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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise systémique : les solutions (n°1 : l’euro)

Crise systémique : les solutions (n°1 : l’euro)

L’économie mondiale est entrée dans ce que je nomme la phase II. En effet, la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 avait déclenché le début de la plus grande crise économique de l’histoire humaine. Or, les gouvernements ont réagi en injectant des milliers de milliards de dollars ce qui a eu pour conséquence de ralentir pour quelques mois les effets destructeurs d’une crise systémique colossale.
 
Il ne manque plus que la défaillance d’une entreprise majeure (constructeurs automobiles US ou Citigroup par exemple) pour déclencher un tsunami qui sera autrement plus violent qu’en septembre. Celà se produira bientôt.
 
En effet, la plupart des états sont en faillite (USA, Royaume-Uni, France, etc) ce qui peut être illustré par cette phrase du gouverneur de la banque centrale de Lettonie : « L’économie lettone est en état de mort clinique et nous n’avons que trois ou quatre minutes pour la ranimer. » (Figaro du 2 février).
 
Pour les USA le WorldNetDaily (mercredi 28 janvier) annonçait que « La Californie ne sera plus en mesure de régler ses factures à partir du 1er février. » ce que j’avais annoncé en septembre 2008.

Quant à notre pays, l’économiste Jean-Christophe Mounicq a déclaré le 10 février 2009 sur Reichman TV :"Beaucoup d’Etats, dont la France, vont faire faillite !"
Nombreux sont ceux qui croient à la fin des Etats-Unis et du système capitaliste actuel et tous les spécialistes s’accordent aujourd’hui pour souligner la gravité de la situation mais personne ne donne de réponses pour en sortir. Il existe pourtant des solutions et, je vais ici analyser celles qui vont nous être proposées et qui ne résoudront pas le problème de fond.
I. L’Euro.
 
Le quotidien britannique The Daily Telegraph (12 février) affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne qui évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 18000 milliards d’euros ! L’économiste et anthropologue Paul Jorion, visionnaire (il a été un des premiers à prédire la crise actuelle), avait d’ailleurs déclaré sur son blog, le 11 février 2009 :« Les pertes causées par les bulles financières quand elles éclatent dépassent désormais en taille la capacité d’absorption des États et le monde découvre les conséquences à long terme de la privatisation des profits alors que l’issue de secours si pratique autrefois de la collectivisation des pertes a disparu de l’horizon des possibles. »
 
D’ailleurs, il convient de mettre l’accent sur une information que peu de médias ont relayée : l’Allemagne qui désirait lever (emprunts d’Etat à 10 ans) mercredi 11 février, 6 milliards d’euros, n‘a reçu des investisseurs que 4,2 milliards. N’oublions pas que ces emprunts sont la source de financement de son plan de relance.
 
Stephen Jen (Morgan Stanley ) a ainsi déclaré récemment : « Le statut de l’euro comme monnaie de réserve internationale est remis en cause . »
 
The Daily Telegraph va plus loin et fait une déclaration fracassante : « Les ministres et les autorités de l’UE craignent que le gouffre qui se creuse puisse engendrer une spirale vicieuse capable d’emporter aussi bien l’euro que l’UE elle-même. »
 
De nombreux économistes mettent actuellement l’accent sur les dangers planant sur l’euro. Je rappelle que la BCE n’émet pas l’Euro. Ce sont les banques centrales nationales qui émettent la monnaie. Elles contrôlent donc leur dette nationale. Le système de l’euro est en effet instable (surtout en période de crise) à cause des divergences économiques au sein des différents pays de l’union européenne.
Le 3 février, l’économiste Jean Claude Werrebrouck dans son article (contreinfo) a brillamment résumé la situation :
« La solution serait, en Europe, de contourner la très dangereuse divergence croissante des taux d’intérêt sur la dette souveraine en mutualisant les risques. Ce contournement suppose la création d’une agence commune d’émission faisant disparaître les « spreads ». Mais cela suppose des stratégies de coopération interétatiques aboutissants à des règles contraignantes pour les Etats menacés de dépôt de bilan. »

A vrai dire, cette idée n’est pas nouvelle et l’on peut d’ailleurs remonter à Erik Robert Lindahl qui parlait dejà d’un trésor européen en 1930 et, en 1989, Carlo Ciampi (banquier et 10ème président de la République Italienne) avait fait une proposition qui désirait donner le monopole de l’émission de l’euro à la BCE (proposition Ciampi).
 
