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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise Financière : Episode combien… ?

Crise Financière : Episode combien… ?

Etrange semaine de négociations - disons plutôt de tergiversations - Européennes à propos du prétendu sauvetage de la Grèce. Au final, la montagne accouchant tout au plus d’une souris et les pays riches du Nord comme l’Allemagne et les Pays-Bas refusant de se saigner pour ceux du Club Med, il semblerait que les 27 Chefs d’Etat et de Gouvernement n’aient abordé que la problématique du respect par la Grèce de ses obligations Européennes...

Comment ce pays parviendra-t-il à lever 30 nouveaux milliards d’Euros indispensables à sa survie ces trois prochains mois ? Nul ne le sait.

Toujours est-il que le risque systémique est aujourd’hui similaire à celui de l’époque cauchemardesque de la chute de Lehman avec une Union Européenne qui devra se porter au chevet de l’intégralité de son système bancaire si elle ne soulageait pas rapidement la Grèce ! L’exposition des Banques françaises à la Grèce étant en effet de l’ordre 76 milliards d’Euros tandis que celles de l’Allemagne et de la Suisse y sont engagées respectivement à hauteur de 43 et de 64 milliards d’Euros... En fait et à elles seules, la France et l’Allemagne ont une exposition combinées de l’ordre de 909 milliards d’Euros aux nations du PIGS -Portugal, Italie, Grèce et Espagne - (selon la B.R.I.), sachant que l’ensemble des Banques Européennes, elles, risquent 2’100 milliards sur les PIGS, dont 253 milliards sur la seule Grèce !

Effectivement, l’enchevêtrement des relations économiques et financières intra Européennes est à un niveau d’intégration tel que certaines nations ne sont vulnérables que par le biais des relations contractuelles de certaines de leurs entreprises avec certains pays dans l’oeil du cyclone. Pire encore : certains pays dans la tourmente subissent une exacerbation de leur vulnérabilité du fait de leurs liens étroits avec d’autres nations en faillite virtuelle : l’exposition des Banques Portugaises envers l’Espagne et envers l’Irlande n’est-elle ainsi pas équivalente à 19% du P.I.B. Portugais ?

Pourtant, sauvetage de la Grèce ou pas, l’Europe semble devoir effectuer une longue traversée du désert. Un renflouement de la Grèce précèderait une lente liquéfaction de règles Européennes de convergence qui auraient dès lors de moins en moins de crédibilité avec à la clé certains pays qui n’auraient plus aucune raison de limiter leurs dépenses ou de résorber leurs déficits. Une banqueroute grecque focaliserait quant à elle les attentions - ainsi que l’appétit vorace du marché - sur la prochaine victime, en l’occurrence le Portugal !

Pour autant, le sauvetage de la Grèce aurait sensiblement les mêmes conséquences que le renflouement de Bear Stearns, à savoir la disparition du "moral hazard", cette sanction qui pèse en permanence sur tout intervenant économique : Quelle enseignement a-t-on tiré de la crise si les comportements à risque et peu rigoureux ne se traduisent en effet pas par une disparition économique ?

Nos Etats ayant allègrement et le coeur léger intégré les actifs toxiques du secteur bancaire au sein des comptes publics via l’argent du contribuable. Dès lors, quel sens y a-t-il à être sévère avec le système financier accusé de manquer de discipline si même des Etats appartenant à l’Union Européenne ne se montrent pas capables d’auto régulation ?


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32 réactions à cet article    


  • Antoine Diederick 13 février 2010 09:42

    Bonjour Monsieur Santi ;

    « moral hazard » , c’est bien le terme approprié.

    En français : « aléa moral ou hasard moral »


    • Terran 13 février 2010 11:23
      Crise : Ne baissons pas Lagarde !
      13 février 2010 - 11:05

      13 février 2010 (Nouvelle Solidarité) – On avait rarement vu un ministre de l’Economie se féliciter en venant annoncer à la presse une baisse annuelle de 2,2% du PIB. Eh bien, Christine Lagarde l’a fait ! Bien sûr, ce n’est pas cette baisse qui provoquait sa joie apparente, mais le fait qu’au 4e trimestre 2009, la « croissance » était de 0,6% ! « 0,6%, c’est vraiment satisfaisant », s’est-elle exclamée en justifiant que c’est beaucoup mieux que nos voisins européens !

