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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise immobilière américaine, où en est-on ?

Crise immobilière américaine, où en est-on ?

Je vous propose une petite visite dans la petite boutique des horreurs des prêts immobiliers Américains à taux variables. Attention ami lecteur, cet article est (un peu) long et technique. Si tu peux vivre sans savoir ce qu’est un Option ou Unsecuritized ARM, passe ton chemin !

 
Je vous propose une petite visite dans la petite boutique des horreurs des prêts immobiliers Américains à taux variables. Attention ami lecteur, cet article est (un peu) long et technique. Si tu peux vivre sans savoir ce qu’est un Option ou Unsecuritized ARM, passe ton chemin !

 Aux USA, tous les prêts à taux variables (ARM – Ajustable Rate Mortgage) fonctionnent suivant un principe dit de « teaser rate ». C’est une période de grâce au début du prêt pendant laquelle vous n’avez à payer que des mensualités réduites, voire symboliques. Une fois la période de grâce terminée, vous devrez effectuer les paiements normaux jusqu’à la fin du crédit. Suivant le type de prêt, et l’historique bancaire du ou des emprunteurs, la période de grâce accordée est plus ou moins longue. De 1 an pour les emprunteurs les moins fiables, jusqu’à 5 ans pour les plus solvables. La fin de la période de grâce est appelé le Reset – où le taux passe de « sympa » à « moins sympa », ou suivant le type de prêt le Recast – où la mensualité change de « super cool » à « pas cool du tout ».

Inutile de dire que le moment critique de ces prêts, c’est ce moment là ! Connaître la date de passage de ces prêts au Reset/Recast, c’est anticiper le nombre de faillites immobilières.

L’équipe de recherche sur la finance structurée du Crédit Suisse a mis à disposition ce graphique, montrant les différents types de prêts à taux variables que les banques Américaines ont proposés. Les chiffres sont en $Billion Billion, ce qui veut dire en millier de milliards de dollars (1,000,000,000,000 $).

Voici la description du fonctionnement de ces prêts.

Option ARM : Une forme de prêt particulièrement vicieuse. La durée de ce prêt à taux variable est de 30 ans. On donne le choix à l’emprunteur entre 4 solutions de paiement :

1 - Paiement minimal

2 – Intérêts seulement

3 – paiement doublé

4 – paiement normal

Dans tous les cas, le capital + intérêts doivent être payés en 30 ans.

Les choix 3 et 4 correspondent à ce qui se pratique en France, à savoir un remboursement du capital +intérêt dès le départ. Si le choix 3 est retenu, tout est payé en 15 ans, inutile de dire que c’est un choix marginal.

Le choix 2 permettait de payer seulement la partie intérêts pendant quelques années, pour ensuite payer capital + intérêts pendant le temps restant.

Et le choix 1 , qui en fait représente plus de 80% des Option ARM, permet à l’emprunteur de payer au début une somme ridicule, genre que des intérêts à 1%. Le coup de vice étant que la différence entre la somme payée et les intérêts normaux s’ajoutent au capital restant dû, ce qui s’appelle un amortissement négatif. Pour le dire plus simplement, plus vous payez, et plus votre dette augmente. C’est l’augmentation du capital restant à payer qui détermine le moment du Recast. Il y a un seuil limite (15 à 25%) qui, lorsqu’il est atteint oblige l’emprunteur à n’effectuer plus que des paiements normaux intérêts + capital. En d’autres termes, ce prêt lors du Recast multipliera votre mensualité dans un rapport 5 à 10. Avec de telles conditions, le taux de défaillance de ce type de prêt est très élevé (actuellement 33%) et est en bonne voie pour dépasser celui des désormais célèbres Subprimes (aux alentours de 40%).

Prime, Alt-A, SubPrime ARM : Aux états unis, les banquiers classent leur clients dans 3 catégories

  1. Prime : La catégorie reine mais hélas moins nombreuse des personnes dont les antécédents bancaires sont parfaitement connus, qui jouissent de revenus stables et n’ont pas de soucis financiers particuliers.

  2. Alt-A : les personnes dont les antécédents bancaires et revenus ne sont connus, mais pas avec certitude, dont on ne sait pas si les revenus sont stables, ou avérés.

