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D’autres capitalismes

Beaucoup de diagnostics, de critiques sont formulées à l’occasion de la crise économique que nous connaissons concernant le fonctionnement du capitalisme à l’orée du XXIème, sous le seul dogmatisme survivant au communisme, l’unique libéralisme. Nimbé, nous devons le reconnaitre, d’un keynésianisme essentiellement au profit du financier.

Souvent, les propositions ne vont pas bien loin ou plus souvent ne sont qu’un « patch » sur un système dont les soubassements prennent leurs sources dans des formalisations de siècles passés. Cet article se propose donc de synthétiser des propositions glanées de çi de là (Alter eco, AJ Holbecq, auteur), pour essayer d’en faire, avouons-le, un peu de publicité.

Proposition de l’auteur : la rente sur travail automatisé

L’une des caractéristiques de l’organisation productive depuis quelques siècles est la bipolarisation capital-travail. La relation qui les lie de façon quasi-systématique est l’aliénation du fruit du travail contre salaire.
En retournant dans le monde tel que le voyaient les physiocrates, où l’agriculture est le secteur largement dominant, cela permettait au détenteur du capital, à savoir le paysan propriétaire, de s’approprier un fruit du travail de la nature en sus du journalier (moyennant incertitudes liés aux aléas des marchés, climatiques et sanitaires).
Aujourd’hui, ce travail naturel, ou production de travail sans intervention humaine, qui n’est pas chiffré et ne rentre pas dans les bilans comptables(quand bien même sa valeur est reconnue par les écologistes par ex), se retrouve en des tas de domaines, de la robotique à l’informatique, et toutes les taches automatisables que l’on puisse inventer.
 
Dès lors, en plus de l’aliénation du fruit du travail contre salaire, le salarié se passe aussi des fruits d’un travail qui puisse être reproduit sans lui, à la faveur du capitaliste. Or, le salarié, se passant de la rente de son travail au profit du détenteur d’un travail automatisé, fait l’impasse sur une rente dont il devrait être le bénéficiaire, et qui de surcroît est la source de son chômage ou de celui de ses semblables. Par ailleurs, il se passe ceci : deux détenteurs de travail automatisés (les capitalistes s’entend) se faisant concurrence détruisent la valeur associée, du moins dans un idiome libéral, où la concurrence fait baisser les prix. Ce qui permet, toujours au même libéral de proclamer que "la machine ne crée pas de valeur". Sans doute dans le repère ortho-normé qu’il a choisi, mais très certainement elle détruit du travail.

Pour condenser le propos, si le travailleur s’aliénait au XIXème le fruit de son travail contre salaire, au XXIème, il s’aliène également de plus en plus son travail, à terme, contre salaire, du moins dans toute tâche d’automatisation, voire pérenne.

Notez que si ce n’est dans les textes de loi, c’est au moins une justification forte d’un système d’assurance-chômage.

On peut en corollaire constater que tout travail n’est pas égal face au renouvellement des taches qu’il y a à accomplir. Si une telle rente du travail était reconnue, cela désinciterait sans doute, dans un objectif d’économie durable (et surtout du point de vue de l’auteur en respectant la loi du moindre emmerdement matériel), à la limitation abusive de durée de vie des produits, la rente (en fonction donc de la durée de vie du produit) se substituant à la vente.


Proposition de Dominique Perrin : l’égalité capital-travail au sein d’un statut d’entreprise


La proposition de Dominique Perrin (alter Eco Juillet-Août 2009 p112) est donc d’abolir le salariat. Il propose de : "...modifier le statut de l’entreprise : l’entreprise serait possédée par l’apporteur de capital (montant du capital apporté) ET par l’apporteur de travail (valeur du travail apporté = valeur de la rémunération du travail). A mesure de leur travail, les travailleurs deviendraient de plus en plus propriétaires de l’entreprise. Si les apporteurs de capitaux n’augmentent pas leur capital et/ou ne travaillent pas, leur part diminuerait à mesure que "s’use le capital...".
 
Nous nous en tiendrons au fait que notre état qui a autorisé le statut de SCOP devrait effectivement proposer cet énième statut (avec sans nul doute quelques incitations pour le K-capitaliste), une participation renforcée dans l’entreprise et une parité entre nos deux héraults de la production. Si ce statut d’entreprises ne satisfait pas un patron ou un actionnaire, il peut être adopté par un état qui souhaite, non plus privatiser, mais socialiser une entreprise non stratégique en termes de service public (soyons honnête, il faut la chercher).


