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De l’évaluation à la domination (III) - Privatisation et bulle éducative

Dans les ouvrages et études universitaires sur la mondialisation de l’éducation, les preuves s’accumulent pour constater que les organisations internationales et les sociétés multinationales tentent de contrôler l’éducation. Le moyen employé est le test. Nous verrons donc dans ce troisième volet comment la privatisation de l’enseignement conduira à l’explosion de la bulle éducative.

PISA : le big bang bug

 De l’avis général, les enquêtes internationales PISA/OCDE ne sont pas dénuées d’intérêt scientifique, mais ne se prêtent nullement à une exploitation politique. Autrement dit, les gouvernements ne peuvent s’appuyer sur les données et leur interprétation pour conduire une politique éducative. Les experts sont unanimes sur le sujet. D’une part PISA ne permet d’établir que des corrélations - non des liens de cause à effet -, d’autre part, les biais sont trop nombreux.

 Je n’aborderai pas l’étude des biais qui nous éloignerait de la problématique générale, mais renvois le lecteur désireux d’approfondir le sujet aux quelques sources listées en fin d’article, et qui ne représentent qu’une infime partie de ce que j’ai lu. On remarquera notamment que même les logiciels d’exploitation des données sont médiocres de l’avis de deux chercheurs luxembourgeois !


Une étude internationale qualitative : l’étude McKinsey

 Il existe en revanche une étude qualitative des systèmes éducatifs menée entre 2006 et 2007 par un cabinet de consultants internationaux que je connais très bien : l’étude McKinsey. Les gouvernements ne peuvent l’ignorer. 

 Cette étude nous révèle qu’un système éducatif performant doit s’appuyer sur trois facteurs fondamentaux :

- une sélection et une formation des enseignants rigoureuses. Les enseignants sont sélectionnés parmi les meilleurs étudiants. Ils doivent maîtriser la discipline qu’ils enseignent, savoir travailler en équipe, faire preuve de compétences en communication, jouir d’une bonne culture générale, connaître les bonnes pratiques pédagogiques. Les enseignants doivent être correctement rémunérés dès le début de carrière et la profession doit être respectée des élèves et de la population.

- Un système de management calqué sur le secteur privé avec notamment l’appel à des coachs pour aider les enseignants.

- La dispense d’un enseignement de qualité à chaque élève sans en laisser un seul en marge.

 

En dehors de ces trois éléments, rien n’indique qu’un système décentralisé soit supérieur à un système centralisé, ni que l’enseignement privé soit supérieur à l’enseignement public. Et inversement. D’autre part, le ratio élèves/professeurs n’est pas déterminant, autrement dit, pour le cas de la France, on peut mieux faire avec moins d’enseignants ; ce qui légitime les suppressions de postes envisagées par « le plan Darcos ». Malheureusement, cette suppression de poste est mal conduite.

 

Du modèle singapourien aux atouts français

 Singapour dont il faut à mon avis étudier avec attention le système éducatif est un pays très centralisé où les établissements scolaires et universitaires sont très largement publics. Ce pays a pour ambition de tirer une grande partie de son PNB du secteur éducatif - ce qu’il fait déjà -, et attire également les meilleurs enseignants du monde. Ses universités rivaliseront avec Harvard et consorts. Ce pays réunit les critères qualitatifs définis dans le rapport McKinsey.

 Cependant, l’enseignement académique dispensé en France permet à son élite estudiantine de figurer parmi les meilleurs au niveau des capacités d’abstraction. Ces Français sont très recherchés. Un rapport de prospectivistes commandé par des établissements financiers de la City plaçait la France parmi les dix premiers pays du monde pour son système éducatif. C’était donc avant les réformes Darcos.

 Autrement dit, la France peut parfaitement conserver son écosystème éducatif, et le moderniser à l’aune du rapport McKinsey afin de devenir l’un des trois pays les plus performants en matière d’éducation. Elle en a les atouts. Ce n’est malheureusement pas le chemin qui est suivi.

 

La privatisation de l’enseignement - prospective

  En effet, le chemin suivi conduit à la privatisation de l’enseignement comme au démantèlement de l’enseignement public, sous l’impulsion des multinationales et des organisations internationales dont l’OCDE. Ni l’amélioration de la qualité des systèmes éducatifs, ni leur impact sociologique n’ont été pris en compte.

