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Accueil du site > Actualités > Economie > Contre les banques, le volet économique et social du développement durable (...)

Contre les banques, le volet économique et social du développement durable ?

Les banques vont devoir abandonner leurs bonus pour toucher notre argent (celui de l’Etat). La partie économique et sociale du "développement durable", dont se parent toutes ces institutions, ne peut-elle pas nous aider à les prendre à revers juridiquement ?

420px-Schéma_du_développement_durable.svg.pngC’est un post de J’épargne Utile qui m’a alerté sur un lien peu évident entre rémunérations des grands (gros et gras) patrons de banque et développement durable. Revenant sur la suppression des rémunérations et bonus que ces derniers devront appliquer s’ils veulent toucher les subsides de l’Etat, le blog rappelle que :

"les principes du développement durable auxquels consentent la plupart des banques françaises comportent aussi une part de responsabilité et de transparence en termes de rémunérations des dirigeants"

Mais c’est bien sûr ! Peut-être qu’il y a même là une faille énorme en terme de droit. Reprenons depuis le début pour exposer mon raisonnement et récolter vos avis sur ce point précis, parce que pour une fois que les consommateurs pourraient prendre à revers leurs "chères" banques, on ne va pas se priver.

Il faut d’abord revenir aux sources du "développement durable", une expression, qui malgré sa sur-utilisation, comporte des éléments assez précis, et je ne parle pas cette fois-ci d’écologie. Le rapport Brundtland, qui a véritablement accouché de l’expression, avait une vue globale du développement, qui passait aussi par les sphères sociales et économiques. On se rapproche encore un peu plus de notre but en reprenant ce mini-résumé de Wikipédia :

"Le développement durable s’est construit comme une réponse des institutions et des entreprises aux préoccupations de la société civile et de certaines ONG, relatives aux impacts environnementaux et sociaux de l’activité des principaux agents économiques sur leurs parties prenantes".

C’est évidemment la partie "sociale" qui me semble intéressante de retenir ici, en oubliant le temps de ce post le vernis écolo qui recouvre l’expression. Car concrètement, le DD appliqué aux entreprises, dont les banques, ça s’appelle la RSE : responsabilité sociale des entreprise, un concept qu’elles ont toutes endossé très rapidement pour rester à la mode, mais sans prendre conscience de ce que cela recouvrait. Voici ce qu’on retrouve dans cette appellation :

"La responsabilité sociétale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes [dont nous, clients] sur une base volontaire En effet, à côté des obligations réglementaires et législatives, existe tout un champ d’actions possibles sur la base du volontariat et qui peuvent s’appuyer notamment sur des normes : à citer cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) qui incite les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d’informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités."

Je lisais hier un article sur la Toile sur les "class actions" américaines, ces procès riche-a-la-super_20.jpgcollectifs, généralement initiés par des usagers lésés ou en colère, et qui ont pu déboucher sur des amendes et corrections records pour les institutions incriminées. Ma question est donc la suivante : toutes ces "chartes du développement durable" (BNP), d’"engagement citoyen" (LCL), de "déontologie" (SG), ne peuvent-elles pas être engageantes juridiquement, au sens où un manquement sur ces thèmes pourrait faire l’objet de procédures ? Loin de vouloir voir la France théâtre de procès aussi ridicules qu’aux Etats-Unis (le cas du "pantalon perdu" à 52 millions de dollars reste un modèle d’abus du droit).

Un bon procès de la part d’employés ou de clients/usagers ne remettraient pas dans le droit chemin les banques, qui jusqu’ici, ont presque toutes failli aux sirènes des subprimes, se sont donc plus ou moins cassées la figure, pour venir ensuite quémander notre argent, celui de l’Etat, et en plus conserver leurs plus grosses tares ? Où sont les prêts pour les PME ? pour les achats immobiliers ? Pourquoi doit-on subir chaque semaine dans le Canard Enchaîné les affres des banquiers, entre leurs bonus dégoutants, leurs séminaires sous les cocotiers, pendant que nous payons sans rien dire ni pouvoir faire quoi que ce soit ?

