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Accueil du site > Actualités > Economie > De l’idéologie économique

De l’idéologie économique

Moults idéologies parsèment l’histoire. Et la crise économique récente est là pour nous le rappeler, n’en déplaise à Fukuyama.

Que retiendront les idéologues de cet épisode récent ?

Que les politiciens en profitèrent pour retourner leurs vestes, les gauchistes pour encenser les vertus de la régulation, les libéraux pour admonester ses tares. Alors que le libéralisme était élevé au rang de béatitude et la mondialisation à celui de Saint Graal, toujours imparfaitement trouvé, d’après l’OMC.

Quoiqu’il en soit, l’idéologie est intrinsèquement un ensemble de solutions générales relatant la vertu ambiante, ou ce qu’il faut penser à une époque, puisque ceux sont les solutions aux maux du moment.
Elle est souvent trop globalisante pour reconnaitre ses tares, et est souvent émise par un penseur, puis par une élite espérant quelconque profit : le bien à une condition, que cela n’affecte de trop nos intérêts, voire nous servent. Et que le plus grand nombre pense de même, permettant l’affirmation d’un leadership.

Ses généralités deviennent trop omniprésentes pour que l’ éxécutant remette en question ses abbérations, jusqu’à l’absurde. Dès lors, seule la rupture, ou la crise, peut y mettre un terme. Les options de rechange, ou plus exactement la cristallisation des anxiétés nouvelles, aussi minoritaires soient-elles, n’ont pour l’heure pas fait défaut.

 
Qu’en retenir ?
Que toute idéologie est un bouclier bien pratique à toute pensée, confinant rapidement en prêt à penser bien utile pour vaquer à d’autres occupations plus terre à terre, répété sans fin sur un mode opératoire que ne nierait un perroquet. Et même mieux, par déformation, puisqu’il est démontré par a+b que le téléphone arabe travaille.

Oh, biensûr, une idéologie a une utilité. Et ses inventeurs qui en sont les instigateurs ne sont pas dénués des bonnes intentions vis à vis des maux qui troublent leurs époques.
Mais l’idéologie est bel et bien la confusion entre la raison, et les raisons personnelles des ayatollas de cette idéologie.
Marx n’a-t’il pas inventé le marxisme suite au décès de ses fils ?
Bastiat, défenseur du libre-échange, n’était-il pas entrepreneur dans l’import-export ?
Hobbes et Locke, ne cherchaient-ils pas à diviser jusqu’à l’individualisme afin de faire
cesser ces hystéries collectives générant les guerres de religions, en exhaltant par là-même
le libéralisme au rang de religion sans dieu ? Le libéralisme devenant l’essence de ce qui divise pour mieux régner ?

Mais l’idéologie est difficile à mettre en boite tout comme l’est l’épiderme de ses chantres charismatiques. Et elle a donc une facheuse tendance à l’expansionnisme, morbide, contre-productif, le plus souvent has been face aux nouveaux défis ou ses limites. Et les solutions trouvés aux problèmes d’une époque, loin de poser de nouveaux problèmes, deviennent inénarables mantras.


Bref, chaque idéologie est avant tout le fruit des frustations de leurs auteurs respectifs puis le bouclier moral des hommes de pouvoir s’affirmant de leurs vertus.
Une solution, certes, mais uniquement en partie et certes pas définitive. Que d’ailleurs, les
thuriféraires dans leurs sillages n’hésitent pas à simplifier, orienter, exhalter. Puisqu’il est démontré par a+b que le téléphone arabe travaille, vous dit-on.

Par ces faits même, une idéologie devient très rapidement une idiologie. Et remarquons que le communisme n’a pas tué le christianisme, pas plus que l’écologisme ne tuera le libéralisme.
L’archéologue du dimanche arguera que les strates s’accumulent.
 
Il est notoire que chacune d’entre-elles exhalte une seule valeur jusqu’à sa perversion : liberté, amour, bonheur, intérêt commun, bien-être,etc. Bref, elles échouent de leur simplisme, puis de leur autoritarisme et finalement s’échouent dans la portion congrue qui leur revient.
 
D’après Harold James (http://www.project-syndicate.org/commentary/james35/French), il semblerait même que chaque crise économique récente (est-ce là à considérer une accélération idéologique ? Sans doute) signifie la mise en bière d’une idéologie économique :

- la fin de Keynésianisme en 1979 ;

- la planification soviétique en 1989 ;

- la fin du miracle asiatique en 1997 (n’empêche, il a bien survécu) ;

- la fin du libéralisme anglo-saxon en 2008 ;
 
Une cyclicité de 10 ans environ ponctue la chute de ces modèles dominants, si l’on accrédite sa thèse.
Donnons dès lors sur cette base 10 ans au Vernésyanisme (à proprement parler Keynésianisme écologique). Et bonne chance aux néo-idéologues pour la décade suivante.
 
Quoiqu’il en soit, l’accélération idéologique ne serait cacher la fragilité croissante de celles-ci pour imposer un ordre moral perenne.

Quoiqu’il en soit, il semble qu’il y est en économie un temps pour faire croire (la période de crise), un temps pour croire (la croissance), et un temps pour douter et reprendre la direction du vent fournis par les néo-idéologues (case départ, la crise).

Et chaque idéologie détient en son antre les germes de ses limites, dans son raisonnement et son champ d’action, et donc la fin de sa domination.

Dans cette tempête de mondialisme, d’écologisme, de décroissance, la réponse est peut-être
dans un conservatisme (non pas au sens Tatcherien) éclairé, ou plus fécond, dans des sciences floues et sciences humaines sachant gérer et accepter leurs limites et les manipulations dont de nombreux lobbies (y compris internes) ourdissent de biaiser les résultats.

En peu de mots, laissons le temps au temps.