      Mais comme lors du sommet sur la Grèce à Bruxelles jeudi, le sourire et les annonces molles de nos dirigeants masquent leur effroi face à une tempête qu’ils se révèlent bien incapables de braver. Quelle est la réalité de l’économie française ? Plus de 400 000 emplois marchands détruits en 12 mois, avec le plus lourd tribut pour le secteur industriel. 1 000 000 de chômeurs en fin de droits et 600 000 qui sortiront de tout dispositif d’aide sociale cette année. On annonce la destruction à venir de 50 000 emplois productifs chez les équipementiers automobiles. Certains pourraient oser dire que ce ne sont que des effets collatéraux de la crise qui est maintenant derrière nous. Mais qu’en est-il des 8 millions de Français mal logés, des 70 000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme ou qualification, des 1,5 million de Franciliens dont les 4 heures de transport par jour brisent la vie familiale et professionnelle, du temps de sommeil qui a baissé de une heure en trente ans, de l’incapacité grandissante de la France à produire suffisamment d’électricité, des pannes de plus en plus fréquentes sur les lignes TGV, etc. ?

      La France et l’Europe ont besoin d’un New Deal et l’effondrement du système monétariste de Maastricht est l’occasion que nous offre l’histoire pour établir un système de crédit public productif qui remette l’investissement, la science et l’humain au cœur de la croissance économique. Si nous pensons en mode « Lagarde », nous serons dévorés à la sauce euro. Mais si nous osons rompre avec la règle du jeu, c’est une révolution qui nous attend.

      http://www.solidariteetprogres.org/article6338.html


      • gimo 13 février 2010 14:31

         TERRAN 

        c’est bien T’ AS la pêche  !!! tu as manger du lion !!.. tas’ raison
        c’est bien !!
        vaut  !!! : !! mieux mourir debout !!!.
        ...que vivre à genoux 
          good  luck : !!

      • Terran 13 février 2010 15:47

        gimo merci
        Fait moi plaisir s’il te plais, upload un avatar qui représente quelque chose, ton combat.

        On les aura !
        Tu peux prendre mon avatar si tu veux, t’as juste à le renommer et ça passera.
        Nous avons tout intérêt à porter l’idée haut, signe que nous ne nous mettrons jamais à genoux.


      • rastapopulo rastapopulo 14 février 2010 13:10

        commentaire sur le site S&P :

        Est ce volontaire le s de trop ?


      • Terran 13 février 2010 11:38
        Un nouveau système de crédit international :
        L’épreuve qui nous attend
        11 janvier 2010

        par Lyndon H. LaRouche, Jr.

        le 9 janvier 2010

        Ce texte fait office de recommandation pour ce que doivent être les perspectives (a) d’une véritable initiative des quatre puissances, nécessaire de toute urgence, dont le but est d’amorcer la transformation des systèmes économiques du monde. Cette alliance doit aller (b) contre les effets destructeurs qu’engendre la soumission à un système monétariste mondial implicitement impérialiste et qui n’est qu’une sorte de « nouvelle Tour de Babel » ; et nous diriger (c ) vers un système de crédit à taux de change fixe, dont la substance soit (d) la coopération et le bénéfice mutuel des peuples organisés en une communauté d’Etats-nations respectivement souverains.

        Inévitablement, cette coopération suppose une mesure pratique indispensable : (e) l’application immédiate du principe établi par la loi Glass Steagall, adoptée aux Etats-Unis sous l’impulsion du Président Franklin D. Roosevelt.

        La réforme dans son ensemble devra mener à (f) l’éradication des systèmes monétaires, qui sont des structures implicitement impérialistes, et à leur remplacement par (g) des systèmes de crédits nationaux constituant un système à long terme de taux de change fixes entre monnaies souveraines.

