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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise des « subprimes » et pêcheurs en eaux troubles

Crise des « subprimes » et pêcheurs en eaux troubles

D’innombrables discours traitant des banques sèment la terreur au moyen de noires prévisions truffées de rares chiffres astronomiques. Le tout ne nous éclaire pas vraiment sur ce qui est arrivé et laisse perplexe les incrédules, trop peu nombreux à vrai dire car cela nourrit la panique.

On nous explique que les banques des États-Unis ont consenti sans trop y regarder des prêts à trois millions et demi d’Américains appâtés pour acheter leur maison. Une hypothèque en garantissait le remboursement. Puis, ces banques ont reconstitué leurs caisses en revendant à des spéculateurs, dont beaucoup de banques, ces actes de prêts ouvrant droit à des intérêts fort rémunérateurs, de manière à pouvoir continuer à faire de tels prêts. Trop de ces emprunteurs ne pouvant plus honorer les échéances de leur prêt pour diverses raisons, les banques ont fait jouer leur hypothèque, puis ont commencé à offrir à la vente à d’autres leur maison pour se rembourser de leur prêt. Cet afflux de vendeurs de maisons a provoqué une baisse de leur prix, les banques et spéculateurs n’en obtenant plus le nécessaire pour récupérer l’argent prêté. D’où des pertes d’argent apparemment monstrueuses. Personne ne sachant précisément qui a acheté et combien, ces actes de prêts produisant du déficit au lieu du profit au point de l’acculer à la faillite, les banques ne s’accordent plus réciproquement la confiance nécessaire à leurs opérations financières réciproques ainsi gelées. Par un effet de domino, tout le système bancaire est dit être menacé de s’écrouler. Pour l’éviter, les Banques centrales y injectent des quantités apparemment astronomiques d’argent frais en rachetant aux banques leurs « instruments financiers » (bons du Trésor et autres).

Le premier mystère porte sur le montant des pertes encourues. L’été dernier, on nous les disait se monter à quelques dizaines de milliards de dollars. Maintenant, il s’agirait de centaines de milliards. 250, 500, 2 500 ? Prenons quelques repères, d’abord ici mardi 18 mars chez Charles Dereeper. Les crédits hypothécaires résidentiels s’élèveraient à environ 11 000 milliards. La baisse des prix de l’immobilier serait d’environ 10 à 12 %. La valeur des 11 000 milliards d’hypothèques perdrait donc entre 1 100 et 1 320 milliards, pouvant arriver selon certains à 2 750 milliards (25 %). C’est à peu près ce dernier montant qui serait calculé par l’institut Mody’ cité ici le 14/01/2008 par Michel Santini. Seulement 20 % de ces 11 000 milliards de crédits hypothécaires résidentiels comporteraient des couches subprimes, soit 2 200 milliards de dollars de prêts. Et, selon Bernanke, au 31/12/2007, seulement 20 % de ces emprunteurs seraient insolvables, soit 440 milliards de crédits irrécouvrables. La perte de valeur de leur bien hypothéqué repris par les banques se situerait donc entre 44 milliards (taux de 10 %) et 110 milliards de dollars (25 %) selon ces calculs. Quelle cacophonie donc à propos du montant des pertes mystérieuses auxquelles s’exposent les banques.

Le deuxième mystère porte sur la circulation de l’argent dit manquer aux banques. Leurs fameux prêts ont permis aux emprunteurs de verser leur montant à ceux qui leur ont vendu leur maison. Ceux-ci ont encaissé l’argent maintenant perdu par les banques et, au total, il existe donc toujours dans l’économie le même montant d’argent en circulation qu’avant ces opérations. Alors, qui expliquera pourquoi une récession économique se produirait faute d’argent suffisant ? Qui nous expliquera où est passé cet argent encaissé par les vendeurs de ces maisons hypothéquées ?

Les mystères couvrent encore les mécanismes qui provoqueraient inéluctablement l’effondrement du système bancaire. Outre cet argent des vendeurs de maisons qui ne se retrouverait pas dans les banques (ils l’auraient caché dans leurs bas de laine ou sous leur matelas ?), comment ces pertes les acculeraient-elles à la faillite ?

D’abord, ces pertes se concrétiseront en manque d’agent en caisse des banques seulement au fur et à mesure des échéances de ces prêts, soit peut-être au long d’une vingtaine d’années. C’est moins d’une dizaine de milliards ou une quinzaine ou, au pire, une trentaine de milliards de perte par an. La valeur boursière des banques américaines oscillerait entre 1 500 et 2 000 dollars (Charles Dereeper) produisant peut-être un profit annuel d’environ 10 %, soit 150 à 200 milliards de dollars. Cette poignée de milliards (5 ?, 15 ?, 30 ?) de trou en caisse chaque année ne constitue donc qu’une perte réelle de quelques pourcents de leurs profits annuels (0,3 % à 2 % au plus), ce qui est dérisoire.

Ensuite, le total des pertes s’élève à environ 0,3 % ou 1 % ou 2 % au plus de la capitalisation boursière. Cela ne leur permettrait pas de survivre ? Et ce total de pertes (entre 110 milliards et 500 milliards) ne se monte qu’à un nombre très réduit d’années de profit (moins d’une année à moins de quatre).

Citées à elles seules, les milliards de pertes mystérieuses encourues par le système bancaire effraient. Rapprochées des pourtant maigres informations publiées, l’anxiété s’apaise déjà. Rapprochées du montant de tous les actifs gérés par les mille plus grandes banques mondiales où se sont disséminées ces pertes, elles ne sont que goutte d’eau (au plus, moins d’1 % des 74 200 milliards de dollars).

En conclusion, il reste encore beaucoup à éclaircir dans cette affaire de la crise financière éclatée aux États-Unis. Dans cette attente, plutôt que de craindre que le ciel ne nous tombe sur la tête, peut-on se demander si le puissant système bancaire n’est pas en train de crier au loup, à la catastrophe imminente, à seule fin de transférer à d’autres, au public, les pertes occasionnées par ses propres turpitudes alors qu’il est en état de les supporter lui-même.

Roland Verhille, 20 mars 2008


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34 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 21 mars 2008 10:27

    Ce sont les termes qu’avait utilisés Thomas il y a 6 mois pour expliquer qu’un krach était impossible. Cette approche ne fonctionne pas. Il n’y a pas un certain nombre isolable de créance douteuses. Ca n’a rien à voir avec une crise des subprimes. C’est un credit crunch. Tous les actifs de toute la planète sont surévalués, et leur valeur va mystérieusement disparaitre.