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20 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 22 décembre 2009 11:26


    Ah, Fukuyama !
    Il n’a peur de rien, même pas de proférer une énormité comme, par exemple :
    « Dans le Capitalisme, l’ultime contradiction entre le capital et le travail, avec son corollaire, la lutte des classes, a été résolue » [ Pour un Nouvel Ordre Économique Français Équitable ! ].


    • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 12:21

      En l’ocurrence, les émetteurs idéologiques semblent de moins en moins désintéressés.
      Il ne s’agit pas seulement de résoudre des problèmes sociétaux (Hobbes, Marx) ou de renouveler les principes moraux (Moïse, Jésus-Christ, Bouddha, philosophie grecque), mais bel et bien, du fait de l’accélération du changement idéologique, d’en tirer reconnaissance de son vivant.

      Il est évident que les ayatollas appellent à bêler d’une même voix. Et lorsque le bêlement montre quelques couacs, ils en appellent à en changer l’intonation ou la tonalité, c’est selon.


    • UnGeko 22 décembre 2009 13:58

      Cet article et vos commentaires font penser à NKM qui cherche les nouveaux prophètes !


    • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 14:20

      Si vous aviez bien lu, je me moque déjà de ceux à venir, que j’appelle les néo-idéologues.


    • UnGeko 22 décembre 2009 14:49

      J’ai bien lu ! C’était une réflexion pour illustrer vos propos !

      Ceci dit je n’ai pas compris ce que vous voulez dire par « ...lobbies (y compris internes) ».. Internes à quoi ?

      Laissons le temps au temps ! La planète laissera-t-elle le temps à l’humanité de devenir adulte ?


    • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 15:09

      « ..lobies(y compris interne) »

      Je voulais dire à la science. La peur qu’un scientifique peut induire afin de faire financer ses travaux par exemple. Il devrait tout au plus procéder en attisant la curiosité.

      Après, je ne suis pas inquiet pour la planète, elle nous survivra.
      Je peux tout au plus m’inquiéter pour l’intégrité de la biosphère qui est nécessaire à la survie de l’espèce humaine.

      Et sans doute pour certaines espèces si charmantes ou pas, dont on a sans doute beaucoup plus à apprendre qu’à exterminer.


    • Marc Bruxman 22 décembre 2009 15:14

      L’auteur a le mérite d’avoir compris (contrairement à Fukuyama) qu’il faut une (ou plusieurs) idéologies pour tenir la population. Que cette idéologie soit la religion, le communisme, le libéralisme, la foi en la technologie ou l’écologie n’a aucune espèce d’importance. Il en faut au moins une. Et il faut que ces idéologies soient partagées par le plus grand monde dans la société.

      Une idéologie est forcément réductrice, c’est son but. Fournir une explication simple du monde (et donc réductrice) à la portée du premier benêt venu. Cette explication sépare le bien du mal, le moral de l’immoral et donne un but à atteindre aux gens.

      Et si ca va mal depuis les années 70, c’est que l’ensemble des idéologies qui tenaient le monde occidental ont basculées. L’église s’est discréditée dès le millieu des années 60, discredit apparu évident en 68. Le communisme a perdu en importance au cours des années 70, aura son chant du cygne en 1981 et descendra aux enfers en 1989. Au même moment, le mondialisme attaquera la fondation de la dernière institution restante : le nationalisme. Et si on parle tant d’identité nationale en ce moment c’est parce que plus personne ne sait ce que c’est.

      Les idéologies restantes comme la foi dans le libéralisme ou la foi en la technologie ne sont que partielles (elles ne fixent pas de référence au bien et au mal). Si elles peuvent inspirer, elles ne peuvent se suffire à elles seules. Et c’est pour cela que l’on a un rush vers l’écologie des politiques pour espérer remplir un grand vide.

      Un grand vide qu’ils ressentent comme très menacant car sans idéologie, la société va se transformer en battle royale financier et technologique. Actuellement, il ne reste plus qu’une seule idéologie qui tient un peu : Ce qui reste d’identité nationale. Mais il n’y en a plus pour très longtemps. Si l’écologie ou toute politique alternative ne parvient pas à justifier le pouvoir politique, on va vers une dislocation du pouvoir politique et vers un libéralisme sans aucune contrainte d’aucune sorte. La question est : Est ce que ce libéralisme parviendra à se trancender et offrir une justification morale à l’existence des hommes ? Rien n’est moins sur et pourtant rien n’est plus urgent. 


      • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 15:57

        "L’auteur a le mérite d’avoir compris (contrairement à Fukuyama) qu’il faut une (ou plusieurs) idéologies pour tenir la population.« 

        Non, aucunement. Après, je suis bien conscient que tout un chacun ne peut être expert dans les défis que connait une société au cours de son histoire, de son progrès je dirais. Et qu’il est plus facile pour tout un chacun de répéter à quoi doit ressembler l’avenir, que d’y penser.

        Oui, l’idéologie est quelque part l’ordre moral que l’on nous dessine, à quoi l’on nous destine. Je m’avouerais libéral, je préfère que les individus en décident, soit la base de la pyramide plus que le sommet. J’en espère moins de souffrance, de violence et d’absurdité. Au risque de plus d’éclectisme, tout au plus.

         »Que cette idéologie soit la religion, le communisme, le libéralisme, la foi en la technologie ou l’écologie n’a aucune espèce d’importance. Il en faut au moins une. Et il faut que ces idéologies soient partagées par le plus grand monde dans la société."

        Et pourquoi pas le credo en latin, puisque nous y sommes ?

        Tout les falloir qui ponctuent vos posts, Bruxman, ça comme à se voir...

        "Une idéologie est forcément réductrice, c’est son but. Fournir une explication simple du monde (et donc réductrice) à la portée du premier benêt venu. Cette explication sépare le bien du mal, le moral de l’immoral et donne un but à atteindre aux gens."

        Et force les individus à atteindre un but qui leur est imposé, je dirais.

        "Et si ca va mal depuis les années 70, c’est que l’ensemble des idéologies qui tenaient le monde occidental ont basculées. L’église s’est discréditée dès le millieu des années 60, discredit apparu évident en 68. Le communisme a perdu en importance au cours des années 70, aura son chant du cygne en 1981 et descendra aux enfers en 1989. Au même moment, le mondialisme attaquera la fondation de la dernière institution restante : le nationalisme. « 

        Retour aux anciennes valeurs, nationalisme, keynésianisme, plus éprouvées, plus chères dans les coeurs ? Peut-être. En paroles, du moins.

        Le nationalisme ne doit plus faire peur avec la bombinette, quoiqu’il en soit. La main d’Henry plus sûrement, ou certains nationalismes économiques.

         »Et si on parle tant d’identité nationale en ce moment c’est parce que plus personne ne sait ce que c’est."

        Et plus surement un peu de drague de la droite de la droite avant les régionales.

        "Les idéologies restantes comme la foi dans le libéralisme ou la foi en la technologie ne sont que partielles (elles ne fixent pas de référence au bien et au mal). Si elles peuvent inspirer, elles ne peuvent se suffire à elles seules. Et c’est pour cela que l’on a un rush vers l’écologie des politiques pour espérer remplir un grand vide."

        L’écologie est une question qui mérite d’être soulevé, les statistiques des disparitions à venir d’espèces m’effraient. Personne n’a entendu parler d’exterminationgate encore, parait-il.

        "Un grand vide qu’ils ressentent comme très menacant car sans idéologie, la société va se transformer en battle royale financier et technologique.« 

        Le philosophe reconnait souvent la nécessité de connaitre le vide, préambule à la réflexion. Le politique s’en prémunit. Rien de neuf sous le soleil. L’idéologieux remplacant le religieux.

        La France est laïque, il est temps qu’elle le devienne vis à vis des idéologies.

         »Actuellement, il ne reste plus qu’une seule idéologie qui tient un peu : Ce qui reste d’identité nationale. Mais il n’y en a plus pour très longtemps. Si l’écologie ou toute politique alternative ne parvient pas à justifier le pouvoir politique, on va vers une dislocation du pouvoir politique et vers un libéralisme sans aucune contrainte d’aucune sorte. La question est : Est ce que ce libéralisme parviendra à se trancender et offrir une justification morale à l’existence des hommes ? Rien n’est moins sur et pourtant rien n’est plus urgent. "

        Pour vous résumer, nous serions en train de faire appel à d’anciennes idéologies, qui ont été brisées par la mondialisation et les libéralismes thatchériens et reaganiens.

        Nous ne sommes plus très loin de la destruction créatrice idéologique, pour paraphraser Schumpeter.

        Mais non, décidément, les idéologies font trop de casse par rapport à ce qu’elles valent, et il serait temps, Bruxman, de mettre un bémol aux manipulations des sociétés dont vous venez ici vous-même faire l’aveu.


      • Marc Bruxman 22 décembre 2009 16:13

        "Pour vous résumer, nous serions en train de faire appel à d’anciennes idéologies, qui ont été brisées par la mondialisation et les libéralismes thatchériens et reaganiens.« 

        Plus que la mondialisation et le libéralisme c’est la technologie qui a tué ces vieilles idéologies. Comment croire à Jesus à l’heure de la télévision et d’Apollo ? L’aflux massif d’informations contradictoires dont internet est la dernière génération rend extrémement difficile le maintient d’idéologies et en particuliers de toutes nos vieilles idéologies.

         »Mais non, décidément, les idéologies font trop de casse par rapport à ce qu’elles valent, et il serait temps, Bruxman, de mettre un bémol aux manipulations des sociétés dont vous venez ici vous-même faire l’aveu."

        Trouvez moi le cas d’une société qui a survécu sans cela. Cela n’existe pas. Toutes les grandes puissances ont été sous la gouverne d’une idéologie qu’elle soit de nature religieuse ou autre. Si vous renoncez à cela, la notion de société cesse rapidement d’exister. Mais nous en reparlerons dans dix ans, car le XXIème siécle risque sur ce terrain d’être explosif.


      • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 17:16

        "Plus que la mondialisation et le libéralisme c’est la technologie qui a tué ces vieilles idéologies. Comment croire à Jesus à l’heure de la télévision et d’Apollo ?« 

        Excusez-moi, mais les télévangélistes y croient, eux, à Jésus, du moins le font croire.

        Certains croiraient que l’on n’est pas allé sur la Lune. M’enfin. De la croyance à la crédulité...

         »L’aflux massif d’informations contradictoires dont internet est la dernière génération rend extrémement difficile le maintient d’idéologies et en particuliers de toutes nos vieilles idéologies. "

        Intéressant. 

        J’arguerais que des sociétés plus complexes ont besoin de plusieurs idéologies, constituant une cosmogonie plus chamarrée et plus robuste, quoique contradictoire.

        Vous qui vantez l’innovation, vous devez vous réjouir de l’innovation idéologique, non ? Alors pourquoi encenser le bourrage de crane de la messe de 20h ? Autant laisser les petites têtes vierges, désidéologisés, et probablement plus fécondes, non ?

        "Mais non, décidément, les idéologies font trop de casse par rapport à ce qu’elles valent, et il serait temps, Bruxman, de mettre un bémol aux manipulations des sociétés dont vous venez ici vous-même faire l’aveu.« 

         »Trouvez moi le cas d’une société qui a survécu sans cela. Cela n’existe pas. Toutes les grandes puissances ont été sous la gouverne d’une idéologie qu’elle soit de nature religieuse ou autre. Si vous renoncez à cela, la notion de société cesse rapidement d’exister. Mais nous en reparlerons dans dix ans, car le XXIème siécle risque sur ce terrain d’être explosif."

        Elle ont d’autant brillé de par leur idéologie qu’elles ont également chu de par elles.

        Et des sociétés trop fortement idéologisées ont sombrés dans l’horreur (communisme, nazisme, polpotisme, je citerais également le capitalisme). Beaucoup dans l’histoire ont privilégié l’hégémonie de l’idéologie aux aspirations humaines.

        Parier sur un système de croyances reste un pari. Car il me semble qu’une croyance est justifiée par ce que l’on ignore, ou feint d’ignorer. Quoiqu’il en soit, elle exhalte plus la force que la raison, une fois de plus. Au moins, le darwiniste, titre dont je vous ai affublé prématurément dans un post récent, devrait miser sur la diversité idéologique afin d’assurer la survie civisationnelle, car tel est l’intention que vous faites prévaloir. Je privilégie l’observation de cette multiplicité d’un oeil modéré, voire de bovin, sinon de beauf, parti que je vante ici.

        Le fait que nos politiques utilisent les idéologies comme des kleenex, ça commence à être vulgaire, et peu crédible.

        C’est décevant, Bruxman, je voyais en vous une proie libérale, il s’avère que je le suis plus que vous, du moins sur ce sujet.

        Et méfiez-vous d’admirer la beauté des civilisations, elles ont commis les pires erreurs et horreurs.


      • Marc Bruxman 23 décembre 2009 01:44

        « Excusez-moi, mais les télévangélistes y croient, eux, à Jésus, du moins le font croire. »

        Et après l’émission du télévangéliste, la pub, et après le porno du samedi soir ! Que les télévangélistes, les scientologues ou autres utilisent la télé n’est pas le problème. Mais vous donnez vous même la bonne réponse après : 

        « Certains croiraient que l’on n’est pas allé sur la Lune. M’enfin. De la croyance à la crédulité... »

        Justement, votre remarque raccroche tout à fait au point précédent. Les gens gobent à peu près tout ce qu’on leur envoie, de la moindre théorie du complot au truc sérieux et se font un mix personnel de croyance à partir de la bouillie informative qu’on leur balance. Ce qui fait une telle gloubiboulga de croyance personelles que l’on n’arrives plus à s’entendre... 

        « J’arguerais que des sociétés plus complexes ont besoin de plusieurs idéologies, constituant une cosmogonie plus chamarrée et plus robuste, quoique contradictoire. »

        Je n’ai jamais dit le contraire si vous me relisez, il peut y en avoir plusieures et elles peuvent même être contradictoires sur certains points. 

        « Vous qui vantez l’innovation, vous devez vous réjouir de l’innovation idéologique, non ? Alors pourquoi encenser le bourrage de crane de la messe de 20h ? Autant laisser les petites têtes vierges, désidéologisés, et probablement plus fécondes, non ? »

        Vanter l’innovation est une idéologie en soit. En voici même la version Ayatollah : 

        Si vous croyez que le paradis sur terre peut être atteint par l’homme via l’innovation technologique, alors vous appartenez à une idéologie. 

        Vous croyez surement alors que la gouvernance du monde devrait se faire en fonction des seules compétences techniques, tout autre compétence étant inutile. 

        Dans un tel monde, la connaissance est le pouvoir. Et pour que la connaissance arrive chez les plus compétents, il importe qu’il n’y ait aucune barrière d’aucune sorte à sa circulation. Toute information doit être libre. 

        Si vous avez le pouvoir dans ce monde, vous n’aurez à respecter aucune convention sociale d’aucune sorte car vous aurez la connaissance technique en main. Vous pourrez arriver en jean a une réunion de businessmen, vous pourrez adopter un mode de vie excentrique, mais les gens vous respecterons car vous avez la connaissance et donc le pouvoir. 

        La carricature que je viens de faire, vous la trouverez en cherchant bien autour de vous. Un nombre de plus en plus important de personnes croient en ça, de façon plus ou moins extrémistes. 

        « C’est décevant, Bruxman, je voyais en vous une proie libérale, il s’avère que je le suis plus que vous, du moins sur ce sujet. »

        Le libéralisme n’est pas incompatible avec l’idéologie exprimée plus haut. Et c’est parce que cette idéologie d’élévement de l’homme par la technologie est de plus en plus dominante que l’on a le libéralisme économique. Il est d’une certaine façon une condition nécéssaire à une société technologique ou rien ni personne ne doit entraver la prise de pouvoir par ceux qui détiennent le savoir technique. 

        Regardez l’ascension de Microsoft, Google, Cisco, ... Des empires crées en seulement quelques années. Et plus que jamais le capital se bat pour investir dans l’innovation. Parce que c’est la nouvelle idéologie du moment...


      • Gandalf Tzecoatl 23 décembre 2009 11:08

        "Justement, votre remarque raccroche tout à fait au point précédent. Les gens gobent à peu près tout ce qu’on leur envoie, de la moindre théorie du complot au truc sérieux et se font un mix personnel de croyance à partir de la bouillie informative qu’on leur balance. Ce qui fait une telle gloubiboulga de croyance personelles que l’on n’arrives plus à s’entendre... "

        Et bien, les penseurs du XVIIème ont dès lors encore un bel avenir devant eux, puisque l’on a fini par écrire la Raison avec un grand R à cette époque, et encensé de façon concomittante la critique à la même époque.

        Oui, l’éclectisme que vous reprochez rend le consensus moins facile. Il n’empêche que cela reste lisible. 

        On ne s’y perd pas encore complètement entre développement durable, économie équitable, libertarianisme, minarchisme, anarcho-capitalisme, écologisme, sociétalisme, alter-mondialisme, décroissantisme, etc, etc.

        "Je n’ai jamais dit le contraire si vous me relisez, il peut y en avoir plusieures et elles peuvent même être contradictoires sur certains points. « 

        Les contradictions entre elles viennent des différences de finalité qu’elles poursuivent, et donc des heurts entre elles, il me semble. Et de leurs limites si elles confinent de trop à l’hégémonie, comme l’a bien souligné Marx pour le capitalisme.

        Bref, des idéologies raisonnées assurent certainement mieux leur pérénnité.

         »Vanter l’innovation est une idéologie en soit. En voici même la version Ayatollah : 

        Si vous croyez que le paradis sur terre peut être atteint par l’homme via l’innovation technologique, alors vous appartenez à une idéologie. 

        Vous croyez surement alors que la gouvernance du monde devrait se faire en fonction des seules compétences techniques, tout autre compétence étant inutile. 

        Dans un tel monde, la connaissance est le pouvoir. Et pour que la connaissance arrive chez les plus compétents, il importe qu’il n’y ait aucune barrière d’aucune sorte à sa circulation. Toute information doit être libre. 

        Si vous avez le pouvoir dans ce monde, vous n’aurez à respecter aucune convention sociale d’aucune sorte car vous aurez la connaissance technique en main. Vous pourrez arriver en jean a une réunion de businessmen, vous pourrez adopter un mode de vie excentrique, mais les gens vous respecterons car vous avez la connaissance et donc le pouvoir. 

        La carricature que je viens de faire, vous la trouverez en cherchant bien autour de vous. Un nombre de plus en plus important de personnes croient en ça, de façon plus ou moins extrémistes. « 

        C’est vrai, Bruxman. C’en est une. C’est la solution au chômage, à la crise, disent nos hommes politiques et économiques.

        Mais bon, on commence à la connaitre, car elle est surtout supplétive des limites de l’ultra-libéralisme, et l’écologie lui est opposée sur de nombreux points.

        Bref, les excès d’une idéologie sont corrigés par une autre, pas par elle-même.

         »Le libéralisme n’est pas incompatible avec l’idéologie exprimée plus haut. Et c’est parce que cette idéologie d’élévement de l’homme par la technologie est de plus en plus dominante que l’on a le libéralisme économique. Il est d’une certaine façon une condition nécéssaire à une société technologique ou rien ni personne ne doit entraver la prise de pouvoir par ceux qui détiennent le savoir technique. 

        Regardez l’ascension de Microsoft, Google, Cisco, ... Des empires crées en seulement quelques années. Et plus que jamais le capital se bat pour investir dans l’innovation. Parce que c’est la nouvelle idéologie du moment..."

        Rappel salvateur.

        Il est vrai que le pouvoir de fascination de la technologie ne donne pas énormément de voix au chapitre à ses laissez-pour-comptes, ou ses victimes. Et elles sont nombreuses : la singularité serait déjà un fait, sous des formes atténués, je dirais. Mais elle reste encore au stade où un individu privilégie l’exercice de sa fascination et soif de connaissance contre un peu de casse humaine. L’humaniste, qui privilégie le savoir, connait ce dilemne.

        Mais cette idéologie connait aussi les limites de ses excès (contradiction en terme marxiste), toujours la singularité que vous évoquiez plus haut.


      • Marc Bruxman 23 décembre 2009 16:23

        "Mais bon, on commence à la connaitre, car elle est surtout supplétive des limites de l’ultra-libéralisme, et l’écologie lui est opposée sur de nombreux points."

        Je n’aurais pas franchement opposé ces deux la a part si on les pousse toutes les deux en mode ayatollah.

        Bien sur, on peut soit pousser la technologie en mode ayatollah et dire que l’on se contrefout de la pollution tant que c’est efficace.

        On peut aussi pousser l’écologie en mode ayatollah et dire que la technologie est le problème et qu’il faut donc revenir en arrière.

        Ou on peut considérer que beaucoup de problèmes écologiques peuvent se résoudre par la technologie. La baisse de consommation des voitures est un exemple de succès de la technologie à diminuer son empreinte écologique. Et sur ce terrain, cela devrait continuer à progresser.

        « Bref, les excès d’une idéologie sont corrigés par une autre, pas par elle-même. »

        Je n’objectes pas ce point, bien au contraire ! Et je n’ai jamais proné dans ce thread une idéologie unique et une seule mais la possibilité pour un certain nombre d’entre elles d’atteindre la masse critique et de se compléter pour permettre la vie en société.

        "Rappel salvateur.

        Il est vrai que le pouvoir de fascination de la technologie ne donne pas énormément de voix au chapitre à ses laissez-pour-comptes, ou ses victimes. Et elles sont nombreuses : la singularité serait déjà un fait, sous des formes atténués, je dirais. Mais elle reste encore au stade où un individu privilégie l’exercice de sa fascination et soif de connaissance contre un peu de casse humaine. L’humaniste, qui privilégie le savoir, connait ce dilemne.« 

        Il en donne d’autant moins que les autres mécanisme de contrôle social ne la comprennent pas et sont donc mis devant le fait accompli avec un temps de retard. Souvenez vous de Chirac et internet ;) 

        Sa puissance en est aussi un des travers. J’ai souvent l’impression d’exercer le métier de sorcier. On m’appelle pour résoudre des problèmes de nature technique, mais celui qui fait appel à moi, souvent ne veut pas savoir ce qui se passe. Il veut juste que ca se passe. Il n’y a pas de raison ou quoi que ce soit la derrière.

        La ou le français a une connaissance de base de ce que contient une voiture, il n’a plus aucune connaissance en informatique. Il l’utilise pourtant tous les jours.

        Quand au problèmes des conséquences sociales (qui est réel), on ne peut que vous rejoindre en disant que cette idéologie ne peut se suffir à elle seule. Car si l’on accepte pour seul prérequis que le progrès technique va aémliorer la vie sur terre, alors, ses dégats collatéraux sont vu comme un mal pour un bien. Historiquement cela a été le cas. 

        Le problème comme vous dites est que l’on approche de la »singularité" c’est à dire le moment de l’histoire ou l’homme sera capable de créer des machines plus intelligentes que lui. On l’a déja fait dans de nombreux cas précis comme l’optimisation de tournées logistique. Mais lorsque ce point sera atteint dans la plupart des domaines, l’idéologie risque de se briser net. Car c’est à ce moment que les dégats collatéraux risquent de ne plus être un mal pour un bien comme cela a été le cas jusqu’à présent.

        "Mais cette idéologie connait aussi les limites de ses excès (contradiction en terme marxiste), toujours la singularité que vous évoquiez plus haut."

        Oui elle n’est en rien satisfaisante à elle seule. Sans cela le problème serait réglé à la vitesse ou les gens s’y convertissent en ce moment ;)


      • ddacoudre ddacoudre 22 décembre 2009 16:15

        bonjour tzecoalt

        excellent article, cela fait plaisir d’entendre quelqu’un dire qu’il n’y a pas de solution, sauf que ceci ne vaut que pour les « initiés ». pour autant l’homme ne peut pas survivre socialement sans espérance d’en trouver une, son existence est fondamentalement percuté par sa multitude qui « vicie » et annihile et restructure ses comportements innés au poins qu’il ne sait plus ce qu’est sa normalité animalière.
        cet espèce de personnage culturel se dit doué de raison et pourtant sans notion de bien et de mal se trouve perdu au point même d’inverser ce qui est bien en mal et vice versa, au fil de sa compréhension et de la découverte de l’animal qu’il est.

        pour autant là aussi il ne peut se soustraire à ses atavismes car ce n’est pas lui qui contient le monde dont il est un élément. s’il ressent le tout il n’en est qu’une partie il est comme je me plais à le dire un « Toutun ».

        nous suivons l’ordre des choses que nous constatons, l’environnement nous influence nous le modifions et il poursuit son influence avec les modifications intervenus. même le déterminisme économique sur des modèles mathématiques n’arrêtera pas ce processus, en l’état il l’amplifie. il n’y a pas plus de science, qu’il n’y a de vérité, mais il y a la capacité à comprendre, c’est delà qu’elles sont issus.

        les mathématiques sont comme les mots un langage qui permet de construire toute chose, n’ont de définir des vérités intangibles.

        les population sont dans l’ensemble « créationniste » la croyance en un dieu est rassurante, le Darwinisme c’est l’incertitude, c’est l’acceptation que notre environnement influence notre destin, or souvent m^me quand des hommes sont adeptes de l’évolutionnisme ils ont du mal d’accepter qu’ils le vivent en direct et aimerait bien que cet évolutionnisme s’arrête à eux.

        cordialement.


        • Gandalf Tzecoatl 22 décembre 2009 17:38

          Bonjour ddacoudre,

          Toujours un plaisir de vous lire également.

          Non, je ne dis pas qu’il n’y a pas de solution, les idéologies prétendent en apporter. Je dirais surtout qu’il faut raison garder vis à vis des solutions proposés par les idéologies, car ceux sont des solutions de l’ordre des sciences humaines, dont la vérité est discutable. Et que de cette incertitude, il ne faille pas sombrer dans une folie de croyances tentant de cacher les faiblesses d’une vérité qui n’est pas tangible à 100%, et qui ne peut pas l’être.

          N’est-il pas dit que l’ostantation de force n’est qu’une réaction afin de cacher certaines faiblesses ?

          Une société humaine ferait une grave erreur à sombrer dans le darwinisme social.

          Par exemple, prenons une population très conservatrice, où apparait un individu qui dispose d’une compétence très intéressante. Mais cette population étant trop conservatrice, celui-ci n’arrive pas à faire entendre sa différence ou à la faire, son avantage finit en handicap, il n’arrive pas à se reproduire et il disparait.

          A contrario, une population très ouverte, où apparait un dangeureux énergunème charismatique, peut mener l’ensemble de cette population à sa perte, ou proche d’elle.

          Bref, se référer au darwinisme comme projet de civilisation est bourré d’erreurs.
          La médecine n’est-elle pas la science qui, à partir d’un désavantage, permet de le transcender et d’en faire un avantage ? Bref, le darwinisme est vraiment l’argument de ceux qui ne veulent pas se casser la tête. Comment il les appelle, Bruxman, les benêts, les inutiles ?


        • ddacoudre ddacoudre 23 décembre 2009 11:37

          Re tzecoalt

           

          En disant qu’il n’y a pas de solution je voulais entendre solution ultime.

          J’ai écris un article qui je pense ne passera pas ou au travers d’une étude sur l’importance de la surpopulation et de l’espace disponible, nous pouvons nous trouver dans une situation sans solution où avec seulement des réorganisations permanentes.

          Cette étude démontre, que l’espace sécurisant est de nature à assurer la protection d’un individu, d’un groupe, il permet au dominant alpha de perpétuer son groupe, son espèce dans le cadre de son bagage instinctif. Par contre tous ceux qui sont soumis au stress de la concentration et de l’insécurité de l’espace perdent leur repère instinctif, et se lance dans une course poursuite sans fin. Quelque part nous sommes dans ce cas en permanence à la recherche d’une solution.

          Je pense que tu as assez d’esprit pour y trouver les éléments indicatifs de compréhension, qu’il me semble que tu détien déjà.

           

           

          Il y a des années que je connais cette étude, elle est de nature à permettre la réorganisation de la pensé pour comprendre certain de nos comportement. Peu connu du grand public elle doit être approché avec prudence pour ne pas lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Son but était d’établir le lien qu’il y a entre nos comportements et l’espace disponible. C’est grâce à cette étude que j’ai créé le néologisme « géohistorique » pour expliquer ce que j’ai déjà dit dans plusieurs articles que le territoire géographique à une incidence sur notre histoire.

           

          Que la foi et l’ordre rituel sont confondus, l’un vient d’une interrogation existentielle, l’autre de la nécessité de réguler le cloaque.

          L’autre étude sur le même sujet se déroule dans une colonie verticale. Suivant le résultat des lecteurs d’Ago j’apprécierais l’utilité de la produire.

           

          Mais cette ligne directrice mise en évidence entre l’espace protecteur et l’espace de circulation que nous connaissons sous le nom d’espace privé et espace public et toujours et sempiternellement l’objet d’opposition, c’est d’elle que naissent les notions d’étranger d’immigré et de racisme, c’est d’eux qu’on jailli les cultures. C’est le maître « déviant » de l’espace public qui veut en imposer au dominant de l’espace privé. Souvent ce qui me lise savent que j’utilise le terme de « dominants systèmiques » pour expliquer que ce n’est pas le dominant alpha qui commande aux peuples, mais le dominant Bêta, voire Oméga issus de l’obligation de nous réguler, sous une forme dictatoriale ou démocratique qui y accède grâce aux structures organisationnelles. Bonne lecture

           

          Dans un enclos divisé en quatre, on a installé une colonie de 80 rats ; chaque division contient de la nourriture, de l’eau et des abris en auteur : on a calculé que le nombre de 80 est le double du nombre d’une colonie normale et stable. Dispersés à peu prés également dans les quatre subdivisions, les rats se trouvent donc dans une situation de surpopulation.

           

          On a rassemblé des mâles et des femelles de même grosseur. Une bonne distribution de la population entraînait des groupes d’environ 20 individus par subdivision. Ces subdivisions se trouvent dans l’ordre 1-2-3-4. Les enclos 1 et 4 sont aux extrémités, ils sont moins accessibles que 2 et 3, puisqu’ils ne communiquent pas entre eux.

          Une observation faite à partir des quatre groupes de rats révéla qu’une minorité se conformait au comportement de la moyenne établie mathématiquement (un groupe contient au minimum 13 rats et au maximum 27). Un groupe était formé de moins de 13 individus et un dernier groupe de plus de 27 individus. L’équilibre des sexes était rompu ; certains groupes comptant beaucoup plus de mâles que de femelles, à causes de la lutte que se livrent les mâles pour l’établissement de leur statut social, cette lutte entre mâles étant chose normale. Toutefois, vu la configuration des lieux de l’expérience, les résultats de telles luttes sont particuliers. Il était en effet possible à un mâle d’exercer une domination absolue dans les enclos 1 et 4. Pendant la période des luttes, les rats inférieurs de tous les enclos avaient pris l’habitude de se lever plutôt pour pouvoir manger et dormir en paix. Ceux des enclos 1 et 4, au retour, retrouvaient sur leur unique passerelle d’accès, le mâle dominant. A la suite de deux ou trois tentatives, complètement vaincus, ils n’essayaient même plus de réintégrer les enclos 1 ou 4.

           

          Les enclos 1 et 4 sont rapidement passés sous la domination d’un rat alpha qui y a entretenu un harem. Ce rat, pour garder son statut, n’avait qu’à dormir au pied de la passerelle et à ouvrir un œil à l’approche d’un intrus. Quand il s’agissait des femelles de son propre enclos, il ne s’éveillait même pas. Celles-ci pouvaient aller et venir sans difficulté. L’allure calme et libre des mâles dominants tranchait sur le comportement des autres individus. Certains individus inférieurs, parmi les rats oméga, incapables d’avoir des relations sexuelles avec des femelles tenteront de monter l’un des rats dominants qui acceptera ces avances.

           

          C’est donc dans l’enclos 2 et 3 que vont se rassembler les individus bêtas et oméga, incapables de conserver une place dans les enclos 1 et4. C’est dans ces derniers enclos (1 et 4) que la densité de la population est la plus faible, le taux de mortalité des jeunes et des femelles y est aussi très bas. Les femelles de ces deux enclos font, en général, d’excellentes mères, construisent leurs nids normalement, s’occupent de leurs petits et les protègent… Le taux de survie est plus élevé. Quant aux enclos 2 et 3, ils sont caractérisés par une forte densité de population.

          On s’aperçoit alors que dans les enclos 2 et 3, il se forme ce que Calhoun appelle « des comportements cloaque ». Il s’agit d’une augmentation des comportements sociaux pathologiques principalement dus à l’accroissement de la densité de population.

           

          Parmi les facteurs qui encouragent la formation de tels « comportement de cloaque », il faut compter la nourriture. Si celle-là est présentée sous une forme difficile à prendre, il y a de bonnes chances pour que tous les rats mangent en même temps et, comme l’accès des enclos 2 et 3 est plus aisé, ils se retrouveront là en majorité pour manger. L’instinct grégaire pathologique se développe au point que les rats vont abandonner les sources d’approvisionnement 1 et 4 au profit des sources 2 et 3. Les contacts sociaux se multiplient, les ajustements nécessaires seront plus nombreux.

          Autre aspect du « comportement de cloaque », le comportement des femelles : les enclos 2 et 3 perdent rapidement l’habitude de construire un nid, ce qui normalement requiert une attention et une activité soutenues. Au début, elles cessent d’apporter le matériel nécessaire sur l’emplacement du nid. Leur instinct maternel sera ainsi amoindri. Elles ne transporteront pus leurs petits pour les préserver d’un danger quelconque. A la place, elles vont se disséminer un peu sur leur territoire ou encore, les abandonner quelque part où ils mourront et seront mangés par d’autres rats. Ajoutons que, durant les périodes de chaleur, une femelle en rut dans les enclos 2 et 3 est soumise à un très grand stress, dû entre autres au nombre considérable de mâles. Les conséquences habituelles du rite sexuel ayant disparu, elle sera poursuivie et on assistera à de véritables viols. Une femelle qui, d’ordinaire, peut se reposer quelques minutes dans son terrier, se verra incapable de tout repos car les mâles la suivront dans son terrier. Il n’est pas étonnant de voir monter alors le taux de mortalité des femelles, puisqu’en plus celles qui survivent conduiront rarement à terme une grossesse.

           

          Chez les mâles également, la surpopulation et le stress ont des effets particuliers. Dans les enclos 2 et 3, aucun rat n’a pu exercer une véritable domination. Celui qui aura atteint une position dominante se verra contraint de l’abandonner au profit d’un autre après un certain temps.

          Les rats les plus agressifs, qui étaient sans doute les plus normaux, présentaient pourtant des comportements pathologiques comme des attaques enragées (crises de rage) contre des femelles, des jeunes ou des mâles moins actifs, ou des morsures répétées à la queue des autres animaux. Ces rats sont des alphas malades.

           

          En dessous d’eux, il y a des bêtas, caractérisés en particulier par leur homosexualité (ou encore leur pan sexualité). Ils ne peuvent distinguer entre mâles et femelles et, chez ces dernières, ils semblent incapables de remarquer la période de chaleur. Les mâles alpha vont accepter les avances sexuelles des bêtas mais dans d’autres activités, ils les repousseront dans un état de subordination.

           

          On peu distinguer au cours de ces expériences deux autres types de mâles. Ils ont en commun d’avoir renoncé à la lutte pour la domination. Le premier type est représenté par des individus complètement passifs qui ont l’air de somnambules dans la colonie. Ils ne font aucun cas des autres rats, de quelque sexe qu’ils soient et cela même en période de chaleur. Leur apparence extérieure est normale. Ils sont gros, leur fourrure est lustrée. Ils ne portent pas de traces de blessures. En somme, ils ont l’air bien adaptés et pourtant leur désintégration sociale est presque complète. Le second type pourrait s’appeler les « aventuriers ». Cela sont les plus actif, même s’ils ne luttent pas pour la domination. Hyperactifs, ils sont aussi homosexuels et mangent parfois des individus de leur espèce. Tout ceci ne les empêche pas de se lancer à la poursuite des femelles sans tenir compte des rites sexuel normaux : approche, accouplement, repos. Ils poursuivent toutes les femelles sans répit sauf celles des enclos 1 et 4 qui réussissent, grâce au mâle dominant, à leur échapper. Dans les autres cas, les « aventuriers » poursuivent les femelles jusque dans leur nid ; là, il leur arrivera de tuer les portées qui malheureusement s’y trouvent.

          « La dimension cachée » par claire Barthélémy traite d’un ouvrage dan ce sens de d’Edward T. Hall

          L’ouvrage de 1966 d’Edward T. Hall, La dimension cachée, s’intéresse à l’espace social et personnel et à sa perception par l’homme. Pour lui les crises ethnique, urbaine, éducative sont très liées, car l’homme ignore sa dimension propre, culturelle, dont la plus grande partie est invisible. Il y a un façonnement réciproque de l’homme et de la culture. L’ouvrage est passionnant, il part d’une analyse de la distance chez les animaux pour développer les différentes perceptions de l’espace chez l’homme, pour bâtir une anthropologie de l’espace, modèle d’organisation basé sur une bonne connaissance des besoins selon les cultures sensorielles.

           


        • Isaac Abraham 23 décembre 2009 09:52

          Beaucoup de gens pour faire vite à faire avaler leur vérité à autrui font des raccourcis injustes.
          Pour évacuer toute équivoque, je ne partage en aucun cas les envolées à contenu idéologique des thèses de fukuyama.
          N’empêche que dans ce fatras d’écrits, il y’a du bon quant au contenu traitant de l’histoire des formes d’exercice du pouvoir politique, à savoir l’histoire des institutions politiques.
          l’architecture organisationnelle véritablement démocratique, du moins dans son versant conceptuel d’une société régie par les délibérations à la majorité du corps électoral composé égalitairement d’une personne en âge requis/une pleine voix, est un plein aboutissement au point de vue d’usage de la raison (dans un sens kantien) dans la prise en mains par la société de ses affaires publiques.D’ailleurs, c’était en quelque sorte le noyau de la thèse de hegel dans son ouvrage ; la raison dans l’histoire où il entrevoit une dynamique irrépressible de la société vers plus de libéralisation avec l’essor du capitalisme pour arriver à une ultime architecture organisationnelle de participation démocratique aux affaires publiques.
          La conception est une bonne chose mais sa concrétisation réelle est une affaire d’histoire de lutte de tous les membres sans distinction de la société vers cette aspiration d’une véritable prise en mains par la société de son destin.
          On voit bien que l’histoire tout court n’est pas finie ; bien au contraire, c’est aujourd’hui qu’elle se déroule sous nos yeux à travers toutes les luttes d’émancipation de toutes les franges de la société.
          On peut considérer l’expression de fukuyama, fin de l’histoire comme à connotation fausse s’agissant de l’histoire générale.
          Elle a un semblant de vérité s’agissant de l’histoire d’architecture institutionnelle du pouvoir, qui au moins conceptuellement dans la véritable démocratie est un pouvoir exercé par la société tout entière via son corps électoral ; donc pour l’instant l’ultime déstination dans ce registre et en accord avec la raison d’aujourd’hui.
          Cette situation est ouverte à toute advenue d’innovation institutionnelle qu’aujourd’hui nous n’en avons aucune idée. 


          • Peretz Peretz 23 décembre 2009 10:35

            Ceci me parait exact. A ceci près que Keynes a plus de chances de revenir en force que Marx. Je constate que toute idéologie est simplement une idée érigée en système, ce qui explique qu’elle ne dure que le temps de se rendre compte qu’elle entraîne des effets pervers impossible à surmonter. www.voixcitoyennes.fr


            • Gandalf Tzecoatl 23 décembre 2009 11:24

              Gare, gare, c’est peut-être un article d’ultra-laïcisme smiley


            • Gandalf Tzecoatl 24 décembre 2009 12:26

              A Bruxman, à ddacoudre, à tout ceux dont nos préoccupations sont un peu les même, Joyeux Noël

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