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Accueil du site > Actualités > Economie > De la dette publique française et du budget de l’Etat

De la dette publique française et du budget de l’Etat

Depuis 2009, le gouvernement et les médias nous servent tous les mêmes recettes : on se sert la ceinture et on paie ! Je pense que tout le monde a compris le message mais je ne suis pas sûr que tout le monde a compris le pourquoi du comment. Et si on nous mentait sciemment ? S'il existait d'autres solutions et qu'on ne voulait surtout pas en parler ?

Pour bien comprendre l'origine du problème, il nous faut revenir très loin (bon en fait pas tant), jusqu'à la signature traité de Lisbonne en 2007. Au-delà du blabla plein de bonnes intentions fleuries, le contenu pratique du traité consiste à sceller les doctrines néo-libérales au sein même de la zone euro. Je dis bien sceller car quand on voit la difficulté rencontrée pour faire signer ce traité à l'ensemble des pays membres, autant vous dire qu'une révision constitutionnelle n'est pas pour demain.

Ce traité consacre l'indépendance politique de la Banque Centrale Européenne (BCE) et lui confie ainsi un pouvoir digne des rois d'autrefois : la BCE n'a plus de compte à rendre à personne, ni à la commission européenne, ni au parlement européen et encore moins aux états membres. Comme on peut le lire sur le site même de la BCE : "L’indépendance de la BCE est propice au maintien de la stabilité des prix, ainsi que le montrent de très nombreuses études théoriques et données empiriques sur l’indépendance de la banque centrale". Autant vous dire que ces études sont issues des disciples de Milton Friedman, l'économiste ultra-libéral américain qui conseillait Pinochet sur la manière d'appliquer la "stratégie du choc", et qu'on est déjà loin d'une détermination démocratique concernant la politique économique européenne. Ainsi cette "indépendance politique" est de fait un deni de démocratie : on refuse au peuple européen et à ses représentants la liberté de choisir la politique économique de la zone euro. La zone euro est une zone capitaliste ultra-libérale, point final ! 

Revenons à notre traité et aux petits arrangements qui ont eu lieu depuis. Savez-vous qu'il interdit à la BCE de prêter aux états membres, et, cerise sur le gâteau, qu'il les oblige même à s'alimenter sur le fameux marché secondaire, celui où les banques privées prêtent aux états ? Là vous me direz, mouis peut-être et alors ? Alors le problème quand on y réfléchit bien, c'est que lorsqu'un pays demande un prêt de disons 100 Milliards d'euros afin par exemple d'aider ses banques privées à se recapitaliser, est-ce que vous pensez qu'il existe une seule banque capable de sortir autant d'argent d'un coup ? Non bien sûr, et pourtant les banques peuvent prêter plus qu'elles n'ont car pour cela, elles empruntent aussi ! Et comme le système est bien fait, ces banques empruntent auprès de la BCE, au fameux taux directeur qui oscille en ce moment autour de 1%, et ainsi prêtent aux états - après avoir pris soin de prendre leur marge - et on arrive à des taux de 3,7% par exemple pour la France.
Ce qui est drôle, si on veut boucler la boucle, c'est de se demander : Où la BCE a-t-elle trouvé ces fonds ? La réponse va vous faire rire (jaune) : chez les états membres via leurs banques centrales (ex. Banque de France...).

De fait, pour emprunter ces 100 Milliards d'euros, la France aurait payée 1% d'intérêt si elle avait obtenu le prêt directement de la BCE alors que là, pour disposer de la même somme d'argent, elle offre, et c'est vraiment un cadeau, aux banques privées 2,7% d'intérêt sur cette même somme. Il paraitrait que c'est pour compenser les risques (d'où l'influence des notes des agences de notation et le AAA utilisé pour fixer ce taux d'intérêt) mais bon, comme ce sont des entreprises privés, le but premier est quand même de faire des bénéfices.

Maintenant que ce fonctionnement vous semble clair, on va reprendre brièvement le budget de l'état Français (si vous voulez des détails rdv sur http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/?id=1998) : on est actuellement endetté à hauteur de 1 255 Milliards d'euros. Le budget de l'état est le suivant : 254 Milliards d'euros de recettes, 166 Milliards de charges pour fonctionner (payer tout et tout le monde), 169 Milliards pour intervenir (mesures exceptionnelles, remplacement de la taxe professionnelle, guerres, etc...) et 32 Milliards de charges financières. Sur ces 32 Milliards, 27,2 correspondent au service de la dette fixe, c'est-à-dire au remboursement des emprunts et paiement des intérêts auprès des banques privées. Si, je dis bien si, on supposait, dans un moment de folie, que le taux d'intérêt était réduit des 2/3, c'est-à-dire s'il passait de 2,7% à 1% par exemple. Alors, le service de la dette serait déduit d'autant et aussi incroyable que cela paraisse, on trouverait alors les 10 Milliards d'euros que cherche desespérement M. Sarkozy et M. Fillon jusque dans les caisses de la sécu et de l'éducation nationale !

Je suis d'accord que cela ne suffira pas à boucler le budget mais au moins, ça permettrait déjà de remettre les choses à leur place car je ne connais qu'un seul autre système qui fonctionne de la même manière, en volant à quelqu'un pour lui redonner avec un taux d'usure. Ce système, c'est la Mafia.