Proposition sociétale/distributiviste : la création-destruction monétaire autour du travail et son pendant la consommation

Si vous êtes arrivés jusque-là, bravo, le plus intéressant arrive.

Plus près de la crise actuelle et donc de la déconnexion finance-économie réelle à laquelle nous assistons, ébahis et surtout impuissants, souhaitant avec des mots à peine voilés la chute et la fin du système actuel, il existe un autre privilège du capital vis à vis du travail.
A peu près tout le monde sur Agoravox reconnait aujourd’hui que la création monétaire a lieu lors de l’investissement, lors de l’appropriation ou la formation de capital donc. Il existe bel et bien des prêts à la consommation, mais c’est, ouf, marginal. Dès lors, le privilège du capital est d’être la source de la monnaie. Ne dit-on pas que l’on ne prête qu’aux riches ?
 
Un peu de logique :

La monnaie est une représentation subjective et approximative de la richesse créée. Tout un chacun, même notre repère libéral, reconnait que "seul le travail crée de la valeur", peu ou prou de la richesse. Dès lors, afin de respecter au plus près les efforts de tout un chacun à l’activité de création de richesses, la seule perspective honnête est de reconnaitre l’adéquation de la création monétaire autour du travail et sa destruction autour de la consommation. La création monétaire lors d’un investissement et la destruction monétaire lors du remboursement ne stipule pas que l’investissement prenne de la valeur en dormant, en exploitant autrui, ou en perde via amortissements quinquenaux. Mais très certainement, elle l’induit.

Dès lors, le détenteur de capital serait le même que le fournisseur de travail. Chaque travailleur ne défendrait plus son salaire mensuel, mais son capital mensuel, laissant bel et bien le broker de Wall Street ou de la City les bras ballants (du moins, n’ayons crainte, pour un temps).

Quelques éclaircissements pratiques :

- la création monétaire se doit d’induire une même destruction monétaire, à savoir que toute la production se doit d’être consommée. La sur-accumulation de stock dans un fonctionnement de marché doit réduire la rémunération de création monétaire lors du travail : et oui, le petit malin qui produit, se fait créer de la monnaie et ne vend rien doit bien se faire taper sur les doigts un jour ou l’autre. Le producteur (personnalité physique ou morale) peut dès lors s’allouer le revenu qu’il désire, tout en sachant qu’il est responsable de cette décision qui sera modulé en fonction de la vente du fruit de son travail.
S’il accumule du stock abusivement, sa création monétaire devra être limitée. D’ailleurs, celle-ci peut se faire uniquement si le stock est réellement vendu si l’on veut être sûr ;

- l’investissement, ou activité de production non consommable, pourrait se faire sur l’épargne des producteurs de biens consommables, ou tout simplement comme aujourd’hui, en allant voir le banquier.

- cette double source de création/destruction monétaire, autour des travail/consommation et de l’investissement, permet de limiter la propagation de crises à tout les secteurs de l’économie. C’est une forme de cloisonnement, par rapport au système actuel où la quantité de monnaie en circulation dépend essentiellement de la bonne santé de l’immobilier.

- un économiste français (source que l’on peut facilement retrouver) a démontré que les hauts revenus en 2006 (et donc les inégalités) étaient essentiellement concentrés autour de la création monétaire, les salaires de la finance étant autrement plus rémunérateurs que ceux victimes de la perpétuelle vindicte communiste, les patrons. En multipliant les sources (droit légitime des individus à être rémunérés pour leur travail) et les motifs (travail, investissement) de création/destruction monétaire , c’est une source d’inégalité et de propagation de crises qui s’effondre sur elle-même.

C’est l’une des propositions (très librement interprétée par l’auteur) retrouvés chez Marie-Jeanne Duboin ("mais d’où vient la monnaie ?") ou André-Jacques Holbecq (www.societal.org) dont je ne connais pas l’origine, mais qui mérite certainement autrement plus d’attention que les quelques lignes ci-dessus, tellement elle semble brillante, prometteuse, et plus certainement aux antipodes d’intérêts biens compris et de l’ordre bien établi.

