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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise de l’euro : les premières conséquences internes et (...)

Crise de l’euro : les premières conséquences internes et externes

Plus personne de raisonnable ne nie plus -à quelques exceptions isolées- la crise de l’euro et donc de la zone euro.

De même, plus personne de sensé -sauf quelques rares négateurs des faits les plus évidents- n’essaie plus de nier les causes réelles de la crise et leurs conséquences, internes et externes à la zone euro.

Bien évidemment, personne ne nie aussi la crise mondiale qui continue à faire sentir aux citoyens du monde ses terribles effets, crise mondiale qui frappe une zone euro affaiblie, divisée et sans cohésion. Des difficultés de Dubaï à celles de Singapour, des problèmes soulevées par la dette britannique qui a explosé jusqu’à la situation critique des Etats d’Europe centrale et orientale, nier ces crises inter-dépendantes est devenu aussi vain que sans objet.

A cela s’ajoute le combat commercial, bancaire et financier entre la Chine et les Etats-Unis, ce dernier pays cherchant à limiter ses dépenses publiques, ce qui n’est pas, de l’avis des économistes les plus connus et appréciés, une décision sage, surtout en ce moment de crise mondiale.

La réalité étant acquise et ayant pris le pas sur des a-priori psychologiques et politiques des uns et des autres, il convient de regarder vers l’avenir, en tenant compte des évènements et de leurs différents paramètres : économiques, sociaux, politiques, monétaires, nationaux, continentaux et internationaux.

Cet article se propose de regarder les réalités constatées afin d’en déduire les tendances lourdes pour le futur.

Zone euro : dehors, dedans, le chaos devient général

Les données statistiques OFFICIELLES des pays de la zone euro disent tout. Il suffit aux récalcitrants refusant les réalités de les lire avec attention, sans se contenter des titres médiatiques finement orientés vers un pseudo-optimisme béat sans aucune base concrète.

Le Produit Intérieur Brut (P. I. B) de la zone (comprenant 16 pays) a chuté en 2009, officiellement, hors trucages possibles des données, de - 4% !!! Un record historique dans la régression.

La France a connu, dans ce contexte, sa pire récession depuis la seconde guerre mondiale (- 2,2% ) en 2009. L’Italie est entrée en récession. L’Allemagne, la locomotive de la zone euro, a vu son P.I.B reculer de -5% en 2009, un autre record catastrophique !!!

Les 27 Etats de l’UE- donc les 16 de la zone euro et les 11 autres qui n’y sont pas- ont vu leur P. I.B commun s’effondrer de -4,1%, ceci intégrant de fortes variations internes !!!

Quelques sources officielles en français pour les lecteurs non encore informés de ces réalités connues dans le monde entier et/ou ceux qui s’acharnent dans le déni des évidences reconnues et acceptées par le monde entier sont apportées ci-dessous :

http://french.cri.cn/720/2010/02/13/221s212129.htm

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=11799811

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/le-pib-allemand-chute-de-5-pourcent-en-2009_224575.html

Au passage, il sera noté que le P. I. B américain a cru en 2009, de 1,9%, à l’opposé de celui de la zone euro et de l’UE qui a fortement chuté. Un décalage s’opère aussi sur ce plan. Cette fracture rappelle que l’Europe perd sa place sur le marché mondial, au profit d’autres puissances ascendantes : Chine, Inde, Brésil, Russie, Corée du Sud notamment.

Si on traduit ces réalités par une image évocatrice par son pouvoir de comparaison : le train de la zone euro est arrêté en rase campagne après avoir reculé durant un an. Sa puissante locomotive-tractrice allemande est en effet en panne après avoir tiré en marche arrière, les 15 wagons ont tendance à voir leur système d’accrochage entre eux se défaire et certains wagons lourds glissent toujours en arrière, sans frein.

Cette réalité est doublée d’une autre, encore plus pénible, mais vraie : le Royaume-Uni- centre financier européen adossé à la zone euro- est aussi sur-endetté, sans perspective d’amélioration visible. Sa monnaie devient aussi facteur d’instabilité grave : la menace d’une faillite du Royaume-Uni devient plus qu’une probabilité, elle est maintenant possible à court terme.

Il est inutile de revenir ici sur les conséquences d’une faillite de ce pays, centre financier de liaison entre la zone euro, les pays de l’UE et le marché financier mondial, tant celles-ci sautent aux yeux des plus médiocres en matière économique :

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/le-royaume-uni-en-recession-durable-s-interroge-sur-sa-faillite_172897.html

Pire encore, les wagons de réserve, qui devaient être raccrochés au train en panne, ont de si grosses difficultés que leur jonction avec le convoi immobilisé est remis à des dates de plus en plus lointaines et incertaines (Pologne, Etats baltes, Hongrie, Roumanie,...).

Sans parler d’autres Etats d’Europe Centrale, Orientale et Méridionale, qui, eux, sont carrément entrés dans des récessions profondes assorties de crises sociales et politiques qui s’aiguisent (Hongrie, Roumanie). Le chiffre de -4,1% de P.I.B pour toute la zone UE cache en effet des différences importantes entre les pays dans la gravité et la profondeur de la récession qui les frappe.

A l’extrémité Est de l’Union européenne, l’Ukraine, dont la santé économique n’est pas des plus florissantes, tend à resserrer plutôt ses liens avec la Russie qu’avec une UE en panne, en crise, impuissante et divisée.

http://www.tdg.ch/actu/monde/douze-travaux-ianoukovitch-2010-02-08

Tel est le tableau général interne et externe de la zone euro qui s’offre aux yeux effarés des observateurs attentifs en ce début 2010.

Les processus et tendances pour 2010

A lire les médias français, qui ont, pour beaucoup, une vraie difficulté à suivre et comprendre les affaires du monde, la tendance actuelle serait à une sortie de crise (sic... !). Cette vision isolée des avis mondiaux est vue, de l’extérieur de l’hexagone, comme une « étrangeté », voire une « absurdité » franco-française.

Cette forme déraisonnable de «  méthode Coué » - niant des faits publics et connus du monde entier- surprend, d’autant plus que les données chiffrées sont publiques, accessibles et diffusées largement, quoique souvent avec des titres et des sous-titres radicalement trompeurs, voire en contradiction avec le contenu des articles...lorsque, encore, ceux-ci apportent tous les éléments statistiques et n’évitent pas de les publier !

Il ressort cette curieuse impression internationale que le public français est laissé dans un état de sous-information manifeste alors que les opinions publiques d’autres pays (Royaume-Uni, Dubaï, Japon, Canada, Etats-Unis, Chine, Corée du Sud,....) sont largement informées des évènements et en reçoivent généralement des analyses conformes aux faits.