Ce serait une bonne application du développement durable, qui, j’en suis sûr, ne tarderait pas à porter ses fruits en terme de changements de comportements...

Luc, Consommaction

 

 


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14 réactions à cet article    


  • JL JL 21 janvier 2009 11:24

    Bravo pour cet article de bon sens.

    Et je trouve le petit dessin très pertinent. Il donne à réfléchir.

    Pour ce qui concerne les bonus des banquiers : Caroline Clément disait ce matin sur France Culture que le système qui conduit à attribuer des bonus même quand la banque fait faillite est la preuve que ce système est complètement fou.

    Et tous les beaux discours n’y changeront rien : les banquiers disposent du privilège d’être au coeur d’un vaste mécanisme de redistribution à l’envers : charité bien ordonnée commence dit-on, par soi-même. Pourquoi s’en priveraient-ils ?


    • foufouille foufouille 21 janvier 2009 12:26

      faut pas rever
      trop de gens ont voter naboleon


      • miwari miwari 21 janvier 2009 21:19

        j’aime bien lire vos commentaires, courts, râleurs (au bon sens du terme) avec lesquels je suis en phase pour la plupart (pas tous, faut pas exagérer smiley )


      • alberto alberto 21 janvier 2009 14:09

        Très bien ton article l’ami et ça devrait être un code de conduite du citoyen lambda avant de confier son compte (et surtout ses petites économies) à un banquier de lui proposer le petit questionnaire suivant :

        Utilisez-vous mon argent pour accompagner le développement d’entreprises délocalisant leurs activités à l’étranger ?
        Utilisez-vous mon argent pour le prêter à des entreprises indifférentes à la pollution produite par leurs activités ?
        Utilisez-vous mon argent pour soutenir des entreprises ignorantes du sort de ses employés ?
        Utilisez-vous mon argent pour investir dans des produits financiers sur lesquels vous n’avez pas de visibilité ?
        ETC...

        C’est sûr qu’aujourd’hui il y aurait peu de lauréats, mais qui sait, si avec le temps...et beaucoup de questionnaires de ce genre...

        P.S. : c’est ce que j’ai déjà pratiqué à plusieurs reprises et j’en connais qui courent encore !

        Bien à vous.


        • lucdelporte lucdelporte 22 janvier 2009 13:21

          dites-donc, vous tenez le concept d’une nouvelle banque, vous ! Je veux bien être parmi vos premiers clients :)


        • alberto alberto 25 janvier 2009 15:34

          Cette banque est en gestation depuis quelques année : BEE, (Banque Ethique Européenne).
          Mais le bébé semble avoir du retard à l’accouchement : pourquoi ? Va savoir...
          Gardons espoir, ça finira bien par arriver !

          Bien à toi.


        • alberto alberto 21 janvier 2009 14:13

          Désolé pour le doublon :aurais-je mon clavier qui bégaie ?


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 21 janvier 2009 14:52

          Bonjour,

          Ce sont ces mêmes banques qui ont fait un croche pied à Tucker, en 1954, inventeur pourtant de la ceinture de sécurité, et que vingt ans de retard ont permis le développement de la médecine sur le dos de cobayes automobilistes...Mais aussi, qui ont pillé Gemplushttp://www.transfert.net/Affaire-Gemplus-un-pillage ) et qui veulent venir à bout de Unirosshttp://eco.rue89.com/2008/11/20/uniross-une-pme-torpillee-par-ses-banquiers ) , tous deux leaders mondiaux dans les technologies de pointe au secours du nouveau millénaire.

          En France, il n’y a qu’un domaine de pointe dans lequel nous sommes les champions du " durable " : Nos déchets !

          Tout le reste n’est que de voeux pieux !


          • Romain Desbois 21 janvier 2009 17:10

            bon maintenant il serait temps d’agir non ? Ca y est vous avez compris que les banquiers sont des pourris ?

            Ca fait 20 ans qu’il existe une coopérative financière La NEF.

            Allez y vous faire votre propre opinion. Et au passage demandez à votre banque de vous dire à qui elle prête son argent, votre argent. Attendez vous à ce qu’on rit au nez. A LANEF, c’est public. ils vous envoient même tous les ans le cataloque des prêts consentis.

