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Accueil du site > Actualités > Economie > De plus en plus d’insécurité économique dans le monde. (...)

De plus en plus d’insécurité économique dans le monde. L’exemple de l’Amérique latine

Avant la crise financière, l’économie mondiale a connu presque 15 ans de croissance sans discontinuer. Pourtant, cette croissance a été très inégale. En fait pour une majorité de populations, l’insécurité économique, due au chômage, au travail saisonnier et à la concurrence salariale n’a fait qu’augmenter. Les économistes commencent à se rendre compte que les gains de productivité et l’internationalisation des entreprises ont transféré des sommes considérables vers le patrimoine des plus riches, au détriment des salaires de la classe moyenne et des populations les plus pauvres. L’Amérique latine en est un exemple criant.

Au cours de la décennie 1990, le revenu par habitant en Amérique Latine a augmenté plus rapidement (2 % / an en moyenne) que durant la décennie 1980 où la crise de la dette avait engendré une récession. Mais ce taux de croissance reste inférieur à ce qu’il était avant 1980. Selon une enquête réalisée dans 14 pays et publiée par le Wall Street Journal, les latino-américains sont devenus plus pessimistes quant à l’avenir. Ils étaient moins nombreux, à la date de l’enquête, à penser que leurs enfants vivraient mieux qu’eux.

Les années 1990 ont été en Amérique Latine celles de la mise en œuvre des thèses libérales impulsées par les bailleurs de fonds. Dès 2001, Dani Rodrik, professeur d’économie à Harvard, écrivait que l’insécurité économique qui en a résulté menaçait « l’acceptabilité politique des réformes visant à poursuivre l’ouverture des marchés ». L’enquête déjà citée a fait remonter que la très large majorité des personnes interrogées, quels que soient leur âge et leur classe sociale, était favorable à une augmentation des dépenses de sécurité sociale. Trois facteurs sont la cause de cette plus grande insécurité économique :
- d’abord la récession causée par les politiques d’ajustement de la période 1980-90, qui ont affaibli les systèmes de sécurité sociale ;
- ensuite les mouvements « erratiques » de capitaux qui ont provoqué ou renforcé la volatilité macroéconomique ;
- enfin l’inadéquation de la réponse apportée par les institutions sociales et politiques aux attentes de la population.

La réalité de l’insécurité économique

Dans les années 1980, la baisse des revenus réels est de l’ordre de 20 %, avec des extrêmes au Brésil (-10 %) et au Pérou (-30%). Le revenu par habitant au Mexique, au Pérou et au Venezuela était en 1997 inférieur à celui de 1981. Les statistiques établies par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour 7 pays au cours de la décennie 1990 montrent que partout, la proportion d’emplois « non protégés » a augmenté. La très grande majorité des nouveaux emplois apparaissent dans l’économie informelle. Le niveau de syndicalisation a diminué partout, sauf au Chili.

Dani Rodrik a calculé un indicateur d’ « Insécurité Economique à Long Terme », défini comme la probabilité, exprimée en %, que le revenu par habitant baisse de 5 % au cours d’une année. Le calcul montre que cette probabilité était de 3 % dans les années 1960 et 4,6 % dans les années 1970. Elle monte à 23,3 % dans les années 1980, et redescend à 8 % dans les années 1990. Cette dernière valeur de l’indicateur d’insécurité économique à long terme montre que l’insécurité économique des années 1990 s’était maintenue à peu près au double de celle de la période 1960 – 1980, ce qui justifie le sentiment d’insécurité des populations exprimé dans l’enquête du Wall Street Journal.

L’insécurité économique est ainsi bien réelle ; ce n’est pas seulement un ressenti de la population.

Des politiques inadaptées pour faire face à la récession des années 1980

Rodrik fait un comparatif entre la réaction des gouvernements des pays d’Amérique latine à la récession des années 1980, et celle du gouvernement des Etats-Unis à la grande dépression des années 1930. Il observe que le rebond de l’Amérique latine a été plus lent que celui des USA. Dans les deux cas, la crise a fait perdre à la classe moyenne sa confiance dans le système privé d’assurance des risques sur le marché du travail. La protection sociale est devenu une préoccupation première, et les classes moyennes ont recherché la solidarité plutôt que de rester dans l’individualisme.

Aux Etats-Unis, le gouvernement de Roosevelt avait réagi à la dépression par des innovations majeures qui ont renforcé le rôle du gouvernement dans l’économie : grands travaux, sécurité sociale, allocations chômage, nationalisations, renforcement du rôle des syndicats.