        Puisque la plupart des actifs monétaires et financiers dans le monde constituent une accumulation implicitement hyperinflationniste de titres sans valeur, passer immédiatement à un système de crédit à taux fixes est le seul espoir d’éviter un plongeon général dans un nouvel âge des ténèbres.

        Ce qui suit au sujet de l’état actuel de l’Empire britannique est certes un peu rude, mais doit être considéré comme une représentation fidèle de la réalité, sans crainte d’exagération vis-à-vis des politiques de la Maison Royale britannique. Bien entendu, j’ai fait attention à ne pas négliger les droits naturels et nationaux du peuple du Royaume Uni, avec qui, après tout, j’ai des ancêtres communs.

        http://www.solidariteetprogres.org/article6203.html


        • zadig 13 février 2010 11:59

          A l’auteur
          Un des problèmes de la Gréce l’évasion fiscale nourrie par la corruption.

          L’évasion fiscale est facilité par l’existence de pays,
           prêts à accueillir ces sommes issues de la fraude fiscale et plus.

          Je suppose que vous êtes lecteur de la presse Suisse.
          Le Temps par exemple est bien gentil pour les banques Suisses.
          Bien sur quelques articles critiques, mais la tonalité générale est :
          « Il faut changer de méthode pour continuer »


          • ELCHETORIX 13 février 2010 12:15

            @ l’auteur

            bon article comme d’habitude !
            Et la lente et sûre dégradation des conditions de vie des populations non responsables de la crise , continue inexorablement !
            Créer le chaos social et réapparaître pour sauver le monde telle est le but du NOM !
            Cordialement.
            RA .


            • le naif le naif 13 février 2010 12:19

              @ M. Santi

              J’aime ces articles économiques purement techniques, faisant abstraction totale de la réalité et aussi cette « morale à géométrie variable » en fonction des circonstances et des acteurs.

              Je vous cite : "Un renflouement de la Grèce précèderait une lente liquéfaction de règles Européennes«  

              Parce que, lorsque les Etats ont volé aux secours des banques privées faisant exploser le pacte de stabilité et leurs budgets, les règles Européennes et celles du Marché n’ont pas été plus que violées ???

              Le fait que la BCE prête de l’argent à ces mêmes banques à 1% alors que la Grèce se voit contrainte d’emprunter sur les marchés à plus de 6% n’a pas l’air de vous émouvoir.

              Lorsqu’on apprend que la Grèce et l’euro font l’objet d’une attaque spéculative de 7 à 8 Milliards de la part d’une grande banque américaine et de quelques Edges Funds associés (dont par une curieuse pudeur, personne n’ose citer le nom !!) ,

              Si l’Europe n’est pas en mesure de répondre ( 7 à 8 milliards en regard des sommes que vous évoquez, c’est vraiment ridicule ) et de casser les reins à la spéculation, de deux choses l’une, soit nous avons affaire à des glands (ce que je ne crois pas) soit nos dirigeants sont complices....

              Vous poursuivez : » Certains pays qui n’auraient plus aucune raison de limiter leurs dépenses ou de résorber leurs déficits. Une banqueroute grecque focaliserait quant à elle les attentions - ainsi que l’appétit vorace du marché - sur la prochaine victime, en l’occurrence le Portugal ! "

              Mais vu la tiédeur de la réponse de Bruxelles aux difficultés Grecque ( A moins qu’il ne s’agisse d’une ruse pour endormir les Marchés et préparer la réplique vigoureuse contre la spéculation que nous serions en droit d’attendre) A la place de Papendréou, j’adopterai la position Islandaise, à savoir : nos dettes sont votre problème chers créanciers, soit on négocie, soit vous vous asseyez dessus.....

              Vous poursuivez : Pour autant, le sauvetage de la Grèce aurait sensiblement les mêmes conséquences que le renflouement de Bear Stearns, à savoir la disparition du « moral hazard », cette sanction qui pèse en permanence sur tout intervenant économique : Quelle enseignement a-t-on tiré de la crise si les comportements à risque et peu rigoureux ne se traduisent en effet pas par une disparition économique ?