Le rapport Lamfalussy (2004) avait été plus précis et démontrait la nécessité d’un régulateur unique. Un article récent de Bruegel (think tank oeuvrant pour le développement économique de l’europe) parle ainsi de la création d’un régulateur financier unique en Europe.
 
Or, l’urgence de la situation nous oblige à créer une « structure de défaisance » nous permettant de racheter les créances douteuses ce qui est pour le moment impossible car nous ne possédons pas un trésor européen. Ceci est confirmé par Anton Brender, chef économiste de la banque Dexia : « Il faut quelqu’un qui achète les dettes, or, même à l’échelle de la zone euro, il n’existe pas de Trésor commun. Voilà toute l’ambiguïté de l’Union monétaire européenne. Elle est dotée d’une même monnaie, mais la Banque centrale européenne ne dispose d’aucune autorité en matière prudentielle vis-à-vis des banques ». Source : Le Figaro.fr du 24 09 08. Plus récemment, l’économiste Michel Aglietta a démontré que le système de l’euro était fragile car il ne pouvait pas (contrairement à la FED) se positionner comme prêteur central en dernier ressort car la BCE n’émettait pas l’euro et possédait peu de fonds propres.
 
Pourtant, la mise en place de ce trésor européen a toujours été perçue comme politiquement irréalisable. M. Maurice Blinavait a ainsi souligné l’impossibilité de créer une autorité internationale unique, chargée de la régulation financière. Source : Bienvenue au Sénat (rapport d’information du mercredi 22 mars 2000).
 
Mais, peu à peu, l’ampleur de la crise a modifié les points de vue. Ainsi, Christian de Boissieu, Professeur d’économie à l’Université de Paris I et Président du Conseil d’Analyse économique auprès du Premier Ministre a ainsi déclaré :
« Du point de vue de la gouvernance, cette crise est apparue comme un nouveau défi pour une Europe en manque d’institutions politiques. » Nicolas Sarkozy a par ailleurs, devant le Parlement de Strasbourg, appelé, « à la lumière de la crise financière », à la création d’un "gouvernement économique clairement identifié" dans la zone euro, travaillant aux côtés de la Banque centrale européenne. Source : Le Point.fr (21/10/2008).
 
Nous le voyons donc, contrairement à ce que pensent certains, l’Europe sortira renforcée par cette crise car elle se dotera d’une BCE renforcée ayant le monopole de l’émission de l’euro, de fonds propres (création d’un impôt européen), d’un trésor européen, d’un « gouvernement économique » mais surtout s’élargira.
 
En effet, les pays indépendants comme le Royaume-Uni et la Suisse n’auront pas d’autres choix que d’intégrer la zone euro.
 
Jean-Pierre Jouyet directeur du Trésor au ministère des finances (de 2000 à 2004) a d’ailleurs affirmé le 21 octobre 2008 :
« Soit la Grande-Bretagne reste à côté et la zone euro avancera, avec un maximum de coopération avec les Britanniques. Soit, lorsque les conditions seront réunies, elle rejoindra la zone euro. Celle-ci en serait alors plus forte pour affronter les défis de la régulation économique et financière. »
 
Les conditions sont aujourd’hui réunies car le Royaume-Uni est ruiné et sa devise s’effondre de jour en jour.
 
Quant à la Suisse, l’on peut résumer son problème à une expression « too big to save » car UBS et Crédit Suisse, ses deux principales banques possèdent des bilans de 3000 milliards de dollars soit 10 fois le PIB du pays. L’euro sera là aussi la seule planche de salut. Je n’aborde même pas le problème de l’Irlande qui a littéralement « un révolver sur la tempe » et ratifiera le traité de Lisbonne pour s’en sortir.
 