Ainsi, lorsque la Chine resserre pour la deuxième fois depuis début 2010 ses règles prudentielles pour ses banques, ceci alors que ses marchés boursiers fluctuent quelque peu dangereusement avec des bulles spéculatives menaçantes, la surprise dans la date est internationale, mais en France, c’est la décision même qui semble totalement inattendue alors que l’économiste américain Nouriel Roubini l’avait annoncée comme inscrite dans les évènements, par nécessité, voici peu :

Lien en anglais :

http://www.cnbc.com/id/35363938

Lien en anglais sur ce sujet :

http://www.cnbc.com/id/35362919

Il suffit d’ajouter les difficultés financières venant de Dubaï et de Singapour, sans oublier la dette américaine en augmentation constante et les ennuis du Japon, pour comprendre sous quels auspices funestes commence l’année 2010.

Pour apprécier ce qui se passe à l’Est de l’Europe dans les Etats qui voulaient frapper à la porte de la zone euro, un lien anglais permet de se représenter la souffrance des populations soumises à des reculs civlisationnels et sociaux profonds afin de rentrer dans les fameux critères de Maastricht au moment où les pays fondateurs les ont largement violés sans répit :

http://www.nytimes.com/2010/02/12/business/global/12euro.html?ref=global

Que déduire de tout cela et de ces processus contradictoires, mais combinés ?

La déduction première, qui tombe sous le sens commun, est double :

1- La zone euro a de facto explosé en deux sous-groupes qui ne peuvent plus s’assembler sur des critères économiques, sociaux et financiers communs : en gros, les pays de la zone Sud avec quelques autres d’un côté : la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande du Sud, et potentiellement, la France. De l’autre, le reste des Etats membres de la zone. Sachant que les Etats du second groupe glissent progressivement du second groupe vers le premier, inexorablement.

2- La crise mondiale va affecter, bien évidemment, d’abord les Etats les plus fragilisés à ce jour, mais elle va aussi de plus en plus peser sur les autres, d’autant que les problèmes initiaux fondamentaux des fameux PIIGS ne sont en rien résolus, ni en voie de l’être.

En résumé, une fracture progressive déchire la zone euro, mais aussi toute l’UE maintenant, et ce d’autant plus que tout le monde a compris que l’euro ne protégeait plus personne de rien, et surtout pas d’une terrible récession comme celle vécue en 2009, ni des crises mondiales !

Dans les pays qui frappaient à la porte de la zone euro, le désir de rentrer dans ce groupe en crise faiblit. Ce constat est valable tant pour les sphères gouvernementales que dans les populations, au vu de cette crise qui a détruit la confiance dans les promesses faites en échange de sacrifices de plus en plus rejetés par les citoyens. Ceci est notoirement frappant en Pologn, mais pas seulement.

Quant aux pays hors zone euro qui sont frappés par une récession qui devient dramatique, ils ne peuvent plus, indépendamment de leurs souhaits passés ou présents, prétendre à rentrer dans la zone euro avant.....un temps de plus en plus lointain !

En un mot, l’objectif d’une zone monétaire unique européenne est gravement menacé : la moindre sortie d’un pays, une faillite retentissante ou bien la démonstration de l’absence de réelle solidarité au sein de l’UE et de la zone euro achèveraient de rendre impossible ce but tout en disloquant la zone euro comme telle.

La liste des dangers les plus flagrants en 2010

Récapitulonss, en forme d’inventaire à la Prévert, sans ordre aucun car les faits règleront cette question, les principaux dangers qui menacent, de par ces processus divers, mais combinés, la zone euro et aussi dorénavant plus clairement, les économies des 27 Etats de l’UE.

1- Menace de faillite du Royaume-Uni d’abord et d’autres Etats en zone euro ensuite : une faillite du Royaume-Uni, bien que non-membre de la zone euro, serait mortelle pour cette dernière et pousserait, dans la panique générale, vers la sortie de cette zone.

2- Appronfondissement des fractures internes à la zone euro et dans l’UE, menant à des revendications politiques et financières dislocatrices tant de l’UE que de la zone euro.

3- Crises sociales et politiques graves dans des pays de l’UE qui sont, en plus de la crise, poussés par leurs gouvernements à des politiques de reculs sociaux et civilisationnels importants, afin de satisfaire à des critères que pas un Etat de la zone euro ne respecte !

4- Possibilités de sorties de la zone euro de plusieurs pays, à commencer par ceux du Sud, du fait de difficultés sociales et politiques insolubles dans le cadre de la zone euro et des politiques régressives imposées pour y demeurer.

5- Rejet croissant par les opinions des pays de l’UE non-membres de la zone euro de l’hypothèse d’entrée dans cette dernière, ceci sous l’effet des sacrifices exorbitants et intolérables demandés dans ce but. Ce but apparaît dorénavant sans aucun intérêt collectif majeur.

6- Risques de récession accrus en zone euro tandis que la récession s’approfondirait pour les autres pays de l’UE, surtout au Centre et à l’Est de l’Europe. Ceci impliquerait une multiplication des crises sociales et politiques entravant de facto toute politique collective cohérente au niveau de la zone euro.

7- Probabilités de changements, poussés par les évènements, des statuts de la BCE et des Traités de l’UE, ce qui décridibiliserait encore plus les critères d’entrée dans la zone euro et l’UE. Les pays encore demandeurs à l’entrée dans la zone euro se sentiraient trahis, voire furieux que l’on change les règles collectives alors qu’eux ont souffert pour les respecter à la lettre.

8- Dangers de crise politique et sociale majeure en Allemagne, notamment si la situation dans la zone euro amenait le gouvernement de ce pays à prendre en charge, d’une manière quelconque, des charges financières non-allemandes.

9- Dangers similaires pour la France dont les déficits et les dettes ne peuvent pas être contenus, sauf à risquer une véritable révolte sociale de la population, qui se tournerait naturellement contre l’UE et la zone euro, vues comme coupables et responsables de régressions sociales inacceptables (retraites, santé publique, enseignement, transports, salaires, etc...)

10- Menace de chocs extérieurs, aggravant les difficultés internes citées plus haut, issus de la crise mondiale qui se poursuit : nouvelle crise financière ou bancaire, inflation, explosion de bulles spéculatives....

Voici donc un menu général des possibilités pour l’année 2010 qui peut aussi être servi par les évènements à la carte.

NB : l’auteur a placé des liens vers des informations publiques connues du monde entier, en langues française et anglaise pour que les lecteurs puissent avoir accès à des données globales. Il a renoncé à quelques liens très instructifs vers des articles de presse en mandarin, en japonais et en coréen, bien que ceux-ci soient aussi d’un intérêt certain. Avec ces données, il s’agit de pallier autant que possible les manques évidents des médias français sur les sujets abordés, conduisant une partie de l’opinion française à, soit ignorer totalement faits et chiffres connus du monde entier, soit à en nier les analyses existantes faites au niveau international, ce qui est assez dommageable et altère gravement la formation d’avis librement construits.