La réaction de l’Amérique latine à la récession des années 1980 a été totalement différente. Après la crise de la dette causée par des Etats impécunieux, « les gouvernements étaient considérés plutôt comme un problème que comme une solution ». L’idée admise, qu’on a appelé le "consensus de Washington" était qu’il fallait restreindre le contrôle de l’Etat (privatisations) et accroître la liberté des marchés de biens, de services et de capitaux.

Ainsi, contrairement aux Etats-Unis lors de la grande dépression, l’Amérique latine a réduit la protection sociale alors que les risques pour les travailleurs augmentaient fortement.

La volatilité macroéconomique

En Amérique latine, la volatilité des revenus des ménages lors de variations de la production intérieure, est deux fois plus élevée que dans les pays industrialisés. Elle est illustrée par des études qui montrent que

Au Mexique, au Pérou et au Venezuela, la volatilité des salaires réels a augmenté, le Chili étant une nouvelle fois une exception. Cette comparaison est effectuée entre les décennies 1980 et 1990. Plusieurs facteurs ont renforcé la volatilité macroéconomique : ce sont l’instabilité de la balance des échanges, les mouvements de capitaux et enfin, les politiques monétaires qu’il qualifie d’ « erratiques ». Les flux – entrée ou sortie – de capitaux réagissent à des « chocs » macroéconomiques. L’inversion du sens de ces flux est une cause de renforcement de ces chocs, et donc de la volatilité.

Rodrik juge que les politiques monétaires n’étaient pas adaptées à la situation et que l’arme du taux de change a été mal utilisée. Lorsque les termes de l’échange se dégradent, la baisse de la valeur de la monnaie permet d’éviter un ajustement des prix internes qui demande du temps pour parvenir à modifier les données macroéconomiques, et qui est douloureux pour les populations. Dans le cas de l’Amérique latine, « plutôt que de laisser le taux de change nominal se déprécier suffisamment pour doper l’économie réelle, on a préféré restreindre les conditions monétaires afin d’empêcher toute dépréciation ». Sous l’influence des entrées de capitaux, l’évolution du taux de change était à l’opposé de ce qu’aurait requis la situation économique : on a pu observer une appréciation du taux de change quand les termes de l’échange se dégradaient ! La compétitivité des produits des pays de la zone se dégradait encore plus et accentuait le déséquilibre de la balance des échanges. Les pays entraient ainsi dans une spirale infernale dans laquelle les flux de capitaux réduisaient la compétitivité, et donc les termes de l’échange, accroissant la volatilité des données macroéconomiques et par conséquent la volatilité des revenus, face à laquelle le filet de sécurité de la protection sociale n’était plus opérant.

La faiblesse des institutions participatives

Plus forte est la participation politique des populations, plus faible est la volatilité du PNB et le niveau de l’inflation : « ce sont les sociétés politiquement les plus ouvertes, et où la participation des citoyens est la plus forte qui s’adaptent le mieux aux chocs externes », écrit Rodrik. La démocratie n’est pas seulement le moyen de choisir des dirigeants politiques ou d’en changer quand ils ont échoué. Elle permet aussi d’expliquer aux populations la situation dans laquelle le pays se trouve et les solutions que proposent les politiques pour améliorer cette situation, et de parvenir ainsi à dégager un consensus.

En Amérique latine, malgré la transition démocratique qui a permis d’en terminer avec les régimes autoritaires, les institutions participatives restent faibles. Les syndicats devraient jouer un rôle important d’expression, de pression sur la sphère politique et de participation à certaines décisions, mais ils se sont affaiblis dans tous les pays (à l’exception du Chili). Le taux de syndicalisation est tombé de 48,7 % (1986) à 25,4 % (1995) en Argentine, de 54 % (1989) à 31 % (1991) au Mexique, de 25,9 % (1988) à 14,9 % (1995) au Venezuela, de 11,2 % (1985) à 7 % (1995) en Colombie.

Pour expliquer cette baisse, il faut se souvenir qu’avant 1980, les syndicats avaient été très largement associés à la politique populiste et protectionniste des gouvernements. La faiblesse des syndicats est dommageable pour la société latino-américaine, car la participation des travailleurs au système économique et social dans lequel ils évoluent est nécessaire, et c’est une des raisons d’être des syndicats que de parvenir à susciter et organiser cette participation.

