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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise financière : il faut punir les coupables !

Crise financière : il faut punir les coupables !

C’est du moins ce que Nicolas Sarkozy déclare désormais à chaque intervention lorsqu’il évoque la crise financière dont les bourrasques viennent de balayer la planète. A New York, à Paris, à Toulon évoquer la sanction devient un rituel rhétorique de notre président : "Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage au moins sanctionnés financièrement... L’impunité serait immorale... Qui pourrait accepter une telle injustice ?"

Pour mettre en œuvre la "menace" présidentielle, il faut donc commencer par identifier sans risque d’erreur les coupables car il serait improductif de punir de simple boucs émissaires. Qui sont donc les coupables ? Jérôme Kerviel et les traders de la planète dopés aux super bonus ? Daniel Bouton et les banquiers repus de stocks-options qui se sont laissé berner par le rêve américain ? Les agences de notation complaisantes ? Les alchimistes, bricoleurs géniaux de la titrisation ? Les citoyens américains qui ont emprunté inconsidérément ? Les prêteurs "subprime" qui savaient pertinemment que leurs débiteurs étaient insolvables ? Les paradis fiscaux ? Alan Greenspan, l’artificier en chef ?

De "brillants économistes autorisés", tel Patrick Artuis, nous proposent des pistes sérieuses en affirmant avec force conviction : "Le point de départ de la crise est la perte de solvabilité pour une partie des ménages emprunteurs de crédit immobilier." J’ose espérer qu’en privé M. Artuis délivre des analyses un peu plus charpentées et que son simplisme affiché n’est qu’une feinte pour tromper l’ennemi. Un peu de bon sens et de sincérité messieurs les économistes, Elie Cohen et confrères patentés, et un peu moins de théories ou de commentaires fumeux vous permettraient de gagner en crédibilité.

Car, malgré les apparences, tous ces coupables déjà désignés ne sont que des victimes, souvent consentantes j’en conviens ! Nous avons en effet pris l’impardonnable habitude de confondre causes et conséquences. Cependant, il est aussi vrai que la conséquence d’une cause peut se transformer en cause d’autres conséquences. Difficile souvent de s’y retrouver et de remonter au pêché originel.

La sphère financière, par exemple, n’a été qu’opportuniste et n’a cherché qu’une chose : faire de la thune, une avalanche de thunes. Autant que le règlement le lui permettait et l’y invitait même. Sans vergogne et sans concession aux quasi certaines conséquences funestes qui seraient générées ultérieurement par quelques-unes de ses activités. Elle savait qu’à un moment donné tout ce barnum allait exploser. Mais là n’était pas sa préoccupation première puisqu’il était possible, à un instant T, de s’enrichir comme jamais. Qui peut imaginer en effet qu’Henry Paulson en qualité de président de Goldman Sachs ne savait pas pour les prêts hypothécaires "subprime" et qu’il n’avait pas identifié les risques liés à la titrisation ? Lorsqu’il est devenu secrétaire au Trésor, il savait toujours, bien entendu. Qu’a-t-il fait alors pour mettre un terme à ces pratiques autorisées qu’il savait fatales ?

Voilà le vrai niveau de responsabilités : ceux qui gouvernent, ceux qui font les lois, qui décident des règles, les font appliquer ou avec bienveillance ferment les yeux. Ceux qui en l’occurrence nous ont conduit dans le mur à la vitesse du son, tout en klaxonnant joyeusement. Nos hommes d’Etat, passés ou présents depuis trente ans, élus par le peuple pour la majorité d’entre eux, qui depuis des années se défaussent piteusement, doivent cette fois-ci endosser sans réserve la débâcle. Les enfants naturels de Reagan et Thatcher qui ont confectionné et promu le "meilleur des mondes". Qui l’ont exporté, qui l’ont importé. Leur œuvre et leur credo nous sont maintenant familiers : la dématérialisation de la monnaie ; la mondialisation ou la mise en concurrence du travailleur chinois (2 $ par jour 7 jours sur 7) avec le travailleur occidental ; le libre marché sans entraves, sans frontière ; la libre concurrence non faussée par l’intervention de l’Etat (sic !) ; la libre circulation des capitaux et son corollaire, la spéculation effrénée ; la privatisation de tout ce qui pourrait générer du cash notamment les biens collectifs et sociaux. Autant de "progrès" qu’ils ont décrété d’utilité mondiale, influencés et convaincus que Hayek, Friedman et compagnie étaient les seuls sur cette terre à détenir la vérité absolue. Et Sarkozy qui voulait bien sûr être de la partie, qui voulait à tout prix rejoindre le camp des modernes, le camp des winners, était tout disposé à nous faire déguster l’intégralité des savoureuses recettes. Quand soudain un énorme grain de sable vint gâcher la fête...