  Voici ce qu’écrivait Pierre Vrignaud, déjà cité dans les articles précédents :

« On fait des évaluations depuis trente ans. Si on en discute aujourd’hui, c’est parce que l’OCDE s’en occupe. N’est-ce pas parce que l’évaluation devient un marché ? En même temps que l’on vend de l’évaluation, on vend du conseil, et peut-être même, au bout du compte, des systèmes éducatifs. Pourquoi certains items qui viennent de l’ancienne étude sur la littéracie des adultes ont-ils été maintenus ? Pourquoi ces mêmes items ont-ils été présentés tard un dimanche soir au moment où tout le monde reprenait son avion ? Ces items ne sont-ils pas là pour assurer des ancrages avec des enquêtes antérieures ?

Certains organismes privés vont jusqu’à s’approprier des études publiques, y compris PISA. Forts de leur savoir-faire, ils proposent leur expertise à tous les ministres qui les écoutent. »

 Pour bien comprendre l’enjeu commercial, il faut reprendre certains éléments :

- les circonstances de l’attribution du marché de l’évaluation internationale Pisa/OCDE n’ont pas été éclaircies selon le rapport Bottani/Vrignaud ;

- le consortium PISA est composé d’associations et d’entreprises de culture anglo-saxonne. Il pilote PISA du début à la fin du programme.

- les mauvais élèves de PISA sont les plus grands pays, à l’exception du Japon qui fait bonne figure pour des raisons très particulières : France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Etats-Unis. Ce sont les pays qui offrent le plus grand marché. 

Considérons maintenant les éléments suivants :

  Les enquêtes internationales pilotées par l’IEA (donc l’UNESCO) ont toujours eu du mal à trouver le budget nécessaire, malgré leurs qualités méthodologiques (qui ne constituent néanmoins pas un modèle, toute évaluation étant par nature réductrice) et un savoir-faire de plusieurs dizaines d’années.

  L’enquête PISA, pilotée par l’OCDE trouve facilement les fonds, malgré son lancement postérieur à l’IEA. Or, de l’autre côté, l’OCDE a établit une corrélation entre le niveau d’enseignement et la croissance économique, à savoir qu’il existe un point au-delà duquel l’augmentation du niveau d’enseignement n’engendre pas de points de croissance  ! D’où la notion de « formation tout au long de la vie » qui ne signifie rien moins que « vous allez apprendre en une vie ce que vos parents ont appris au long de leur scolarité, études supérieures comprises ». A l’exception de quelques élus, bien sûr !

  L’OCDE traite le capital humain quand l’UNESCO traite l’humain.

  L’étude PISA est financée par les gouvernements, donc le contribuable. Très onéreuse elle permet aux membres du consortium PISA (des entreprises et associations : Acer, ETS, NIER, CITO, Westat) de disposer seules de la technologie nécessaire aux évaluations de cette ampleur en adoptant le MRI (Modèle de Réponse à l’Item). Cela leur offre de facto un oligopole dans le secteur des évaluations. 

 Ces dernières années, les membres du consortium PISA se sont lancés dans des acquisitions de concurrents. Par exemple, il n’existe plus d’entreprises françaises de taille conséquente dans le secteur des tests, alors qu’il s’agit d’un secteur d’avenir au potentiel colossal. La France a déjà perdu la partie sur ce plan. Stratégiquement et économiquement.

  ETS (Educational Testing Service) a un chiffre d’affaires estimé entre 1 et 1.5 milliard de dollars. Son statut d’association permet difficilement de mesurer le CA avec exactitude car elle n’est pas soumise aux mêmes règles comptables que les entreprises. Or, ETS administre aux Etats-Unis le SAT, un test d’entrée dans certaines universités, ainsi que des tests d’admission à passer dans les lycées. Ce que les Français ne savent pas, c’est que de nombreux américains sont attachés à l’enseignement public et il existe des mouvements qui s’opposent à ces tests parce qu’ils sont jugés peu fiables et discriminants, si bien qu’un nombre croissant d’établissements scolaires ne les proposent plus qu’en option.

  Imposer PISA comme standard d’évaluation, c’est donner aux acteurs du consortium une caution pour exiger la sélection par tests dans tous les domaines : admission dans les écoles et universités, sélection d’embauche, évaluation des formations professionnelles, etc. Au Canada et aux Etats-Unis, par exemple, de nombreuses professions sont évaluées par des tests administrés par des organisations comme ETS ou Westat. Voilà pourquoi il est important de faire passer les systèmes éducatifs des grands pays pour défaillants. Sous couvert de sélection, on fera passer des tests dans les universités françaises, comme c’est le cas dans les universités américaines. Alors qu’il existe d’autres modes de sélection.

