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Accueil du site > Actualités > Economie > Corée du Sud, futur champion de la technologie ?

Corée du Sud, futur champion de la technologie ?

Lors d’un récent déplacement professionnel à Incheon, la zone industrielle et portuaire de Séoul, j’ai été surpris par l’incroyable percée de la high-tech. Comment expliquer cette situation ? Description des faits, et éclairage.

Dans le cadre de ma mission, j’ai pu constater que la plupart de mes interlocuteurs possédaient le dernier cri de la technologie. Pratiquement tous mes correspondants coréens étaient équipés d’ordinateurs portables très rapides, de téléphones mobiles avec TV, d’organisateurs ultraplats, avec globalement une longueur d’avance en termes de technologie, par rapport à ce que l’on rencontre habituellement en France.


Ce goût du "dernier cri" touche toute la population. Une multitude de magasins vendent ainsi les dernières nouveautés électroniques, très prisées des jeunes Coréens. On observe, par exemple, un véritable engouement pour les téléphones mobiles, dont les modèles sont renouvelés régulièrement avec toujours plus d’options, par marques telles que Samsung ou LG.


Au fond, ce qui est étonnant, c’est le contraste entre cet appétit de la nouveauté technologique et le retard en termes d’infrastructures et d’environnement, au moins dans la région d’Inchéon. C’est ainsi que des centres d’affaires, avec des buildings imposants, se développent un peu partout, sans aucun souci d’harmonie architecturale. Le développement rapide de l’économie semble être la priorité numéro un, au détriment de l’urbanisme.

La percée de la haute technologie s’explique par deux grands facteurs :

- une volonté politique : le gouvernement coréen encourage la coopération entre la recherche publique et les grands acteurs industriels. Ainsi, l’investissement dans les nanotechnologies est l’une des priorités. Actuellement, 16% du produit intérieur brut (PIB) de la Corée du Sud provient des secteurs industriels de pointe, et le pays investit 3% de son PIB en recherche et développement (R-D), soit 7% du budget national. Depuis 1998, l’industrie des nouvelles technologies connaît une croissance moyenne annuelle de 18,8 %. L’objectif du gouvernement est de rejoindre le top 3 mondial d’ici à 2015.

- les caractéristiques de la société coréenne : esprit de compétition, goût pour la nouveauté technologique, absence relative de loisirs, « volonté d’imiter le voisin » sont propices à l’expansion des nouvelles technologies, et au dynamisme du marché.

La Corée du Sud sera-t-elle l’un des leaders des nouvelles technologies d’ici dix ans ?


Très certainement, mais elle doit se méfier de la gadgétisation à outrance, qui risque de lasser les occidentaux. Les Coréens raffolent de multiples fonctions, même si celles-ci sont souvent inutiles et compliquent l’utilisation des produits. Inversement, un produit à la fois simple et design, comme l’iPod, a remporté un vif succès en Europe et aux Etats-Unis, mais ne marche pas du tout en Asie.

Rendez-vous dans quelques années pour faire le point sur la place de la Corée du Sud dans les hautes technologies.


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10 réactions à cet article    


  • Nicolas Proix 24 octobre 2006 11:54

    Indéniablement, oui, la Corée du Sud VEUT devenir leader dans les nouvelles technologies « L’objectif du gouvernement est de rejoindre le top 3 mondial d’ici à 2015 » : nous n’avons pas d’objectif aussi clairement affiché en France, sauf de manière locale dans quelques « pôles » de compétitivité.

    Je voudrais revenir sur un point particulier de l’article : la question de l’urbanisme. En France, il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour s’apercevoir que nous misons tout sur la qualité de vie. Même par rapport aux Européens. Ce qui est à l’origine de notre manière de construire nos villes : périmètres de 500 mètres (ou plus) autour du moindre monument historique, refus des bâtiments de plus de 37 mètres de hauteur par 60 % de la population de Paris intra-muros, innombrables associations de sauvegarde de quartiers... ces dernières, d’ailleurs, non contentes de céder de manière éhontée au syndrome NIMBY (Not In My BackYard), se constituent parfois pour des causes qui frisent le ridicule. Individualisme forcené et quasi-hystérique parfois.

    Le mouvement inverse se passe en Asie. Personnellement, je ne connais pas la Corée (et encore moins sa voisine du Nord, d’ailleurs), mais j’ai longement étudié l’urbanisme chinois. C’est assez étonnant. Pour parler franchement, c’est même proprement ahurissant.

    La « préservation du patrimoine » ? Mais ils le préservent, ils le préservent ! Regardez, le bâtiment est intact, sauvegardé, protégé ! Certes, il y a un gratte-ciel de 220 mètres juste à côté, et une autoroute en construction à 50 mètres... et alors ? Différence de points de vues ? J’étais extrêmement hostile à une telle politique de sauvegarde AVANT d’aller en Chine, de voir, de discuter, et d’essayer de comprendre.

