Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Crise de la dette, diagnostique et perspectives

Crise de la dette, diagnostique et perspectives

L'Europe s'enlise dans une crise des dettes souveraines sans arriver à entrevoir d'issue. Malgré les plans de relance, les perspectives de croissance restent insuffisantes pour absorber les déficits. La menace des défauts de paiement apparaissent, et même des « grands » pays comme l'Italie ou l'Espagne se retrouvent à la merci des marchés. Il s'agit d'analyser d'où vient cette situation pour mieux cerner les solutions envisageables.

Qu'est ce que la dette publique ? La dette publique est le cumul du coût des actions publiques, décidées par les représentants du peuple, financées par l'emprunt plutôt que par l'impôt, et en cours de remboursement. Il apparaît ici le lien étroit entre dette et impôt. Plus l'État utilise la dette comme moyen de financement, plus les contributeurs au budget de l'État sont épargnés.

Les politiques menées en Europe pendant ces deux dernières décennies, sous la bénédiction de la commission Européenne, ont poussé les États à privatiser leurs secteurs rentables, à supprimer les impôts sur le patrimoine et à réduire les impôts sur le revenu et sur les entreprises. Pour combler ce déficit de recette, les États ont dû massivement emprunter pour subvenir à leurs besoins. La crise des subprimes et les plans de relance n'ont fait qu'aggraver cette situation.

Le surplus de liquidité généré chez les ménages, principalement les ménages aisés, n'a été que faiblement réinjecté dans l'économie réelle, ce qui a mécaniquement ralenti la consommation (prélever 1 millions d'Euro à une personne pour donner cent Euros à dix mille personnes à faible revenu revient, économiquement parlant, à garantir que les revenus soient réinjecté dans l'économie sous forme de consommation ; on peut d'ailleurs remarquer, qu'au plus fort de la crise, le gouvernement n'a pas supprimé l'ISF mais a distribué des crédits d'impôts aux ménages défavorisés). De plus, une part importante de ces liquidités a été investie dans l'immobilier ce qui a alimenté une bulle immobilière et a complètement asphyxié les personnes non propriétaires ou désirant accéder à la propriété. De cette politique découle une explosion des inégalités de patrimoine : 48 % du patrimoine global français est détenu par 10% des français, à comparer avec les 10 % plus hauts revenus qui représentent 25 % de la globalité des revenus. La situation est encore plus dramatique aux États-Unis où 10 % de la population possède 64 % du patrimoine global. Une situation qui présente une certaine analogie avec des pays du tiers-monde où une minorité de personnes capte l'essentiel de la richesse sans la réinjecter dans l'économie du pays.

De ces différentes politiques résulte un déséquilibre considérable entre le patrimoine des ménages et les dettes des États. Ainsi, en France, le patrimoine des Français représente 10 000 milliards d'Euro, soit cinq fois le PIB. Ce patrimoine est composé pour deux tiers d'immobilier et pour un tiers d'épargne financière (3300 milliards d'Euro). L'assurance vie représente 1360 milliards d'Euro, à comparer avec 1575 milliards de dette de l'État, de la sécurité sociale et des collectivités locales réunis. Cette situation n'est pas tenable et un rééquilibrage s'impose.

La méthode usuelle pour rééquilibrer la dette de l'État par rapport à l'épargne consiste à utiliser l'inflation qui permet, sans vraiment l'annoncer, de diminuer le poids de la dette en dévaluant les patrimoines. L'adoption de l'Euro interdisant tout recours à l'inflation, cette méthode ne peut être utilisée aujourd'hui. Il est toujours possible d'envisager une sortie de l'Euro, néanmoins, dans les circonstances actuelles, les inconvénients économiques et politiques demeurent bien plus nombreux que les avantages. De plus, on peut reprocher à l'inflation de ne dévaluer que les patrimoines financiers et de laisser les patrimoines immobilier intacts. Une autre méthode consisterait à réaliser un défaut de paiement partiel. Cette méthode pose deux problèmes. D'une part les risques d'un dérèglement complet du système bancaire augmentent considérablement, d'autre part l'effort consenti par la population a très peu de chance d'être réparti de façon juste.