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52 réactions à cet article    


  • dezanneau 15 février 2010 13:10

    Pas mal de scénarios qui traduisent la main-mise sur le pouvoir par une oligarchie qui dépèce les Etats... en nous mettant entre les mains une monnaie virtuelle.

    Pour les contrer, au choix :

    -une autre politique de la BCE, tenant compte des intérêts des peuples, rêvons un peu...
    -que d’autres pays bougent ! la Chine inflige un camouflet à nos oligarques en lançant une politique de développement intérieur et de hausse salariale !
    -le retour au Franc au moins pour les investissements publics, voire plus avec l’euro comme monnaie commune.
    -qu’on applique le système francophone que j’ai bâti il y a un an et demi, là je ne rêve plus car l’UPF, l’union du peuple français, se lance dans ce combat politique !

    http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com/


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 17:42

      Dezanneau,

      Merci de votre commentaire dont je corrigerais un seul mot : les scenarii.

      En effet, l’article n’énonce pas au sens propre des scenarii, mais les conséquences probables, prévisibles en l’état actuel de connaissance des processus, différents et combinés en cours.

      Il ne s’agit pas de s’adonner au rêve, mais de regarder la réalité en face si citoyens, gouvernements, élus de la population, partis politiques, veulent agir sur les faits, et non gérer des crises successives de plus en plus incontrôlables.

      Autre observation : si un pays comme la France a la possibilité théorique de développer une politique propre afin de contrer cette marche aux désastres successifs, le mieux pour tout le monde serait une coopération des peuples d’Europe contre ce qui les menace tous.

      Mais, ce n’est là qu’une modeste opinion citoyenne.

      Bien cordialement,


    • xa 16 février 2010 17:58

      Juste pour chipoter :)

      l’Académie Française ne reconnait que scénarios, le mot scénario étant français (présence d’un accent inexistant en italien).

      http://www.academie-francaise.fr/langue/orthographe/regles.html

      Je cite : "Singulier et pluriel des mots empruntés : les noms ou adjectifs d’origine étrangère ont un singulier et un pluriel réguliers  : un zakouski, des zakouskis ; un ravioli, des raviolis  ; un graffiti, des graffitis ; un lazzi, des lazzis  ; un confetti, des confettis  ; un scénario,

      des scénarios ; un jazzman, des jazzmans, etc. On choisit comme forme du singulier la forme la plus fréquente, même s’il s’agit d’un pluriel dans l’autre langue."


    • JL JL 15 février 2010 14:30

      Bonjour Philippe vassé, qu’entendez-vous exactement par « faillite d’un Etat » ? Et quelles seraient les conséquences de ce que vous appelez sa faillite ?


      • Barrous Barrous 15 février 2010 17:23

        Salut JL,

        Je ne suis pas économiste, mais je me suis un peu documenté sur le sujet, et voilà grosso modo ce que j’ai compris :

        « Faillite d’un Etat » : c’est quand un état a du mal à rembourser les crédits qu’il a contracté auprès des grandes banques privées. En effet, les pays européens ont signé le traité de Mastritch, qui stipule que les états n’ont pas le droit d’emprunter de l’argent auprès de leurs banques centrales, mais plutôt aurpès des banques privées. Le problème est que les prêts sont accordés à l’Etat à des taux d’intérêts astronomiques, et il faut savoir aussi que les impôts que nous payons servent en grande partie à rembourser cette dette.

        Donc la question est : que peut faire un état lorsqu’il a du mal à rembourser sa dette ? Et bien, il va devoir diminuer ses dépenses, en prenant des mesures qui ne vont pas faire plaisir au citoyen smiley Ex : diminution des services sociaux, suppression de services publiques, gêle des primes et des augmentations de salaire des fonctionnaires (ex : la Grèce), augmentation des impôts... Bref, tout le poids de la dette retombe sur le citoyen qui voit son pouvoir d’achat diminuer fortement, et a de plus en plus de mal à arrondir ses fins de mois.

        A mon humble avis (d’observateur amateur), voici ce qui pourrait se produire :
        - report de la crise, en créant des bulles spéculatives encore plus grandes, ou en déclenchant des guerres (Iran, Vénézuela...)
        - proposition par nos élites d’un nouveau système pseudo réformé qui va noyer momentanément les problèmes dans une gouvernance mondialisée (le nouvel ordre mondial quoi smiley)
        - acceptation pure et simple des mesures étatiques par les citoyens, qui verront leurs avantages sociaux et leurs pouvoirs d’achat diminués fortement
        - révolte populaire et probablement guerres civiles, dans le but de renverser le système
        - guerres civiles, mais causées par de faux problèmes : identité nationnale, burqua, menace islamiste, grippe X, menace extra-terrestre smiley

        OUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU (le meilleur pour la fin)

        - par des miraculeux sursauts d’honnêteté et de courage de nos dirigeants, ou par pressions populaires pacifiques, annulation des contrats de crédits entre les états et les banques privées, plus de remboursement de dette, et réattribution du pouvoir de création d’argent aux états smiley


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 18:05

        JL,

        Barrous a déjà avec un brio certain répondu à votre question, mais vous avez aussi en tête l’expérience de l’Argentine ou de l’Allemagne en 1923 afin de vous représenter les évènements que provoquent une faillite d’Etat.

        Cependant, le plus intéressant me paraît être la marche générale à cette situation désastreuse que ces deux articles soulignent pour Dubaï (en anglais) :
        http://www.cnbc.com/id/35402813

        http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704431404575066871355568354.h tml?mod=WSJ-hps-LEFTWhatsNews

        Barrous a aussi très bien présenté les choses sur l’origine de la situation actuelle qui voit les Etats de la zone euro à genoux devant la sphère financière privée.

        Le Traité de Maastricht a généré cette situation absurde et dramatique, pour tout le monde d’ailleurs. Ceux qui ont écrit et approuvé ce Traité sont ainsi responsables des maux qu’ils dénoncent aujourd’hui avec une hypocrisie rare.

        Cette situation surréaliste prépare ainsi les conditions parfaites, idéales, d’un gigantesque krach financier à l’échelle mondiale ainsi qu’une situation de crise formidable des Etats, le tout en même temps.

        Les apprentis sorciers élaborateurs du Traité de Maastricht sont maintenant avec un processus hors de leur contrôle qui explose contre tout le monde.

        Là est la source de la marche collective à la faillite.