En guise de conclusion
 
Si vous avez tout suivi, que vous aimez l’intérêt intellectuel pour lui-même (ou presque), que vous en avez marre de râler ou d’écouter les râleurs, non rien n’est perdu, une oreille attentive autour et un peu d’ennui insatisfaisant suffisent à refaire le monde, du moins dans sa petite tête, bien à l’abri des aléas des barricades et des tournures récentes que prennent le monde financier.
 
Ce n’est certainement pas exhaustif, c’est plutôt l’occasion d’ouvrir un fil à d’autres propositions utopiques, mais pas forcément idylliques. Car, plus haut est le rêve, plus dure est la chute.

Les réactions les plus appréciées

  • Alpo47 (---.---.---.29) 7 août 2009 12:00
    Alpo47


    Faut il opérer d’un furoncle quelqu’un qui a un cancer généralisé ?

    C’est une société fort différente qu’il faut maintenant commencer à définir ...

  • JL (---.---.---.168) 7 août 2009 15:16
    JL

    @ Tzecoatl, bon, c’est vrai que la terminologie dans ce domaine c’est du grand n’importe quoi.

    Un demandeur d’emploi est en réalité un offreur de service et de savoir-faire, alors qu’un « créateur d’emploi » ne crée qu’un vide qui ne demande qu’à être comblé : par un employé précisément. Mais cette façon de dire ne plait pas à ceux qui méprisent le travail.

    Dans l’économie de marché la loi de l’offre et de la demande semble marcher sur la tête avec les mots que nous utilisons. Les mots dit-on, sont confondants.

    Puisque j’y suis, la question de l’argent dette a fait couler beaucoup d’encre et certains y voient la main du diable. L’argent, dette ou non, n’est qu’un outil, et il est ce que les sociétés en font.

    Michel Rocard disait qu’il existe 6 pouvoirs : l’exécutif, le législatif, le judiciaire, le technologique, le financier et le médiatique. Selon lui, le médiatique serait le seul à être livré à tous les excès. Je crois que la finance est dans le même cas, et les deux ensembles s’entendent comme larrons en foire.

    Ne le prenez pas mal, mais selon moi, il y a des limites aux efforts qu’un lecteur peut faire. C’est ce qu’on appelle la collaboration lectorielle.


Réagissez à l'article

73 réactions à cet article

  • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 7 août 2009 11:16
    Jean-Pierre Llabrés

    à l’auteur

    « Ce n’est certainement pas exhaustif, c’est plutôt l’occasion d’ouvrir un fil à d’autres propositions utopiques »

    Merci pour la proposition d’ouverture. Ci-dessous, ma contribution :
    Le Parti Capitaliste Français (PCF) et l’Allocation Universelle
    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-parti-capitaliste-francais-pcf-51707

    N.B. 1 :
    Je ne prétends pas que ce sera facile et rapide.
    N.B. 2 :
    À ceux qui ont déjà vu mon commentaire, je leur demande de m’excuser : je suis monomaniaque ! ! !

    • Le péripate (---.---.---.157) 7 août 2009 19:02
      Le péripate

      Oui, j’ai lu tardivement votre article. Une sorte de gauchisme procapitaliste. Sympathique et parfaitement utopique. Mais il est bon que les libéraux se resaisissent de l’utopie, et montrent bien qu’ils ne sont pas du côté du pouvoir et des puissants. A gauche, quoi....

    • Tzecoatl (---.---.---.45) 7 août 2009 21:09
      Gandalf

      Tiens, monomaniaque, un terme qui manquait à mon vocabulaire pour m’expliciter à moi-même un intérêt démesuré pour la création monétaire. Mais j’assume.

      Passons.

      Désolé de vous répondre si tard, mais il fallait d’abord avoir le temps de lire votre article qui m’avait échappé.

      Votre proposition me semble intéressante, sauf qu’elle parait certainement abusive dans les résultats de rente estimé. D’ailleurs, il me semble tout de même indispensable que les allocations universelles soient inférieures aux revenus du travail, non pas par souci d’inégalité, mais afin d’inciter l’occupation des postes disponibles. Ce que vous reconnaissez sans problème dans l’article.

      D’ailleurs, ma légitimation de rente du fait d’un capital exploitant un travail stockable (première proposition de l’article) me semble théoriquement applicable dans votre proposition.

      Cependant, d’ici les échéances que vous précisez, les déficits publics, si l’on continue ainsi, auront explosé l’état.

