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Accueil du site > Actualités > Economie > Croissance zéro ? Tant mieux !

Croissance zéro ? Tant mieux !

On appelle récession une diminution du taux de croissance, par exemple de 7 % à 4 %, lequel taux reste positif. Autrement dit, la création de richesse continue d’augmenter.

Nous voilà récemment entrés dans une période de « taux de croissance négatif ». Bel euphémisme : c’est bien pire qu’une récession, c’est une décroissance. C’est une atteinte structurelle à la pérennité du modèle économique libéral. Le plus grave est qu’elle a été produite par son moteur même : la finance. Si cette décroissance avait pris son origine dans une catastrophe naturelle, on comprendrait mieux.

Voilà qui remet au goût du jour une vision libertaire et anticonsumériste des années 70 : la croissance zéro. Quel besoin en effet avons-nous d’augmenter d’année en année la production de richesses ? La maintenir constante ne suffirait-il pas largement au bonheur ?

A l’époque, l’idée d’une croissance zéro avait été raillée par les libéraux, arguant à juste titre qu’elle était incompatible avec le modèle économique occidental. Les voilà bien avancés : cette incompatibilité, ils viennent de la créer eux-mêmes. A nous d’en tirer les leçons.

Il va de soi qu’un modèle qui crée les conditions de sa propre perte est un modèle condamné. Pour autant, il est vrai que la mondialisation des échanges empêche un pays de faire cavalier seul dans la mise en place maîtrisée d’une croissance zéro.

Cependant, puisqu’elle s’impose aujourd’hui à toute l’Europe, voilà enfin une première chance historique de poser la croissance zéro comme le nouveau modèle économique du bloc européen. Outre qu’il diminuerait significativement la vitesse d’épuisement des ressources non renouvelables, il pourrait offrir une occasion de focaliser les efforts collectifs vers une répartition plus équitable de la richesse produite.

S’ajoute à cela la nécessité d’un déficit national nul, qui, comme Jean-Louis Bourlanges nous l’avit rappelé il y a six ans 1, n’a même pas été tenue pendant les périodes de vaches grasses.

Finalement, notre avenir à tous serait peut-être plus radieux dans une Europe visant la croissance zéro et le déficit nul. Nous aurions peut-être le temps de faire autre chose que courir après une croissance infinie qui n’est pas tenable, à coups de productivité du travail et de consommation inutile. D’aucuns clameront que ce n’est pas possible, tout particulièrement ceux qui se remplissent les poches avant de faire faillite (c’est-à-dire privatiser les gains et collectiviser les pertes).

Promouvoir une croissance zéro, voilà qui aurait été une belle œuvre pour une présidence de l’Union européenne. Comme disait De Gaulle, « l’intendance suivra ». Telle est la seule, la vraie raison du politique : changer de système quand il avoue son échec. Fut-ce au détriment de ses amis.

Xavier

1 L’Expansion, novembre 2008, n° 735, page 23.


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29 réactions à cet article    


  • chapoutier 12 août 2014 10:03

    de toute façon ’’ la mesure ’’ de la croissance n’a aucun sens, ne reflète en rien la réalité.
    la preuve : de quelle croissance s’agit-il quand on sait que la pub , les jeux vidéos , la mode, le luxe, les services, sont une part essentielle de cette ’’ fameuse croissance’’ ?

    une autre part et pas des moindres de cette pseudo croissance consiste en armement et autres saloperies destinées à détruire et tuer .

    et comment parler de croissance alors qu’une partie considérable de la production industrielle consiste à produire des appareils destinés à remplacer les mêmes appareils dont l’obsolescence est programmée.

    il faut produire ce qui est nécessaire à la société humaine, pas plus, pas moins, adapter le temps de travail au besoins de l’humanité, pas plus pas moins.

    Utopique direz-vous ! non simplement réaliste, ce qui est utopique c’est de croire que l’humanité va pouvoir continuer comme elle le fait.

    seul bémol, la société utopique suppose au préalable de mettre fin au système capitaliste.

    c’est une autre discussion !!!


    • caillou40 caillou40 12 août 2014 10:25

      Faire l’apologie de la croissance zéro...faut le faire..les peuples vous disent merci de tant de clairvoyance et d’intérêt que vous leur porter.. !

      Avec vous..la mondialisation..l’UE..les banques et les marchés...nous sommes certain de couler.. !