              Là je suppose que c’est de l’humour, mais j’ai un gros doute ?!? Sans les états, toutes les Banques auraient fait faillite en 2008 et si les budgets déjà calamiteux sont dans un tel états aujourd’hui, c’est parce qu’on a socialisé des pertes privés !!!

              Cette même Goldmann-Sachs qui s’est dépêché de changer de statuts afin de pouvoir bénéficier du TARP se permet aujourd’hui de conseiller L’état Grec dans ses émissions d’emprunt et de jouer sa faillite sur les marchés, N’y aurait-il pas conflit d’intérêts et délit d’initié ??? Je vous retourne la question : Quels enseignements à t-on tiré de la crise et du comportement de la finance, quelles règles ont été mises en place pour casser la spéculation sur les CDS ????

              Celle-ci n’est pas mal non plus : " Nos Etats ayant allègrement et le coeur léger intégré les actifs toxiques du secteur bancaire au sein des comptes publics via l’argent du contribuable. « 

              Ils n’avaient pas le choix et ce n’est certainement pas d’un cœur léger qu’ils l’ont fait. Je me bornerai juste à constater qu’en échange de cette généreuse contribution, ils auraient pu au moins prendre les commandes des dites banques... Ces dernières ont moins de scrupules lorsqu’il s’agit de récupérer la maison d’un emprunteur insolvable....

              Et l’apothéose : » Dès lors, quel sens y a-t-il à être sévère avec le système financier accusé de manquer de discipline si même des Etats appartenant à l’Union Européenne ne se montrent pas capables d’auto régulation ?"

              Enfin votre comparaison entre Bear Stearns et la Grèce est erronée dans la mesure où si l’on peut fermer une banque et virer ses employés, on ne peut pas fermer un pays et licencier ses citoyens et ceux-ci à un moment ou à un autre vont tout de même s’inviter dans le débat et là de crise systémique financière, nous passerons à une crise politique majeure....



              • gimo 13 février 2010 14:37

                naif 

                bien continu
                 goog luck un +

              • Gandalf Tzecoatl 13 février 2010 15:08

                Allons, la Grèce peut faire quelconques efforts :
                - délocalisation des fonctionnaires délocalisables en Chindia ;
                - privatisation du Parthénon et des calenques ;
                - Vendre la recette du tiramisu ou du ouzo en monopole à quelque multinationale de l’agro-alimentaire ;
                - Vendre la license d’exploitation touristique au mieux offrant ;
                - importer une main d’oeuvre moins chère, exporter sa maine d’oeuvre dans des pays plus riches, en plaçant le spread dans un hedge-fund ou un paradis fiscal ;
                - Vendre la moitié de Chypre à la Turquie ;
                - etc, etc, etc ;

                Tout ça pour dire, bien vu le naïf ;


              • gimo 15 février 2010 01:43

                TEZCOL


                ne mélanges pas les  phrases en noires et les siennes de (naif)

                pour comprendre !!!!
                bey bey !!!

              • Internaute Internaute 13 février 2010 13:48

                Monsieur Santi,

                Il faudra qu’un jour vous ayez le courage de nous expliquer votre reconversion. Pourquoi, en deux ans, êtes-vous passé des rangs de Wall-Street à ceux de Main-Street ? Mystère et boule de gomme.


                • Terran 13 février 2010 13:56

                  pour conserver son statut d’infiltré et essayer d’autres stratégies, c’est évident !!!
                  et aussi, bien sur, conserver le droit de museler les autres auteurs qui racontent des choses qui les dérangent.
                  c’est simple, avox est pas un média citoyen, c’est le media de quelques rapaces qui veulent que surtout rien ne change et conserver leurs acquis.


                • ZEN ZEN 13 février 2010 14:07

                  Stoglitz est bien passé de la banque mondiale à la critique de la Fed...
                  Comme st Paul, de la persécution des chrétiens à la propagation zêléede leur doctrine..
                  Comme Rabin, de faucon est devenu pacifiste...
                  A poursuivre..


