,

        Tout a fait. Reste a trouver des contre poids efficaces maintenant. Et ca ne viendra pas d en haut mais d en bas.


      • Aldoo (---.---.43.7) 14 juin 2006 13:55

        D’accord sur le constat. De plus l’exposé est détaillé est clair, ce qui devrait rallier beaucoup de monde à cette opinion.

        Maintenant, j’attends avec impatience votre prochain article où vous expliquerez comment on sortira de ce cercle vicieux !

        Vous parlez de l’attitude du consommateur. Mais n’est-il pas, lui aussi, un free rider, sur lequel on ne peut globalement pas compter ?


        • Stephane Klein (---.---.101.8) 14 juin 2006 13:59

          Non, rien n’est nouveau et pas mal de choses oubliees :

          Le protocole de Kyoto par exemple, destine a lutter contre les effets de serre n’a-t-il pas, au travers de ses outils liberaux tels que certificats d’emission, certificats blanc et certificat verts pour but d’imposer une plus grand respect de normes environnementales, tout ceci decide dans une environnement liberalise ?

          L’ouverture des frontieres mondiales, l’elargissement de l’Europe, la directive Bolkenstein devaient creer une hemorragie d’emploi, qu’en est-il ?

          Les pays aux salaires plus eleves tels que Allemagne et UK n’aurient-ils pas du etre sinistre ? Il n’en a rien ete et il n’en sera rien, simplement parce que si des emplois a faible valeur ajoutee ont ete crees, d’autres a plus forte valeur ajoutee et peu delocalisables ont ete crees.

          Donc si nous avons quelque chose a craindre vis-a-vis de cette mondialisation, c’est plutot notre incapacite a nous reformer, notre manque de creativite et de souplesse que la mondialisation elle-meme qui s’applique - une fois encore - a d’autres pays qui ne semblent pas en souffrir.


          • Aldoo (---.---.43.7) 14 juin 2006 14:11

            Si tous les désastres que vous annoncés ne se sont pas produit, c’est parce que certaines barrières existent encore. Barrières de langue, barrières géographiques, barrières culturelles, résidus de protectionnisme, et que sais-je.

            L’auteur ne dit pas non plus que tout va mal. Juste que la dynamique mondiale actuelle est poussée par une idéologie menant aux excès dénoncés... qui heureusement ne sont pas (encore) systématiques.


          • Johan Johan 14 juin 2006 16:11

            A S Klein,

            en ce qui concerne le protocole de Kyoto, c est bien evidemment une avancee qui concerne un enjeu majeur de l ecologie moderne a savoir le rechauffement planetaire. Avant tout je suis ravi de ne pas avoir a faire a un commentaire negationniste du phenomene, ils pullulent malgre les photo satellites de la calotte chaque annee retrecie. Kyoto, c est une convention internationale c est a dire un traite qui n engage que ceux qui l ont signe (Pacta sunt servanda : on est tenu par ce a quoi on s est oblige, et seulement a ca). Or vous conviendrez sans doute que puisque cette convention n a pas ete signee par les USA ni par la Chine, ni par beaucoup d autres qui ne desiraient pas entraver la competitivite de leur droit national dans la course aux capitaux, son influance ne saurait qu etre limitee.

            Une convention internationale, si elle est ratifiee par les plus influants acteurs au monde, devient a terme une coutume internationale. D ailleurs les grandes puissances peuvent conditionner des relations commerciales a l adhesion de leurs partenaires a ces intruments.

            Pas sans les USA, pas sans la Chine.

            En ce qui concerne le modele Allemand, il est en pleine crise : economique et sociale (finie la negociation raisonnee entre partenaires). Et pas seulement a cause de la reunification. Je vous laisse vous documenter d avantage.

            En ce qui concerne l UK, c est le modele americain qui a ete adopte. Avec des specificites remarquables qui demontrent le genie pragmatiques de l UK. Je vais soumettre un article sur le sujet qui n aura malheureusement rien de rassurant pour l UK.


          • Adolphos (---.---.59.170) 14 juin 2006 18:12

            Les USA, grace à leur foret, ne poluent pas la planete. Par contre la chine, ca oui.

            Bien sur, signer ce protocole c’est juste du cirque médiatique, personne ne le respect. mais les gauchistes y tenaient tellement !