      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 11:11

        Ton logiciel tourne encore sous DOS. C’est inéluctable, la question de la croissance zéro va se poser, ce n’est pas une question de choix. La baisse de la croissance est une tendance lourde (voir les graphiques chez O. Berruyer), même dans les pays émergents quoiqu’à échéance plus lointaine. Il n’est pas question de faire l’apologie d’une croissance zéro, mais d’envisager dès maintenant le moyen de s’en accommoder (voir « Prospérité sans croissance » de Tim Jackson), d’autant que cette croissance zéro voire moins est déjà une réalité pour la majorité de la population, le bénéfice de la croissance actuelle étant totalement siphonné par les 1%.


      • caillou40 caillou40 12 août 2014 14:46

        Par Pepe de Bienvenida (alternatif)...Permettez moi de vous dire que vous manquez nettement d’ambition pour les peuples a vouloir les faire vivre comme des esclaves de l’argent des banques et des marchés qui dérégulent la société...Bizarre



      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 15:00

        HEIN ?!!! Dijo prolongé ?


      • mmbbb 12 août 2014 22:05

        les chomeurs en France s’en fichent de savoir que le logiciel fonctionne sous DOS et des conjectures sur la croissance zero Ils n’ont pas de boulots pas d’avenir et doivent penser au lendemain C’est vrai que ceux qui ont un patrimoine peuvent disserter sur la la une croissance zero ils peuvent vivre decemment 


      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 22:27

        Je ne suis sûrement pas plus riche que toi. Mais contrairement à ce que tu crois on peut être pauvre et pas con, ce n’est pas une fatalité. Par contre quand on est pauvre et con, le mieux qu’on a à faire pour s’en sortir c’est d’essayer de s’informer au lieu de gober toute crue la doxa.


      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 11:02

        Si on doit accorder au PIB une valeur de mesure du niveau de vie, pour le citoyen c’est en fait le PIB/habitant qui compte. Ce qui amène à prendre en compte la démographie. Une stabilité du PIB/habitant implique que la croissance du PIB soit égale à la croissance démographique, et une stabilité du niveau de vie à croissance zéro du PIB force à considérer les moyens de la stabilité démographique.


        • caillou40 caillou40 12 août 2014 16:58

          Par Pepe de Bienvenida (alternatif)...heureusement que vous n’êtes pas en gouvernance.. !


        • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 17:12

          Réponse très réfléchie, il t’a fallu combien de temps pour la pondre ?


        • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 17:17

          J’attends une réfutation plutôt, et une réponse globale pas limitée à ton village. Parce qu’avec ta réponse narquoise, tout ce que je comprends, c’est finalement que « tant qu’on n’est pas dans le mur, les freins c’est du superflu ». C’est une façon de voir les choses, mais...


        • caillou40 caillou40 13 août 2014 07:36

          Par Pepe de Bienvenida (alternatif)...C’est avec des gens comme vous (expert de salon) que la France coule depuis des années !


        • Pepe de Bienvenida (alternatif) 13 août 2014 13:48

          A part cracher, l’expert de terrain, tu sais faire quoi ?


        • Spartacus Spartacus 12 août 2014 12:45

          Cours de croissance rapide et simplifié aux ignorants :… 



          Un marchand de grains astucieux avait offert à son roi un magnifique jeu d’échecs aux cases d’ivoire et d’ébène. En échange de ce présent, il ne demandait qu’une toute petite chose
          — oh, presque rien  
          Juste un tout petit grain de riz sur la première case, deux sur la seconde case, quatre sur la troisième et ainsi de suite. 
          Le roi évidemment accepta immédiatement : le marchand pensait-il était fou de demander si peu mais bon, C’était son problème. 
          Il ordonna donc qu’on apportât du riz de ses réserves : à la quinzième case il fallut décompter 16 384 grains, puis sur la 21e plus d’un million ; à la 40e il en aurait fallu…. Plus d’un milliard … 
          Tous les stocks de riz du royaume furent épuisés bien avant que l’échiquier fût recouvert (et je il y a 64 cases sur un échiquier !).........


          Vous pouvez appliquer le conte à l’économie, l’immigration, la répartition, la dette et birn d’autres choses.......


          Si vous appliquez le conte à l’économie, vous comprenez sur quelle case nous ont envoyé les 45 années de pseudo relances Keynésiennes.

          Si vous appliquez le conte à l’éducation, vous comprenez combien d’année il faudra pour rebâtir un système éducatif qui a échoué.

