Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Crise Financière et bonus : que veut-on vraiment ?

Crise Financière et bonus : que veut-on vraiment ?

 Les spécialistes autorisés s’accordent à penser que la cause numéro 1 de la crise Financière est à chercher dans les manquements des différentes régulations mondiales (ainsi que dans l’absence de régulation globale centralisée).
Pourtant le pouvoir politique Français a choisi de stigmatiser prioritairement le comportement des banques coupables de pratiques "scandaleuses" au premier lieu desquelles on trouve les pratiques de rémunération des "traders" plus connues sous la terminologie "bonus".
On pourrait à ce stade s’interroger sur l’existence d’autres "pratiques scandaleuses" (en dehors de la pratique des bonus) mais là n’est pas notre propos.

Cette décision trouve ses sources dans le désir classique en politique de privilégier la gestion de l’opinion publique avant toute autre gestion de problèmes plus techniques. Jusque là rien de grave du moment qu’en coulisse nos têtes pensantes (direction du Trésor, cabinets ministériels, conseillers en tout genre) loin de la pression populiste analysent, concoctent et décident (modulo bien évidemment la nécessaire coordination Européenne et mondiale).
Dans ces cas-là un minimum d’information filtre à destination des milieux autorisés et à qui sait aller un peu au-delà des "gros titres".
C’est ici que la situation devient inquiétante (en France). Les différents intervenants bien (in)formés ne donnent pas l’impression d’avoir saisi la véritable nature du problème. Le sujet de la réglementation et des régulations nécessaires est bien évidemment abordé (nous sommes après tout connus comme des spécialistes) mais ce en des termes extrêmement imprécis et peu conclusifs ("il faut plus de contrôle").

Contrôle de quoi ? de qui ?

Les propos récents de M. Guaino se saisissant du sujet avec un usage de terminologies qui ne laisse pas de doute sur son implication étroite dans le sujet (M. Guaino connaissait-il la notion de trading pour compte propre il y a seulement 1 an ?) laisse un doute sur la compréhension véritable de nos gouvernants sur la pratique du crédit. Parler de séparation "légale" entre banque d’investissement et banque de dépôt (le fameux Glass Steagall Act Americain institué après la crise de 1929 et supprimé en 1999) dénote une maîtrise faible des mécanismes de financement de l’économie Nationale (et mondiale).
Il est intéressant de noter que la même semaine, s’exprimant au cours de l’émission Mots croisés Daniel Cohen éminent économiste ne parlait pas d’autre chose en décrivant deux modes de fonctionnement bancaire, l’un direct, l’autre de marché "n’ayant rien à voir l’un avec l’autre". On pourrait multiplier les choses à l’infini mais ne nous fâchons pas avec Jacques Attali......

Qu’en est-il ? En termes simples il est devenu pratiquement impossible de séparer au sein d’une banque l’activité de crédit classique (crédit bancaire ou le risque crédit est détenu par la banque) et l’activité de financement "par le marché" qui est "organisé" par la banque d’investissement et dont le risque de crédit est revendu à des investisseurs. Pourquoi ? parce que les besoins de financement sont devenus tellement important que les banques ne peuvent plus l’assurer pleinement directement sur leurs bilans. Il est amusant de noter que les décisions de calcul de fonds propres prises par les régulateurs mondiaux (connus sous le nom de Basle I et II pour les initiés) ont accentué cet état de fait en rendant moins rentable les prêts bancaires aux entreprises détenus en direct par les banques.
Il est aussi amusant de noter que la quasi totalité des dettes d’Etat (y compris bien sûr en France) est financée par le marché donc organisée par les banques d’investissements.
Certains traders serviraient-ils à quelque chose M Guaino ?