Mieux vaut donc privilégier une méthode simple, qui n'avance pas à visage masqué, qui consisterait à taxer les patrimoines et à casser le rendement de l'immobilier (par exemple en augmentant les taxes sur le patrimoine financier, en plafonnant les prix des terrains et en faisant payer la moitié de la taxe d'habitation et des dépenses d'énergie par les propriétaires). Cette méthode ne poserait pas problème de mise en œuvre, et permettrait d'éviter un effondrement de la consommation. On peut donc s'interroger sur les raisons qui ralentissent l'adoption de cette solution. Pour mieux comprendre, il faut s'attarder sur le corps électoral votant.

L'abstention augmente dans tous les pays d'Europe. Cette lassitude de la démocratie ne touche pas les citoyens de la même façon. Ainsi les personnes âgées réalisent encore leur devoir de citoyen de façon assidue. Avec le vieillissement de la population, et l'arrivée de la génération des trente glorieuses aux patrimoines importants dans le troisième âge, le corps électoral votant se retrouve majoritairement composé de personnes détenant du capital, désireuses de préserver la valeur de leur bien immobilier et le rendement de leurs assurances vie. Il faudrait donc un courage politique important pour faire campagne sur le thème de la taxation du patrimoine, d'où l'impasse de la situation actuelle. Ainsi, les seules solutions préconisées aujourd'hui sont les plans d'austérités, qui permettent de rassurer les marchés tout en préservant le capital. Néanmoins ils cassent la consommation, poussent à la déflation et, à terme, au défaut de paiement.

La situation actuelle est principalement liée à la conjonction de trois facteurs : la mise en déficit des États via une baisse massive des impôts sur les dernières décennies, le vieillissement de la population et la faible implication des citoyens de moins de 50 ans dans les affaires politiques. Il n'y a pas de fatalité, la tendance peut s'inverser. Et les rendez vous électoraux de 2012 en Allemagne, en Italie et en France, pourraient esquisser le début d'un renouveau.


Moyenne des avis sur cet article :  2.6/5   (10 votes)




Réagissez à l'article

13 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 25 octobre 2011 10:11

    La dette publique devient un des leviers les plus puissants de l’accumulation
    du capital. Par un coup de baguette magique, elle dote l’argent par nature
    improductif et le convertit ainsi en capital : sans qu’il ait à subir les risques
    inséparables de sa transformation éventuelle en marchandise......
    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


    • J-J-R 25 octobre 2011 14:16

       « Plus l’État utilise la dette comme moyen de financement, plus les contributeurs au budget de l’État sont épargnés » :
      Grossière erreur. Pour amortir les emprunts qui arrivent à échéances l’Etat doit contracter de nouveaux emprunts. C’est une spirale infernale. Deplus maintenant que le pays arrive à saturation de sa capacité d’endettement, les intérêts de la dette, autrement dit le service annuel de la dette qui ponctionne déjà une partie des recettes de l’Etat va nécessité de nouvelles hause d’impôts et une baisse des dépenses publiques. Ca présage....


      • Marcus Clams Marcus Clams 25 octobre 2011 22:09

        Effectivement, il peut arriver un moment où le poids de la dette asphyxie complétement le pays.

        Néanmoins nous n’en sommes toujours pas là. Le déficit en 2010 était d’environ 130 milliards, et le poids des intérêts de la dette d’environ 55 milliards.
        Les citoyens ont donc été épargnés en 2010 de 75 milliards d’Euro. Ils sont donc encore bénéficiaires (en moyenne, les plus riches étant favorisés, 1 : ils payent moins d’impôt, 2 : ils touchent les intérêts de la dette).


      • kiouty 25 octobre 2011 14:25

        Cet article est passable.

        Il ne parle pas des INTERETS de la dette mais du montant absolu, alors que c’est le fait d’avoir 50 milliards à payer par an en INTERETS qui est le prétexte utilisé pour nous asphyxier (arrive-t-on à se figurer combien d’hopitaux, de tribunaux, de profs en plus on pourrait avoir avec 50 milliards ? Combien d’années de retraites en plus on pourrait donner aux gens qui ont un métier pénible ?).

        C’est d’ailleurs le problème de la Grèce. Avec tous les plans d’aide qu’elle a eu, qui se montent au moins à 250 milliards, on se dit que la dette devrait être ramenée à une cinquantaine de milliards vu qu’elle fait environ 300 milliards ?
        Et bien non, puisque ces plans d’aide sont en réalité des centaines de milliards qui sont partis dans les poches des investisseurs sans que ça n’ait changé quoi que ce soit par ailleurs au PRINCIPAL. La Grèce montre bien que le problème, ce n’est pas le montant de la dette, mais l’insolvabilité générée à cause des intérêts et d’une dette en roulement qui s’auto-entretient malgré les milliards déversés.