Voilà, les adeptes de la « démondialisation » seront déçus ainsi que ceux qui pensaient pouvoir profiter de la crise pour changer ce système. Dans mon prochain article (N°2) je démontrerai de façon précise comment les autres pays seront obligés de s’intégrer dans des pôles continentaux (North American Union pour les USA par exemple) et surtout comment, face à la dislocation du système monétaire actuel, sera créée la nouvelle monnaie globale qui sera totalement déconnectée des états-nations.
 
Il reste cependant quelques esprits brillants comme Paul Jorion qui ont compris que cette crise est le révélateur de problèmes structurels plus importants. Il va falloir ainsi s’interroger sur notre système économique basé sur la consommation à partir de dettes qui détruit notre planète et l’humanité qui est en nous.
 
La grande crise actuelle est surtout celle de l’esprit, une faillite intellectuelle majeure car nous sommes face à des problèmes (surpopulation, pollution, problèmes de l’eau, captation des richesses par quelques « seigneurs financiers ») que seule « une constitution pour l’économie » qui implique des changements radicaux pourra résoudre.
La sagesse des anciens peut nous éclairer, comme cette phrase de Sitting Bull, grand chef des sioux :
“Après que le dernier arbre aura été coupé, après que la dernière rivière aura été empoisonnée, après que le dernier poisson aura été attrapé, alors seulement vous vous rendrez compte que l’argent ne peut être mangé.”


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32 réactions à cet article    


  • wesson wesson 16 février 2009 13:45

    @l’auteur,

    Bonjour M. Bonafi.

    Même si je partage globalement le constat que vous dressez, je ne puis souscrire à la solution que vous préconisez.

    L’Euro ne constitue en rien un rempart contre la crise, et son adoption par les pays lourdement endettés comme l’Angleterre ou la Suisse ne réglerai en aucune manière le problème de fond. 

    Pire, lorsque vous préconisez de donner l’exclusivité de la création monétaire à la BCE, cela revient à donner un briquet à un pyromane dans une baignoire remplie d’essence. Cela contribuerait à enlever le peu de pouvoir qu’il reste aux états européens en matière économique, pour le concentrer dans une seule structure totalement dévolue au maintient de la finance globalisée.

    On sait maintenant très bien ce qu’il faut comprendre quand on vous parle d’auto régulation du marché et de libéralisation des échanges. Et vous voudriez encore plus de ça pour passer la crise ? Auriez-vous fait un stage chez Attali ?

    Franchement, votre article est raté. En partant d’un constat peu discutable, il recommande plus de ce qui n’a pas fonctionné.


    • Gilles Bonafi 16 février 2009 14:27

      @Wesson
      La situation est tellement catastrophique que l’Europe va y laisser sa peau. Je ne suis par un partisan de ce qui se passe mais il ne faut pas imaginer que les adeptes du nouvel ordre mondial vont laisser l’euro s’effondrer sans réagir. La fin des nations est programmée depuis longtemps et je ne parle dans cet article que des décisions qui seront prises. Ce ne sont pas mes idées.Lis bien les références que j’ai données (Lamfalussy, Bruegel, Aglietta, etc), il n’y a que du lourd et ils vont tous dans le même sens : une Europe renforcée avec une BCE ayant le monopole d’émission de l’euro et un trésor européen. L’avenir me donnera raison. N’oublie pas que j’ai prédit la cessation de paiement des états US pour le 1er trimestre 2009 (en septembre 2008) et que tout le monde m’a traité d’idiot à ce moment là.
      Mes amitiés.


    • wesson wesson 16 février 2009 15:52

      Dont act,

      effectivement là encore, je partage votre opinion : Les dirigeants européens auront bien du mal à se défaire du néo-libéralisme qui a prévalu jusqu’alors.

      je persiste à penser que cette perspective serait vraiment la pire des solutions. Et d’autre part, je crois que l’atmosphère est beaucoup plus au chacun pour soi et sauve qui peut, ce qui contredit une adhésion massive à l’euro, même au contraire ...


