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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise de l’euro : un accord qui signe une terrible défaite

Crise de l’euro : un accord qui signe une terrible défaite

Ainsi, après des semaines de palabres impuissantes, après avoir montré au monde une zone euro pleine de conflits internes et de contradictions non-réglées, un accord de principe qui fait intervenir le FMI (Fonds Monétaire International) a été annoncé. Ainsi, la zone euro devient aussi une zone qui a dû faire appel au FMI ! Elle a ainsi perdu toute «  indépendance » et, partant, toute crédibilité propre.

Pire encore, cet accord est un appel d’air magnifique à une spéculation démultipliée sur le Portugal, l’Espagne, la France et l’Italie, en premier lieu. Car, si pour sauver la petite Grèce, la zone euro a été contrainte d’appeler au secours le FMI, qu’en sera-t-il quand la situation d’autres Etats bien plus importants deviendra -ce qui sera vite le cas- similaire ?


Une défaite cinglante présentée comme une grande victoire
 
Il faut vraiment avoir un esprit particulièrement « confus  » pour appeler l’accord européen intervenu une victoire, à moins d’être un adepte de Pyrhus !
En effet, ceux qui prétendent avoir ainsi sauvé la zone euro du désastre et de l’explosion ne peuvent cacher à personne qu’ils ont juste retarder -au prix de concessions formidables et très profitables à la spéculation- les délais en aggravant au passage les conséquences ultérieures des difficultés qu’ils n’ont pas résolues à la racine.
 
Il convient ici d’être particulièrement clair, d’où la nécessité d’un langage d’une grande simplicité : l’accord intervenu récompense, sur tous les plans, les menées spéculatives engagées contre les finances publiques grecques !
 
D’abord, l’accord structure de facto une récompense financière au profit des fonds spéculatifs. C’est le premier point, essentiel dans son principe.
 
Ensuite, l’accord manifeste aux yeux de tous que la zone euro n’est pas (plus ?) capable d’assurer sa propre sauvegarde financière, ce qui est un signal fort envoyé aux fonds spéculatifs les poussant à s’attaquer à d’autres Etats de la zone euro, tout aussi fragilisés et affaiblis par la politique économique européenne menée depuis 1992.
 
En résumé, cet accord est tout sauf un succès. Il est aussi tout sauf une solution durable. Il ne résout rien dans le fond, mais reporte à plus tard, et sur toute la zone euro, les problèmes de fond, qui sont immenses.
 
Ainsi, déjà, les fonds spéculatifs, ayant vu et enregistré les réactions tardives, impuissantes, désordonnées, incomplètes, vaines, des gouvernements de la zone euro et de la BCE, savent désormais qu’ils peuvent attaquer avec profit le Portugal, l’Espagne, l’Italie, puis la France.....
 
C’est un feu vert à la spéculation, allumé en grand format international qui a été montré, même si les politiques européens le présentent comme un feu rouge, son exact contraire !.
 
Si l’on veut comparer, pour que tous les citoyens puissent comprendre la nature profonde, réelle, de cet accord, celui-ci est en matière financière l’équivalent de l’accord politique de Münich en 1938 face au Reich hitlérien : on a reculé dans le temps la catastrophe monétaire européenne, mais on a aussi rendu ce désastre à la fois totalement inéluctable et plus massif car l’ennemi -la spéculation- en sort plus puissant, plus confiant en lui et conforté dans ses pratiques passées afin de les reproduire dans l’avenir contre d’autres pays avec des moyens accrus.
 
Les dettes publiques en zone euro : entre le marteau européen et l’enclume mondiale
 
Faute d’avoir adopté des mesures fermes, contraignantes, régulatrices, énergiques, contre les vagues spéculatives contre l’euro et sur les dettes des Etats de la zone euro, l’accord développe maintenant un risque mondial majeur qu’un récent dirigeant de la FED américaine a souligné sans fard : les dettes des Etats -pour ne parler ici que d’elles- se financent qu’en faisant appel aux marchés financiers.
 
Ce qui est à la racine de l’accord européen est la crainte que les marchés financiers ne trouvent plus « intéressants  » de financer les dettes publiques des Etats, en clair, que ces dettes ne soient plus assez rémunératrices pour les fonds spéculatifs.
 