    Personne ne vous fournira les comptes dont vous auriez besoin pour analyser cela à votre manière. L’économie n’est pas une comptabilité. Il n’y a pas de valeur objective d’un actif. En tout cas, ça fait longtemps que ce n’est plus la valeur comptable.


    • fourminus fourminus 22 mars 2008 18:55

      @ Forest Ent

      Vous dites : "Tous les actifs de toute la planète sont surévalués, et leur valeur va mystérieusement disparaitre."

      Cela c’est de la déflation, ou bien ?

      Pourtant l’inflation est à des sommets (tout au moins depuis la création de l’Euro). Comment les deux phénomènes peuvent ils co-exister ?

      (J’en profite pour vous remercier de l’article "le crépuscule des Dieux", précieux édito qu’on ne trouvera pas dans la presse main-stream...)


    • Forest Ent Forest Ent 23 mars 2008 20:12

      Il peut y avoir coexistence entre "inflation" et "déflation" pour la bonne raison qu’ (à mon avis) aucun des deux n’existe. Il y a simultanément diminution des prix d’actifs capitalistiques comme le logement et les actions, et augmentation des prix de matières premières et produits industriels, alors que l’on a constaté depuis 20 ans la tendance inverse.

      A mon avis, l’effondrement du dollar sera limité dans le temps, et l’on a arrivera à une période de relative stabilité des prix à la consommation, c’est à dire que l’on passera de la stagflation à la dépression "déflationniste". Il faudrait sinon admettre que le dollar disparaisse totalement à la fois comme monnaie de réserve et comme monnaie d’échange, ce qui me semble un scénario un peu excessif. Je verrai bien un équilibre des changes vers 1€ = 1,7$ ou 1,8$, mais la panique peut entrainer le balancier plus bas.


    • fourminus fourminus 24 mars 2008 15:44

      @ Forest Ent

      Merci  pour cette réponse !

       


    • Marc Viot idoine 21 mars 2008 10:44

      Des p’tites questions :

      Comment ont été financé les quelques milliers de milliards du coût de la guerre en Irak ?

      Maintenant que l’indice indiquant la valeur réelle des dollars en circulation a disparu, comment savoir si le gouvernement américain ne fait pas marcher la planche à billet à plein régime ?

      Personnellement il me semble que l’explication "5 millions de ménages américains surendetté" est à l’origine de la crise de confiance est l’arbre qui cache la forêt.

      Si l’endettement de 5 millions généraient la perte de la fortune de 250 autres millions puis la remise en cause du système économique mondial, il y a longtemps que l’on aurait trouvé une solution simple.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 21 mars 2008 10:48

        Roland, il y a dû se produire une transmission de pensée, j’ai écrit hier soir un billet rejoignant votre sentiment sur une cabale montée, et j’ai essayé de développer les mécanismes de cette propagande laissant planer ce spectre de 1929. A qui profite la propagande ?


        • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 12:04

          Non, aucune transmission de pensée. Seulement un esprit critique plus poussé que chez d’autres. Seulement un tempéremment moins moutonnier, plus iconoclate peut-être. De votre côté, première lecture faite de votre texte, je me suis dit : "enfin, je ne suis pas seul contre tous, ce que certains m’opposent au lieu de me dire en quoi je me trompe". J’entreprends l’analyse plus approfondie de votre article, comme celle de Forest Ent, pour repérer ce qui fonde chez vous deux les constats et conclusions, et je ne manquerai pas de les commenter. De mon côté, vous avez compris que d’habitude je me fonde sur des données chiffrées, en les vérifiant et les corrigeant lorsqu’elles sont fausses. Vous avez aussi compris que mon article ne prétend pas cette fois délivrer des vérités, puisque ces données chiffrées sûres nous manquent. C’est ce manque et l’empressement de crier à la catastrophe qui me semble être suspect, et fonder provisoirement nos conclusions très proches semble-t-il.

          Merci d’avoir prêté attention à mon texte, et de le commenter.


        • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2008 11:20

          On pointe du doigt les 3,5 millions d’acheteurs immobiliers , mais c’est l’ensemble des consommateurs qui est nettement plus endetté que les ménages français ! C’est ce que voudraient faire certains en France , endetter encore plus les gens pour mieux les tenir ensuite !


          • Proto Proto 21 mars 2008 11:53

            Votre article est très technique, en guise de complément je vous propose un lien vers cet article admirable qui explique le phénomène très difficile à comprendre des subprimes.


            • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 13:14

              Merci d’avoir fourni ce lien.

              Ce texte me semble être un sac plein de bon grain, avec malheureusement un peu d’ivraie très envahissante. J’attends que d’autres le commentent, avant de m’exprimer.


            • Bulgroz 21 mars 2008 13:50

              Merci pour cet article, Roland Verhille et d’accord avec vous.

              Pour aller dans votre sens, je pense à la Société Générale qui annonce 7 milliards de pertes dont 4,7 de pertes Kerviel et qui dans la foulée se paie 50% de la Rosbank (CEI) pour 1,2 Milliard Euros sans même attendre le résultat de l’augmentation de capital (qui s’est avéré être un grand succès).

              Une seule solution :retour à la vieille règle comptable de l’inscription d’un actif à sa valeur d’acquisition.

              L’estimation du prix du marché pour les éventuels acquéreurs devant elle se faire sur la base des cash flows passés et non futurs.


            • garat 21 mars 2008 13:59

              Je n’ai pas vraiment le temps de produire une réponse très très longue mais suite aux accords Bale 2, le ratio de fonds propre d’une banque doit être de 8% du risque moyen pondéré ...

              Le risque moyen pondéré pouvant lui même représenté seulement 30% des encours ...

              Alors imaginons une banque qui a pour 600 milliards d’encours ... Ces fonds propres vont représenter 20 milliards d’euros .... A partir de là, on comprend mieux comment une banque peut avoir de gros problèmes de liquidités voire faire faillite.

               


              • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 18:05

                à Forest Ent :

                Ah bon, le « credit crunch » n’a rien à voir avec la crise des subprimes ? C’est nouveau, j’avais compris que ce « credit crunch » existait parce que personne ne savait où étaient logés les dérivé des subprimes catastrophiques, et que donc les banques les soupçonnaient être chez chacune de leurs confrères exposées ainsi à ne pas pouvoir rendre l’argent qui lui serait prêté.

                Oui, il y a surévaluation de beaucoup d’actifs, provoquée par les spéculateurs.