                • plancherDesVaches 13 février 2010 14:57

                  Bonne remarque, Zen.

                  Ce que l’excité ne comprend pas, est que bien des gens sont écoeurés du système après avoir vu ce qui s’y passait.
                  Hors, la plupart sont achetés pour se taire.

                  Rares sont aussi les économistes réellement indépendants qui OSENT parler en annonçant des vérités qui dérangent.

                  Merci à vous, Monsieur Santi.
                  Même si je ne suis pas d’accord avec votre opinion sur les politiques qui sont, de toute évidence, achetés ou COINCES par ce système.

                  En fait, ce que peu voient, est que nous n’avons pas pu voir la fin de la crise de 1929 pour cause de guerre... ce qui a bien arrangé les ricains.


                • Gandalf Tzecoatl 13 février 2010 15:51

                  Il y a peu de temps encore, Mr Santi se lamentait des faibles rendements de la dette publique américaine. Il devrait cette fois-çi se réjouir des rendements grecs.


                • le naif le naif 13 février 2010 14:36
                  Je me permet de rajouter ici en complément de mon précédent post, cette chronique de Bertrand Renouvin que vous pourrez retrouvez sur son Blog : http://www.bertrand-renouvin.fr/

                  Il exprime avec une extrême clarté ce que j’ai essayé de d’écrire maladroitement en réaction à l’article de Monsieur Santi, qui à mes yeux défend encore très bien le système tel qu’il est

                  Chronique 20 - Euro : la violence des oligarques

                  Face à la crise de la monnaie unique, les oligarques de tous les pays concernés, leurs experts et les chroniqueurs accrédités de la presse écrite et radiotélévisée ont tous tenu le même discours et lancé les mêmes mots d’ordre. L’abondance et la cohérence des messages impressionnent. Leur contenu est scandaleux.

                  Les oligarques dénoncent les grandes banques américaines et deux fonds de pension américains qui spéculent sur les emprunts d’Etat grecs et risquent de déstabiliser la zone euro. Mais c’est avouer que, depuis le début de la grande crise, rien n’a été fait pour empêcher les financiers de spéculer. L’an dernier, la rapacité des banquiers avait failli emporter tout le système. Cette année, c’est avec l’argent versé par les Etats pour les renflouer que les mêmes spéculateurs s’en prennent aux Etats : après la Grèce, ils visent le Portugal, l’Espagne, l’Italie… Pendant un an, les gloires du G 20 ont tenté d’abuser les peuples par de belles promesses sur la moralisation du capitalisme, ce qui n’empêche pas la banque suisse UBS de verser deux milliards d’euros de bonus pour 2009 alors qu’elle est déficitaire. Ils n’ont rien fait. Ni pour changer le système, ni même pour le réguler quelque peu. Et ce sont les peuples américain et européens qui vont, une fois de plus, payer les dégâts provoqués par le laxisme et la complaisance des maîtres. Premier scandale.

                  Saisis d’angoisse à l’idée que la zone euro pouvait éclater sous la pression des « marchés », les oligarques ont lancé leur contre-attaque verbale. Thème commun : l’Europe doit montrer sa solidarité, afin que « les marchés » soient rassurés. Terrible aveu : ce sont « les marchés » (les banques, les fonds de pension qui spéculent à mort) qui commandent aux Etats et aux divers organes de l’Union européenne : Eurogroupe, Banque centrale européenne, Commission européenne, Conseil européen. Pour Monsieur Sarkozy, pour Madame Merkel, pour Monsieur Barroso, pour Monsieur Van Rompuy, le problème est d’envoyer aux « marchés » un « signal fort » - suffisamment fort pour qu’ils se calment. Ce signal, c’est la mise au point de programmes d’austérité qui seront appliqués avec une froide brutalité aux peuples de la zone euro. D’où un deuxième scandale que personne, à ma connaissance, n’a jusqu’à présent dénoncé :