Si cela arrivait, alors les fonds spéculatifs se retireraient du financement des dettes publiques, mettant les gouvernements dans une situation de crise menaçante.
 
On touche ici au fond même des choses : soit les Etats du monde, y compris ceux de la zone euro, se placent, encore et toujours sous le couteau tranchant des fonds spéculatifs et de leurs intérêts exclusivement financiers, avec les conséquences humaines, sociales, économiques, fiscales désastreuses que l’on connaît aujourd’hui, soit ils refusent de se placer la tête sous la hache spéculative et changent radicalement de politique monétaire, économique, sociale, fiscale.
 
Cette seconde alternative signifie clairement -pour la zone euro- rompre avec les Traités européens qui étranglent Etats, économies nationales et citoyens, ne plus s’appuyer sur les fonds spéculatifs, se donner les moyens monétaires de politiques nouvelles protégeant l’intérêt collectif, les emplois, les salaires, les assurances sociales, en un mot, le niveau de vie des populations.
 
L’accord annoncé revient donc, pour utiliser une image frappante, à placer tous les peuples de la zone euro entre le marteau européen (Traités conduisant à servir sans fin les intérêts des fonds spéculatifs au détriment de ceux des citoyens) et l’enclume mondiale des seuls intérêts des fonds issus des seuls marchés financiers.
 
Quel avenir pour la zone euro après cet accord ?
 
L’encre de l’accord est à peine séché que déjà les milieux spéculatifs, faisant une pause de bon aloi afin de feindre qu’ile ne chassent plus leurs proies, se préparent à bondir sur le Portugal, l’Espagne, et derrière, d’autres pays de la zone euro.
 
L’état des dettes publiques, l’impuissance et l’incohérence des politiques, leur lâcheté face aux décisions nécessaires à la sauvegarde des sociétés humaines dont ils sont responsables, tout cela s’est traduit par la fin de facto de toute politique européenne indépendante : le loup FMI est entré par la grande porte dans la gestion des Etats de la zone euro.
 
Nul n’ignore que le FMI est le bras financier et monétaire des intérêts américains les plus essentiels ! C’est tout dire de ce qui reste aujourd’hui de l’Europe et de son indépendance sur tous les plan avec cet accord qui intègre le FMI.
 
Cet accord entérine donc la mort de toute indépendance, même apparente, de la zone euro par rapport à l’économie américaine, via l’introduction du FMI dans ladite zone, et encourage la voracité des fonds spéculatifs qui vont naturellement, avec de tels encouragements publics, se ruer, tels des grands fauves rassurés, sur les pays considérés comme les plus fragiles par leurs analystes.
 
L’accord signé vient donc de ne pas sauver la Grèce du désastre général à terme, mais de propulser le Portugal comme prochaine proie des fonds spéculatifs, et toute la zone euro derrière lui. La situation de la Grèce va donc se généraliser à toute la zone euro.....
Telle est la réalité de cet accord : le reste n’est que discours - poudre aux yeux
 
 
 
 
 

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71 réactions à cet article    


  • verdan 26 mars 2010 13:04

    « les français ont manifestement choisi la première proposition.
    Qu’ils en paient donc le prix. »

    Donc les non votants , soit presque 50% vous les placez où ? Peut-être que la solution viendra de cette moitié qui sait...

    Allumons les forges et battons le fer , tant il devient trop chaud 


  • robin 26 mars 2010 16:16


    Que se passerait si les Etats
    disaient aux banques d’aller se faire foutre
     elles nous enverraient la police ?


  • Peretz Peretz 26 mars 2010 17:06

    @Robin Effectivement. Quand l’Argentine, sauf erreur, a refusé de payer la totalité de sa dette, les banques ont été obligé de négocier. Ce que Fédéric Lordon n’arrête pas de dire. Quant à l’inflation, il ne faut pas en faire un monde. D’ailleurs un cadre du FMI, vient doucement d’admettre qu’une inflation à 4% et non 2 % comme préconisé par nos grands argentiers européens était admissible. S, si : admissible. Alors faut pas s’affoler. Mais le mieux c’est que chacun reprenne ses billes.


  • Croa Croa 26 mars 2010 19:30

    Les abstentionistes pouvaient aussi voter Ecologie Indépendante.


