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Crise financière : chèque en blanc et chèque en bois, 2 icebergs à l’horizon

Les pays de l’Union européenne ont décidé hier de se porter garants pour leurs banques en difficulté. C’est un chèque en blanc... mais c’est un chèque en bois.

Les pays de l’Union qui ont adopté l’euro, plus la Grande-Bretagne, ont décidé hier de se porter garants pour les banques européennes en difficulté. Leur but est d’empêcher de grandes banques de faire faillite façon Lehmann Brothers. Leur but est aussi que toutes les banques, grâce à cette garantie des Etats, osent recommencer à se prêter de l’argent les unes aux autres sur le marché interbancaire, en panne depuis plusieurs semaines.

Chaque gouvernement définira lui-même comment il s’y prendra pour mettre en place sa garantie envers ses propres banques, en n’ayant pas le droit de claquer plus de 3 % de son PNB (produit national brut) dans ces opérations. En France, comme en Grande-Bretagne, cela se fera en prenant des participations dans les banques en difficulté : en clair, en nationalisant partiellement. C’est une bonne nouvelle, vu qu’ainsi les « Etats sauveteurs » pourront récupérer un retour sur investissement le jour où ils revendront leurs parts après sauvetage.

Il reste cependant deux icebergs à l’horizon.

Le premier iceberg, c’est le chèque en blanc. En se portant garants pour les banques en déroute, les Etats européens ne les poussent pas à faire preuve de plus de sérieux et de responsabilité dans leurs opérations financières. Certes, le sommet européen d’hier prévoit une refonte des normes comptables en Europe et a appelé à un sommet mondial pour réécrire la réglementation des finances internationales. Si c’est un vœu pieu, comme lors de précédents krachs, on aura encore plus déresponsabilisé les banques. Si c’est un engagement sérieux, il faudra casser la logique d’autorégulation des banques instituée par la Convention de Bâle II et briser les « passagers clandestins » dangereux que sont les paradis fiscaux, abritant les fonds d’investissement les plus opaques au monde.

Le second iceberg, c’est le chèque en bois. Les Etats européens se portent garants pour les banques en déroute, mais la plupart d’entre eux, notamment la France, sont dans une situation financière encore pire que celle des banques à sauver. Premier problème, cela va obliger ces Etats à creuser leur dette publique, donc à émettre davantage d’obligations d’Etat sur les marchés, donc à payer encore plus d’intérêts pour leur dette : s’ils atteignent le point de non-retour qui asphyxie leur équilibre financier, c’est la banqueroute à l’argentine. Second problème, si les banques sont trop nombreuses à s’effondrer, les Etats européens n’auront plus les moyens d’éponger : et dans ce cas, comme lorsqu’on perd tout à la roulette à cause de la mise de trop, « rien ne va plus. »

Thomas Guénolé

par Thomas Guénolé lundi 13 octobre 2008 - 32 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Triodus (xxx.xxx.xxx.22) 13 octobre 2008 14:45
    Triodus

    Donc si je comprends bien, quand les bouts de papier des banques ne valent plus rien, l’etat émets des bouts de papiers tout neufs avec son nom dessus en titre de garantie, et du coup les banques peuvent refaire d’autres bouts de papiers avec ça ?

    Si c’est bien ça, les arbres ont du souci à se faire..

  • Par Thomas Guénolé (xxx.xxx.xxx.188) 13 octobre 2008 13:40
    Thomas Guénolé

    Ils vont mettre en vente sur les marchés financiers ce qu’on appelle des obligations d’Etat (ou bons du Trésor). Pour résumer, ce sont des morceaux de la dette de l’Etat qui les émet, et à chaque obligation est assorti un taux d’intérêt.

    Ces obligations sont achetées notamment par des compagnies d’assurances, parce que c’est un placement très sûr et qu’elles sont légalement tenues d’avoir dans leur portefeuille un pourcentage élevé de bons du Trésor de l’Etat où elles sont domiciliées. Elles sont également achetées par des fonds souverains, c’est-à-dire des fonds qui placent de l’argent public d’un Etat : c’est par exemple comme ça que la Norvège finance une partie de ses retraites et que la Chine place une partie de ses excédents budgétaires.

    Amicalement,

    Thomas Guénolé

  • Par dup (xxx.xxx.xxx.66) 13 octobre 2008 18:03

    la BCE va l’imprimer . exactement comme du PQ . seulement l’argent gagné à la sueur de votre front vaudra également pas plus que le PQ . C’est de l’inflation . vous payez la note sans vous en apercevoir .Mieux ! vous allez culpabiliser de pas assez travailler . Si vous saviez comme on vous baise

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/lelibrepenseur%2Bdanger/video/x65guk_danger-imminent-dassault-en-vrai_news

  • Par appoline (xxx.xxx.xxx.48) 13 octobre 2008 12:43
    appoline

    Il est pourtant grand temps que les banques prennent leurs responsabilités en main. Après avoir bien fait joujou avec l’argent de leurs clients, ils viennent pleurer dans le giron de l’état. Il y a pourtant du ménage à faire au sein de ces nids de vipères. Déjà, qu’elles se calment au niveau du sponsoring, c’est le pognon du client qui part en fumée ; au niveau du budget publicité : idem ; au niveau de leurs comités d’entreprise : idem ; au niveau de la construction de leurs sièges sociaux : c’est encore l’argent placé par leurs clients qui permet de telles dépenses. Alors les banques, arrêtez de nous prendre pour des vaches à lait et faites votre travail : gérer, ce que vous n’auriez jamais du arrêter de faire.

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