 De même, la France demande maintenant aux candidats à l’immigration de passer des tests de français, alors qu’elle n’a jamais déployé de moyens pour dispenser des cours de FLE (Français Langue Etrangère) et FLS (Français Langue Seconde) aux immigrés sur son sol, qui ont été livrés à eux-mêmes. Les enfants ont été intégrés dans des classes normales sans maîtriser la langue. Cela a entraîné un retard dans les programmes suivis dans ces classes, ainsi qu’une montée de la violence. Car l’impossibilité de comprendre et de communiquer est une voie vers la violence. Quelle que soit l’origine géographique et culturelle de la personne. 

  Le MRI (Modèle de Réponse à l’Item) impose de prendre pour étalon un pays unique. Or, il semble que ce pays soit la Finlande, d’où sa place de première. J’ai bien écrit « il semble », car des experts le supposent sans pouvoir l’affirmer. Rien n’est transparent.

  La privatisation de l’enseignement est déjà en cours en France, par le biais es cours particuliers. Les écoles ne seront pas privatisées - aucun entrepreneur n’en voudrait -, mais ce sont les services externes qui s’imposeront, par exemple, les évaluations. Comme aux Etats-Unis, les évaluations seront sous-traitées à des entreprises privées. En France, les Cours Legendre pratiquent déjà cette activité pour le compte de certains établissements de l’enseignement privé catholique. On ne verra donc pas de « SARL lycée Jules Ferry » ; c’est inutile.

 Dans le supérieur, le domaine de la préparation aux concours (concours administratifs, écoles de commerce, concours médicaux et paramédicaux, etc.) attire un nombre croissant d’étudiants et de bacheliers dont les parents déboursent de 1000 à 10000 euros, si bien que les élèves et étudiants des familles modestes sont exclus de l’ascenseur social. En effet, ces établissements enseignent la méthodologie et pratiquent le bachotage. Or, la méthodologie est trop peu enseignée dans les lycées ou les universités. D’autre part, c’est l’entraînement à un concours et la méthodologie, plus que les connaissances, qui permettent d’obtenir le précieux sésame. On comprendra qu’un bon élève de lycée a peu de chances de réussir une synthèse de documents s’il n’a pas abordé cet exercice dans l’optique du concours. Ce n’est ni une question d’intelligence, ni une affaire de savoir.

 Une fois que les tests et les concours auront touché tous les secteurs, débarqueront en France des sociétés comme Kaplan qui gèrent plus de trois millions d’élèves. Le marché français n’est pour le moment pas assez mûr pour que ces géants s’installent en France. Mais, forts de leur savoir-faire bien antérieur aux entreprises françaises du secteur, ils monopoliseront le marché, notamment grâce aux accords commerciaux passés avec des membres du consortium PISA, comme ETS.

 L’Education à la française ne sera alors plus qu’un souvenir.

 

La bulle éducative

  La privatisation de l’enseignement selon les modalités en cours, à savoir via les tests et concours, conduira à une bulle éducative comme il y a eu une bulle financière.

  En effet, un diplôme ne vaut rien d’autre que la confiance qu’on lui accorde, et ersonne ne saurait affirmer que le diplôme est synonyme de compétence comme l’absence de diplôme synonyme d’incompétence. Le diplôme est donc une sorte de monnaie...

  ... Et les évaluations internationales (PISA) des agences de notation (consortium) accorderont un AAA à certains pays... 

 ... dans la plus totale opacité puisque leurs méthodes d’évaluation ne peuvent être elles-mêmes évaluées. En effet, le traitement des données par MRI ne se prêtent pas à l’analyse complémentaire par d’autres approches pour vérifier la fiabilité de l’ensemble des données selon le rapport Bottani/Vrignaud. On est donc obligé de faire confiance...

  ... Déjà les diplômes nationaux (baccalauréat) ne trouvent plus grâce auprès de certains employeurs pour mesurer la compétence dans des disciplines comme l’anglais où il est de plus en plus recommandé d’avoir un TOEFL, le certificat de Cambridge ou un TOEIC, non parce que ces tests sont plus performants que le bac, mais parce que le grand défaut du secteur public est de ne pas savoir se vendre...

  ... il se constituera alors une bulle éducative vu que les diplômes ou compétences auront été évaluées par une méthode opaque et inefficace. Ils perdront alors de leur valeur et entraîneront une crise majeure... s’il y aura encore des gens capables de la comprendre !