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 12:54

    Si je vous comprend bien, vous voudriez qu’on règle le problème des déficits par l’augmentation de l’inflation.

    Les Etats n’ont pas le choix pour alimenter leurs déficits : soit ils empruntent soit ils créent de la monnaie.

    Le deuxième solution produit de l’inflation.

    Le problème principal concerne le déficit des Etats : pas de déficit, pas de problèmes.

    Les gouvernements Grecs ont déconné avec le déficit et maintenant tous les Grecs vont comprendre ce que ça signifie.

    Personne ne peut vivre indéfiniment au dessus de ses moyens, y compris les Etats parce qu’il y a toujours un moment où ça va coincer.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 13:22

      Un système financier est une abstraction qui n’a pas d’existence en soi.

      Par contre, les acteurs financiers qui ont emprunté au delà de leurs capacités de remboursement vont avoir de gros problèmes qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises, de collectivités ou d’Etats.

      Mais, ça je suppose que tout le monde le sait.

      Le problème avec les Etats réside dans le fait que les gouvernements ont une durée de fonctionnement courte et qu’il est dés lors rationnel pour eux de refiler le problème au suivant surtout si le gouvernement suivant est du parti adverse...


    • bonsens 26 mars 2010 14:01

      Alois , si tu crees de l’argent et que tu me le donnes lol , tu ne creeras pas d’inflation , mais du boulot , parce que j’engagerai immédiatement un chomeur pour refaire la façade ( devenue un peu crados) de ma maison .


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 14:43

      C’est bien ce que je dis : inflation.

      Qu’est ce que vous vous imaginez ?

      Que pour que tout aille mieux il suffit que le gouvernement imprime de l’argent au lieu de lever des impôts ?

      Voilà où mène votre raisonnement !

      Et quand on OSE vous contredire , on se fait traiter de néolibéral !

      Si c’était aussi facile, pourquoi donc existe il des pays pauvres ?

      Il leur suffirait d’imprimer de l’argent et ils deviendraient riches !




    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 14:50

      Outre que la cerise sur le gateau c’est de ma traiter de néolibéral alors que la création de monnaie est justement l’outil le plus utilisé par la FED pour équilibrer ses comptes !

      Sont socialos à la FED ?


    • PhilVite PhilVite 26 mars 2010 17:06

      L’inflation n’a rien de dramatique en soi.

      L’inflation était énorme dans les années 70, et pourtant on y a pas mal vécu.

      Mes parents, comme beaucoup d’autre « français moyens » à cette époque-là, on pu se payer la construction de leur maison les doigts dans le nez. Grâce à l’inflation !

      L’inflation est une catastrophe pour les détenteurs de capitaux. Pas pour les autres.


    • Mycroft 26 mars 2010 17:24

      Mais si l’état est présent pour imposer aux salaires de suivre la dite inflation, cette dernière n’est un réel problème que pour ceux qui vivent bien sans travailler : les rentiers.

      Pour les autres, ce n’est pas un problème. Ca nous obligerait à laisser tomber les billets pour tout payer en carte, à la rigueur, mais c’est tout. Avant les cartes de paiement, c’était plus gênant, on devait se promener avec des brouettes de billet.

      L’inflation est justement une solution pour réduire les inégalité, vu que l’avoir devient au fil du temps négligeable par rapport au gain. Donc ceux qui ont gagné par le passé ne sont pas avantagé pour l’avenir. 


    • Croa Croa 26 mars 2010 19:38

      Je dirais même plus !

      « L’inflation est une catastrophe pour les détenteurs de capitaux.

       smiley « Pas pour les autres. » smiley


    • docdory docdory 26 mars 2010 13:12

      Cette crise grecque n’aura pas été inutile si elle amène l’effondrement définitif de la satrapie ploutocratique liberticide de l’union européenne imposée aux peuples par l’infâme TCE/ traité de Lisbonne, et l’abandon de l’euro pour en revenir enfin au franc ( et aux drachmes , escudos , pesetas, lires, dont on regrette la disparition ).

      L’Europe est morte , vivent les européens ! 