                L’économie n’est pas une comptabilité ? C’est vrai pour les phraseurs. Mais pour ceux qui comprennent ce qu’est l’économie, c’est tout simplement la monnaie qui circule et est stockée un peu partout en attendant d’être consommée et renouvelée par les activités laborieuses ; et qu’elle se compte dans un diagnostic comme les médecins comptent les diverses sortes de globules dans le sang analysé en vue de connaître l’état de santé du patient.

                Oui, il n’y a pas de valeur objective, nulle part. L’économie n’est pas non plus un tourbillon de « valeurs ». Et il n’y a pas compte de valeur dans un actif, il y a compte de la monnaie qui a été utilisée dans différentes catégories d’usage portée à cet actif.

                 


                • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 18:06

                  À idoine :

                  Les milliards du coût de la guerre en Irack, financés par qui demandez vous. Pas par vous je suppose. Et pour l’instant, par la FED qui achète les bons du trésor US émis pour couvrir son déficit (avez-vous vu à combien il se monte ?).

                  Comment, vous n’avez pas compris que toute cette crise financière est causée par les marées de dollars sortis de la planche à billets de la FED ? Vous nous découragez tous de l’expliquer.

                  5 millions de ménages d’Américains surendettés ? Surendettés aux yeux de qui ? A nos yeux, il y a en énormément plus que cela, car vivre à crédit nous inquiète, on manque de confiance dans l’avenir. Mais dans l’ensemble, les Américains sont plus confiants que nous dans leur capacité de pouvoir ultérieurement rembourser leurs crédits. Mais là n’est pas le problème de la crise dont on discute. Ce problème, c’est celui des 3,5 millions de crédits immobiliers dits « subprimes », et plus précisément celui des 700 .000 crédits (20% du total dit-on) pour lesquels les emprunteurs se trouvent incapables de payer leurs échéances mensuelles.

                  Je n’ai pas bien compris votre dernière phrase. Que vouliez vous dire ?

                   


                • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 18:07

                  À LE CHAT,

                  Oui, l’endettement des ménages américains est bien supérieur à celui des ménages français (Voir ma réplique à idoine).

                  Oui, en voulant ou sans vouloir endetter les Français pour mieux les tenir ensuite, très nombreux sont ceux qui, en France, poussent à l’endettement, celui des Français comme celui de l’état. Il me semble que c’est tout simplement de la démagogie pure. Ces démagogues se dépêtrent ensuite des dettes en pillant les épargnants au moyen de l’inflation qu’ils ont fabriquée.

                   


                • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 18:09

                  À Bulgroz,

                  Ouf, merci, pas d’insulte plus ou moins énoncée !

                  La Société Générale, oui, c’est le bouquet, les Américains sont battus ! Voyez mon article « Société Générale : histoire à dormir debout ».

                  La règle comptable des coûts historiques : Si vous vous intéressez à la comptabilité, vous trouverez la trop longue réponse que je devrais vous faire sur le site du FASB http://www.iasb.org/NR/rdonlyres/ED3838AD-0FB5-4969-A28E-E37225C5FA13/0/CL3.pdf.

                  L’appréciation du prix raisonnable d’un titre financier (action, obligations, etc.). Quand les revenus futurs à en attendre ne sont pas fixés, il faut alors prévoir ce qu’ils seront. Le futur est toujours une inconnue, même lorsqu’il est estimé au vu des revenus produits dans le passé. Un investissement financier de ce genre est toujours une spéculation.

                   


                • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 18:10

                  À garat, 

                  Oui, le faible montant des fonds propres des banques prévu par les accords de Bale 2 relativement à leurs dettes est cause de leur fragilité, par manque de « surface financière ». Mais il est aussi cause des marées de monnaies déversées sur le monde alimentant les spéculations financières et l’inflation.

                   


                • Bulgroz 21 mars 2008 19:19

                  Merci, Roland Verhille, sur le lien Iasb, apparemment, il ya quelqu’un qui n’approuve pas compte tenu de tous ces « Disagree ». Est ce la réponse du comité ?

                  Je viens de lire votre article sur la Socgen et je complète avec les résultats 2007.

                  Produits nets bancaires (page 164) Milliards

                  2005 : 19.1

                  2006 : 22.4

                  2007 : 21,9 (y.c Subprimes et non compris Kerviel 4,9)

                  Variation nette de Trésorerie (Millions) :

                  2005 : +819

                  2006 : +3108

                  2007 : +5824

                  Question : les pertes Kerviel sont elles déductibles ?, si oui, l’état ne pourrait il pas décider que non (l’état n’a pas à se priver de recettes fiscales sous prétexte que la Banque a mal agi)

                  Nota : dans le document de la Banque, ces pertes apparaissent sous l’intitulé :" Pertes sur activités de marchés non autorisées et dissimulées". Les vols sont déductibles ?


                • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 22:11

                  à Bulgroz

                  Lien FASB/IASB : le comité n’y est pour rien, ce sont probablement les informaticiens qui ont fabriqué son logiciel.

                  Si vous lisez l’Anglais, allez sur « www.fasb.org » puis cliquez sur « comment letters » à gauche de l’écran, puis dans le premier tableau à hauteur de « conceptual framework » cliquez sur le titre du document « conceptual framework …) en deuxième colonne intitulée « Document Title », puis cliquez sur « CL3 Roland Verhille », là en bas du panneau cliquez sur « CL3.pdf », vous obtiendrez ma « consultation » gracieusement fournie aux normalisateurs comptables (une dizaine de pages).

                   

                  La Générale : il me semble que les fameuses perte Kerviel sont fiscalement déductibles, puisqu’il n’est pas le bénéficiaire de l’argent perdu par La Générale. Et il ne s’agit pas d’un vol, mais du résultat malheureux d’une opération conclue au nom de La Générale.

                   


                  • Roland Verhille Roland Verhille 21 mars 2008 22:43

                    À Léon,

                    Incorrigible ? Pourquoi donc voudriez vous m’infliger une correction, je ne vous ai fait aucun mal.

                     Mais Léon, pourquoi voulez vous que mes explications impliquent une quantité immuable de monnaie ? Dans la monnaie qui circule, il y a celle qui est créée par ceux qui l’émettent, et en cas de contraction de la masse monétaire, celle qu’ils reprennent.

                    Et vous commettez un faux sens à propos de la comptabilité, mais là, vous n’y êtes pour rien, les coupables sont les comptables qui ne savent pas expliquer correctement la discipline qu’ils pratiquent, et les normalisateurs comptables qui ne comprennent pas ce qu’est la comptabilité (cela fait trois quarts de siècle qu’ils essaient de définir ce qui est compté dans un bilan, sans avoir encore réussi à fournir une définition répondant aux exigences de la logique formelle et ayant un sens concret précis).