De plus au moment où les gouvernements auraient dû mettre tout leur poids pour protéger les citoyens des conséquences de la récession, la classe politique était fortement déconsidérée, avec des accusations de corruption des hommes politiques, de clientélisme des partis, et des institutions – parlement, présidence – souvent considérées comme inefficaces. La désaffection des citoyens a aussi été nourrie par des à-coups politiques dans certains pays – gouvernement par décret, mutineries, « coups » présidentiels – lesquels heureusement ne sont pas allé jusqu’à la restauration de dictatures dont la région s’était difficilement débarrassé. Selon une enquête du Latinobarómetro , seul un latino-américain sur deux serait un démocrate convaincu et jugerait la démocratie préférable à toute autre forme de gouvernement. Une fois de plus le Chili – où les conditions de vie des citoyens se sont améliorées dans les années 1990 et où n’a pas sévit la volatilité évoquée plus haut – fait figure d’exception. Sans doute l’arrivée au pouvoir de la « concertation » de centre-gauche y a-t-elle contribué après la fin de l’ère Pinochet. Dans une enquête réalisée en 1997, plus de 80 % des employeurs chiliens considéraient que les syndicats contribuent à l’instauration de bonnes relations de travail, tandis que 65 % des responsables syndicaux jugeaient que les employeurs facilitent l’exercice de leur rôle pour les syndicats.

Une insécurité économique qui se maintient à un niveau élevé

L’insécurité économique s’est maintenue a un niveau relativement élevé à la fin des années 1990 en Amérique Latine. L’insécurité économique est la conséquence de la moindre protection de l’emploi et de la volatilité des revenus des ménages, alors que la faiblesse des institutions publiques et sociales a empêché de mettre en place les programmes de protection sociale permettant de réduire les conséquences des situations de chômage subies par la population.

Pour réduire l’insécurité économique, trois conditions doivent être réunies :
- 1) l’instauration de programmes de protection sociale ;
- 2) des politiques macroéconomiques permettant de stabiliser l’économie « réelle » par une réduction de l’influence des marchés financiers ;
- 3) des institutions politiques et sociales plus légitimes et représentatives.

L’Amérique latine cumule deux handicaps très forts : les inégalités sociales les plus fortes du monde et une trop grande volatilité de l’environnement économique. Si le véritable enjeu – réduire les tensions entre les forces du marché et le besoin de sécurité économique – est enfin exprimé, ce qui est une bonne chose, la mauvaise c’est que ni les économistes, ni personne ne sait encore quelles solutions permettraient de faire face à cet enjeu.

Pour en savoir plus : Rodrik Andi, (2008), Nations et mondialisation, Editions La Découverte, Paris


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9 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 10 décembre 2008 10:54

    Il est difficile et incertain de mesurer des facteurs sociaux avec des ratios et des pourcentages.

    Par exemple, le paragraphe sur la monnaie « Lorsque les termes de l’échange se dégradent, la baisse de la valeur de la monnaie permet d’éviter un ajustement des prix internes qui demande du temps pour parvenir à modifier les données macroéconomiques, et qui est douloureux pour les populations... » fait complètement abstraction d’un phénomène beaucoup plus présent en Amérique Latine qu’au USA et qui s’appelle la démagogie. Cela n’a pas beaucoup de sens de faire des comparaisons entre l’amérique du sud et celle du nord en faisant totalement abstraction des personnes qui y habitent, en s’imaginant que tout le monde est interchangeable dans une parfaite égalité des moeurs, des capacités individuelles et des comportements.

    Par exemple au Vénézuéla la chute du niveau de vie vient paradoxalement du boom pétrolier. Le premier président à faire s’écrouler la monnaie est Carlos Andres Perez. Pour être élu, les politiques promettent monts et merveilles, disent qu’avec eux le peuple va enfin jouïr de la manne pétrolière (bien insuffisante en PIB/habitant pour changer quoi que soit), qu’on va distribuer de l’argent aux mères de familles, goudronner les pistes et les venelles, contruire unr éseau de vois ferrées, Distribuer des terres agricoles avec tracteurs, maisons, clôtures et semences, apporter une vraie sécurité-sociale au peuple souverain etc, etc, etc. Un fois au pouvoir les ressources dont ils disposent sont nettement insuffisantes et la planche à billet leur permet de faire illusion un certain temps. Ceci n’a rien à voir avec « ... les termes de l’échange... » On perd ses idées dans cette vue mondialiste. Il faut cesser de croire que l’économie d’un pays n’est conditionnée que et seulement que par son commerce international. C’est faux et c’est nocif de ne baser sa réflexion que sur le commerce international.



    • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 10 décembre 2008 15:15

      « Lorsque les termes de l’échange se dégradent, la baisse de la valeur de la monnaie permet d’éviter un ajustement des prix internes qui demande du temps pour parvenir à modifier les données macroéconomiques, et qui est douloureux pour les populations... »

      L’intérêt de l’économie n’est pas de donner une explication à tout ce qui se passe dans le monde. C’est une grille de lecture qui part d’une description standard du comportement des agents économiques, qu’ils habitent au nord ou au sud, qu’ils soient éduqués ou non, qu’ils appartiennent à une culture dominante ou marginale. Cette grille permet de mesurer les paramètres qui font varier la production de richesses, les investissements, les flux, etc. Le commerce international est un de ces facteurs. Ce n’est qu’ensuite que l’on cherche des explications dans les domaines sociologiques ou politiques, comme vous le faites.