      • Traroth Traroth 26 mars 2010 13:22

        Vous ne comprenez pas. Le millefeuille constitué par l’UE et les états créent un piège imparable, sauf par la révolte violente : les citoyens ne votent qu’à l’échelle de l’état, mais les décisions se prennent un cran au-dessus. Et la crise ne va rien changer à la situation. Le pouvoir financier ne veut pas la fin de l’UE, ni la fin des états. Quand la fumée sera dissipée, on vous demandera de rester exactement là où vous êtes comme un bon citoyen obéissant et de rembourser l’addition avec vos impôts. Et vos enfants après vous. Et vos petits-enfants après eux. Et quand ça sera fait ? Nous serons mûrs pour être à nouveau plumés et tout recommencera !


      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 13:28

        Vous venez de découvrir l’eau tiède !

         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley

        Ceci étant dit RIEN n’oblige un Etat à investir à fond perdu les sommes qu’il a empruntées : le problème est donc bel et bien un problème politique.

        Que font les gouvernements avec l’argent que NOUS devons lui payer avec nos impôts et nos taxes ?

        Les politiciens ne sont pas assez surveillés par les électeurs à ce sujet !


      • Traroth Traroth 26 mars 2010 15:06

        "Les politiciens ne sont pas assez surveillés par les électeurs à ce sujet !" : Qu’est-ce que vous disiez, déjà, sur la température de l’eau ?


      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 15:40

        Je n’avais pas la prétention de livrer un scoop !

         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley

        Ceci dit, avez vous une solution à ce problème ?

        Moi pas !

         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley
         smiley smiley smiley smiley smiley smiley


      • Traroth Traroth 26 mars 2010 16:49

        Ah bon ? Vous êtes sûr que vous connaissez le programme du FN ?


      • Traroth Traroth 26 mars 2010 16:51

        @Alois Frankenberger : la réponse serait un trop longue pour être exposée ici.


      • Croa Croa 26 mars 2010 19:46

        Question D’Aloi :

        « Que font les gouvernements avec l’argent que NOUS devons lui payer avec nos impôts et nos taxes ? »

        Facile : Ils entretiennent des banques !

        Problème : Ces gens sont toujours plus gourmands et nous irons à la ruine de toute façon !


      • ploutopia ploutopia 26 mars 2010 21:58

        Politiciens, financiers, économistes ou scientifiques, peu importe, le fait est que tout ce beau monde n’a d’yeux que pour maître pognon et sa rémunération antinature… Tout ce qui existe sur terre fini toujours par se dégrader, à dépérir. Par quelle alchimie, l’argent, non seulement ne dépérit pas, mais « gagne en valeur » ? L’agent, déjà vecteur de tous les échanges et donc déjà pourvu de « supers-pouvoirs », se voit, en plus, décerné le pouvoir de gagner de la « valeur » avec le temps. Mieux que l’immortalité ! Tout système fondé sur ce principe n’est pas viable sur le long terme. Si ce principe a pu perdurer, c’est uniquement parce qu’il nous restait du temps et de l’espace. Or, tout porte à croire que « la mondialisation à fait son temps ». Cfr. Argent et Intérêts. Mais ce maître pognon érigé en dogme n’est-il pas le reflet de notre égo et de nos peurs les plus profondes ?


      • Julien Julien 26 mars 2010 13:30

        Le problème va au-delà de la spéculation.

        Le problème est que les Etats n’ont plus le droit de battre monnaie (depuis la loi Pompidou-Giscard de 1973 en France, article 104 du traité de Maastricht en Europe).

        En effet, ces lois
        interdisent à l’Etat de battre monnaie, et l’oblige à emprunter aux banques avec
        intérêt. Sachant que les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas, avec
        intérêt. Et c’est pareil dans à peu près tous les pays : cela explique que presque tous les pays sont endettés.

        Les banques sont donc en train d’acheter tranquillement la planète, en vivant
        des intérêts perçus sur l’argent qu’elles prêtent, un argent qu’elles créent ex
        nihilo. Quand le banquier vous accorde un crédit, il crée cet argent purement et
        simplement.

        « Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est
        semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui
        est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si
        justement réprimée par la loi."
        (Maurice Allais, prix Nobel d’Economie 1988)

        C’est fondamental, c’est le premier problème sur la planète !
        Des politiciens commencent à s’en rendre compte :

        25725
        (prendre à 4:30)

        Sans les intérêt versés aux banques depuis 30 ans, la France n’aurait pas de
        dette :


        Bien sûr, ce serait encore mieux si elle avait le pouvoir de battre monnaie.