    • John Lloyds John Lloyds 16 février 2009 13:53

      Excellent article, merci. Selon le dernier bulletin du GEAC, les US et la GB devraient être en cessation de paiement pour le fin de l’année. En ce qui concerne l’Euro, les 4 gros boulets (PIGS) de la zone auraient plutôt tendance jettent des suspicions d’éclatement de la bulle


      • John Lloyds John Lloyds 16 février 2009 13:55

        errata : jettent >>> à jeter


      • plancherDesVaches 16 février 2009 14:09

        Dans votre vision des choses, l’Euro doit donc être dévalué. Et on obtient une course à la dévaluation qui annule les autres, une vitesse accélérée des rotatives de planches à billets (jusqu’au grippage smiley ) et une inflation généralisée, qui fait peur aux états car on sait la lancer, mais pas l’arrêter...
        Et de joyeux dictateurs qui arrivent au pouvoir de plusieurs pays pour en être les "sauveurs".

        L’histoire est un éternel recommencement (évangile selon Saint Jules, petit fils d’apôtre par un ami de la famille)


      • plancherDesVaches 16 février 2009 13:58

        Une intégration à la zone Euro du Royaume-Uni... ? Alors qu’ils ont toujours voulu garder un pied de chaque coté de l’Atlantique... ?
        Certes, les conditions sont réunies pour qu’ils coulent, mais il faudra plus que l’avis d’UN Directeur pour que ça se fasse...
        Je pense par ailleurs que les députés Européens ont encore au travers de la gorge les subventions agricoles dont les Britaniques n’ont pas voulu revoir les taux aprés une meilleure santé de leur économie....
        A force de jouer sur les deux tableaux....

        La Suisse....mouarf............. Le jour où la Suisse ne sera plus neutre, envoyez-moi un fax, ça vaudra le coup.
        Leurs banques sont mal, mais suivre les règles de l’Europe, là, je leur retire mes fonds.

        Vous semblez étonné par les 18 000 milliards d’Euros. Dés le déclenchement des hostilités en septembre, nous avions chiffré, un groupe d’économistes et moi, à entre 400 et 600 000 milliards de dollars d’actifs au niveau mondial. Estimation entre 2 bières, mais pas loin de la vérité.

        Je crois que la situation va se jouer ainsi :


        - continuation de la socialisation des pertes par endettement gigantesque des états, puis, un craquera.
        (pour info, l’Allemagne aurait pu obtenir 6 milliard, si elle avait monté son taux...ne pas se laisser bouffer par les "investisseurs" est d’ailleurs honorable pour son pays. Ce que ne font pas forcément d’autres...)
        Quelques autres suivront dans la foulée par solidarité.
        Puis, par renversement de gouvernements, arriveront des dictateurs qui prendront la première excuse venue pour mettre leur pays en économie de guerre. Ca solutionne l’aspect budget.
        ou

        - le G20 arrive à se mettre d’accord sur des règles viables et imposées à l’ensemble des pays. Mais là, va falloir aussi ce les appliquer, les règles... pas faire du faux-semblant politique... Si vous voyez ce que je dire...


        • Gandalf Tzecoatl 16 février 2009 14:02

          Plus l’homme faillit, plus il fait du déficit.

          De ce point de vue, l’illusion de la faillite occidentale, est sa constance future.

          La finance, cette économie digne du paresseux (l’animal), tel le tamanoir se réfugiant dans son manoir, régénère sa "coercitude" vis à vis du travail, la banque.

          L’euro, monnaie infectant chèques, poches, feuillards, comptes bancaires et comptes webaires, de centaines de millions d’individus ne pourra être remplacé du lendemain au jour.

          Le multi-euroisme n’est, par ailleurs, semble-t’il, ni pour aujourd’hui, ni pour demain





          • LE CHAT LE CHAT 16 février 2009 14:13

            Après que le dernier arbre aura été coupé, après que la dernière rivière aura été empoisonnée, après que le dernier poisson aura été attrapé, alors seulement vous vous rendrez compte que l’argent ne peut être mangé.” - j’adore cette phrase , la décroissance économique est la seule solution. Voilà d’autres citations des tribus indiennes d’amérique http://www.syti.net/MessageIndiens.html


            • Gilles Bonafi 16 février 2009 16:06

              @ le chat
              merci !


