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Accueil du site > Actualités > Economie > De la valeur d’une monnaie !

De la valeur d’une monnaie !

La monnaie est l'expression de la qualité de l'économie qu'elle irrigue et de la confiance qu'elle inspire à celles et ceux qui l'ont dans leur poche et sur leur compte bancaire, c'est-à-dire tout le monde : les pauvres comme les riches, les résidents comme les non-résidents.

Cela s'entend − à quelques exceptions près − dans un système de taux de change libres, flottants, c'est-à-dire non fixés par les pouvoirs politiques comme c'était le cas avant les accords de Kingston, qui le 8 janvier 1976 mirent fin définitivement au système monétaire international dit de Bretton Woods, basé sur l'or et le dollar (ici).

 
De fait, la confiance qu'inspire la monnaie réside très factuellement dans la stabilité de son pouvoir d'achat, c'est-à-dire dans un signe monétaire qui conserve sa valeur intrinsèque dans le temps et dans l'espace, quelles que soient les perturbations nationales ou internationales qui l'environnent. En fait, c'est une monnaie qui n'est pas rongée par l'inflation. Car l'inflation est un mal ou un bien qui, notamment :
 
- pour le mal, appauvrit les pauvres, c'est-à-dire ceux qui n'ayant que leur salaire, souvent petit pour vivre, voient chaque semaine ou chaque mois − et pour certains pays, chaque jour − le prix des produits qu'ils consomment augmenter plus ou moins vite,
 
- pour le bien, enrichit les riches, voire aussi ceux sortis de la pauvreté, qui ont emprunté à taux fixe ou emprunteront demain de la même manière, et pourront alors rembourser leur(s) crédit(s) avec de la "monnaie de singe".
 
La confiance est quelque chose qui ne se décrète pas du haut d'une tribune, devant un micro ou une télévision comme certaines personnes − plus politiciennes que politiques − essaient de le faire croire. La confiance est effectivement quelque chose qui se mérite…
 
Dans un concert international largement perturbé par les crises : économique, sociale, financière, énergétique, alimentaire… ou guerrière, les monnaies de qualité sont toujours âprement recherchées.
 
Une monnaie recherchée symbolise une unité monétaire qui est conservée ou achetée sur les marchés internationaux plutôt que vendue. C'est la loi de l'offre et de la demande ! Une monnaie recherchée l'est, car l'agent économique qui la désire sait que l'ensemble des activités qu'elle sous-tend est non inflationniste et donc qu'elle conservera son pouvoir d'achat, voire même l'améliorera par rapport aux autres devises… plus faibles.
 
Il en est ainsi − dans les grandes lignes − des principaux déterminants de toute monnaie.
 
Alors, quand certains individus, qui parlant d'un pays dont la monnaie est encore recherchée sur les marchés, prétendent que les malheurs de ce pays sont dus précisément à sa monnaie, voire même à ceux qui la lui ont prêtée… ils insultent l'intelligence des personnes qui les écoutent.
 
Quand un pays, disposant d'une monnaie de qualité − à tord ou à raison, là n'est pas le sujet −, est plongé dans une crise, quelle qu'en soit l'origine, il doit, s'il est dirigé par des personnes responsables, chercher chez lui les causes structurelles de sa crise. Ces causes sont souvent d'ailleurs toujours les mêmes, notamment :
 
- la corruption. Ce fait est généralement d'autant plus fort que le pays aurait longtemps vécu sous une dictature, à moins qu'il ne le soit encore ;
- la falsification par le pouvoir politique de sa propre comptabilité nationale, souvent conjuguée à une mal-gouvernance endémique ;
- une économie souterraine importante et par construction non accessible aux prélèvements obligatoires ;
- des fraudes en tous genres et notamment celles qui empêchent les caisses de l'Etat de se remplir afin qu'il puisse assurer le minimum requis de l'Etat "encore" providence. Fraudes telles que : non déclaration de revenus, délocalisation fiscale, etc. ;
- le manque de compétitivité des industries du pays par rapport à celles des pays avec lequel il commerce ;
- une balance commerciale et une balance des paiements structurellement déficitaires,
- etc., etc.
 