      Et votre proposition, si elle me semble valide, est inefficace si l’on conserve le système de poursuite des déficits publics actuels.

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 8 août 2009 00:35
      Jean-Pierre Llabrés

      à Le péripate (xxx.xxx.xxx.157) 7 août 19:02 

      « Une sorte de gauchisme procapitaliste. Sympathique et parfaitement utopique ».

      S’il vous plaît, pourriez-vous développer une démonstration irréfutable du caractère parfaitement utopique de mon projet ?

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 8 août 2009 00:44
      Jean-Pierre Llabrés

      à Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.45) 7 août 21:09 


      Votre proposition me semble intéressante, sauf qu’elle parait certainement abusive dans les résultats de rente estimé.
      Trouvez-vous réellement abusif de projeter sur un siècle à venir des résultats prouvés pour le siècle passé ? Si vous avez des données plus fiables, je suis preneur.

      D’ailleurs, il me semble tout de même indispensable que les allocations universelles soient inférieures aux revenus du travail, non pas par souci d’inégalité, mais afin d’inciter l’occupation des postes disponibles. Ce que vous reconnaissez sans problème dans l’article.
      Dont acte !

      D’ailleurs, ma légitimation de rente du fait d’un capital exploitant un travail stockable (première proposition de l’article) me semble théoriquement applicable dans votre proposition.
      Parfait.

      Cependant, d’ici les échéances que vous précisez, les déficits publics, si l’on continue ainsi, auront explosé l’état.
      L’État et ses déficits n’entrent en aucune manière dans les modalités de constitution, de gestion et de fonctionnement du projet que je propose.

      Et votre proposition, si elle me semble valide, est inefficace si l’on conserve le système de poursuite des déficits publics actuels.
      cf. réponse ci-dessus.

    • Le péripate (---.---.---.157) 8 août 2009 01:05
      Le péripate

      Non, je ne le peux. Les idées les plus farfelues ont parfois eu un succès énorme. Il y a bien sûr dans un libéralisme dogmatique un danger, celui d’abandonner exclusivement à la charité privée ceux qui échouent, bien que cette charité puisse être très efficace (et en général elle l’est).

      Notre monde a progressé en multipliant les séparations, dans tous les domaines. Il est peut-être temps de séparer au moins en partie la rémunération du travail, et l’idée d’allocation universelle hante de nombreux ouvrages libéraux. Elle est même un emblème de la gauche libérale. Une utopie que je soutiens tout à fait. Mais rien ne s’oppose à ce quelle remplace complètement le maquis des aides diverses, et étant accordée à tous sans conditions elle est très économique puisque qu’elle renvoie à des activités productives le personnel du lourd appareil coercitif de l’Etat.
      Mais est-ce que ça suffirait à pacifier la société ? A amoindrir rancoeur, envie et jalousie sociale ? Avox est plein de ces gens gavés de nourriture, de technologie, qui vivront plus vieux que leurs pères, nombreux sont ceux qui bénéficient de véritables rentes extorquées à la société... et pourtant de partout suinte le désir mimétique, l’égalitarisme absurde et niveleur, le festivisme ricanant.

      Je ne sais pas, mais malgré tout, j’y crois.... un peu.

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 8 août 2009 02:58
      Jean-Pierre Llabrés

      à Le péripate (xxx.xxx.xxx.157) 8 août 01:05
      « parfaitement utopique »

      Votre longue argumentation oiseuse (permettez-moi aussi quelque jugement péremptoire) n’est abolument pas à la hauteur pour étayer et justifier votre cinglant « parfaitement utopique ».

      Très décevant...

    • Le péripate (---.---.---.157) 8 août 2009 09:15
      Le péripate

      Ne vous fâchez pas. L’essentiel était dans le « je ne le peux ». Le reste était effectivement parfaitement oiseux et ne menait nulle part. Simple digression.

    • Tzecoatl (---.---.---.45) 8 août 2009 09:56
      Gandalf

      Autre chose, donc toujours à Jean-Pierre Labrès :
      Votre proposition est du très long terme, mais c’est bel et bien le rôle que le marché laisse à l’état. Mais il est certain que le marché (ci-représenté, que dis-je incarné par le péripate) n’est pas d’accord, car c’est synonyme de grignoter son bifteck.