            • MarcDS MarcDS 16 février 2009 14:41

              Je vois une contradiction de taille dans votre raisonnement : tout en voyant dans cette crise une faillite intellectuelle majeure, vous affirmez que l’Europe en ressortira renforcée. Ce faisant vous semblez oublier que l’UE n’existe que dans sa dimension économique, laquelle est largement empreinte de néo-libéralisme. Ne faudrait-il pas en conclure que l’Europe telle qu’elle s’est construite est aussi une faillite intellectuelle majeure ?

              Ce n’est pas pour rien que l’harmonisation fiscale na jamais été réalisée. Chaque pays a voulu garder sa capacité à favoriser son marché intérieur , et les multinationales étaient très favorables aux distorsions fiscales qui leur permettaient de mettre les travailleurs en concurrence. Au contraire de vous, je crains donc que la crise financière, et la crise économique majeure qui en découle, ne remette au premier plan les réflexes protectionnistes que des décennies de "libre concurrence" n’ont évidemment pas réussi à éradiquer, l’identité européenne ayant toujours fait défaut dans cette union marchande.


              • Gilles Bonafi 16 février 2009 16:24

                @ Marc DS
                Il n’y a pas de contradiction. Vouloir sauver le système est une hérésie. La planète est à bout et personne n’est heureux.Quant à notre société de consommation, il faut être aveugle et sourd pour ne pas comprendre qu’elle nous envoie directement dans le mur. La faillite intellectuelle est là !


              • MagicBuster 16 février 2009 15:43

                A propos de l’UE, les français avaient voté NON et finallement c’est bien le OUI qui est passé . . . 
                Qui va payer ? ?? ?


                • fonzibrain fonzibrain 16 février 2009 16:53

                   lol

                  le leap fait enfin amende honorable,ils saisissent enfin la gravité de la situation.
                  ils avaient prévu 4 phases d’effondrement,mais ils ont été dépassé et admettent enfin que la finalité de cette crise est catastrophique
                  et voila une 5 ieme phase qu’ils nomment "Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes 

                  phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d’accélération, d’impact et de décantation. Ce 

                  processus a bien décrit les évènements jusqu’à aujourd’hui. Mais notre équipe estime dorénavant que 

                  l’incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur 

                  acharnement depuis plus d’un an à en traiter les conséquences au lieu de s’attaquer radicalement à ses causes, 

                  va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase 

                  dite de dislocation géopolitique mondiale...

                  Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 

                  grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d’accélération, d’impact et de 

                  décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu’à aujourd’hui. Mais notre équipe estime 

                  dorénavant que l’incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée 

                  notamment par leur acharnement depuis plus d’un an à en traiter les conséquences au lieu de 

                  s’attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième 

                  phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale. 

                  Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs 

                  organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir : 

                  A. Deux phénomènes majeurs : 

                  1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l’ensemble de la planète 

                  2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et 

                  des grands ensembles mondiaux 

                  B. Deux séquences parallèles : 

                  1. La décomposition rapide de l’ensemble du système international actuel 

                  2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux. 

                  Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer 

                  les conséquences de l’effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde 

                  Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière1. Aux 

                  Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le 

                  système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter 

                  quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans 

                  de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c’est bien le sens du 

                  terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est 

                  désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne 

                  peut plus l’être. 




                  et wé !!!!!!!!!!!!!!

                  vendez tout,achetez de l’or,faites des provisions ,voire du pop corn,et asseyez vous bien dans votre canapé,le spectacle va etre fabuleux
                   

                   

                   


                  • Forest Ent Forest Ent 16 février 2009 17:26

                    Il me semblait bien. J’avais signalé que, si leur analyse globale était correcte, les prévisions du GEAP étaient trop précises dans le temps pour être fiables. Une crise est un phénomène chaotique : on ne peut le prévoir précisément.

                    Par rapport à l’article, je ne vois pas en quoi l’euro est une "solution".


                  • jackyd 8 mars 2009 15:44

                    Il faut reconnaître que le LEAP va plutôt crescendo dans ces previsions, ils sont sans doute enhardis par l’aggravation de la crise.
                    Ils étaient un moment revenus en arrière sur le dollar à 1,75 contre l’euro, mais sont revenus à cette parité, malgré les mouvements récents. Ils réagissent donc moins à l’actualité qu’ils ne tiennent leurs propres positions.
                    Je vous ai laissé un commentaire au sujet de la lecture de leur bulletin, malheureusement je ne sais pas comment entrer en contact en vous.
                    à bientôt j’espère.