Pourtant tous les chiffres, toutes les statistiques indiquent que la panacée est loin d’être universelle : explosion du travail précaire, désindustrialisation de l’Occident, croissance de la pauvreté (925 millions de gens ont faim, + 9 % vs 2007), paupérisation des classes moyennes (croissance du revenu moyen en France entre 1996 et 2008 : 5,9 %), confiscation par le capital des gains de productivité (part des salaires dans le PIB en forte régression dans tous les pays occidentaux), etc. Toutes ces informations, toutes les données disponibles auraient dû, c’est un minimum, générer une vaste et sérieuse réflexion sur le bien-fondé de l’application d’une telle idéologie, voire au moins interpeller le président le plus borné.

Nicolas Sarkozy, comme tous ses collègues de même niveau, n’a aucune propension à s’autoflageller. Ne comptons donc pas sur lui pour mettre en œuvre ses menaces. Ce n’est pas moi, c’est le marché ! Ce n’est pas moi, c’est la mondialisation ! Ce n’est pas moi, c’est Trichet ! Pourtant, le temps des boucs émissaires et de la défausse est définitivement révolu. Il est temps désormais pour nos gouvernants, hommes d’Etat présupposés, les vrais coupables de cet immense gâchis, de prendre enfin leurs responsabilités. Après avoir colmaté tant bien que mal les immenses voies d’eau, charge à eux de remettre le bateau à flot. Analyser et traiter sérieusement les causes leur permettront sûrement d’éviter une nouvelle collision qui cette fois-ci enverrait pour de bon le bateau par le fond. Le chantier est immense, mais ils ont l’opportunité unique de pouvoir reconstruire sur de nouvelles bases, débarrassés enfin de ce fardeau nauséeux, l’idéologie de l’Ecole de Chicago.


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31 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 17 octobre 2008 17:50

    Quel que soit le niveau auquel on va chercher des responsables/coupables, on tombe dans le piège qui consiste à désigner des boucs émissaires, pour éviter de remettre en cause le "système" économique libéral et capitaliste.
    Or, toutes ces dérives, si elles mettent en cause la cupidité et la soif de pouvoir de nos "élites", ne sont possibles que parce que ce système économico-politique l’a permis.

    L’homme est parfois faible, corruptible, parfois avide de pouvoir, et toute définition d’un nouveau système (ce à quoi je ne crois pas du tout) futur devrait tenir compte de nos "faiblesses" pour ne pas retomber dans ces mêmes travers.

    J’ai le droit de rêver un peu, non ?


    • Internaute Internaute 17 octobre 2008 18:07

      Sauf que le système n’existe que par ceux qui l’ont fait et le maintiennent. Ce sont donc bien les personnes qu’il faut changer.


    • sisyphe sisyphe 18 octobre 2008 13:37

      							par Internaute (IP:xxx.x22.2.184) le 17 octobre 2008 à 18H07 							
      							

      															
      							
      								Sauf que le système n’existe que par ceux qui l’ont fait et le maintiennent. Ce sont donc bien les personnes qu’il faut changer.

      C’est bien !
      Conservons le système, et..... changeons l’humanité !
       smiley

      							

    • Eloi Eloi 18 octobre 2008 16:12

      Ne pourrait-on pas aller un peu plus loin et envisager un système social (de société) comme un élément dynamique ?