                    Vous me semblez être cultivé, et savoir lire l’anglais. Alors, allez voir mon papier que j’ai conseillé à Bulgoz. Vous verrez, j’explique que le comptable ne s’intéresse pas à une valeur, mais au nombre d’unités monétaires passées en caisse, en le justifiant.

                     


                    • millesime 22 mars 2008 17:17

                      il faut noter la décision de la FEd d’arrêter à compter du 23 mars 2006 de publier les chiffres de M3 (l’indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars circulant dans la monde...(décision fortement critiquée , a eu pour conséquence de rendre invisibles les évolutions de dollars en circulation dans le monde) ET le président de la FED, (surnommé Monsieur hélicoptère), Bernanke, est un adepte de "la planche à billets"

                       par cette décision le monde entier a perdu toute visibilité sur la valeur des réserves en dollars par les autres pays et les institutions financières majeur

                      la décision de ne plus publier M3 vise à cacher deux décisions américaines :

                      - la monétarisation de la dette US

                      - le soutien monétaire à l’activité économique américaine

                      La monétarisation de la dette américaine est en effet un terme très technique pour décrire une réalité d’une simplicité catastrophique : les Etats-Unis entreprennent de ne pas rembourser leur dette, ou plus exactement de la rembourser en "monnaie de singe".

                      il est utile de méditer l’info qui suit : la part de la dette du gouvernement américain possédée par les banques américaines est tombées à 1,7% en 2005, alors qu’elle était de 18% en 1982... ! parallèlement la part de cette même dette détenue par les opérateurs étrangers est passée de 17% en 1982 à 49% en2005... !

                      Comment se fait-il que ces dernières années les banques américaines se soient débarrassées de presque toute leur part de la dette publique américaine ?

                      depuis 2006 l’administration BUSH, en partenariat avec le nouveau patron de la FED, adepte de cette approche monétaire, a inondé le marché américain de liquidités... !


                      • Roland Verhille Roland Verhille 22 mars 2008 17:55

                        Merci pour cette inquiétante information. La panique par défaut d’information fiable risque de se renforcer ?

                        Pour les titres de la dette publique détenus par les banques américaines, il serait effectivement utile de savoir qui les détient maintenant.

                        Si j’ai bien compris, assez récemment, la FED a repris aux banques des titres qu’elles ne savaient plus vendre pour obtenir des liquidités, en leur remettant à la place des bons du trésor. C’est que la FED les détenait donc, ces bons du trésor, contre remise directement ou indirectement de monnaie au Trésor pour combler ses déficits ? C’est une machinerie très performande de production d’inflation.

                        Désinformer semble être la règle des pouvoirs publics ! 


                      • millesime 23 mars 2008 23:47

                        désinformer en effet, le gouvernement américain avait pris d’autre part la décision (très récemment) de ne plus publier à compter de mars 2008 les chiffres mensuels de l’économie : il y eu tellement de réactions que les autorités gouvernementales ont fait machine arrière... !

                        quant aux émissions mensuelles du Trésor US, la Chine était très présente lors des adjudications mais elle traine quelque peu les pieds à présent , de sorte que ce sont les fameux hedges funds qui sont de plus à plus présent lors des émissions mensuelles... (ne pas oublier qu’il faut faire rentrer chaque mois quelque 2 milliards de dollars pour que la machine économique US puisse tourner).

                         


                        • gdm gdm 24 mars 2008 00:40

                          @Roland Verhille

                          Les chiffres que vous rapellez montrent justement que le cout financier de la crise des subprimes est infime. Je partage votre analyse sur ce point. Mais, vous ne montrez en quoi, cette crise, malgré la modestie des coûts, a déréglé le systeme monétaire américain, et, partant, le dynamisme de l’économie américaine. Vous dites que c’est un sujet qui resterait à éclaircir. A mon avis, il n’est pas sérieusement contestable que cette crise a déséquilibré le systeme monétaire américain.

                          Pourquoi une crise si peu coûteuse aura-t-elle provoqué un tel déreglement économique ? Je vous renvoie à mon article récent "décryptage de la crise des subprimes". Mon article complete harmonieusement le vôtre. Ou plutot, votre article complete le mien.

                          La masse des crédits est un moteur essentiel de l’activité économique. Or la crise des subprimes a deux conséquences qui réduisent la masse des crédits, donc le dynamisme économique, donc la croissance, donc la creation de richesses. La premiere raison est que les banques decront sortir de la circulation monétaire quelques $400 milliards. donc une réduction du crédit. Ce qui provoque un assechement du crédit.

                          La deuxieme conséquence est que les banques américaines vont désormais avoir tendance à preter moins facilement, donc masse de crédits plus faible, donc plus faible croissance de l’activité économique. C’est la raison pour laquelle le FED a eu raison de réduire le taux directeur afin de susciter la croissance de la demande de crédits. Cette diminution du taux directeur tend a compenser directement la consequence directe de la crise des subprimes.

                          Ensuite, une diminution de l’activité économique américaine a un effet indirect sur l’économie mondiale.

                          Je suis confiant que cette crise des subprimes est une crise passagere et limitée. Je partage pas du tout le pessimisme de certains économistes sur le caractere durable de cette mini-crise. Tous les ingrédients permettant une forte reprise de la production mondiale de richesse sont intacts.

                           

                           


                          • Roland Verhille Roland Verhille 24 mars 2008 09:03

                            À millesime,

                            Merci pour les nouvelles apportées.

                            Il y a eu peut-être volonté de désinformer à la FED ; mais c’était absurde, puisque la FED voulait ainsi ne pas alimenter la panique alors que l’effet ne pouvait qu’être inverse.

                            A mes yeux, le mal est pis qu’une volonté de désinformer. Il est une incapacité à s’informer chez les « régulateurs » et les banquiers. Mon article ne voulait que souligner cette très grave défaillance de l’organisation bancaire et donc de l’information du public.

                             


                            • Roland Verhille Roland Verhille 24 mars 2008 09:07

                              À gdm,

                              Votre article et vos commentaires permettent d’aller au cœur de cette question de la crise financière.

                              Les chiffres que j’ai invoqués ne montrent pas, me semble-t-il, que le coût des « subprimes » est infime, puisque l’éventail de ces chiffres est dans un rapport de un à dix. Et j’ai bien écrit que de un à dix, cela change tout. Le sens de mon article est de soutenir que pareille incertitude ne peut être que source de panique, et non de solides prévisions.