        Le problème n’est pas forcément de la dette en soi. Il faut en effet investir si on veut de la croissance future qui permet de rembourser cette dette.

        Le problème vient du hold-up effectué sur l’argent public qui est ainsi redirigé vers les investisseurs au détriment des populations. Le double effet kiss cool, c’est qu’en plus, la situation au bout de 30 ans de ce régime est tellement intenable qu’on peut attaquer tous les acquis sociaux de sociétés au profit des élites néo-libérales, sans que la population ne sache vraiment quoi rétorquer (voter Hollande ? Le Pen ? Mélenchon ?).

        Le problème il est dans la loi de 1973.


        • Marcus Clams Marcus Clams 25 octobre 2011 22:45

          Et bien non, puisque ces plans d’aide sont en réalité des centaines de milliards qui sont partis dans les poches des investisseurs sans que ça n’ait changé quoi que ce soit par ailleurs au PRINCIPAL.

          Pour aller dans ce sens, je rajouterai que les plans de sauvetage de la Grèce portent très mal leurs noms : ce sont plus des plans de sauvetage des créanciers de la Grèce. Et comme les plans d’austérités ne fonctionnent pas (contrairement aux préceptes des manuels), c’est l’argent publique des autres pays de l’UE qui est utilisé pour aider les créanciers.

          Le problème n’est pas forcément de la dette en soi. Il faut en effet investir si on veut de la croissance future qui permet de rembourser cette dette.

          Prenons un exemple concret :
          - Épargne des citoyens 1000 millions d’Euros
          - Besoin de financer une autoroute pour 10 millions d’Euros.

          Solution 1 => lever des obligations pour 10 millions d’Euros (+ obligation de passer par des banques qui vont augmenter leur « masse » sur les marchés pour spéculer)
          Solution 2 => augmenter les impôts pour 10 millions d’Euros

          Résultat solution 1 => il faudra rembourser 10 millions d’Euros + les intérêts + cadeau pour les banquiers
          Résultat solution 2 => rien à rembourser
          On pourrait rétorquer que s’il est possible d’emprunter à l’étranger, il n’est pas possible de lever l’impôt à l’étranger. Effectivement, mais étant donné le niveau d’épargne des ménages européens (le cas américain est différent), il est largement possible de s’autofinancer (il existe d’ailleurs de nombreuses collectivités territoriales qui utilisent principalement l’autofinancement pour se développer)

          Le plus gros gagnant du marché obligataire, c’est le secteur financier.


        • jpm jpm 25 octobre 2011 16:01

          Une autre methode simple pour taxer les patrimoines serait simplement de remettre une fort impot sur les successions et les donations et de reduire les abbatements actuels et de re-integrer les assurances vie dans le montant des successions. Ainsi chacun serait assure de participer solidairement au remboursement de la dette, que nous avons tous contribue a creer par la sous evaluation des l´impot sur les revenus de ces dernieres decennies. 

          Evidemment cela risque de ne pas etre tres populaire dans le camp des anciens... et pourtant ce sont souvent eux qui detiennent les plus gros patrimoines et qui ont le plus profitte des baisses d´impots. La preuve, ce sont les premiers a avoir investis dans des assurances vies smiley


          • Gandalf Claude Simon 25 octobre 2011 17:42

            Tout les pays occidentaux ont décidé de financer la dette publique. Or, que finance-t’elle ?

            Essentiellement les services publics dont on n’attend aucune rentabilité. D’ailleurs, la majeure partie des entreprises publiques rentables finissent dans le secteur privé, pour satisfaire un appétit certain.

            Donc nous somme en face de cette abérration où une économie non rentable se doit de verser une rente, ou service de la dette aux investisseurs.

            Il faut bien souligner par ailleurs que jamais l’impôt ne peut permettre d’équilibrer un budget d’état, sauf à considérer le cas extrême où il capte absolument tout les bénéfices et plus-values générées.

            Si l’on considère le système actuel d’endettement public comme étant « normal », il est par conséquent « normal » d’assister régulièrement à sa faillite.