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 16 février 2009 19:04

                    " face à la dislocation du système monétaire actuel, sera créée la nouvelle monnaie globale qui sera totalement déconnectée des états-nations " avez vous ecrit,

                    Je suis ravi de voir enfin pronée cette éventualité incontournable. je compte votre article parmi les plus sérieux en matiére de solutions. Aprés tout une monnaie mondiale n’est pas simple à établir mais la meilleure facon de tuer les causes de la crise, et mettre fin à l’hégémonie des paradis fiscaux. Si elle n’est pas plus soutenue par les autorités compétentes, c’est parce qu’elles ont probablement à y perdre mais surtout qu’elles sont contraintes par de puissantes mafias infiltrées...


                    • Laurent_K 16 février 2009 19:08

                      Vous avec raison sur le constat. En ce qui concerne les prévisions, c’est plus discutable.

                      Plus d’Europe ou moins d’Europe, la Grande-Bretagne rejoignant l’Euro ou celui-ci éclatant en raison de ses tensions entre pays membres... Tout est possible. On peut traditionnellement avoir une vision de l’avenir à un an ou deux en prolongeant les tendances actuelles mais là, cela donne comme résultat le plus probable une explosion du système. Si vous êtes capable de prévoir dans quelles directions vont partir les morceaux, chapeau !

                      En effet, cela dépendra pour une bonne part de décisions individuelles notamment de nos dirigeants. Cela rend toute prédiction délicate. D’une manière globale (=pas juste franco-française, je crains le pire) mais à notre niveau, posons-nous la question : comment pouvons-nous influencer ces décisions dans un sens que nous estimons positif ?

                      Pour ma part, je serais tout à fait satisfait d’une BCE plus puissante à la condition expresse qu’elle soit démocratiquement contrôlée.


                      • plancherDesVaches 16 février 2009 20:01

                        Démocratiquement contrôlée...

                        Ce sont en principe les politiques qui contrôlent les finances du pays. Comme aux US.
                        Quoique... J.C.Trichet tient sa feuille de route des politiques Européens. Tout est permis, sauf l’inflation.
                        Manque de bol, ce n’est pas une feuille de route à géométrie variable et le père Trichet (c’est affectueux, mais n’y voyez rien de plus) doit serrer les fesses actuellement (si je peux me permettre)


                      • Laurent_K 17 février 2009 00:46

                        En principe, ce devraient effectivement être les politiques mais ce n’est pas le cas avec la BCE.


                      • plancherDesVaches 16 février 2009 20:05

                        Sinon, la seule bonne idée de cet article est la création d’une monnaie mondiale déconnectée de l’économie réelle.

                        Déconnecter la finance virtuelle de l’économie réelle leur permettrait de jouer tous seuls dans leur coin.

                        Mais attention : j’étais haï en tant que joueur de Monopoly, je gagnai tout le temps. smiley


                        • philbrasov 16 février 2009 20:33

                          qui confond dettes publiques et dettes privées.

                          tout le reste est donc à l’avenant.
                          combien de fois faudra t’"il dire que la dette du budget fédéral US, est moins élevé que la dette publique française... Avec le pouvoir de battre monnaie... le dollar.... ce que ne peut pas faire la France, ou tout autre pays de la zone euro.





                          • fonzibrain fonzibrain 16 février 2009 23:22

                             le dollar est mort
                            et l’euro risque gros

                            Par Pierre Jovanovic.