        Bien cordialement,


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 18:44

        Barrous,

        Votre commentaire, présenté avec une grande modestie, est fort instructif et vrai, notamment sur ce qui concerne la partie concernant la genèse des ennuis actuels, genèse à rechercher dans le Traité de Maastricht.

        La définition de la faillite d’un Etat, si tant est que l’on puisse comparer par exemple un Etat comme le Zimbabwe actuel avec l’Allemagne de 1923 ou la Grèce de 2010, du fait de contxetes et de conséquences assez différents, est claire et bien expliquée. Ses suites dramatiques pour les citoyens sont aussi très bien décrites.

        Le zeste d’ironie que vous y ajoutez sur les dirigeants politiques se goûte aussi avec appétit.

        Si vous lisez l’anglais, je vous invite à lire les articles mis en lien dans ma courte réponse à JL sur la course de DubaPi à la faillite.

        C’est là un cas d’école car Dubaï avait pourtant tout pour ne pas sombrer dans ce naufrage financier. On imagine ce que cela pourrait être pour la France ou le Royaume-Uni.

        Bien cordialement,


      • rastapopulo rastapopulo 15 février 2010 21:45

        oui mais quoi l’Argentine ?

        Résister au FMI n’est pas un moyen très uti­lisé, mais l’Argentine a montré la voie. En 2001, au vu des pronostics désastreux selon lesquels l’économie pourrait s’effondrer en l’absence de crédits étrangers, elle a défié ses créanciers et s’est détournée de ses dettes. A l’automne 2004, trois ans après un défaut de payement record de plus de 100 milliards de dollars, le pays était sur la voie du redressement et il avait réussi cette prouesse sans aide étran­gère. La croissance économique fut de 8% pendant deux années consécutives. Le volume des exportations augmenta, la monnaie était stable, les investisseurs revenaient et le chômage diminua. Selon l’économiste Mark Weisbrot interrogé en 2004 par le New York Times, « c’est un événement historique remarquable qui remet en cause 25 ans de mauvaise politique. Alors que d’autres pays avancent cahin-caha, l’Argentine vit une croissance très saine dont rien ne permet de penser qu’elle ne durera pas, et elle l’a réussie sans faire aucune concession pour attirer des capitaux étrangers. »

        http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=17522


      • JL JL 15 février 2010 22:54

        @ Barrous et P. Vassé, merci de vos explications. De fait, si j’ai bien compris, il n’y a de faillite que de nom, et si les dirigeants de l’Etat le veulent bien : une sorte de convergence d’intérêts entre les dirigeants de l’Etat et les créanciers, sur le dos des contribuables. D’où l’intérêt du bouclier fiscal : il ne serait pas convenable de reprendre d’une main ce que l’on a donné à ses amis, de l’autre.


      • Barrous Barrous 16 février 2010 01:24

        Bonsoir Philippe


        Merci pour votre réponse. Je vais lire vos lien vers les articles en anglais, je ne doute pas qu’ils sont tout aussi intéressants que le votre (je lis assez aisément l’anglais mais pour le parler c’est une autre histoire smiley )

        Je rajouterai qu’à mon avis, la situation actuelle est toujours sous contrôle de ceux qui l’ont inventé. Maintenant que nous avons tous les éléments du puzzle, il n’est pas nécessaire d’être un génie pour deviner que ça allait forcément aboutir à une situation pareille ! Il est alors fort probable que ceux qui sont à l’origine de cette situation avaient les moyens de prédire les conséquences de leurs actes, et que donc cette situation est voulue, et elle a pour but de transiter vers une situation qui soit encore plus favorable à cette oligarchie financière, à savoir la disparition des nations souveraines, et l’instauration d’un système où tous les peuples du monde travailleront comme des esclaves pour cette élite de l’ombre smiley
        Ils ont plusieurs décennies d’avance sur nous, simples citoyens, qui commençons à peine à comprendre ce système. On ne peut pas donc être au même niveau de connaissance qu’eux, càd qu’ils ne savent pas non plus comment sortir de ce merdier. Ils sont certainement plus avancés !

        Connaissiez-vous cette fameuse citation du grand David Rockeffeler : « On a encore besoin de quelques crises majeures pour que les nations acceptent le nouvel ordre mondial ».
        Vu le pouvoir de ce monsieur, je ne pense pas qu’il reste les bras croisés à rêver de son nouvel ordre mondial smiley

      • Barrous Barrous 16 février 2010 01:40

        @ JL


        Exactement ! C’est bien une crise de chiffres, qui pourrait disparaître par un coup de baguette magique si on déchirait ces maudis contrats ! smiley
        Comment un monde aussi prospère, plein de richesses, et technologiquement très avancé pourrait s’écrouler de lui même comme un poisson qui se noierait dans l’eau ? Car au final, quelle est la vraie richesse ? De quoi a besoin l’être humain ? De pas grand chose comme dirait Maslow : pipi, caca, dodo, zizi... smiley

        Ne sommes-nous pas capables d’assurer celà ? Où est le problème ? Les richesses sont bien là ! Je pense que la seule situation qui pourrait aboutir à une vraie crise est l’insuffisance des ressources naturelles à l’échelle de la planète, ce qui n’est pas encore le cas...
        (à l’échelle d’un pays, ce n’est pas grave car on pourra toujours échanger ses services contre des ressources naturelles)

      • franchamont franchamont 15 février 2010 18:46

        Merci PV pour cette revue somme toute assez synthétique au regard d’un monde aussi désordonné et en pleine décomposition.


        Vos points de vue recoupent assez bien cet article on ne peut plus clair de Hr Egon von Greyerz, de Matterhorn Asset Management, Zurich, qui tout naturellement appelle au sauve-qui-peut sur l’or -si or physique on peut encore trouver bien sûr, car il y aurait parait-il des problèmes d’approvisionnement. Mais où est passé l’Or ?

        • Marc Bruxman 15 février 2010 19:04

          Il n’y a pas de crise, ca arrange tout le monde. L’euro montaint trop par rapport au dollar ? Cette histoire de grec est l’occasion révée de le rabaisser un peu. Ce qui favorise les économies des grands pays de la zone euro.

          Les grecs sont l’alibi qu’il fallait pour dévaluer l’euro sans le dire. Et oui cela arrange tout le monde. Quand cette histoire sera allé trop loin on apprendra que les allemands sont d’accord. En attendant, des entreprises comme Airbus kiffent grave et ce ne sont pas les seuls.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 19:23

            Marc Bruxman,

            La négation de la crise actuelle, expression de la crise mondiale, relève d’un aveuglement étrange.

            Donc, les licenciements qui pleuvent dans la zone euro et en UE, les mesures régressives annoncées en Grèce, en Espagne, en Irlande et au ¨Portugal sont des rêves qui provoquent des manifestations de masse et même des émeutes !!!