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 8 août 2009 09:59
      Jean-Pierre Llabrés

      à Le péripate (xxx.xxx.xxx.157) 8 août 09:15 

      "Ne vous fâchez pas. L’essentiel était dans le « je ne le peux ». Le reste était effectivement parfaitement oiseux et ne menait nulle part. Simple digression« .

      Je n’ai pas dit »très fâché« mais »très décevant".

      Lorqu’on présente un projet, quel qu’il soit, il est toujours agréable de recevoir des approbations.
      Mais, des critiques, même virulentes (courtoises dans la forme), peuvent être constructives dans la mesure où elles contraignent à une argumentation et à une réflexion toujours plus poussées.

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 8 août 2009 10:07
      Jean-Pierre Llabrés

      à Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.45) 8 août 09:56 

      Autre chose, donc toujours à Jean-Pierre Labrès :
      Votre proposition est du très long terme, mais c’est bel et bien le rôle que le marché laisse à l’état.
      En l’occurence, ma proposition de très long terme ne relève pas de l’État. Celui-ci, et SURTOUT le Parlement, n’aurait qu’un rôle de départ en vue de mettre en place le système législatif nécessaire à l’émergence des structures nécessaires dont le fonctionnement s’intégrerait à celui du « marché » dans le cadre d’une gestion fondamentalement d’association coopérative.

      Mais il est certain que le marché (ci-représenté, que dis-je incarné par le péripate) n’est pas d’accord, car c’est synonyme de grignoter son bifteck.
      Je ne peux répondre à sa place...

  • JL (---.---.---.168) 7 août 2009 11:35
    JL

    Je ne comprends décidément pas la prose de l’auteur qui, s’il n’est pas obscurantiste, n’en est pas moins obscur. Désolé.

    Au hasard : "

    Or, le salarié, se passant de la rente de son travail au profit du détenteur d’un travail automatisé, fait l’impasse sur une rente dont il devrait être le bénéficiaire".

    Si quelqu’un peut m’expliquer ...



    • Tzecoatl (---.---.---.45) 7 août 2009 12:27
      Gandalf

      @JL
      détenteur d’un travail automatisé = capitaliste. C’est le seul synonyme contextuel que j’ai trouvé, bien qu’insatisfaisant, il est vrai.

    • JL (---.---.---.168) 7 août 2009 15:16
      JL

      @ Tzecoatl, bon, c’est vrai que la terminologie dans ce domaine c’est du grand n’importe quoi.

      Un demandeur d’emploi est en réalité un offreur de service et de savoir-faire, alors qu’un « créateur d’emploi » ne crée qu’un vide qui ne demande qu’à être comblé : par un employé précisément. Mais cette façon de dire ne plait pas à ceux qui méprisent le travail.

      Dans l’économie de marché la loi de l’offre et de la demande semble marcher sur la tête avec les mots que nous utilisons. Les mots dit-on, sont confondants.

      Puisque j’y suis, la question de l’argent dette a fait couler beaucoup d’encre et certains y voient la main du diable. L’argent, dette ou non, n’est qu’un outil, et il est ce que les sociétés en font.

      Michel Rocard disait qu’il existe 6 pouvoirs : l’exécutif, le législatif, le judiciaire, le technologique, le financier et le médiatique. Selon lui, le médiatique serait le seul à être livré à tous les excès. Je crois que la finance est dans le même cas, et les deux ensembles s’entendent comme larrons en foire.

      Ne le prenez pas mal, mais selon moi, il y a des limites aux efforts qu’un lecteur peut faire. C’est ce qu’on appelle la collaboration lectorielle.