  3. SubPrime : Les personnes dont la banque ignore toute source de revenu ou antécédent bancaire, ou qui ont déjà eu des problèmes de crédit et de solvabilité.

Pour ces types de prêt, le passage au Reset se traduit par un changement de taux ou on passe d’un taux fixe plus sympa à un taux variable. En pratique, la mensualité peut se retrouver multiplié par entre 1,3 (30%) et 3.

Les prêts accordés aux emprunteurs prime sont les plus sûrs, donc bénéficient des meilleures conditions. Rien à dire là dessus, sinon que ils rapportent peu aux banques.

Pour les Alt-A, les dossiers de crédits étaient remplis par des courtiers payés à la commission. Donc les dossiers était presque tous bidonnés, faisant état de revenus bien au dessus de la réalité. En pratique, vous disiez ce que vous voulez au courtier, qui ne vérifiait rien et vous rajoutait entre 5 et 50% de revenus en plus pour faciliter l’obtention du crédit.

Les prêts Alt-A bénéficiant d’une période de grâce plus importante que pour les subprime, leur arrivée en masse au Reset est prévue pour 2011.

Et les Subprimes bénéficiait des pires conditions de prêts – des taux les plus élevés, associé à un délai de grâce de 12 à 24 mois au maximum. C’est ce délai court qui a provoqué l’éclatement de ce type de prêt avant tous les autres.

Agency ARM : C’est un prêt directement fourni par l’organisme hypothécaire (Fannie Mae, Freddie Mac), qui prête sur ses propres deniers. C’est principalement utilisé pour des immeubles ou ensembles immobiliers à 5 logements et plus, la banque ne jouant là que le rôle d’intermédiaire et s’occupe de la perception de la créance. Ces prêts sont considérés comme moins assassins, donc potentiellement moins sujet à des défaillances.

Unsecuritized ARM : Ce sont des prêts consenti à une société civile immobilière (ou son équivalent américain, Tender In Common – TIC). Le terme Unsecuritized se réfère à la forme fiscale (équivalent à une SCI imposé sur les sociétés), ce qui permet de limiter la responsabilité des propriétaires en cas de faillite, mais qui leur coûte plus cher en terme fiscaux – notamment pour la revente de leurs parts. En pratique, on ne dispose que d’une estimation de ce type de prêt, qui n’avait pas besoin de déclaration faite à l’administration. On ne sait donc pas réellement combien il y en as en circulation. Très peu d’information circule sur ce genre de prêt, ce qui fait que on en est réduit aux conjectures concernant leur taux de défaillance. Sachant que derrière ce type de prêt il y a souvent des centres commerciaux, leur défaut devrait monter en flèche en cas de consommation atone.

Interprétation :

Le graphique montre que les USA ne sont qu’au début de cette crise des crédits pourris. Plusieurs vagues de faillites devraient avoir lieu. Le pire est à redouter aux alentours de l’été 2010, qui sera d’autant plus sévère que contrairement aux Subprimes, les gens touchés seront de la classe moyenne voire haute.

Cette estimation du Crédit Suisse est à mon avis imparfaite. Pour les options ARM, l’estimation se base sur un taux d’amortissement négatif initial, qui est inférieur au taux réel. Ces prêts arrivent donc plus rapidement que prévu au plafond, ce qui devrait avancer de quelques mois la vague de leur Recast, vers mi 2010 plutôt que en 2011.

Concernant les Subprimes et Alt-A, le gouvernement américain a décidé l’année dernière une politique de gel des crédits, qui a eu pour effet de décaler un bon nombre de Reset, mais sans régler le problème fondamental. Cette politique de gel se termine maintenant, donc les Reset normaux vont se rajouter aux Reset qui auraient déjà avoir eu lieu. Sauf erreur de ma part, ce graphique ne traduit pas cet effet.