 

 

Dans le dernier article

 Nous verrons comment la conception malthusienne de l’élite associée à la méritocratie basée sur la pratique des tests conduira à une aristocratie mondiale, soit la domination de tous par quelques-uns. Ceux qui voudraient anticiper la lecture de l’article pourront se reporter à l’excellent livre de Nicholas Lemann, inconnu en France et pourtant ouvrage majeur, pour comprendre la société américaine, celle qui se dessine en Europe : The Big Test : The Secret History of the American Meritocracy.

 J’invite également les journalistes d’investigation (et tous ceux qui croient encore en la démocratie) à approfondir ces articles. Je n’ai fait que montrer le chemin et n’ai ni le temps, ni les moyens de poursuivre dans ce sens. Pourtant, il s’agit d’un sujet majeur qui n’a, à ma connaissance, jamais été abordé dans la presse française.

 

Quelques sources non citées pour comprendre les biais dans PISA

 http://www.inrp.fr/vst/Rapports/cherche_etude.php

http://www.educ-eval.education.fr/

http://www.cafepedagogique.net

http://www.inrp.fr/blogs/vst/index.php/2008/02/14/p306

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/education/7396623.stm (apprend comment les tests font baisser le niveau)

Rapport Ceart/Rémond/Varier du HCEE (n°11 de décembre 2003)

Rapport Cytermann/Demeuse du HCEE (n°18 de mai 2005)

L’article de Julien Grenet dans Laviedesidees.fr

Les notes et rapports de la DEPP 

Le site de la smf

Sur la médiocre qualité des logiciels qui gèrent les tests PISA 

Etc.


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8 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 1er décembre 2008 13:33

    Merci, Tristan, pour cette suite d’analyses précises
    Cela conforte mes craintes

    "Une fois que les tests et les concours auront touché tous les secteurs, débarqueront en France des sociétés comme Kaplan qui gèrent plus de trois millions d’élèves. Le marché français n’est pour le moment pas assez mûr pour que ces géants s’installent en France."

    Ces sociétés sont à l’affut et s’introduisent par la bande...Le "e-learning" a de l’avenir...et nous avons un Cheval de Troie à l’Elysée et rue de Grenelle...

    Au sujet de l’étude de N Lehman sur la méritocratie : je ne la connais pas. Y a-t-il une édition française ? 
    J’ai lu pour ma part récemment le travail de John Macarthur , directeur du Harper’s Magazine sur "Une caste américaine" . Edifiant !

    Cordialement


    • ZEN ZEN 1er décembre 2008 13:35

      Me permets-tu de faire état de ta recherche sur mon blog ?
      Merci !


      • Gilles Gilles 1er décembre 2008 16:42

        "Déjà les diplômes nationaux (baccalauréat) ne trouvent plus grâce auprès de certains employeurs pour mesurer la compétence dans des disciplines comme l’anglais où il est de plus en plus recommandé d’avoir un TOEFL, le certificat de Cambridge ou un TOEIC"

        Exemple, d’un collègue, diplômé d’un école d’ingénieur de La Rochelle...enfin 1 an aprés il n’est toujours pas diplômé, bien qu’il bosse déjà comme ingénieur dans une SSII pour le compte d’Airbus

        Pourquoi ?

        Eh bien son école n’a pas trouvé mieux que de conditionner la délivrance du diplôme à l’obtention du TOEIC. Ce con l’a raté, bien qu’il arrive à travailler techniquement dans cette langue (laborieusement...mais pas pire que bien d’autres et pour quasiment tous, la maitrise suffisante de l’anglais pour travailler vient avec l’expérience, surtout dans le mondes des ingénieurs

        Pourquoi l’a t-il raté ? Il faut s’y préparer, et non pas faire beaucoup plus d’anglais, mais surtout bien connaitre la méthodologie de l’examen. Et ça coûte cher aussi.... plus de 130€ le seul examen et les sessions ne sont pas forcément dans la ville où on habite...du coup c’est pas simple. D’ailleurs il existe nombre d’instituts qui préparent, contre monnaie sonnante et trébuchante, à la préparation à ces tests.

        Et ah oui, je en me rapelle plus trés bien, mais les cours d’anglais dans son école c’étaient pas bezef. A sa charge de s’améliorer tout seul

        Voilà, un exemple où un établissement supérieur délégue la valeur de son diplôme à un organisme de notation externe


        • Tristan Valmour 1er décembre 2008 18:34

          Salut à tous

          Ma grande zénitude, tu peux sans problème reprendre ce que tu veux sur ton blog. Nicholas Lemann n’a pas été traduit malheureusement, alors que son livre est un portrait sociologique de l’Amérique. J’en ferai une très courte synthèse dans le dernier article de cette série, s’il est accepté par le comité de rédaction. J’ai d’autres bouquins qui expliquent comment l’enseignement public a été massacré aux US. Tout cela arrive chez nous maintenant.