                              Je ne conteste pas que cette crise déséquilibre le système financier américain. Mais effectivement, je n’ai pas expliqué ce que d’autres ont fait, le mécanisme qui se met en mouvement. Il y a d’abord les conséquences directes de l’argent perdu par les banques (mais j’ai expliqué que cet argent n’est pas perdu pour tout le monde, ce qui l’est d’un côté a été gagné de l’autre et se retrouve finalement dans les caisses des banques, mais à titre de dette bancaire). Il y a surtout (et seulement ?) les conséquences indirectes sur les capacités de financement des banques : par application des règles dites « prudentielle » (! !!), une perte de monnaie lui appartenant de 100 dans une banque la prive d’une capacité de financement multiple de 100. Là est principalement (exclusivement ?) le mécanisme de réduction de la masse monétaire, de la masse de monnaie circulant dans l’économie. Cette réduction n’est pas sans conséquence.

                              D’abord, il ne faut pas perdre de vue que ce qui est perdu maintenant est ce qui a été précédemment gagné, les effets se compensant. Je fais remarquer qu’il y a eu dopage, et que les conséquences de cette crise seraient celles d’un sevrage, avec retour au bout d’une durée indéterminée à une situation normale, les souffrances éventuelles du moment n’étant que le contrecoup de l’euphorie passée artificielle. Forest Ent insiste pertinemment sur ce phénomène d’ajustement étalé dans le temps, seules les conséquences qu’il en déduit étant discutables. 

                              Ensuite, les conséquences de cette réduction diffèrent selon que cette masse monétaire est ou non excessive relativement aux besoins de l’économie dite réelle. Et c’est faute d’opérer cette distinction que vos explications sont en partie erronées. Avec une masse monétaire ajustée aux besoins de l’économie « réelle », sa réduction cause une réduction des activités économique. En cas de masse monétaire excessive, qui ne fait qu’alimenter la pure spéculation, sa réduction ne pénalise pas l’activité économique ; elle tarit seulement les moyens des spéculateurs, ce qui est sain. Mais en pratique, en phase d’ajustement des équilibres, ces conséquences théoriques peuvent être altérées.

                              La faiblesse de vos explications porte aussi sur votre appréciation des interventions de la FED injectant des marées de monnaie. Vous les jugez opportunes, car à vos yeux elles sont nécessaires au maintien de la croissance de l’économie. Je vous reproche amicalement de justifier une ordonnance de poursuite du dopage économique sans rechercher les conséquences probable, peut-être certaines.

                              Au total, les conséquences de cette crise des « subprimes », impossibles à prévoir en ce moment, seront fonction des interventions de la FED et des autres banques centrales, selon qu’elles viseront à persister ou même renforcer l’excès de monnaie, ou selon le rythme de l’ajustement en baisse de la masse monétaire aux besoins de l’économie réelle. On peut souhaiter éviter un ajustement trop brutal, on ne peut pas, à mon avis, refuser un tel ajustement sans s’exposer à de douloureuses conséquences à terme.

                               


                            • gdm gdm 28 mars 2008 01:45

                              @Roland Verhille

                              Dans votre commentaire, vous dites que l’argent perdu par les uns serait gagné par les autres. C’est inexact. Il existe une destruction de valeur, une destruction de richesse. la valeur d’une chose provient du jugement d’un individu. Ce jugement est nécessairement subjectif. C’est ainsi que la valeur d’une chose peut augmenter, ou baisser, sans autre cause que le jugement individuel d’un ou de pluseiurs individus sur cette chose. La destruction de valeur n’occasionne alors aucun gain pour quiconque.

                              Vous parlez de la capacité de financement des banques. Une banque prete à un emprunteur lorsqu’elle juge que cet emprunteur pourra rembourser. Chaque pret bancaire est, par nature, une creation monétaire. La creation monétaire n’est pas un mécanisme irresponsable. Or vous parlez d’un mécanisme de multiplication irresponsable qui ne correspond pas a la realité.

                              Vous prétendez "remarquer" qu’il y a eu "dopage". Ce n’est pas une constatation, c’est votre analyse économique. je ne partage pas cette analyse. D’une part, le mot "dopage" est impropre. Un investisseur doit tenter de prévoir l’avenir de la valeur d’une chose, d’un bien économique. C’est sur la qualité de ses prévisions, de son travail d’information et de reflexion, qu’il gagnera ou perdra. Un investisseur peut parfois se tromper sans qu’il soit légitime de qualifier de "dopage" son erreur, a posteriori, de jugement sur la valeur d’une chose.

                              De meme parler d’ "euphorie", serait se tromper sur la realité et la difficulté du métier de prévoir l’avenir de la valeur des biens économiques.

                              Ensuite vous opposez pluseiurs fois, les mots "réelle" et "artificielle". Là encore, cette distinction est factice. la valeur, marchande ou non, de tout bien économique est incertaine. Certes, selos les biens, la marge d’incertitude est tres variable. La valeur d’une créance sur un emprunteur, Monsieur A, est tout aussi réelle que la valeur de l’action Renault, d’un kilo de sucre en poudre.

                              Il n’existe aucune différence de nature entre l’économie réelle et une économie qui serait "non réelle". Il existe souvent une marge d’incertitude plus importante pour des maturités plus longues, pour des durées plus longues. C’est ainsi que la créance de courte durée sur un emprunteur comportera tres peu de risque. Au lieu de parler d’économie "réelle" ou "non réelle", parlons plutot des investissement à risque et des investissements à moindre risque.

                              Un spéculateur crée de la valeur, crée de la richesse pour lui, pour ses achateurs, pour ses vendeurs. De plus, les prix obtenus sont une information précieuse et qui permet de mieux connaitre l’avenir des valeurs. La spéculation n’est pas un jeu a somme nulle.

                              Votre analyse avec les termes de "dopage" et de sevrage" n’est pas pertinente. Elle ne correspond pas à la realité, car nul n’a été dopé, et nul ne pourra etre sevré. Il pourrait seulement exister des restrictions de crédit, dus a un crédit plus cher. L’abiassement des taux directeurs fut une nécessité que tous les banquiers ont heureusement bien compris.

                              La baisse des crédits, donc de la masse monétaire, est une cause d’une baisse de l’activité économique. Aucune creation monétaire n’est "en exces", puisqu’elle correspond au besoin de tel emprunteur. Il est donc inexact de parler d’ "ajustement" comme s’il existait une qualtité optimale de la masse monétaire vers laquelle il conviendrait de s’ajuster.