      Tout système se base sur des règles. Et ces règles, une fois assimilées et comprises, peuvent être par principe contournées. Le plus souvent par les petits malins...

      C’est un peu comme un prof qui ne ferait que les mêmes examens depuis 30 ans. Au bout d’un certain temps, la note ne récompenseras pas les meilleurs élèves, mais ceux qui savent le mieux tricher !

      Nous en sommes là !

      Nous avons donc deux possibilités à partir de ce constat :
      * jouer à la surenchère de règles, d’exceptions, de cas particuliers et s’adapter à la triche au fur et à mesure que les cas se présentent. malheureusement, les mathématiques nous montrent que la description complète d’un système demande un nombre infini de lois. Et notre capacité de savoir et de compréhension, elle, est relativement limitée
      * changer régulièrement de système.

      Cette méthode est probablement la meilleure pour sélectionner à notre tête, les joueurs qui jouent le plus le jeu.

      N’améliorons pas les règles, mais changeons de jeu régulièrement !

      Notre système économique étant basé sur la croissance, changeons de principe en favorisant : ou l’écologie, ou l’égalité, ou le bonheur. En pratique, c’est supprimer la mesure de la performance d’un pays par le PIB, et le changer par un autre indicateur : taux de relâchement de CO2 ? coefficient de Gini ? BNB ? Sélection des leaders par le hasard ? Et quand les tricheurs sauront déjouer les lois, nous trouverons autre chose : mais là, l’imagination humaine est probablement, elle, sans limite...


    • chris11 19 octobre 2008 21:12

      le systeme est mauvais , c’est sur , mais l’humanité n’est pas meilleure .le problème est là


    • Internaute Internaute 17 octobre 2008 17:58

      Bien vu et bien dit, sauf pour le dernier paragraphe qui ferme tout espoir - charge à eux de remettre le bateau à flot.

      Expliquez-nous comment vous pouvez croire que ceux qui ont tout détruit sont les mieux placés pour reconstruire ? Il me semble que ce sont les moins qualifiés. Rien ne se fera sans un renouveau radical de l’appareil politique. C’est au citoyen de le comprendre et d’en tenir compte quand par hasard on lui demande de voter.


      • Fergus fergus 17 octobre 2008 17:59

        Punir les coupables reviendrait en effet pour Sarkozy, l’actif complice de Balladur et le thuriféraire du libéralisme débridé à l’américaine, à démissionner de ses fonctions pour provoquer une élection présidentielle et susciter ainsi un grand débat national sur le nouvel ordre économique souhaité par les Français.

        Mais ne rêvons pas : quelques lampistes seront sacrifiés et des demi-mesures prises pour donner l’illusion d’une véritable régulation. Après quoi les financiers, la crise passée, s’engouffreront de plus belle dans les brèches que l’incurie des gouvernants aura laissées dans le système. JUusqu’au prochain krach !


        • Danjou 17 octobre 2008 18:08

          Merci de vos commentaires. Je suis sûrement un peu utopiste en pensant que ceux qui favorisé la réalisation d’une telle catastrophe auraient la capacité de mettre en oeuvre une autre voie économique. On peut effectivement toujours rêver ! 


          • Eloi Eloi 18 octobre 2008 16:16

            Une note d’espoir :

            notre sarko national me semble dopé par un critère bien simple : il veut que les gens l’aiment !

            Pour une fois son opportunisme semble apporter des effets collatéraux relativement positifs :
            * élan politique pour ’lEurope, seul préalable à une véritable économie européenne
            * protection et promotion de l’industrie européenne
            * remise en cause des paradis fiscaux
            * remis en cause (plus ou moins relative) de la toute puissance/indépendance de la BCE
            * remise en cause des taux de réserve fractionnaire

            Ah ! je ne l’aime pas du tout ce sarkozy, mais force est de constater qu’il peut, avec un peu de chance, apporter au moins quelques bonnes choses...

            Qu’en pensez-vous ?