Et comment de très mauvaise, la situation pourrait devenir carrément apocalyptique :

Les prêts hypothécaires Américains étant dans leur très grande majorité garantis par la maison elle même, dès lors que l’on ne peut plus payer il suffit de rendre la maison pour que la dette soit totalement soldée. En pratique, cela veut dire que si une maison possède une valeur de revente inférieure voire très inférieure au montant du prêt restant à rembourser, le propriétaire a tout intérêt à rendre sa maison à la banque, ce qui aura pour effet d’annuler la totalité de sa dette, en principal comme en intérêt. C ’est alors la banque qui doit douloureusement écrire dans ses comptes la différence et constater la perte. Ce cas de figure s’appelle le « negative equity », en très forte hausse ces derniers temps. Le graphique suivant montre la proportion des maisons gagés qui sont dans cette configuration, par état.

 
On peut y voir la Floride et la Californie, des poids lourds économiques qui ont 30% de ces maisons dont la valeur actuelle est inférieure au restant dû. Et un magnifique 55% pour le Nevada, ce qui nous informe bien sur la santé réelle de l’immobilier à Las Vegas.

La somme totale mentionnée donne le vertige. C’est pas moins de 1 million huit cent mille milliards de dollars (1,800,000,000,000,000 $) de crédits à taux variables qui seront arrivés au reset d’ici début 2013. Si le taux de défaut (comprenant les gens qui ne peuvent plus payer + les gens qui rendent purement et simplement leur maison) avoisine les 5%, avec une valeur de l’immobilier en baisse de 33%, les banques totaliseront une perte de quinze mille milliards de dollars (15,000,000,000,000) d’ici à 4 ans, ce qui est une somme tout simplement insupportable y compris pour le contribuable américain. Et encore, j’ai été particulièrement gentil avec mon estimation des pertes potentielles.

Conclusion :

à la vue de ce qu’il se prépare, il n’y aura pas un seul mais plusieurs tsunamis de faillites immobilières aux états unis, Fin 2009, mi 2010 pour la vague probablement la plus terrible, fin 2011 et début 2012. Ces vagues obligeront les banques à passer des pertes abyssales, les rendant zombie et en survie uniquement à l’aide de l’argent du contribuable. Et les sommes en jeu, tellement gigantesques risquent même de rapidement dépasser la capacité même de l’état à venir en aide à ces structures dont on comprends que la nationalisation totale sera inévitable. La chute immobilière pourra mettre certains états de la côte est et sud en faillite pure et simple, alors que d’autres états plutôt sur la côte Atlantique s’en sortiront bien mieux, ce qui potentiellement est porteur d’un éclatement de l’unité des états-unis. Peut-être cette crise immobilière signera la fin des états unis tels que nous les connaissons.

Perspective Française :

Si globalement en France, nous n’avons pas une crise immobilière d’une telle ampleur, ce n’est pas parce nos banques avaient une plus grande probité que leur consœurs Américaines, mais c’est seulement que la législation actuelle ne leur a pas permis de commettre les mêmes erreurs.

Et pourtant, il a existé une volonté politique clairement exprimée de faire sauter cette législation protectrice afin d’avoir nos subprimes à la Française.

Dès l’année 2005, le ministre de l’intérieur de l’époque et déjà candidat à l’élection présidentielle vantait tout les mérites de ces facilités de crédits. Ainsi lors de son discours à l’assemblée nationale du 17 Mars 2005, M. Sarkozy déclarait :

« Il faut mettre en œuvre rapidement la réforme du crédit hypothécaire. Ce n’est quand même pas excessivement audacieux de proposer que les crédits immobiliers soient tout simplement et uniquement garantis sur la valeur des biens achetés ; ni excessivement anormal de demander aux banques d’accorder sur la même hypothèque un nouveau crédit, lorsque le précédent emprunt a été partiellement remboursé. Il faut inciter les banques à prêter à tous et pas seulement aux plus aisés. »

Et bien si, le présent démontre que c’était excessivement audacieux et anormal !

L’arrivée au pouvoir suprême de M. Sarkozy ne s’étant effectué que en 2007, ce dernier n’a pas eu le temps de mettre en œuvre toute la législation nécessaire avant que la crise immobilière n’éclate aux USA. Au delà de toute spéculation sur les talents de visionnaire politique de M. Sarkozy, nous pouvons conclure que, pour l’instant, nous l’avons échappé belle.