                              Encore une fois, un banquier prete lorsqu’il pense que l’emprunteur ades garanties suffisante d’honorer ses engagement. C’est ainsi que tous les outils juridiques qui facilitent l’hypotheque ou les garanties sur d’autres biens économiques permet d’augmenter les prets, donc d’augmenter la croissance économique. La possibilité de garantir chaque pret est la principale limitation de la masse monétaire, donc de la croissance.

                               

                               

                               

                               

                               

                               


                            • Roland Verhille Roland Verhille 28 mars 2008 11:28

                              À gdm,

                              Merci pour cette réplique fouillée et sérieuse. Elle permet de dissiper les malentendus.

                              J’ai parlé de monnaie, pas de valeur. La valeur, vous l’avez dit, c’est une abstraction, personne n’a jamais réussi à en fournir une définition qui se soit imposée.

                              La perte de valeur visant une abstraction est elle-même une abstraction. Après une perte de ce genre de valeur faisant suite à une création de cette valeur, il n’y a pas plus perte de monnaie qu’il n’y en a eu de créée. Cette création existe quand un crédit a été consenti en échange de la garantie de cette valeur. Là, il y a création de monnaie sans le fondement d’une quelconque création. C’est la cause de la crise financière actuelle. Quand l’emprunteur ne rembourse pas son crédit, il a bien « gagné » le montant de monnaie non remboursé, celui là même que le prêteur a perdu. La somme des deux est nulle, il reste toujours en circulation cette monnaie créée sans fondement.

                              Quand j’ai parlé de mécanisme de création monétaire irresponsable, je visais cette création de monnaie par le moyen de crédits bancaires qui n’étaient pas garantis par la capacité de l’emprunteur à créer au moyen de cette monnaie une activité créant sa capacité de remboursement. Je visais les crédits bancaires garantis par la capacité de l’emprunteur à spéculer avec succès sur au moins le maintien du cours de ce qu’il achète au moyen de la monnaie empruntée. C’est un crédit garanti par du vent, et chez des professionnels autorisés par les états à créer de la monnaie, c’est irresponsable.

                              Sur le dopage, je n’ai pas dit qu’il était le fait de ceux que vous désignez par le terme d’ « investisseur ». J’ai dit qu’il était le fait des banques centrales poussées dans ce sens par les politiciens en déversant des marées de monnaie excédant les besoins des véritables investisseurs (à ne pas confondre avec les spéculateurs).

                              Prévoir l’avenir de la « valeur » des biens économiques est ni moins ni plus difficile que de prévoir ce à quoi s’intéresse madame Soleil. Mais il est effectivement risqué de prévoir le succès d’une entreprise de production de biens et services, c’est un métier. Les Banques y sont défaillantes, en exploitant surtout la loi des grands nombres plutôt qu’une analyse technique solide de la viabilité d’une entreprise ou de la capacité de remboursement de l’emprunteur.

                              Artificiel chez moi, ça veut dire créé de manière non naturelle, par intervention arbitraire de l’humain. Une croissance économique gonflée au moyen d’une distribution de monnaie artificiellement créée, sans qu’elle soit la contrepartie de biens existants ou créés avec son aide (les investissements productifs), est une croissance artificielle. Elle l’est tellement qu’elle devient vite fictive suite à l’inflation qu’elle provoque inéluctablement. En fin de compte, cette croissance n’est pas une réalité permanente, elle n’est qu’une illusion. C’est cela que j’appelle « dopage ».

                              Vous n’aimez pas ma distinction entre investisseurs et spéculateurs, ou vous ne la comprenez pas bien. Je ne vois pas comment un spéculateur pourrait « créer » quelque chose en se limitant à acheter quelque chose revendu en l’état un peu plus tard pour encaisser une différence de cours. Il y a seulement de la monnaie qui voyage entre les uns et les autres, sans avoir été investie dans un processus de création de biens et services.

                              Sur l’abaissement par le FED des taux d’intérêts, vous le justifiez seulement par une affirmation non démontrée.

                              La réduction des crédits entraîne réduction de l’activité économique seulement lorsque le financement des investissements productifs n’est plus assuré. La réduction des crédits excédant ces financements ne fait que réduire l’intensité des activités spéculatives.

                              Mais si, il y a une masse monétaire optimale. Elle n’est pas définie par l’ampleur de la demande de crédit. Des crédits ne coûtant rien parce que leur taux d’intérêts est égal ou inférieur au taux d’inflation sont sollicités par tout le monde, sans limite. S’il n’y a pas de masse monétaire optimale, alors pas besoin de Banques centrales et de régulation bancaire, l’imprimeur de billets de banque suffit.

                              Voilà, on se comprend mieux maintenant ?

                               


                              • gdm gdm 28 mars 2008 17:35

                                @Roland Verhille

                                Votre commentaire porte principalement sur trois themes. le theme de la valeur, le cas du spéculateur et le theme de la creation monétaire.

                                Le theme de la valeur fut l’objet de nombreux débats entre les économistes du 19eme siecle. Restraingnons aujourdhui le champs du débat, écartons dans un premier temps le fondement pholosophique de la définition de la valeur. Limitons notre propos au seul cas de la valeur marchande. Pour vendre une chose, un vendeur est contraint de réduire à un simple nombre, le prix, le sentiment de propriété individuelle qu’il a de cet objet. Le meme mot "valeur" sert ainsi a représenter le sentiment, le jugement, ainsi que le prix de vente de la chose. Bien que les définitions soient différentes, il me semble légitime d’utiliser le meme vocable "valeur" pour désigner le sentiment, le jugement, et le nombre.

                                Tout échange volontaire est avantageux pour le vendeur et pour l’achateur. voir le premier chapitre de tous les manuels universitaires d’économie. Chaque transaction crée ainsi de la valeur, donc de l’argent, pour l’achateur et pour le vendeur. Il n’y a pas d’exception a cette regle de logique. Le spéculateur crée ainsi de la valeur pour lui et pour ses clients et fournisseurs. Vous dites que vous ne voyez pas en quoi le spéculateur crée de la valeur. L’achateur n’achaterai pas s’il ne gagne pas d’argent. le vendeur ne vendrait pas s’il ne gagne pas d’argent. ces deux raisons sont suffisantes pour démontrer que le vendeur et l’achateur gagne dans l’échange, meme s’ils sont des speculateurs tous les deux.

                                La monnaie est créée au moment même d’un pret bancaire. Le banquier échange la monnaie qu’il crée a l’instant meme du pret. en échange, le banquier recoit uen créance sur l’emprunteur. Pour le banquier, la créance vaut plus que la créance. Pour l’emprunteur, la créance vaut moins que la somme immédiate remise par le banquier. Le banquier et l’emprunteur y voit un avantage, donc y gagnent tous les deux monétairement dans cet échange.