    Tout d’abord, relativisons. Notre vision du patrimoine n’est pas celle que nous avons toujours eue. Jusqu’au milieu du XIX° siècle, on détruisait le patrimoine pour rebâtir autre chose plus dans le style de l’époque à la place. Qui a déjà vu le choeur baroque de la très gothique cathédrale de Chartres comprendra sans peine ce concept.

    En plein XIX° siècle, grâce à ce grand homme de Viollet-le-Duc, nous avons sauvegardé « dans leur état d’origine » (!) les bâtiments du Haut-Moyen-Âge. En détruisant au passage tous les bâtiments du parvis de Notre-Dame-de-Paris, mais il fallait « mettre en valeur » l’église. En « restaurant » le château de Pierrefonds de manière délirante, mais il fallait céder au médiévalisme en vogue.

    Les Extrêmes-Orientaux ne font sur ce sujet que nous copier. Certes, ils ont des moyens financiers et surtout techniques que n’avait certes pas le baron Haussmann, mais le principe est le même.

    L’« harmonie architecturale » ? En France, nous haïssons les bâtiments hauts . . . même si c’est pour leur trouver une valeur esthétique 100 ans après leur construction (je parle bien entendu de la Tour Eiffel). Je ne vais pas chercher à discuter du bien-fondé ou non de la politique de construction de gratte-ciels. Mais simplement rappeler 2 faits :

    - le modèle économique et urbain de l’Asie n’est pas (et ne sera sans doute jamais) Paris. S’il y a un modèle éventuel, ce serait plutôt Manhattan. Et encore, le centre de New York ne rend pas compte exactement de la densité extraordinaire et foisonnante de la jungle urbaine extrême-orientale. Le modèle urbain de toute l’Asie de l’Est, c’est Hong-Kong. En bref : la ville-champignon et non pas la ville-musée. Ne nous voilons pas la face, c’est ce que Paris est devenue.

    - Pouvoir se passer de gratte-ciels, parce qu’on habite un pays à densité très modérée, c’est bien. Rappelons que, même en Europe, c’est une exception, et que les centres-villes de Francfort, Londres, Berlin, Varsovie, etc. sont construits très en hauteur. Les densités fabuleuses des côtes de la mer de Chine imposent l’immeuble haut dans un quartier dense. C’ets tout simplement mathématique. Rien qu’à Shanghai, dans un territoire 5 fois plus réduit que l’Île-de-France, vivent 18 millions d’habitants environ. Et les densités du centre-ville sont en proportion. A Hong-Kong, sur 1000 km², dont très peu sont constructibles (Parc Naturel National), vivent 6 millions de personnes. Quant à Tokyo...

    Que les gratte-ciels de ces villes soient de piètre qualités architecturale, certes. Qu’ils soient construits sur des fonds souvent douteux, et même en guise de blanchiment d’argent sale, je l’admets. Mais pouvons-nous vraiment condamner en bloc cette forme d’urbanisme, sans être à la place des habitants de ces villes ? Je n’en suis pas totalement certain.

    N’oublions pas que la culture d’Extrême-Orient (je parle en particulier de la culture chinoise) n’est pas TRADITIONNELLEMENT une culture de l’exhibition et de la mise en avant. Elle l’est devenue par mimétisme de l’Occident. Traditionnellement, l’urbanisme le plus pompeux est . . . le nôtre (avec un jeu de mots éventuel sur Le Nôtre). C’est nous qui avons inventé les jardins à la française, les avenues de Versaille et les Grands Boulevards.

    Le jardin chinois, et, de manière générale, l’habitat chinois traditionnel, est, lui, caché. De hauts murs empêchent sa découverte depuis l’espace public. Il faut entrer et découvrir de l’intérieur ce (minuscule) trésor caché. Et, même alors, il est impossible de saisir en son entier la structure et le paysage de tout le jardin, ou de toute la demeure.

    Dés lors, qu’importe l’environnement même immédiat du monument ? Ceux qui ont visité Suzhou et ses jardins peuvent comprendre : les plus grandes merveilles de cette ville sont cachées, et souvent dans les lieux les plus incongrus (près de centres commerciaux, d’usines, de périphériques).

    Enfin, la culture d’Extrême-Orient, en matière d’architecture, est beaucoup plus basée sur le savoir-faire que la nôtre. Ce qui compte, ce n’est pas le monument, c’est la capacité à le refaire. J’ai ainsi entendu parler d’un temple japonais, détruit tous les 20 ans pour être rebâti.