Sources :

Docteur Housing Bubble blog en Anglais sur l’immobilier en Californie du Sud

Calculated risk Blog en Anglais de décryptage de l’information financière

Le Post – Quand Nicolas Sarkozy vantait les subprimes


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117 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 11 mai 2009 10:01

    Tout cela est vrai pour le logement. Mais il faut y ajouter aussi l’immobilier commercial, qui ne se porte guère mieux. Et puis il y a le crédit aux collectivités et aux entreprises ...

    C’est pour cela que les la fed pratique aujourd’hui un taux 0%, visant à amortir le choc. Ce qui signifie que le contribuable paiera.


    • wesson wesson 11 mai 2009 10:08

      Bonjour Forest,
      Et bien justement, l’immobilier commercial c’est un peu ce qui se planque derrière les Unsecuritized ARM. Et là, vraiment peu d’information circule d’autant que ce type de prêt peut être fait de gré à gré, sans le support d’une hypothèque qui donne lieu à un enregistrement. C’est à dire que on en connait pas le nombre ni le montant exact.

      Et quand à faire payer le contribuable, je commence sérieusement à penser qu’il n’y suffira pas.


    • wesson wesson 11 mai 2009 10:04

      A l’équipe AVOX : Pouvez-vous élargir les graphiques afin qu’ils n’apparaissent pas en vignette. Je me suis un peu raté lors de la rédaction. Merci.


      • plancherDesVaches 11 mai 2009 10:22

        Merci pour cet article clair, Wesson.

        Il est donc facile de comprendre pourquoi les Pays du Golfe veulent accélérer la création de leur propre monnaie,
        et que les Chinois avance à petits pas l’idée d’un panier de monnaies de référence diversifié.

        En attendant, chacun est pris en otage et doit soutenir le dollar. A moins que des événements sociaux viennent perturber les prévisions....


        • plancherDesVaches 11 mai 2009 21:14

          L’illustration du « pragmatisme » américain...
          http://blogduglobe.wordpress.com/2009/04/28/illustration-de-la-gravite-et-de-labsurdite-de-la-crise/
          (blog de Monsieur Bunker)

          Je crois avoir lu plus bas que les banques cachaient 600 000 logements saisis pour essayer de faire remonter les prix de l’immobilier.... autre pragmatisme.

          Tous à tuer. L’hypocrisie a assez vécu même si le fric est l’argument.


        • Dominique Larchey-Wendling 11 mai 2009 10:48

          Très bon article, explication claire. Il montre en outre que la crise immobilière US n’est pas seulement le fait d’individus irresponsables voulant vivre au dessus de leurs moyens ou de ceux qui les ont cyniquement exploités (ce qu’on résume par subprime). Non, c’est tout un modèle de développement qui s’écroule.

          Une autre manière de comprendre pourquoi les américains se sont lancés dans la spéculation immobilière dans cet article :

          http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2705

          Ils y ont été piégé en voulant protéger leurs enfants d’un système profondément inégalitaire, mais par une démarche purement individuelle ... là où une démarche collective aurait sans doute mieux réussi et à moindre cout.


          • plancherDesVaches 11 mai 2009 10:56

            Le collectif aux US.... smiley

            Ils arrivent tout de même à faire des équipes de foot.... Mais quand on regarde bien, c’est toujours pour qu’un seul court avec le ballon... mouarfff.


          • Dominique Larchey-Wendling 11 mai 2009 12:05

            Oui, un billion c’est bien 1000 milliards en français mais c’est 1 milliard en anglais. Attention à ne pas confondre, il y a facteur 1000 entre les deux.


          • pierrot123 11 mai 2009 10:52

            Une crise encore plus forte se prépare à succéder à la crise...en attendant la vraie crise !
            Voilà qui promet pour la fin 2009, et tout 2010...

            Pour un suivi presque quotidien des ces questions, je recommande ce site :
            http://www.pauljorion.com/blog/

            (Voilà plusieurs années que Paul Jorion annonce le désastre en cours. Mais, à l’époque, vous pensez bien qu’on le traitait d’attardé qui n’avait rien compris au « miracle du libéralisme »...)


            • John Lloyds John Lloyds 11 mai 2009 10:55

              Superbe article, merci, je le place dans mes news du jour.