                  Le peuple grec a porté au pouvoir les socialistes. Leur chef, Georges Papandreou, avait présenté un programme de gouvernement qui comportait des mesures de réduction de la dette publique et du déficit budgétaire, c’est vrai : mais le chef du Pasok avait aussi promis que son gouvernement prendrait « des décisions difficiles, non pas contre les salariés et les retraités, mais contre les grands intérêts » (1). En majorité, les Grecs ont voté pour ce programme de centre gauche. Ils auraient pu aussi bien choisir l’abstention puisque la volonté exprimée au suffrage universel n’a pas été prise une seconde en considération : c’est un programme ultralibéral, impitoyable pour les salariés et les retraités, qui va être mis en application. Ceci par décision arbitraire de Georges Papandreou, qui a devancé les désirs des eurocrates. Qu’on ne dise pas que le chef socialiste n’avait pas le choix : la sortie de l’euro, ou la menace d’une telle décision, lui aurait donné la possibilité de négocier avec Bruxelles une aide effective et immédiate.

                  Troisième scandale, mineur, provoqué par la propagande imbécile qui a précédé la réunion en urgence, le 11 février, du Conseil européen : confrontés à l’échec de la prétendue « monnaie unique », enfin reconnu dans maints articles, les oligarques de Paris et de Bruxelles, relayés par leurs commis de la grande presse, ont réclamé un « gouvernement économique » européen. Il s’agit d’une ânerie naguère proférée par Jacques Delors : gouverner est un acte politique qui ne peut pas conduire à séparer le domaine économique des enjeux sociaux, monétaires, culturels. Or un gouvernement européen impliquerait une constitution fédérale qui réduirait à peu de choses les souverainetés nationales. Le traité de Lisbonne ne permet pas cette « fédéralisation » (le mot a été employé ces jours derniers) ce qui signifie qu’il faudrait négocier, rédiger et faire adopter une « Constitution européenne ». Cela prendrait des années et il faudrait que les peuples soient consultés par référendum, sinon le déni de démocratie serait trop patent. Bien entendu, on ne fera rien, de peur de désaveux encore plus cinglant. Donc on disserte à vide, pour sauver la façade idéologique d’une construction européenne ébranlée dans ses fondements. Mais il fallait bien préparer les formidables décisions qui devaient résulter de la réunion bruxelloise du 11 février. Un envoyé spécial annonça même qu’un directoire était en train de se mettre en place ! Un directoire prêt à « voler au secours de la Grèce » selon l’expression cent fois entendue au cours de cette journée qui promettait d’être historique.

                  Il y eut en effet proclamation solennelle du résultat de plusieurs jours d’agitation : décision est prise de ne rien faire. Des « mesures déterminées et coordonnées » seront prises « si nécessaire » mais, contrairement à ce que l’on avait cru comprendre, il n’y a pas urgence parce que Madame Merkel s’est opposée à un soutien rapide de la Grèce pour des raisons juridiques et par principe si l’on en croit le « Guardian ». Le Premier ministre grec n’a demandé « aucun soutien financier » mais il s’est engagé à durcir son programme sous la surveillance de la Commission européenne. La mise en tutelle de l’Etat grec se fera par voie de « recommandations » de la Commission qui agira en liaison avec la BCE et « en s’appuyant sur l’expertise technique du FMI ». Cela signifie qu’on appliquera les techniques du FMI sans l’intervention directe du FMI : les fonctionnaires, les salariés, les retraités grecs vont être pressurés et la même opération punitive se prépare au Portugal et en Espagne.

                  Tel est le scandale majeur : les peuples, je l’ai dit, vont payer la facture. Ils vont même payer toutes les factures : celle de la spéculation financière, celle du libre-échange, principale cause de la crise, celle du traité de Lisbonne, qui interdit l’aide de la Banque centrale européenne aux Etats, celle de la confusion croissante des organes de l’Union européenne.

                  Pas d’autre solution que la mobilisation populaire et le blocage, dans la rue, du train de mesures criminelles que des gouvernements qui ont violé leurs engagements démocratiques se préparent à imposer.