            Je crains fort que votre déni absolu des réalités les plus évidentes ridiculise prochainement ce commentaire sans lien aucun avec les réalités mondiales et européennes que le monde entier constate.

            Bien cordialement,


          • franchamont franchamont 15 février 2010 19:08

            Ah, vous entendez, il n’y a pas de crise. Il y en a qui ont besoin de changer de lunettes !


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 19:14

              Franchamont,

              Merci de votre commentaire et du lien informatif que vous apportez, lequel prouve que les faits et les chiffres commencent aussi à être reconnus, même en France malgré des médias qui continuent à appeler la crise de l’euro -voir occurrences sur Google-...crise grecque !

              C’est dire sir la reconnaissance naturelle de la crise de l’euro en France est encore en retard, même par rapport à certains pays voisins.

              Concernant l’or, la situation est encore assez mouvante, mais ce que résume l’article est qu’effectivement, le système marche à la catastrophe.

              Au moins, on sait maintenant pour quelles causes et pour quels objectifs définis la situation présente existe et frappe les citoyens.

              Bien cordialement,


              • tvargentine.com lerma 15 février 2010 19:29

                Juste pour infos,la zone euro a connu sa meilleure croissance avec un euro « faible » qui a permis de vendre moins chere et d’exporter plus et de permettre aux investisseurs de venir en Europe et surtout en France

                Donc,la baisse de l’euro est une bonne chose car elle n’a plus a attendre la reprise américaine,elle prend l’initiative de dévaluer sa monnaie afin de la remettre à sa vrai valeur

                Si l’euro avait autant monté c’est avant tout le jeu des spéculateurs qui préféraient un euro fort
                à un euro faible

                http://www.tvargentine.com


                • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 février 2010 19:52

                  Lerma,

                  Merci de ce commentaire qui ne tient absolument aucun compte des faits actuels et de leurs origines, mais qui a le mérite de répéter des lieux communs passés sans connexion avec le présent.

                  Curieusement, vous n’abordez aucun fait public connu de tous relatif aux crises actuelles pourtant bien documentées dans l’article.

                  Une question : est-ce volontaire, une incapacité à appréhender une réalité que l’Argentine a connue et traversée, ou est-ce un déni inconscient des réalités mondiales ?

                  Bien cordialement,


                  • epapel epapel 15 février 2010 22:24

                    « Au passage, il sera noté que le P. I. B américain a cru en 2009, de 1,9%, à l’opposé de celui de la zone euro et de l’UE qui a fortement chuté. »

                    Faux : le PIB des US a chuté de 2,4% en 2009 (source statistiques du gouvernement américain)


                    • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 12:07

                      Epapel,

                      Bien sûr, vous avez totalement raison et je dois avouer que l’usage d’un clavier auquel je ne suis pas encore habitué m’a fait supprimer plusieurs lignes de l’article, avec un mélange de données brutes qui me conduit à présenter mes excuses les plus plates, car je suis fautif plein et entier.

                      Le PIB des Etats-Unis a évidemment diminué de 2,4% ! Dans le paragraphe mélangé et en partie détruit par ma faute (d’usage des signes du clavier), il était question, certes des Etats-Unis, mais aussi des pays dits « émergents ».

                      Bien que cela ne remette pas en cause l’essentiel de l’article, mon absence de correction avant publication- est ube faute que je reconnais et assume.

                      Bien cordialement,


                    • epapel epapel 16 février 2010 14:23

                      Non, car autrement je l’aurais pointé aussi, mais c’est dommage parce que cette erreur ôte la possibilité d’une mise en perspective plus globale et plus fondamentale. En effet les US ont un grand intérêt dans les difficultés de la zone euro :
                      - détourner (pendant quelque temps) les marchés de leur propre difficultés financières
                      - pouvoir emprunter plus facilement et à moindre coût sur les marchés grâce à la remontée du dollar

                      Et surtout le cœur de la crise actuelle restera les US tant qu’ils n’auront pas résorbé leur déficit budgétaire et commercial, réduit fortement leur dépenses militaires, et réduit l’endettement des ménages et des entreprises ce qui prendra au moins 5 ans avec une politique volontariste. Je pense que les marchés vont se retourner très vite sur le dos des US et de la Grande Bretagne (qui est bien plus liée aux US qu’à l’UE) dès que la Grèce aura reçu une soutien effectif de la zone euro.

                      A contrario, prise dans son ensemble la zone euro a un faible déficit commercial, des dépenses militaires réduites et un taux d’endettement des ménages limité, le problème fondamental de la zone euro c’est l’absence de coordination des politiques économiques qui conduit au chacun pour soi et des pratiques divergentes voire contradictoires et ça continuera tant qu’aucun remède n’est mis en place. La cause c’est un traité de Lisbonne qui interdit de le faire activement au niveau européen et ne propose que la solution passive du respect des critères Maastrich. L’alternative pour l’Europe c’est :
                      1) une politique déflationniste pilotée par la réduction des déficits dans chaque Etat qui fera augmenter le chômage et les diminuer les revenus durablement après leur stagnation depuis 10 ans.
                      2) une révision des traités européens pour mettre la politique monétaire au service des Etats, conduire au niveau politique la convergence des économies et enfin surtout assurer la protection de l’UE face à la concurrence agressive et déloyale de la Chine et des autres pays émergents impossible à contrer avec les règles de libre échange actuelles (pour preuve il y a quelques années l’industrie textile européenne a mis moins de deux ans à être liquidée après la levée des quotas chinois).

                      Pour le malheur des européens, nos dirigeants et la commission européenne ont choisi la première option car ils sont tous des ultra libéraux.


                    • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 21:20

                      Epapel,

                      Je comprends parfaitement votre sentiment, bien que je ne le partage pas sur le fond.

                      En effet, la crise de la zone euro, si elle est une expression de la crise mondiale, est bien liée à celle-ci.

                      De ce point de vue, il peut sembler contradictoire de pouvoir estimer que la crise des uns servirait l’intérêt des autres, donc de penser que ce qui frappe la zone euro avantagerait l’économie américaine ou son contraire.

                      Que des crises, différentes, mais combinées et inter-dépendantes, frappent de manière différenciée, avec des causes diverses, tel ou tel, n’évacue pas le caractère mondial du phénomène général.

                      Vue d’Asie par exemple, ce qui prédomine pour l’ensemble des analystes, économistes et observateurs sociaux, est cette prédominance prégnante de la crise mondiale avec ses différences « locales ».

                      Le Japon subit une crise dont les origines remonte à plus de 20 ans. La Chine a ses problèmes explosifs, qui sont les fruits de ses 20 dernières années de développement inégaux et donc contradictoires.

