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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise économique : pas de dommages collatéraux... ben non...

Crise économique : pas de dommages collatéraux... ben non...

A l’heure où je commence ce billet, les bourses européennes font un nouveau grand plongeon… je repense ironiquement au titre de la Tribune d’hier « la bourse de Paris repart de l’avant »… avant le grand saut.

Plus sérieusement, et bien que n’étant pas économiste, même si on se demande à quoi peuvent-ils servir pour la grande majorité d’entre eux si ce n’est prévoir le temps qu’il a fait hier, je m’interroge sur de plus en plus sur l’impact de cette implosion économique qui déborde largement des seules place boursières.

Il n’est jamais inutile de rappeler que nos divins prévisionnistes, à l’origine de cette crise, avaient tous ou presque ânonnés en chœur « c’est propre aux Etats-Unis et seulement sur quelques produits dérivés »… Ensuite, on nous a servi le couplet du « bon ça touche un peu plus que cela, mais rassurez-vous ça restera outre-Atlantique »… il y a encore quelques jours, face aux faillites européennes et à la dérive d’un Etat en quasi faillite (l’Islande). Et cette nuit, on apprend que désormais le Japon est impacté… Comme d’habitude, il n’y a pas de risque, cela ne concerne qu’un acteur mineur… bref, on le voit, le risque de contagion à l’ensemble de la planète financière est bien réel, voire bien entamé.

Autre vérité de l’époque, et même encore aujourd’hui, pour les mêmes… il nous faut distinguer le bon du mauvais capitalisme. Bien, bien… mais il s’avère que cette « spéculation » certes financière a un impact sur ce bon capitalisme et donc sur l’économie réelle. Cette spéculation in fine avait comme but initial d’alimenter ce fameux moteur de la croissance à travers le crédit facile, mais le crédit à n’importe quel prix… pour financer des biens de toute nature… aussi ce subtil distinguo entre capitalisme financier (le mauvais pour celui qui ne suit pas) et capitalisme économique ne tient donc pas la route… on est bien dans de l’économie tout ce qu’il y a de plus réelle.

L’immobilier, le bâtiment sont les premières victimes de ces jeux complexes (le mot étant employé volontairement). Nous ne sommes probablement qu’aux prémices d’un véritable choc qui laissera sur le carreau certes des traders (merci à toi Vian « j’irai cracher sur vos tombes »), mais surtout touchera de plein fouet des milliers de salariés, des milliers de travailleurs pour qui la couverture sociale se réduit comme peau de chagrin ici et surtout ailleurs. Je pense aussi aux retraités à qui on a vanté depuis tant d’années la retraite par capitalisation, et vous renvoie à l’article de l’ami peuples, où aux Etats-Unis ces fonds si merveilleux ont perdu pas moins de 1 470 milliards d’euros et on peut légitimement penser que cette reconstitution prendra plus de temps que celui nécessaire à son effondrement.

Bâtiment, retraités, immobilier et pas seulement… En France, nous entrons seulement dans le gros de la turbulence que les PME sont déjà à la peine. Certes, il y a bien un problème de relations entre elles et les établissements bancaires (le plan d’aide du gouvernement n’est pour une fois pas une absurdité), mais les causes ont l’air plus profondes, avec des carnets de commandes qui sont loin d’afficher une réelle vigueur et, en toute logique, les prochains mois devraient amplifier cette réalité de l’économie vraie.

Le mal est profond et le moins qu’on puisse dire c’est que pour l’heure nos immenses dirigeants se contentent du service minimum… des déclarations qui contredisent ce qu’ils avaient dit quelques mois plutôt, des appels grandiloquents à une prise de conscience et… et c’est tout. Aucune esquisse de propositions et surtout aucun mea culpa sur un système qui a définitivement sorti l’humain de son fonctionnement.