          Mon Philippe,

          N’oublions pas que Darcos a été ambassadeur de France auprès de l’OCDE. Il a eu tout le temps d’être briefé par les tenants de la New Economy.

          Darcos et Sarko ont en effet été nommés par leurs maîtres.

          Que l’on se fasse de l’argent sur l’éducation n’est pas quelque chose qui me gêne. Je ne suis pas opposé à la privatisation. Ce qui me dérange en revanche, c’est que cela s’accompagne d’une exclusion des familles les plus modestes. Or, une société qui ne permet pas à ses enfants de s’élever est une société morte. C’est la définition de la tragédie : tu as beau déployer tous les efforts pour t’en sortir, une force supérieure t’en empêche. Inadmissible. Au US, il n’est pas rare que des familles consacrent plusieurs dizaines de milliers de dollars rien que pour le SAT (Scholastic Aptitude Test) : l’examen d’entrée notamment pour les Ivy League Schools.

          Or, un test ne mesure que l’aptitude à passer le test. Cela ne mesure rien d’autre.



            • kemilein 2 décembre 2008 09:17

              "Ce qui me dérange en revanche, c’est que cela s’accompagne d’une exclusion des familles les plus modestes. Or, une société qui ne permet pas à ses enfants de s’élever est une société morte. C’est la définition de la tragédie : tu as beau déployer tous les efforts pour t’en sortir, une force supérieure t’en empêche. Inadmissible. Au US, il n’est pas rare que des familles consacrent plusieurs dizaines de milliers de dollars rien que pour le SAT"

              J’aimerai juste reprendre ce commentaire, qui a la suite de votre formidable demonstration, manque de clairvoyance.
              tout autant qu’il est necessaire pour partie, de maintenir chomage et précarité, afin d’instiler dans l’inconscient des gens qu’il doivent se suffir de leur misère car il peut leur arriver encore pis, qu’il ne doivent pas s’attendre a des hausse de salire car des chomeurs y’en a des tas pour moins cher...

              Le fait de maintenir un large public dans le flou, et surtout dans l’ignorance et l’inculture, voir "l’imbécilité crasse" (Pierre Desproges) permet son contrôle, sa domination, son exploitation, bref tout pouvoir sur lui. Ne vous y trompez pas, ce n’est pas de la paranoïa, il n’y a certes pas un complot planétaire visant a l’escalage totale de la race humaine pour quelque nantis, mais si demain ca leur tombait tout cuit dans le bec, je peux vous assurer qu’il ne s’en priverait pas.


              • ugn402 2 décembre 2008 11:11

                La loi de parité H/F est une discrimination positive, comme toutes les autres lois donnant des avantages aux femmes, imposant des regles de comportement dans les entreprises, sous menace de condamner ceux qui ne s’y plient pas. Le gouvernement embauche jusqu’a 80% de femmes dans la magistrature : cela n’a rien d’egalitaire : c’est par definition de la discrimination positive. Cette discrimination positive est acceptée de tous.. Alors il me semble normal de s’acheminer vers une société réellement "proportionnelle modifiée" donnant un plus par la discrimination positive aux minorités qui sont par definition des victimes du fait de cette minorité, jusqu’a ce que ce quota de representation proportionnelle soit atteint. En france, les emmigrés representent (sur 2 ou 3 generations) 20% de la population. Il faut pour etre coherent avec le principe de discrimination positive deja accepté pour les femmes respecter une regle leur permettant de veritablement aquerrir les memes droits au pouvoir, a la richesse, aux responsabilités, que pour tous les autres. On devrait donc avoir a terme 20% d’elus d’origine etrangere, 20% de couleurs de peaux differentes au gouvernement, dans les administrations, la magistrature, au parlement, au senat, memes salaires, et postes a responsabilités aux meme proportions qu’ils se trouvent dans la population.  Quitte a imposer ces quotas par la loi, comme cela a ete tres justement fait pour la parite H/F. La justice et le sens de l’egalité sociale ne se declinent pas differemment selon l’origine ethnique ou la preference sexuelle, qu’elle peut se decliner selon le sexe : elle doit etre la meme pour tous ! 


                • Valou 2 décembre 2008 16:42

                  Oui mais..quel est le rapport avec l’article ?

                  J’ajouterais qu’il faudrait également placer un quota très important de pauvres au gouvernement puisqu’après tout ils représentent une partie non négligeable de la population....

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