          • chris11 19 octobre 2008 21:20

            "remise en cause des paradis fiscaux"

            il en avait la gorge enrouée quand il l’a dit . j’en avais mal pour lui !!! ;°))))

            Mais comme il ment comme il respire , on ne peut voir là qu’un excellent numéro d’acteur .

            Pour les paradis fiscaux , le probleme est pourtant très simple , il suffit de couper les cables informatiques et de brouiller les liaisons satellitaires et cet argent n’existe plus .


          • @politique @politique 17 octobre 2008 18:45

            crise...
             crise des costumes caravates, crise du pouvoir, crise des branleurs de services...
            J’emmerde la crise, juste du papier, du vent, de l’arogance abstraite.
            La crise est un outil, tout comme la lutte des classes. Pour enrichir, il faut tjrs passer par des héros anonymes, qui se sacrifieront et se sont sacrifiés depuis tellement longtemps par bonté d’âme pour l’humanité et l’espoir qu’ils placent en elle, en leurs frères succésseurs...
            Certains n’ont jamais pris conscience de l’importance de ce communautarisme à l’echelle planétaire. Ces gens là pour moi ne vallent rien de bon pour l’humanité, mais je ne leur en veut pas , ils sont ainsi ...Ils la sabotent à petit feux, savourant l’instant present et effémère de leur simple existence. Ils se moquent épèrduement d’être une entrave à l’épanouissement, au bien être de notre espèce dans son cadre naturel.
            Point.


            • @politique @politique 17 octobre 2008 19:09

              La crise...
              Au delà de ces quelques concidérations économiques abstraites et tellement fluctuantes, il y a pour moi , vis à vis de l’europe, de la france et si c’etait possible, du monde entier, une chose qui est bien plus primordiale et importante pour l’homme que l’etat des finances, c’est la liberté de s’exprimer et de penser, car ça, ça n’a pas de prix ...
              point.


              • Danjou 17 octobre 2008 19:39

                Malheureusement la crise ne va pas être abstraite pour la plupart des gens. Quant à la liberté que vous évoquez et à laquelle je suis attaché autant que vous, veillons bien à la préserver...car elle pourrait bien être menacée.


              • Serge Serge 17 octobre 2008 21:04

                Il y a le discours côté jardin pour rassurer le " bon peuple" et les actes côté cour très,très loin du discours !
                " La pénalisation de notre droit des affaires est UNE GRAVE ERREUR.Je veux y mettre un terme."
                N.Sarkozy à l’université du MEDEF de Jouy-en-Josas !source ;"Les Echos" du 31/08/2007

                 Mieux encore...A l’Assemblée Nationale,un député communiste a déposé un amendement qui proposait de taxer à 100% les parachutes dorés au-delà de 250 000 euros...résultat : 139 pour et...202 contre !!!
                C.Lagarde,sans rire,déclare que dans le chantier du " capitalisme éthique " (? ??) que doit ouvrir NSarkozy ,la priorité n’est pas de légiférer mais à des règles " appliquées de manière volontaire. " En pleine crise et scandale financier quel cynisme !!!
                Encore une fois elle nous ressort l’arlésienne de "l’auto-régulation du capitalisme."
                On voit le résultat !!!


                • Caramelle 17 octobre 2008 22:22
                  Et si notre Président tenait un discours aussi ferme à l’encontre du système capitaliste parce qu’il commence réellement à craindre les réactions vives de la population ?

                  • Padupe 19 octobre 2008 17:05

                    Vous avez probablement vu juste, caramelle. Les effets de cette crise sont beaucoup trop brusques. Cela ressemble à un bombe, qui éclate au visage de celui qui la dépose. Dès-lors, il s’agit de calmer le jeu.

                    Mais ce n’est que partie remise pour ceux qui ont fait le projet d’égaliser (par le bas, comment faire autrement ?) les conditions de vie au niveau de la planète.


                  • Stoïque 17 octobre 2008 23:30

                    Difficile de pouvoir croire "honnêtes" les propos du chef de l’Etat avec toutes ses prises de positions contradictoires dans le passé et pas spécialement axées sur le bien de la majorité des citoyens...
                    S’il rabbache ses propositions, c’est qu’il y serait obligé par des risques plus grands qu’une révolte populaire qui ne pointe pas même encore le bout de son nez.
                    N’est-ce pas plutôt pour éviter la chute de la doctrine libérale, la disparition de la confiance des biens souverains extérieurs aux pays occidentaux, la perte de la puissance économique occidentale, en bref des craintes du monde des possédants directs qui l’entourent ?

                    Pour ces fondements nécessaires à la poursuite des activités des puissants économiques actuels qu’il cotoît, il doit juger vital de remettre de l’ordre pour que la machine économique occidentale ne s’emballe plus et punir des larbins (salariés de haut rang ne faisant pas partie spécifiquement des castes dirigeantes ou arrivistes récents) pour l’exemple.


                    • Probité 18 octobre 2008 01:22

                      Un article intéressant, même si la conclusion est totalement utopique.
                      L’utopie n’est pas condamnable en soi, mais elle ne tient pas compte de la réalité.
                      Nicolas Sarkozy ne va certainement pas débarrasser la France, encore moins l’Europe et le Monde, de l’idéologie de l’Ecole de Chicago, il l’adule cette théorie.
                      Ca n’est pas cette crise qui va lui faire prendre le risque de se fâcher avec ses amis : Martin Bouygues, Edouard de Rothschild, Jean-Charles Decaux, Arnaud Lagardère, Dominique Desseigne,… , et ses vacances alors, il va les passer où !
                      La déclaration « Crise financière : il faut punir les coupables ! » est une pure affabulation (les journalistes appellent cela de la communication – les sémanticiens appellent cela de la propagande), destinée à convaincre les gogos.
                      Tout comme les nombreuses déclarations ou promesses que notre « cher Président » a réalisé, qui aujourd’hui prêtent à sourire pour certains, ou sont totalement indécentes pour d’autres.

                      Pour se détendre un peu :
                      Dans son programme des élections présidentielles, notre « cher Président » annonçait qu’il serait le « Président du pouvoir d’achat », c’était à « pisser de rire » (c’est mensonger, aujourd’hui, pour les naïfs). Un autre exemple plus en rapport avec la crise qui nous touche, le communicant annonce à propos de l’Europe : « L’Europe est une grande culture. Elle doit agir dans le monde pour que les valeurs de la civilisation ne cèdent pas sous la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers (en gras dans le texte). Elle doit défendre les droits de l’homme, la démocratie, la protection des plus faibles, la solidarité, la protection de la nature ».
                      Que fait-il notre « Mickey », à part céder à la pression des seuls intérêts commerciaux et financiers ? Mais c’est pour défendre la solidarité !!!
                      La preuve, il avait promis qu’il « n’augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser », est bien il l’a fait ! Pour les nantis. C’est une forme de solidarité pour tous ces riches qui souffrent ! CQFD pour les communicants. 

                      Mais plus sérieusement :
                      Notre pays (l’Europe aussi) souffre depuis 60 ans et plus, d’une crise de représentativité (on pourrait même affirmer qu’aucune république n’a trouvé une solution à ce problème).
                      En effet, la démocratie représentative (qui définit le système de prise de décisions actuel, malheureusement incompris que « nos journalistes » qui utilisent couramment : « démocratie » - il ne faut leur en vouloir ils communiquent aussi !), qui apparaît sous des plûmes républicaines en 1790 et qui régit notre politique depuis lors, demande à être analysée et/ou critiquée au regard des orientations ou décisions prises.
                      Pour définir démocratie : en grec, le pouvoir du peuple (demos = le peuple, kratos = le pouvoir) est un système politique ou une forme de gouvernement dans lequel la souveraineté appartient au peuple. « La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Périclès – D.D.H. de 1789, préambule de la constitution de 1958).
                      Reste à définir représentative ! Plus précisément, notre « cher Président » représente qui ?

                      • Le Peuple ? C’est peu probable. Au regard des décisions prises et de la politique instaurée, les promesses promises sont remises aux calanques grecques.

                      Quand on sait que ce dernier (comme tous les autres présidents), au regard de la Constitution de 1958 (art. 68), est juridiquement irresponsable. C’est-à-dire que le Peuple ne peut pas lui demander de rendre des comptes sur telle ou telle décision prise pendant l’exercice de son pouvoir, même si ces dernières ne sont pas conforme à son programme présidentiel (il n’est pas le seul, les parlementaires aussi).
                      Cela s’appelle l’impunité, qui se traduit en langage juridique par un pouvoir autocratique.

                      • Les nantis ou cosmocrates (Jean Ziegler) ? C’est fort probable, quand on en juge aux orientations et aux décisions prises.

                      Cela se défini comme du népotisme, qui se traduit en langage juridique par un pouvoir oligarchique.

                       

                      En bref, « démocratie représentative » ou « démocratie (journalistique) » est un néologisme, au sens psychiatrique du terme. C’est-à-dire qu’il ne peut être compris par autrui et par ceux qui attachent une importance à la sémantique. Avec ça, vous êtes heureux de savoir que la France est dirigée par des irresponsables dans un système oligarchique. De là, à croire que ces oligarques seraient subitement emprunts d’humanisme, comme le suggère M. DANJOU, il est fort à penser que cela est une ânerie.

                      Si le système peut évoluer dans une voie plus démocratique (graal inaccessible), ce n’est sûrement pas en comptant par nos représentant actuels, qu’ils soient de droites ou de gauches (institutionnels comme on les appelle).

                      La solution naîtra certainement, en dehors des cercles de réflexion ou cénacles, composés d’intellectuels boursouflés, adeptes de la pensée du reniement, qui composent ou espèrent qu’une chose être les favoris de la cour oligarchique.


                      • Serge Serge 18 octobre 2008 08:09

                        Félicitation pour votre commentaire qui va à l’essentiel !
                        En conclusion je dirais que face à cette crise profonde du système qui "lève" le voile sur la nature fondamentale du capitalisme et de la pensée unique (la seule ayant droit "de cité" dans les médias ) et paraphrasant Marx :
                        Un spectre hante les classes possédantes, la prise de conscience des peuples de leur spoliation.
                        Il est vrai que certains chantres du capitalisme comme Milton Friedman ( prix Nobel d’économie,inspirateur des politiques économiques US ) n’avaient pas cette fameuse "langue de bois" très utilisée par "nos" libéraux.
                        Dans son livre "Capitalism and Freedom"il écrit page 133 : " L’opinion selon laquelle les dirigeants des compagnies auraient une RESPONSABILITE SOCIALE autre que celle de SERVIR LES INTERÊTS des ACTIONNAIRES dénote une méprise fondamentale de la NATURE et des CARACTERISTIQUES DE LA LIBRE ENTREPRISE et du LIBRE MARCHE...Les patrons des compagnies n’ont d’autre responsabilité sociale que celle de FAIRE LE PLUS D’ARGENT POSSIBLE POUR LEURS ACTIONNAIRES."

                        Marx n’aurait pas dit autre chose !!!En France,nos" spécialistes de l’économie" ( ceux bien en cour et relayant la pensée unique ) qui s’expriment chaque jour dans les médias se sont bien gardés de "populariser ce livre" !!!


                      • Danjou 18 octobre 2008 08:36

                        Merci pour ce long commentaire fort intéressant. Je partage l’essentiel de ce que vous écrivez et suis bien conscient que ma conclusion est utopique.


                      • Forest Ent Forest Ent 18 octobre 2008 01:37

                        5% de patriciens romains qui pompent le système directement
                        15% de domestiques qui les pompent
                        15% qui courent derrière pour porter les valises
                        le reste qui tombe progressivement dans les trous
                        ça fait beaucoup de coupables
                        où étions-nous ?
                        où étiez-vous, M l’auteur ?