                            L’ALERTE ROUGE D’AMBROSE EVANS-PRITCHARD : WOTAN EN EMPORTE LE VENT 
                            16-17 Février 2009  : Grand papier dimanche dans le Telegraph de Londres d’Ambrose Evans Pritchard. Nous avions écrit la semaine passée (voir plus bas) qu’il avait tenté de nous dire quelque chose entre les lignes car son papier était vraiment alarmiste. Sans doute attendait-il d’autres infos. Eh bien, il les a données dans un article intitulé "ne pas sauver les pays de l’Europe de l’Est conduira à une fonte mondiale". En effet, le réacteur nucléaire bancaire continue à creuser sa dette abyssale. "La débâcle est assez grande pour secouer le fragile système bancaire de l’Europe de l’Ouest et déclencher un ou deux Götterdämmerung financiers". Pour ceux qui l’ont oublié, le Götterdämmerung est le Crépuscule des Dieux : "Les trois Nornes, filles d’Erda, se rassemblent près du roc de la Walkyrie Brünnhilde, tressant la corde du destin. Elles chantent le passé et le présent, mais aussi l’avenir quand Wotan incendiera le Walhalla pour signaler la fin aux dieux. Sans préavis leur corde se rompt. Se lamentant sur la perte de leur savoir, les nornes disparaissent". Maintenant qu’on dispose du cadre culturel (! !) on peut continuer : "Le ministre des finances Josef Pröll a fait des efforts déséspérés pour trouver 150 milliards la semaine dernière afin de les donner à l’ancien bloc soviétique. Il peut. Ses banques ont prêté 230 milliards, soit 70% du PIB autrichien". Cela veut dire que l’incendie est à nos portes. "Mais le ministre allemand n’a rien voulu savoir (...) la presse viennoise dit que la Bank of Austria et son propriétaire italien Unicredit sont face à un Salingrad monétaire". Ooups. L’incendie de Wotan se propage à cause du vent de la crise. Les banques accumulent leurs pertes, creusant leur dette chaque jour de plus au point d’avoir atteint, à lire Evans-Pritchard, le point de non-retour. C’était ça qu’il avait voulu dire la semaine dernière sans avoir pu l’écrire clairement. Et, plus drôle, les Polonais ont été assez bêtes "pour signer 60% de leurs emprunts en... Francs Suisses" (! !!) ce qui, aujourd’hui, les plombe littéralement. L’Ukraine, la Pologne, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la Serbie, la Slovénie, la Roumanie, la Lettonie, l’Estonie, la Lithuanie, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, la Hongrie, etc., qui ont emprunté des trilliars de dollars à l’Europe ne PEUVENT PAS REMBOURSER LEURS ECHEANCES, soit environ 400 milliards cette année, "un tiers de leur PIB" écrit Ambrose Evans-Pritchard, poursuivant "même la Russie a du mal à couvrir ses 500 milliards de dollars de dettes avec un baril à 33 dollars". Ach ! Ich muss Gott’s hilfe zu haben, autrement pas de survie possible.
                            Alors lisez bien ce qu’il a écrit ensuite : "Même si cela prendra des mois, ou seulement des semaines, le monde va découvrir que le système financier Européen a coulé, et qu’il n’y a pas de Réserve Fédérale pour lui prêter en dernier recours ou inonder ses marchés avec des stimulus de secours. (...) les sommes nécéssaires sont bien au-delà des moyens du FMI (...) Si une étincelle saute par dessus la frontière de l’Eurozone, nous aurons une crise systémque en quelques jours. Est-ce que les pompiers sont prêts ?". En clair, préparez-vous à l’incendie... Le système est, c’est le cas de le dire, cramé pour de bon et la corde va se rompre. Amen. Je crois que je vais prendre un Prozac finalement ( pour lire son grand papier, cliquez ici). Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2009

                            http://www.jovanovic.com/blog.htm


                            • Triodus Triodus 17 février 2009 11:24

                              .. ?? un peu bizarre le site de ce monsieur..


                            • oj 17 février 2009 02:22

                              c’est en fait une chance pour les europhiles car j’imagine que fasse a la difficulté de construire cette europe depuis 50 ans, seul une situation de crise importante pourrait etre un catalyseur car les seuils psychologiques de refus pourront etre depassés avec beaucoup plus de facilité.

                              Dans la peur, on se regroupe.

                              A partir de la, l’europe possede toutes les infra-structures et les biens nécessaires pour continuer a vivre et nous echangerons le reste avec nos voisins.

                              Mais l’Europe devra , pour un temps, vivre plus chichement, plus raisonnablement.