                  Bertrand Renouvin 
                  son Blog : http://www.bertrand-renouvin.fr/


                  • Cug Cug 13 février 2010 15:05

                    C’est beau, les institutions financières anglo-saxonnes sauvées de la faillite avec l’argent des contribuables s’attaquent pour commencer à la Grèce puis certainement aux PIGS ... mais quid des dettes US et du UK !!!
                    Trop bon trop con ... les européens.


                    • zadig 13 février 2010 15:13

                      A l’auteur

                      Le nom de votre employeur actuel svp ?

                      Que pensez vous de la prise en charge par le commission de Bruxelles
                      de la généralisation de l’ échange automatique des informations bancaires.

                      Ce sera plus dur que pour les accords bilatéraux.
                      Par exemple j’ai lu à plusieurs reprises, dans la presse des insinuations du genre :
                      « des banques Suisses détiennent des informations sensibles sur un avocat devenu
                      très très haut fonctionnaire dans un état ami et proche »

                      Même un journal français en parle maintenant

                      Le banquier suisse que Sarkozy voudrait oublier - Libération


                      • douce france 13 février 2010 15:17

                        ..ils oseront pas attaqués la vierge FATIMA quand meme.. !!!!...???


                        • Paul .ca Paul .ca 13 février 2010 15:17

                          le naif n’est pas si naif que cela. ;)

                          Quel enseignement a-t-on tiré de la crise si les comportements à risque et peu rigoureux ne se traduisent en effet pas par une disparition économique ?

                          Michel,
                          je comprend ton idée mais il faudrait un peu nuancer car beaucoup de banques ont fait faillite.


                          • le naif le naif 13 février 2010 15:55

                            @ Paul

                            Tout ce que je vois, que je lis, que j’entends ces derniers temps me fait comprendre combien j’ai pu être naïf, jusque là, mais je me soigne....

                            Slts

                            PS : Concernant les faillites de banques américaines : http://online.wsj.com/public/resources/documents/info-Failed_Banks-sort.html


                            • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 13 février 2010 18:27

                              Goldmann Sachs n’a plus qu’à racheter la Grèce, virer les pauvres de toute aide sociale, gouverner directement le pays, ne garder que ce qui rapporte (le tourisme de luxe dans les îles) et fermer le reste du territoire à toute présence humaine, hormis des camps de pauvres sous-traités aux ONG. Bref installer un système financio-totalitaire direct.
                              De ce point de vue, et hélas pour eux, mais aussi pour nous, Haïti semble un laboratoire du pire, bientôt appliqué aux pays européens eux-mêmes.

                              L’étrange de la chose, est que les riches adorent ces pays pour y passer vacances, mais ont horreur de leur population. Nous voyons où cela peut mener.

                              Il est temps que les citoyens apprennent à être solidaires les uns des autres, et non à imiter les élites perverses qui imposent leur droit au bonheur à tout prix.


                              • BA 13 février 2010 20:55

                                Une information hallucinante :

                                Obama promulgue la loi relevant le plafonnement de la dette des USA.

                                Le président Barack Obama a promulgué vendredi 12 février la loi relevant le plafond de la dette des Etats-Unis, afin de permettre au gouvernement fédéral d’emprunter jusqu’à 14.300 milliards de dollars (environ 10.503 milliards d’euros), contre 12.400 milliards jusque-là.

                                http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=c58f62b8f31ec2e0983f283d89b409f5

                                D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB  ?

                                La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

                                La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

                                La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

                                La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

                                La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

                                La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

                                La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

                                La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

                                La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

                                C’est à la page 30  :

                                http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

                                 

                                Je ne sais pas où on va, je ne sais pas pourquoi on y va, je ne sais pas ce qu’il y a au bout (un mur ? un précipice ?).

                                Mais je sais une chose : on y va de plus en plus vite.

                                Attachez vos ceintures.

                                On accélère de plus en plus.