        D’autres liens :

        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 15:04

          Super !

          Le solution : imprimer plus de billets !

          Vous croyez vraiment que ça ne va pas créer d’inflation ne fut ce que parce que les personnes vont consommer plus et qu’on va devoir importer plus de pétrole et que les fournisseurs de pétrole ne voudront peut être pas de notre monnaie avac laquelle ils ne pourront pas forcément acheter ce qu’ils veulent.




        • Julien Julien 26 mars 2010 16:39

          @Alois Frankenberger


          Le mécanisme du crédit est sensé éviter l’inflation, en tout cas c’est ce que dit Giscard pour justifier la loi de 1973 qu’il a fait passer :


          Je suis d’accord sur ce principe : il y a un bien à acheter, le crédit permet de mettre en circulation juste l’argent qu’il faut.
          Le problème, ce sont les intérêts, perçus par des petits malins qui ont fait beaucoup de lobbying auprès des politiciens.

          Il pourrait très bien y avoir des crédits accordés par l’Etat, sans intérêt.

          C’est simple.

        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 17:04

          Il me semble évident que des pays finiront quand même par dépasser leurs capacités de remboursement, intérêt ou pas intérêt.

          C’est pour cette raison que les « spéculateurs » augmentent le taux d’intérêt des prêts pour la Grèce : le risque ne non remboursement devient trop grand.


        • ploutopia ploutopia 26 mars 2010 21:55

          @Alois Frankenberger

          Pourquoi et de quel droit un pays doit être redevable à des créditeurs privés ?

          Ce n’est pas parce que c’est écrit dans la « constitution Européenne » que c’est inaliénable. C’est terrible ce que l’homme peut s’auto-embourber dans les emmerdes. Ce qui crée l’inflation ce n’est pas tant l’émission monétaire mais les intérêts bancaires. Selon Helmut KREUTZ, le taux d’intérêt se répercute à tous les stades de la production et représente en moyenne 40% des prix des produits hors taxe ! Tout le monde augmente donc ses prix pour pouvoir rembourser ses emprunts à une sphère privée en possession de la sève de la société.

          Imaginez que vous fassiez un emprunt « travaux » de 100.000 euros sur 30 ans à un taux fixe de 5%. Votre banquier va créer 100.000 euros sur votre compte. Par contre, il ne créera pas les 80.000 euros d’intérêt qu’il réclamera tout au long des 30 années. C’est à  vous de vous  débrouiller pour trouver  ces 80.000 euros  dans la masse monétaire existante. 

          Cette « subtilité » se traduit par deux conséquences réellement nuisibles :

          1. Nous sommes collectivement contraints de nous engager dans la spirale de la croissance monétaire infinie, qui condamne les peuples à s’endetter toujours plus pour être capable de rembourser l’intérêt ;

          2. La production  humaine provenant des mains  et des idées  de la population  est sans cesse  transférée aux financiers.

          Encore une chose sur le fait que la création monétaire crée de l’inflation.

          D’après la tautologique et infantile équation d’équilibre monétaire MV=PQ (où M est la quantité de monnaie, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau des prix et Q les volumes produits) et l’interprétation qu’en font les monétaristes, la seule et unique cause de l’inflation réside dans l’accroissement de la masse monétaire. Pour eux, une augmentation de M, se traduit automatiquement par une augmentation de P. Ils ne pensent pas un seul instant qu’une augmentation de M peut aussi se traduire par une augmentation de Q, ou encore par un accroissement de l’épargne ou des achats (effet logique d’un accroissement de liquidité). L’un comme l’autre, dans un climat de concurrence, résorberait la crise  inflationniste (si l’offre de produits monte, les prix devraient baisser et  si l’épargne monte, il y a  résorption automatique de  l’excédent monétaire). Par ailleurs, en adoptant le  raisonnement inverse des monétaristes, s’il y a hausse des prix, il faudrait plus de monnaie pour assurer le même volume de transaction. Une création de monnaie est donc  nécessaire pour valider  la hausse de  prix, sinon il  y aurait baisse  des transactions. Dans  ce cas, l’augmentation des liquidités n’est pas la cause de la hausse des prix, elle en est au contraire la conséquence.

          Par peur des années inflationnistes 70-80, les monétaristes et les banques centrales jugulent la hausse des prix en utilisant le moins  bon des outils :  la hausse des  taux d’intérêts. Pratique  qui ne permet  de limiter l’inflation qu’en créant ou  en entretenant un  climat de récession. Dans le  contexte actuel  les moyens de production (notamment dans les services où il suffit d’embaucher) sont loin d’être saturés et où la concurrence est généralement très vive, le risque d’inflation est nul sauf dans certains secteurs spécifiques comme l’immobilier. Cfr. http://www.chomage-et-monnaie.org/?p=340

          Malgré de nombreux exemples et études empiriques qui invalident la théorie, les monétaristes persistent et signent dans leur acharnement à vouloir maintenir un taux d’inflation inférieur à 2%. Ils ne se soucient pas de la cause initiale de  la hausse des  prix ou des  conséquences de leurs mesures. Pour  eux, la science  économique est une science EXACTE.

          Pour en revenir aux intérêts, il apparaît, en fin de compte, que ce sont ceux-ci et la théorie monétariste, plutôt que l’inflation, qui accentuent la crise et  les inégalités en rémunérant les riches et en endettant les pauvres.

           

           


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 14:47

          Les USA sont à l’abri parce qu’ils comptent régler le problème par l’inflation : des moeurs de cow boy !


        • plancherDesVaches 26 mars 2010 15:23

          Effectivement, Allois.

          Et c’est pour cela que les BRIC, la zone de libres échanges asiatique, la nouvelle banque des Pays du Golfe, l’accord SUCRE en Amérique du Sud,... se sont dépêchés d’exister pour se séparer, autant que faire se peut, du dollar.
          Et c’est en cela que l’Euro, monnaie qui peut essayer de survivre sans le dollar, peut ralentir aussi ce mouvement.
          J’avais écrit, en octobre 2007, que les ricains allaient bientôt marcher sur leurs dollars dans leurs rues, et ça se précise.
          Et cela ne va pas se faire non plus trop tranquillement, car leur obsession de l’argent est trop profonde...

          Mais bon, pour avoir trop bien connu une personne ayant cette obsession, je ne peux que parfaitement connaître toute la folie dont on est capable dans ce cas.


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 15:45

          Je suis assez sceptique en ce qui concerne la discipline budgétaire des pays qui veulent disposer d’une autre monnaie que le dollar : ce sera chou vert et vert chou.

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          Enfin, si ça les amuse , pourquoi pas ?

          Une monnaie de plus ou de moins, ce n’est finalement que du papier qui est évalué en fonction d’autres papiers !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
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        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 15:52

          Manifestement,à voir mes scores, il y a une majorité de personnes qui est POUR l’inflation !

          Personnellement, vu que je ne possède pas de fonds d’Etat ni d’obligations, je m’en contrefiche totalement.

          Mais je persiste à dire que c’est complètement idiot d’imprimer du papier pour rembourser des dettes : d’ailleurs, si je remboursais mon banquier avec des billets que j’aurais imprimé moi même j’aurais comme qui dirait quelques petits ennuis ...

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
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          Je ne vois dés lors pas pourquoi les Etats bénéficieraient de traitements privilégiés par rapport aux citoyens.


        • plancherDesVaches 26 mars 2010 15:54

          Oui. Je me demande pourquoi je me suis donné la peine de vous répondre.


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 15:58

          Donc selon vous, la Chine, l’Inde et le Brésil auront la volonté politique de ne pas faire fonctionner leur planche à billets : ils seront encore plus rigides et dogmatiques que les Allemands !

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          Et en plus, ils maîtriseront leurs déficits !

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          Pourront donner des leçons aux Grecs !

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        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 16:08

          Ou alors, la solution, c’est que les Etats arrètent de lever des emprunts.

          Perso, je ne suis pas contre , je suis même ... POUR  !

          Les politiciens, en revanche ...

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          Fallait pas emprunter : CQFD

          Je l’ai d’ailleurs toujours dit !

          Vai postuler pour le prochain nobel d’économie : il n’y a pas de petits profits !

          Le Frankenberghisme : les collectivités publiques ne peuvent jamais emprunter d’argent et les banques non plus sinon il y a des problèmes macroéconomiques.