Chaque de ces causes, quand elle est à grande échelle, peut à elle seule être à l'origine de la crise que traverse à un moment donné un pays. Alors, quand plusieurs d'entre elles coexistent en même temps, on image les dégâts ! Et dans ce cas, le pays doit se dire qu'heureusement, sa monnaie tient encore le coup !
 
La monnaie, quand elle est de qualité, n'a donc rien à voir avec les difficultés qu'un pays peut accumuler de toutes parts. Prétendre le contraire est une insulte au corps électoral, donc de la pure démagogie…

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13 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 23 juin 2011 10:53

    et pourquoi pas ne pas creer une monnaie alternative, comme certaines mannaie regionale lais au niveau national, voir l’idée ci-dessous :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/03/13/une-monnaie-alternative-le-franc/


    • kiouty 23 juin 2011 11:49

      La monnaie, quand elle est de qualité, n’a donc rien à voir avec les difficultés qu’un pays peut accumuler de toutes parts. Prétendre le contraire est une insulte au corps électoral, donc de la pure démagogie…

      Ben si, si la politique de la banque centrale est faite pour un euro fort, ce qui pénalise les exportations, malgré que l’euro soit soi-disant recherché sur les marchés, ça pénalise quand même les exportations, y a pas besoin de sortir de HEC pour se rendre compte de cela.


      • Aldous Aldous 23 juin 2011 12:20

        « La monnaie est l’expression de la qualité de l’économie qu’elle irrigue »

        Je ne suis pas allé plus loin.

        C’est une telle énormité.

        L’argent, en 2011, n’est ni plus ni moins, qu’un amoncellement de reconnaissances de dettes émises par les banques.

        On voit mal comment elles peuvent être l’expression de la qualité de l’économie à moins de croire que l’économie est toute financière...

        Or justement les liquidités représentent 50 fois les valeurs en bien de part le monde.

        L’argent est donc, avant tout, un instrument politique d’assujettissement des nations par les banquiers, sans aucun rapport avec la réalité économique, un noeud coulant au coup des peuples que les banquiers serrent ou desserrent en fonction de leurs interets.


        • Mor Aucon Mor Aucon 23 juin 2011 14:53

          Il me semble que vous dérivez vers le concept fallacieux, tel que présenté par la vidéo ronge-cervelle intitulée Zeigeist et ses séquelles ( Z2, Z3, ..., à la rambo ), d’argent-dette. Comment pouvez-vous nier que la qualité de la monnaie est une des mesures de la qualité de l’économie, de l’espace où l’on opère avec cette monnaie ?
          J’attendais de l’auteur, un technicien ( qui sait donc de quoi il parle, bien plus que nous tous réunis, en tout cas ), une inférence, ouvertement exprimée, vers la situation de l’euro attaqué aussi bien de manière politique ( mieux dit : politicarde, c’est à dire, profitons-en que dans le cochon tout est bon), que monétaire ( mieux dit : il vacille, est en danger, gagnons des sous ).
          Mais il reste assez neutre et c’est louable. Ce n’est tout de même pas une raison, pour lui répondre avec un argument bidon comme l’argent-dette.


        • Aldous Aldous 23 juin 2011 16:20

          Acceptons l’affirmation selon laquelle la monnaie est l’expression de la qualité de l’économie qu’elle irrigue.

          Dans le cas de l’Euro, de quelle économie parlez vous ?

          La grecque ? L’allemande ? L’islandaise ? la Polonaise ? La lituanienne ?

          Et pour le $ ?

          Le monde ? Les USA ? l’OTAN ? Le pétrole ?

          La monnaie est un reflet de la volonté des banques centrales qui manipulent les taux et les liquidité.

          Un moteur ne va pas plus ou moins vite à cause de l’huile.
          Mais sans huile il serre.