            Là où le bas blesse, est que le discours des élites européennes ne remet jamais en cause les budgets alloués à la rente dans les comptes publics des états de l’eurozone (le service de la dette), mais préfère les préserver en sacrifiant la santé, les retraites par répartition, ou l’éducation.


            • logan 25 octobre 2011 22:38

              La dette publique ne finance pas « essentiellement » qqchose vu qu’elle est générée par des déficits qui sont la différence entre les dépenses et les recettes « accumulées ».
              Vu qu’il s’agit d’un cumul vous ne pouvez pas désigner des dépenses en particulier.


            • BA 25 octobre 2011 21:43

              Mardi 25 octobre 2011 :

               

              Euro : pour Fillon, un échec du sommet ferait basculer l’Europe « vers des terres inconnues. »

               

              François Fillon a estimé devant les députés UMP qu’un échec du sommet de la zone euro mercredi "pourrait faire basculer le continent européen vers des terres inconnues", dans des propos rapportés de source proche du groupe UMP et confirmés dans son entourage.

               

              "La pression ne cesse de s’accroître sur la zone euro et sur l’ensemble de l’économie mondiale", a souligné François Fillon.

               

              "Il est incontestable que les prévisions de croissance de l’économie mondiale sont en train de baisser de façon brutale", a-t-il ajouté.

               

              "Si les résultats du sommet européen sont positifs, le pessimisme sera enrayé sur les perspectives de croissance, a jugé le chef du gouvernement. Mais, a-t-il ajouté, nous vivons des jours cruciaux : si le sommet était un échec, cela pourrait faire basculer le continent européen vers des terres inconnues".

               

              http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gzlmU7KIgLcCmrFFfgXNO-6Od9zQ?docId=CNG.5f713e4bee096d0983ae7bd253e79907.631


              • eric 25 octobre 2011 22:56

                D’habitude j’arrive assez bien à distinguer ceux qui profèrent ces platitudes sans y croire et ceux qui sont assez sous informés pour les proférer en toute bonne conscience. Ici, j’avoue que je ne sais pas.....
                On a depuis trente ans des prélèvements obligatoires croissant en pourcentage d’un PIB croissant et l’auteur parvient à conclure qu’on aurait dépossédé l’ État de ses moyens par les réductions d’impôts et la privatisation des entreprises nationalisées...
                L’augmentation de la dette n’a pas accompagné une baisse des prélèvements en valeur absolue bien au contraire et la seule conclusion possible est que les dépenses de l’état se sont accrues beaucoup plus vite que la croissance.
                Aujourd’hui, l’État français dépense 58% de la richesse produite et la seule question qui vaille est, en avons nous pour notre argent.
                A cela il y a plusieurs réponse possible : oui, et il nous en faut plus encore, et c’est un peu la réponse de l’auteur. On aimerait savoir quelle est la barre supèrieure selon lui, parce que cela constitue en soi un projet de société.
                Oui, mais cela coute trop cher, et il faut une politique de diminution des dépenses publiques.
                Non et cela coute trop cher, et il nous faux une réforme de l’état.

                Mais de toute façon, à de tels taux de prélèvement, l’argent est déjà dans l’état plus que chez les contribuables potentiels.


                • Marcus Clams Marcus Clams 27 octobre 2011 00:19

                  Il me semble que deux notions sont mélangées.

                  Un gouvernement mène une certaine politique, en fonction d’un programme sur lequel il a été élu.
                  Le reproche qui est fait ici, c’est que depuis plusieurs décennies, les gouvernements successifs n’assument pas leurs actions en ne finançant jamais à 100% leur politique, le cas emblématique restera le quinquennat en cours, où la dette est passée de 65% à 85 %, un record. A l’opposé, on aura eut un bol d’air avec la « la cagnotte Jospin ».
                  Ici, on ne se pose pas la question du poids de l’Etat, c’est un autre débat. La question c’est juste de savoir si une politique gouvernementale est financée ou non.

                  On peut ensuite discuter quel poids on accorde à l’Etat. Si on compare par rapport à l’Allemagne, c’est à peu près équivalent (pour l’Allemagne il faut rajouter les prélèvements des landers).
                  Dans ce cas la question qu’il faut se poser est : « quel domaine on veut mutualiser et rendre dépendant des élus ? ».
                  Aujourd’hui on mutualise les pertes des banques (sans rendre ce secteur dépendant des élus), on pourrait effectivement ne pas le faire, ou demander une contre partie.