      L’intérêt que j’ai trouvé à la thèse de Dani Rodrick, c’est qu’il a démontré la réalité de l’insécurité économique en se basant uniquement sur des paramètres de l’économie. Cela ne ferme pas la discussion, et vous avez vu qu’il stigmatise comme vous la faiblesse des institutions politiques (ici celles de l’Amérique Latine), qui est l’un des facteurs qui cause ou renforce l’insécurité économique. L’exemple du Venezula que vous citez en est une illustration parfaite. De plus, ce pays subit en plein la "maladie hollandaise" (dutch desease), qui frappe les pays qui ont d’importantes ressources naturelles : le pétrole rapporte beaucoup d’argent sans trop se fatiguer, alors on ne fait plus d’effort pour l’agriculture ou pour créer des PME. Le Venezuela se prépare des lendemains bien difficiles.


    • JL JL 10 décembre 2008 10:55

      Merci pour ces informations.

      Les médias occidentaux nous préparent à un exode de un milliards de migrants pour causes disent-ils, de réchauffement climatique. Outre que le terme réchauffement climatique a une connotation positive pour les gens du Nord que nous sommes, ne croyez-vous pas que cet exode sera dû aux famines que l’on peut déjà prévoir ?

      Madagascar : la Corée du Sud acquiert des terres gratuitement "La chute du cours des céréales sur les marchés mondiaux n’a pas stoppé la course aux terres agricoles par les pays qui en manquent. La Corée du Sud, par le biais d’une filiale du conglomérat Daewoo, vient ainsi de conclure avec Madagascar un accord pour louer, pendant 99 ans, 1,3 million d’hectares dans la Grande Ile."

      " 

      http://www.malango-actualite.com/article-madagascar__la_coree_du_sud_acquiert_des_terres_gratuitement-4282.htm

      Face à cette recherche effrénée de terres arables l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié récemment un document mettant en garde contre les risques de "néocolonialisme". Sa mise en garde n’a guère été écoutée."

      http://www.madaplus.fr/madagascar_conclut_une_location_de_13_million_d_hect ares_de_terre_avec_la_coree_du_sud_pour_99_ans-infoplus-2-340-gasy.html


      • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 10 décembre 2008 14:44

        Intéressante, cette information sur Madagascar. Les coréens vont réussir une très bonne affaire, sachant que les chinois font la même chose sur le continent africain.

        L’exode dont vous parlez a déjà commencé. Nous n’avons pas le droit de faire des statistiques ethniques en France, mais il est probable que un cinquième de la population -naturalisée ou non, légale ou illégale - du pays soit originaire du sud de la Méditerranée. Le réchauffement climatique, le manque d’eau, la rareté des terres, la corruption, l’incompétence des gouvernements, tout cela, qui provoque des famines ou au minimum une insuffisance alimentaire, va accélérer le mouvement.

        Voir http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44109


      • NO-Future 10 décembre 2008 11:16

        Les grands experts nous ont vendu les mérites de la mondialisation pour la prospérité de tous et la réduction de la pauvreté.

        Maintenant les grands experts nous disent qu’on s’est trompé, que la mondialisation crée de l’insécurité.

        Il n’y a que deux possibilités :

        - soit ils sont incompétents,

        - soit ils sont au service des politiques et des classes dominantes.

        Y a-t-il quelqu’un pour nous dire laquelle de ces deux possibilités est la bonne ?


        • JL JL 10 décembre 2008 12:10

          No-Future, mais les deux évidemment : ils sont compétents pour appliquer les politiques qu’attendent d’eux ceux qui les ont fait élire, ceux qui possèdent les grands médias. On appelle ça le PPA, le parti de la Presse et de l’argent.


        • HELIOS HELIOS 10 décembre 2008 16:24

          Les deux mon général !

          Ils sont non seulement incompetents, mais en plus ils sont a la soldes des classes dirigeantes.. elles même a la solde des nébuleuses economiques.
          Et comme vous le savez bien, un nébuleuse n’a ni visage ni morale... tous les coups sont permis de la part de ceux qui se sentent a l’abris.


        • JL JL 10 décembre 2008 17:36

          "" tous les coups sont permis de la part de ceux qui se sentent a l’abris. "" Oui, mais ils tremblent pour leurs fortunes, et c’est ce qui le rend dangereux.


        • Liberty 14 décembre 2008 16:59

          C’est tellement bien organisé qu’on y croirait : http://video.google.com/videoplay?docid=-8432681533459867510

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