          La monnaie c’est l’huile de l’économie pas le carburant.


        • Mor Aucon Mor Aucon 23 juin 2011 23:26

          Pour suivre votre métaphore, la création monétaire entendue comme le reflet de la création de richesses dans un espace économique serait quoi, selon vous ? De l’essence, plus ou moins, oui. Du vinaigre aussi, quand la planche à billet est mise en route sans retenue. Avez-vous entendu parler de la rigidité de l’or comme monnaie ?
          Il ne faudrait peut-être pas tout confondre en mettant tous les mécanismes monétaires dans le même sac. Les histoires de retour à l’or sont des comptines à dormir debout. De même que la sortie de l’euro qui parait, pour certains, un discours raisonnable mais n’est que pure chimère irréalisable, heureusement d’ailleurs. Ces discours enveniment les esprits des gens les faisant réclamer des mesures qui, en cas d’être adoptées, iraient clairement contre leurs propres intérêts. Tout cela, plus ou moins habilement manipulé par bon nombre de politiques démagogues cherchant à deviner le sens du vent dans la rue, au lieu de pratiquer le discours clair au sujet de programmes à, au moins, moyen terme. Vous avez l’exemple de la Grèce. Si dès le début de 2010 des mesures énergiques, logiques et rationnelles avaient été adoptées, au lieu de louvoyer un oeil sur les intentions de votes et l’autre sur les compteurs de chacun son morceau du gâteau, l’Europe n’en serait peut-être pas là où elle en est, aujourd’hui. Le pire est que cela continue.


        • Aldous Aldous 24 juin 2011 10:18

          Relisez vous : vous démontez tout seul votre argument de la monnaie « expression de la qualité de l’économie »

          Si la monnaie change de nature (et devient du vinaigre, c’est à dire toxique) selon qu’on fait marcher la planche à billets ou non alors ce n’est pas un indicateur fiable de la qualité de l’économie.

          Tout juste est-ce un indicateur du degré néfaste de la politique économique ce qui est autre chose.

          Les carburants de l’économie sont l’innovation technique (sous condition) et les ressources énergétiques (principalement le pétrole).

          La monnaie moderne est une « avance sur recettes ».

          C’est une montagne de reconnaissances de dettes émises par les banques en prévision d’une création de valeur future que l’investissement est prié de générer afin de permettre de pays l’usure.

          En conséquence, la création de monnaie anticipe la création de valeur.

          Elle ne peut donc pas être un indicateur. Juste un prédicateur.

          Mais les prédications sont parfois fausses.


        • Mor Aucon Mor Aucon 24 juin 2011 23:44

          Non, Monsieur, vous ne démontrez que le fait que vous vous laissez tromper par des propagandes intéressées et pas très futée.

          Une qualité est une propriété qui peut être bonne ou mauvaise. Quand l’émission monétaire folle de Mugabe provoqua un taux d’inflation de 100.000 %, elle reflétait très exactement la qualité de l’économie du Zimbabwe : nulle, morte. C’est très exactement ce que vous explique l’auteur en disant qu’une monnaie stable et à forte demande, reflète une économie en bon état, malgré tout les problèmes qu’on veut lui voir et aussi ceux qu’elle a réellement.

          Profitant du Zimbabwe, vous dire que c’est l’exemple parfait du pourquoi le gouvernement ne peut contrôler la planche à billet et de la nécessité qu’une banque centrale soit autonome.