                  Enfin sur la question de la réforme de l’Etat, je pense qu’il ne faut pas se faire trop d’illusion. Si 50 % du budget de l’Etat ne servait à rien, ça se saurait. Il faut toujours essayer d’améliorer les fonctionnements, profiter de gain de productivité quand c’est possible, mais croire que des gains considérables sont possibles, à service rendu équivalent, me parait utopique.
                   


                • eric 27 octobre 2011 09:45

                  Merci pour votre réponse. Donc vous savez et ce n’est que de l’argumentation électorale faisant peu de cas des vrais problèmes et de leurs solutions.

                  La cagnotte Jospin, c’était quand même que le déficit 99 n’était « que » le second d’europe en % du PIB grace à une conjoncture internationale particulièrement favorable depuis 97 et qu’il s’est dépêché de « dépenser ce moindre trou » http://www.ladepeche.fr/article/200...
                  http://lexpansion.lexpress.fr/econo...
                  Du reste, comme le signal un de vos confrère sur un autre article, cette politique à permis en pleine croissance d’arriver au même taux de chômage qu’aujourd’hui en pleine crise avec Sarko.....

                  Tous les pays qui s’en sortent : Allemagne, suède etc... ont procédés à des baisses de leurs dépenses publiques et du nombre de leur fonctionnaire. On a pas le sentiment que la Suède soit très en retard socialement sur la France.

                  Le trou n’est pas tant lié à des politiques qu’à des frais de fonctionnement et de transferts qui constituent l’essentiel du budget. Les « mesures nouvelles » c’est à dire la politique, c’est de plus en plus peanuts sur le total.

                  J’aurai tendance à croire à votre sincérité quand vous affirmez que la politique qui a fait ses preuves chez nos voisins est utopique. La gauche semble absolument incapable d’envisager que l’on puisse faire aussi bien en dépensant moins.

                  En revanche vous retombez dans le n’importe quoi en évoquant une baisse de 50% quand nous avons besoin sans doute à tout casser d’une augmentation de l’efficacité de la dépense publique de 5% pour rétablir les comptes et commencer à payer nos dettes.


                  • Marcus Clams Marcus Clams 28 octobre 2011 10:03

                    * On a pas le sentiment que la Suède soit très en retard socialement sur la France.

                    Curieux que vous preniez la Suède comme exemple. Le taux de prélèvement est supérieure à la France (46 % contre 42 %).

                    Ensuite la Suède n’est pas dans l’Euro. Elle dévalue sa monnaie pour être compétitive, elle tire sa croissance des exportations (nous, c’est de la consommation interne).


                    * La gauche semble absolument incapable d’envisager que l’on puisse faire aussi bien en dépensant moins.

                    (Je pars de l’hypothèse que dans cette phrase vous considériez à salaire constant => pas de baisse de salaire.) .

                    Cela s’appelle des gains de productivité. Ils sont liés à l’arrivée de nouvelles technologies, une optimisation d’organisation, ou une meilleure adéquation du personnel (formation). C’est le rôle de la hiérarchie, mais aussi du personnel, de réfléchir en permanence sur comment améliorer l’efficacité. J’imagine que cela se passe ainsi (sinon on ne serait pas la cinquième puissance mondiale). Dire que la gauche refuse les gains de productivités, j’avoue que j’ai du mal à comprendre (la gauche est productiviste, parfois même un peu trop à mon goût). D’où le discours « investir dans les nouvelles technologies ». Je me demande d’où vous tenez cette information.

                    Après il y a la chasse au gaspillage, il y a certainement des abus (le budget de l’Elysée qui explose, Giscard qui reçoit toujours son salaire de président + un chauffeur et un cuisinier, les conditions de retraite des députés, … voir le détail de la cour des comptes). Il faut bien sûr lutter contre les gaspillages, c’est important pour une question du justice sociale, ce n’est pas suffisant pour réduire complètement les déficits.