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
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           smiley smiley smiley smiley smiley smiley

          Je suis tellement génial que je m’épate moi même !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
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           smiley smiley smiley smiley smiley smiley


        • epapel epapel 26 mars 2010 16:54

          Je ne vois dés lors pas pourquoi les États bénéficieraient de traitements privilégiés par rapport aux citoyens.

          Et moi, je ne vois pas pourquoi les banques bénéficient d’un traitement privilégié par rapport aux États qui est :
          - de pouvoir emprunter auprès des banques centrales à des taux inférieurs
          - de pouvoir ensuite créer de la monnaie scripturale grâce à l’effet de levier des réserves fractionnaires
          - enfin de prêter à des taux supérieurs cette monnaie qui ne leur a rien coûté.

          La règle ça devrait être que les États empruntent au taux de la banque centrale, ni plus ni moins :
          - et ça ne créerait que le taux d’inflation visé par la banque centrale grâce au taux qu’elle fixe.
          - ça diminuerait le service de la dette et donc les déficits (pour la France c’est un gain de 20 milliards d’euro par an).


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 17:10

          Donc on en revient au point de départ : c’est un problème politique.

          Autoriser ou non les Etats à emprunter auprès de la BCE aux taux de la BCE.

          Personnellement, je ne suis pas contre mais il semblerait qu’il y ait des majorités dans certains pays de l’UE qui soient contre.


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 26 mars 2010 17:19

          On remarquera qu’aux USA la FED achète des bons d’Etat...

          Donc, les USA sont pour que l’etat puisse s’endetter auprès de la banque centrale.

          On pourrait envisager une solution de contournement : créer une banque appartenant à un Etat qui emprunterait de l’argent à la BCE pour acheter des bons d’Etat ... en plus, les intérèts iraient directement dans les caisses de l’Etat !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley

          Elle est pas belle la vie ?

          Je suis tellement génial que je m’épate moi même !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley

          Un peu comme François Mitterand était épaté par Bernard Tapie !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley

          Laisser les politiciens faire mumuse avec les banques c’est très dangereux !

           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley
           smiley smiley smiley smiley smiley smiley


        • Croa Croa 26 mars 2010 20:04

          Pour Alois « c’est un problème politique. »

          Effectivement si choisir l’indépendance ou la dépendance n’était pas un problème politique que resterait-il comme « problème politique » ?  smiley


        • fonzibrain fonzibrain 26 mars 2010 14:35

          C’est vrai que c’est stupéfiant de nous présenter ce plan comme une victoire alors que c’est une cuisante défaite.


          cette europe ne sert vraiment à rien, nous en avons encore une preuve.

          le FMI(l’ue paye pour un quart) au secours de l’europe, la censé solidarité a volé en éclat, et rien n’a été fait contre les banque comme goldman qui ont joué au pompier pyromane.

          bref, l’ue c’est de la merde, les allemand nous ont bien niqué (même si dans l’absolu je les comprends, mais ils devraient assumer à fond et sortir de l’europe et reprendre leur mark)


          • ploutopia ploutopia 26 mars 2010 14:45

            L’Euro comme le Dollar ou le Yuan sont des monnaies de puissance et de domination (politique ou économique). C’est une des faces de la monnaie. L’autre face, celle de l’échange et du partage, est bien trop souvent occultée par la première. La « libre expression des marchés » est le fard de cette monnaie de domination qui s’immisce aujourd’hui dans les moindres recoins de notre humanité (s’il en reste). Même le microcrédit dont on vente tant les mérites fait entrer les plus pauvres dans la danse de la mondialisation et de l’asservissement par l’intérêt monétaire. Un jour viendra où le peuple, excédé par les sardoniques excentricités et exactions des puissants recréera sa propre monnaie (Argentine, Méreau du moyen-âge, Open Money, etc…). Une monnaie locale, représentative d’une région, d’un terroir. Une monnaie sans intérêts privés, donc une monnaie véritablement démocratique. Est-ce possible ?


            • PhilVite PhilVite 26 mars 2010 16:49

              Ouai, sont pas cons, les Suisses !

              Militons pour que l’UE soit absorbée par la Suisse. Il n’y a plus de temps à perdre !

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