          • romG romG 14 juin 2006 22:31

            Stéphane,

            Je t’invite à te rendre sur le site du WWF, à voir ce qu’est l’empreinte écologique et à te rendre compte que les américains battent des records en la matière. Et toutes les forêts du monde n’y pourront pas grand’chose.

            Cordialement.


          • Daniel Milan (---.---.162.108) 14 juin 2006 18:26

            USA et CHINE, polluent et empoisonnent la terre, chacun à leur façon. Mais les capitalistes y trouvent leur compte !


            • Adolphos (---.---.59.170) 14 juin 2006 18:28

              Donc toi aussi..


            • Stephane Klein (---.---.101.8) 15 juin 2006 13:15

              Ouaip, Adolphos, faudrait pas sortir d’enormites non plus.

              @Johan et romG : il se s’agirait pas de deformer mon propos : les pays qui ont mis en place Kyoto sont-ils plutot liberaux oui ou non ? Les outils mis en place sont-ils liberaux oui ou non ?

              Il convient donc de temperer les raccourcis, d’autant plus que le gouvernment federal US est certes vendu au lobby militaro-petrolier mais il n’est demeure pas moins que plusieurs etats tantot democrates tantot republicains sont a la pointe de la promotion des EnR pour ne parler que d’elles (Californie, New-Jersey....).

              Je vous concede que c’est encore trop peu mais on ne peut raccourcir tous les US a ’pollueurs’.

              Quant a la Chine, elle s’est engagee dans la maitrise tous azimuts de la pollution, des evenements comme la fuite de benzene de novembre dernier ont eu un effet enorme sur les consciences. Gerer la croissance sans l’asphyxier et assainir le territoire chinois est aussurement un defi que peu de dirigeants sont capables de relever, laissons-leur le benefice du doute. Rappelon que nous avons eu en Europe deux siecles pour effectuer cette transition. Je vous concede la aussi qu’il y a urgence (d’ailleurs il y a urgence a l’echelle de la planete) et que nous devons tout faire pour amener la Chine, les USA et l’Inde a la table de Kyoto.

              Sur les arguments economiques du post, je le repete : les salaires sont en moyenne plus eleves en Allemagne et au UK, c’est un fait, produisez autant d’etude que vous voulez, il y a quelques centaines de milliers de francais qui y vont travailler pour cette raison. Ces pays sont donc bien plus exposes a la delocalisation pour raison d’economie de salaire que nous, pourtant on y observe au pire une stabilisation du chomage (Allemagne) au mieux un taux de chomage relativement bas (UK, Suisse, Pays-Bas) alors ou est la deferlante venue de l’Est qu’on nous promettait avant le referendum sur la constitution, ou est l’hemorragie annoncee meme en France ou selon l’UNEDIC 93 000 emplois de plus ont ete cree en 6 mois ?

              J’aimerais entendre les Cassandre de l’epoque...

              Par ailleurs, certaines these de l’article frisent le ridicule :

              « Devant la fuite de ses sociétés qui préféraient Londres ou Rotterdam, plus favorables juridiquement au niveau du droit des sociétés, la France établit la très souple SAS (Société par actions simplifiée). » La SAS creee pour empecher la fuite de entrepreneurs ? Grande nouvelle, il faut bien constater que ca n’a pas marche, meme si toute simplification du monde l’entreprise est bienvenue... voila une these pour le moins incongrue.

              « Le contrat première embauche et ... des régimes protecteurs. » La France , nouveau paradis des employeurs ? Je suggere a l’auteur de creer sa boite et venir faire le bilan apres, on verra alors quelle est la part de son temps perdu en paperasserie administrative inutile.

              Faut-il preciser que tout temps perdu administrativement n’est pas utilise a developper le bizness, renforcer sa boite, la faire progresser pour au final, embaucher ?


              • Johan Johan 15 juin 2006 14:47

                Je ne deforme pas vos propos et tres loin de moi l’idee de lancer une chasse aux sorcieres a l’encontre des gouvernements (« plutot liberaux ») ni de la teneur du protocole de Kyoto (dont je me garde bien de juger le contenu car je manque d’expertise). Je ne veux que rappeler que la voie de la regulation via des conventions internationale manque de fiabilite.

