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Crise grecque : Chronologie et analyse

Depuis maintenant plusieurs mois, les marchés sont très inquiets de la situation catastrophique des finances publiques grecques. La Grèce traverse en effet actuellement la pire crise budgétaire de son histoire, et les investisseurs craignent une propagation de ces difficultés au sein de la Zone Euro.

Il faut dire que peu avant cette crise, les marchés avaient été paniqués par la cessation de paiement de Dubai. L’Emirat, très affecté par la crise, avait tout bonnement annoncé qu’il ne pourrait pas régler ses créanciers avant plusieurs mois...

Sur le Forex, l’influence du dossier grec saute aux yeux, la paire EUR/USD ayant perdu plus de 1500 pips depuis le début du mois de décembre, revenant ainsi à des niveaux qui n’avaient plus été connus depuis le mois de mai 2009.

Jeudi, les pays membres de la Zone Euro ont effectué une déclaration selon laquelle ils s’engagent à apporter leur soutien à la Grèce. Aucune modalités concrète de cette aide n’a encore été dévoilée, mais il nous semble utile, à ce stade, de faire un point complet sur ce dossier.

Pour remettre tous les faits en perspectives, reprenons tout d’abord la chronologie récente de ce dossier :

Chronologie synthétique :

22 octobre 2009 : L’agence de notation Fitch Ratings dégrade de "A" à "A-", avec perspective négative, la note financière de la dette de la Grèce.

08 décembre : Fitch passe de A- à BBB+

16 décembre 2009 : L’agence Standard & Poor’s a abaisse la note de la Grèce

09 décembre 2009 : L’impasse financière "menace la souveraineté nationale de la Grèce", pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1974, a affirmé le Premier ministre grec Georges Papandréou.

10 décembre 2009 : Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, appelle le gouvernement grec à prendre des mesures "courageuses" pour réduire son déficit budgétaire et sa dette.

14 décembre 2009 : Le Premier ministre Georges Papandréou annonce un programme de rigueur visant à rétablir les finances publiques grecques.

22 décembre 2009 : Après Fitch et Standard & Poor’s, l’agence de notation Moody’s a abaisse la note de la dette de l’Etat grec de A1 à A2 en raison de la dégradation de la situation financière du pays.

14 janvier 2010 : La Grèce présente les grandes lignes de son plan d’assainissement des finances publiques mais sans parvenir à convaincre les marchés de sa capacité à régler la crise de sa dette.

3 février 2010 : Le conseil des gouverneurs de la BCE "approuve" le plan d’assainissement des finances publiques présenté par Athènes, qui prévoit le retour du déficit public grec dans les limites du Pacte de stabilité européen en 2012.

11 février 2010 : L’UE annonce un plan d’aide à la Grèce, sans donner de détails satisfaisants.


Maintenant que les principales articulations de ce dossier ont été rappelées, il convient d’analyser plus en détail les tenants et les aboutissants de cette crise :

  • Quelle est la situation des finances grecques ?

Tout bonnement catastrophique : Un déficit public prévu à 12,7 % du PIB pour 2009 et 9,4 % du PIB en 2010. Une dette publique de 300 milliards d’euros fin 2009 (113 % du PIB) et attendue à 120 % du PIB en 2010, alors que la limite imposée par l’UE est de 3% du PIB

  • Pourquoi ce problème a-t-il si soudainement inquiété les marchés ?

Parce que l’ancien gouvernement de la Grèce avait falsifié les chiffres... Le gouvernement précédent annonçait un déficit public de 6 % du PIB en 2009. George Papandréou, arrivé à la tête du gouvernement le 4 octobre, dévoile la réalité des chiffres : un déficit de 12,7 % du PIB.

  • Pourquoi la Grèce plus que les autres pays européens ?

Parce que la Grèce était déjà en grande difficulté bien avant la crise, et avait d’ailleurs obtenu en 2001 son admission dans la Zone Euro en 2001 grâce à des comptes falsifiés. Par ailleurs, l’économie souterraine prend des proportions de véritable fléau en Grèce, et est estimée à environ 20% du PIB, réduisant ainsi considérablement les recettes fiscales. Enfin, c’est un pays qui exporte très peu, et qui affiche donc structurellement un déficit du commerce extérieur.

  • Quel est le pire des scénarios ?