Au fond, on risque fort d’assister au même spectacle que celui joué sur l’urgence environnementale… des trémolos et on continue comme avant en reportant le protocole de Kyoto à une date ultérieure… « On » a cédé à tous les lobbyistes industriels désireux de préserver leurs bénéfices et leurs dividendes ; là l’ultime différence se situera sur des lobbyistes financiers… la belle affaire.

Au final, je doute que tout cela ne débouche sur autre chose qu’une mécanique capitaliste dont la finalité restera l’accumulation de richesses au détriment du plus grand nombre… surtout si le Medef est le seul à la tête de sa moralisation.


Sinon… le PS doit-il tenir son congrès ? Honnêtement, je me demande si les militants s’intéressent encore au non-événement qui se profile… On prendra les mêmes et on recommencera. Au moins ça nous épargnera de mettre les mains dans le cambouis.


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6 réactions à cet article    


  • geo63 10 octobre 2008 13:02

    Assez d’accord avec cet article. 
    Mais en lisant notamment le passage sur le bon capitalisme et le mauvais capitalisme il m’est venu à l’idée de créer un indice : capitalisme total/mauvais capitalisme, par analogie avec le cholestérol total/mauvais cholestérol.
    On pourrait créer une valeur de référence à ne pas dépasser, au-delà on ferme les bourses (financières). Qu’en pensent les spécialistes des "sciences économiques" ?
    On ne pourra pas dire que je n’ai pas essayé de proposer des idées nouvelles comme M. Accoyer éminent Président de l’Assemblée Nationale...sauf erreur de ma part.


    • verbre verbre 10 octobre 2008 23:51

      "il m’est venu à l’idée de créer un indice : capitalisme total/mauvais capitalisme, par analogie avec le cholestérol total/mauvais cholestérol."
      un autre indice : la consommation de tranquilisants


    • Philou017 Philou017 10 octobre 2008 18:55

      A quoi servent les économistes ? au systeme, surtout ceux qu’on entend sur les medias.

      Plus loin, on peut se demander à quoi sert la bourse. A lever des capitaux ? les entreprises pourraient se financer autrement, par des prets traditionnels.
      En fait les boursiers et les financiers sont des parasites qui vivent sur le travail et l’argent des autres. Ils ne sont pas productifs, ne vivent que des bénéfices de leurs actions, des intérêts du credit et de bulles financieres via divers mécanismes.

      Des parasites du systeme économiques qu’ils se sont en partie appropriés via la création de monnaie (credit) et l’achat d’action. Ce systeme a prospéré sur les délocalisations, la mise au service des entreprises d’une pure économie de profit (degraissages, marketing, pub, consommation à outrance, etc) et le jeu de casino sur les produits dérivés.

      Comment avons-nous accepté d’être plumés comme cela ?


      • Supy 11 octobre 2008 11:57

        Non, les entreprises ne pourraient pas remplacer les levées de capitaux en Bourse par de la dette, en tout cas pas dans de telles proportions : la dette, il faut la rembourser, à des taux d’intérêts plus ou moins élevés mais qui ponctionnent du cash, qui ne peut donc plus être investi.
        L’alternative à la Bourse, c’est ce que font de nombreuses PME : faire rentrer des investisseurs au capital, qui vont apporter de l’argent frais et les aider à se structurer dans leur développement. Mais ça a ses limites, notamment quand l’entreprise devient très importante : là, la Bourse devient incontournable.

        Quant aux financiers, la crise actuelle montre non pas que ce sont des parasites, mais au contraire qu’ils sont centraux dans l’économie (pour une partie d’entre eux) : sans crédit, pas ou peu d’investissements, sans investissements pas de développement ni d’emploi, sans emploi pas de consommation...
        Les banques sont indispensables au financement de l’économie...

        Ne mélangez pas l’agence bancaire du coin et ceux qui ont fait de la titrisation potentiellement pourrie : la première me semble vraiment nécessaire, les seconds beaucoup moins... et d’ailleurs, la purge a commencé !