  • paul muadhib (---.---.---.198) 7 août 2009 11:40

    les humains utilisent le cerveau analytique ou ego, mémoire ,analyse ,projection...en exclusivité, sauf exceptions...c’est un outil, et l’outil s’occupe du matériel, il n’a pas d’intelligence , mais des capacités intellectuelles ,le Q.I..
    chaque ego , limité a sa connaissance personnelle et a ses désirs personnels, est le centre de son monde, par extension le centre du monde....nous avons ainsi tous la capacité a devenir dictateur, tortionnaires et autres...
    notre monde est un monde qui est uniquement dans la technique, qui ne connaît pas la coopération volontaire sur des projets de vie en commun, je ne parle pas ici des dictatures pseudo de gauche, qui sont elles aussi des sociétés pyramidales inégalitaires....
    Si des voix intelligentes s’élèvent ,elles seront supprimées , pour la gloire des « médiocres ».
    actuellement il ne peut y avoir une autre société, on a juste affaire a un mécontentement, plus proche de la jalousie que de la vision d’un monde harmonieux....une simple réaction de frustration..de n’être plus dans le sillage des vainqueurs..
    Pour soi même, la vie , que je définis, pour le moment ,comme ce qui est en mouvement d’instant en instant dans le présent, la vie donc ,sa vie peut être très intéressante ..ce chemin sera toujours personnel,mais non égoïste,la vie ne sera pas alors vue au travers du prisme de l’ego/cerveau analytique...
    Car avec notre état de l’esprit actuel , ce monde va perdurer...on s’illusionne comme autant d’espoirs pour tenter de supporter une vie vide, vide de beauté, vide de sens , vide de vraies relations, vide...

  • Alpo47 (---.---.---.29) 7 août 2009 12:00
    Alpo47


    Faut il opérer d’un furoncle quelqu’un qui a un cancer généralisé ?

    C’est une société fort différente qu’il faut maintenant commencer à définir ...

  • JoëlP (---.---.---.47) 7 août 2009 12:06
    JoëlP

    Je suis très content de trouver cet article qui donne des pistes de réflexion qui me semblent importantes. Depuis quelque temps, je m’intéresse au idées de Jacques Duboin qui avait 80 ans d’avance. Il faut lire son petit opuscule « Kou l’ahuri » qui se moque des ultra-libéraux. Je lis aussi pas mal de chose sur la gratuité. L’utopie d’aujourd’hui est peu être notre avenir.

  • Forest Ent (---.---.---.205) 7 août 2009 12:45
    Forest Ent

    Pas terrible. C’est le 743ème article depuis deux ans qui propose une solution monétaire à une crise monétaire, sans voir que cette crise monétaire a des causes. Il part en tout cas d’une prémisse fausse :

    A peu près tout le monde sur Agoravox reconnait aujourd’hui que la création monétaire a lieu lors de l’investissement, lors de l’appropriation ou la formation de capital donc. Il existe bel et bien des prêts à la consommation, mais c’est, ouf, marginal.

    Outre le fait anecdotique que « à peu près tout le monde sur AV » n’est peut-être pas une garantie suffisante, il me semble difficile d’affirmer un truc pareil deux ans après l’explosion d’une giga-bulle de crédit à la consommation qui n’avait plus rien à voir avec l’investissement.

    • Tzecoatl (---.---.---.45) 7 août 2009 13:14
      Gandalf

      Il me semble qu’il s’agit quand même de l’éclatement d’une bulle immobilière, qu’ici nous assimilons sans doute abusivement à investissement. Mais il ne s’agit bel et bien pas de consommation au sens consommable, non péréen.

      Je vous trouve juste un frein non argumenté aux discussions monétaires, dont je ne me fais évidemment pas le défenseur populiste type inflationniste.

      Quand à l’argument de ceux qui infirment que les banques ne créent pas la monnaie (scripturale), je leur souhaite bon courage, tel Paul Jorion, qui semble vouloir étouffer toute discussion et se placer tels des garants de l’ordre public, puisque seul ce type d’information doit revenir semble-t-il aux experts, dont on connait les dérives (systèmes bancaires actuels) ou les revirements (Bernard Lietaer).

      Il me semble par ailleurs indispensable et salutaire de faire connaitre au grand public la réelle nature de ce après quoi on les fait courir. Simple exigence d’humaniste.

      Il est par ailleurs évident que concentrer la responsabilité de la création monétaire à un cercle de banquiers est un flagrant échec. Jouer la transparence et la responsabilisation citoyenne me semble une bien meilleure garantie à terme de stabilité sociétale.

      Non, l’adéquation de la création monétaire au travail a des fondements théoriques solides, et j’attends sereinement les contre-arguments.

    • manuelarm (---.---.---.254) 7 août 2009 14:03

      @ Forest Ent

      Le problème aujourd hui, c’est que plus de la moitié de la population croît que les coupable de cette crise sont les banques, bcp croit que le film de grignon ou de larouche décrivent parfaitement la création/destruction monétaire, le débat est complètement faussé, le débat est redevenu idéologique, donc stérile.

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