          Si vous appliquez le conte à la dette accumulée, vous comprenez le nombre de générations que le Keynésianisme a compromis.

          Si vous appliquez le conte aux embauches de fonctionnaires, vous comprenez le surnombre exponenciel.

          Si vous appliquez le conte aux faillites, vous comprenez le nombre d’entreprises qu’il faudra pour recréer un tissus entrepreneurial.

          Si vous appliquez ce conte à la retraite par répartition vous comprenez qu’elle va à la faillite.


          • scalino scalino 12 août 2014 13:05

            moi je vois juste un roi très con et un marchand pas astucieux mais arnaqueur et si j’étais le roi dès que je me rends compte de l’arnaque je lui coupe la tete ça lui apprendra a chercher a m’arnaquer smiley


            mais bon vu que tu t’identifie au marchands je suis sur, ça a le mérite de montrer qui tu est vraiment ce conte 

          • cardom325 cardom325 14 août 2014 09:02

            les ignorants , pour Spartacus, sont simplement ceux qui ne pensent pas comme lui.....donc il nous donne un cours ( à mourir de rire) heureusement la science infuse qui sort de son cerveau encore fumant semble ne pas encore avoir convaincu grand monde sur Agoravox, qu’il retourne à son Quidam post préféré, là où la contradiction se fait seulement entre gens qui pensent la même chose


          • Jean-Philippe 12 août 2014 12:58

            Bonjour,

            Si je comprends bien l’auteur, il aime le chômage. Il faudra expliquer pourquoi aux chômeurs.


            • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 13:02

              Ça fait un bail que la croissance ne va plus à l"emploi mais se contente de remplis certaines poches.


            • Jean-Philippe 12 août 2014 13:58

              Bonjour,

              Ah bon ? Tiens, c’est curieux, la croissance est aux alentours de 0 en France depuis 2008, et curieusement, depuis cette date le chômage est en progression constante, ce qui n’était pas si clair auparavant.

              Il est amusant comme cette simple réalité, facile à constater, n’est pas perceptible par les divers idéologues qui pondent ce type d’articles, ou critiquent ceux qui osent regarder autour d’eux ...


            • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 14:27

              A chacun son interprétation.Tiens, c’est curieux, le PIB/hab stagne en France depuis 2008, et curieusement, depuis cette date le chômage est en progression constante. Cette comparaison est plus pertinente que celle qui concerne la croissance brute du PIB. En toute logique on devrait s’attendre à une stagnation du chômage et ce n’est pas le cas. Il y a donc bien siphonnage quelque part, et défendre la croissance dans ces conditions, c’est se faire complice des siphonneurs. Volontairement ou parce qu’on regarde autour de soi pas plus loin que 20 cm ?


            • Jean-Philippe 12 août 2014 15:22

              Bonjour,

              Je ne défends rien du tout, je constate que sans croissance économique réelle, le chômage augmente, et ça me suffit pour être surpris de croiser des gens qui semblent se réjouir des difficultés de la croissance.
              Il y a un relatif consensus chez les économistes sur le fait qu’il faut environ 2% de croissance de PIB pour éviter une augmentation du chômage. Ca doit être lié au fait que le PIB, calculé pour faire plaisir aux investisseurs, doit être un peu bidonné, et c’est également très vraisemblablement lié au fait que notre fonctionnement socio-économique est inégalitaire, et que donc en effet, une partie de la monnaie en circulation va s’amasser chez ceux qui ont le moins tendance à la dépenser rapidement.
              C’est également un fait, je doute quant à moi que ce problème de répartition puisse faire l’objet de solution facile au regard du comportement humain. Disons que j’ai encore plus peur de ceux qui croient aux solutions faciles dans ce domaine que de ceux qui s’en fichent.


            • Pepe de Bienvenida (alternatif) 12 août 2014 17:36

              Le consensus chez les économistes, je me le mets quelque part. Difficile de faire confiance à des « experts » qui ont modélisé à la hache, et qui dans leurs démonstrations éludent tout ce qui ne les conduit pas là où ils veulent nous emmener. Il y a du Lyssenko dans à peu près tout économiste.

              Et il y a une nuance entre se réjouir des difficultés de la croissance et constater qu’elle mène à un cul-de-sac dont il faudra bien nous sortir autrement. Si on ferme les yeux on le fera payer à nos enfants, et ça, ça ne me fait pas fantasmer.