              Je ne pense pas que ça attendra les 15000 Md$ d’ici 4ans, à 600.000 chômeurs/mois, dans une économie estimée avoir régressé au niveau de celle du temps des diligences, on peut estimer que c’est quelques millions d’américains qui irons rejoindre les autres millions déjà expulsés ou en cours, qui auront eux-aussi saturé la manne charitable (foyers, familles, amis ...) qui pour l’instant masquait le phénomène.

              Rien n’étant fait par le gouvernement Obama pour reloger ces familles dans les innombrables maisons qui sont maintenant vides, rien à part quelques mesurettes de complaisance, il y a tout lieu de penser que cette avalanche d’expulsés n’inquiète en rien le gouvernement, totalement investi dans le truandage des chiffres et la création monétaire qui non seulement ne bénéficie pas aux famille aux abois, mais qui promet une dette fiscale démesurée à la génération suivante, voire les générations suivantes.

              Les Etats-Unis ne s’encombreront pas indéfiniment de légions de boulets dont ils n’ont que faire, ce sera pour ces désoeuvrés la fouille des poubelles ou les prisons (ironie du sort, Wackenhut corrections corp est cotée en bourse), puis les camps militaires quand le pays passera en loi martiale, et pour les méritants l’honneur d’aller servir de viande au front pour défendre le pays de la liberté et de la démocratie. Toute la poésie des slogans de sociétés dans ce monde ignoble.

              ___________________________________________________

              Alerte Info


              • plancherDesVaches 11 mai 2009 11:04

                Soyons optimiste, John. Le mois dernier, ce n’était QUE 593 000... smiley

                Une chose qui serait intéressante, serait de ressortir les chiffres de l’emploi chez eux avant le léger retournement de septembre...

                Histoire de voir où en sont les emplois restants.


              • Muadib 11 mai 2009 11:12

                « puis les camps militaires quand le pays passera en loi martiale »

                Au moins, ça donnera du boulot aux fabricants de barbelés.


              • boris boris 11 mai 2009 12:04

                Salut John,

                En 1929 c’était la soupe populaire, en 2009 et suivante ça sera les camps.
                Excellent ton blog.

                Le Devoluy est suberbe !

                A +


              • John Lloyds John Lloyds 11 mai 2009 13:30

                Salut Boris

                Un peu dégarni le Dévoluy. ça me fait penser que j’ai oublié de te parler de cette chapelle chartreuse qui n’est pas sur les cartes smiley


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 12 mai 2009 04:10

                @ John LLoyds : Les chiffres de Wesson sont indiscutables. Je ne comprend pas toutefois, votre scénario catastrophe. L’énormité de la crise est la meilleure assurance qu’elle sera réglée. OUI on assurera le logement des sans-logis et le plus probable est qu’ils seront logés dans les logements dont ils ne peuvent plus assumé les paiements, leur dette étant reportée sur 50 ans et la charge en étant radicalement réduite par une inflation... disons pudiquement, « sigificative »...


                Les paiement d’assistanat seront maintenus, élargis et indéxés. Une régime de revenu-travail garanti sera mis en place... Naturellement le systéme financier sera en faillite et devra être pris en charge par l’État : l’’émission de monnaie sera récupérée de la FRB et les institutions financières seront nationalisées. On dira que le capitalisme a été aboli ou renouvellé, selon ce que les sondages diront que la population veut entendre.

                 On en aura profité pour restructurer l’industrie américaine et les travailleurs opéreront la plupart des grandes entreprises en cogestion. On repensera tout le système de production.  Les USA auront reporté à Dieu sait quand la satisfaction de leurs obligations internationales, de sorte que les pays dont le doillar est la monnaie de réserve devront s’ajuster à la nouvelle politique américaine et les pays créancier comme la Chine, i.a, se débrouilleront avec une restructuration de leur économie vers une production pour consommation domestique. 