Aussi, juste avant de finir et car je ne voudrais laisser personne sur sa faim, je me permets de vous donner une petite piste au cas où l'un d'entre vous souhaiterait, par pur plaisir, essayer de boucler le budget de l'état français et ainsi trouver une sortie de crise. Essayez de voir peut-être du côté des cadeaux fiscaux accordés aux grandes entreprises du CAC 40. Ceux-là présentent la particularité d'être imposés aux alentours de 14% tandis que ma petite SARL, comme tout autre société, est elle imposée au taux de 33 %. A votre avis, ces 22% de recettes fiscales manquantes peuvent valoir combien ? Je vous donne quelques indices : bénéfice net avant impôt en 2010 de BNP Paribas = 7,8 Milliards d'euros, de la Société Générale = 3 Milliards d'euros, de L'Oréal = 2,3 Milliards d'euros ...

Merci pour votre attention et merci de me pardonner ce verbiage oiseux. Pour que rien ne change, votez Sarkozy/Hollande/Bayrou en 2012 ! Arbeit Macht Frei ! oups pardon, Travaillez plus pour gagner plus !
 


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14 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 15 décembre 2011 08:37

    En 1971 R. Nixon abandonne l’étalon or

    En 1973 V.G.D’Estain et G. Pompidou réforment la banque de France en lui interdisant toute possibilité d’avance au trésor, la banque de France perd alors son rôle de service public.

    En 1976 R. Barre décide que l’état payera les intérêts de sa dette au delà du taux d’inflation.

    En 1993, F. Mitterrand et J. Chirac en application du traité de Maastricht décident que l’état doit obligatoirement passer par les banques privées pour se financer : pour elles c’est le jackpot !

    Voir :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/05/07/creation-dargent-et-endettement-public/


    • yoananda 19 décembre 2011 02:34

      So what ?
      Rien ne t’empêche d’acheter des actions des banques privées et d’en profiter ...

      Le Jackpot est pour tout ceux qui le veulent.


      • Ramsos 15 décembre 2011 09:59

        En effet, la libéralisation de l’économie française a commencé bien plus tôt avec VGE et son ministre de l’économie Michel Rocard (lequel tire d’ailleurs à boulet rouge sur ses petits camarades de jeu alors qu’il est le principal instigateur, c’est gonflé mais ça a l’air de marcher en plus...). Bref,bref, si je ne suis pas remonté aussi loin dans le temps, et bien que je sois tout à fait d’accord avec vous, M. Gil, quant aux faits qui nous ont amené au bord de la rupture d’anévrisme, c’était afin de montrer que l’Europe marche sur la tête. Cependant, je reconnais que la situation était déjà similaire à la fin de l’ère du Franc. Merci encore pour ce complément d’information, cordialement,


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 15 décembre 2011 10:04

          Par Ramsos (xxx.xxx.xxx.127) 15 décembre 09:59

          « VGE et son ministre de l’économie Michel Rocard » ? ? ? ...


        • Ramsos 15 décembre 2011 10:15

          Pardon, pas Michel Rocard mais Raymond Barre, je pensais à autre chose et j’ai répondu trop vite


          • lloreen 15 décembre 2011 10:15

            Bientôt la fin de ce système mortifère ?Jugez-en à l’aide de ces documents.
            http://eso-news.blogspot.com/


              • Dornach Dornach 15 décembre 2011 10:46

                Bravo pour votre article !

                Les solutions à la crise :

                http://charlesdornach.wordpress.com/2011/11/05/la-crise-de-leurope/


                • 4A+++ 15 décembre 2011 11:32

                  Effectivement le système élaboré par l’Europe est pervers, et de multiples malfaçons existent dans ces différents traités Européens qui nuisent gravement aux développements des peuples.

                  Je vous invite à lire le petit livre de Jacques Génereux préfacé par Jean Luc Mélenchon, « Nous on peut ! » qu’il existe des moyens pour s’en sortir, il suffit d’appliquer de la volonté et de se battre au sein de l’Europe, et dans le pire des cas, s’il n’y a pas de solutions au sein de l’Europe en sortir (cas ultime).

                  Pour ma part seul Montebourg, Mélenchon, et Eva Jolie, sont capable d’apporter des solutions qui permettent de sortir l’Europe vers le haut, et de proposer des débats politiques interessants à la campagne des élections nationales.

                  Toutefois je crains fort que d’ici là, des événements importants vont se produire...


                  • Aldous Aldous 15 décembre 2011 12:26

                    Merci pour cet article Ramsos.

                    Vous avez raison de citer Arbeit Macht Frei !

                    Car nous vivons une situation semblable a celle de 1940 :

                    D’un coté la haute finance (la City et Wall Street), qui ne produit rien mais ponctionne la plus-value crée par l’industrie.

                    D’un autre l’industrie productiviste (Allemagne et Japon), qui produit la plus-value et qui a besoin pour ça d’une main d’œuvre docile et pas chère.

                    La ponctionnent financier extrême mène à Weimar, l’ordre industriel extrêmement à Auschwitz.

                    Aujourd’hui, pour survivre au fonctionnement de sa plus-value, l’industrie s’est exilée dans les pays qui lui offrent l’équivalent de la main-d’œuvre d’Auschwitz sans avoir à faire la guerre.

                    La haute finance se retrouve sans plus-value industrielle que du temps des 30 glorieuses à ponctionner et s’attaque désormais à l’état et au bien privé par la dette.

                     


                    • Dominique TONIN Dominique TONIN 15 décembre 2011 13:34

                      Une partie de la solution est là : www.lepf.fr&nbsp ;

                      il faut casser ce système usé et corrompu !


                        • yoananda 19 décembre 2011 02:36

                          Oui allez, on redonne tous en coeur le pouvoir de création monétaire aux états pour qu’il puissent financer la guerre mondiale et leur propagande à venir pour sauver leur face quand ils se révèlent incompétents.

                          Ha ... si seulement l’homme avait de la mémoire ...

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