            Si vous trouvez mieux je suis preneur smiley


            • ddacoudre ddacoudre 21 janvier 2009 19:13

              bonjour lucdelporte

              Plein de bonnes intentions ton article. je crois que si les "entreprises" (pour ne pas dire les hommes qui les dirigent) avaient un tant soi peu de considération pour leurs clients, leurs salariés, l’environement, crois-tu qu’il y aurai eu cette crise et tant de sang sur la route du socialisme.

              Croire qu’aux bonnes intentions est un leurre dont notre président est passé maitre dans cet art, faire des interdits en ne plus en finir n’est qu’un moyen de confier à d’autres ce que chacun pourrai faire en instaurant un dialogue sur la base d’un rapport de force du monde civil face aux puissances financières et autres qui par des théories mathématisés devenues inaxcéssibles à la perception, et parfois à la compréhension humaine rend les hommes qui les appliquent humainement obsolettes voire "humainement dégénérés".

              Avec ton raisonnement les Inuites devraient demander la condemnation du monde occidental qui polluent les océans et qui leur fait développer des cancers par l’accumulation des pollutions dans la chair des phoques et poissons dont ils se nourrissent. Qui on condamne les président , les enteprises, les citoyens ?

              la judiciarisation de la société ne peut pas être une réponse aux maux dont l’on se pleint, c’est seulement une escalade de plus.
              lit mon article La dégénéressance intellectuelle etc.


              cordialement.


              • lucdelporte lucdelporte 22 janvier 2009 13:23

                Merci pour votre point de vue... c’est effectivement compliquer d’à la fois vouloir lutter, mais quand on s’y met, on se rends compte effectivement que tout est redressable, même votre histoire d’Inuit...
                Enfin je pense que la simple diffusion de ce type d’info est déjà une bonne contribution, et qui sait, c’est peut-être avec ce genre de tout petit ruisseau qu’on arrivera un jour à changer un peu les comportements ?
                Mais c’est dur, parfois !
                Enfin, on garde le sourire :) quand même
                Luc.


              • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 21 janvier 2009 20:30

                Quand l’état distribue aux banques et aux industries l’argent qu’il n’a pas et qu’il confisque aux générations futures, il ne faut pas s’étonner que les responsables de ces banques s’en mettent pleins les fouilles :

                Un banquier gagne de l’argent en en prêtant. Si on lui donne de l’argent sans rien faire, quel intérêt a-t-il à en prêter ?

                Pourquoi donner de l’argent au constructeurs automobile quand, quelques mois avant, tout le monde décrier l’automobile et sa pollution.

                En résumé, on retire l’argent des entreprises qui marchent bien, et qui sont notre avenir, pour le redistribuer à des entreprises qui n’ont pas su évoluer à temps. Pour prendre un exemple plus parlant, on confisque l’argent des futures Google, pour sauver des mines de charbon !

                Comme quoi, et la crise actuelle en est encore la preuve, confier un pouvoir économique à un gouvernement, quelqu’il soit, est toujours une calamité.

                Comme le sous-entend l’auteur de l’article, que n’est qu’a travers des lobbies d’utilisateurs, qu’il sera possible de faire évoluer les choses.


                • miwari miwari 21 janvier 2009 21:14

                  "Comme quoi, et la crise actuelle en est encore la preuve, confier un pouvoir économique à un gouvernement, quelqu’il soit, est toujours une calamité."

                  La confier a des économistes véreux n’est pas la meilleure solution non plus, il n’y a qu’a voir l’état dans laquelle ils ont mis le monde financier qui est un fait de leurs incompétences et de leurs combines foireuses et non pas comme vous l’écrivez la faute des gouvernements.


                • phil2nim phil2nim 22 janvier 2009 23:01

                  Est il vraiment possible de séparer les uns des autres , qui sortent des memes ecoles, dinent dans les mêmes "clubs de réflexions" ?
                  C’est demander à Trichet de sanctionner Peyrlevade qui coulait le CL !
                  Tout ce joli monde baise en rond... comme à la cour de Louis XVI.

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