                      Ceci dit, la solution à une crise mondiale dans ses causes, et diverses dans ses expressions, n’est pas une chose qui sort des esprits, tout faits, prêts, clairs, définitifs, mais qui résulte de l’action de différents paramètres contradictoires (humains, sociaux, économiques, financiers, nationaux, internationaux).

                      Votre commentaire est en tout état de cause constructif et naturel. Il est en fait ce qui manque beaucoup en France, un moyen, un outil de libre débat entre citoyens afin de comprendre et agir ensuite.

                      Bien cordialement,


                    • vergobret 15 février 2010 23:39

                       Financement de la dette européenne et réformes :

                      Junkers (Banq Mond, Eurogroup) reconnait avoir contraint la Grèce à faire les réformes (Trichet, Barroso, Rompuy, ref adoptées jeudi ) en utilisant les marchés (Le Temps, à paraître) :
                      « nous avons toujours estimé que si un Etat divergeait en dépit de toutes les mises en garde, il y aurait une sanction des marchés financiers. ». On connait la sanction.

                       H V Rompuy, prés du Conseil euro :
                      « Ce dont nous avons besoin est le même genre de mécanisme que ns avons imposé à la Grèce afin de signaler et analyser la situation de certains pays en zone euro. L’idée est de mettre toutes les économies européennes sous surveillance. Des décisions importantes devraient bientôt suivre. » Edifiant, non ?

                      Il n’est pas anodin que le texte des reformes adopté jeudi a été « soumis au conseil Européen sans réel débat », déclaration de Junkers qui souligne le fait.

                      Trichet est mis en cause par certains analystes, ses déclarations (intentionnelles, donc) sur la Grèce ayant servi les spéculateurs, il se trouverait mieux armé pour induire les mesures préconisées par la bce...

                      Les politiques d’austérité préconisées (ou imposées) par l’Europe sont bien une forme déguisée de frein au développement des états européens.
                      Pour ceux qui ne savent rien des méthodes des fmi, bm et ong associés (Halliburton/vice-pés usa) :
                       « les assassins financiers, J Perkins », http://www.flyintelligence.com/index.php?option=com_content&view=article&id=229:confessions-dun-assassin-financier&catid=35:articles&Itemid=57 (site Aéronautique Intelligence .com)
                      Et aussi :
                      CADTM, http://www.cadtm.org/Francais, dette tiers monde. Tiers Monde ?
                       
                      Si on a des doutes sur la violences des mesures d’austérité, il faut observer l’état des pays bénéficiaires de ces aides internationales...


                      • vergobret 16 février 2010 01:44


                        Vous, vous pensez que la crise est conjoncturelle, nous on pense qu’elle est structurelle. Vs pouvez toujours moquer, ça ne mange personne.
                        Qui a mentionné le nom ? Ici, c’est bce, fmi et réformes sociales ; ça va ?
                        En socio et sciences éco on apprend ce qu’est réellement le fmi, pas en Sciences ?
                        Vous aimez le libéralisme ? Pourtant, la plupart des biens matériels et spirituels dont vous profitez proviennent d’un effort collectif antérieur à votre présence sur la terre de france.
                        Le fait que les ouvriers du bâtiment ou les marins pêcheurs décèdent en moyenne vers 55 ans ne semble pas vous concerner, ni même vous toucher. Tant mieux pour vous.
                        Oligarchie : Vous faites bien de souligner que la République n’a plus cours de nos jours..
                        Question, le décalage que vous revendiquez, c’est une posture ou vous avez des raisons raisonnables d’appeler de vos vœux le libéralisme ?
                        « Heureusement que vous nous prévenez » effectivement, vs êtes en décalage, par rapport au contenu du texte ; Je ne dis pas que la crise est là mais qu’elle n’a pas les raisons que vos idoles lui prêtent.
                        Salut, citoyen


                      • Terran 15 février 2010 23:50
                        Réflexion à la City : comment causer une « dépopulation rapide et profonde » ?
                        15 février 2010 - 20:50

                        15 février 2010 (Nouvelle Solidarité) – En pleine bataille pour sauver leur empire financier chancelant, les intérêts financiers britanniques appellent l’écologie malthusienne à leur secours. Dans un article intitulé « La biodiversité à portée de canon », le magazine de la City de Londres, The Economist, le dit clairement : « La dure réalité, c’est qu’il semble que la mort violente et arbitraire soit le moyen de conservation de la nature le plus économique inventé jusqu’ici. »

                        L’auteur (toujours anonyme chez The Economist) part d’un simple constat : « Il y a encore des parcs naturels involontaires, pour reprendre le terme de l’écrivain et futuriste Bruce Sterling, qui permettent d’illustrer ô combien la nature fait bien lorsque l’on exclut les êtres humains de l’équation (…) la zone démilitarisée entre les deux Corée en est un bon exemple (…) elle est de facto une réserve naturelle. L’agriculture et l’industrialisation ayant migré ailleurs, cette zone inhabitée et lourdement minée de 1000 kilomètres carrés constitue un refuge pour deux espèces d’oiseaux en voie de disparition : la grue de Mandchourie et la grue à cou blanc. On y trouve aussi des ours noirs d’Asie, des aigrettes et, selon certains, une sous-espèce extrêmement rare du tigre de Sibérie. La plus grande menace pour cette biodiversité est probablement la paix. »

                        Et il donne un autre exemple de succès de l’impérialisme : « L’archipel de Chagos dans l’Océan indien est aussi une zone militaire. Les autochtones ont été expulsés par le gouvernement britannique au début des années 1960 pour permettre l’établissement d’une base américaine sur l’île de Diego Garcia (…) Cependant, ils comptent bien revenir un jour, et dans ce cas, ils voudraient commencer à pêcher, construire des hôtels et même un aéroport. Seule l’occupation militaire empêche cela d’arriver. »

                        Puis il poursuit : « La mer au large des côtes nord du Kenya connaît une profusion de poissons puisque les pirates somaliens font fuir les grands chalutiers étrangers. » Il va même jusqu’à évoquer Tchernobyl : « Le plus fameux des parcs involontaires est la zone évacuée autour de Tchernobyl, en Ukraine, où une vie sauvage bourgeonnante n’a été que peu affectée par les risques de radiation. »

                        Enfin, il conclut à la manière d’un Bertrand Russell : « C’est la dépopulation qui importe. Les conflits armés et leurs répercussions se trouvent simplement être une des quelques forces sur la planète qui puissent causer une dépopulation rapide et profonde. Lorsque la paix arrive, ces zones doivent se battre pour survivre. La dure réalité, c’est qu’il semble que la mort violente et arbitraire soit le moyen de conservation de la nature le plus économique inventé jusqu’ici. »

                        ******************

                        Mais ils en parlent !!!!