                              • Marco Marco 17 février 2009 02:35

                                Une question :

                                Pensez-vous qu’une guerre contre l’Iran permettrait d’endiguer cette crise en relancant la machine économique ?


                                • Gilles Bonafi 18 février 2009 13:44

                                  @Marco
                                  Il y aura en effet la guerre (Iran et Pakistan) mais celà ne relancera rien. Les USA sont sortis de la crise de 1929 grâce à la seconde guerre mondiale en effet mais à quel prix ! Il faut cesser ce genre de raisonnement. Nous nous comportons comme des animaux incapables de nous gérer collectivement. Heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux en prendre conscience de l’ampleur des problèmes.
                                  En ce qui concerne "le mythe de la bonne guerre", il existe une vidéo qui devrait être diffusée partout. Il s’agit d’un historien remarquable : Jacques Pauwels "Le Mythe de la bonne guerre"lien : http://www.dailymotion.com/video/x10hfx_le-mythe-de-la-bonne-guerre_politics.


                                • Thierry LEITZ 17 février 2009 08:45

                                  La BCE a eu son heure de gloire au lancement de l’€. Des promesses de sécuriété et de prospérité comme s’il en pleuvait. Mais, selon vos sources, elle 1/ n’émettait pas de monnaie, 2/n’avait pas d’autorité pour imposer des règles prudentielles 3/n’avait pas de quoi lancer d’emprunt européen faute de fonds propres.

                                  En somme, si on vous suis, la BCE n’a fait que valider le look des billets et pièces et modifié de façon marginale les taux d’intérêts.... Tout çà pour çà ! Tous ces hauts fonctionnaires grassement payés pour si peu de pouvoir !

                                  Et vous voulez en remettre une couche avec un "Gouvernement monétaire européen" et son président émargeant à au moins (!) 500 000 € annuels, plus sa bande d’experts royalement défrayés...

                                  Comprenez notre scepticisme quant à cette "solution" !

                                  Mais pas un mot sur l’effroyable gaspillage financier des dépenses militaires mondiales, inutiles, redondantes et pourvoyeuses de profits importants à quelques actionnaires...




                                  • Internaute Internaute 17 février 2009 11:58

                                    Pourquoi dites-vous que le moment est bien choisi pour faire rentrer l’Angelterre dans l’Euro ? Je ne vois pas l’intérêt de faire rentrer un canard boiteux dans un club. Peut-être êtes-vous seulement dans l’air du temps qui veut qu’on décide ce que les autres doivent acceuillir sans leur demander leur avis. C’est comme l’immigration et l’intégratoin de nouveaux Etats. Ne demandons jamais aux participants ce qu’ils en pensent. Imposons des évidences toutes faites sorties du chapeau.

                                    Les mesures de types keynésiennes ne vont faire que précipiter les choses en augmentant encore une dette qu’on ne peut pas payer. Où se trouve le côté positif ? Avec des taux d’intérêts déjà au ras des pâquerettes le problème n’est pas un manque de crédit. Laissons les banques faire faillite et mettons un filet de sauvegarde sous les individus rejetés par la crise.

                                    Le rétablissement de l’économie passe par une protection naturelle des marchés européens et un encadrement de la concurrence. Tant qu’on veut désindustrialiser nos pays on ne fait que vivre au-dessus de nos moyens et aux crochets des autres. La fête du mondialisme est finie. C’est dur pour les députés mais il faudra bien qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont plus dans le coup avec leurs bêtises idéologiques du monde qui est un petit village, de l’égalité universelle et de la mise en concurrence des employés français avec ceux des pays à bas coûts.

                                    On aura peut-être la chance que cette crise fasse définitivement éclater l’UE.


                                    • boris boris 17 février 2009 12:13

                                      Une solution simple :

                                       Supprimer l’argent


                                      • fonzibrain fonzibrain 19 février 2009 19:45

                                         sont ou les commentaires


                                        • LA MACHINE A ECRIRE le bec-troadec ch. 10 mars 2009 13:16

                                          Vous semblez parfaitement maîtriser voter sujet. Et il me semble que Sitting Bull avait parfaitement raison !

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