                                • bonnes idees 14 février 2010 21:48

                                  +1

                                  Argn greeeeu


                                • fifilafiloche fifilafiloche 13 février 2010 21:11

                                  Michel Santi, j aime aussi vos articles mais ils me frustrent, puisqu’ils posent des problèmes sans proposer de solutions...


                                  A vous lire sur les solutions à apporter à l’irresponsabilité collective et les perspectives des politiques sociales européennes suite à l invalidation de la solution du crédit facile.

                                  • douce france 13 février 2010 23:21

                                    @fifilafiloche..
                                    ..j’ai bien une solution : ..plutot simple et pacifique..( vue que les jeux sont fait pour ce systeme),le matin,au lieu d’aller au boulot pour engraissé le systeme qui nous broient,restont couchés faisont la grasse mat profitons de nos familles de nos amis..,bref passont du temps avec les gens qu’on aiment..,et le reste viendras tout seul.. ;plutot simple non.. ??

                                    ..faisons un mai 2012,pour une nouvelle sociéte ;mais pour y arrivé il faudras vaincre ses peurs..

                                    ..l’avenir est toujour ouvert..


                                    • tchoo 14 février 2010 01:22

                                      Quelle enseignement a-t-on tiré de la crise si les comportements à risque et peu rigoureux ne se traduisent en effet pas par une disparition économique ?

                                      celle là, faut oser, après le sauvetage des banques


                                      • BA 14 février 2010 21:48

                                        D’après l’enquête Emnid, dont Bild am Sonntag a fait état, 53 % des Allemands interrogés estiment que l’Union européenne devrait, si nécessaire, exclure la Grèce de la zone euro.

                                        Angela Merkel, la chancelière allemande, a opté pour une position prudente, disant d’une part que la Grèce ne serait pas laissée à son sort mais d’autre part qu’Athènes devait tâcher de régler ses problèmes seul.

                                        D’après le sondage publié par Bild, 67 % des Allemands interrogés ne veulent pas que l’Allemagne ou d’autres Etats européens accordent des milliards d’euros à la Grèce.

                                        Certains représentants de la coalition au pouvoir en Allemagne ont également exprimé leur réticence à venir en aide à Athènes.

                                        « Si nous commençons maintenant, où allons-nous nous arrêter ? Comment expliquer aux Allemands au chômage que leurs indemnités ne seront pas augmentées d’un centime mais que les Grecs peuvent partir à la retraite à 63 ans ? », s’interroge dans le journal Welt am Sonntag Michael Fuchs, un des chefs de file au Parlement de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.

                                        Au cours de son premier mandat, cette dernière a relevé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans afin de contenir les déficits publics dans les limites fixées par l’Union européenne.

                                        Un membre du partenaire de coalition de la CDU, les libéraux du FDP, s’est montré encore plus hostile à toute aide à la Grèce.

                                        « La résolution de ce problème ne passe pas par une aide à la Grèce. Il s’agit surtout de préserver les contribuables allemands des éventuelles conséquences des difficultés d’Athènes », déclare Otto Fricke, expert budgétaire du FDP, également au Welt am Sonntag.

                                        http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2010-02-14/une-majorite-d-allemands-prete-a-exclure-athenes-de-la-zone-euro/916/0/424059

                                         

                                        Pronostics :

                                        - l’Allemagne ne versera pas un seul euro pour sauver la Grèce ;

                                        - la zone euro va éclater en 2010.


                                        • raoul coutant 14 février 2010 22:54

                                          Et si on prenait les économistes au mot, avec leur prétendue « préférence pour l’immédiat » ?
                                          http://nous-utiles-et-solidaires.blog4ever.com/blog/lire-article-294976-1561511-copenhague__la_douleur_d_attendre__a_4__par_an___x.html


                                          • pmxr pmxr 16 février 2010 10:21

                                            Dirigeant deux entreprises, il faut ce faire une idée juste de la sitation économique a venir, et c’est loin d’etre simple. Ne pas écouter le charabia des politiques, et des soit disant experts. Merci à Forest Ent pour ces articles, qui m’ont beaucoup aidés depuis 2007.

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