C’est ce mécanisme complexe de création de crédit (et ses dérivés) que les instance de régulations mondiales (et les pouvoir politiques) doivent mieux connaitre afin de pouvoir le contrôler au même titre que la masse monétaire.
Cet apprentissage permettant le contrôle doit intégrer le suivi (monitoring) des conditions du marché du crédit, ses innovations mais aussi la partie non régulée du système c’est-à-dire une grande partie des investisseurs (fameux hedge funds et sovereign funds). Sans meilleure connaissance des pratiques et des obligations (ou libertés...) des "acheteurs" du crédit pas de possibilités de concocter les règles nécessaires à sa survie.

nous sommes là au coeur du débat. Tous les praticiens honnêtes (moins de 10 mil de bonus par an...je plaisante) reconnaissent un besoin de contrôle intelligent de l’activité crédit au sens large (Etat,entreprises de toutes tailles, immobilier, consommation etc..) mais pour ce faire les pouvoir publics ont le choix entre deux attitudes : gérer uniquement l’opinion publique à travers des mesures nécessaires mais d’importance modérée ou ajouter à cela une vraie volonté politique de mettre les moyens nécessaires à la disposition des organismes de régulation leur permettant une vraie compréhension et un vrai contrôle de l’activité de crédit mondiale véritable clé de voute de notre système capitalistique.

"Quand le système est trop complexe, il faut le comprendre avant de le modifier voire d’en changer". M Dubrule plombier honnête dans ma région......

L’analyse détaillée des décisions prises au sommet à venir de Pittsburgh nous fourniront bientôt un début de réponse.

J’ajouterai en terme de conclusion que construire une communication financière "intelligente" allant au-delà des commentaires quotidiens de bourse à destination des Français dont la culture économique est encore trop faible pour véritablement appréhender les enjeux économiques futurs serait un geste démocratique appréciable.

Mais le veut-on vraiment ?
 

Moyenne des avis sur cet article :  2.71/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 17 novembre 2009 17:10

    Faites autre chose.
    Vous n’avez en effet aucun intérêt à écrire des articles ici alors que vous n’avez même pas compris LE premier principe : la finance (ou tout pouvoir de l’argent) a besoin d’oppacité.

    Croyez-vous vraiment que je négocie en public les marchés de plusieurs millions que je passe.. ???

    Il doit y avoir une maternelle acceuillante quelque part pas loin de chez vous.


    • ermali 17 novembre 2009 17:55



      je ne sais sur quel marché vous negociez vos millions mais si vous aviez lu attentivement mon article vous auriez compris mon propos(rien à voir avec l’opacité certainement nécessaire mais plus à voir avec le nécessaire contrôle de la production du crédit dans le monde et surtout une meilleure compréhension de ses mécanismes)

      quand à votre conseil éducatif que dire d’autre que l’orthographe n’est pas enseigné à la maternelle (relisez vous) ?

      merci pour votre ton constructif et vos encouragements.

    • zelectron zelectron 17 novembre 2009 18:18

      Les spécialistes autorisés s’accordent à penser que la cause numéro 1 de la crise Financière est à chercher dans les manquements des différentes régulations mondiales (ainsi que dans l’absence de régulation globale centralisée). NON, c’est à chercher dans l’immoralité !


      • lechoux 17 novembre 2009 18:58

        Bon article, merci. Continuez à nous abreuver des tribulations de l’argent roi.


        • saint_sebastien saint_sebastien 18 novembre 2009 12:32

          ... concernant les bonus , ce n’est pas un problème en soit ... le problème est que l’état a renfloué les banquiers qui se sont en suite servi d’argent publique pour se payer leur bonus ... l’état est donc responsable de cette situation , il ne fallait tout simplement pas renflouer les banques ou alors les obliger à séparer activité bancaire classique et finance structurée.


          • ermali 18 novembre 2009 13:09

            le probleme des bonus est d’ordre secondaire effectivement


            le vrai « coupable » est la complexite des circuits de financement de l’economie(le credit) et le fait que les regulateurs ne les maitrisent pas(l’argent hors cicuit n’est par exemple pas regule du tout).
            Sans moyens consequents donnes aux regulateurs le probleme de la bulle credit va rester au sein du systeme.

            la separation entre activite bancaire classique(hors banque de particuliers) c’est a dire pret direct aux entreprises et activites de marches(banque d’investissement) n’est plus possible compte tenu des interactions entre les deux modeles

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

ermali


Voir ses articles







Palmarès