                Merci pour l’info en ce qui concerne les Etats federes des US, ca va dans le sens de la sensibilisation. Mais tant qu il n’y a pas d’obligation nationale et legale, on risque voir se multiplier les initiatives isolees sans impact significatif.

                En ce qui concerne l’UK, au risque de me repeter, je vous donnerais mon analyse dans un article a venir.

                Au sujet du CPE CNE et de la SAS, et je m’exprime en tant que juriste bac+5 en Droit des affaires (ridicule mais pas incompetent), je vous confirme les cibles visees par le gouvernement a savoir freiner les departs de domiciliation des societes et creer un marche de l emploi seduisant pour les entreprises.

                Je ne me fais pas du tout l’avocat de ces mesures qui ne sont ni assez radicalement liberales pour etre attractives au vu de la concurrence (et des autres entraves a l’innovation et a l’entreprise dans notre pays), ni assez socialement justes pour esperer un gain electoral, et qui en plus pour le CNE sont couteuses et inefficaces.

                http://www.metrofrance.com/site/home.php?sec=contenu&Idarbo=21&Idarbo1=6&content=1&id=59730&resec=&vi=0&PHPSESSID=caac2ab5470c373b2bb820dc50cf179f


              • Zenest (---.---.86.1) 15 juin 2006 15:27

                Je vous rejoins tout à fait dans vos propos.
                La « main invisible » de Smith (qui régule tous les excès de la production) ne peut exister que dans un marché de concurrence pure et parfaite, ce qui implique une information transparente (hmmm, mal parti avec toutes ces magouilles) et interdit l’intervention des puissances étatiques (ce qui n’est pas près d’arriver, même chez les libéraux américains). Conditions bien entendu irréalistes.

                Une question reste cependant, que l’évoquation du protocole de Kyoto me rappelle douloureusement : aurons-nous le temps de « développer le développement durable », et ce, malgré la croissance ? Combien de temps nous reste-t-il ?
                En effet, sans développement durable, là où il y a production, il y a pollution. Et polluer, même peu, c’est détruire, même peu. Quand on se félicite d’avoir 3% de croissance par an, moi je serre les dents. Parce que ça veut tout simplement dire que dans 30 ans on polluera 2,5 fois plus, dans 50 ans 4,4 fois, et dans 100 ans 20 fois plus qu’aujourd’hui. Dans 100 ans, à 3% par an, on aura bouffé la planète. 100 ans c’est court. Et 3% de croissance, c’est très peu. Quand on voit les chiffres de la croissance chinoise, il y a de quoi frémir.

                Croissance de la consommation / pollution, croissance de la population. Ricardo, et Malthus avant lui voyaient déjà venir le problème, mais peut être pas avec l’acuité d’aujourd’hui quand on observe la calotte se réduire comme peau de chagrin, et que les ressources comme l’eau potable deviennent un enjeu majeur des prochaines décénnies.

                Notre humanité expansionniste ne devrait-elle pas plutôt s’essayer à le recherche de l’équilibre ? Utopie que la mienne, je serai misanthrope...


                • gem (---.---.117.249) 15 juin 2006 18:30

                  Peut-être que la « main invisible » n’est pas toujours très efficace. Mais la « main visible » (qui régule tout les excès du marché) peut encore moins exister ! Non seulement elle a besoin, comme la main invisible, d’une information transparente (et instantanée), mais en plus elle a besoin d’un executant parfaitement desinterressé. Inhumain, quoi. Condition encore plus irréaliste. Le libéralisme est à l’économie ce que la démocratie est à la politique : « le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres »

                  Mais vous avez raison, un jour très proche nous allons percuter le mur de la finitude de la planète. Main invisible ou pas... Et Keynes avait tord : à long terme, nous ne seront PAS morts, donc nous allons pouvoir assister à ça en direct, au première loge, et même sur la scène...


                • Stephane Klein (---.---.101.8) 19 juin 2006 12:55

                  « Je ne me fais pas du tout l’avocat de ces mesures qui ne sont ni assez radicalement liberales pour etre attractives au vu de la concurrence »

                  On est d’accord alors...


                  • zen (---.---.230.222) 19 juin 2006 13:03

                    Si je me permets :« Et Keynes avait tord : à long terme, nous ne seront PAS morts, » ..l’idée vient de Keynes, si je ne m’abuse.

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