    Toutes ces longueurs juste pour faire un (très) rapide point sur nos différences en urbanisme. Cela n’explique pas tout, ni ne nous permet de comprendre la frénésie de construction qui a cours de la Corée à l’Indonésie. Mais il nous faut aussi accepter que notre conception urbanistique est très particulière et certainement pas la seule valable.

    Nicolas Proix


    • Franck (---.---.84.50) 24 octobre 2006 11:59

      Pour avoir été quelques jours là-bas (en mission), je peux dire que l’accès à la nouvelle technologie n’est pas également partagé. Il existe pas mal de provinces où on se croirait plutôt au début du siècle dernier ! Le dernier-cri n’est pas pour tous, loin de là. Ce qui est visible à Séoul ou Daejon ne l’est pas ailleurs !


      • erdal (---.---.242.88) 24 octobre 2006 12:41

        En tous cas, ils sont fort car en ce moment j’utilise mon plasma samsung ( 107 cm de diagonale à 1,5 mètre de distance ) pour internet et ça marche du tonnerre....

        Peut être que le fait de ne pas être une économie homogène à la pointe dans tous les secteurs permet d’avoir un cout réduit et je vous avoue, moi qui suit un fan de sony, j’ai viré ma cutie vers samsung (rapport qualité/prix oblige).

        De toute manière, je suis un fan de technologie et j’adhère totalement à leur dynamisme (vive la corée du sud et le japon).


        • anto (---.---.178.10) 24 octobre 2006 13:35

          Et dans le domaine des télécommunications par satellites ils ont 5 ans (au moins) d’avance sur nous. On a dépassé le stade du gadget.


          • Rage Rage 24 octobre 2006 14:36

            Ouais, mais n’oublions pas qu’en France on est les meilleurs ! On ne vous l’a pas dit ?

            Meilleur, tant que l’on ouvre pas la fenêtre pour regarder dehors ce qui se passe... ce n’est pas pour autant que les buildings + pollution me font « rêver »...


            • low tech (---.---.64.135) 24 octobre 2006 15:14

              la corée est à l’asie ce qu’est la pologne pour l’europe ,à savoir un pays où les chinois et les japonais ne s’arretent jamais au gré des diverses invasions .....


              • marc (---.---.55.67) 24 octobre 2006 15:33

                Oui, en france on est les meilleurs pour Taxer, champion du monde meme.

                Pourquoi se faire ch... a faire quelques chose, quand l’etat va bouffer plus de la moitie par les taxes.


                • gem (---.---.117.249) 24 octobre 2006 21:15

                  bon article, qui en plus donne l’occasion de bons commentaires, merci.


                  • Guigui (---.---.222.198) 25 octobre 2006 08:00

                    « Pratiquement tous mes correspondants coréens étaient équipés d’ordinateurs portables très rapides, de téléphones mobiles avec TV, d’organisateurs ultraplats, avec globalement une longueur d’avance en termes de technologie, par rapport à ce que l’on rencontre habituellement en France. »

                    Votre definition des nouvelles technologies est tout de meme largement oriente grand publique. Rappelons que les technologies developpes en faveur des entreprises et des Etats (le B2B) constitue la face cache de l`iceberg.

                    Quant aux technologies grand publique en elles-meme je vous conseillerais d`aller faire un tour dans le quartier d`akihabara a Tokyo : la Coree du Sud vous paraitra quelques peu kitsch..


                    • yphridon (---.---.176.58) 30 octobre 2006 11:32

                      Si il est clair que l’Asie à savoir la Corée du Sud et le Japon est le roi de la miniaturisation, en revanche ce n’est pas du tout en Asie que les dernieres innovations High Techs sont inventées.

                      Les Poles d’activités High Techs sont principalement les Etats-Unis avec la région du Nord Est, la Californie (Silicon Valley) et la region de Seattle. Ce sont d’ailleurs de plus en plus souvent des petites à moyenne entreprises qui développent des produits vraiment à la pointe du progrès et qui ensuite les font distribuer par des marques telles que Sony ou Samsung.

                      Un autres pole d’activité High Tech est la France et l’Allemagne, car il ne faut quand meme pas oublier que nous avons aussi quelques sociétés qui développent très bien des produits High Tech tels que Sagem, Alstom et Siemens pour l’allemagne (Train à supraconducteurs).

                      L’Asie n’a pas vraiment à l’heure actuelle d’inventions propre à elle meme. La Télé, le GSM, le DVD, Le Plasma etc...toutes sont des innovations Américaines ou Européennes. En revanche l’Asie est le meilleur endroit sur terre pour réaliser la production de ces produits de part l’abondance de la main d’oeuvre qualifiée présente sur place.

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