                        Hého !!!
                        Il suffit de les lire, ils s’expriment au grand jour et mettent en avant les pensées les plus cyniques.


                        • nilasse nilasse 16 février 2010 10:50

                          cette charge de la part de l’auteur contre l’euro et l’europe est proprement délirante. il n’en est pas a son coup d’essai. il alimente les peurs et les doutes par pur idéologie. ce qu’il n’explique jamais,c’est que si nous étions resté avec le franc,nous serions l’equivalent d’un pays de l’est,genre bulgarie ou roumanie. la marche logique de l’histoire est l’euro et l’europe. une france isolée serait encore plus vulnérable dans un monde ou les lignes des leaders ship sont en pleines mutations. les français sont déjà suffisamment flippés par un nombres incalculable de sujet,inutile de rajouter une peur sur une autre. il semble que ce soit un commerce très a la mode la peur.


                          • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 12:19

                            Nilasse,

                            Merci de votre commentaire qui est au fond et sur les faits énoncés (sauf l’erreur de mise en page du texte que je reconnais bien volontiers) bien vain.

                            Vous avez noté que ce qui est mis en avant est les faits REELS. Et que l’article évite tout débat stérile comme celui que vous croyez voir (franc français contre euro).

                            Les fondements de l’euro son remis en cause par l’ensemble des économistes maintenant. Mais, nul ne discute du principe GENERAL d’une monnaie commune qui serait fondée sur des bases saines et claires.

                            La peur n’est pas un commerce, sauf pour les partisans de « complots » divers qui existent aussi et dont il existe sur ce fil, comme partout, des exemplaires plus ou moins amusants pour quiconque sait penser.

                            La question est, surtout en France, de regarder EN FACE des faits et de les comprendre afin de pouvoir, éventuellement, agir sur les processus en cours.

                            Il est seulement regrettable que des personnes supposées être sensées continuent à nier des faits qui sont de plus en plus évidents et/ou à tenter de dévier les nécessaires débats de fond sur les bases de l’euro avec des fausses contradictions sans intérêt aucun.

                            Bien cordialement,


                          • citoyen 16 février 2010 12:38

                            @ nilasse , sans l’euro , la france serait plus mobile , plus apte à réagir face aux événements . L’euro-sclérose est un des principaux maux dont souffre notre pays . D’ailleurs ,les pays qui n’ont pas voulu de l’euro ne se portent pas plus mal que les autres , et parfois mieux.

                            @ l’auteur : trés bon article qui synthétise et met en forme ce que , rassurez vous , beaucoup pressentent confusément , malgré les déformations et les aveuglements volontaires des médias - majoritairement détenus par groupes tout dévoués à la pensée unique ( particuliéremnt en france , vous avez raison ). Il y a peut être un autre scénarion , toutefois ( et je l’appréhende beaucoup ) , l’enfoncement dans une situation « déprimée » , dans le « gris » . Ceci avec une imposition maximum des classes moyennes , condamnées à financer la survie des plus défavorisés , (puisque les riches ne veulment plus assumer cette responsabilité , et que tailler vraiment dans le social n’a pas été fait en france , quoi qu’on en dise , par peur d’une explosion violente). Tout lemonde au smic parés impots et taxes , à peu prés . On aboutirait alors à une société grise , triste , égalitaire dans la gêne et la frustration, tout à fait décourageante pour le travail , l’ambition et l’esprit d’entreprise, seuls quelques pour cent d’oligarques héréditaires échappant au sort commun. En somme, assez semblable par certains aspects à l’ex bloc de l’est , que j’ai bien connu . Qu’en pensez vous ?


                            • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 13:09

                              Citoyen,

                              Je me garderais de formuler des hypothèses personnelles sur des évènements aléatoires qui, par contre, seront issus des processus décrits ici (et pas seulement ici, par par de plus en plus d’analystes).

                              A l’évidence, le mythe de l’euro qui protégerait quelqu’un de quelque chose est MORT. Il est d’autant plus mort que les mensonges antérieurs sur ce sujet ont été démentis par les faits.

                              En ce qui concerne les monnaies nationales indépendantes, du dollar américain au dollar taïwanais, il est une évidence que les pays hors zone euro résistent bien mieux à la crise mondiale, toutes proportions gardées, que les Etats de la zone euro.

                              Ainsi, Taïwan est maintenant le 20ème PIB du monde, tandis que les pays émergents ont continué en 2009 leur croissance quand la zone euro était en récession, la plus grave depuis 1945.

                              Bien cordialement,


                            • nilasse nilasse 16 février 2010 12:42

                              vous savez sans doute que les matières premières sur la scène international ont un coût. expliquer nous donc après la flambée de nombre de ces matières,comment sans l’euro nous pourrions faire face. je ne crois pas etre moins bien renseigné que vous,pas plus que je ne crois pas etre plus stupide que vous. il serait a mon sens,tant de sortir de ce genre d’ideologie franco française. le monde bouge et la france,puissance secondaire ne serait plus rien sans l’europe et la monnaie commune. que nous traversions une turbulence est indeniable,et je ne crois pas que surfer sur les inquietudes pour donner du credit a votre theorie soit profitable a quiconque si ce n’est a vous meme. vous nous dites :

                              La peur n’est pas un commerce, sauf pour les partisans de « complots »

                              c’est exactement ce a quoi vous jouez. cette phrase est la preuve que l’on reproche aux autres ses propres excès. voyageant pas mal,je peux affirmer que sans l’euro et l’europe,les choses seraient bien pire.


                              • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 13:18

                                Nilasse,

                                Sans données chiffrées, vos assertions sont sans valeur aucune, mais elles contredisent les données mondiales disponibles.

                                La zone euro est en phase de crise sans issue, tandis que les autres pays, non prisonniers de cette monnaie carcan mise en place pour fluidifier et aider à la spéculation la plus totale, sont en plein désarroi.

                                Si vous avez des économistes, même français parmi vos proches ou vos lectures, vous saurez vite qu’une monnaie COLLECTIVE bâtie sur les bases qui sont celles de l’euro est une machine à détruire l’économie réelle, à favoriser une spéculation dévastatrice et à ruiner les pays membres de cette zone.

                                Le nier devient ridicule car la preuve la plus manifeste est sous les yeux de l’opinion publique.

                                En 1922, le gouvernement allemand n’a pas eu peur de la crise et n’a rien vu venir. Puis, il y a eu la crise de 1923.

                                Vos commentaires réitèrent la même erreur comportemental : nier une situation dont l’issue, si personne ne réagit, aura des conséquences dommageables terribles.

                                Vous avez le droit de ne pas regarder les dangers, mais ils sont pourtant bien devant vos yeux !