                                 Un imprimeur n’est donc pas suffisant pour émettre de la monnaie. La creation monétaire est un échange de billets de banque contre une créance. Un billet de banque est une sorte de créance sur le banquier. Chaque billet de banque est garantit par un banquier, et non pas par des quantités de marchandises. le banquier garantit la valeur de sa monnaie par la valeur des créances qu’il détient. La valeur des créances qu’il détient doit etre toujours supérieure à la monnaie émise. Plus précisement, le ration cooke prévoit qu’il est prudent que la banque possède 8% d’actif en plus de la valeur des créances. En effet, il est rare que la valeur moyenne des créances baisse de plus de 8%.

                                 


                              • Roland Verhille Roland Verhille 28 mars 2008 21:22

                                Gdm, je comprends que, pour vous, l’avantage ressenti par chacun des deux coéchangistes, positif pour chacun d’eux, au-delà de la quantité de monnaie ayant fixé le prix du bien échangé, est de l’argent (de la monnaie vous voulez dire je suppose, comme dit plus clairement à propos du banquier). Partant de là, vous soutenez qu’un spéculateur ayant vendu le bien avec lequel il a spéculé plus cher qu’il ne l’avait payé a créé de la valeur pour le montant de son profit.

                                Je n’ai pas la moindre envie d’essayer de vous changer les idées si elles font votre bonheur. Mais si vous venez sur ce site entretenir un dialogue, et si comme moi vous y recherchez le moyen de compléter ainsi votre information quitte à changer vos idées si ces informations vous semblent remettre en cause vos idées, je vous dois la politesse de vous répondre, même si c’est pour mettre le doigt sur une erreur commise.

                                Votre raisonnement est troublé parce que vous introduisez le concept de valeur dans l’analyse des échanges économiques. Ces échanges sont ceux de biens et services qui sont créés, qui circulent, qui sont consommés plus ou moins vite et remplacés en début d’un nouveau cycle. Ces échanges ont leur image dans les échanges de monnaie. La monnaie quantifie des prix intervenus dans les échanges, pas des « valeurs ». Et la monnaie ne se consomme pas. Elle est créée par les états, les banques la multiplient avec leurs opérations de crédit dans des limites soit convenues entre elles toutes, soit imposées par des autorités publiques. Elle est détruite par les états, de même que par les banques lorsqu’elles réduisent leur en cours global de crédits.

                                Dans tout cela, le concept de valeur, celui d’avantage individuel, n’intervient qu’au niveau des motivations. La seule réalité, c’est la monnaie et les prix.

                                Vous commettez une erreur de fait en soutenant que l’avantage invoqué par vous, élément subjectif et abstrait, est de la monnaie, élément ayant une existence matérielle.

                                Vous commettez une deuxième erreur en soutenant que le spéculateur crée de la « valeur ». Car là, vous restez au plan individuel du spéculateur, sans porter votre analyse au niveau global de l’économie, et vous restez au plan de la psychologie. Le profit encaissé en monnaie par le spéculateur est sorti de la poche de celui qui lui a versé cette monnaie. Ce que l’un a en plus, l’autre l’a en moins en termes monétaires, au total il y a somme nulle. Le bien avec lequel il y a eu spéculation n’a pas changé, il est resté le même.

                                Enfin, pour l’imprimeur, j’ai voulu dire que sans contrainte restrictive dans la création monétaire limitant les demandes de crédit, point n’est besoin de banque centrale, les banques pourraient demander directement à l’imprimeur de leur délivrer les billets de monnaie qu’elles désirent, et s’arranger entre elles pour les échanges interbancaires.

                                Voilà gdm, faites ce que vous voulez de ces explications, conservez vos idées si vous y tenez, et merci d’avoir prêté attention à mes exposés. De mon côté, je suis attentif à tout ce qui peut m’être expliqué que j’ignorerais, et n’hésiterais pas une seconde à modifier mes idées si ces explications me montraient où et en quoi elles sont erronées.

                                 


                                • gdm gdm 28 mars 2008 23:28

                                  @Rolland Verhille, le 28 mars 2008

                                   

                                  Dans votre premier paragraphe, vous reprenez la logique que j’explique pour analyser la création de valeur par l’échange volontaire. Cette logique est celle qui est enseignée par les professeurs d’économie à l’Université en première année. Les économistes désignent la "plus-value" de l’acheteur et la "plus-value" du vendeur. Ces termes sont enseignés dans le chapitre sur l’offre et la demande. Ces deux plus-values sont représentés sur la graphique par des surfaces. Ces surfaces correspondent à des quantité de valeur et sont des nombres, des sommes monétaires.

                                   

                                  Déjà en 1776, Condillac disait dans son "Commerce et gouvernement" que tout échange crée un gain pour les deux co-échangeurs, donc pour l’humanité. Les économistes d’aujourd’hui l’enseignent à leur étudiants. Je me permet de vous suggérer la lecture de livres tels , les "principes d’économie moderne" de Stiglitz, édition De Boek, ou bien "les principes d’économie" de Gregory Mankiw. édition economica. Une telle lecture achèvera de vous convaincre sur la création de valeur sonnante et trébuchante par le seul échange volontaire.

                                   

                                  L’avantage "ressenti" devient un nombre, un montant de monnaie. Vous parlez de la valeur "ressentie" comme si elle aurait été un sentiment abstrait. Il existe une parfaite équivalence entre la valeur "ressentie" et un nombre représentant cette valeur "ressentie". Les exemples pédagogiques foisonnent pour expliquer cette correspondance, voire cette équivalence entre une valeur "ressentie" et un nombre.

                                   

                                  Ce que vous dites sur la monnaie n’est pas formellement inexact, mais vous omettez l’essentiel de la nature de la monnaie et de la création monétaire. Le principe de la création monétaire ne doit rien aux Etats. Les Etats ont établit un monopole monétaire aux 19eme et 20eme siècle pour des raisons de pouvoir et de fiscalité. Une tel monopole étatique était inutile. Des monnaies privées modernes, émises par des banques écossaises, ont parfaitement fonctionné entre 1700 et 1850. Chaque billet de banque est un titre financier émis par cette banque. Le rôle de l’Etat est facultatif et, a mon avis, nuisible dans la création monétaire. Hayek, prix Nobel d’économie 1974, prônait la privatisation des monnaies.