                    * La cagnotte Jospin, c’était quand même que le déficit 99 n’était « que » le second d’europe en % du PIB grace à une conjoncture internationale particulièrement favorable depuis 97

                    C’est curieux, quand la gauche est au pouvoir la conjoncture est favorable, quand c’est la droite c’est l’inverse. Comme il est impossible de refaire l’histoire, on ne peut savoir. De mémoire je rappellerais la crise asiatique, la guerre sur le continent européen (yougoslavie), la gestion des pays de l’Est, le passage à l’euro, l’éclatement de la bulle internet (qui restera certainement dans l’histoire comme le début de la fin de la domination de l’occident). Moi j’aurais tendance à dire que la confiance est revenu (notamment sur les retraites), et quand les gens ont confiance, ils consomment plus qu’ils n’épargnent (ce qui relance la croissance).


                    * Il s’est dépêché de "dépenser ce moindre trou"

                    Je revois encore ces affiches RPR placardées partout, de mémoire : « La cagnotte Jospin, c’est votre argent, halte au vol ! ». Le ministre des finances de l’époque avait essayé d’expliquer que c’était ridicule de parler de cagnotte quand on a un déficit de 40 % du PIB. Après une campagne contre lui de l’opposition, sa popularité est nettement affectée. Il était donc politiquement très difficile pour Jospin de ne pas redistribuer cette soit disant cagnotte. Mais bon, si dans 3 ans on a une « cagnotte hollande », l’opposition réagira peut-être différemment. Il faut bien voir que la maitrise budgétaire n’est pas très naturelle pour la droite, la proximité des élites de droite avec les élites économiques pousse les gouvernements de droite à limiter la pression fiscale, et à faire en sorte que l’Etat passe les plus gros contrats possibles avec ces entreprises privées. Mais il n’est jamais trop tard, c’est bien que depuis 9 mois la réduction des déficits soit devenu importante pour le gouvernement, malheureusement c’est réalisé sans justice sociale, et avec des risques déflationnistes pour l’économie.



                    * Du reste, comme le signal un de vos confrère sur un autre article, cette politique à permis en pleine croissance d’arriver au même taux de chômage qu’aujourd’hui en pleine crise avec Sarko.....

                    Pour comparer il faut regarder le % de personnes qui travaillent. Quand le chômage baisse des personnes qui n’étaient pas inscrites au chômage vont s’inscrire car les perspectives s’améliorent, et inversement.

                    Ensuite à cette époque il y avait bien plus de nouveaux arrivant sur le marché du travail que de départs en retraite. Aujourd’hui c’est l’inverse (c’est dire combien d’emplois sont détruits !).

                    Enfin, je pense qu’on ne peut pas traiter le gouvernement d’incompétent. Il me semble que son objectif est de conserver un chômage important (c’est sur ce point qu’il est condamnable). Le passage de la génération du babyboom à la retraite hante le MEDEF depuis longtemps : le danger d’avoir une tension trop forte sur le marché du travail (donc hausse de salaire + inflation). L’objectif est donc de rester bien au dessus du NAIRU français, je dirais entre entre 2.5 et 3 millions de chômeurs (le chômage est le régulateur de l’inflation du système actuel). C’est d’ailleurs à mes yeux la principale justification du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.


                    * En revanche vous retombez dans le n’importe quoi en évoquant une baisse de 50% quand nous avons besoin sans doute à tout casser d’une augmentation de l’efficacité de la dépense publique de 5% pour rétablir les comptes et commencer à payer nos dettes.

                    Les traitements et salaires pèsent environ 30% dans le budget de l’Etat (ce qui veut quand même dire au passage qu’environ 70 % du budget est transféré au secteur privé via des commandes de l’Etat, d’où la rentrée en récession quand le budget de l’Etat est trop fortement réduit, donc augmentation de la dette, cf Grèce). Comme le déficit est calculé par rapport au PIB en non par rapport au budget de l’Etat (encore une belle imposture), soit 30 * 0.42 = 12.5 % du PIB. Donc pour gagner 5% de déficit de PIB, il faut passer de 12.5 à 7.5 soit 40% de réduction (j’avais marqué 50 %). Ainsi, si on supprime 40 % des fonctionnaires, on peut réduire de 5% le déficit (en supposant qu’ils ne participaient pas à la richesse du pays, hypothèse assez injurieuse quand même). En ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux il faudra environ 30 ans pour réduire de 40 % le nombre de fonctionnaire. Soit 2042 pour le retour à l’équilibre, qui est normalement prévu pour 2015. C’est pour cette raison que je trouve votre position assez utopique.

                    L’objectif c’est de réduire les déficits, sans réduire la croissance (cf l’article)


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès