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Crise financière ou agonie du capitalisme ?

Derrière des expressions inadaptées et choisies pour faire peur et paralyser la pensée (tsunami, 11-Septembre de la finance...), il semble bien que la profondeur de la crise ne soit pas réellement mesurée que ce soit par les promoteurs du néolibéralisme actuel ou par certains de ses adversaires.

Bien loin d’être due à l’œuvre d’un des trois boucs émissaires créés par nos sociétés actuelles[1], le spéculateur, la crise financière qui secoue l’économie mondiale n’est que l’aboutissement logique d’une évolution qui s’est accélérée. Par son développement même, le capitalisme a atteint des limites qu’il est incapable de dépasser et ne survit que par des subterfuges à la crise de ses trois piliers : l’accumulation du capital, la consommation, le travail.

Le capital
Du fait des gains croissants de productivité et de la baisse de contenu en travail des produits, la production n’est plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conservant la forme de capital financier. Une industrie financière s’est constituée qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autres que diverses formes d’argent. C’est cette industrie que nous voyons s’écrouler. C’est ce qui a fait dire à André Gorz, dans le dernier article écrit avant sa mort que « la sortie du capitalisme a commencé  ».

La consommation
Cette impossibilité croissante de valoriser le capital est accentuée par la baisse du pouvoir d’achat dans tous les pays ayant adopté le dogme néolibéral. Le recours à l’endettement massif, dont les subprimes ne sont que le dernier épisode, a servi à masquer cette évidence en poussant des millions de travailleurs à consommer des richesses qu’ils n’avaient pas encore créées. C’est cette course à l’endettement qui vient de s’enrayer. Elle devrait logiquement être suivie par un effondrement de la consommation.

Le travail
Cet effondrement de la consommation sera lui-même accentué par la disparition du travail-emploi-marchandise. Ce n’est pas seulement le plein emploi, c’est l’emploi lui-même que le post-fordisme a entrepris de supprimer. Derrière des taux de chômage flatteurs et très souvent manipulés, cette destruction est visible dans la réalité des chiffres de la durée du travail qui traduit une dégradation très profonde de la qualité des derniers emplois créés.

Il faut être précis : nous aurons toujours autant de travail que nous voudrons, mais il ne prendra plus la forme du travail-emploi marchandise. Questionner le travail en revisitant l’œuvre d’Hannah Arendt et sa distinction entre les différents types d’activité humaine (travail - labour -, œuvre - work -, action) est très éclairant.

Par cette évolution, en détruisant ses moteurs, le capitalisme travaille à sa propre extinction et fait naître des possibilités sans précédent de passer à une économie affranchie de la domination du capital sur le mode de vie, les besoins et la manière de les satisfaire. C’est cette domination qui demeure l’obstacle insurmontable à la limitation de la production et de la consommation. Elle conduit à ce que nous ne produisons rien de ce que nous consommons et ne consommons rien de ce que nous produisons. Tous nos désirs et nos besoins sont des besoins et des désirs de marchandises, donc des besoins d’argent. L’idée du suffisant – l’idée d’une limite au-delà de laquelle nous produirions ou achèterions trop, c’est-à-dire plus qu’il ne nous en faut – n’appartient pas à l’économie ni à l’imagination économique. Elle peut par contre appartenir à l’imagination citoyenne.



[1] Le terroriste, le pédophile, le spéculateur

par TTO (son site) mardi 30 septembre 2008 - 30 réactions
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  • Par Jaime Horta (xxx.xxx.xxx.233) 30 septembre 2008 10:38
    Jaime Horta

    Médiats et club privés confidentiels, voilà où se décide du contôle de l’information, ce n’est plus ORTF, c’est PIRE !

    Faites les listes de qui faudra tondre à la libération.

    http://www.dailymotion.com/video/x4xoa2_hhx01le-siecle_news

    L’illusion démocratique

    La démocratie a déjà cessé d’être une réalité.
    Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir réel ne sont pas élus, et le public n’est pas informé de leurs décisions.

    La marge d’action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés.

    Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique : le transfert du pouvoir des états vers des organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé "mondialisation".
    Une suspension proclamée de la démocratie n’aurait pas manqué de provoquer une révolution. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres.
    Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel.
    Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien à décider que les programmes politiques de "droite" et de "gauche" en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.
    Pour résumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle "nouvel esclavage", avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce.
     
    La disparition de l’information
    Depuis le début des années 90, l’information a progressivement disparu des médias destinés au grand-public.
    Comme les élections, les journaux télévisés continuent d’exister, mais ils ont été vidés de leur contenu.
    Un journal télévisé contient au maximum 2 à 3 minutes d’information véritable. Le reste est constitué de sujets "magazine", de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.
    Les analyses par des journalistes spécialisés, ainsi que les émissions d’information ont été presque totalement éliminés.
    L’information se réduit désormais à la presse écrite, lue par une minorité de personnes.
    La disparition de l’information est le signe tangible que notre régime politique a déjà changé de nature.
    http://www.syti.net/Topics.html

  • Par TTO (xxx.xxx.xxx.187) 30 septembre 2008 12:42
    TTO

    Critique réductrice liée à une lecture superficielle ou idéologique. Des réponses à vos questions (?) se trouvent dans les liens. Quant à l’Asie (pour ne pas parler de l’Afrique) elle n’est pas épargnée ^par un système qui enrichit une très faible minorité, donne dequoi juste survivre au prix d’une vie d’esclaves salariés à quelques uns et laisse crever de faim les autres (les centaines de millions de paysans chinois par exemple). formidable système qui donne à 100 000 personnes le quart du PIB mondial et où la moitié de la fortune de Bill Gates suffirait à éradiquer la faim dans le monde. Réducteur sans doute.....

  • Par Lucie Vivien (xxx.xxx.xxx.237) 30 septembre 2008 12:35

    Article intéressant car allant au-delà de l’analyse de la crise financière. Il serait bon en effet que l’on s’interroge un peu sur certaines caractéristiques de notre société capitaliste et ses dérives. La religion de la consommation à tout prix qui engendre la croissance et son corrolaire, l’endettement et même le surendettement, fondements de notre système, ne sont pas sans poser problème.

  • Par TTO (xxx.xxx.xxx.187) 30 septembre 2008 12:43
    TTO

    Ce commentaire s’adresse à mauvaissens qui a bien trouvé son pseudo.

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