      • millesime 11 octobre 2008 10:45

        On tente de parler d’ethique en voulant distinguer les "bons financiers" faisant leur travail d’intermédiation, et les "méchants financiers" qui ont parié sur la banque d’investissement, les produits structurés destinés à diluer le risque et augmenter les profits.
        On voit que quasiment l’ensemble du secteur financier a trempé les pattes et les babines dans le pot de miel.. !

        et quand tout le modèle standart néolibéral est parti en fumé, les acteurs de marché se tournent vers la démocratie..ils s’adressent tous aux citoyens car au train ou vont les choses et si rien n’est fait pour juguler la dépression, les populations sortiront les fourches contre les financiers, les économistes et les politiques qui ont soutenu et défendu avec vigueur la solution néolibérale.
         


        • White Scarf White Scarf 11 octobre 2008 11:44

          Pour moi personne n’ose regarder en face les racines de cette crise. Les américains vivaient au-dessus de leurs moyens : consommateurs qui consomment trop ; ménages modestes qui croient avoir droit à la grosse maison, la grosse voiture, les gros kilométrages avec de l’essence pas chère ; banquiers qui vivent sur leur dos, financiers qui inventent de l’argent virtuel, investisseurs en bourse et dans l’immobilier qui se l’approprient. C’est vrai aussi, un peu moins aigu mais vrai, en Europe : voir les comptes de l’état français, par exemple... Qui peut dire où il a mis cet argent emprunté, où sont les richesses qui vont lui permettre de rembourser sa dette un jour ?

          (euh, moi je peux le dire.. elles sont dans ma poche de contribuable, et dans celle de mon frère fonctionnaire !)

          La correction nécessaire, c’est tenir compte de cette illusion et reconnaître une pause de croissance. Tant que les mesures de "sauvetage" consistent à éviter cette réalité en déversant encore plus de tombereaux d’argent virtuel, et qu’on nous embrouille avec la soi-disant complexité du phénomène, on fait empirer le problème.

          Concrètement, par exemple, au lieu de sauver les banques (EU) ou de les opérer pour enlever les créances malignes (USA) en les encourageant à recommencer de plus belle, on pourrait reconnaitre que leurs actionnaires n’ont plus que 0 euros, et organiser une faillite globale immédiatement suivie d’une reprise collective (par les états) avec garantie des dépôts des gens et des entreprises - mais effacement des produits dérivés spéculatifs, des CDS, etc..

          La difficulté, c’est que si les banquiers d’affaire ont totalement dérivé et méritent sanction, toute la classe moyenne et supérieure occidentale est "complice" de l’erreur. Tous ceux qui ont acheté leur logement et bénéficié d’un enrichissement apparent (pourquoi diable ma maison, qui valait 200 000 cafés à l’achat, vaudrait-elle aujourd’hui 350 000 cafés ?), tous ceux qui placent des économies modestes sur les Sicav apparemment "pépères" de leur banque ou sur des PEA en actions, ont participé à l’erreur. Les porteurs d’actions qui ont acheté à 20,30 fois le bénéfice annuel, ont pris un gros risque, ont cru à la spéculation. Si en plus ils ont des notions d’économie, ils ont fait une belle connerie. Je le sais, j’en suis !
          Tant pis pour moi. Je peux vivre avec une correction de 30 ou 50% sur la bourse. Moins bien, mais c’est le jeu. Il faut le dire et l’accepter, collectivement !

          L’indicateur de mauvaise finance est une bonne idée. La mauvaise finance est aussi un peu en chacun de nous, comme le mauvais cholestérol. Bien sûr, on nous a roulé, on nous a guidé vers l’erreur. Tout le monde peut se racheter. Personne ne peut racheter tout le monde.

          Ca serait sympa si des socialistes égarés en grève de congrès de la déliquescence, se mettaient à réfléchir un peu, voire même - je rêve !! - à proposer quelque chose...

          pascal



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