Le pire des scénarios est évidemment la cessation de paiement, autrement dit la faillite. C’est ce qui s’est passé en Argentine en 2001, et le pays n’a toujours pas finit de remonter la pente... Mais toutes les voix sont unanimes et excluent cette possibilité : La Grèce fait en effet partie de la Zone Euro, et sa faillite entrainerait l’ensemble de l’union monétaire dans sa chute. C’est donc inenvisageable, ce qui veut plus ou moins dire qu’en dernier recours, les partenaires de la Grèce seront bien obligés de lui porter concrètement secours...

  • Que fait la Grèce pour remédier à cette situation ?

La Grèce a mis en place un plan d’austérité et de réduction des dépenses publiques assez ambitieux : Réduction de 10% des dépenses de l’Etat, ainsi que des primes du secteur public et des dépenses de santé, recul de l’age des retraites, suppression des bonus dans le secteur bancaire public, arrêt des embauches dans le secteur public, et encore bien d’autres mesures drastiques.

  • Que peu faire l’Union Européenne ?

A part essayer de rassurer les marchés en affirmant son soutien, l’UE ne peut malheureusement (en théorie) pas faire grand chose... Les traités européens excluent en effet le sauvetage d’un pays membre de la Zone Euro par ses pairs, et la BCE ne peut pas accorder de prêts aux Etats. Toutefois, comme on l’a dit plus haut, il est totalement exclu que la Grèce se retrouve en cessation de paiement. De plus, les interdictions stipulées par les traités européens sont facilement contournables. En dernier recours, l’UE sera donc obligée d’aider la Grèce. Jeudi, les dirigeants européens ont d’ailleurs fait une déclaration selon laquelle ils viendraient en aide à la Grèce

  • Le FMI peut-il intervenir ?

En principe, le FMI pourrait apporter un soutien financier à la Grèce. Mais dans la pratique, le Fonds monétaire international se contentera de déléguer des experts auprès de la Commission Européenne et de la BCE. La raison de cette non implication est très simple : Si le FMI apportait une aide directe à la Grèce, cela enverrait un signal alarmant aux marchés, le FMI ayant plutôt l’habitude de venir au secours de pays du ’’tiers monde’’. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle plusieurs officiels européens multiplient les déclarations excluant catégoriquement toute intervention du FMI.

  • Pourquoi la situation des finances grecques fait chuter l’Euro, et plus particulièrement la parité Euro-Dollar ?

Parce que les opérateurs craignent que les difficultés de la Grèce se propagent au sein de la Zone Euro. Plusieurs autres pays membres se débattent eux aussi avec des déficits budgétaires énormes, et les investisseurs estiment qu’il y a un risque de défaillance de la Zone Euro dans son ensemble. Personne ne veut donc acheter d’Euros, et les investisseurs se reportent volontiers sur le Dollar, particulièrement plébiscité en cette période d’incertitude sur la reprise mondiale, en raison de son statut de valeur refuge.

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par ProfesseurForex.com (son site) lundi 15 février 2010 - 23 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 15 février 2010 10:14
    Gabriel

    Quel paradoxe, les marchés inquiets de la situation des finances grecques. A mourir de rire, ce sont ces mêmes marchés qui mettent en faillite les états en spéculant sans retenu sur la monnaie. Cela s’appel la tyrannie des marchés ! La Grèce est entrée dans l’Europe grâce à d’importantes aides financières de la communauté. Peut-être aurait-il fallut attendre mais les spéculateurs trop impatients de faire de cette Europe un vaste supermarché qu’ils pourront piller ont fait leur loi. Tout comme l’argentine que vous citez, endettée et écrasée par les dettes et les taux d’intérêts calculé par les voleurs des banques centrales. Des états seront mis en faillite afin de mieux contrôler et presser leurs peuples. Cela s’appel la dictature des marchés ! Il suffirait de faire fonctionner la planche à billet et de rayer la dette comme certain pays l’on fait pour Haiti. Seulement voilà, les bandits spéculateurs veulent encore s’enrichir en créant de la misère ! Un gouvernement Européen digne de ce nom doit être mise en place et abolir l’indépendance de la banque centrale européenne afin de contrôler sa monnaie. Quant au FMI il interviendra correctement quand il ne sera plus géré pas ces mêmes voleurs qui pillent la planète ! Tous ces conseils des soi-disant techniciens de la finance donne envie de vomir !