          D’autre part, la monnaie n’est pas émise par les banques. celles-ci créent une partie de la masse monétaire par le biais du système fractionnaire de réserve.Sans cette croissance de la masse monétaire comment tourneraient les biens dans une économie en croissance, dites-moi ?
          Vous confondez la spéculation qui rogne des centimes de partout en millisecondes grâce au marché continu, les opérations au bord de la légalité comme le camouflage d’actifs pourris et d’autres carrément délinquantes avec le rôle de la banque dans l’économie qui est vital quand il est sainement tenu. Sans financement que faites-vous ? Vous attendez vingt ans pour acheter un bien comme une maison, 4 pour une voiture, 30 pour monter une entreprise malgré que vous ayez une idée géniale,etc.. ?
          Il y a une large différence entre vouloir contrôler la finance et vouloir la faire disparaître ? C’est absurde, ce raisonnement qui fleurit partout. Ça peut se comprendre mais il faut voir la réalité au lieu de croire aux fantasmes. D’ailleurs je vous conseille de chercher qui est à la source de ce genre de théories. Vous allez avoir des surprise et pas des moindres. 


        • lolo 23 juin 2011 16:57

          « La monnaie, quand elle est de qualité, n’a donc rien à voir avec les difficultés qu’un pays peut accumuler de toutes parts »

          N’importe quoi. Cette phrase serait vraie dans un monde ou il existe une monnaie universelle, invariable, et dont personne ne contrôle le volume (volume monnétaire fixe).

          Hors on est dans un système de change flottant, avec des monnaires qui varient les une par rapports aux autres en fonction de l’offre/demande...et des rumeurs et autres coups tordus dont les spéculateurs ont le secret. Et pour couronner le tout, la monnaie de référence, le dollar, est contrôlée par un seul pays qui a la salle manie d’utiliser la planche à billet à outrance. Enfin, d’autres pays comme la Chine sous évaluent arbitraiement leur monnaie pour avoir un avantage à l’exportation (et récupérer du savoir-faire, et çà c’est de la vraie richesse).

          « … ils insultent l’intelligence des personnes qui les écoutent. »

          Désolé, là c’est vous qui insultez la notre d’intelligence, ainsi que celles des pays comme la Grèce, Portugal, Espagne qui ont perdu toute leur industrie grace à l’euro.



           


          • Digger 23 juin 2011 19:21

            « De fait, la confiance qu’inspire la monnaie réside très factuellement dans la stabilité de son pouvoir d’achat »

            "La confiance est quelque chose qui ne se décrète pas du haut d’une tribune, devant un micro ou une télévision comme certaines personnes − plus politiciennes que politiques − essaient de le faire croire. La confiance est effectivement quelque chose qui se mérite…"

            C’est à mourir de rire. Je vais plusser l’article pour la peine (non je plaisante).

            La monnaie des U.S.A. ne vaut tellement plus rien (http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-etats-unis-vont-faire-chauffer-la-planche-a-billets_241964.html&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ;&nbsp ; http://www.moneyweek.fr/20110453614/actualites/actu-economie/chine-dollars-xiaochuan-bernanke/) que la confiance qu’elle inspire réside....... dans les porte-avions.


            • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 23 juin 2011 21:25


              L’argent dette est une abomination.

              Les réserves fractionnées sont une énorme escroquerie... légale.

              Le prochain bank run mettra tout le monde d’accord.


              • Le péripate Le péripate 24 juin 2011 08:50

                Nicolas d’Oresme avait déjà en son temps établit que la monnaie n’appartenait pas au Prince, mais était un bien collectif, aujourd’hui on dirait crée par le marché.
                L’expérience étatique sur la monnaie débutée avec les deux guerres mondiales et qui s’est achevé avec l’interdiction de la convertibilité or et la création de l’Euro aura une fin, c’est certain.

                Les monnaies privées et décentralisées comme Bitcoin auront raison, et en douceur, des substituts de monnaie monopolistiques. Mauvaises nouvelles pour les banquiers et pour le fisc.


                • minidou 24 juin 2011 11:32

                  Faire une equivalence entre « bien collectif » et « créé par le marché », n’est pas exempt de présupposés idéologiques...C’est loin d’être une évidence et cela ne résiste manifestement pas à l’épreuve des faits (voir l’écroulement du « taux de change » du BitCoin)...
                  Présenter l’ultra libéralisme comme une vérité scientifique est pour le moins malhonnête...

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