                Les USA sortiront grand gagnants de cette crise, économiquement comme socialement. Évidemment il leur faudra un gouvernement fort... Oubliez donc la démocratie pour une dizaine d’années. Elle va cesser de faire tic tac, le temps de remettre à l’heure les pendules qu’on n’avait pas ajustées depuis 50 ans. Ensuite, tout ira bien

                 
                Pierre JC Allard

              • manusan 11 mai 2009 10:55

                merci pour l’explication des perspectives qui nous attendent dans les 2,3 ans avenir, j’avais moi même mis en évidence ces fameux ARM et alt-A dans un commentaire datant de 2 semaines, avec une traduction comme la votre, c’est moins limpide qu’en anglais.

                un site trés intéressant au passage (désolé encore en anglais) pour ceux qui ne connaissent pas, le nom du site est explicite.

                http://www.doctorhousingbubble.com/


                • manusan 11 mai 2009 10:57

                  oups le lien est dans votre article


                • plancherDesVaches 11 mai 2009 11:08

                  Ce qui m’étonne, Manusan, est que ce site ne soit pas encore interdit aux US....


                • Marc Bruxman 11 mai 2009 12:32

                  Ce qui m’étonne, Manusan, est que ce site ne soit pas encore interdit aux US....

                  Les USA sont un pays libéral. Et ils respectent la liberté d’expression plus que nous en France. La plupart des sites qui parlent de théorie du complot sur le 11 Septembre sont hébergés aux USA mêmes. Donc non il est peu probable que ce site soit interdit. Tout au plus, on proposera un gros chèque au monsieur pour qu’il ferme sa geule (pardon son site), ce qui est généralement un argument très convainquant et beaucoup moins cher que d’autres solutions favorisées dans certaines dictatures.

                  L’interdiction d’organes de preses ou de documents qui dérangent c’est plutot dans les pays socialistes que cela se passe.


                • plancherDesVaches 11 mai 2009 13:10

                  Non, effectivement, les principaux canaux d’information sont la propriété du représentant de l’état ou d’une de ses relations, ici... Et les indépendants reçoivent un coup de fil lorsqu’ils donnent des informations un peu trop vraies... (voir modification d’un article dans Le Monde sur les manifs du 1er Mai....)

                  Je ne sais pas si la corruption est fondamentalement meilleure que la répression....
                  Vaste débat, non ?


                • Candide Candide 11 mai 2009 13:11

                  à Marc,


                  Absolument vrai : ici la liberté de la presse est une réalité, elle est même garantie par le 4ème amendement. 
                  D’ailleurs il suffit de regarder les chaines d’infos pour comprendre qu’ici les journalistes s’expriment (toutes tendances confondues), n’ont aucune bride sur le cou. ça change des gueules compassées de TF1 et Antenne 2.

                • Marianne Marianne 11 mai 2009 19:33

                  « Je ne sais pas si la corruption est fondamentalement meilleure que la répression....
                  Vaste débat, non ? »

                  Ni la corruption ni la répression : la justice et la faire respecter.


                • plancherDesVaches 11 mai 2009 20:09

                  Ca, Marianne, c’est mon vieux rêve : un monde juste.

                  Mais je ne fais pas d’illusion : il faudra un 1789 au niveau mondial ou dans au moins 3 des plus gros pays du G20.


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 12 mai 2009 04:20

                  Corrruption- Répression... J’ai justement un article en modération sur ce thème.



                • Muadib 11 mai 2009 11:10

                  Si la crise de l’immobilier se prolonge, la banque aura tout intérêt à revoir ses augmentations de taux à la baisse.

                  S’ils sont intelligents, ils devraient pouvoir trouver l’équilibre optimal entre taux d’intérêts appliqués après le reset et l’augmentation du risque de défault qui l’accompagne.

                  Il n’est pas dans l’intéret de la banque de mettre son client au pied du mur et de se retrouver avec une maison dont la valeur ne correspond plus du tout au prêt initial.

                  Maintenant, il ne faut pas non plus s’alarmer. Une perte de valeur sur un portefeuille de crédit n’engendre pas la faillite de la banque si cette perte de valeur est chiffrée et si son risque de liquidité/d’intérêt est correctement balancée par le département ALM.

                  Concrètement, la banque doit être capable d’honorer ses engagements et les crédits ne sont pas sa seule source de revenus.

                  "La chute immobilière pourra mettre certains états de la côte est et sud en faillite pure et simple, alors que d’autres états plutôt sur la côte Atlantique s’en sortiront bien mieux, ce qui potentiellement est porteur d’un éclatement de l’unité des états-unis."