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.49) 15 février 2010 12:48
    Daniel Roux

    De la réclame pour inciter à jouer (et à perdre) sur le Forex ?

    Je conseillerais aux médiateurs d’Agoravox d’interdire ces fausses nouvelles et ces vraies pubs d’autant que les "informations" données sont douteuses.

    Il y a un an, c’était l’Ukraine qui risquait d’entraîner toute l’Europe dans le gouffre, aujourd’hui c’est la Grèce et demain, le Vatican ?

    La Grèce pèse très peu dans la zone euro, c’est comme si on écrivait que les dettes d’Angoulème entraînait la faillite de la France entière. Les cas de la Grande Bretagne et des USA sont autrement catastrophiques. La Livre et le Dollar ne valent guère plus que le papier sur lesquels ils sont imprimés.

    C’est pour contrôler le pétrole et sauver le dollar que les américains et leurs satellites anglais ont détruit l’Irak et menacent l’Iran, parce qu’ils veulent vendre leur pétrole en Euros.

    Le soi disant euro faible est en réalité l’une des rares monnaies, qui servira de refuge lorsque les situations américaines et britanniques apparaîtrons publiquement.

     

  • Par le naif (xxx.xxx.xxx.3) 15 février 2010 11:51
    le naif

    C’est quoi cet "article" Copyright (c) 2010 ProfesseurForex.com. Tous droits réservés. De la publi -désinformation ???

    L’euro n’est pas plus mal en point que le dollar, la livre ou autres, le système est moribond, débrancher la planche à billet US ou GB et le patient meurt immédiatement. Personne ne paiera l’Océan de dette, car c’est tout bonnement impossible. Aujourd’hui les Marchés s’inquiètent de la faiblesse toute relative de l’euro vis à vis du dollar, hier c’était le contraire, demain ils s’inquièteront d’autre chose..... qu’ils crèvent et vite (les marchés et les spéculateurs avec).

    Le plan de désendettement concocté pour la Grèce est une stupidité économique de plus. Le seul moteur du capitalisme c’est la consommation et ce n’est pas en diminuant les revenus de la population qu’on la fera repartir !!! Les Grecs ne sont pas des américains, ils ne se laisserons pas tondre sans bouger eux.

    Comment réagiront nos "chers marchés" aux émeutes et à quelques banquiers pendus haut et court professeur Forex ??? Il faudrait peut être réaliser que la crise n’est pas purement financière et virtuelle mais qu’elle va surtout avoir des répercutions sociales impossible à mesurer et qu’in fine c’est sur ce terrain là qu’elle se règlera.

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.253) 15 février 2010 10:22
    ZEN

    La Grèce a certes ses faiblesses (corruption, etc...), mais les hedges found ont attaqué le "maillon faible" (?) pour spéculer sur l’euro
    On connaît au moins un précédent : Soros et la £

    "Si c’est aujourd’hui la Grèce et au-delà les pays faibles de l’eurozone qui tiennent le devant de la scène, leur cas n’est qu’une illustration parmi d’autres des difficultés partagées par l’ensemble des pays dits développés.
    Les finances des USA, du Japon, de la Grande Bretagne sont dans une situation à peine moins déplorable et la Grèce ne doit son triste privilège qu’au fait qu’elle est la proie la plus facile dans un troupeau d’éclopés
    .
    La masse de capitaux flottants censée représenter la richesse du monde cherche avant tout à se protéger en ces temps troublés, mais les réflexes prédateurs sont toujours là. Au moindre signe de faiblesse, excités par l’odeur du sang (c’est le vocabulaire en usage dans les salles de marché), les traders parient à la baisse et amplifient les désordres du monde, en une spirale destructrice. L’Europe n’est pas absoute pour autant, loin s’en faut.
    Depuis trop longtemps, elle vit dans un état de somnambulisme, entre incantations incessantes à ses principes fondateurs, sa vocation universaliste, et un déni de réalité. Pourvue des attributs d’une institution politique rassemblant les peuples, elle n’en assume aucune responsabilité sur le plan social ou économique, nos dirigeants ayant choisi en une coupable facilité de s’en remettre à l’intervention de la main invisible.
    ."(CI)

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