                        • Danjou 18 octobre 2008 08:41

                          Peu importe ou j’étais, ou je suis d’ailleurs. Ce qui compte à mon sens c’est la prise de conscience pourvu qu’elle soit sincère et honnête même si elle peut être tardive. Je vous rassure je ne suis pas dans les 5% de patriciens...Sûrement dans les domestiques !


                        • Probité 18 octobre 2008 01:55

                          A cela, je rajouterais : Citoyens il n’appartient qu’a vous de changer votre condition ! La lutte en est l’issue.


                          • Echo Echo 18 octobre 2008 04:19

                            Nous cherchons tous des coupables a cette crise, et les voila qui se designent eux-memes. Eux, ces grands patrons qui sont les seuls a exiger ouvertement un retour au statu quo ante, puisqu’ils ont si bien su en profiter a notre detriment.

                            Pourquoi ne tenteraient-ils pas le coup et allons-nous nous laisser faire ?

                            On ne peut faire plus pretentieux, voyez donc :


                            www.lefigaro.fr/economie/2008/10/18/04001-20081018ARTFIG00209-les-patrons-veulent-que-le-role-de-l-etat-soit-temporaire-.php


                            • Danjou 18 octobre 2008 11:13

                              C’est très clair. Pourvu que rien ne change ! L’Etat et ses contribuables ne servent qu’à éponger les dettes. On va donc voir la capacité des politiques à défendre l’intérêt commun et non pas les intérêts particuliers. La crise aura au moins cette vertu : elle sera définitivement révélatrice de leurs intentions et ils ne pourront plus se cacher derrière leur petit doigt..


                            • ASINUS 18 octobre 2008 11:56

                              yep , temporaire je te leur collerais 3 ans de 1793 moi !


                              cris financiere de merde pas un banquier pas un patron de la finance par la fenetre
                              ou se tirant une balle dans le caisson , il y a des mere de famille faisant les poubelles il y a des travailleurs
                              dormant a l armée du salut et ces raclure plastronnent , ce pays n a pas connu de jacquerie depuis trop longtemps , pas une revolution une bonne jacquerie ! que la terreur change de camps nous avons la terreur economique pour lot qu ils aient la terreur pour leur peau



                              revienne le temps des chateau qui brulent


                            • chris11 19 octobre 2008 21:36

                              "revienne le temps des chateau qui brulent"

                              pas d’inquiétude à avoir , ça ne saurait tarder .
                              il suffit de les laisser faire



                            • Céphale Céphale 18 octobre 2008 11:23

                              Le Sarkoland est placé sous le règne du cynisme et de la démagogie. L’un des grands principes de la démagogie est de trouver de prétendus coupables et de les châtier publiquement. Je ne donnerai pas les grands exemples historiques que tout le monde connait, cela pourrait réveiller les trolls.


                              • toiroy 18 octobre 2008 11:47

                                « Sarko démago » : ok. « Tous coupables » : Sans doute. Mais, la vraie question est de savoir, comment jauger la culpabilité des acteurs d’un système financier si complexe ? S’il y a des jugements ils se feront sur les bases du droits en cours et cela ne concernera sans doute pas les « grands coupables », ceux-ci ayant juste profité en toute légalité d’un cadre financier mal régulé.


                                • Padupe 19 octobre 2008 16:50

                                  Tout à fait d’accord avec l’auteur. Voilà un discours que les médias "spécialistes" en économie n’osent pas tenir. Je ne leur ferai cependant pas l’injure de croire qu’ils ne savent pas. MAIS ILS N’OSENT pas ! Nous sommes pourtant en démocratie. Ils n’ont donc aucune excuse. C’est de la couardise, tout simplement.

                                  La classe politico-médiatique est responsable de cette crise. Avec des circonstances agravantes pour les alliés naturels des salariés, que sont les socialistes. Au moment où furent prises les grandes décisions sur la mise en place des mécanismes de la mondialisation (Gatt et OMC), ils (les socialistes) étaient au pouvoir dans 12 pays européens sur 15 !! Ils ont laissé faire. C’est scandaleux !

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