            • marauder 12 août 2014 17:47

              Par Jean-Philippe (---.---.---.254) 12 août 15:22

              Bonjour,

              Je ne défends rien du tout, je constate que sans croissance économique réelle, le chômage augmente

              La croissance elle vient d’ou ? Car ces memes travailleurs sont payés pareils, voire moins, les chomeurs restent chomeurs aussi, qui « créé la croissance » quand on atteint une forme de stabilité « optimale » ? D’une opération du saint esprit ? De l’ange de la Main Invisible ?

              Et j’espère que tu es au courant que les stats du chomage ont toujours du retard, sont souvent maquillés et décoréllés via des changements sociaux rapides et surtout des indices dont leur nature change au fil des ans ?

              Le libéral n’a peur de rien. Ca c’est sur.


              • rocla+ rocla+ 13 août 2014 07:48

                Qui n’ avance pas recule . 


                Et qui recule marche en arrière et tombe dans le trou qu’ il ne 
                voit pas .

                • bourrico6 13 août 2014 11:44

                  Ca alors, je ne peux m’empêcher de te féliciter, toi qui réclame des discours sérieux, avec des argumentaires solide, etc, etc.
                  Si si , sincères félicitations pour ce commentaire exemplaire, sérieux, argumenté, et qui va sans aucun doute faire avancer les choses... mais pouvait il en être autrement avec une être aussi perspicace et intelligent que toi ?

                  De rien mon gros bouffon trollesque, et non, "intelligent’ n’est pas un insulte.


                • marauder 13 août 2014 07:55

                  Y’a des laches qui moissent et n’argumentent pas. Je dois etre dans le vrai ;)


                  • bourrico6 13 août 2014 11:44

                    Non, le moinssage c’est à la gueule, et selon le passage... au gré des marées quoi.


                  • Gemini Gemini 13 août 2014 21:45

                    Il est effarant de lire dans les commentaires que certains en sont encore à lier le besoin de croissance aux emplois ou à la richesse des plus pauvres.

                    Il est pourtant nécessaire de rappeler quelques bases :
                    — une croissance infinie dans un monde fini est impossible  ;
                    — le mode de vie d’un français nécessite déjà 3 planètes.

                    Dit autrement, il est tout simplement suicidaire de continuer à croître. La décroissance est même un impératif. Simple question de survie pour l’humanité et notre civilisation.

                    Donc, oui, certes, dans le système actuelle, seule la croissance peut diminuer le chômage. Mais, pas de chance, elle est de plus en plus difficile à atteindre, et, en outre, étant destructrice, elle n’est pas souhaitable.

                    Ce qui revient à dire que nous devons très fortement changer notre société. Nous avons déjà de tout, plus que de raison. Il y a deux problèmes :
                    — nous avons de nombreuses choses totalement inutiles  ;
                    — parmi nos trop nombreuses richesses, celles-ci sont extrêmement mal réparties.

                    Non seulement nous devrons donc décroître, mais, en outre, nous devrons bien mieux partager tout ce qu’il restera (et sera amplement suffisant pour une vie bonne et heureuse), que ce soit en terme de richesse ou de travail.


                    • Jean-Philippe 14 août 2014 11:24

                      Bonjour,

                      Gémini, ce qui est effarent, c’est que dans votre commentaire, vous êtes surpris que certains, dont je suis, en soient encore à lier la croissance et le chômage, et dix lignes en dessous, vous constatez que dans le monde actuel, seule la croissance peut diminuer le chômage.
                      Donc, si je vous comprends bien, vous êtes surpris que nous appuyons nos commentaires sur le monde actuel ?
                      Vous pensez donc que la masse d’idéologues qui postent ici sont dans une démarche constructive en expliquant que le monde devrait être comme ceci ou comme cela, et que ce qu’il est n’a aucune importance ?
                      Nous sommes donc méthodologiquement bien éloignés.
                      Car moi je crois que c’est en comprenant bien comment fonctionne le monde aujourd’hui que l’on est au mieux en capacité à faire des propositions réalistes pour demain.
                      Vous nous dites que la croissance n’est plus possible ? C’est tout à fait vrai dans l’état de la science actuellement, puisque l’accès aux ressources naturelles, et en particulier énergétiques, devient très difficile.
                      Vous nous dites que nous devons donc changer fortement notre société ? C’est parfaitement exact, mais c’est simplement parfaitement impossible, et il est très drôle pour quelqu’un comme moi instruit en matière de fonctionnement socio-économiques de constater le nombre de gens qui l’ignorent.

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