                                • Roland Verhille Roland Verhille 29 mars 2008 09:03

                                  À gdm

                                  Ce n’est pas parce que, dans une démarche didactique en introduction à l’étude de l’économie, un nombre est mis dans une image en étant dit être des francs ou des euros ou des dollars que ce nombre compte de la monnaie qui existe.

                                  Je ne conteste pas du tout, je dois vous le répéter, que l’échange procure un « avantage », ou « gain », à chacun des coéchangistes. Mais il ne faut pas ajouter que « donc », il y a là un gain pour les autres, « pour l’humanité ». A moins d’expliquer que dès lors que deux individus ont chacun une satisfaction qui n’est pas acquise aux dépends de l’autre ou des autres, l’humanité y gagne, ce qui n’est pas faux.

                                  Merci pour vos conseils de lecture. J’ai Stiglitz dans ma bibliothèque, et je l’ai lu. Il n’a pas soutenu comme vous que cet avantage de chacun des coéchangistes se traduit en monnaie sonnante et trébuchante. Il caractérise bien cet avantage comme étant d’ordre psychologique.

                                  Je n’ignore pas l’essentiel de la nature de la monnaie, que vous comprenez vous aussi. Elle existait déjà dans les économies de troc où certains biens (coquillages, pierres précieuses, or, bœuf chez les premiers Romains) étaient employés comme instrument des échanges. Crésus a été le premier à authentifier, cinq ou six siècles av. J.-C., une quantité et qualité d’or extraite de la rivière Pactole, pour être utilisé comme instrument dans les échanges. Déjà avant d’avoir été monopolisée par les états,  ces derniers ont toujours dégradé les monnaies qu’ils émettaient pour remplie leurs caisses sans fonds en trompant les gens. Oui, le rôle des états est facultatif, et systématiquement nuisible. La solution retenue en Europe, l’euro géré par la BCE indépendante des états avec mission première de préserver cette monnaie de la dévaluation me semble être la meilleure.

                                   


                                  • gdm gdm 29 mars 2008 21:32

                                    @Roland Verhille, le 29 mars 2008

                                     

                                    Dans les "principes d’économie moderne", page 48, partie 1, chapitre 3, Stiglitz écrit un long paragraphe sur l’échange volontaire entre deux individus. "L’échange volontaire se caractérise fondamentalement par le fait que tout le monde y gagne". Et les exemples de Stiglitz sont tous numériques en dollars. Stiglitz analyse finement la cas de Pierre qui veut vendre son fauteuil $200, et Hélène qui recherche un fauteuil à $100. Ils concluront un vente à $125.

                                     

                                    L’avantage que vous désignez par "psychologique" ne s’oppose pas à ce que cet avantage devienne un nombre, un prix. Au lieu de mot "psychologie", le préfère utiliser le mot "psycho-logique", la logique de la pensée humaine, de l’action humaine. Si Pierre pense que vendre à $125 son fauteuil est néanmoins avantageux, il acceptera de le vendre à ce prix.

                                    L’estimation "psycho-logique" d’un prix, d’un avantage se traduit nécessairement par un prix d’achat ou un prix de vente lorsque la transaction est possible. Ludwig von Mises, le Maître de Hayek, avait analysé l’action humaine et la "catallaxia", l’échange entre l’individu et la société.

                                     

                                    En rappelant les monnaies anciennes, vous n’évoquez pas la nature de la monnaie moderne. Chaque billet de banque est un contrat, de droit commercial ordinaire, entre le banquier qui a émis le billet et le possesseur du billet. C’est le "contrat de monnaie". Chaque billet de banque fonctionne exactement comme tout titre financier, lequel est un contrat de droit privé.

                                     

                                    Les banques écossaises du 17eme siècle ont fait découvrir à l’occident la monnaie moderne. Le banquier garantit la valeur de la monnaie avec la valeur des créances sur les emprunteurs et non plus sur de l’or. L’or fut néanmoins conservé jusqu’en 1971 comme "valorimètre", unité de mesure de la valeur de la monnaie.


                                  • Roland Verhille Roland Verhille 29 mars 2008 23:04

                                    Gdm,

                                    L’ouvrage en ma bibliothèque de Stiglitz ne comporte pas les exemples numériques que vous invoquez. Je suis donc gêné pour vous répondre là-dessus. Dans mon ouvrage, l’édition originale de1997, l’auteur traite « des échanges avantageux pour toutes les parties » … « l’échange sera bénéfique pour les deux », « Dans un échange volontaire entre deux individus, il n’y a que des gagnants ». Quand tout de suite après, il poursuit : « L’échange volontaire se caractérise donc fondamentalement par le fait que tout le monde y gagne », il faut comprendre « toute le monde » comme visant tous les coéchangistes, chacune des parties à l’échange, pas ceux qui y sont étrangers. Je crains que vous ne lisiez mal Stiglitz en comprenant qu’il explique que le monde entier gagne dans un échange entre deux parties.

                                    L’avantage dont parle Stiglitz, c’est celui qui n’est pas compris dans le prix, celui qui fait que sacrifier le montant de monnaie du prix vaut moins que ce que vaut pour l’acquéreur l’objet acheté. Cette différence de « valeur » n’est pas comprise dans le prix, elle n’est pas monétisée. Pierre qui sacrifie son fauteuil au prix de € 125 dit par le "marché" valoir le fauteuil estime que ces €125 valent plus que son fauteuil, ou dit autrement que son fauteuil vaut moins que ces € 125, qu’il a en plus des 125 € encaissés dit valeur du fauteuil un « avantage » qui vient en supplément. Celui qui a acheté le fauteuil de Pierre pense lui que ces € 125 valent moins que ce fauteuil, pou dit autrement que le fauteuil vaut plus que ces € 125. Ce sont ces deux estimations opposées et contradictoires non comprises dans le prix qui permettent l’échange au prix unique de € 125.

                                    La monnaie moderne, celle crée par les banquiers et non par la banque centrale, ne me semble pas tellement différente de l’ancienne. Dans ces anciennes monnaies "privées", il n’y a pas de garantie formelle de son prix d’échange (sa valeur). C’est « le marché » qui détermine approximativement sa valeur. Dans les monnaies modernes, celles émises par les banques (des titres de créance), c’est aussi « le marché » qui détermine son prix, sa « valeur ». Il n’y a pas de garantie de valeur. Ce que vous pensez être une garantie du titre par la banque, la valeur de sa créance sur l’emprunteur, ce n’est pas une garantie, c’est le moyen pour le banquier d’honorer ses propres dettes. Si sa créance ne vaut plus rien, ses dettes restent sans changement.

                                    Gdm, il me semble que notre discussion a épuisé son sujet. Encore merci.

                                     

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