                  J’ai du mal à voir le lien.


                  • heliogabale boug14 11 mai 2009 11:54

                    et la Yougloslavie, ce n’est pas comme ça qu’elle a éclaté ?


                  • Gül 11 mai 2009 11:12

                    Excellent article, qui explique simplement et clairement ce système de chateau de cartes sur lequel souffle un vent mauvais et durable....

                    Merci Wesson, c’est une véritable aide pour les allergiques aux chiffres et la Finance comme moi ! smiley


                    • TALL 11 mai 2009 11:20

                      hey smiley       


                    • Gül 11 mai 2009 11:27

                      Coucou Bô gosse ! smiley


                    • TALL 11 mai 2009 11:35

                      Content qu’ils ont arrêté le repliage, car sinon tu ne verrais déjà plus mon bo chapiat après 10 min. dans les nartics sur la crise

                      Score stalinien pour le complot de la crise vu par Pierre Allard l’aut’ jour
                      Z’ont pas froid aux yeux chez Cy... smiley

                    • Gül 11 mai 2009 11:39

                      Bah ! Moi j’aime bien, ça fait vibrer la ménagère de moins de 50 ans que je suis... smiley

                       smiley


                    • TALL 11 mai 2009 11:50

                      ah bon... alors, c’est toi la veuve aux 4 maris accidentellement noyés dans leur baignoire ?


                    • Gül 11 mai 2009 12:23

                      Mais...Heuuuuu !!!! Chuuuteu !

                      Bon sinon, parmi toutes les pointures de la Finance ici présents, y en aurait-il un pour me fournir un diagramme précis pour les prévisions de tirage du loto jusqu’à fin 2009 ? Merci d’avance. smiley


                    • Pyrathome pyralene 11 mai 2009 17:06

                      Mais non,ils sont pas mort par noyade ! ils ont juste rencontré des pylones télécommandés......


                    • plancherDesVaches 11 mai 2009 20:12

                      Bonsoir Miss bonobo.

                      Ne vous laissez pas traiter de télécommandée.


                    • Gül 11 mai 2009 20:25

                      Bonobo 1 à Bonobo 2, Me recevez-vous 5/5 ?

                      C’est la méthode à Momo pour faire des cadavres sans que personne ne sache, mais...Chuuuuut, c’est entre nous. smiley


                    • TALL 11 mai 2009 11:19
                      Bonjour Wesson

                      On observe une erreur permanente dans la plupart des pronostics économiques actuels : c’est celle qui consiste à prolonger les courbes en oubliant les réactions du système pour que ces courbes ne se prolongent pas ainsi justement. Car le système n’y a évidemment pas intérêt.

                      Exemple concret en l’occurence : un grand plan de réaménagement des dettes immobilières US a été mis en place par l’équipe Obama. Plan où l’état sert de médiateur entre les crénciers et les emprunteurs, en proposant des plans de payement avec garantie d’état, etc.....

                      Autre exemple un peu + ancien déjà, c’étaient les prévisions des économistes fin 2008 pour 2009 et après. Toutes se sont avérées fausses, et pas un peu, car personne n’avait intégré dans ses calculs la réaction de la force publique ( le G20 qui a mis 5 T $ dans le panier ).


                      • TALL 11 mai 2009 11:28

                        Inversément, si les experts qui avaient vu venir le crash dès 2007 ont eu raison, c’est parce que le système n’y a pas réagi à temps ( Bush... )


                      • anuck 11 mai 2009 11:53

                        Bonjour Tall

                        Le plan anti-éviction que vous citez a pris fin début avril. Sur 9 millions de propriétaires concernés, on estime de 5 millions ne pourront faire face et feront l’objet d’une expulsion et d’une hypothétique vente entre aujourd’hui et 2011. Les prix des maisons ne baissent déjà plus, ils s’effondrent complètement.

                        Quant au 4 millions restant, espérons qu’ils aient encore un peu d’argent pour pouvoir honorer leurs mensualités et qu’ils ne perdent pas leur travail.

                        Mais pour eux aussi c’est vraiment très mal parti.

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