                                Bien cordialement,


                              • nilasse nilasse 16 février 2010 12:58

                                @ citoyen

                                c’est totalement faux,ceux qui ne sont pas dans l’euro sont a poil aujourd’hui. renseigné vous un peu cher monsieur.


                                • citoyen 16 février 2010 13:27

                                  ben , voyons . Le danemark (pas dans l’euro ) A poil ? La suede . A poil ? ( j’y etais encore en septembre , dans le Varmland ) ; La suisse A poil ?
                                  Le royaume uni , moins bien que les trois precedents , un peu a poil , oui ,mais pas plus qu’espagne , grece , portugal
                                  L’islande ? oui , d’accord , a poil . Vous reconnaitrez toutefois que c’est un tres petit état

                                  La norvege A poil ? donnez nous son niveau de vie

                                  voyons , voyons soyons sérieux
                                  c’est vous qui devriez plutot vous renseigner
                                  NB et je ne parle pas des pays hors-europe


                                • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 13:31

                                  Nilasse,

                                  Voilà pour vous remettre dans la réalité vivante et publique un lien vers les PIB de pays en 2009.

                                  Vous y noterez que vous avez entièrement faux sur tous les pays européens hors zone euro, sans parler de tous les Etats du monde à monnaie nationale indépendante :

                                  http://www.indexq.org/economy/gdp.php

                                  Il serai temps de regarder les faits et non de les nier avec un entêtement vain.

                                  Bien cordialement,


                                • Mycroft 16 février 2010 13:32

                                  Allons, vous avez mal lu, l’auteur dit bien : « les pays de la zone euro vont mal, et ceux hors zones euro vont mal aussi, c’est bien la preuve que l’euro est un problème ».

                                  Oui, je sais, ça n’a aucun sens. Mais en même temps, l’auteur nous donne, à grand renfort d’affirmations, une jolie preuve de sa totale incapacité à raisonner. Ne lui en voulons pas, ils nous donne certains fait intéressant (même si déjà connus dans l’ensemble), ne nous focalisions pas sur les conclusions qu’il en fait.

                                  A force de considérer qu’il suffit de travailler pour être compétent et de dénigrer les capacité logique et mathématiques des individus (alors que ces dernières sont tout simplement primordiale), on fini par arriver à de telle absurdités.


                                • citoyen 16 février 2010 13:49

                                  mycroft , argumentez SVP , au lieu de caricaturer. Si vous avez des arguments , exposez les , sinon....


                                • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 14:00

                                  Mycroft,

                                  Votre commentaire est assez amusant car votre déformation des écrits est brutale.

                                  Ce qui est bien expliqué et que vous essayez de déformer sans grande perspicacité est que les pays de la zone euro souffrent d’une crise que l’euro leur diffuse collectivement, tandis que CERTAINS pays hors zone euro souffrent de la crise mondiale car abandonnés à leur sort par l’UE et ses instruments financiers (Europe centrale et orientale).

                                  Vous aurez noté que l’article n’évoque pas les pays scandinaves qui sont le parfait exemple de ce que peuvent faire des pays développés hors zone euro.

                                  Bien que ne connaissant pas l’origine de votre lecture incomplète et déformante de textes écrits en une langue que vous semblez manier avec aisance, ce qui tend à indiquer une tendance ennuyeuse à la falsification des écrits, je vous invite à reprendre une lecture sereine, paisible et sans raccourci falsifié que vous présentez, avec des guillemets, comme des citations.

                                  Votre honnêteté et votre amour de la logique vous permettront de corriger vos erreurs inconscientes, certes, mais ici trop voyantes.

                                  Bien cordialement,


                                • Mycroft 16 février 2010 15:16

                                  Bien expliqué, bien expliqué, c’est très vite dit. Justement, ces nuances, que vous n’apportiez pas dans vos précédentes intervention ont une importance. Vous accusez ma façon de présenter les choses, je peux vous rendre la pareil. Vous accumulez les amalgames, liants ainsi des choses sans démontrer qu’il existe un lien logique entre elles.

                                  En mettant les points sur les i, les choses sont tout de suite un peu moins fumeuse, mais il serait alors bon de prouver clairement vos dire.

                                  Que l’euro nous lie avec nos voisins, c’est une évidence. Que ce lien soit néfaste comme vous semblez l’indiquer, c’est ce que vous ne prouvez pas, par contre. Certes, un certains nombre de pays de la zone euro coulent. Certes, nous coulons avec eux. En serait il autrement sans l’euro ? J’en doute. Et rien, dans les éléments donné par l’auteur, ne permet d’en déduire que j’ai tord (ou raison). Pourtant, il l’affirme. Au passage, certains pays comme le Danemark, lié à l’euro par leur monnaie (la monnaie danoise est indexé sur l’euro ) s’en sortent très bien comme vous le signalez. Un argument de plus pour se dire que, au final, cet euro a finalement bon dos.

                                  Personnellement, je suis plus partisan de l’hypothèse de la crise lié au modèle anglo-saxon, modèle largement recopié par les PIIGS, et également par les autres pays de la zone euros dans une moindre mesure. Mais je n’ai pas les preuves suffisante pour défendre cette thèse aussi n’affirme pas que c’est une évidence que seul un imbécile refuserait de voir, comme l’auteur le fait pour sa thèse.

                                  Il faut éviter les boucs émissaires, l’euro a le profil pour être l’un d’eux. Pour éviter de châtier un innocent, évitons les amalgames.


                                • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 février 2010 21:42

                                  Mycroft,

                                  Un modèle de crise anglo-saxonne ? Qu’est ce que cela signifie ? Que le modèle de société, d’économie et de vie sociale serait fondamentalement différent entre les Etats-Unis et les pays de la zone euro ou du Japon ?

                                  Sauf si nous ne sommes pas sur la même planète, il semblait qu’un acquis était bien accepté par toutes et tous : nous sommes tous dans une crise mondiale, avec ses variantes selon les situations des divers pays, et le système qui dirige les sociétés de toute la planète est unique, bien que s’appliquant évidemment dans des circonstances sociales et historiques différentes.

                                  Vous évoquez donc des thèses. C’est intéressant, car les faits actuels ne permettent vraiment pas de « thèses », mais induisent pour tout esprit cohérent un CONSTAT et des conclusions, comme un médecin constate une maladie et peut, sans médicaments appropriés, en déduire le processus.

                                  Si le monde entier est d’accord sur un fait constaté, sauf quelques personnes en France, voire en Europe, cela n’est pas en soi important.

                                  L’essentiel demeure les évènements publics, les chiffres, les conséquences de ces situations et les développements qu’ils sont susceptibles d’avoir.

                                  Bien cordialement,

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